Histoire
Marqueurs du paysage québécois, les casse-croûtes font incontestablement partie de notre culture. Après tout, on leur doit notre met national : la poutine ! On les fréquente lors des chaudes soirées d’été et de nos escapades en voiture, mais savons-nous à quand remonte la relation que nous entretenons avec eux ? Voici la brève histoire des casse-croûtes québécois.
1- LE REPAS DES TRAVAILLEURS

Au 19e siècle, des établissements offrant des repas rapides sont apparus graduellement dans les villes. À Québec, on trouvait de petites cabanes sur les places du marché et près des quais. Selon Jean-Marie Lebel, on y servait des repas à la minute et de la petite bière à 1 sou le verre.
Au tournant du 20e siècle, on trouve ce genre d’établissements dans les quartiers ouvriers. On les nomme quick lunch, light lunch et pork and beans. On y vend des mets canadiens : fèves au lard, pain, soupe aux pois, etc. Ce sont des commerces d’appoint qui servent la clientèle du coin. Ils font l’objet de surveillance policière, puisqu’on y vend également de l’alcool.
2- DE ROULOTTES À CAMIONS-RESTAURANTS

L’industrialisation et le travail en usine entraînent de nouveaux besoins en ce qui concerne l’alimentation dans la ville. C’est ainsi qu’apparaissent les premières cantines mobiles, principalement des roulottes tirées par des chevaux. Ces ancêtres des camions-restaurants s’installent à la sortie des usines et offrent des repas chauds, peu couteux et servis rapidement.
Puisque les employés doivent préparer la nourriture et s’occuper des animaux, il y a des problèmes de salubrité. C’est pourquoi, en 1947, la vente de nourriture et de boissons sur la voie publique est abolie à Montréal. Les autres villes de la province suivront cet exemple. Ce règlement sera maintenu jusqu’au retour de la cuisine de rue, en 2015 à Montréal et en 2017 à Québec.
3- L’INFLUENCE AMÉRICAINE
À partir des années 1920, l’influence américaine se fait sentir. Nos voisins du Sud ont été les premiers touristes à parcourir le Québec. Nos cantines vont embrasser cette influence et se transformer en snack-bar à l’américaine.
Cependant, plusieurs d’entre elles resteront très modestes. Ces commerces deviennent des lieux de rencontre et taillent leur place dans la culture populaire du Québec.
Les menus vont s’américaniser en offrant des hot-dogs, hamburgers, milk-shakes et frites. Elles auront graduellement accès aux commodités de base : eau courante, électricité, toilettes.
4- SERVIR LA SOCIÉTÉ DES LOISIRS
L’essor de la voiture vient transformer le paysage québécois. Dans l’après-guerre, la province souhaite relancer l’industrie du tourisme. Le Québec crée de nouvelles routes, améliore celles déjà existantes, intervient dans la protection de la faune et crée de nouveaux parcs nationaux.
Cette période coïncide avec la démocratisation du tourisme et l’accès de la classe moyenne à la société des loisirs. Les familles ont plus de temps et d’argent pour voyager en voiture. Le transport de marchandises par camion crée également de nouveaux travailleurs nomades qui doivent manger en route.
Les motels et les casse-croûtes viennent répondre à ce besoin. Le nombre de cantines de bord de route explose.

