Questions de « snowbirds »

Ces questions-réponses sont tirées de la section « Le jaseur » de la revue trimestrielle de l’Association canadienne des snowbirds, été 2019.

Elles pourraient clarifier certaines situations en pays étrangers visités par les snowbirds canadiens.

Q1- Bonjour, ai-je besoin d’un visa de travail pour travailler comme hôte de terrain de camping dans un parc d’État aux E.-U. ? Merci.

R1- Puisque vous parlez de travailler dans un parc d’État, je présume que vous seriez rémunéré. Vous ne pourriez le faire sans un visa vous permettant de travailler aux É.-U. En tant que visiteur, vous n’avez pas le droit de travailler aux É.-U., et même le bénévolat peut éveiller des soupçons si le gouvernement considère que vous occupez l’emploi d’un citoyen américain.

Q2- Puis-je importer en Ontario une remorque utilitaire de fabrication artisanale ? Elle n’a jamais été immatriculée et n’a pas de numéro de série. Je l’ai acheté partiellement achevée et je l’ai achevé moi-même. Est-ce que je devrais d’abord l’immatriculer en Floride ?

R2- D’après le Registraire des véhicules importés (RVI), les remorques faites maison ne peuvent être importées au Canada. Désolé.

Q3- J’ai lu votre article l’an passé sur Amazon Prime. J’ai parlé à un agent des services à la clientèle d’Amazon, qui m’a suggéré de simplement prendre un abonnement mensuel au Canada et aux É.-U. pendant que j’y séjourne, puis d’annuler et de passer à l’autre pays. C’est un peu plus cher, mais ça fonctionne très bien pour moi.

R3- C’est ce que nous faisons, et ça fonctionne effectivement. Merci.

Q4- Dans votre réponse à Peter Kuzik dans le numéro 110 de Nouvelles « CSA », lorsque vous avez écrit « nous aurions donné à l’hôpital mexicain le numéro de carte de crédit de Medipac », parliez-vous de la carte d’assurance de Medipac ? Pourriez-vous préciser ? C’est ambigu.

R4- Nous parlions de la carte de crédit de Medipac. Certains hôpitaux, particulièrement au Mexique, ne vous traiteront pas à moins de recevoir d’avance un numéro de carte de crédit. NE LEUR DONNEZ PAS votre numéro de carte de crédit, car la probabilité d’abus est assez élevée. Appelez plutôt Medipac, qui donnera à l’hôpital son numéro de carte de crédit. L’hôpital devra ensuite se faire payer par nous plutôt que par vous, et nous sommes très efficaces.

Q5- Nous passons 180 jours en Floride, mais nous songeons à rentrer à Vancouver sur une croisière en partance de la Floride, via le canal de Panama. Les jours passés sur le navire sont-ils considérés comme des jours aux É.-U.? Nous comprenons que si nous quittons Vancouver pour une destination aux É.-U. puis nous retournons au Canada, nous sommes « en transit ». Mais si nous avons passé près de 180 jours aux É.-U. avant notre départ, sommes-nous toujours en transit ? Merci beaucoup.

R5- Vous êtes considérés comme ayant quitté les États-Unis à la date de départ du navire, donc ça devrait aller. Cependant, si le navire ne va pas directement
au Canada et fait escale aux États-Unis après le départ, les jours doivent alors être comptés.

Avis aux « snowbirds » du Québec

Beaucoup de « snowbirds » commencent à songer à la migration hivernale vers des cieux plus cléments.

Dans son dernier numéro de « Nouvelles CSA » l’Association canadienne des snowbirds (ACS), a appris qu’il existe une contradiction entre les critères de résidence de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ) et ceux de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Pour rester admissible à votre assurance maladie, vous devez être présent au Québec au moins 183 jours par année civile (1er janvier au 31 décembre). Les absences de 21 jours consécutifs ou moins ne sont pas comptabilisées, ni les jours de départ et de retour. Une fois tous les sept ans, un citoyen peut s’absenter du Québec 183 jours ou plus au cours d’une année civile. Dans ces circonstances particulières, vous devez aviser le ministère de la Santé avant votre départ et remplir le formulaire Départ temporaire du Québec, disponible auprès de la RAMQ.

