Rapport de « Snowbird »

Voici mon troisième rapport. Les Fêtes sont déjà passées, parce que la Fête des Rois n’est pas célébrée par ici. Dès que Noël est derrière, plusieurs décorations regagnent le remisage. Il faut dire que sans neige l’engouement est moindre. Après le Jour de l’An, plus aucune trace n’apparaît, ou du moins, très peu. Des Québécois osent prolonger l’illumination, mais demeurent minoritaires.

Ceux qui avaient quitté pour rejoindre leurs familles au Québec sont maintenant de retour… avec le « rhube » pour quelques-uns, et rien pour les autres.

Le complexe reprend ses allures de mal éclairé. Quelques lampadaires sont éteints depuis longtemps et il est très imprudent, la nuit tombée, de marcher sans une lampe de poche. Les autorités ont beau répéter les consignes, il y en a toujours pour qui ça passe un pied par-dessus la tête.

Ce manque de lumière est propice à des visites impromptues de cambrioleurs et le temps des Fêtes a fait quelques victimes. Des autos et camions ont été visités, surtout à proximité des entrées et sorties du parc. Malheureusement pour ses habitants, Pionner Village demeure un des rares complexe à ne par avoir de barrières. Entre donc qui veut et c’est facile de passer incognito. Peut être qu’un jour, les assureurs exigeront une meilleure protection des zones d’accès et de sorties. Pour le moment, ça demeure une passoire.

Le premier janvier est aussi le moment ou le complexe affiche « complet ». C’est plein partout ! Les snowbirds québécois et les Américains des États du Nord s’amènent pour les trois gros mois de l’hiver. Croyez-moi, ils roulent de grosses montures. Mon nouveau voisin de droite, de l’Illinois, a une caravane à sellette de 43 pieds avec 5 rallonges escamotables, tirée par un gros monstre de camion F350 diésel… de la grosse machine. Même phénomène chez les propriétaires de motorisés. Ils occupent toute la place, dans des sites aménagés à une autre époque, alors que les véhicules récréatifs dépassaient rarement 32 pieds. The sky is the limit, comme ils se plaisent à affirmer. Quant à celui de gauche, sa grosse caravane de parc est aussi longue et imposante.

Plusieurs maisons sont à louer par le parc pour 2 300 U$ mensuellement. C’est aussi le début des tournois de pétanque qui sont très prisés; deux en janvier, un en février et un dernier en mars, qui se terminent toujours par un souper aux hotdogs, les meilleurs en ville, parce que les Américains ne savent pas cuire des bons hotdogs. Nous sommes les meilleurs et ce, sans équivoque.

Les nouveaux terrains de bocce et le shuffleboard sont également les lieux de prédilection des adeptes de ces deux autres activités populaires. Canicule, temps frais, nuageux, venteux, rien n’arrête ces mordus. Ça bouge dans le coin et en plein soleil.

Le marché de la revente des maisonnettes semble prendre de l’ampleur. On a vu récemment, des propriétés à vendre depuis longtemps, trouver preneurs. Il faut dire que la population des résidents est vieillissante et pour les Canadiens, le taux de change important, change la donne, occasionnant un roulement prévisible. À titre d’exemple, après quatorze ans d’ancienneté sur le complexe, nous faisons partie des plus vieux snowbirds, sans tenir compte des résidents annuels du parc qui sont tous des citoyens américains, non-couverts par la règle des 180 jours maximum de séjour, annuellement.

En Floride, par les temps qui courent, la température est très confortable avec des mercures entre 22 et 30°C et beaucoup d’ensoleillement. Janvier étant un mois d’incertitudes, côté météo, on prévoit du temps plus frais dès la fin de semaine prochaine. Il faut dire que janvier est habituellement froid certains jours. Disons, sans se tromper, que c’est le pire mois de l’hiver en termes de temps froid. Il y a déjà eu des exceptions, mais justement, c’était des exceptions.