5- L’ÂGE D’OR
La période qui s’étale de 1950 à 1980 marque l’âge d’or des casse-croûtes. Ils vivent une réelle montée en popularité et deviennent des lieux de rencontre privilégiés pour les jeunes en quête de liberté et pour les sorties en famille. De la même manière, les crèmeries se multiplient.
Certains établissements vont choisir d’ouvrir uniquement pour la période estivale, un moment où l’achalandage est plus important. Ainsi, les roulottes sont converties en casse-croûtes. On les trouve généralement stratégiquement placées à l’entrée d’un village ou sur le bord d’une route touristique.
Aujourd’hui, ces établissements font toujours partie de la tradition de bien des familles. La clientèle y est fidèle. Ce qui donne lieu à de nombreux débats sur le meilleur casse-croûte du Québec. Qu’ils soient saisonniers ou non, ces restaurants occupent une place importante dans le paysage du Québec.
Source : Bibliothèque et archives nationales du Québec, Journal de Montréal, cahier weekend, 21 juin 2025, p64
Automobile
Comparer des litres aux 100 kilomètres (l/100 km) pour un véhicule thermique à des kilowattheures au 100 kilomètres (kWh/100 km) pour un véhicule électrique, c’est comme traduire deux langues différentes. Mais on peut le faire avec quelques hypothèses et un brin de science. Voici comment :
BASE DE CONVERSION
1- Énergie contenue dans un litre d’essence (valeur typique) :
2- Rendement moteur thermique vs électrique :
EXEMPLE CONCRET
Si votre voiture consomme 7L/100 km, l’énergie utilisée est :
Donc, 7L/100 km = 15,6 kWh/100 km en termes d’énergie utilisable.
TABLEAU D’ÉQUIVALENCE APPROXIMATIF

Note : Ces conversions sont approximatives et dépendent des types de moteurs, du carburant, de la conduite et du terrain.

L’ÉLECTROMOBILITÉ : PLUS QU’UN SIMPLE CHANGEMENT DE MOTEUR
L’électromobilité, c’est un virage technologique, environnemental et même culturel. Voici un tour d’horizon pour mieux comprendre ce que ça implique :
LES GRANDS AVANTAGES
LES INCONVÉNIENTS À CONSIDÉRER
TOP DES VÉHICULES ÉLECTRIQUES EN 2025
Voici un aperçu des modèles les plus recommandés cette année selon les experts du Guide de l’auto et d’Auto123. Ils se distinguent par leur autonomie, leur rapport qualité-prix, leur confort et leur technologie.
Hyundai IONIQ 6
Tesla Model 3 (version Highland)
BMW i4
Hyundai Kona Electric
Hyundai INSTER (nouveauté citadine)
TENDANCES 2025 : PLUS D’IA, PLUS D’AUTONOMIE
ET L’AVENIR DANS TOUT ÇA ?
L’électromobilité ne cesse d’évoluer. Les batteries deviennent plus performantes, les bornes plus rapides, et les constructeurs investissent massivement. Même les poids lourds et les transports en commun s’électrifient.
Source : IA
Histoire
Quand on pense aux grandes avancées sociales au Québec, la Charte des droits et libertés de la personne occupe une place de choix. Ce pilier légal de notre société n’est pas tombé du ciel, il est le fruit d’un long cheminement intellectuel, juridique et politique, à la croisée des luttes sociales et des idéaux humanistes portés par des siècles de réflexions.
DES IDÉES DE LIBERTÉ VENUES DE LOIN

L’idée selon laquelle tous les êtres humains naissent libres et égaux a mis du temps à s’imposer. Pourtant, dès le siècle des Lumières, des philosophes comme Kant ou Montesquieu dénoncent ces inégalités en Europe.
Pour Kant, chaque être humain possède une valeur propre, une dignité qui appelle au respect et à la liberté.
Pour Montesquieu, déjà en 1748, aimer la démocratie, c’est aimer l’égalité. Cette pensée, relayée par la Déclaration des droits de l’homme en France (1789) et la Déclaration d’indépendance des États-Unis, a profondément marqué l’évolution des régimes occidentaux vers la démocratie.
Plus tard, au XIXe siècle, le philosophe britannique John Stuart Mill pousse plus loin la réflexion en liant directement la dignité de la personne humaine au bien-être collectif. Selon lui, sans égalité réelle entre les citoyens, la démocratie n’est qu’un mot vide de sens.
LE QUÉBEC EN RETARD, PUIS À L’AVANT-GARDE
Jusqu’aux années 1970, le Québec n’avait pas encore sa propre loi-cadre pour protéger les droits fondamentaux. Alors que plusieurs provinces canadiennes avaient déjà adopté des lois en ce sens, ici, c’était toujours le Code civil qui servait de référence pour défendre les droits individuels.
Mais, un vent de changement soufflait, et des organisations comme la Ligue des droits de l’homme (qui deviendra plus tard la Ligue des droits et libertés) montaient au front pour faire pression sur le gouvernement.
C’est dans ce contexte que plusieurs penseurs et juristes de renom, dont Paul-André Crépeau et Jacques-Yvan Morin, participent à l’élaboration d’un avant-projet de loi.

