Le Canada d’aujourd’hui a 150 ans

C’est le Canada qui est en fête aujourd’hui, pas le Québec qui n’a vraiment rien pour se réjouir et festoyer. Le 27 avril dernier, Gilles Proulx, communicateur et spécialiste de l’histoire, écrivait le texte qui suit. Se questionnant sur les pertes que le Québec a connu durant les 150 premières années de la confédération canadienne, il traçait un sombre portrait que je partage. Un portrait définitivement perdant, à l’aube de ce triste anniversaire pour la francophonie.

Sommes-nous un peuple de perdants?

À l’heure du 150e de la confédération canadienne, le Québec est cerné par le mépris. On lui reproche d’être une minorité insignifiante à l’échelle de l’Amérique du Nord. On l’accuse en même temps d’être une méchante majorité dominatrice.

Sommes-nous un peuple de perdants? Pensez-y. Que n’avons-nous pas perdu? Le Canadien ne perd pas tous ses matchs, mais nous avons quand même perdu l’équipe. Nous avions l’Amérique du Nord, mais nous l’avons perdu. Nous avions également le Canada; nous l’avons perdu… et le conquérant nous a volé notre nom, nos symboles et notre hymne!

Nous avions le Labrador; nous l’avons perdu. Nous avions Montréal; nous sommes en train de la perdre. Nous avions une langue officielle qui s’efface devant l’anglais. Nous avions une religion que nous avons perdue. Nous avions une histoire nationale et une fierté; nous les avons perdues. Ce que nous avons gardé précieusement, c’est notre naïveté nationale.

SUCCESSION DE DÉFAITES

Depuis la conquête, notre histoire a des défaites pour fait saillant. Défaite en 1839; on nous punit par l’Acte d’union en 1840. Même après 1867, le Canada anglais bafoue les droits élémentaires des francophones hors Québec et, en bons perdants, nous laissons faire.

Référendum de 1980; perdu. On nous inflige la constitution de 1982. Meech; raté. Référendum de 1995; perdu. On nous impose la «loi sur la clarté» de Stéphane Dion. La Cour suprême édente la loi 101 et permet le «kirpan». La crise des accommodements; peine perdue. Le projet de charte des valeurs; nouvelle déconfiture.

COUILLARD L’ACCUSATEUR

Ayant perdu, nous sommes méprisés, non seulement comme des perdants, mais comme si nous étions aussi, en vertu de la couleur de notre peau et de notre culture occidentale, de méchants conquérants!

Bref, nous perdons sur les deux tableaux. Couillard le sait, lui qui nous intente le procès truqué du «racisme systémique». Et vous savez quoi? Il va gagner!

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