Pour terminer, je veux revenir sur les prix à la consommation ici et sur la conséquence du taux de change. Le remplissage d’une bombonne de 30 livres de propane coûte 18-19 dollars, chez Costco au Québec. Ici, chez Tractor Supply Co., un endroit affichant le meilleur prix, le même remplissage m’a coûté 19,10 U$, soit 25,75 CDN$. Imaginez lorsqu’on doit faire l’épicerie… on court les aubaines.

Le Publix, l’épicerie du coin, vend souvent certains produits selon la formule buy one get one. Tu en achètes un et le deuxième est gratuit. Admettons que le prix unitaire soit gonflé quelque peu, ça reste une forme d’aubaine. C’est ce qu’on surveille. Cependant, la taxe de vente à 6% seulement, permet d’absorber un peu du taux de change… un tout petit peu.

Dire qu’entre 2010 et 2012 nos monnaies étaient au pair… le bonheur total mais de courte durée. Entendez-vous des exportateurs canadiens se plaindre de ce temps-là ? Bien sûr que non, ils font des affaires d’or. En 2010, ils pleuraient ! Le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres.

On s’en reparle dans une quinzaine…

Rapport de « Snowbird »

Bon ! Encore une autre quinzaine derrière nous, et pas un seul « grain » de neige à perte de vue. Je plaisante bien sûr, mais on ne peut pas dire que la grosse chaleur est au rendez-vous. Rarement, le mercure va franchir la barre des 25°C et les nuits restent fraîches. Heureusement, le père Noël a revêtu son beau costume pour la parade.

Depuis jeudi, on y goûte ! Des alertes de tornades sont diffusées au centre de la Floride où les vents sont assez violents et les pluies abondantes à un point tel que des auvents ont été détruits. Atteignant les 90 km/h, les vents ont forcé les snowbirds à enlever rapidement les décorations de Noël qui pouvaient représenter un danger. Le complexe a perdu subitement beaucoup de ses couleurs festives. La météo devrait retrouver son calme cette fin de semaine, et juste à temps pour Noël

À la tombée du jour, qui se situe autour de 17h30, on peut facilement sentir la fraîcheur et quelques fois carrément de la froidure. J’ajouterai que le système de chauffage est requis quelques minutes en soirée, afin de chasser le serin, comme dirait ma mère. Depuis deux semaines, Carole et Marcel sont de retour, à l’intersection la plus achalandée du parc qui grouille de mouvements, pour les quatre prochains mois.

Pour le reste, c’est le temps des Fêtes qui se prépare. Et comme c’est la tradition, dimanche dernier, on a eu droit à notre parade du père Noël sur tout le complexe. Les bonbons volaient de partout et Louise en a fait bonne provision. Beaucoup de résidents et de snowbirds ont décoré leurs maisons et unités et tout le site est coloré. D’ailleurs, les photos de cet article proviennent de notre complexe.

Cependant, je dois avouer, côté ambiance, qu’il manque définitivement un élément important, la neige, pour créer indéniablement la féérie. Un peu partout on se prépare pour la grande soirée du 24 décembre à la salle communautaire qui devrait réunir près de 300 personnes.

Moi, le temps des Fêtes me replonge dans ma jeunesse. Mon cœur d’enfant prend toute la place et la télévision nous offre des histoires à l’eau de rose, où la magie est toujours présente. Ne vous demandez pas pourquoi je réserve cette période, sur le blogue, pour les belles histoires de Noël… c’est ma folie de décembre qui prend le dessus. Tout le monde, ou presque, prend une pose; nos quotidiennes font relâche et on sort de la routine. L’heure est aux réjouissances.

Autre phénomène qu’on observe en cette période est le retour au Québec pour certains snowbirds qui ne se font pas à l’idée d’un Noël gazonné, sans s’emmitoufler; le mal du pays, loin de la famille, c’est compréhensible. De la neige durant deux semaines ça peut très bien faire l’affaire. Plus que ça, c’est No way !, comme ils disent ici. On a cependant passé le message; gardez vos microbes chez-vous en revenant. On a tout le mois de janvier pour se souhaiter la « Bonne Année… », alors rien ne presse !