Le projet prend forme, et le 29 octobre 1974, le ministre libéral de la Justice, Jérôme Choquette, dépose enfin un projet de loi sur les droits et libertés de la personne à L’Assemblée nationale.
Quelques mois plus tard, le 27 juin 1975, c’est l’unanimité, la Charte québécoise des droits et libertés est adoptée. Elle entrera officiellement en vigueur le 28 juin 1976. Son premier slogan donne le ton : « Vous avez le droit, les autres aussi ».
UNE CHARTE VIVANTE
Depuis son adoption, la Charte n’a cessé de se transformer pour mieux refléter les valeurs d’une société en mutation.
En 1979, elle reconnaît le droit à des conditions de travail saines et sécuritaires. En 1982, elle interdit le harcèlement discriminatoire et protège les personnes ayant un casier judiciaire sans lien avec leur emploi. Elle introduit également cette année-là une structure pour favoriser l’accès à l’égalité dans les milieux de travail.
En 1989, un pas décisif est franchi avec la création du Tribunal des droits de la personne. Cet ajout vient renforcer l’appareil chargé de faire respecter la Charte, en complément des pouvoirs de la Commission des droits de le personne.
Les années 2000 apportent aussi leur lot d’avancées.
En 2006, le droit à un environnement sain est inscrit dans la Charte, Deux ans plus tard, une clause interprétative sur l’égalité entre les sexes est ajoutée. Puis, en 2019, dans un climat social où les questions identitaires sont de plus en plus débattues, la Charte est modifiée pour intégrer le principe de la laïcité.
Plus récemment, en 2022, le législateur affirme avec force l’importance du français comme langue commune au Québec. Un nouveau droit est inscrit, celui de vivre en français. De plus, la Charte précise qu’elle doit être interprétée de manière à protéger la langue française, sans pour autant empiéter sur les autres droits qu’elle garantit.
UNE ŒUVRE COLLECTIVE
Ce qui rend la Charte québécoise unique, c’est qu’elle n’est pas simplement un texte imposé d’en haut. Elle a été modelée par les tribunaux, par les acteurs sociaux, par les luttes menées dans la rue et dans les milieux communautaires.
Elle s’applique aussi bien dans les rapports entre l’État et les citoyens que dans les relations entre individus. Elle est un outil d’équilibre, un garde-fou et un levier de progrès.
Sauf exception, toutes les lois adoptées par le Québec doivent la respecter. Seule la Constitution canadienne, incluant la Charte canadienne des droits et libertés, peut lui être supérieure en droit.
UN SOCLE POUR DEMAIN
Au fil du temps, la Charte des droits et libertés de la personne est devenue un repère pour les Québécois. Elle incarne un idéal de société où chaque individu peut vivre dans la dignité, à l’abri des discriminations et avec l’assurance que sa voix compte.
Ce texte n’est pas figé : il continue d’évoluer au rythme des valeurs collectives.
Dans un monde où les droits de la personnes sont encore bafoués à bien des endroits, la Charte québécoise demeure un modèle précieux, non pas parfait, mais perfectible qui témoigne de notre volonté commune de bâtir une société plus juste, plus inclusive et plus respectueuse des différences.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 28 juin 2025, p64
Santé & bien-être
La peau subit tous les assauts – bactéries, toxines, rayons du soleil… pas étonnant qu’elle s’abime si facilement. Si la plupart des irrégularités cutanées ne sont pas inquiétantes, certains signes et symptômes peuvent toutefois indiquer une affection plus grave. En voici une courte liste.