Selon la RAMQ, si vous disposez d’une résidence hors Québec, vous devez demeurer au Québec et y être présent au moins 183 jours dans l’année pour bénéficier de la protection offerte par le régime d’assurance automobile du Québec.

Bien que la RAMQ permette un nombre illimité d’absences du Québec d’au maximum 21 jours consécutifs, la SAAQ n’a pas de telle disposition. Nos membres doivent donc tenir compte de ces différences pour veiller à rester couverts à la fois par la RAMQ et la SAAQ. Nous recommandons fortement à tout membre couvert par la SAAQ qui excède les 183 jours permis, de contacter la SAAQ
directement afin de vérifier son statut.

Les représentants de l’ACS travailleront avec le gouvernement du Québec à résoudre cette contradiction. Nous présenterons un compte rendu dans Nouvelles « CSA ».

Notes de voyage

Évidemment, lorsqu’on voyage, il y a toujours quelques pépins qui surviennent. Et souvent, c’est lorsqu’on se déplace que ça se produit. Au cours de notre dernier périple, j’ai été à même d’en noter quelques-unes et ça touche principalement les hôtels.

D’abord, je dois vous avouer que je n’aime pas les motels avec porte sur l’extérieur. Je préfère de loin les hôtels et principalement ceux de la chaîne Holiday Inn. Le service est toujours à la hauteur et j’ai constaté que depuis trois ans, ils en ont construit des nouveaux et rénovés ceux qui devaient l’être. Je possède leur carte de fidélité et l’accumulation de points me permet une nuitée à prix dérisoire de temps en temps.

Alors, va pour le positif, Maintenant, passons aux irritants qui sont survenus au retour. Si tous les hôtels visités étaient propres et confortable pour dormir, il y a tout de même des manquements. À Memphis, nous étions à l’hôtel La Quinta, près de Graceland. L’édifice fait six étages et ils ne disposent que d’un seul (j’ai demandé) chariot à bagages. Eh oui, un seul ! J’ai dû descendre nos bagages à bras, comme on dit.

De plus, ils avaient perdu notre réservation, confirmée en novembre, et j’ai dû appeler Expédia pour rétablir la situation, avec l’oreille en chou-fleur, pendant 70 minutes au téléphone. Finalement, l’Internet était lamentable. Au moment d’ajouter deux photos sur une de mes publications du blogue, il m’a fallu tenter l’expérience à huit reprises avant d’aboutir. Normalement, c’est une question de secondes.

À Nashville, au Alexis Inn, pas grand-chose à dire si ce n’est qu’il y avait qu’un seul élévateur pour tout l’hôtel. Wifi excellent et propreté à souligner.

Mais le summum du confort c’est au Holiday Inn de Medina en Ohio qu’on l’a découvert et apprécié. Un hôtel moderne, construit en 2016, et conçu pour les réalités et besoins technologiques de l’heure. Internet ultra rapide et des postes informatiques dans un coin du hall d’entrée.

Autre détail qui m’a plu, l’énorme quantité de bornes USB et électriques dans la chambre. J’avais cinq branchements à faire avant d’aller au lit; iPhones, iPads, montre, et ordinateur. Il en restait encore de disponibles. Un réveil pour brancher son téléphone intelligent… bref ! Si je repasse dans le coin, je vais m’y arrêter.

Alors qu’on prenait nos petits déjeuners gratuits à l’hôtel, j’observais les alentours et je me suis demandé pourquoi les gens descendent déjeuner pieds-nus, en pantoufles et en pyjama. Une nouvelle mode ? C’est tendance ? Allez savoir ! Personnellement je trouve cela déplacé et inadéquat. Surtout dans l’accueil d’un hôtel. Et ce n’était pas l’exception.

Autre réalité agaçante, c’est sur les routes et surtout l’État de New York. J’ai roulé dans plusieurs États aux États-Unis, mais New York est le seul État qui ne tient pas compte du millage exact pour numéroter ses sorties d’Interstates. En lieu et place, ils indiquent la distance entre chaque sortie. Je ne comprends pas cette logique si on peut la qualifier ainsi.

Pour les automobilistes, c’est beaucoup plus simple de les numéroter comme on fait partout; le numéro de sortie correspond au millage exact de cette autoroute. Très simple, elle nous permet d’avoir une meilleure idée du chemin à parcourir. L’influence de Trump ?

