Mieux comprendre le suicide

Aujourd’hui, 10 septembre 2019, c’est La journée mondiale de la prévention du suicide. Et pour l’occasion, je vous propose le texte qui suit, signé par Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, afin de mieux comprendre le suicide.

Cet article était de l’édition du 3 février dernier du Journal de Montréal, dans sa section Psychologie.

MIEUX COMPRENDRE LE SUICIDE Dre Christine Grou

Chaque jour au Québec, trois personnes s’enlèvent la vie et huit sont hospitalisées pour avoir tenté de le faire. En cette 29e Semaine nationale de prévention du suicide, j’ai souhaité vous parler de cette réalité aux conséquences tragiques et que l’on vise autant que faire se peut à prévenir.

UNE ACTION, PLUSIEURS RAISONS POSSIBLES

Pour agir en amont et éviter le pire, il importe de comprendre ce qui peut pousser un individu à poser ce geste tragique, et ce, autant pour les proches que pour la personne concernée.

UN APPEL À L’AIDE

Les propos ou les gestes suicidaires ne doivent jamais être pris à la légère, qu’il s’agisse ou non d’une tentative échouée ou d’une récidive. Bien souvent, le geste suicidaire est l’expression d’une profonde détresse et d’un insupportable mal de vivre. Parfois aussi, ce geste traduit un besoin de ne plus souffrir seul ou en silence. Il s’agit alors d’un ultime appel à l’aide.

UN BESOIN DE RÉPIT

Dans certains cas, la personne suicidaire ne souhaite pas réellement mettre fin à ses jours, mais se sent incapable de continuer sa vie. Souffrante, désespérée et épuisée, elle ne voit plus d’autres solutions que de se donner la mort pour trouver enfin le repos.

LE DÉPART D’UN ÊTRE CHER

À la suite d’une rupture ou du décès d’un être aimé, une personne peut tomber dans un état de détresse si profond qu’elle va intenter à sa vie, se sentant incapable de vivre sans la présence de l’autre. C’est une façon, aux yeux de cette personne en détresse, d’aller rejoindre la personne qu’elle ne veut pas quitter.

UNE AGRESSIVITÉ ENVERS SOI-MÊME

Une personne convaincue d’être un fardeau pour ses proches peut éprouver un profond sentiment de culpabilité et croire que son entourage vivrait mieux sans elle. La croyance erronée qu’elle va ainsi « alléger » les autres de cette charge peut être à l’origine d’un geste suicidaire.

UN GESTE POSÉ ENVERS LES AUTRES

Une personne peut être convaincue que les autres sont à la source de sa douleur, et ce, même si cette perception n’est pas fondée. Elle peut en venir à vouloir punir son entourage en leur signifiant l’importance de sa souffrance.

Plusieurs facteurs de risque, lorsque conjugués à un contexte donné, peuvent augmenter les risques d’idées ou de gestes suicidaires :

– Troubles graves de santé mentale ou physique.

– Dépendances à l’alcool, aux drogues ou au jeu.

– Impulsivité et difficulté à gérer ses émotions.

– Grande culpabilité ou faible estime de soi.

– Importantes difficultés familiales ou financières.

– Difficultés importantes et à long terme sur le plan relationnel.

Certains signes et comportements précurseurs peuvent permettre de mieux reconnaître et prévenir un geste suicidaire :

– Phrases marquées de désespoir, de culpabilité.

– Messages d’adieu, directs ou indirects.

– Faire de l’ordre dans ses affaires personnelles sans raison apparente (ex. : assurances et testament).

– Intérêt soudain envers certains médicaments ou armes à feu.

– Isolement ou épuisement.

– Insomnie ou agitation.

– Négligence de l’apparence ou de l’hygiène.

– Difficultés relationnelles importantes sur une longue période de temps.

– Changement de l’humeur, des comportements et retrait des activités.

LE SUICIDE, UN GESTE BIEN SOUVENT IMPRÉVISIBLE

Malgré toute l’attention et l’affection qu’on peut porter à nos proches, il n’est malheureusement pas toujours possible d’empêcher ce geste qui ne montre pas toujours de signe précurseur. Je tiens donc à souligner également à quel point il est important de prendre soin de ceux qui ont perdu quelqu’un qui a mis fin à ses jours. Les familles endeuillées et les proches d’une personne qui s’est donné la mort vivent une souffrance que les mots ne peuvent décrire.

BESOIN D’AIDE ?

Si vous ou un de vos proches êtes en détresse, contactez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) pour obtenir une aide immédiate partout au Québec, 24 heures par jour et 7 jours par semaine, ou rendez-vous à l’urgence.

On passe à l’heure normale

Le passage à l’heure normale (ou heure d’hiver) au Québec aura lieu aujourd’hui, dans la nuit de samedi à dimanche, du 3 au 4 novembre 2018. Cela signifie que l’on devra reculer l’heure d’une heure.

Le passage à l’heure normale se fait à exactement 2h du matin le dimanche, il faudra reculer les horloges, cadrans et montres d’une heure. Il sera alors 1h du matin.

MAIS, POURQUOI CHANGE-T-ON D’HEURE ?

L’heure d’hiver consiste à « annuler » le passage à l’heure d’été, qui a eu lieu cette année dans la nuit du 10 au 11 mars 2018, en retranchant soixante minutes à l’heure légale. L’heure d’été (ou heure avancée) permettrait d’effectuer des économies d’énergie en réduisant les besoins d’éclairage.

Des inconvénients sont régulièrement remis de l’avant par les détracteurs du changement d’heure, comme les troubles du sommeil et la plus grande consommation de la climatisation/chauffage qui compenserait négativement ce gain d’énergie.

LES EFFETS

Pour les lève-tôt, le retour à l’heure apportera plus de luminosité le matin. Toutefois, cela signifie aussi que le soleil se couchera plus tôt en soirée, d’autant plus que les journées raccourciront à vitesse grand V.

LA PETITE HISTOIRE DU CHANGEMENT D’HEURE

En 1784, Benjamin Franklin propose l’idée de décaler les heures aux changements de saison afin d’économiser de l’énergie. L’Allemagne a été le premier pays, le 30 avril 1916, à appliquer concrètement le changement d’heure. Les Anglais suivirent rapidement, le 21 mai 1916.

Au Canada, c’est en 1942 qu’un décret instaurant l’heure avancée a été adopté, avant d’être abrogé trois ans plus tard, en 1945. Le changement d’heure sera alors repris de manière autonome par les municipalités, avant de finalement être uniformisé au pays le 12 mars 1963.

Depuis 2006, la Loi sur le temps légal a permis de normaliser l’heure entre le Canada et les États-Unis. Depuis ce temps, on recule l’heure d’une heure (retour à l’heure normale de l’Est) lors du 1er dimanche de novembre et on avance l’heure d’une heure (heure avancée de l’Est ou heure d’été) lors du 2e dimanche de mars.

Cette règle s’applique partout au Canada sauf dans certains secteurs de la Colombie-Britannique, en Saskatchewan (qui n’a jamais changé d’heure) et à l’île Southampton au Nunavut.

Aujourd’hui, plus de 70 pays dans le monde participent à ce décalage horaire bisannuel.

CHANGEZ AUSSI LES PILES DE VOS AVERTISSEURS DE FUMÉE

À chaque changement d’heure, les services de protection contre les incendies demandent à la population de vérifier le bon fonctionnement des avertisseurs de fumée et de remplacer les piles, si nécessaire. N’hésitez pas à suivre cette recommandation qui peut sauver des vies !