Miroir sur l’année qui se termine

Le 31 décembre c’est le moment de regarder en arrière, du moins les douze derniers mois, de faire son bilan et se demander si 2018 a répondu à nos attentes. Si le chemin qu’on s’était tracé, était le bon.

Le premier janvier dernier, on mettait le pied dans la nouvelle année avec plein de projets, de résolutions, avec l’idée de repartir du bon pied, sans oublier le « pot » à Justin, l’événement le plus stupide de l’année. Pour certains, ce renouveau était rempli d’espoir. C’est la période du « on efface tout et on recommence. »

LES JOURNAUX
Les journaux inondent les derniers jours de décembre en faisant de la rétrospective; on revoit les passages oubliés, bons ou mauvais, les souvenirs reviennent. On a aussi eu droit à de petits miracles de la vie; de belles histoires à se mouiller les yeux et à se dire que nos petits bobos sont parfois insignifiants devant ceux des autres.

On a aussi parcouru ces douze mois avec le spectre de Donald Trump et ses sempiternelles déclarations incendiaires qui menacent la planète toute entière. En espérant que l’avenir du monde n’en soit pas trop affectée.

Bref, les moments privilégiés refont surface pour nous rappeler combien le temps passe vite. Les disparus ne sont pas oubliés mais bien présents dans nos mémoires. Ce qui nous semblait déjà si lointain n’est vieux que de quelques mois, voire quelques semaines. À travers le quotidien, on s’arrête, on fait une pause, puis on passe à autre chose. Ainsi va la vie. L’arrivée de l’an 2000 c’était hier, pourtant, ça fera 19 ans demain!

LA TÉLÉVISION
La télévision n’est pas en reste, avec plein d’émissions spéciales; le Bye Bye est devenu une institution et un divertissement qu’il ne faut pas rater… en pyjama pour faire changement. Familles et amis se regroupent autour du téléviseur pour écouter et revoir les parodies tragi-comiques des évènements marquants de l’année qui s’achève.

La politique y jouant un très grand rôle, les caricatures devraient mettre en lumière les Plante et son anglicisme, Couillard qui n’aura fait que passer, Barrette enfin disparu en santé, Trudeau avec sa marijuana et finalement, notre nouveau premier ministre Legault et son équipe de novices. pour ne nommer que ceux-là. Et à la fin du décompte, les mousseux éclatent, on s’étreint et on s’embrasse en se souhaitant traditionnellement tout ce qu’il y a de plus merveilleux.

Il en est ainsi partout sur la planète et depuis longtemps. Dans les grandes capitales c’est le même mouvement euphorique qui se répète aux sons des pétarades de pièces pyrotechniques. Et même si la menace terroriste plane en certains endroits chauds, le cœur est à la fête.

C’est ce que j’apprécie le plus du temps des Fêtes; cette trêve d’agressivité, cette générosité et ces élans d’amour qui nous invitent à prendre le temps, à prendre son temps pour soi et ses proches… si éphémère soit-elle, c’est une douce et intense sensation de bien-être et de bonheur.

LES SPORTS
Puisque le sport fait partie de notre quotidien, on peut affirmer sans se tromper que nos équipes professionnelles n’ont pas trop soulevé les passions; l’Impact, les Alouettes et nos Glorieux nous ont laissé sur notre appétit et très sceptiques pour l’avenir.

Le dernier printemps sans nos Canadiens, c’était comme un cornet sans crème glacée. On a ça dans nos tripes. Marc Bergevin a fait amende honorable pour la nouvelle saison en dynamisant son équipe. Les Domi, Tatar, Kotkaniemi et autres ont su donner un second souffle aux partisans et leur ajouter une bonne dose d’espoir.

Et l’amateur de baseball en moins espère depuis toujours le retour de nos Expos. La flamme renaît depuis quelques mois, alors que la baseball majeur parle de plus en plus de Montréal. Auront-nous enfin la chance de profiter des chaudes soirées d’été pour se divertir au stade. J’en serais ravi.