Zones rugueuses : souvent dues à l’eczéma, elles peuvent être le signe d’un carcinome spinocellulaire si elles ne s’améliorent pas avec le traitement recommandé par un médecin.
Coup de soleil grave : également appelé érythème solaire, un coup de soleil qui provoque des cloques peut augmenter le risque de vieillissement prématuré et de cancer de la peau.
Naevus récurrent : un naevus bénin (grain de beauté) qui réapparaît après avoir été retiré, en particulier au-delà de la cicatrice, peut indiquer une évolution vers une tumeur cancéreuse.
Plaies persistantes : les plaies qui ne guérissent pas avec des soins à domicile vous rendent vulnérable aux infections et peuvent être le signe d’un cancer de la peau.
Rougeur, enflure et/ou douleur : si ces symptômes apparaissent près d’un orifice dans la peau, ils peuvent indiquer une cellulite, qui nécessite des soins médicaux immédiats et un traitement antibiotique.
Éruption cutanée qui s’étend rapidement : surtout si elle s’accompagne d’urticaire, une telle éruption cutanée peut être le signe d’une anaphylaxie (allergie très grave). Consultez immédiatement un médecin.
Source : Revue Nouvelles « CSA », Printemps 2025, p9
Trucs et astuces
Quand un pépin se présente… il y a toujours une solution au problème. C’est madame Chasse-Taches qui le dit.
C’EST TROP SEC !

PENSEZ-Y AVANT…
NE PERDEZ PAS VOS RESTANTS !
Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 21 juin 2025, p13
Actualités
Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de juin, publiées dans le Journal de Montréal.

























Histoire
LE DÉFILÉ DE LA SAINT-JEAN TOURNE AU CAUCHEMAR
Le 24 juin 1968, alors que Montréal s’est mise toute belle pour la Saint-Jean-Baptiste, le fête tourne au cauchemar.
La célébration devient le théâtre d’une confrontation brutale entre manifestants et policiers. En toile de fond, la visite controversée de Pierre Elliott Trudeau, chef du Parti libéral du canada, venu parader à la veille des élections fédérales. Sa présence est mal perçue par de nombreux Québécois. Déjà que le climat est chargé de tensions politiques et identitaires.
Ce soir-là, les rues vibrent au rythme des slogans, des cris… et des matraques.
Que s’est-il réellement passé ce soir-là ? Pourquoi cette explosion de colère ? Comment ce dérapage policier a-t-il marqué la mémoire collective du Québec ?
LE FEU COUVRE DEPUIS LONGTEMPS
La Révolution tranquille donne naissance à une nouvelle génération de Québécois fiers, éduqués et surtout, à des jeunes plus mobilisés que jamais. Le nationalisme prend alors racine, et plusieurs réclament l’indépendance du Québec.
Au cœur de cette mouvance : Pierre Bourgault, orateur de génie et chef du RIN. Bourgault électrise les foules avec ses discours tranchants. En juillet 1967, le président français Charles De Gaule jette un peu plus d’huile sur le feu nationaliste en lançant, du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, son fameux « Vive le Québec libre ! » La phrase fait l’effet d’une bombe et galvanise le mouvement souverainiste québécois.
L’HOMME QUI DÉRANGE
Dans ce contexte politique bien tendu, la présence de Pierre Elliott Trudeau au défilé de la Saint-Jean-Baptiste de Montréal, à la veille des élections fédérales de 1968, apparaît pour plusieurs comme une provocation.
Trudeau, fraîchement nommé chef du Parti libéral du Canada, incarne le fédéralisme fort et centralisateur, Pour une partie de la population québécoise, il est tout simplement le traître, le francophone qui tourne le dos à son peuple. Sa présence sur l’estrade d’honneur en plein cœur du parc La Fontaine, est perçue comme une gifle.
Bourgault mobilise ses troupes, le RIN appelle à la manifestation. On veut déranger et envoyer le message que le Québec ne veut pas de Trudeau à sa fête nationale.
LE DÉFILÉ QUI DÉGÉNÈRE

