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Opinion
Il fut un temps où une signature avait de la prestance. Une époque où l’autographe d’une vedette n’était pas un simple gribouillis expédié en une demi‑seconde, mais un geste posé, respectueux, presque cérémonial.

Jeune, je me souviens encore de l’autographe reçu de Jean Béliveau, debout dans un corridor du Forum, prenant le temps d’écrire son nom avec une élégance rare. Chaque lettre se distinguait, chaque courbe respirait la fierté. On pouvait encadrer sa signature sans devoir deviner à qui elle appartenait. C’était clair, net, humain.
Aujourd’hui, c’est tout autre chose. Les vedettes — surtout certaines vedettes européennes de la LNH — signent comme si le stylo brûlait leurs doigts. Un trait, un zigzag, un symbole avec un numéro de chandail, qui ressemble davantage à un électrocardiogramme qu’à un nom. Comment, dans vingt ans, deviner sans se tromper qui a signé quoi ? On se retrouve avec des autographes interchangeables, anonymes, presque impersonnels.
Ce n’est pas seulement une question d’esthétique. C’est une question de respect pour l’amateur. Celui qui attend patiemment, qui tend une carte, un chandail, un souvenir. Celui qui espère un geste authentique, pas un coup de crayon pressé. Une signature, c’est un lien. Un moment partagé. Une trace qui devrait porter l’identité de celui qui l’offre.
On peut bien dire que les temps changent, que tout va plus vite. Mais entre un gribouillis illisible et une signature digne de ce nom, il y a une différence qui, elle, ne devrait jamais disparaître.
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