Pour le Jour de l’An, on fera différent cette année, du moins pour la veille. On veut traverser l’année en pyjama et en regardant la télé. Une idée comme ça ! Je profite également de l’occasion pour vous remercier de votre intérêt envers les contes que j’ai publié en décembre. Beaucoup de « j’aime » et de commentaires élogieux témoignent de votre engouement et de leur retour en décembre 2019.

Mais le soleil a son prix ! Il y a toujours un mauvais côté à une médaille et au pays de Donald Trump, le dollar canadien est en déroute et il se situe, au moment où on se parle, dans les 73 sous. Avec les profits des changeurs, on parle d’une conversion à 1,40$. Donc le soleil a un prix et il faut contrôler nos dépenses si on ne veut pas trop en souffrir.

Sans s’en apercevoir, les dépenses courantes mensuelles peuvent représenter facilement 500 à 900 $ supplémentaires qui passent comme du vent. La spéculation des devises, c’est du vent. Comme on dit; « le malheur des uns fait le bonheur des autres » et les marchands locaux le savent et refilent les augmentations de leurs produits dès les premiers jours d’octobre. D’ailleurs, dans un prochain article, je vous en parlerai plus longuement.

On s’en recause…

Rapport de « snowbird »

Ça fait maintenant deux semaines que nous sommes en territoire floridien et à la lumière de ce que j’entends, vous apprécieriez avoir de nos nouvelles. Alors je prends quelques instants pour vous mettre au courant.

Nous sommes arrivés dans une chaleur frisant les 30°C et lentement nous nous sommes installés et surtout se familiariser avec notre caravane; se rappeler où on mettait nos choses, vider les valises, en fait, reprendre le beat de camping.

Nous avons également fait l’inventaire de ce qui nous manquait. Seulement faire la première commande d’épicerie, demande une certaine discipline… il manque toujours des items qu’on a oublié. Parlant d’oubli, on a laissé la sauce aux prunes au condo… ils n’ont pas ça ici ! Alors, nos amis Carole et Marcel arrivent demain avec la sauce.

Pour garder un certain confort, des articles nous manquait, dont une laveuse toute mignonne qu’on s’est procuré sur Amazon. Une mini toute menue qui fait parfaitement le travail; la madame est bien contente. Deuxième élément; une remise. Encore là, Amazon a été sollicité pour une remise de toile, 8 x 6, qui fait parfaitement le travail. Il faut garder en mémoire que lors de notre retour au Québec, il faut d’abord tout ranger dans les coffres de la caravane avant l’entreposage. Il faut viser COMPACTE.

Une bonne nouvelle; on dort comme des bébés, d’un sommeil des plus réparateurs. Important vous me direz ? Très important en effet et on se sert d’un cadran pour se réveiller, c’est tout dire. Qui dit sommeil réparateur dit journée productive.

Côté météo, quelques nuits fraîches et beaucoup de soleil. Un tout petit peu de pluie, sans plus et à une seule brève occasion. Par contre, les deux derniers mercredis étaient frais. Je mentionne les mercredis parce que je joue 3 heures de musique avec des musiciens, chanteurs et chanteuses du coin, sous le tiki, ces jours-là. Et bizarrement, les deux derniers se sont avérés froids. 15-18°C avec un vent nordique… mais c’est mieux que la neige.

Louise savoure ses victoires au bingo et ma foi, elle est très chanceuse. Le fric U$ remplit son petit sac à cagnotte. Deux fois par semaine elle est au rendez-vous et savoure ces instants précieux. Les vendredi soir, c’est le Poker Texas Hold-em à la salle de cartes et la chance m’a souri la semaine dernière.

La plage ? N’étant pas très friand, on n’y va pas. D’abord nous sommes sensibles au soleil et je l’avoue franchement, ce n’est pas la principale raison de nos hivers ici. C’est définitivement le froid et la neige qui en est responsable, du moins tant que cela durera. L’été à l’année n’est pas du tout désagréable et il semble que les statistiques prouvent qu’on prolonge notre vie de cette façon. Comme nous voulons vivre vieux et en santé… on en profite.

