Encore des données alarmantes

L’ambiguïté des québécois francophones sur la préservation de leur langue maternelle ne cessera de nous surprendre. Quand je parle d’assimilation et du fait que notre langue est déjà en phase terminale, je ne suis pas tellement loin de la vérité.

Le malheureux fait que les jeunes libéraux aient voulu qu’on ouvre toutes grandes les portes des écoles anglaises aux francophones et aux allophones est là pour le prouver… À petite dose, le peuple francophone mourra! Un triste sort. Mathieu Bock-Coté en a fait l’objet de son article d’hier, dans les pages du Journal de Montréal, qu’il me fait plaisir de partager avec vous.

La tentation de la mort

60% : selon un récent sondage paru pour marquer les 40 ans de la loi 101, c’est le pourcentage de Québécois souhaitant ouvrir l’école anglaise aux francophones et aux allophones. Et 53% des francophones sont d’accord.

En d’autres mots, les Québécois ont beau faire semblant de tenir à leur langue, ils désirent ouvertement ébrécher son noyau et renient son principe. C’est probablement la nouvelle politique la plus importante de l’année. Elle n’est pas vraiment surprenante non plus. Elle est conforme à la tendance des dernières années.

FRANÇAIS

Ceux qui relativisent tout nous expliquent de ne pas nous en faire et répètent qu’apprendre l’anglais ne veut pas dire qu’on désapprendra le français. C’est une pirouette.

Dans les faits, lorsqu’on espère éduquer ses enfants dans une autre langue que la sienne, c’est qu’on considère déjà qu’elle appartient au passé, qu’elle est folklorique et qu’elle n’ouvre plus les portes de l’avenir. Au Québec, quand l’anglais progresse, c’est que le français régresse. Le Québec bilingue, c’est un Québec anglais.

Les Québécois, au fond d’eux-mêmes, sont peut-être fatigués d’exister. Jean Bouthillette est un essayiste malheureusement oublié. Il a pourtant publié un livre essentiel, en 1972. Le titre : Le Canadien français et son double. Il nous aide à penser le paradoxe de l’identité québécoise.

D’un côté, on trouve un peuple qui a survécu à travers les siècles et qui a lutté pour conserver sa culture. D’un autre, ce peuple ne cesse de douter de lui-même. Parler français, vivre en français, espérer en français, en Amérique, est-ce que ça vaut vraiment la peine?

Est-ce que notre culture n’est pas un fardeau dont il faudrait se délivrer et une prison dont il faudrait s’évader? Pourquoi résister à l’Amérique anglophone alors qu’elle représente la puissance de notre temps. Être Québécois, n’est-ce pas trop exigeant?

C’est ce que Jean Bouthillette appelait la tentation de la mort. Cette tentation est revenue nous hanter à plusieurs reprises dans notre histoire. Elle est particulièrement vive quand le peuple québécois doute de son avenir. Et elle est de retour aujourd’hui. Mais elle se maquille en empruntant les traits d’une modernité flamboyante.

DISPARAÎTRE

On ne dit plus : ce Québécois est un assimilé. On dit : c’est un citoyen du monde. On ne dit plus : il renie son identité. On dit : il est ouvert à l’autre. On ne dit plus : il s’écrase devant le Canada anglais. On dit : il a une approche constructive avec nos partenaires canadiens.

On ne dit plus : notre peuple, peu à peu va disparaître. On dit : notre peuple évolue et s’adapte à la diversité.

De la commémoration de la visite du général de Gaulle à celle de la loi 101, ces derniers mois ont été consacrés à la célébration de pages glorieuses de notre histoire. Nous nous sommes rappelés les moments où notre peuple était plein de vie et conquérant. Le contraste avec les années présentes était absolument violent. Peut-être que, dans un siècle, on dira des premières décennies des années 2000 qu’elles ont été l’époque de la disparition tranquille.

Bouillon de culture : le corps humain

Le corps humain ; une précision et une complexité incroyable

Le corps humain est, sans contredit, la machine la plus complexe de toute la planète. Les énoncés qui suivent sont là pour en témoigner. Voilà pourquoi il faut prendre soin de cette incroyable création qu’est notre corps, et apprendre à apprécier les choses qu’il fait pour nous chaque jour. Voyez par vous-même…

Les muscles qui permettent à vos yeux de bouger se contractent environ 100 000 fois par jour. Si vous voulez faire travailler vos jambes autant, il vous faudrait marcher à peu près 80 kilomètres.

