L’heure des bilans

31-decembreLe 31 décembre c’est le moment de regarder en arrière, du moins les douze derniers mois, et se demander si 2016 a répondu à nos attentes. Si le chemin qu’on s’était tracé, était le bon. Le premier janvier dernier, on mettait le pied dans la nouvelle année avec plein de projets, de résolutions, avec l’idée de repartir du bon pied. Pour certains, ce renouveau était rempli d’espoir.

Les journaux inondent les derniers jours de décembre en faisant de la rétrospective; les bonnes nouvelles, les moins bonnes, les grands qui ont quitté cette vie. Bref, les moments privilégiés refont surface pour nous rappeler combien le temps passe vite. Ce qui nous semblait déjà si lointain n’est vieux que de quelques mois, voire quelques semaines. À travers le quotidien, on s’arrête, on fait une pause, puis on passe à autre chose. Ainsi va la vie. L’arrivée de l’an 2000 c’était hier, pourtant, ça fera 17 ans demain!

La télévision n’est pas en reste, avec plein d’émissions spéciales; le Bye Bye est rendu une institution et un divertissement qu’il ne faut pas manquer. Familles et amis se regroupent autour du téléviseur pour écouter et revoir les parodies tragi-comiques des évènements marquants de l’année qui s’achève. Et à la fin du décompte, les mousseux éclatent, on s’étreint et on s’embrasse en se souhaitant tout ce qu’il y a de plus merveilleux. Il en est ainsi partout sur la planète et depuis longtemps. Dans les grandes capitales c’est le même mouvement euphorique qui se répète aux sons des pétarades de pièces pyrotechniques. Et même si la menace terroriste plane en certains endroits chauds, le coeur est à la fête.

On me dit qu’il faut vivre le passage à la nouvelle année à New York, un incontournable à ce qu’on raconte. J’aimerais bien un jour. Ici, en Floride, on se rassemble à la salle communautaire dès 20h00, avec nos consommations et grignotines. Les musiciens animent cette soirée qui atteint son paroxysme à minuit, alors qu’éclatent des centaines de ballons suspendus en plein centre de la piste de danse.

Mais vous, comment se passe votre 31 décembre? Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette tradition, ce passage à la nouvelle année, qu’est-ce qui vous inspire? Ne vous gênez pas pour vous exprimer et vos commentaires sont les bienvenus. Ayez beaucoup de plaisir et surtout, rappelez-vous… La modération a bien meilleur goût!

Bonnes festivités!

Lettre d’un Français qui passe son premier hiver au Québec

pelletage2Ouf! Les Québécois y goûtent depuis quelques heures. Je parle bien sûr de la neige que j’ai pu observer à la télévision… Il n’en manque plus, et je dirais même plus que ça me semble déjà trop. En fait, je ne me prononce pas sur moi, mais j’ai souvent connu de ce genre d’hiver et j’en connaîtrai d’autres.

Mais un Français qui arrive chez nous, avec en mémoire ces vastes étendues de neige, en photos, dans des paysages bucoliques, s’y trouve chaleureusement bien. Bien au point de noter par écrit ses observations, probablement pour la postérité et pour se souvenir…

La mémoire étant une faculté qui oublie, voici ce qu’il écrivait au moment de passer son premier hiver dans notre beau pays nordique…

12 août:
Nous venons d’aménager dans notre nouvelle maison à Québec. C’est très beau ici. Les montagnes sont si majestueuses. J’ai très hâte de les voir recouvertes de neige.

14 octobre:
Québec est le plus bel endroit au monde. Les feuilles des arbres ont pris toutes les teintes possibles de rouge et d’orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est un paradis. Je l’adore!

4 novembre:
La saison de la chasse aux chevreuils débute incessamment. Je ne peux pas croire qu’on puisse en vouloir à un si bel animal. J’espère qu’il neigera bientôt. J’aime tellement le Québec.

12 décembre:
Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. On dirait une carte postale. Alors là, nous sommes sortis et nous avons déneigé les marches de l’entrée. Nous avons fait un combat de boules de neige (j’ai gagné) et quand la charrue est passée, nous avons dû déneiger l’entrée à nouveau. Quel bel endroit. J’adore le Québec.

18 décembre:
Encore de la neige hier soir. C’est merveilleux! La charrue nous a encore fait sa petite farce dans l’entrée. J’aime tellement le Québec.

19 décembre:
Encore de la neige hier soir. Je n’ai pas pu sortir de ma cour pour aller travailler. Je suis épuisé de pelleter. Cr… de charrue.

