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Opinion
Récemment, j’ai dû contacter le service à la clientèle de Keurig pour un problème avec ma cafetière. Et là, surprise : je tombe sur un robot. Pas un humain, pas un employé, non. Un robot.
Ce qui n’a pas changé : « faites le 2, faites le 4… » — qui fait perdre du temps, ou parce que nous sommes trop niaiseux pour savoir lequel choisir ou, que notre demande n’est pas dans le menu vocal.
Bien sûr, je choisis le français.
Erreur de débutant.

On m’annonce que je vais parler à un robot qui traduira mes paroles à un employé anglophone. Je parle en français, le robot traduit en anglais, l’employé répond en anglais, le robot retraduit en français.
Et moi, j’entends l’anglo qui jase en arrière comme si j’étais dans un mauvais doublage.
Pourquoi engager un francophone quand une machine peut nous dépanner facilement et sans contraintes ?
On n’a qu’à la programmer pour qu’elle baragouine toutes les langues.
Et une machine, ça n’a pas d’âme, pas de chaleur, pas de respect.
Ça sonne la « canne » à plein volume.
Fuck le français ! Il n’ont qu’à parler en anglais.
C’est ça, le message. Clair comme de l’eau de roche.
Avez-vous déjà vu l’inverse ? Un robot qui traduit pour un employé francophone?
Non ?
Moi non plus.
On est rendus là.
Le déclin du français, ce n’est pas juste des statistiques : c’est ce genre de petites humiliations quotidiennes, banalisées, normalisées.
C’est parti mon kiki.
Et le plus ironique ?
Keurig a son siège social au Nouveau-Brunswick. Une province bilingue.
Bilingue sur papier.
Dans la vraie vie ? La loi du moindre effort.
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