Le 24 juin 1968, les policiers sont nombreux autour du parc. Dans la foule, on retrouve des familles, des curieux, mais aussi des militants indépendantistes chauffés à blanc. Bourgault est arrêté dès son arrivée, mais son arrestation met le feu aux poudres.
Des cris et des slogans fusent de toutes parts, puis des pierres volent en direction des policiers. Ils répliquent. Certains sont à cheval, d’autres marchent, matraques à la main.
La situation dégénère quand la foule riposte. Les familles prennent la fuite et le défilé est interrompu.
Les policiers sont assurément mal préparés, ils réagissent avec une brutalité inédite. Il faut savoir que les forces de l’ordre de la Ville n’ont pas encore d’escouade antiémeute officielle et ça se voit.
Sur l’estrade, Trudeau, imperturbable, reste assis. Alors que les autres dignitaires cherchent refuge, lui, il défie la foule, stoïque.
Ce geste d’assurance ou d’arrogance, selon les points de vue, sera rapporté dans tous les médias. Le lendemain, il remporte une victoire éclatante aux élections fédérales.
MÉDIAS CENSURÉS
Les médias couvrent l’événement. À la télévision, les journalistes de Radio-Canada tentent de présenter le défilé sans montrer les débordements.
À la radio, le journaliste Claude Jean Devirieux fait la description du défilé sans filtre. Il raconte la violence de la situation comme il la voit. Il donne même le matricule d’un policier qui l’aurait agressé. Il sera suspendu dès le lendemain et écarté par le fait même de la soirée électorale.
Cet épisode, qui met en lumière les pressions exercées sur les journalistes, mènera à la création, en mars 1969, de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).
BILAN DE LA SITUATION
À la fin de la confrontation, le bilan est lourd : 292 personnes arrêtées, 123 blessés, six chevaux de la police souffrants, 12 autopatrouilles incendiées.
Au fond d’un fourgon cellulaire, deux jeunes militants se rencontrent : Paul Rose et Francis Simard. Ils ne le savent pas encore, mais cette rencontre les mènera au cœur de la crise d’Octobre, deux ans plus tard.
Ce fameux lundi, appelé le « Lundi de la matraque », incarne une fracture, un moment où le peuple québécois a cherché à reprendre sa fête, à faire de la Saint-Jean une fête de tous les Québécois et surtout à envoyer le message au pouvoir à Ottawa qu’il n’était pas le bienvenu.
Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau n’est jamais revenu célébrer la fête des Québécois. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, cet affrontement a marqué un tournant. Ce lundi violent de la Saint-Jean aura pour conséquence de marginaliser les élément les plus radicaux du RIN.
« La Saint-Jean, qui était une fête folklorique, est devenue notre fête nationale à partir du 24 juin 1968. » – Pierre Bourgault
RÉAPPROPRIATION DE NOTRE FÊTE
Au lendemain de l’émeute, René Lévesque annonce que les négociations pour que le RIN puisse se joindre à son mouvement sont rompues. Quelques mois plus tard, Lévesque fonde le Parti Québécois.
Le « Lundi de la matraque » a changé le Québec. Il a montré que la question nationale était explosive.
Il a aussi souligné la nécessité de mieux encadrer les manifestations, de former des escouades antiémeutes et de défendre la liberté des journalistes.
Mais surtout, il a transformé une simple fête traditionnelle en symbole de fierté et de résistance.
Depuis ce jour, la Saint-Jean-Baptiste n’est plus seulement une célébration. Elle est un cri, une mémoire, un rappel que l’histoire du Québec s’écrit aussi dans la rue.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 21 juin 2025, p62
Opinion
Un texte de Mathieu Bock-Côté publié dans le Journal de Montréal du 29 juin 2025.
LE BON BOSS CARNEY
On connaît les circonstances de l’arrivée de Carney à la tête du pays.