D’ailleurs, chez les Amerloques, le système métrique n’est pas pour demain. Aussi, pour terminer, les Thruway, sont loin d’être économiques. À regarder l’état de la chaussée qui se détériore d’année en année, on se demande bien ce qu’ils font de tout ce fric. Ne devait-il pas à justement entretenir ce réseau ? Il me semble que celui-ci est en constante décrépitude. Au Québec, les bornes sont à l’honneur alors qu’au sud ce sont les annonces avancées de construction, qui meublent les décors routiers.

Alors voilà mon tour d’horizon des petits choses qui ont attiré mon attention. Quand on s’arrête pour se reposer ou qu’on use ses pneus sur des kilomètres, on a le temps de penser, de réfléchir et d’observer. C’est ce que je viens de vous livrer.

Enfin chez nous !

Non mais, « on est-tu bien chez nous ? » Les vacances, c’est bien beau mais toute bonne chose a une fin et c’est à cette étape que nous destinions notre dernière journée en sol américain, hier. Revenir chez soi, c’est comme remettre ses bonnes vieilles chaussettes, même défraîchies, mais combien confortables, qu’on garde et qu’on ne veut pas se départir. C’est aussi comme ce délicieux café chaud au réveil et qui nous réconforte. Des habitudes douillettes.

Parce que je dois vous dire que Garmin s’est très bien acquitté de sa tache de nous indiquer les bonnes directions et croyez-moi, c’était le bordel sur les routes hier. Je vous avais dit, dans mon article d’hier, toute la cochonnerie que Dame nature avait décidé de nous envoyer. On l’a eu ! Du réveil à 6h00 jusqu’à notre arrivée à 18h00. Des pluies diluviennes où la visibilité ne dépassait pas 200 pieds.

Et que dire du mercure… entre 3 et 5°C avec des vents froids comme l’hiver. J’ai jeté un coup d’œil au calendrier pour vérifier si c’était bien le printemps qui était arrivé depuis le 21 mars… presqu’un mois ! Ce n’est pas des farces. On a tout de même roulé 1013 kilomètres dans cet enfer.

Nous sommes rentrés au Canada par le poste frontalier des Milles-Iles et saluer nos zamis ontariens. Les affiches sont bilingues, et dans ce coin de l’Ontario, jusqu’au Québec, la concentration de francophones est tout de même importante. Donc, je décide de causer avec le douanier de faction en français.

Dès qu’il voit nos passeports en français et que je lui adresse la parole également en français, il devient muet, appuis sur quelques boutons (probablement pour avertir son compagnon de travail plus bilingue que lui) afin de pouvoir le démerder dans la langue de Molière. C’est effectivement ce qui s’est produit. Il a laissé son fauteuil et j’ai pu converser avec le bilingue. Fin de l’histoire ! Je préfère, et de loin, traverser à Lacolle… plus convivial !

Finalement, avant de rentrer au condo, c’est au restaurant des jardiniers maraîchers de La Prairie, qu’on a pris notre premier repas en sol québécois. Du bon poulet, parce que c’est aujourd’hui qu’on fera provision de victuailles. Une grosse commande !

Mais pour les friands de statistiques, notre retour à la maison nous aura fait parcourir 3 805 kilomètres, soit 1100 de plus que notre retour habituel. Mais l’expérience en valait le coup. Découvrir Memphis et Nashville et s’imprégner de cette culture unique qui a meublé notre jeunesse, c’est quelque chose de fantastique et que je vous souhaite avant de mourir, parce que lorsque vous arriverez au ciel, vous pourrez au moins partager votre expérience avec ces vedettes et qui sait, obtenir un autographe pour l’éternité.

Demain, je vous proposerai quelques notes que j’ai retenues de ce périple et surtout au niveau des hôtels et de certaines manies des amerloques, qui m’agacent beaucoup. C’est bon d’en parler parce que ça évite les ulcères.

D’ici là, en dénouement, et devant le refus de ma caméra de sortir de son étui par un temps pareil, j’ai pensé vous offrir une photo millionnaire, que j’ai pris aux Sun Studios de Memphis et qui date des années 50. Un cliché de ces immortels, dont on nous vante leurs talents et qu’on parle beaucoup à Memphis comme à Nashville.