Et ces deux semaines sont passées en coup de vent, tellement on ne les voit pas passer. Il me semble que nous sommes arrivés hier. Parents et amis qui nous accompagnent vont bien et leur teint prend des couleurs à rendre jaloux. Ici ce n’est pas le dépaysement total. C’est le prolongement de l’été du Québec.

Nous en sommes à notre quinzième hiver au pays de l’Oncle Sam et on se sent comme chez nous… sauf pour le pognon qui nous prend 38 sous par dollar. Que voulez-vous, tout n’est pas parfait et c’est à nous de demeurer sélectif et prudent dans nos dépenses. Et malgré le taux de change, il en coûte moins cher qu’au Québec pour faire le plein d’essence. Ici, la taxe de vente n’est que de 6%.

À la prochaine…

Rendus à destination

D’abord, la publication de cet article accuse un retard bien involontaire de ma part. Lorsqu’on arrive à destination, une foule de petites choses restent à faire pour s’installer confortablement. Et l’essentiel pour pouvoir communiquer, c’est l’Internet. Cet indispensable réseau mondial qui fait en sorte que la planète se « parle » rapidement. Alors au moment de rédiger cet article, il est presque minuit et aujourd’hui, je me rendrai chez Francine, ma belle-sœur, pour profiter de son réseau et vous donner de nos nouvelles.

Au moment de quitter l’hôtel, hier matin en Géorgie, c’était brumeux et il faisait -2°C puis, dès notre entrée en Floride, la Sunshise state nous faisait cadeau d’un soleil resplendissant et qui dit soleil, dit montée de la température. Et dire qu’on nous annonçait des averses. Dès lors, c’est le contraire qui s’est produit et le thermomètre marquait 31°C en début d’après-midi. Belle occasion de faire fonctionner le climatiseur de la bagnole. Mis à part une congestion passagère dans la région de Sarasota, la journée s’est très bien passée. Finalement, il est tombé une dizaine de gouttes de pluie et concentrées surtout en fin d’après-midi.

Il faut ajouter que dans la région d’Orlando il y a tout un chantier pour revamper l’Interstate 4; des travaux majeurs débutés il y a trois ans et qui devrait améliorer grandement la circulation dans ce secteur en effervescence. Alors qu’on se dirigeait vers l’ouest, on pouvait voir le bouchon monstre de plus de 15 kilomètres, sur trois voies dans l’autre direction. Même phénomène sur l’Interstate 75, en direction nord, ceinturant Tampa, où on refait complètement l’échangeur de ces deux super autoroutes.

Mais l’important était d’arriver au camping et revoir Francine, Jean-Guy et Carole qui nous attendaient avec leur plus beau sourire et un excellent repas qu’on a pris dans la Florida room, par une douce soirée. Il était 15h15. Il faisait bon également de retrouver notre environnement de tous ces hivers passés ici. Les beaux souvenirs remontent vite dans nos mémoires.

Entretemps, Louise s’occupait de ranger nos choses et de faire un peu de ménage dans la caravane, pendant que je me rendais à l’épicerie pour acheter ce qu’il nous fallait pour le déjeuner de ce matin. Et aujourd’hui, c’est la visite chez Comcast pour l’Internet si on veut se servir de la télé. On a beau être en vacances… la vie continue et le train train quotidien aussi. L’auto est tellement sale qu’il lui faudra un bon lavage en profondeur, tant la carrosserie est rugueuse. Sauf qu’ici, pour joindre l’utile à l’agréable, c’est l’hiver seulement sur le calendrier alors que dans le quotidien, c’est l’été.

Merci de vos nombreux commentaires durant notre escapade, c’est apprécié et le meilleur est à venir au pays des gougounes. De plus, n’hésitez surtout pas à venir prendre votre dose de soleil sur ce blogue et bien d’autres choses.