Il a profité de la grande peur de l’annexion suscité par Donald Trump en transformant les dernières élections fédérales en référendum sur la survie du Canada.
Mais quelque chose de plus s’est passé depuis.
Regardant vendredi les résultats du sondage suggérant que les Québécois pour l’instant plébiscitent Mark Carney à Ottawa, je me suis demandé si les Québécois vivaient dans un sketch d’Yvon Deschamps.
COLONISÉS
Il semble que bien que les six derniers mois aient fait remonter à la surface le vieux fond colonisé des Québécois, toujours occupés à douter d’eux-mêmes, à croire qu’ils ne sont pas à la hauteur de leur destin.
Disons-le simplement : les Québécois semblent vouloir un boss, un bon boss, et encore mieux, un bon boss anglais, qui leur dit quoi faire et quoi ne pas faire, à partir de la capitale fédérale.
Et cela tombe bien, Mark Carney se reconnaît parfaitement dans ce sentiment de supériorité typiquement anglo-saxon, qui a poussé l’Empire britannique, au fil de l’histoire, à se croire destiné à dominer les autres peuples de la terre.
C’est ce qu’on pourrait appeler l’anglosuprémacisme. Les Irlandais en ont souffert, les Québécois aussi, et tant d’autres peuples.
Les Anglais, pour dominer, ont toujours utilisé la même méthode : après leur conquête, ils achètent à coup de promotions, de subventions et de menaces l’élite du peuple vaincu.
Cette dernière signera un pacte faustien : ses privilèges dépendent de sa capacité à faire accepter au peuple en question sa soumission, en lui laissant même croire qu’il n’est pas dominé.
Mais notre enthousiasme carneyien est suicidaire.
EFFACEMENT
L’immigration massive nous submerge, nous anglicise, nous islamisme, nous pousse à la dissolution collective.
La centralisation fédérale abîmera notre économie.
À Montréal, à Laval, et dans le 450, nous sommes de moins en moins chez nous.
Le carneyisme est un accélérateur d’effacement.
Société
PLUS D’ENFANTS MORTS À CAUSE DE LOIS PERMISSIVES
AFP | Les États américains ayant assoupli leur législation sur les armes à feu ont enregistré des milliers de décès d’enfants de plus, surtout pas homicide et suicide, qu’ils ne l’auraient fait en temps normal, selon une étude publiée récemment.

Lorsque la Cour suprême a jugé en 2010 que le Deuxième amendement pouvait être opposé aux États et collectivités locales, la plupart ont choisi d’assouplir les conditions d’accès aux armes à feu.
« La mortalité due aux armes à feu a augmentée et a remplacé les accidents de voiture comme principale cause de décès chez les enfants de plus d’un an », a expliqué Jeremy Faust, à la tête de l’étude parue dans la revue Jama Pediatrics.
Dans les États qui ont assoupli leur législation sur les armes à feu, plus de 7400 décès d’enfants par arme à feu en plus ont été enregistrés, dont 6000 dans le groupe des États plus laxistes. Paradoxalement, les huit États les plus stricts n’ont globalement connu eux aucune surmortalité.
Quoi rajouter de plus ?
Hommage
En cette fête des Pères, je vous propose ce texte d’Emmanuelle Latraverse, analyste politique au réseau TVA, publié dans le Journal de Montréal de cette fin de semaine, et qui décrit très bien le rôle de plus en plus grandissant et présent, des pères modernes. J’y ajouterais, par expérience, que dès qu’on est grand-père, on devient gaga.
***
CES PÈRES D’AUJOURD’HUI QUI SONT LE YIN DE NOTRE YANG
J’en connais un qui se lève à 4h du matin pour accompagner ses filles dans des compétitions de ballet. Un autre qui s’est tapé tous les tournois de hockey de sa fille jusqu’à sa graduation de l’université.