De gauche à droite vous voyez Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Elvis Presley et Johnny Cash. Vous vous souvenez sûrement ? Eh bien, on a foulé leurs traces et confirmé leur charisme.

Voilà !

On s’approche de la maison

Au départ de Nashville hier matin, la pluie était au rendez-vous et le mercure indiquait 17°C. Pas si mal pour l’endroit où nous étions. On a mis notre adresse au Québec dans les entrailles de notre co-pilote Garmin en lui faisant la plus grande des confiances et hop ! Nous voilà en route pour la maison.

C’est la première fois qu’on traverse cette région et on se fie sur la technologie. Mais je suis tout de même rusé. J’avais vérifié au préalable avec Google Maps. Les deux guides semblent être sur la même longueur d’onde. Alors qu’on traversait les grandes agglomérations américaines et même lorsqu’on s’est rendu à Memphis et Nashville, on se disait que les GPS, de qualité, rendent de très grands services.

Avez-vous seulement imaginé s’y retrouver au cœur d’une grande ville, avec ses nombreux détours sans utiliser ces bidules devenus indispensable. C’est beaucoup plus rapide qu’une carte et aujourd’hui, ils connaissent les entraves à la circulation en proposant des alternatives, souvent miraculeuses. Une belle manière d’éviter des accidents.

Alors pour en revenir à nos moutons, tôt après le dîner, le soleil est apparu pour ne plus nous quitter de la journée. 21°C en après-midi et retour à l’heure avancée de l’Est. Tout à tour, nous avons traversé le Tennessee, le Kentucky et l’Ohio, avec leurs arbres fleuris de rose et de blanc en ce printemps bien installé… Pour le Québec, c’est sur la bonne voie.

Beaucoup de zones sont en construction mais on pouvait rouler à vitesse maximale. En traversant les grandes villes de Cincinnati et Columbus, on se serait cru à Montréal, tant la chaussée était dans un piètre état.

Après avoir parcouru plus de 800 kilomètres et que Garmin planifiait notre arrivée au Québec pour 4 heures du matin aujourd’hui, notre sagesse est devenue bonne conseillère et notre choix d’hôtel s’est arrêté sur le Holiday Inn de Médina, en Ohio, sur l’Interstate 71. Il était 18h45 ! Pour vous situer, nous sommes dans la région du Lac Érié.

Un bel hôtel tout neuf, à peine 3 ans, qui sentait le « neuf ». Vous voyez ce que je veux dire. On n’allait pas rater pareille occasion d’y faire de beaux rêves. Pour la suite des choses on comptait bien reprendre la route à 8h00 ce matin, après un bon déjeuner pour affronter Dame nature. En effet, en écoutant les dernières nouvelles météo à la belle grande télé de notre chambre… oui oui, une grande télé. Je vous l’ai dit que l’hôtel était neuf, vous vous souvenez ? Le progrès, le modernisme, la mode !

Alors les forts orages accompagnés de vents devaient arriver ici en milieu de nuit et suivre la même trajectoire que nous. Alors on redouble de prudence en se disant que tous les américains sont à la messe, le dimanche matin, et qu’on aura le champ libre. Dame nature a décidé de nous accompagner pour s’épivarder du côté du Québec. Regardez vos prévisions météo des prochains jours… de la pluie ! Voilà !

On se reparle demain pour l’épilogue de notre aventure, avec quelques notes de voyages. Allez Garmin, tu nous traces la route…

Nashville, c’est la démesure musicale

Et ce n’est pas peu dire. Il fallait circuler sur la rue Broadway, en plein centre-ville, en après-midi, pour être témoin d’un capharnaüm indescriptible, alors que dans la vitrine de chaque bar et resto-bar, un orchestre donnait son spectacle.

C’était la fête en ville en ce vendredi soir, témoin de notre dernière journée passée dans cette formidable ville.

Tellement formidable que j’y retournerai un jour. En fait, une bonne semaine pour prendre le temps de respirer avec elle, de voir en détail tout ce qu’elle a à offrir. On n’a pas eu le temps de visiter tous les musées et expositions dédiés à la musique. Mais ce qu’on a fait, on l’a fait intensément.