On a vu nos premiers palmiers

Journée beaucoup plus intéressante hier. On a eu un peu de soleil en Virginie et au début de la Caroline du Nord, puis les nuages on fait leur apparition avec de la pluie fine au sud de la Caroline du Sud et en Géorgie. À La frontière qui délimite la Caroline du Sud et la Géorgie, les premiers majestueux palmiers nous ont fait sourire… la chaleur approche et c’est encourageant.

Comme la veille, on ne peut pas dire que la circulation était dense… éparse serait le qualificatif plus approprié. Cependant, je dois vous mentionner qu’en Caroline du Nord, on trouve les Carolina Premium Outlets, visibles de l’Interstate 95 et là, il y avait du monde en ce « Black Friday ». Les stationnements étaient saturés et les rues avoisinantes étaient bondées d’automobilistes qui attendaient en ligne sur un bon kilomètre, une place pour se stationner et chercher l’aubaine. On a vite compris pourquoi l’autoroute était calme. Ils étaient tous là ! Ça semblait un bordel infernal, d’où nous nous trouvions.

Durant la traversée de la Caroline du Sud, on a pu constater les dommages que l’ouragan Florence a laissé sur son passage en septembre dernier. Des entrepôts détruits, des enseignes arrachées et beaucoup d’arbres déracinés témoignent de la force de l’élément destructeur. Il y a beaucoup de travail à effectuer pour y faire disparaître toutes traces. Des sections boisées complètes au centre de la I-95 ont dû être fauchées totalement et les matières résiduelles sont encore là pour en témoigner.

À 18h15, nous étions à L’hôtel Holiday Inn de Pooler en Géorgie, ville voisine de Savannah, pour situer plus facilement les snowbirds québécois. Depuis plusieurs années, on a choisi cette chaîne d’hôtel pour la qualité des chambres, leur confort, leur propreté et le service toujours courtois qu’on y reçoit, sans oublier un délicieux déjeuner gratuit, offrant une belle variété d’aliments, offert dans un environnement feutré et discret. Un téléviseur est là pour nous informer des dernières nouvelles et événements survenus au cours des dernières heures. Un genre de « Salut bonjour » québécois.

Pour les friands de statistiques, nous avons ajouté 1111 (le fruit du hasard) kilomètres au compteur hier et il nous en reste autour de 600 aujourd’hui pour rejoindre nos quartiers d’hiver. La météo maintenant; à 7h30 il faisait -2°C pour terminer la journée à 12°C en Géorgie. Ah oui… le manteau d’hiver et les bottes ont été remisés dès les premiers rayons de soleil vers 10 heures, et à 8°C.

Aujourd’hui on boucle la boucle avec les culottes courtes et le petit chandail léger. Seule ombre au tableau, Louise a consulté la météo d’aujourd’hui et ça ne s’annonce pas très réjouissant sur la côte sud-ouest de la Floride; 100% d’averses de pluie, 25-35 mm de précipitations avec un mercure de 23°C. Une chance que nous sommes là pour cinq mois… on pourra se reprendre. Tout d’un coup que Dame Nature se serait trompée ???

Pas froid… mais « frette »

Avant de quitter ce matin, il fallait déposer le sac de déchets dans le conteneur… à l’extérieur. J’ai gelé ! Une soixantaine de pas, même emmitouflé, et en rentrant j’ai regardé le calendrier. Sommes-nous à la mi-janvier, que je me suis dit. Mais non, nous étions bien le 22 novembre. C’est le coup de pied qu’il nous fallait pour déguerpir au plus sacrant de ce congélateur à ciel ouvert. Si le Sud ne peut venir à nous, nous allons venir à lui avec le plus d’empressement.

À 7h30, les pneus se lamentaient et se crispaient à fouler cette neige durcie. Le manteau d’hiver, les bottes, qu’importe, c’était le temps de partir. Le beau soleil était là mais, impossible de compétitionner avec le vent qui soufflait pour l’éteindre.