Votre nombril abrite des milliers de bactéries qui forment un écosystème complet, aussi riche que celui d’une forêt pluviale tropicale.

Dans votre vie, vous produirez environ 23 600 litres de salive, assez pour remplir deux piscines.

Notre nez peut se souvenir de 50 000 odeurs différentes.

Si la terre était plate, nous pourrions apercevoir une bougie à 50 kilomètres à l’œil nu.

Près de 90% des cellules qui composent notre corps ne sont pas d’origine humaine. La majeure partie de la masse de notre corps provient de champignons et de bactéries.

Nos muscles sont bien plus puissants que nous le pensons. Notre force est limitée pour empêcher nos muscles et nos tendons de se déchirer et de se blesser. Lors d’une poussée extrême d’adrénaline, cette limite est enlevée pendant un bref instant. Voilà pourquoi certaines personnes ont pu soulever des voitures ou des rochers qu’ils n’auraient jamais pu faire bouger en temps normal.

Un être humain adulte est composé, en moyenne, de 7,000,000,000,000,000,000,000,000,000 (7 quadrilliards) d’atomes.

L’œil humain peut distinguer 10 million de différentes teintes et nuances de couleurs. Il perçoit une plus grande quantité d’informations que n’importe quel télescope jamais construit à ce jour.

Nous ne sommes pas les animaux les plus rapides de la planète. Par contre, nous battons de loin, n’importe quelle autre espèce à la course d’endurance! Il y a bien longtemps, cela était d’ailleurs notre technique de chasse principale : nous poursuivions un animal à la trace pendant des jours, en le pistant implacablement jusqu’à ce qu’il s’écroule d’épuisement.

Croyez-le ou non, notre corps brille dans le noir. Seulement, la lumière que nous émettons est 1000 fois plus faible que celle que notre œil peut percevoir.

Les bébés ont 60 os de plus que les adultes.

L’amour est une drogue. Grâce à lui, le cerveau libère les mêmes hormones et neurotransmetteurs que lorsqu’on consomme des amphétamines.

Nous partageons 50% de notre ADN avec la banane.

Notre cerveau peut produire assez d’électricité pour faire fonctionner une ampoule.

Au cours de notre vie, nous passons 10% de notre temps éveillé avec les yeux fermés parce que nous clignons des yeux.

Le muscle le plus puissant du corps humain est le muscle masséter (le muscle élévateur du maxillaire inférieur qui sert à la mastication).

Si le cerveau humain était un ordinateur, il pourrait faire 38 000 billions d’opérations par seconde. Le super-ordinateur le plus puissant du monde, BlueGene, peut accomplir seulement 0,0002% de cette performance.

Notre corps produit 25 millions de cellules chaque seconde. Toutes les 13 secondes, vous produisez plus de nouvelles cellules qu’il n’y a d’habitants aux États-Unis.

Notre cerveau est capable, en théorie, de lire jusqu’à 1000 mots par minute.

Nous perdons environ 18 kilos de peau au cours de notre vie.

Matière à réflexion

1- Voyager vous laisse sans voix, puis fait de vous un conteur. Ibn Batûtta

Les souvenirs de voyage qui touchent le cœur se racontent avec amour et passion.

2- L’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité. John F Kennedy

Une troisième guerre mondiale se dessine à l’horizon et Donald Trump pourrait bien en être l’instigateur.

3- Pour que les choses changent dans notre vie, on doit accepter de laisser aller ce qui nous rassemble le plus. Nicole Bordeleau

Quand rien ne va plus, peu importe les circonstances, il faut lâcher prise pour son propre bien et équilibre.

4- La chose la plus importante en communication, c’est d’entendre ce qui n’est pas dit. Peter Drucker

Comprendre les non-dits demande beaucoup d’attention, de sensibilité et d’empathie.

5- Il vaut mieux souffrir d’une absence que d’une présence. Frédéric Dard

 Il n’y a rien de plus pénible que de se sentir seul à deux.

6- Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine… Elle est mortelle. Paulo Coelho

En ajoutant du piquant dans nos vies, on évite qu’une monotonie paralysante nous détruise.