AILLEURS
On me répète qu’il faut vivre le passage à la nouvelle année à New York, un incontournable à ce qu’on raconte. J’aimerais bien vivre ça un jour… Ici, en Floride, c’est le rituel traditionnel où on se rassemble à la salle communautaire dès 20h00, avec nos consommations et grignotines.

Mais, exceptionnellement cette année, nous n’y seront pas. Louise et moi on a décidé de regarder les émissions spéciales dans notre salon, confortablement assis, peut-être en pyjama, et apprécier les émissions spéciales offertes pour l’occasion.

C’est un peu comme l’amour… il faut varier pour briser la monotonie. Et puis, il y aura un autre premier de l’an dans douze mois. Alors, un peu de changement ne sera pas dramatique.

DÉCEPTION ET ESPOIR
Du côté un peu plus personnel, 2018 aura été l’année du changement de nid; l’aménagement de notre nouveau condo tout neuf en mars dernier. C’est assez bizarre ce que la vie peut nous réserver. Alors qu’on devait déménager, le projet des Terrasse Cent4, à La Prairie est venu combler nos attentes.

Un complexe dynamique et bien pensé pour des retraités et semi-retraités au cœur d’une communauté active offrant tous les services de proximité. Nous adorons et ça nous rappelle que dans la vie, rien n’arrive pour rien.

2019 s’amène rempli d’espoir pour que les grands de ce monde, les décideurs, prennent grand soin de cette belle terre pour s’épanouir et non se détruire. C’est mon souhait le plus cher pour ce nouveau départ.

ET VOUS
Mais vous, comment se passe votre 31 décembre? Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette tradition, ce passage à la nouvelle année, qu’est-ce qui vous inspire? Ne vous gênez pas pour vous exprimer, et vos commentaires sont toujours les bienvenus et appréciés. Festoyez, ayez beaucoup de plaisir et surtout, rappelez-vous… La modération a bien meilleur goût!

Bonnes festivités!

Savoir s’arrêter

Qui n’a pas entendu, au retour des vacances du temps des Fêtes, qu’il est bon de revenir au travail parce que la période a été divertissante certes, mais très occupée par les rencontres et les nombreux déplacements. Bref, le retour au travail et reprendre sa routine seraient comme des vacances. Bizarre non ? C’est peut-être qu’on ne sait pas s’arrêter.

Mathieu Bock-Côté, sociologue, auteur et chroniqueur au Journal de Montréal, brossait un portrait assez juste de notre société actuelle, inondée de technologies, dans son article de jeudi dernier. C’est ce texte que je vous propose. Prenez du temps pour le lire parce qu’il déborde de vérités et principalement pour ce temps de l’année.

LA VIE AU RALENTI Mathieu Bock-Côté

Il y a globalement deux manières de vivre le temps des Fêtes.

La première, la plus courante, consiste à passer d’une grande table à une autre, chaque repas devenant un festin sous le signe d’une abondance gargantuesque. Elle a été chantée en d’autres temps pas Hi Ha Tremblay, alias Michel Barrette, dans Le Temps D’une Dinde ! Elle a son charme !

FRÉNÉSIE

Et pourtant, il y en a une autre. Sans s’interdire quelques banquets, et tout en goûtant pleinement les joies de la famille et de l’amitié, il s’agit plutôt, cette fois, de se soustraire à la pression sociale et de redécouvrir, pendant quelques journées d’hiver, le charme de la vie au ralenti.

Notre existence est aujourd’hui frénétique. Prenons le cas d’une famille standard, avec papa, maman, et deux enfants. Il y a de bonnes chances qu’elle soit installée en banlieue, c’est-à-dire qu’il est à peu près certain que les deux parents, d’une manière ou d’une autre, perdent une partie importante de leur vie dans le trafic.

Entre le travail des parents, l’école des enfants, les rendez-vous obligatoires des premiers et les cours auxquels on se sent obligé d’inscrire les seconds, la vie semble prendre la forme d’une course maniaque vers nulle part.

Cette existence barouettée est épuisante. Combien de fois a-t-on pu entendre un ami nous expliquer qu’au terme de la journée, il ne lui reste plus qu’une heure pour se reposer, et cela, s’il est chanceux.