COUNTRY MUSIC HALL OF FAME & MUSEUM

Sans hésiter, notre premier arrêt fut la visite du musée du temple de la renommée de la musique country, ou, officiellement, le Country Music Hall of Fame & Museum. Un incontournable pour bien s’imprégner de cette culture. De découvrir ses artisans et vedettes qui ont atteint ou atteindront l’immortalité.

Qu’on parle de Johnny Cash, de Chet Atkins, Patsy Cline et Willie Nelson, entre autres, leur carrière y est magistralement déployée. J’ai été agréablement surpris d’apprendre que Kris Kristofferson, que j’ai connu comme acteur au cinéma, était un chanteur et compositeur. C’est lui qui a composé les paroles de Help Me Make It Trough The Night, Me And Bobby McGee ainsi que For The Good Times. Dans ce musée, on peut y voir la copie originale manuscrite de Help Me Make It Trough The Night et dont Claude Valade avait popularisé la version française au Québec; Aide-Moi À Passer La Nuit.

Évidemment, la culture country étant récente au Québec, beaucoup des artistes intronisés me sont inconnus mais malgré tout, les découvrir élargissait mes connaissances de cette musique, où le décorum et les beaux habits flamboyants vont de pair. Lorsqu’on atteint la reconnaissance de cette industrie et qu’on obtient ce statut sélect, chacun et chacune reçoit sa plaque commémorative relatant les faits saillants et étapes remarquables de sa carrière, avec dates de naissance, d’intronisation et de décès, ce qui incite au recueillement.

STUDIO B – RCA VICTOR

Associé à cette visite, nous avions décidé de visiter le studio B de RCA Victor, à quelques milles de là. L’un n’allait pas sans l’autre et notre guide, avec beaucoup d’aplomb, nous révélait les secrets de ces artistes. Les plus grands y sont passés dans ce studio établi depuis 1950 et qui est toujours fonctionnel presque 70 ans plus tard. Les murs de la salle d’enregistrements sont toujours les mêmes et aussi performants qu’à l’époque. Là encore, les grands noms de la musique ont enregistré leurs plus grands succès.

Le narrateur nous a raconté que le piano à queue Steinway, qui trône dans cette salle, date du début du studio et qu’Elvis y a joué ses succès. Il nous a relaté le moment ou il a enregistré Are You Lonesome Tonight, dans la noirceur totale à 4 heures du matin une certaine nuit. Il n’en a fait qu’une seule prise… mais quelle prise !

Quand on connaît la suite, c’était dans le mille. On a même eu droit d’entendre cette version. Frissons assurés quand on imagine la scène.

Elvis, jusqu’à sa mort, y a enregistré 230 chansons, dont Little Sister et It’s Now Or Never. Plus près de nous, en 2018, notre chanteuse québécoise Brigitte Boisjoli y enregistra des succès des chanteuses country américaine Tammy Wynette, Patti Page, Connie Francis, Loretta Lynn et Brenda Lee, pour son nouvel album et son retour au country.

J’ai adoré cette visite. Beaucoup de contenu, mais combien intéressant et enrichissant.

LA RUE BROADWAY

Cette rue, c’est l’effervescence de Nashville. Des bars avec orchestres à tous les cent pieds, bondés dès 16h00, et ça grouille de monde. À certains endroits, des chanteurs solistes s’accompagnent avec des trames musicales préparées. Le bruit est tellement intense que nos oreilles bourdonnent.

Mis à part certains festivals, je n’ai jamais vu autant d’artistes performer en même temps. La bière coule à flot et les jeunes et moins jeunes font la fête. D’autres se regroupent sur des voiturettes à pédales et sillonnent les rues du quadrilatère en festoyant bruyamment. Tout le monde est de bonne humeur.

Des anciens autobus scolaires, dont on a découpé la partie centrale du toit, servent aussi de terrasses à des groupes de fêtards. Vous n’avez qu’à leur montrer votre caméra pour qu’ils gesticulent fortement, levant victorieusement leur consommation avec leurs plus beaux sourires. L’ambiance est là, sans conteste. Juste à côté, c’est le Bridgestone Arena, domicile des Prédators de Nashville dans la LNH, et de l’ami P.K. Subban, bien connu à Montréal. Ils sont présentement en séries éliminatoires et j’ose à peine imaginer l’ambiance festive qui y régnera, ce soir, alors qu’ils reçoivent les Stars de Dallas dans leur deuxième match des séries éliminatoires. À voir le nombre de toilettes portatives dans le parc adjacent, Ce doit être une vraie fiesta.