7- Parfois, j’ai juste envie de partir et de ne jamais revenir. Anonyme

Qui n’a jamais ressenti le besoin de s’évader en pensant qu’ailleurs serait meilleur?

8- Pendant des années, j’ai attendu que ma vie change, mais maintenant je sais que c’était elle qui attendait que moi je change. Fabio Volo

Mieux vaut opérer un changement que de subir l’usure du temps

9- Fais ce que tu penses être bien n te critiquera de toute façon. Eleanor Roosevelt

Lorsqu’on sait ce que l’on veut, dans le respect des autres, il faut passer à l’action sans la moindre hésitation.

10- Le plus beau cadeau que l’on puisse me faire, est le sourire d’un enfant heureux. Carole Monney

Dans chaque enfant il y a un artisan de la joie de vivre.

11- Ce que nous faisons de plus sérieux sur cette terre c’est d’aimer, le reste ne compte guère. Julien Green

AIMER ses parents, ses frères et sœurs, la personne qu’on a choisie, ses enfants, ses proches, ses amis, les animaux, la nature, les fleurs… L’amour n’a pas de limite!

12- Ce qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer. Marc Levy

Lorsque la vérité sort au grand jour, trop de gens l’apprennent à la dure en amour, en affaire, en politique et autres.

13- Donnez à ceux que vous aimez des ailes pour voler, des racines pour revenir et une maison de rester. Dalaï Lama

Un attachement sain et durable se tisse dans l’amour et le respect.

14- Parfois, il faut connaître la tristesse pour apprécier le bonheur, supporter le bruit pour apprécier le silence, et vivre l’absence pour valoriser la présence. Auteur inconnu

Toutes nos expériences, bonnes et mauvaises, nous enseignent de précieuses leçons de vie.

15- Le pauvre qui est content est riche. William Shakespeare

 Le bonheur des uns et des autres diffère tellement aux quatre coins de la planète.

16- Vous n’avez pas besoin d’une raison pour aider les gens. Mère Teresa

La notion de partage ça se cultive.

17- Rien dans ce monde n’arrive par hasard. Paulo Coelho

Que cela nous convienne ou pas, tout peut s’expliquer d’une manière ou d’une autre.

18- C’est impossible, dit la Fierté. C’est risqué, dit l’Expérience. C’est sans issue, dit la Raison. Essayons, murmure le cœur. William Arthur Ward

Ce que notre cœur ressent nous trompe rarement.

19- Personne ne peut revenir en arrière et pendre un nouveau départ, mais n’importe qui peut commencer dès aujourd’hui à construire une nouvelle fin. Maria Robinson

Il n’est jamais trop tard pour changer notre mode de vie.

20- Il ne faut pas faire la guerre aux pauvres, mais à la pauvreté. Abbé Pierre

À faire parvenir à tous les dirigeants politiques et commerciaux de ce monde.

21- Les apparences qu’on sauve ne font que masquer la vérité. Jean-Yves Soucy

Les masques sont des entraves à l’authenticité, l’honnêteté.

22- Rien n’est plus terrible qu’une vie qui s’écoule dans le regret. Marie Claire Blais

On évite les regrets en apprenant à se pardonner et en vivant dans le moment présent.

23- Dans une conversation, trop de feu refroidit, trop de traits blesse, trop d’esprit humilie. Charles-Joseph Prince de Ligne

Une personne effrontée n’a pas la moindre idée des effets négatifs que ses interventions ont sur les autres.

24- La vie est une expérience. Plus on fait d’expérience, mieux c’est. Ralph Waldo Emerson

Multiplions, sans réserve, les expériences saines pour l’esprit et le corps.

25- La seule excuse de la guerre, c’est qu’elle correspond à une folie de l’espèce humaine. Amélie Nothomb

La guerre en Syrie est un triste constat de cette folie.

26- L’homme est entré dans la modernité lorsqu’il a commencé à donner des noms doux à ses atrocités. Philippe Bartherotte

Épouvantable massacre de dauphins et de baleines-pilotes aux Îles Féroé (Danemark) à chaque année. Tradition oblige!

27- Le génie est fait d’un pour cent d’inspiration et de quatre-vingt-dix-neuf pour cent de transpiration. Thomas Edison

Peu importe nos objectifs, sans effort soutenu pour les atteindre, les résultats seront mitigés ou absents.

