On célèbre le sauveur

Il y a trente ans aujourd’hui, quittait René Lévesque pour un monde meilleur, pour sa vie éternelle. Le sauveur du Québec moderne qu’on n’a jamais remplacé et qui reste toujours unique. Le Journal de Montréal lui a consacré un cahier spécial de 20 pages à sa mémoire, samedi dernier, rempli de témoignages inspirants, admiratifs et évocateurs de ce qu’était l’homme… un grand homme qui faisait pourtant l’unanimité. Un cahier à conserver.

Quand il a fondé le Parti québécois en 1968, j’avais 17 ans et je venais de découvrir celui qui m’intéressa à la politique. Je buvais chacune de ses paroles et il me remplissait d’espoir pour un Québec meilleur et responsable de sa destinée. Alors qu’il était le chef non élu en 1970, il signait une chronique hebdomadaire dans les pages du Journal de Montréal que je m’empressais de lire assidûment. Il préparait sa rentrée en 1973.

Son premier gouvernement élu avec une écrasante majorité en 1976, fut le meilleur des 50 dernières années avec ses réformes audacieuses qui font encore référence 40 ans plus tard. Où serions-nous sans l’adoption de la Chartre de la langue française, la Loi régissant le financement des partis politiques, la Loi sur l’assurance-automobile, la Loi antiscab et la Loi sur le zonage agricole… des réformes importantes durant un premier mandat.

Lors du premier référendum de 1980, j’avais lu avec attention son projet de société « Souveraineté-Association » qu’il projetait de négocier avec le Canada pour qu’enfin le Québec devienne souverain. J’y croyais et j’y crois encore, même si aujourd’hui, c’est devenu mission impossible, ou presque.

René Lévesque c’était un gars très près de son peuple. Une personne simple, accessible, à l’écoute, et un vulgarisateur hors-pair. Il savait simplifier ce qui ne l’était pas au point où tout devenait limpide. Pour lui, le citoyen était sa priorité. Malheureusement, il aura perdu son référendum par la peau des fesses et je me rappelle avoir vu pleurer beaucoup de sympathisants lors du dévoilement décevant des résultats; le NON l’avait emporté avec 59,56% des voies. Une dure défaite dont il ne s’est jamais remis. Au soir de l’échec, il affirma ces paroles rendues célèbres : « Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de nous dire à la prochaine fois! »

Moi aussi je l’ai pris dur. On venait de voir notre château de cartes s’effondrer. 1995 a été encore plus douloureux, perdu par un maigre 1,16%.

René Lévesque était un avant-gardiste. C’était un visionnaire et il est passé à un cheveu de réaliser son rêve. Aujourd’hui, c’est devenu mission impossible avec toute cette démographie qui a changé. Comme dans les Saintes Écritures où il n’y a eu qu’un seul Sauveur, le Québec a eu le sien; René Lévesque était unique, n’a pas été, et ne sera jamais remplacé. C’est pourquoi on le pleure encore après toutes ces années. On n’avait pas les moyens de le perdre.

J’ai toujours gardé en tête cette phrase qui a donné son essor aux artisans et bâtisseurs du Québec d’aujourd’hui, et qui accompagne la photo de ce texte : « On n’est pas un petit peuple, on est peut-être quelque chose comme un grand peuple. » Et ce peuple, j’espère qu’un jour il le comprendra!

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