21 décembre:
Il est encore tombé de la marde blanche hier soir. J’ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la charrue se cache au coin de la rue et attend que j’aie fini de pelleter. Le câ… de chien…

25 décembre:
Encore de la ta… de neige. Si jamais je mets la main sur le câ… de chien qui conduit la charrue, j’m’en va y faire faire un hos… de boutte sur les coudes. Je ne comprends pas pourquoi y mettent pas plus de calcium sur les routes pour faire fondre la cr… de glace.

27 décembre:
Encore de la marde blanche hier soir. Ça fait trois jours qu’on est pas sortis sauf pour pelleter la ta… d’entrée à chaque fois que le câ… de sale passe avec son hos… de charrue. On ne peut pas aller nulle part, le char est pris dans une montagne de ca… de marde blanche. Le gars de la météo dit qu’y va tomber encore 25 centimètres à soir.

28 décembre:
Le cr… d’innocent de la météo s’est trompé. On a eu 50 centimètres de la câ… de marde blanche. Si ça continue comme ça, ça ne sera pas fondu avant le mois d’août. La charrue est restée pris dans le banc de neige sur la route et l’ho… d’écoeurant qui la conduit est venu frapper chez nous pour demander s’il pouvait emprunter ma pelle! Après lui avoir dit que j’avais déjà passé au travers de six pelles pour pelleter toute la marde qu’il m’avait poussé dans l’entrée, j’y ai cassé la septième sur la cr… de tête.

30 décembre:
On a fini par sortir de la maison aujourd’hui. On est allé au magasin pour acheter de quoi manger et en revenant un câ… de chevreuil s’est braqué devant le char et je l’ai frappé. J’ai pour 3000$ de dommages. Cr… de chevreuils. Comment ça se fait que les ho… de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre???

1er mai:
J’ai emmené l’auto au garage en ville. Y’a toujours ben des cr… de limites. Le ta… de char est tout rouillé à cause de l’h… de calcium qu’ils mettent partout sur les chemins.

30 mai:
On a déménagé en Floride. J’peux pas comprendre qu’il y a du monde assez innocent pour vouloir vivre dans un cr… d’enfer comme le Québec!!!

Pauvre de lui! Faut être fait fort pour rester au Québec!

Salmigondis

Œil pour œil
salmigondis2Gilles Vaillancourt, le corrompu de Laval a été condamné à 6 ans de prison pour ses activités criminelles qui se sont échelonnées sur 14 ans. Mieux encore, il est admissible à une libération conditionnelle après deux ans. Et la cerise sur le sundae; il sortira du pénitencier après une seule année pour se retrouver en maison de transition 12 mois. Ce n’est pas merveilleux?

Ainsi va la justice au Québec. Quel message envoie-t-on aux politiciens et administrateurs de la fonction publique. Pourquoi avoir vécu de la corruption durant 14 ans et récolter une sentence bonbon. C’est 14 années de prison qu’il aurait dû obtenir, point final. De quoi servir d’avertissement à qui voudrait l’imiter ou qui l’imitent déjà sans se faire prendre.

De beaux gestes de partage
Il faut se réjouir et envier l’attitude des étudiants de premier secondaire du Collège Mont Sacré-Cœur de Granby, qui ont réussi à amasser 400 cadeaux pour les enfants défavorisés, qui ont eu une belle fête de Noël cette année. On peut être fier de cette jeunesse qui s’impliquent de cette façon. De plus, des anciens élèves de cette institution ont collaboré en achetant, à même leurs économies, des cadeaux particuliers pour certains enfants, se rappelant leurs préférences de cadeaux lorsqu’ils avaient cet âge.

Partout, on a vu des gestes semblables pour semer du bonheur tout autour pour un Noël d’espoir à ceux qui en avaient vraiment besoin. Ici, en Floride, l’Armée du Salut, s’était installée depuis un mois, à la porte des supermarchés, pour recueillir les dons en argent pour que les plus démunis oublient leur misère en cette période d’allégresse. Outre la valeur spirituelle de Noël, le partage demeure le geste le plus tangible à poser pour sauver le monde.