Notre existence est aussi hachurée.

Qui est encore capable de regarder un film de la première à la dernière seconde sans regarder son téléphone, sans consulter ses courriels, sans s’égarer sur Facebook, ou pire encore, sans perdre son temps sur Instagram ? Qui est encore capable d’ouvrir un livre et de s’y laisser happer sans consulter sans cesse ses médias sociaux ?

Notre existence est aussi pressurisée par la société de consommation qui nous bombarde de sollicitations publicitaires cultivant en nous des désirs artificiels et loufoques. S’il est agréable de s’entourer de beaux objets et de vivre dans l’aisance, sans s’inquiéter de son endettement ou de ses fins de mois, il est insensé d’accrocher son bonheur à la frénésie consommatrice.

Le capitalisme devenu fou nous entraîne dans sa folie.

SILENCE

Et pourtant, il suffit de s’arrêter un peu pour reprendre son souffle et comprendre que notre mode de vie cloche. Il est aliénant. Il fait passer notre soumission active à un système déréglé pour la seule manière légitime de poursuivre la quête du bonheur.

Il faut savoir s’arrêter, reprendre son souffle, en se demandant si cette existence frénétique, hachurée et consommatrice est vraiment tenable. Il suffit quelquefois de s’arrêter quelques jours pour s’en rendre compte.

S’installer dans un sofa. Lire un vrai livre. Aller marcher sans son téléphone une heure. Goûter le silence.

Il suffit de cela, quelquefois, pour avoir envie de reprendre sa vie en main.

Mieux vaut s’en rendre compte plus tôt que tard.

Douze étincelantes bougies pour Audrey-Anne

Résonnez tambours et trompettes… notre petite « grande » fille franchie la barrière de l’adolescence. Parce qu’aujourd’hui, princesse, c’est une journée toute spéciale. Nous sommes le 28 décembre et que se passe-t-il le 28 décembre ?

C’EST TON ANNIVERSAIRE !!!

Chanceuse ! Te voilà à l’ère des grandes transformations et tu es toujours aussi jolie… et ton sourire… Wow ! Irrésistible !

Ta grand-mère et moi aurions certainement aimé être avec toi, te serrer dans nos bras, te câliner… Hélas, à notre âge, nos vieux os réclament leur dose de chaleur, surtout en hiver. Mais, ce n’est que partie remise.

Tout n’est pas perdu. Il nous reste le bon vieux téléphone… ne t’en éloigne pas trop et attend notre appel. Mais d’ici-là, on peut crier à tout le monde que des petits-enfants comme toi nous ramènent une bonne dose de jeunesse.

On sait ce que peut être l’amour des parents pour leurs enfants, mais pour les grands-parents aussi, ça ne se mesure pas tellement, c’est grandiose et immense. Alors que cette belle journée d’anniversaire soit fantastique, joyeuse, à la hauteur de tes attentes et remplie d’amour… et de chocolat. Qu’elle te réserve également de belles surprises.

Avec tout notre amour, nos gros câlins et nos bisous,

Grand-maman Loulou et grand-papa Normand XXX

Grand bien vous fasse, madame la ministre

Avec tout ce qui se dit en anglais, en franglais et tout dialecte qui soit, on verra peut-être la lumière au bout du tunnel dans l’application de la Loi 101. C’est ce que la ministre Nathalie Roy a promis dès son assermentation comme ministre de la culture et des communications, responsable de la langue française; l’application de cette loi avec fermeté. L’envahissement de titres et de termes anglais a assez duré et si c’est devenu la mode de tout angliciser, il est grandement temps d’y mettre un terme.

Je me souviens qu’au début de la Loi 101 du gouvernement Lévesque, en 1977, la raison sociale d’un commerce devait être en français. Le commerce de peinture et décoration Color My World avait alors francisé sa raison sociale en La couleur au foyer. Staples avait fait de même pour devenir Bureau en gros. Et bien d’autres… Ce qui semblait impossible, ne l’était pas finalement ! Malheureusement, les temps ont bien changé.