28- Les raisons d’agir sont comme les rouages d’une machine. Plus il y en a, plus la machine est fragile. Gotthold E Lessing

Identifier le nécessaire du secondaire simplifie nos interventions.

29- Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c’est son génie. Charles Baudelaire

 La sensibilité fait partie de l’intelligence émotionnelle. La plupart du temps elle aide mais elle peut aussi blesser profondément dans certains cas.

30- L’élégance est la seule beauté qui ne se fane jamais. Audrey Hepburn

L’usure du temps n’atteint pas l’élégance.

Créations Ekim

Vous êtes seul ou seule???

C’est difficile de nos jours de trouver un compagnon ou une compagne de vie, lorsque la vie de célibataire pèse lourd. À New York, comme on trouve de tout… ou presque, deux nouveaux magasins viennent d’ouvrir leurs portes afin de vous permettre, Monsieur ou Madame, de vous magasiner un mari ou une épouse. Et oui, ça existe. Pour vous donner un avant-goût, voici comment ça fonctionne…

Le magasin des maris

C’est un endroit où les femmes peuvent se rendre pour choisir un mari. À l’entrée du magasin, on y découvre une brève description de la manière qu’il fonctionne :

1- Vous n’avez droit qu’à une seule visite.

2- Il y a six étages.

3- À chaque fois que vous montez d’un étage, les qualités des hommes exposés augmentent.

4- Mais attention : vous pouvez choisir un homme sur l’étage où vous vous trouvez, ou vous pouvez monter d’un étage, mais en aucun cas, vous ne pouvez redescendre d’un étage sauf pour quitter le magasin.

Une femme entre donc dans ce magasin pour se trouver un mari. Au premier étage, il y a un panneau sur la porte qui dit : « Ces hommes ont un travail ».

Au second étage un autre panneau dit : « Ces hommes ont un travail et aiment les enfants ».

Au troisième, un panneau semblable affirme : « Ces hommes ont un travail, aiment les enfants, et ont particulièrement belle allure ».

La femme se dit « Wow! », mais elle sent instinctivement qu’elle doit continuer. Elle arrive au quatrième étage et aperçoit une affiche qui dit : « Ces hommes ont un travail, aiment les enfants, ont particulièrement belle allure et aident aux travaux ménagers ».

« Oh mon Dieu, s’exclame-t-elle. Je peux à peine y croire ».

Malgré tout, elle continue jusqu’au cinquième étage, où le panneau dit : « Ces hommes ont un travail, aiment les enfants, ont particulièrement belle allure, aident aux travaux ménagers et sont très romantiques ».

Elle hésite à rester… mais monte quand même jusqu’au sixième étage. Le panneau dit : Vous êtes la 31 456 012e visiteuse de cet étage. Il n’y a pas d’hommes à cet étage. Cet étage n’existe que pour vous prouver que les femmes sont impossibles à contenter. Merci de votre passage au magasin des maris ».

Le magasin des femmes

Juste en face, sur la même rue, vient d’ouvrir le magasin des femmes, avec le même nombre d’étages.

Le premier étage propose des femmes qui aiment le sexe.

Le second étage propose des femmes qui aiment le sexe et font la cuisine.

Les étages trois à six n’ont jamais été visités.

Paroles d’enfants…

Ces petits bouts d’choux ont ce don de nous faire rire devant leur spontanéité. Souvent dit comme ça, à brûle-pourpoint, il nous livrent une réponse qui quelquefois nous laisse sans voix. À vous d’en juger avec les perles qui suivent…

– Avec quelle main tu dessines à l’école?

– Avec ma mienne. (Clara 3 ans)

 

– Dis, papa, quel travail il faisait Joseph?

– Il était charpentier.

– Et Marie, elle travaillait?

– Non, elle s’occupait du petit Jésus.

– Alors, pourquoi le petit Jésus, il était à la crèche? (Cédric 6 ans)

 

Maman: – Manon, si tu n’écoutes pas, je vais demander au Père Noël de t’apporter de nouvelles oreilles à la place des jouets.