On l’a aussi vu avant Noël, alors que les joueurs des Canadiens de Montréal, rendaient visite aux enfants malades dans les hôpitaux de Montréal. Ces millionnaires du sport professionnel qui font oublier candidement la maladie de ces jeunes enfants les font sourire d’admiration. Le scintillement des yeux de ces petits, à la vue de leurs idoles, est indescriptible et les joueurs, eux-mêmes des pères, vivent encore plus cette réalité dans l’humilité plus qu’évidente. Ça remet leurs petits bobos dans sa juste perspective, tout en se trouvant choyés par la vie. Ils sont tous d’accord pour reconnaître la force de ces enfants. Ils récoltent leur belle spontanéité, ainsi que des sourires sincères et irrésistibles.

Du PK tout craché
On aura beau être pour ou contre, mais PK Subban est tout un personnage qui donne au suivant. Sa dernière bonne action est celle qui circule sur Facebook, alors qu’il jumelait les enfants malades de Montréal avec ceux de Nashville. Il y a mis le paquet, avec costume flamboyant et calèche. Si vous avez manqué cette vidéo, recherchez-là sur le Net et vous ne serez pas déçu. Le gars est multimillionnaire et s’implique à fond auprès des enfants

Qui ne se rappelle pas d’un moment à Montréal, alors qu’il se promenait à pied. Voyant un groupe de jeunes jouer au hockey dans la rue, il s’est arrêté, pris un bâton de hockey pour jouer avec ces jeunes. Comme ça, immédiatement pour faire plaisir à ces jeunes. Imaginez les ti-culs par la suite… il ne pouvait rien leur arriver de mieux. Ce n’est pas tous les jours que PK vient jouer avec vous.

Pas de félicitations pour Vidéotron
Je ne sais pas qui a eu l’idée des deux derniers commerciaux télévisés de Vidéotron, mais disons que je n’ai pas apprécié. Partout, durant la période des fêtes, on prône les rapprochements, les rencontres en famille et voilà qu’alors que des gens se font rappeler leur rendez-vous chez des amis ou la famille, ils inventent un prétexte, que dis-je, ils mentent effrontément pour ne pas sortir. En pleine période des Fêtes, il me semble que le moment était mal choisi pour passer un tel message.

Audrey-Anne a 10 ans

25-decembre-2016aWow! Une autre décennie qui commence aujourd’hui pour toi, belle Audrey-Anne d’amour. L’enfance te quitte pas à pas pour te tendre lentement les bras de l’adolescence… ne précipitons pas les choses cependant, il te reste encore deux ans à en profiter. Mais aujourd’hui, c’est une journée toute spéciale, puisque le 28 décembre…

C’EST TON ANNIVERSAIRE !!!

Chanceuse! Tu grandis très bien et quel beau sourire tu as. Ta grand-mère et moi aurions certainement aimé être avec toi, te serrer dans nos bras, te câliner… Hélas, à notre âge, nos vieux os réclament leur dose de chaleur, surtout en hiver. Mais, ce n’est que partie remise.

Tout n’est pas perdu, puisque, la technologie étant ce qu’elle est, il nous reste FaceTime, pour te parler et admirer en direct ta jolie et adorable frimousse. Et crois-moi, on va s’en servir… laisse ton bidule pas trop loin et attend notre appel. Mais d’ici-là, on  peut t’écrire et crier à tout le monde que des petits-enfants comme toi nous ramènent une bonne dose de jeunesse. Est-ce que tu t’ennuies de l’iPad de grand-mère?

On sait ce que peut être l’amour des parents pour leurs enfants, mais pour les grands-parents aussi, ça ne se mesure pas tellement c’est grandiose et immense. Alors que cette belle journée d’anniversaire soit fantastique, joyeuse, à la hauteur de tes attentes et remplie d’amour… et de chocolat. Qu’elle te réserve également de belles surprises.

Avec tout notre amour, nos gros câlins et nos baisers,

Grand-maman Loulou et grand-papa Normand XXX

Noël est déjà passé

Chaque année, on se dit la même chose; on se prépare pendant des semaines et le moment venu, ça passe en coup de vent. C’est intense et au bout du compte on se retrouve en janvier avec un autre temps des fêtes derrière la cravate. Ici en Floride, c’est définitivement la fête de Noël qui prend le dessus. Le Jour de l’An retient l’attention la veille, puisqu’il permet de vraiment faire la transition entre les deux années. On égrène les dernières heures et on plonge dans la nouvelle année, le temps d’une accolade et d’un ou deux baisers à la sauvette.

