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L’histoire qui suit est véridique et est un bel exemple de ce que l’humain est capable de réaliser pour continuer à vivre pleinement, malgré la maladie. Le courage de se battre. Je veux la partager avec vous pour vous montrer que la volonté et l’amour sont capables de grandes choses. Ce texte d’Emmanuelle Tassé, est reproduit intégralement avec la permission de Diabète-Québec et est présentement publié dans le numéro Printemps 2015 de la revue Plein Soleil, périodique officiel de cet organisme.
Louise Thibault, 52 ans, sait ce qu’est un parcours de combattant. Éducatrice spécialisée pour les jeunes affectés par des problèmes de santé mentale à l’Hôpital de Sept-Îles, elle a dû elle-même faire face à une succession de difficultés avec un courage et un sang-froid qui touchent le cœur. Elle en est venue à accepter un diagnostic de diabète, puis de sclérose en plaques, et même la greffe d’un rein pour continuer à aller de l’avant.
«Je côtoie des jeunes de 0 à 18 ans qui ont du mal à cohabiter avec leur famille, sont placés dans une autre ou qui sont suicidaires, tous les cas de figures sont possibles. Ce sont des jeunes qui ne passent pas bien en société et qui ont besoin d’être compris, qui ont surtout besoin d’être orientés pour espérer s’en sortir», explique Louise Thibault qui travaille avec des pédopsychiatres, des parents, les écoles et les centres jeunesse «par amour des enfants».
La vie de Louise était plutôt calme jusqu’à 30 ans. Puis, enceinte de Simon, elle a vu un diabète de grossesse se déclarer étonnamment tôt, à huit semaines, ce qui peut laisser penser qu’il était déjà présent avant le bébé. De type 1 ou 2, ce n’était pas clair car, d’un côté, il s’est déclaré à un âge avancé mais, de l’autre, il ne s’est pas accompagné de surpoids. Une tentative de diète n’en est pas venue à bout. Il a fallu dominer la peur des aiguilles et apprendre à se piquer car la médication par voie orale ne suffisait pas. «J’ai fait beaucoup d’exercice et, heureusement, j’ai vécu une très belle grossesse et un bel accouchement quand même», se souvient-elle. En contrepartie, le diabète a refusé de s’en aller et le traitement à l’insuline a perduré, à raison de quatre injections par jour, sans compter le calcul des glucides au quotidien.
À 34 ans, Louise est rentrée à l’hôpital. Soudainement, elle avait perdu la vision de son œil gauche. Tumeur au cerveau ou sclérose en plaques, les médecins ne savaient pas encore ce qu’il en était. «J’étais en état de choc. Je pensais à Simon qui n’étaient même pas encore en âge d’entrer à l’école», se rappelle-t-elle. Il aura fallu huit mois d’angoisse pour aller passer un scanner à Québec et finalement en revenir avec un diagnostic de sclérose en plaques. «J’avais peur mais le neurologue m’a prescrit un médicament injectable tous les deux jours pour empêcher la maladie d’évoluer. Je n’ai jamais eu d’autres périodes de crise par la suite», dit Louise. Malgré la séparation d’avec le père de Simon et une santé fragile, elle s’est adaptée à la situation. À partir de 40 ans, une pompe à insuline a facilité son quotidien.
Greffe d’amour
À 48 ans, un matin, Louise a vomi du sang et a été envoyée d’urgence à Québec en avion. On lui a alors enlevé le lobe moyen droit pour remédier à ce que les médecins ont cru être une pneumonie mal traitée. Il a fallu retourner à Québec une seconde fois et reprendre l’opération qui n’a pas eu les résultats escomptés. C’est à cette époque que Louise a débuté l’hémodialyse car ses reins montraient des signes de faiblesse. Elle a passé quatre mois à l’hôpital à cette époque.
Deux ans plus tard, il a fallu songer à une greffe de rein car l’hémodialyse, même trois fois par jour, ne suffisais plus. «J’ai passé trois ans en tout sans travailler, j’étais très fatiguée», dit Louise. C’est son frère Guy, de 10 ans son aîné, qui a pris la décision de lui donner son propre rein et qui a entamé des démarches et mené son initiative jusqu’au bout. «J’attendais un donneur et mon frère n’en pouvait plus de me voir malade, Il a été très généreux. C’est mon idole. Je l’ai toujours aimé, mais maintenant c’est comme mon jumeau. Je n’ai pas de mot pour dire ce que je ressens face à ce don», raconte Louise qui a reçu avec beaucoup d’émotion ce cadeau pour ses 50 ans.
«Après la greffe, j’étais surexcitée, mais il a fallu réopérer à cause d’une hémorragie. Mon médecin, le Dr Caumartin, a été formidable», dit Louise, encore ravie. Elle est restée trois mois à Québec pour l’opération, les échographies et les prises de sang, pour s’éviter les allers-retours en avion et la fatigue. «À Québec, j’ai vécu chez ma sœur et j’ai eu de bons amis, j’ai été bien entourée», dit Louise qui apprécie beaucoup sa nouvelle condition. «C’est complètement une nouvelle vie. Mes proches me disent que je suis redevenue la même qu’avant la maladie», ajoute-t-elle. Le Dr Annie Lebel, généraliste à Sept-Îles et le Dr Whittom, endocrinologue à Québec, l’ont énormément soutenue pendant ces années si difficiles.
La sclérose en plaques ne se manifeste toujours pas, on touche du bois. Un retour progressif au travail a permis à Louise de reprendre son poste d’éducatrice spécialisée à temps plein, qu’elle aime sincèrement. Elle s’offre des loisirs et de petits voyages. Simon, quant à lui, a terminé sa technique policière à Nicolet et fait la fierté de sa mère. Ils ont fêté sa deuxième année de greffe et la graduation de Simon en même temps en faisant un bilan ému des épreuves traversées ensemble. «Je crois vraiment que c’est par amour pour lui que j’ai fait preuve d’autant de résilience», confie Louise qui, espère-t-elle, a encore de beaux jours devant elle.
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