Passer les douanes n’était qu’une simple formalité et quelques pieds plus loin on roulait sur une impeccable route de montagne qui, même avec les rigueurs de l’hiver, nous permettait de rouler en douceur. Comment est-ce possible, ils ne sont qu’à quelques petits kilomètres des routes du Québec, et qu’on constate un monde de différences.

Mis à art quelques carcasses d’animaux laissées aux charognards et des épisodes éparses de poudrerie, il n’y avait pas foule dans les parages, préférant probablement garder leurs pantoufles au pied d’un feu de foyer ardent, et avec raison.

Puis, rendu au New Jersey, je me suis mis à rêver. Imaginez une belle route à quatre voies, avec une cinquième qui fait office de sortie ou de voie d’accès à cette belle autoroute et qui dilue la circulation avec une fluidité telle, qu’on peut rouler à vitesse maximale, sans jouer des freins à outrance. Je rêvais à la 10, la 20, la 30 et toutes les importantes artères de la grande agglomération de Montréal, qui sont congestionnées du matin au soir et du soir au matin. Comment est-ce possible que nos cerveaux du ministère des Transport ne puissent en faire autant ? À ce chapitre, les « Amaricains », ils l’ont l’affaire.

Donc la journée s’est bien déroulée et à 18h00, nous étions arrivés en Virginie selon notre planification, précisément au Holiday Inn dont la photo meuble cet article. Moments précieux de détente en attendant de reprendre la route ce matin. Une surprise cependant nous attendait; où aller souper ? C’est la « Thanksgiving » ici et tous les restaurants sont fermés pour la soirée. Zut ! On n’y avait pas pensé. Puis, on aperçoit le Subway, pas très loin de l’hôtel. Endroit anormalement calme, on demande au commis s’ils sont ouverts… Certainement, fut sa réponse… alors, on s’est tapé une grasse petite pizza, tout de même délicieuse dans les circonstances.

Et la météo… me demandez-vous ? Encore « frette » à ne pas envier un itinérant à coucher dehors. On garde nos bottes et manteaux d’hiver en se promettant de les remiser en fin de journée, une bonne fois pour toutes, à condition Dame Nature coopère bien évidemment.

Attendez…! J’pense à ça… On devrait atteindre la Géorgie aujourd’hui ? Alors je consulte à l’instant MétéoMédia… « Winchester, VA, 1°C avec du soleil, les deux Carolines, couci-couça et 11°C avec un risque d’averses, puis finalement la Géorgie, variable, de la pluie à 90%, 1 mm, et 16°C. » Bah ! Ça va laver l’auto qui au départ était grise et qui est maintenant d’un blanc sale. Les culottes courtes ce sera pour samedi, on se le souhaite.

Prendre congé de la neige

Depuis décembre 2011, exception faite de la semaine du décès de mon père en 2015, la neige on la regardait via la télé, en Floride. Je vous accorde que le paysage est féérique avec tout ce manteau blanc, mais disons que le moment est venu de lui dire « Bye ». Ça fait trois jours consécutifs qu’il neige. On se reverra, mais quand ??? Quand il n’y en aura plus.

Fini les courbatures, les crispations causées par le froid, les bottes, manteaux et foulard, on met le cap vers le sud et ses culottes courtes et ses vêtements estivaux. Dès les premières lueurs du jour, en ce 22 novembre où il fait un froid sibérien ressenti de -24°C sur la Rive-Sud de Montréal, c’est 15 Sud, 87 Sud et nous voilà au pays de Donald. Pour une quatorzième saison c’est la Floride qui nous accueille et plus précisément à North Fort Myers.

On entreprend les 2 720 kilomètres qui nous séparent de notre destination, calmement et avec la douce sensation d’évasion. Nos amis et la parenté sont déjà là, alors que Carole et Marcel nous rejoindrons en décembre.