2016-12-24-002Mais pour revenir à la fête de Noël qui est déjà chose du passé, elle a été bien remplie. Pour le réveillon, samedi en fin d’après-midi, nous étions conviés, avec nos victuailles, à une soirée typiquement de chez-nous. Des groupes s’étaient formés au préalable et s’étaient organisés des repas-partages, avec ce qu’ils cuisinaient de meilleurs. Louise et moi, c’était la dinde… Toutes les régions du Québec étaient représentées avec quelques plats typiquement régionaux. Nommez-les. Ils étaient là!

Une nouvelle formule que les 165 convives ont apprécié grandement. Thérèse, l’organisatrice de l’événement, a souligné et félicité le travail incessant des bénévoles à travers la communauté francophone du parc. Tous s’entendaient également pour remercier chaleureusement Thérèse, pour son infatigable travail dans la réalisation de cet événement. On a eu droit au traditionnel Minuit Chrétien et quelques chants interprétés par Diane Savard, aidée de son frère qui se débrouille très bien avec un piano.

Évidemment, une fois les panses bien remplies, la danse s’imposait avec la musique endiablée de Michel Bellemare, jusqu’aux environs de 23h00. C’était le temps, pour les danseurs, de montrer ce qu’ils avaient dans leurs souliers. Il y a du talent, à ne pas en douter.

Le jour de Noël a été plus tranquille. Appeler parents et amis pour les vœux de circonstance, a meublé une bonne partie de la journée, avant qu’on se prépare pour le souper à la salle communautaire. Je crois que personnellement, ce sera notre dernière participation à ce souper; il manquait beaucoup de monde, le repas était ordinaire et pour l’ambiance, on la cherche encore. Sans musique, il reste un vide à combler. En définitive, c’est un peu comme chez-nous au Québec; on met le paquet pour le réveillon et on est fourbu pour le lendemain soir… C’est parfaitement normal parce qu’il faut bien récupérer. Par contre, Lise et Gilles nous invitaient dans leur palace pour quelques consommations et de joyeuses discussions. Beaucoup plus intéressant que le souper. C’est seulement la première des fêtes et il en reste encore…

2016-12-26-007Et pour la troisième journée de festivité, quoi de mieux que de célébrer un événement qui se fait de plus en plus rare; des Noces d’Or. En effet, nos amis, Roseline et Jean-Eudes Arsenault, en étaient à cette étape de leur engagement. 5o ans de mariage, il ne faut pas souligner cela dans l’intimité, mais dans l’allégresse. Alors j’ai organisé un souper chez Ruby Tuesday avec quelques amis et nos jubilaires, puis terminé le tout par l’incontournable gâteau d’anniversaire qu’on a dégusté chez nous. Une belle soirée simple et de bon ton, où les sourires et les discussions intéressantes s’entremêlaient, jusqu’à 22h00.

C’est de cette façon que nous avons fêté Noël, au pays des gougounes. Si l’absence de neige, nous laissait un peu de nostalgie, celle-ci est disparue avec la fête.

La trêve de Noël de 1914

Très peu d’anciens combattants de la guerre 1914-18 sont encore vivants. Mais grâce à Facebook, j’ai mis la main sur cette histoire fantastique de la trêve de Noël, survenue en 1914. Elle vaut la peine d’être racontée, ne serait-ce que pour la perpétuer.

treve-de-noel-1914
Représentation de soldats allemands approchant des lignes britanniques à Noël 1914

La Première Guerre mondiale faisait rage depuis seulement quatre mois. Cette année-là, décembre était froid et humide. Beaucoup de tranchées étaient inondées en permanence. Les soldats étaient couverts de boue et exposés aux engelures et à l’affection du « pied des tranchées », dont il semblait impossible de se débarrasser. Ils craignaient de devoir passer Noël loin de leur famille. Puis, une chose incroyable survint le 24 décembre 1914. Les soldats des deux côtés ont déposé les armes, ils sont sortis de leurs tranchées et les ennemis se sont réellement rencontrés entre les tranchées. Pendant un bref laps de temps, la paix a régné.

Ce jour de Noël a été marqué par de nombreuses trêves sur le front de l’Ouest, mais pas partout. Les tirs d’artillerie et de fusil ont continué à certains endroits et on a déploré des décès en cette fête de Noël. Certaines trêves ont été négociées la veille de Noël, d’autres le jour même. On avait même convenu, pour certains des arrangements, du moment où la trêve prendrait fin. En beaucoup de points du front, on a annoncé la trêve par l’arrivée d’arbres de Noël miniatures dans les tranchées allemandes. Des voix joviales se faisaient entendre dans les tranchées amies et ennemies, suivies de demandes de ne pas tirer. On voyait ensuite des ombres de soldats qui se rencontraient dans la zone neutre, riant et s’échangeant des plaisanteries et des cadeaux. Cette joie était assombrie de tristesse, car les militaires des deux camps essayaient de profiter de la trêve pour rechercher les corps de leurs camarades tombés au combat pour leur donner une sépulture convenable.