Le 21 décembre dernier, Sophie Durocher en a fait le sujet de son article dans les pages du Journal de Montréal. Étant entièrement d’accord avec son opinion, il me fait plaisir de le partager avec vous.

EN FRANÇAIS, S’IL VOUS PLAÎT Sophie Durocher

Si la culture était une partie de hockey, je remettrais l’étoile de la soirée à la nouvelle ministre de la culture et des communications, responsable de la langue française, Nathalie Roy. Elle a annoncé cette semaine que, même si elle ne modifiait pas la Loi 101, elle l’appliquerait avec plus de « fermeté ».

Bravo, Madame. Mais vous savez quoi ? Ce n’est pas seulement à vous, au gouvernement, de faire respecter le français. C’est à nous tous. Chaque jour. On ne peut pas crier contre l’Ontario qui piétine le français si nous-mêmes, on ne s’en soucie pas plus que ça.

MON CARNET DE QUESTIONS

Depuis quelques semaines, je note dans un petit carnet des situations du quotidien qui me hérissent. C’est mon carnet des « pourquoi ».

Pourquoi, sur les ondes de 107,3 on présente le segment : « Would you rather ? », un dilemme où l’on doit choisir entre deux options.

Pourquoi le programme de mentorat de Netflix, en partenariat avec Québec cinéma, porte le nom de « Talent Lab » ?

Pourquoi le nouveau restaurant Henri s’adresse souvent à ses abonnés Instagram uniquement en anglais ?

Pourquoi l’émission de chasse et pêche de RDS s’appelle-t-elle : « Le shore lunch » ? Oui, je sais, c’est une expression consacrée qui désigne le festin que se font les pêcheurs, sur le rivage, en apprêtant leurs prises du jour. Mais on aurait pu se forcer un peu, non ?

Pourquoi le site internet du chef Danny St-Pierre s’appelle « Foodlavie » ?

Pourquoi une femme aussi ancrée au Québec que Léa Clermont-Dion a-t-elle un descriptif Twitter uniquement en français ? (PHD Student @ulaval | TvHost #mitsouet léa | Author and director | #cyberviolence # cybersexism).

Pourquoi le prochain album de Brigitte Boisjoli s’intitule-t-il WOMEN (même si je sais qu’elle y chante des standards de country) ?

Pourquoi le nouveau resto de Martin Juneau au Centre Rockland va s’appeler Pastaga’s alors que son autre resto s’appelle Pastaga ? Une orthographe anglaise pour la clientèle anglophone du quartier ?

Pourquoi la nouvelle émission d’humour qui sera diffusée à Z en janvier 2019 s’intitulera Roast battle : le grand duel ? Oui, je sais, l’émission produite pas ComédieHa est adaptée du format original Roast battle, diffusé aux États-Unis sur Comedy Central. Oui j’apprécie qu’on ait rajouté trois mots en français. Mais si au Québec on a pu franciser Star Académie et La Voix, on aurait pu faire de même pour un combat d’humoristes, non ?

Au cours des deux derniers mois, j’ai été servie par des unilingues anglophones dans trois commerces (coiffeur, pizzéria, resto). Pourquoi, quand je me suis plainte à ces trois occasions, les gérants m’ont répondu « Montréal, c’est bilingue » ?

Pourquoi, lorsqu’on appelle le service à la clientèle de certaines compagnies, a-t-on l’impression de parler à Paidge Beaulieu, le personnage de Katerine Levac à SNL Québec ? « Qu’est-ce que je peux t’aider avec ? Canceller ou recéduler ? »

MEA CULPA

Ne vous en faites pas, je m’inclus aussi dans cette liste. Pourquoi ai-je si souvent la tentation d’utiliser une expression anglaise au lieu de me forcer pour trouver l’équivalent en français ?

Une dernière question : pourquoi, comme résolution pour 2019, on ne prendrait pas la résolution de mieux soigner notre français ?

