Les joueurs de hockey sont fatigués, c’est possible!

lnhAvec le calendrier de fou, genre deux matchs en deux soirs, il ne faut pas s’étonner d’une baisse de régime des joueurs. Pour réaliser pareille performance de se présenter à chaque soir, il faut sacrifier l’essentiel; pratiquer, s’entraîner. Si on ajoute à cela le différents tournois internationaux, on a du hockey presque toute l’année. Dans La Presse, Philippe Cantin y allait d’une théorie sur ces superhéros fatigués, que je partage. Son article est très intéressant et j’ai décidé de vous l’offrir dans son intégralité.

Grosse fausse note pour la LNH

Pas question de pleurer sur le sort des athlètes professionnels, qui empochent des millions pour pratiquer leur sport favori. Mais n’oublions pas ceci : malgré leurs incroyables ressources physiques, ce ne sont pas des superhéros. Pour performer à leur mieux, ils ont besoin de temps de récupération.

Sur ce plan, le calendrier 2016-2017 de la LNH est une grosse fausse note. La pause de cinq jours dont dispose désormais chaque équipe, combinée à la présentation de la Coupe du monde en septembre dernier, provoque des effets néfastes. Les matchs se succèdent à un rythme infernal et, au bout du compte, la qualité du spectacle en souffre. Les partisans, eux, paient leurs billets le même prix.

« C’est rare que tu voies des segments de calendrier aussi exigeants », a reconnu Michel Therrien, hier, lorsque je lui ai demandé s’il avait déjà été témoin d’une telle concentration d’affrontements depuis qu’il est associé à la LNH. « En sport, et pas seulement au hockey, des choses sont importantes pour connaître du succès : il faut pratiquer et être à 100% au niveau physique. Au cours du dernier mois, avec notre voyage de sept matchs, les qualités d’entraînement n’étaient pas là. »

Michel Therrien, qui qualifie la situation « d’assez exceptionnelle », n’est pas du genre à cracher dans la soupe. S’il s’interroge publiquement sur une réalité de la LNH, c’est que l’affaire l’ennuie. Les péripéties du CH depuis le 23 décembre dernier lui donnent raison.

Un exemple : après ces sept matchs à l’étranger, le Canadien a disputé une rencontre à Montréal avant de reprendre la route. Il ne s’agissait pas d’un court trajet, comme se rendre à Ottawa ou Toronto, mais d’une virée à Winnipeg et au Minnesota, où l’attendait une dure séquence de deux rencontres en 30 heures.

Contre le Wild, le Canadien s’est fait lessiver 7-1. Oui, le club de Bruce Boudreau joue du gros hockey. Mais avouons que, dans ces conditions, les chances du CH étaient minuscules.

Tous les clubs de la LNH vivent des expériences semblables cette saison. Au point où Mike Babcock, l’entraîneur-chef des Maple Leafs de Toronto, a dénoncé la nouvelle pause de cinq jours. À son avis, il en résulte un engorgement du calendrier qui ne favorise pas la santé des joueurs.

« Certains entraîneurs se sont manifestés, et j’appuie un peu ce qu’ils ont dit, a ajouté Therrien. Comme entraîneurs, on veut que nos joueurs soient à leur maximum pour les matchs, physiquement et mentalement. Et c’est durant les entraînements qu’on peut travailler avec notre équipe. Avec ce genre de segments dans le calendrier, ça rend notre job un peu plus dur. Ce sera à évaluer à la fin de la saison. »

La grosse machine commerciale du sport professionnel souhaite toujours augmenter le nombre de matchs, ou de tournois internationaux, afin d’empocher un maximum de revenus. Voilà pourquoi la LNH a mis sur pied sa Coupe du monde, qui a obligé 170 de ses joueurs à disputer des affrontements à haute intensité dès la mi-septembre, au risque de passages à vide au cours des mois suivants.

Heureusement, des voix s’élèvent pour inciter les dirigeants à la réflexion. Il existe en effet un seuil où la multiplication des matchs devient contre-productive.

Au soccer, Marco Van Basten, responsable du développement technique de la FIFA, a déposé la semaine dernière des recommandations pour donner une nouvelle impulsion à son sport. Il suggère notamment de limiter à 60 le nombre de rencontres qu’un joueur pourrait disputer en une saison.

« Nous devons promouvoir la qualité plutôt que la quantité, a déclaré l’ancienne vedette néerlandaise à l’Associated Press. Il faut défendre les joueurs car ils jouent trop de rencontres, ce qi nuit à leur forme. C’est mauvais pour la qualité du jeu. »

Les nombreuses idées originales de Van Basten, dont l’élimination du hors-jeu, lui ont valu une volée de critiques. Mais ses propos sur le nombre de matchs frappent dans le mille.

Cet enjeu est aussi présent au baseball, où la nouvelle convention collective des ligues majeures vaudra aux joueurs quatre jours supplémentaires de congé dès 2018. Les équipes disputeront toujours 162 matchs, mais en 187 jours plutôt que 183.

Dans la NFL, le désir de Roger Goodell d’augmenter de 16 à 18 le nombre de matchs s’est buté à une fin de non-recevoir de l’Association des joueurs lors du dernier renouvellement de la convention collective.

Mais selon les informations de NBC Sports, le commissaire n’a pas abandonné cet objectif. Dans son esprit, il suffirait de remplacer deux affrontements préparatoires par deux rencontres régulières. Mais les joueurs ne sont pas dupes. Ils savent que ce n’est pas la même chose.

La LNH et l’association des joueurs devront procéder à des ajustements en vue de la saison 2017-2018. Ce serait une erreur de comprimer de nouveau le calendrier, même en cas de préparation olympique. Si les cinq jours de repos demeurent, mieux vaudrait raccourcir le camp d’entraînement et amorcer la saison plus tôt.

Quant au Canadien, le calendrier compressé des dernières semaines explique le ralentissement de quelques joueurs. Cela rend plus difficile une véritable évaluation de l’équipe. Therrien disait hier que, de manière générale dans la LNH, les matchs si rapprochés peuvent être la source d’erreurs mentales et d’une baisse d’intensité dans certaines rencontres. C’est aussi vrai pour son équipe.

Dans ce contexte, le Canadien aura tout avantage à profiter de son coussin au classement pour donner du répit à Carey Price, Shea Weber et Alexander Radulov en vue des séries éliminatoires. Sinon, ils ne seront pas au sommet de leur forme lorsque s’amorcera le volet le plus important de la saison.

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