La trêve de Noël de 1914 n’a pas été une occasion unique dans l’histoire militaire. C’était le retour d’une tradition établie depuis longtemps. Il est fréquent, dans les conflits rapprochés marqués par de longues périodes de combat, que des trêves informelles et des gestes généreux se produisent entre ennemis. On rapporte des événements semblables dans toute l’histoire, et il s’en produit encore.

Bien que la trêve de Noël de 1914 n’ait concerné aucun bataillon ou régiment canadien, nous trouvions cette histoire digne d’être partagée. Beaucoup de membres de notre personnel militaire ont des histoires semblables à raconter.

Un très joyeux Noël

joyeux-noelÀ vous tous, fidèles lecteurs et lectrices, je vous souhaite le plus beau des Noëls, rempli de joie, de bonheur, de paix, d’amour et de partage.

Au moment des réjouissances, ayez une pensée pour ceux et celles qui ne peuvent partager les mêmes instants parce qu’ils ont perdu un être cher, ont faim, sont abandonnés, violentés et abusés, ou qui ont perdu tout le sens profond de cette célébration.

Enfin, gardez candidement votre cœur d’enfant pour savourer pleinement ce qui compte vraiment : le moment présent !

Un dernier conte de Noël en boni, mais à la saveur québécoise

contes-de-noel2Je sais, hier devait être mon dernier conte de Noël de cette année. Mais c’était avant d’avoir découvert celui-ci, très d’actualité, et que vous allez adorer, d’autant plus qu’il est à saveur typiquement québécoise.

Par définition, un conte c’est un récit de faits, d’aventures imaginaires, destiné à distraire. C’est aussi une histoire fausse et invraisemblable. Dans cette optique, j’ai adoré le conte de Noël de Josée Legault, dans les pages d’actualités du Journal de Montréal d’hier. Une fiction de l’année 2024, qui répond parfaitement à la définition élaborée plus haut. Exceptionnellement, permettez-moi de vous offrir le petit bijou qui suit, avant de célébrer la belle fête de Noël. Est-ce possible que le rêve imaginaire devienne réalité? À vous d’en juger…

Un conte de Noël

Ma chère amie d’enfance si heureuse dans ta belle France d’adoption, en ce doux Noël de l’an 2024, je t’écris ces quelques nouvelles. Elles réchaufferont sûrement ton coeur. Pardonne-moi d’avoir trop tardé à le faire. La vie passe si vite.

Ma santé va bien, heureusement. C’est de la santé démocratique du Québec dont j’aimerais toutefois te parler. Tu ne le sais peut-être pas, mais notre mode de scrutin est enfin passé à la proportionnelle. À l’élection de 2022, comme nous avons plusieurs partis, il en est sorti un gouvernement de coalition.

Plus question de «gauche», de «droite» ou de «centre», le nouveau premier ministre préfère parler d’une coalition «humaniste». En deux ans seulement, les changements amorcés sont déjà majeurs.

Même la présidente des États-Unis, Michelle Obama, jure qu’elle veut s’en inspirer pour le deuxième mandat qu’elle vient tout juste de remporter contre Ivanka Trump. Ça bouge tellement dans la bonne direction que je n’ai même plus peur de vieillir au Québec. C’est pour dire!

VIVRE DANS LA DIGNITÉ

Chère amie, laisse-moi t’expliquer pourquoi.

Dès son élection, la coalition a décrété une nouvelle ligne directrice à laquelle toutes ses politiques seront soumises. Son nom: «Vivre dans la «dignité». Comme la liste des changements est longue, je t’en donne quelques exemples les plus parlants.

Un revenu minimum est maintenant garanti pour tous. Peu à peu, on remplace les CHSLD par des communautés résidentielles de vie où règne une mixité sociale et générationnelle. Ce qui, en plus du personnel qu’on forme et rémunère mieux, nourrit l’entraide et combat la solitude, Les besoins d’hygiène et les repas y sont offerts aux personnes moins autonomes selon leurs besoins et leurs goûts. Imagine ça!

Pour les personnes handicapées intellectuelles adultes, jeunes ou vieillissantes, des accompagnateurs à plein temps leur permettent de vivre seules, avec leur famille ou dans une communauté résidentielle mixte.