La leçon de français (24)

LE SON [ ] (in)

Règles

Le son [ :

« in » : un incendie, mince, un lapin

« ain » : demain, maintenant, le vainqueur

« ein » : un frein, geindre, peindre

« en » : notamment en fin de mot après les voyelles « i », « é » et « y » : un gardien, un lycéen, moyen

« yn » : un lynx, une synthèse, lyncher

Devant les lettres « b » et « p », le « n » se transforme en « m » : un timbre, imbriquer, important, limpide, une symphonie

Il existe quelques écritures plus rares :

« aim » : la faim, le daim, un essaim

« eim » : la ville de Reims

Attention ! Dans certaines régions, on ne fait plus la différence entre les sons [ ] et [ œ̃ ] : un brin de laine / un ours brun.

Heureusement, les mots dans lequel le son [œ̃] s’écrit « un » ou « um » sont peu nombreux : un, chacun, commun, lundi, emprunter, humble, le parfum.

Exercices

1- Quelle écriture du son [ ] complète tous ces verbes ?

c…dre, f…dre, g…dre, astr…dre

A) ain – B) in – C) ein – D) en

2- Quelle écriture du son [ ] complète tous ces noms ?

Une n…phe, un s…ptôme, le t…pan, des c…bales

A) ain – B) ym – C) in – D) yn

3- Quelle écriture du son [ ] complète le nom en gras ?

Dans la penderie, tous les vêtements sont placés sur des c…tres.

A) ein – B) in– C) ain – D) yn

4- Quel est le seul mot dans lequel on n’entend pas le son [ ] ?

A) un synonyme – B) la syntaxe – C) une syncope – D) synchroniser

5- Quelles écritures du son [ ] complètent successivement les noms en gras ?

L’exam… des enc…tes acoustiques n’a révélé aucun défaut.

A) in / in – B) en / ein – C) en / ain – D) in / yn

6- Avec quel groupe de lettres peut-on former le nom qui complète cette phrase ?

Au dixième kilomètre, la … saisit le coureur qui ne s’est pas ravitaillé.

A) n-l-g-f-a-e-i-a – B) g-l-f-r-a-i-e-n – C) e-l-a-g-n-i-e-r-f – D) f-m-g-l-r-a-i-a-e

7- Quelles écritures du son [ ] complètent successivement les noms en gras ?

Savez-vous quels sont les s…ptômes de la rhinophar…gite ?

A) ym / in – B) im / yn – C) yn / ym – D) ym / yn

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) C – 2) B* – 3) B** – 4) A*** – 5) B – 6) B**** – 7) D
* La présence d’un « b » et d’un « p » induit obligatoirement la consonne « m » en finale du son [ ].
** Bien que de la même famille que le nom « ceinture » (latin cintura), le nom « cintre » ne prend pas de « e ».
*** Prononcez ces mots à voix haute pour obtenir la bonne réponse.
**** g-l-f-r-a-i-e-n (FRINGALE)

Le plus joyeux des Noëls

À vous tous, fidèles lecteurs et lectrices, je vous souhaite le plus joyeux des Noëls, rempli de joie, de bonheur, de paix, d’amour et de partage.


Au moment des réjouissances, ayez une pensée pour ceux et celles qui ne peuvent partager les mêmes instants parce qu’ils ont perdu un être cher, ont faim, sont abandonnés, violentés et abusés, ou qui ont perdu tout le sens profond de cette célébration.

Enfin, gardez candidement votre cœur d’enfant pour savourer pleinement ce qui compte vraiment : le moment présent !

On va filmer le père Noël

Enfin, la nuit prochaine sera la nuit magique tant attendue. Les enfants en rêvent depuis 24 jours et ils auront de la difficulté à s’endormir ce soir. C’est dans cette euphorie que je vous propose cette histoire de Louis Émond, auteur…

Nos trois enfants ont les yeux ronds comme des grelots.

– Filmer le père Noël ? s’étonne notre aînée. On a-tu le droit ?

– Comment on va faire ? demande fiston.

– On va se cacher ! décrète notre petite dernière en sautillant.

En cette soirée du 24 décembre 1994, l’excitation s’est vite décuplée à l’annonce de notre projet.