Autre fait intéressant, en plus des trottinettes qu’on peut louer une dizaine de minutes à l’aide d’une application sur téléphone intelligent et qui circulent beaucoup au centre-ville, le transport par autobus électrique est gratuit. Une belle initiative pour les fêtards éméchés. Et Dieu sait qu’il doit y en avoir.

En début de soirée, nous sommes retournés chez Lise et Serge, avec Janine et Réjean pour le dernier café avant de mettre le cap sur le Québec. Dès 9h00 ce matin, le signal du départ était donné. Fini les culottes courtes, les pantalons et vêtement plus chauds sont de mise pour mieux affronter la réalité moins clémente au Nord. Mais la dernière semaine aura été superbe, Dame nature y ayant contribué avec des températures clémentes et inespérées. Grand bien nous fasse.

La transition vers la ville du country

On a mis un peu moins de cinq heures hier, pour se rendre à Nashville, capitale du Tennessee et aussi la ville de P.K. Subban, défenseur des Prédateurs de l’endroit. Sans vouloir narguer nos Québécois restés au pays ou rentrés trop tôt du pays des gougounes, je dois vous avouer qu’en fin de matinée, le mercure est monté à 30°C sous un soleil radieux. Mieux encore, il faisait toujours 27°C à 20h30. Jamais je n’aurais pensé une seule minute que Dame nature pouvait être aussi généreuse en cette période de l’année, au Tennessee.

Le premier coup d’œil en se rendant à notre hôtel, c’était le nombre d’édifices en hauteur et la densité de la circulation, un fort contraste avec Memphis. Pourtant, en y regardant de plus près, Memphis et ses 652 236 citoyens, au dernier recensement de 2017, n’est qu’à 40 000 citoyens de moins que Nashville qui en déclare 691 243 au même recensement. On a vivement l’impression d’une plus grande différence entre les deux villes au niveau de leur population respective.

Nous sommes allés à la rencontre de nos quatre compagnons de voyage au camping qu’ils avaient retenu pour leur séjour. Pour bien débuter notre visite de cette ville toute en musique, quoi de mieux qu’un repas suivi d’un spectacle. L’ami Serge, qui nous sert toujours de guide, nous l’avait proposé. Si le repas-buffet était assez ordinaire, il en fut tout autrement du spectacle. Là aussi, la musique règne en roi et maître, et fait dans le country, contrairement à Memphis, carrément Rock’n Roll, Blues et Soul. Les pianos honky-tonk et leur tonalité particulière, contrastent. Chaque genre musical ayant ses spécificités.

Le décorum country est aussi à la mode. La photo de cet article en témoigne, où on voit Serge, habillé comme un artiste country pour l’occasion, et entouré de deux vedettes du spectacle. Il n’y manque que sa guitare basse pour boucler la boucle.

La salle affichait complet et dès les premières notes jouées, les gens étaient conquis. Un spectacle continu de 90 minutes qui a exposé des talents extraordinaires. Quand on maîtrise son instrument de la sorte, les possibilités de performance frisent l’infini. Ils y mettent tellement de cœur et de dextérité que ça semble facile.

Aujourd’hui, on découvre les attractions au centre-ville pour toute la journée, en espérant que la météo sera clémente. On prévoit de la pluie à 90% pour les trois prochaines journées. Mais bon ! On est là, autant en profiter ! Dans ce royaume de Johnny Cash, comme celui de Memphis avec Elvis, cette ville vit et s’exprime en musique. Pour appuyer ces dires, alors qu’on circulait sur l’autoroute, un motard nous a doublé et sa guitare dans son étui, occupait la place du passager. Vous direz que ce n’est pas exceptionnel et vous avez parfaitement raison. Cependant, à la lumière de ce qu’on constate et qu’on vit au Tennessee, la guitare demeure une icône, de qui on produit les plus belles mélodies.