ESPOIR

Le tout est rendu possible par un système élargi de soins à domicile. Une nouvelle politique du logement social permet aussi d’améliorer la qualité de vie et la santé de nombreux Québécois plus fragiles. Résultat: les urgences se désengorgent d’elles-mêmes, les aidants naturels respirent enfin et le nombre de banques alimentaires diminue.

Pour investir dans les écoles publiques, on annule les subventions aux écoles privées. En santé, fini le gigantisme centralisateur des réformes Barrette. Une formation en «respect des citoyens» est obligatoire pour les bureaucrates et le personnel médical. Mais d’où vient l’argent, tu te demandes. Les paradis fiscaux sont interdits. Les médecins sont payés à salaire et les emplois dits «sociaux» poussent comme des champignons.

Une loi musclée protège même les sonneurs d’alerte. À terme, cela nous économisera des milliards de dollars autrefois détournés par la corruption. Bref, mon amie, si tu veux revenir vivre au Québec, c’est le temps ou jamais!

N’est-ce pas que c’est un joli conte? Merci Josée Legault.

Minuit est là

minuit-est-laLes cloches sonnent : minuit est là !

Les cloches résonnent dans le vent froid.

À la maison, Julia et son papa, maman et Nicolas ont préparé un dîner de roi.

Les cloches sonnent : minuit est là !

– Julia, dépêche-toi !

Dehors, le vent pique les yeux et rend joyeux.

Julia serre fort la main de son papa.

Sur tous les chemins, les familles accourent la main dans la main.

Les enfants ont envie de danser vers l’église illuminée…

Tout le monde est arrivé !

Quelle joie de se rassembler.

Julia et son frère Nicolas, tout contents, s’assoient au premier rang, avec tous les autres enfants.

Dans la crèche en bois, Marie serre Jésus dans ses bras.

Guidés par l’étoile qui scintille, arrivent les bergers qui s’inclinent !

On chante à pleine voix de beaux airs d’autrefois.

Tous ensemble dans le vent froid, on boit un bon chocolat.

Puis dans la nuit de Noël, chacun rentre chez soi le cœur plein de joie.

Les cloches sonnent : minuit est là !

Elles carillonnent : Noël est là !

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Myriam Mollier
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2017, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre coeur d’enfant.

Aimons-nous vraiment nos enfants?

pere-noel-et-petit-garconLundi dernier, dans les pages d’opinions du Journal de Montréal, Denise Bombardier signait un texte intéressant sur comment se vit ce temps des Fêtes et l’importance des enfants dans cette célébration. Peu importe qui nous sommes, cette période d’émotions et de réjouissances, voire de tristesse, n’a pas la même signification. J’ai adoré cet article qui nous porte à la réflexion sur cette grande Fête, et que je reproduis ici pour le partager avec vous.

Le temps des Fêtes

Il faut avoir conservé une part d’enfance pour se réjouir en cette période de l’année où la nostalgie prend le dessus. Chacun réagit selon sa mémoire, son expérience familiale, sa capacité de réinventer son enfance ou de la faire revivre, ou de la fuir et de l’effacer.

Personne ne peut se vanter de sortir indemne émotionnellement de cette fin d’année. C’est à la fois une fête pour les enfants et peut-être une épreuve pour ceux qui ont traversé leur vie d’enfant dans les tourments et les déceptions et qui ont été incapables de cicatriser leurs blessures. C’est la fête de la naissance d’un enfant et, en soi, cela devrait réjouir, puisque c’est la vie qui se perpétue. C’est un moment fort, qui oblige à sortir de soi-même pour donner aux autres. Or, cette capacité de s’oublier dans un élan de générosité, même suscité par la pression sociale, est plus compliquée qu’on ne le croit.

CROIRE AU PÈRE NOËL

Il y a des parents qui refusent de laisser leurs enfants croire au père Noël. «C’est moi qui achète les cadeaux, je ne vois pas pourquoi mon enfant ne le saurait pas», diront-ils. C’est une attitude qui en dit long sur leur lien à l’enfant. C’est à la fois une manière de refuser à l’enfant de rêver et de le confronter dès le plus jeune âge à la dure réalité du monde adulte.