Manon: – Demande-lui alors des oreilles avec des boucles d’oreilles. (Manon 4 ans)

 

La grand-mère vient de mourir et tout le monde est triste. Claire va voir son grand-père avec un grand sourire et lui dit :

– T’as de la chance toi! T’es si vieux que tu vas mourir bientôt et tu seras le premier à la revoir. (Claire 5 ans)

 

– Où j’étais quand j’étais pas né? demande Paul à sa maman.

– Tu étais dans mon ventre.

– Et où j’étais avant d’être dans ton ventre?

– Eh bien tu étais dans ma tête.

– Et tu pouvais réfléchir quand même? (Paul 4 ans)

 

– S’il te plaît, maman, je voudrais une petite sœur.

– Mais, chérie, papa ne veut pas maintenant.

– On n’a qu’à lui faire la surprise… (Doriane 6 ans)

 

Guillaume dit à son Papa :

– Papa, quand je vais être grand, je veux te ressembler, mais avec des muscles. (Guillaume 3 ans)

 

Maman : – Va te laver les dents, elles sont sales.

Jérémy : – Mais je ne mange que des choses propres! (Jérémy 4 ans)

40e anniversaire de la Charte de la langue française

La loi 101 a 40 ans aujourd’hui. Est-ce qu’on peut fêter? A-t-on l’esprit à la fête quand on constate combien cette loi a été charcutée de toutes parts. Le 31 juillet dernier, Mathieu Bock-Côté en a fait le sujet de son article dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. Un papier très intéressant qui vaut la peine que je le partage avec vous en cette journée commémorative pour se rappeler de la belle période des années 1970, alors que le peuple québécois était en effervescence avec un gouvernement péquiste décidé de faire du français la SEULE langue officielle publique.

Et si on parlait du français?

2017 est une année riche en commémorations pour les Québécois.

Dans le cadre des célébrations pour marquer le 50e anniversaire de la visite du Général de Gaulle, ils ont pu se demander : qu’en est-il aujourd’hui du Québec libre? Avons-nous, comme peuple, gagné en autonomie politique depuis 50 ans?

De même, dans les prochaines semaines, les Québécois pourront se poser des questions sur leur rapport au français. Fin août, nous commémorerons les 40 ans de la Charte de la langue française ou, si l’on préfère, de la loi 101.

LIBÉRATION

Il faut revenir à la Révolution tranquille des années 1960 pour bien comprendre son importance. Pour les Québécois, c’était une époque de libération. Ils ne voulaient plus vivre en étrangers chez eux. Ils voulaient vivre dans leur propre langue et avec leur propre culture.

Après quelques tentatives ratées ou insuffisantes, comme le Bill 63 du gouvernement Bertrand et la loi 22 du gouvernement Bourassa, la loi 101 du gouvernement Lévesque, en 1977, viendra enfin donner le cadre politique permettant cette affirmation identitaire.

Son grand promoteur sera Camille Laurin, qui y voyait aussi une manière de renforcer l’estime de soi des Québécois en les décolonisant mentalement. Les Québécois devaient reprendre le contrôle de leur destin. La loi étaie ambitieuse. Elle faisait du français la seule langue publique commune. Son principe c’était l’unilinguisme.

Elle imposait un affichage unilingue français. Elle obligeait les francophones et les immigrés à envoyer leurs enfants à l’école française. Elle entendait faire du français la langue de travail. En gros, il s’agissait de faire du Québec une société française à part entière, ce qui n’était pas contradictoire avec le respect des droits de la minorité historique anglaise.

Ce n’est pas sans raison qu’on a vu dans la loi 101 l’expression la plus ambitieuse de notre volonté de conserver et d’affirmer notre identité collective en Amérique. Mais que reste-t-il de la loi 101? On sait que les tribunaux d’Ottawa l’ont attaquée à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, elle est pleine de trous. Elle a perdu de son efficacité. Adhérons-nous encore aux objectifs de la loi 101?

OFFENSIVE

Demandons-nous d’abord ce qu’il reste de son idéal. En 40 ans, nous sommes passés du rêve d’un Québec français au Québec bilingue. On maquille cette régression en adaptation à la mondialisation. Dans les faits, le français perd du terrain. On le voit sur le marché du travail.

On constate aussi qu’il est bien moins attrayant qu’on ne le souhaiterait pour un trop grand nombre d’immigrés, qui passent massivement dans le système scolaire anglophone lorsqu’ils arrivent au cégep, c’est-à-dire dès qu’ils en ont l’occasion.