À vrai dire, c’est la première fois qu’on décolle en novembre… ce sera aussi la dernière parce que c’est définitivement plus agréable de rouler en octobre au pays de l’oncle Sam. Une fois les Adirondacks traversées, c’est de la petite bière pour le reste du chemin avec des routes en excellente condition, contrairement aux nôtres. On a regardé la météo et en novembre il nous faudra rejoindre la Caroline du sud pour apprécier le réchauffement des températures.

Quoi qu’il en soit, samedi, en milieu d’après-midi, notre périple sera terminé et la verdure des palmiers nous fera rayonner d’un chaleureux sourire.

Je dois dire qu’on est chanceux. La caravane à sellette est déjà passé de l’entreposage à notre site et les amis et la famille se sont occupés de rouvrir les extensions, brancher le courant, partir le climatiseur, installer les égouts et procéder au survol de l’installation. En boni, le beau-frère Jean-Guy, a mis tout son talent de peintre pour rafraîchir l’escalier de la caravane… Je te réserve quelques bonnes « frettes » mon Jean-Guy. Finalement, Il n’y manque que nous.

Alors si la curiosité vous habite, venez faire un tour ici, sur ce blogue, où je vous ferai partager nos émotions et observations tout au long du voyage, et bien d’autres choses. C’est un rendez-vous !

Arrivés à bon port

Depuis 15h00 cet après-midi, nous sommes de retour au Québec à notre nouvel appartement. On a rencontré les propriétaires pour prendre connaissance des règlements, puis on a couru jusqu’en soirée pour s’enquérir de ce qui nous manquait pour y habiter rapidement. C’est fou comme les petites choses anodines ont leur importance.

Quoi qu’il en soit, la journée s’est passée sous le soleil comme tout le reste du voyage. Cependant, j’ai fait une petite erreur. j’aurais dû rouler deux heures de plus hier soir et éviter la satanée Interstate 287 dans le New Jersey et New York où on a roulé de pare-chocs à pare-chocs durant une bonne heure. Promis qu’on ne m’y reprendra plus. D’autant plus qu’il faisait jour jusqu’à 20h00. Bon, c’est noté. Une fois cette épine enlevée, le champignon à 120 km /h pour faire le reste du chemin sans être importuné. On avait hâte d’arriver. Au poste frontalier, deux courtes minutes ont suffi, sans attente ou presque.

C’est maintenant chose faite. Arriver dans un nouvel appartement, sans meubles, c’est comme un déménagement avec tout ce que cela implique, mais bon; le moment tant espéré est maintenant une réalité. Déjà demain, les meubles font leur entrée.

Une grande nouvelle dégueulasse attendait les automobilistes aujourd’hui ; le litre d’essence grimpera demain à 1,40$ le litre. Vous auriez dû voir la longue file d’attente au Costco. Ils nous ont par les bijoux de famille. Avouez cependant qu’on ne s’est pas aidé; il ne s’est jamais tant vendu de VUS et d’utilitaires sport au Québec. On ne doit sûrement pas être à plaindre.

Alors je terminerai là-dessus avant de profiter du sommeil du juste dans un hôtel du voisinage. On voit le médecin mercredi matin pour tenter de mieux soigner le malin virus du Pioneer Village. Des souvenirs comme ça, on peut s’en passer. Il parait qu’il est en train de provoquer une véritable hécatombe dans ce secteur de la Floride. Ça tombe comme des mouches et les masques sont en vogue. On sympathise. Le mercure indiquait 1°C en après-midi, ici à La Prairie.

Bon retour pour les snowbirds encore aux USA.

Jour 2 du retour au froid

Il faut bien le dire, ça faisait déjà 6 hivers que nous ne revenions au Québec qu’en avril. Là, ce 25 mars, on gèle. Au lever à Florence, une bruine envahissait l’environnement et les essuie-glaces étaient de mise. Des vents de 10 MPH et un mercure sous les 10°C, il n’en fallait pas plus pour s’ennuyer rapidement de la Floride. Dès 7h30, nous étions sur la route, presque seuls, en ce dimanche matin. Heureusement, le soleil a pris toute la place un peu après 9 heures et jusqu’à son coucher. Les températures cependant, variaient entre 6 et 10°C en traversant les montagnes de la Virginie et de la Pennsylvanie.