L’espérance qu’un père Noël, qui traverse le ciel la nuit avec son traîneau magique tiré par ses rennes, descendra dans les cheminées ou sur les toits ou passera par les portes des maisons pour déposer des cadeaux, souvent plus petits que leur emballage attrayant, transfigure la vie à 2, 3 et parfois 4 ans. Ces émotions-là s’inscrivent dans la mémoire et servent de paratonnerre plus tard quand surviennent les malheurs, les tragédies ou les échecs.

Pourquoi trop d’adultes imposent-ils leur vision idéologique de Noël à leurs enfants? Noël incite à une commercialisation excessive. Mais chacun a son libre arbitre et peut se soustraire à ces orgies de cadeaux qu’on trouve dans nombre de foyers, et pas toujours ceux des plus riches. L’homme a besoin de se soustraire au réel et de magnifier ses gestes et ses actions. Ce n’est pas un lieu commun que d’affirmer que l’imagination et la capacité de rêver départagent les êtres humains.

L’INSTITUTION FAMILIALE

La période des Fêtes est un temps de recul, d’allègement des tâches routinières. Un temps de réjouissance pour ceux qui le souhaitent et un temps de tristesse pour ceux que dévastent leurs souvenirs. C’est une étrange période, à vrai dire. Car elle est aussi étroitement liée à l’institution familiale. Or, les familles sont irrémédiablement éclatées. Les fratries sont à l’image de la destruction de la cellule dont on affirmait dans un passé révolu qu’elle était la base de la société.

noel-enfantsNoël, fête de la naissance d’un enfant, n’est-il pas dans le calendrier liturgique qui est le nôtre une occasion de s’interroger sur la place des enfants dans notre société? Une société en voie de déshumanisation où l’on instrumentalise et, pire, où l’on robotise les êtres. Les petits enfants, par définition, sont dépendants des adultes. Ils nous obligent à nous oublier, à nous déconnecter au sens propre et figuré. Car Noël est l’occasion de nous poser une question troublante : aimons-nous vraiment nos enfants?

Le fabuleux Noël des Godasses

le-fabuleur-noel-des-godassesElles sont bien vieilles, un peu usées d’avoir été portées par tant de petits pieds. Dans la maison, on les surnomme les Godasses et maman les a rangées tout au fond d’un placard. Délaissées, derrière une paire de bottes, elles s’ennuient de plus en plus.

– Crois-tu que l’on servira encore un jour ? demande Droite à Gauche.

– Peut-être ! Arthur, le petit dernier de la maison, a juste l`âge de nous chausser.

Les jours défilent l’un après l’autre. Un matin, pourtant, une lueur éclaire le fond du placard. Une petite main attrape les chaussures, les soupèse, puis les pose sur le plancher.

– Maman, j’ai retrouvé les Godasses de Valentine et Antoine. Je peux les mettre ?

– Essaie toujours !

Arthur applaudit des deux mains et les enfile immédiatement. Ses orteils trouvent parfaitement leur place.

– Je les garde, crie Arthur à sa mère. Elles sont si belles, murmure-t-il en les caressant. Avec elles, je peux sortir dans la neige, je ne serai pas mouillé.

Droite et Gauche, depuis longtemps, n’avaient pas goûté aux flocons de l’hiver. Leurs semelles crissent sur la pellicule givrée, puis s’enfoncent avec plaisir dans la neige. Arthur pousse une grosse boule devant lui pour en faire un bonhomme de neige. Valentine et Antoine le rejoignent.

– Tiens, tu as mis mes Godasses, remarque la petite fille.

– Mais non, c’étaient les miennes, constate l’aîné.

– Eh bien, elles sont à moi ! réplique Arthur.

Les trois enfants, à la nuit tombée, rentrent chez eux. Ils sont complètement trempés, de la tête aux pieds.

– Toilette pour tout le monde, dit Maman. On commence par les souliers.

Droite et Gauche n’en reviennent pas. Elles avaient oublié ! Arthur prend le cirage, la brosse, et les nettoie énergiquement.

– Hmmm ! c’est délicieux ! ronronne Droite en se laissant passer du cirage.

– Et cela sent si bon, soupire Gauche.

Puis elles se laissent frotter avec un chiffon doux. Elles retrouvent tout leur éclat. Ça brille !

Le soir de Noël arrive et la maisonnée s’agite dans tous les sens. Dans quelques heures, le Père Noël passera et les chaussures doivent être installées devant la cheminée pour recevoir les cadeaux.

– Mets tes chaussons rouge et vert, suggère Maman, à Arthur.

Mais le petit garçon n’a qu’une idée en tête. Il veut que les Godasses trônent en bonne place devant la cheminée.