Mais il se pourrait bien qu’on assiste à un début de réveil linguistique. Tout doucement, on entend une inquiétude monter. Comme si les Québécois commençaient à comprendre enfin que s’ils perdent leur langue, ils perdront l’essentiel de ce qu’ils sont. Quarante ans après la loi 101, il faut lancer une nouvelle offensive linguistique.

Le gros bon sens

C’est ce que j’ai pensé, hier matin, en lisant la chronique de Martineau dont le sujet était l’arrivée de la Société des Alcools du Québec, à l’intérieur des marchés Métro. D’emblée, je suis de son avis et sincèrement, la SAQ ne m’a jamais impressionné lorsque je magasinais dans une de leurs succursales. Je ne sais pas mais j’ai toujours trouvé ce monopole un peu hautain… une impression.

De toute façon, je vous offre cet article dans son intégralité parce que Richard Martineau a frappé dans le mille et a vu juste avec ce papier et à tous les points de vue. Jugez-en par vous-même.

La SAQ chez Métro!

Comme l’a écrit notre journaliste économique Pierre Couture cette semaine, la SAQ ouvrira une succursale dans un supermarché Métro à LaSalle.

C’est ce qu’on appelle en anglais le concept « shop in shop ». Un magasin dans un magasin. « Notre politique est de nous rapprocher des marchés d’alimentation. On veut être dans le parcours de magasinage de notre clientèle », a expliqué le porte-parole de la SAQ.

UNE SITUATION ABSURDE

Imaginez la scène… Dans le Métro, un commis va être payé 11$ l’heure pour mettre des bouteilles de bière sur une tablette. Mai à quelques mètres de lui, un commis de la SAQ sera payé 18$ l’heure pour mettre des bouteilles de vin sur une tablette. La même maudite job. Dans le même maudit emplacement. Aux mêmes maudites heures.

Mais un employé sera payé par Métro, et l’autre, par le gouvernement (avec toutes les protections sociales que cela comporte).

Duh…?

Question-quiz de la semaine : Pourquoi on ne laisserait tout simplement pas l’employé de Métro vendre du vin? Pourquoi ça prend absolument un employé de la SAQ pour vendre du vin « approuvé » par la SAQ? « Parce que les consommateurs de vin veulent être conseillés par des spécialistes », nous dit-on. N’importe quoi…

Quand je vais acheter de la bière ou du pain, chez Métro, le commis me donne-t-il des « conseils »? « Que mettez-vous sur votre pain le matin? Du beurre de pinottes? OK… Crunchy ou velouté? Crunchy, ok… « Et vous buvez un Espresso ou un café filtre? Ah, OK, un café filtre… Alors je vous conseille le pain Gadouas aux sept fibres. » Voyons! Me niaisez-vous?

DU SIROP ROUGE

Tout ça montre à quel point le concept même d’une SAQ est absurde. Ça prend un employé de la SAQ pour vendre du vin dans un Métro! Va-t-on nous dire que ça prend un employé du ministère de la Famille pour vendre des couches?

Ou une employée du ministère de l’Agriculture pour vendre des fruits et légumes? Si l’employé du Métro est capable de mettre une bouteille de vinasse cheap sur une tablette, il est capable de mettre une bouteille de Cigare Volant sur une tablette. Quant aux « conseils de spécialistes » …

Comme m’a dit Pierre Couture à l’émission que je coanime avec Jonathan Trudeau sur les ondes de CHOI RadioX, les Québécois tripent sur les vins hyper sucrés comme l’Apothic Red, le Red Revolution ou le Ménage à trois. Qu’il y ait ou non des spécialistes sur le plancher pour « orienter leurs choix », les consommateurs vont continuer à acheter ce genre de sirop.

SAC BRUN

La SAQ dit : « OK, vous pourrez acheter du bon vin au Métro, pourvu que cette portion de l’épicerie soit gérée par le gouvernement, » Pourquoi? On ne parle pas de vendre de la nitroglycérine ou du plutonium, mais du vin!

On se croirait en 1940, quand le gars de la Commission des liqueurs nous donnait notre 40 onces de gin dans un sac brun, en chuchotant… Nous sommes en 2017. Un organisme comme la SAQ n’a plus sa raison d’être…