– Une seule chose sera cachée, dis-je. La caméra.

– Bon, on se brosse les dents ! intervient ma femme. Puis au lit !

La bouche pleine de pâte dentifrice, nos trois amours m’écoutent leur décrire la minuterie, le détecteur de mouvement et le déclencheur ultrasensible relié à la caméra. À défaut d’autre chose, au moins ça sonne vrai.

Une demi-heure plus tard, nos trois canetons dorment à poings fermés.

Commence alors le marathon. On emballe des cadeaux, les nôtres et « ceux du père Noël », on mange le biscuit (mou) et boit le lait (tiède) laissés par les enfants, on remplit des bas accrochés au manteau de la cheminée, on dessine des traces de traîneau dans la neige et celles des empreintes de sabots des rennes et, enfin, cinq minutes avant minuit, on met la caméra en marche afin que le père Noël n’apparaisse pas dès le début de l’enregistrement.

Enfin, un court moment pour relaxer ! Ma femme et moi en profitons pour nous étendre dans le confortable fauteuil du salon.

La première chose que j’entends, ce sont les enfants.

Qui sautent, dansent et crient qu’il est venu ! Hein ? Quoi ? Déjà ?

Par la fenêtre, le blanc de la neige me renvoie la lumière éblouissante du soleil. Nom d’un renne, nous sommes passés tout droit !

Sourire contraint aux lèvres, ma chérie et moi accueillons nos chatons qui nous réclament la vi-dé-o, la vi-dé-ooooo !

La déception qui les attend me brise le cœur.

Lorsque les premières images apparaissent à l’écran, le silence est dense.

Les secondes passent. Rien.

– On l’a manqué…, murmure la plus jeune.

Ma femme et moi n’osons pas nous regarder. Soudain, notre fils s’écrie :

– J’ai vu du rouge… ! Recule la cassette, papa !

Confus, j’obéis, et mes enfants poussent un cri de joie en voyant une silhouette pourpre traverser rapidement l’écran. On rembobine et on regarde. Une fois, deux fois… dix fois ! Les enfants sont fous de joie. On a réussi ! On a filmé le père Noël !

Le soir venu, dans la chambre, je me tourne vers ma femme. Elle me sourit tendrement.

– Bravo… cachottière ! dis-je.

– Cachottière ? s’étonne-t-elle.

– Qui donc s’est levée cette nuit, a revêtu le costume et s’est filmée ?

Je la vois blêmir.

– Ce n’était pas… toi ? demande-t-elle.

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2019, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Tante Adèle

Youpi ! Ce matin on finit de décorer la maison et le sapin.

Pour habiller les murs, Luce et Robin ont découpé des étoiles dans du papier doré. Maintenant, ils choisissent ou ils vont les coller.

Ding-dong ! La sonnette retentit. C’est tante Adèle, qui vient de loin pour passer les Fêtes en famille. Elle arrive avec son énorme valise et des tas de paquets. Les enfants se jettent à son cou.

Mais ils ont pris un tel élan qu’ils lui font perdre l’équilibre ! Elle recule, recule… et se retrouve tout à coup assise, sa valise à la main, ses neveux sur les genoux, sur le carton de boules, qui fait un drôle de bruit.

Papa se penche vers elle pour l’aider à se relever et l’embrasse.

– Bravo sœurette, à peine arrivée, tu exploses toutes nos boules de Noël. D’accord, elles n’étaient pas terribles, mais quand même.

– Tu veux dire qu’elles étaient un peu moches, ces vieilles boules, pouffe Adèle. D’ailleurs…

Elle se tourne vers les enfants pour finir sa phrase :

– … Ouvrez donc cette grosse boîte que j’ai apportée, vous allez rire !

Les enfants s’exécutent. Et ce qui est tout à fait incroyable, c’est que la grosse boîte est pleine… des plus jolies boules de Noël qu’on n’ait jamais vues.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
I
llustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Rapport de « Snowbird »

Bon ! Encore une autre quinzaine derrière nous, et pas un seul « grain » de neige à perte de vue. Je plaisante bien sûr, mais on ne peut pas dire que la grosse chaleur est au rendez-vous. Rarement, le mercure va franchir la barre des 25°C et les nuits restent fraîches. Heureusement, le père Noël a revêtu son beau costume pour la parade.