Il y a celui qui fait des crêpes tous les matins à son fiston, une au Nutella, une au sirop d’érable, pendant que maman a sa première réunion de la journée.
Je pourrais vous parler de celui qui se domine pour faire étudier l’examen de mathématique de son ado qui vient de comprendre que l’école, c’est parfois plus important que sa vie sociale.
Et il y a celui qui recueille les confidences de sa fille sur le chemin de l’école. Il est le seul au monde à pouvoir la faire rire le matin.
Ce sont tous des papas d’aujourd’hui. Ceux sans lesquels les mamans ne seraient pas les femmes accomplies qu’elles sont devenues.
MARS ET VÉNUS
Je ne parle pas ici de l’homme rose, cet être fictif idéalisé par les mouvements féministes, la version masculine de l’épouse parfaite.
Non. Parmi ces pères, il y a celui qui cuisine comme un dieu parce que sa douce moitié est incapable de faire fonctionner le four. Mais il y a aussi celui qui oublie encore que les chandails de laine ne vont pas dans la sécheuse.
Entendons-nous, 10 000 ans de socialisation ne se sont pas évaporés. Mais les ingrédients sont réunis pour que le stéréotype de Mars et Vénus soit remplacé par la mélodie d’une harmonie à deux voix, différentes, mais complémentaires.
C’est la beauté de notre époque, les pères d’aujourd’hui assument LEUR rôle, celui qu’ils définissent naturellement avec nous, les mamans. Ils sont le yin de notre yang.
LES TOUT DÉBUTS
On doit remercier Pauline Marois d’avoir fait adopter la Loi sur l’assurance parentale en 2005. Vingt ans plus tard, nous en récoltons encore les fruits.
Quand nos pères devaient aller travailler le lendemain de notre naissance, elle a permis aux papas d’aujourd’hui de vivre le même trippe que la maman.
Ils s’émerveillent du premier bain, du premier sourire, de cet air angélique qui berce un nouveau-né dans les bras de Morphée.
Et au cours de ces premières semaines, ces premiers mois, ils tissent un lien qui leur permettra d’assumer leur vraie place de papa.
Ils feront les choses différemment de maman et bébé survivra ! S’opère alors un vrai partage des tâches et responsabilités, celui qui reconnaît que papa et maman font les choses différemment, mais que dans les deux cas, bébé va bien.
C’est le début d’un tango complexe qui permet aux mamans d’aujourd’hui d’avoir l’âme en paix quand elles sont à la conquête de la part de la vie qui leur revient.
Alors en cette fête des Pères, un immense merci à vous tous qui nous épaulez. Femmes, mamans, professionnelles, nous sommes toujours acrobates, mais avec un partenaire, parfois un peu fou ou trop sérieux, mais toujours là pour nous attraper au vol.
Et ayons une pensée pour les mères monoparentales qui réussissent cette haute voltige sans filet.
Insolite
Le vendredi 13… rien que son évocation suffit à faire frissonner certains, tandis que d’autres y voient un jour comme un autre. Pourtant, cette date est l’une des plus redoutées au monde, porteuse d’une superstition vieille de plusieurs siècles.

