Fêter le Canada, pour écraser encore plus la langue française

canada-1502017 marque le 150e anniversaire du Canada et le gouvernement de Selphie Trudeau essaie de nous faire croire à la dualité linguistique au Canada. Les chiffres sont assez révélateurs du contraire. Selon Statistiques Canada, seulement 11% des jeunes Anglo-Canadiens sont en mesure de soutenir une conversation en français, alors que le bilinguisme progresse rapidement au Québec. La langue française est en déclin rapide au Canada.

Comme le rapportait Josée Legault, dans le Journal de Montréal, la langue française est menacée; «Menaçée, elle l’est pourtant bel et bien. Pour la vaste majorité des anglophones hors Québec, le français n’est plus qu’un équivalent moderne du latin. Sur ce constat, je persiste et je signe.

Pour la plupart des Anglo-Canadiens, la langue française est inutilisée parce qu’inutile. À force de ne pas leur servir dans la vraie vie – au travail, dans les affaires ou les arts –, elle se meurt d’inanition. Le besoin même de l’apprendre s’efface avec elle.

Au Québec, le portrait est inversé. L’anglais est utilisé parce qu’utile. Au travail, dans les affaires ou les arts, c’est une langue vivante, voire omniprésente. En d’autres termes, le bilinguisme anglais-français est fantasmé au Canada anglais, mais réel au Québec.

Sans un fort contingent de Québécois francophones, d’Anglo-Québécois et de francophones hors Québec pour le soutenir, on n’en parlerait plus depuis longtemps. Pendant que les Anglo-Canadiens peuvent rêver aux carrières les plus prestigieuses sans maîtriser l’«autre» langue officielle, l’anglais est souvent un prérequis au Québec. Y compris pour des emplois au salaire minimum.»

Pour bien le démontrer on nous faisait état, la semaine dernière, de la création de programmes d’administration des affaires bilingues ou en anglais, au sein de nos propres universités francophones.

Toujours sur le même sujet, Denise Bombardier rajoutait; «Tout étant relatif, les Canadiens d’aujourd’hui ont de nombreuses raisons de s’accommoder facilement de leur pays. Au fond, ce sont les Québécois francophones qui sentent le tapis leur glisser sous les pieds. Car le concept des deux nations, de la société distincte, du bilinguisme et de l’unilinguisme québécois appartient à des rêves presque tous brisés.»

Puis, Mathieu Bock-Côté dresse un historique des batailles pour conserver notre langue française au fil des années; «Notre histoire comme nation ne commence pas en 1867 mais en 1608, avec la fondation de Québec. Nos vraies origines sont en Nouvelle-France.

Notre histoire bascule en 1763, avec le traité de Paris. Nous sommes alors arrachés à la France, notre mère-patrie, pour être soumis à la Grande-Bretagne. Dès lors, notre destin sera lié à notre conquérant, qui finira par voler notre nom. Car à l’origine, les Canadiens, c’était nous. Au fil du temps, Ottawa nous volera aussi nos symboles et notre hymne national.

Le Canada a cherché à nous assimiler. Nous avons défendu nos droits linguistiques, culturels et politiques. On connaît les grands épisodes de cette résistance, quelquefois active, quelquefois passive: je pense à celui contre l’assimilation prévue par le rapport Durham. Je pense à celui d’Honoré Mercier pour que le Québec devienne vraiment l’État national des Canadiens-français.

Que représente 1867 dans tout cela? Pour le Canada anglais, c’est effectivement une naissance. Pour le Québec, au mieux, c’est le moment où, après l’Acte d’Union de 1840, nous retrouvons un semblant de gouvernement, même si les vrais pouvoirs sont concentrés à Ottawa. Dans les frontières de la province, nous serons une majorité.

À travers l’histoire, nous avons cherché à faire valoir notre différence, qui n’a jamais été reconnue. On nous accommode un peu quand on y est obligé. On ne nous traite jamais comme un peuple égal. Cette histoire n’est pas que du passé.

Je parlais plus haut d’assimilation: avec le temps, elle a changé de visage. Elle s’est faite plus douce, mais plus efficace. Il s’agit aujourd’hui de convaincre les Québécois qu’ils ne sont pas une nation à part entière. Qu’ils sont Canadiens d’abord et avant tout.

Faut-il rappeler qu’en 1982, on nous a exclus de la constitution? Et qu’en 1990, on a refusé de nous reconnaître comme une simple société distincte? Faut-il rappeler que le multiculturalisme canadien fait de nous non pas un peuple fondateur, mais une communauté parmi toutes les autres issues de l’immigration?

Faut-il rappeler que le Canada fragilise le français au Québec et favorise l’anglicisation des immigrants? En 2017, les Québécois ne devraient pas avoir le coeur à la fête. Ce n’est pas la leur.»

Après l’analyse de ces experts du Journal de Montréal, je prédis la complète disparition du français au Québec, d’ici les 50 prochaines années. Le Parti québécois n’en parle presque plus et continu de reporter le prochain referendum. Idem pour les autres partis souverainistes. Ça fait longtemps que j’insiste sur le fait que si on veut accéder rapidement à notre souveraineté, il faudrait que le PQ démontre ce que serait dans la réalité, les lois, règlements et réformes des libéraux et des fédéralistes, dans un Québec français souverain.

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