Pas froid… mais « frette »

Avant de quitter ce matin, il fallait déposer le sac de déchets dans le conteneur… à l’extérieur. J’ai gelé ! Une soixantaine de pas, même emmitouflé, et en rentrant j’ai regardé le calendrier. Sommes-nous à la mi-janvier, que je me suis dit. Mais non, nous étions bien le 22 novembre. C’est le coup de pied qu’il nous fallait pour déguerpir au plus sacrant de ce congélateur à ciel ouvert. Si le Sud ne peut venir à nous, nous allons venir à lui avec le plus d’empressement.

À 7h30, les pneus se lamentaient et se crispaient à fouler cette neige durcie. Le manteau d’hiver, les bottes, qu’importe, c’était le temps de partir. Le beau soleil était là mais, impossible de compétitionner avec le vent qui soufflait pour l’éteindre.

Passer les douanes n’était qu’une simple formalité et quelques pieds plus loin on roulait sur une impeccable route de montagne qui, même avec les rigueurs de l’hiver, nous permettait de rouler en douceur. Comment est-ce possible, ils ne sont qu’à quelques petits kilomètres des routes du Québec, et qu’on constate un monde de différences.

Mis à art quelques carcasses d’animaux laissées aux charognards et des épisodes éparses de poudrerie, il n’y avait pas foule dans les parages, préférant probablement garder leurs pantoufles au pied d’un feu de foyer ardent, et avec raison.

Puis, rendu au New Jersey, je me suis mis à rêver. Imaginez une belle route à quatre voies, avec une cinquième qui fait office de sortie ou de voie d’accès à cette belle autoroute et qui dilue la circulation avec une fluidité telle, qu’on peut rouler à vitesse maximale, sans jouer des freins à outrance. Je rêvais à la 10, la 20, la 30 et toutes les importantes artères de la grande agglomération de Montréal, qui sont congestionnées du matin au soir et du soir au matin. Comment est-ce possible que nos cerveaux du ministère des Transport ne puissent en faire autant ? À ce chapitre, les « Amaricains », ils l’ont l’affaire.

Donc la journée s’est bien déroulée et à 18h00, nous étions arrivés en Virginie selon notre planification, précisément au Holiday Inn dont la photo meuble cet article. Moments précieux de détente en attendant de reprendre la route ce matin. Une surprise cependant nous attendait; où aller souper ? C’est la « Thanksgiving » ici et tous les restaurants sont fermés pour la soirée. Zut ! On n’y avait pas pensé. Puis, on aperçoit le Subway, pas très loin de l’hôtel. Endroit anormalement calme, on demande au commis s’ils sont ouverts… Certainement, fut sa réponse… alors, on s’est tapé une grasse petite pizza, tout de même délicieuse dans les circonstances.

Et la météo… me demandez-vous ? Encore « frette » à ne pas envier un itinérant à coucher dehors. On garde nos bottes et manteaux d’hiver en se promettant de les remiser en fin de journée, une bonne fois pour toutes, à condition Dame Nature coopère bien évidemment.

Attendez…! J’pense à ça… On devrait atteindre la Géorgie aujourd’hui ? Alors je consulte à l’instant MétéoMédia… « Winchester, VA, 1°C avec du soleil, les deux Carolines, couci-couça et 11°C avec un risque d’averses, puis finalement la Géorgie, variable, de la pluie à 90%, 1 mm, et 16°C. » Bah ! Ça va laver l’auto qui au départ était grise et qui est maintenant d’un blanc sale. Les culottes courtes ce sera pour samedi, on se le souhaite.