Depuis jeudi, on y goûte ! Des alertes de tornades sont diffusées au centre de la Floride où les vents sont assez violents et les pluies abondantes à un point tel que des auvents ont été détruits. Atteignant les 90 km/h, les vents ont forcé les snowbirds à enlever rapidement les décorations de Noël qui pouvaient représenter un danger. Le complexe a perdu subitement beaucoup de ses couleurs festives. La météo devrait retrouver son calme cette fin de semaine, et juste à temps pour Noël

À la tombée du jour, qui se situe autour de 17h30, on peut facilement sentir la fraîcheur et quelques fois carrément de la froidure. J’ajouterai que le système de chauffage est requis quelques minutes en soirée, afin de chasser le serin, comme dirait ma mère. Depuis deux semaines, Carole et Marcel sont de retour, à l’intersection la plus achalandée du parc qui grouille de mouvements, pour les quatre prochains mois.

Pour le reste, c’est le temps des Fêtes qui se prépare. Et comme c’est la tradition, dimanche dernier, on a eu droit à notre parade du père Noël sur tout le complexe. Les bonbons volaient de partout et Louise en a fait bonne provision. Beaucoup de résidents et de snowbirds ont décoré leurs maisons et unités et tout le site est coloré. D’ailleurs, les photos de cet article proviennent de notre complexe.

Cependant, je dois avouer, côté ambiance, qu’il manque définitivement un élément important, la neige, pour créer indéniablement la féérie. Un peu partout on se prépare pour la grande soirée du 24 décembre à la salle communautaire qui devrait réunir près de 300 personnes.

Moi, le temps des Fêtes me replonge dans ma jeunesse. Mon cœur d’enfant prend toute la place et la télévision nous offre des histoires à l’eau de rose, où la magie est toujours présente. Ne vous demandez pas pourquoi je réserve cette période, sur le blogue, pour les belles histoires de Noël… c’est ma folie de décembre qui prend le dessus. Tout le monde, ou presque, prend une pose; nos quotidiennes font relâche et on sort de la routine. L’heure est aux réjouissances.

Autre phénomène qu’on observe en cette période est le retour au Québec pour certains snowbirds qui ne se font pas à l’idée d’un Noël gazonné, sans s’emmitoufler; le mal du pays, loin de la famille, c’est compréhensible. De la neige durant deux semaines ça peut très bien faire l’affaire. Plus que ça, c’est No way !, comme ils disent ici. On a cependant passé le message; gardez vos microbes chez-vous en revenant. On a tout le mois de janvier pour se souhaiter la « Bonne Année… », alors rien ne presse !

Pour le Jour de l’An, on fera différent cette année, du moins pour la veille. On veut traverser l’année en pyjama et en regardant la télé. Une idée comme ça ! Je profite également de l’occasion pour vous remercier de votre intérêt envers les contes que j’ai publié en décembre. Beaucoup de « j’aime » et de commentaires élogieux témoignent de votre engouement et de leur retour en décembre 2019.

Mais le soleil a son prix ! Il y a toujours un mauvais côté à une médaille et au pays de Donald Trump, le dollar canadien est en déroute et il se situe, au moment où on se parle, dans les 73 sous. Avec les profits des changeurs, on parle d’une conversion à 1,40$. Donc le soleil a un prix et il faut contrôler nos dépenses si on ne veut pas trop en souffrir.

Sans s’en apercevoir, les dépenses courantes mensuelles peuvent représenter facilement 500 à 900 $ supplémentaires qui passent comme du vent. La spéculation des devises, c’est du vent. Comme on dit; « le malheur des uns fait le bonheur des autres » et les marchands locaux le savent et refilent les augmentations de leurs produits dès les premiers jours d’octobre. D’ailleurs, dans un prochain article, je vous en parlerai plus longuement.

On s’en recause…