Fait à noter, la neige reçue la semaine dernière dans cette partie de l’Amérique, était encore bien présente dans les champs et pâturages. Contrairement à la journée d’hier, la circulation est demeurée fluide et je pouvais rouler à 120 KH, dans les zones de 110 bien sûr. Les cerfs ont repris leur place; certains broutent allègrement alors que d’autres sont déjà passés de vie à trépas. C’est malheureux mais dans la nature, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

La santé, ce n’est pas mieux. Je dirais même que je trouve le voyage long et j’ai mal partout. Lorsque je sors de l’auto on croirait qu’un train m’a passé sur le corps. Louise, il y a amélioration, mais légère. Mettons que ce satané rhume tombe dans un mauvais moment. Dès notre arrivée en sol québécois, on rejoint notre médecin de famille pour un rendez-vous pour hier. C’est décidé!

On voulait également vous remercier, Louise et moi. La lecture de vos commentaires était intéressante et ne vous gênez pas de le faire autant de fois que vous le désirez. Ce blogue, il existe aussi pour vous divertir, alors à vous d’en profiter.

Ce soir, nous sommes arrivés au Holiday Inn d’Allentown à 18h00, en pleine clarté… et après 1 030 km. Entre deux toux, Louise était contente, contrairement à hier. Demain, c’est dans la nervosité qu’on va découvrir notre nouveau chez-nous. On rencontre le personnel de gérance pour recevoir nos cartes à puces et s’entretenir sur les tenants et aboutissants de notre nouvelle vie. Mais ne brûlons pas les étapes et vers 7h30, on continue notre périple dans les montagnes de l’état de New-York, dont les splendides Adirondacks.

Au poste frontalier, on reprendra notre langue de Molière pour les huit prochains mois. Dès qu’on franchit la ligne, c’est une sensation indescriptible de rentrer chez nous, le cœur léger, malgré que le Québec ne soit pas parfait, c’est comme une vieille paire de chaussettes confortables… on ne peut plus s’en départir et toujours heureux de les enfiler.

Je vous raconte l’épilogue demain…

Déjà une étape de franchie

À voir la montagne de courriels en attente, certains d’entre vous se demandent pourquoi ils n’ont pas encore des nouvelles de notre première journée sur le chemin du retour. La raison est que nous venons, à 21h30, de franchir le seuil de notre chambre d’hôtel à Florence. Eh oui… en fin de matinée nous avons été pris dans un immense bouchon à la hauteur du millage 89 sur l’Interstate 4, suite à un carambolage monstre survenu quelques minutes plus tôt et impliquant un gros camion semi-remorque. Les quatre voies ont été paralysées complètement durant deux heures et demie.

Pourtant, la journée avait bien débuté alors que Carl s’amenait pile à l’heure prévue pour remiser notre caravane. Nous avons quitté à 8h15 pour mettre le cap vers la Caroline du Sud, au Holiday Inn de Florence. La température affichait les 27 degrés avec un soleil resplendissant. À la tombée de la nuit, en Géorgie, le crépuscule apportait son lot de froidure, pour nous montrer qu’on se dirigeait en direction du Nord. À Florence, au moment d’écrire ces lignes, le mercure indique 8 degrés avec quelques gouttes de pluie.

Pour les friands de statistiques, la bagnole affiche 1 068 kilomètres de plus à l’odomètre. Le gallon d’essence se vend autour de 2,45$ dans le coin. Demain matin, on s’habille en long parce qu’on devrait terminer notre seconde étape à Allentown en Pennsylvanie… où il reste encore de la neige tombée récemment. Pas beaucoup à ce qu’on raconte, mais de la neige, petit tas ou gros banc, ça reste de la neige. Nous sommes au printemps depuis 5 jour simonac…!

Alors on se reparle demain soir.