Mais d’où vient cette peur du vendredi 13 ? Et quelles sont les anecdotes liées à ce jour particulier ?
POURQUOI LE VENDREDI 13 FAIT-IL PEUR ?
L’origine exacte de la superstition autour du vendredi 13 est difficile à cerner, mais elle puise ses racines dans plusieurs traditions et événements historiques, mêlant chiffres, religion et culture populaire.
Dans de nombreuses cultures occidentales, le chiffre 13 est considéré comme un nombre « malchanceux ». Cette aversion s’appelle la triskaïdékaphobie (oui, c’est un vrai mot !). Plusieurs hypothèses expliquent cela. Une des plus célèbres évoque le dernier repas de Jésus-Christ, la Cène, où Judas, le traître, serait le 13e convive. Ce chiffre symboliserait donc la trahison et la malchance.
Le vendredi est aussi un jour chargé de symboles négatifs, surtout dans la tradition chrétienne. C’est ce jour que Jésus aurait été crucifié, un événement tragique marquant. Dans le folklore médiéval, le vendredi était aussi un jour d’exécutions et de mauvais présages.
LA COMBINAISON FATALE
La peur du vendredi 13 pourrait donc résulter de la combinaison de deux superstitions : un chiffre déjà « maudit » et un jour chargé de tragédies. Cette peur combinée semble s’être popularisée en Europe au Moyen-Âge, avant de gagner le reste du monde.
DES ANECDOTES ÉTRANGES À TRAVERS LE MONDE
Le vendredi 13 n’est pas qu’une légende : Il a inspiré des comportements, des interdits, et même des décisions étonnantes.
1. Les hôtels et les immeubles sans 13e étage
Dans plusieurs pays, il est courant que les immeubles n’aient pas d’étage 13, on passe directement du 12 au 14. La peur du chiffre 13 est tellement forte que certains hôtels n’ont même pas de chambre numéro 13, ou évitent de louer des chambres ce jour-là.
2. Le vendredi 13 et les accidents d’avion
Certaines compagnies aériennes constatent une baisse des réservations le vendredi 13, alors que paradoxalement ce jour-là, aucun accident notable n’a été statistiquement plus fréquent. Pourtant, cette peur influence les comportements de milliers de voyageurs chaque fois que le calendrier affiche ce jour.
3. La finance et le vendredi 13
Les marchés financiers n’échappent pas à cette superstition. Certains investisseurs évitent de prendre des risques ce jour-là. Le 13 octobre 1989, surnommé le « vendredi noir », la Bourse de New York a connu un effondrement brutal, alimentant la légende du vendredi 13 « maudit ».
4. En Espagne et en Amérique latine : c’est mardi 13
Curieusement, la peur du vendredi 13 est moins répandue dans certains pays hispanophones. En Espagne, en Grèce et dans plusieurs pays d’Amérique latine, le mardi 13 est considéré comme le jour porte-malheur. L’expression « martes trece, ni te cases ni te embarques » (mardi 13, ne te marie pas, ne pars pas en voyage) illustre bien cette superstition.
LE FILM D’HORREUR CULTE
Le vendredi 13 a aussi inspiré la culture populaire, en particulier dans les films et les livres.
La franchise « Vendredi 13 » (Friday the 13th), lancée en 1980, est devenue un classique du cinéma d’horreur. Elle met en scène Jason Voorhees, un tueur masqué, qui terrorise un camp de vacances. Ce film a largement contribué à renforcer l’image sinistre du vendredi 13 dans l’imaginaire collectif.
LA CHANCE DES AUTRES
Mais pour certains, le vendredi 13 est au contraire un jour de chance ! En Italie, par exemple, le chiffre 13 est souvent considéré comme porte-bonheur, tandis que le 17 est redouté. Certaines personnes profitent donc de ce jour pour tenter leur chance, jouer à la loterie ou prendre des risques qu’elles évitent habituellement.
Le vendredi 13 reste un jour chargé de mystères, entre peur ancestrale et folklore moderne. Qu’on y croie ou pas, cette superstition révèle surtout comment les symboles – chiffres, jours, événements – façonnent nos croyances et nos comportements collectifs. Alors, ce vendredi 13, tu t’en méfies ou tu fais fi de la superstition ?
Source : businessnews.com.tn
Trucs et astuces
On nous répète sans cesse de nous laver souvent les mains, de les désinfecter, mais où se trouvent les nids à germes ? Souvenez-vous de la pandémie. Madame Chasse-Taches nous en donne quelques trucs pour les éviter.

DANS LA CUISINE
Les planches à découper
Les torchons et les éponges
Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 31 mai 2025, p12