Droite et Gauche n’en croient pas leurs semelles. Elles vont voir le Père Noël !

Dans la maison silencieuse, les paires de chaussures somnolent. Un bruit dans la cheminée fait sursauter Gauche.

– Eh, Droite, réveille-toi, c’est sûrement lui !

La semelle trépidante et les lacets frétillants, Droite et Gauche se tordent le cou pour apercevoir le Père Noël. Une paire de bottes rouges s’avance dans la pénombre du salon… Bientôt, Droite sent la douceur d’un ours en peluche et Gauche la fraîcheur d’un livre d’images. Et pour elles, une paire de lacets tout neufs ! Le Père Noël est déjà reparti, laissant les Godasses toutes joyeuses !

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 nouvelles histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

C’est un peu ce qui résume ce temps de l’Avent. Quand on regarde autour de nous, la période est propice aux rassemblements, aux instants de bonheur, aux sourires faciles, aux gestes de générosité et les gens sont, en général, de très bonne humeur.

2016-12-18-027Prenez dimanche dernier, ici à Pioneer Village et sous un chaud 30°C, l’après-midi était réservée pour la traditionnelle parade du Père Noël, composée en majeure partie des voiturettes de golf, patiemment et joliment décorées pour l’occasion. Les badauds, installés le long du parcours, attendaient curieusement de voir l’originalité des petites bagnoles. S’ajoutent au cortège quelques motos, bicyclettes et trois roues du genre «slingshot» puis, en fin de défilé, le Père Noël et sa tendre conjointe, distribuent bonbons et salutations sous les nombreuses exclamations énergiques du Merry Christmas. Les photos de la parade sont disponibles en marge droite de la page principale du blogue dans la section Albums Photos, sous Floride – Hiver 2016-2017.

Il faut dire qu’ici, nous sommes très gâtés d’avoir un bonhomme sympathique qui personnifie le Père Noël. Avec sa vraie barbe blanche et ses rondeurs, on pourrait facilement croire que c’est l’authentique. En tout cas, il en a l’air. Il se promène partout sur le complexe et n’est pas avare de sourires. Il se garde aussi des réserves de friandises pour les adeptes du bingo, qui attendent ce moment avec impatience, demain soir.

C’est aussi comme ça à la télévision également. De beaux films de Noël, à l’eau de rose, qui se terminent toujours bien. On fait durer le plaisir avec ce fond de mystère sur l’existence du Père Noël. Chaque soir, les diffuseurs mettent à l’affiche ce qu’ils ont de meilleur et souvent en continu. Louise et moi, on les regarde avec un œil critique et amusé pour découvrir quelques invraisemblances sur les images. C’est justement un de ces films qui m’a incité à rédiger cet article.

D’abord, il y a de la neige dans presque tous les films de Noël et pourtant, personne n’enlève ses bottes lorsqu’ils pénètrent dans la maison… Bizarre! Ensuite, aucune voiture, sauf celle du Père Noël, n’a de trace de neige sur sa carrosserie. Puis, jamais de givre ou de verglas bref, ça manque un peu beaucoup de réalisme. Mais bon, c’est comme les romans Harlequin, c’est beau et ça finit toujours bien. L’amour triomphe.

Le dernier film de Noël qu’on a regardé se déroulait en Alaska. Je n’ai jamais mis les pieds en Alaska, mais je présume que la neige s’y trouve en abondance en décembre. Dans le film, à peine un petit centimètre éparpillé et les rues mouillées. Lorsqu’ils sortent de leurs maisons, on entend le vent fort souffler, mais aucun arbre ne bouge. Les acteurs frissonnent alors qu’ils sont légèrement vêtus et qu’aucune buée ou vapeur ne sort de leur bouche quand ils parlent ou respirent. C’est assez amusant d’observer ces drôleries. Ça manque de réalisme, mais ce n’est pas le but de ces films. Observez, et vous verrez…!

Immédiatement après, j’écoutais l’annonceur des nouvelles de Montréal, décrire la journée bordélique que le Québec connaissait avec sa pluie verglaçante, ses nombreuses sorties de route et les promeneurs fortement cagoulés. Très différent de l’Alaska. Quoi qu’il en soit, dans cette frénésie du temps des Fêtes et ces courses folles pour y arriver à temps, il faut profiter de ces moments de détente qui, tout de même, sont porteurs de messages pour cette période de réjouissance. C’est LA période! C’est pour cela que tout le monde il est beau et que tout le monde il est gentil.