Histoire
Plusieurs séries télévisées et films qui montrent la vie quotidienne des gens aisés, notamment au XIXe siècle, cherchent à mettre en lumière le travail des domestiques, essentiels au fonctionnement des grandes demeures avant l’arrivée de plusieurs commodités comme les électroménagers.

D’emblée, une image semble se dessiner, soit celle d’une femme avec une coiffe d’un blanc immaculé et un tablier. Était-ce bien la réalité ? Faisons une brève incursion dans le monde des femmes qui ont œuvré au sein du service domestique au Québec de la Nouvelle-France à l’ère industrielle.
URBANISATION
Y avait-il des domestiques à l’époque de la Nouvelle-France ? Bien que moins nombreux qu’au XIXe siècle, certaines maisonnées peuvent se payer des serviteurs et surtout… celles qui portent alors le nom de servantes dans les contrats d’embauche.
Elles s’assurent de la propreté des lieux, des enfants, du service des repas ou de la blanchisserie.
N’oublions pas qu’avant l’arrivée des premières machines à laver, le nettoyage, le séchage et le repassage des vêtements et de la literie demandaient beaucoup de temps !
C’est surtout vers la fin du XVIIe siècle que ce type d’emploi féminin connaît une augmentation. En effet, le service domestique va de pair avec la croissance des villes et avec elles, une élite capable de le maintenir comme des familles de marchands ou de hauts gradés militaires.
Difficile toutefois d’avoir un portrait complet de la réalité des domestiques à cette époque, puisque ces hommes et ces femmes sont peu mentionnés dans les archives. La domesticité est un travail de l’ombre…
Nous savons néanmoins que les familles les plus nanties de la Nouvelle-France embauchent entre autres des jeunes femmes célibataires qui souhaitent aider financièrement leur famille, mais aussi les fillettes placées en service très jeunes afin qu’elles puissent apprendre le métier au fil des années tout en étant nourries et quelque peu éduquées.
Des études ont également démontré qu’en certaines occasions, des femmes mariées qui souhaitent elles aussi aider financièrement leur ménage ont pu être embauchées comme domestiques.
TRANSFORMATION DU SERVICE DOMESTIQUE
Après la guerre de 7 ans et le début du régime anglais, de nouvelles filles nanties s’établissent dans les grandes villes de la province de Québec, surtout à Québec et à Montréal, qui vont commencer à se développer davantage.

Ces familles, dans la tradition des membres des classes aisées anglaises, démontrent leur statut, entre autres, à travers le nombre de domestiques à leur service.
Le tournant du XIXe siècle voit ainsi une augmentation des femmes qui cherchent des emplois auprès des familles aisées établies dans les grandes villes. Elles sont orphelines, ou viennent souvent de milieux très modestes, ou sont des immigrantes, notamment irlandaises.
Elles signent des contrats qui déterminent qu’elles doivent entre autres suivre les demande de leurs employeurs et porter et entretenir leur uniforme. Ces contrats précisent de plus leur salaire et la durée de leur engagement.
Elles doivent allumer les feux dans les âtres le matin et les éteindre le soir, repriser les vêtements, faire les courses, les repas, l’entretien ménager et servir le thé.
Avec la montée de l’industrialisation et du nombre d’emplois en usine toutefois, un changement s’opère graduellement à partir des années 1850.
En effet, plusieurs femmes choisissent l’option du travail ouvrier, notamment parce qu’elles peuvent rentrer auprès de leur famille une fois leur quart de travail terminé.
Pour s’assurer que les femmes aient de meilleures conditions de travail dans le service domestique, des organismes comme la Young Women Christian Association (YMCA) commencent dès lors à leur offrir des cours spécialisés le soir. Qui dit spécialisation dit aussi espoir de négociation d’un meilleur salaire !
Graduellement, celles qu’on appelle de plus en plus des aides familiales ou des aides ménagères commencent à voir leur travail être reconnu comme un métier, ce qui leur offre davantage de reconnaissance alors que s’ouvre le XXe siècle. Même si cette reconnaissance reste toujours fragile.
Source : Évelyne Ferron, historienne, Journal de Montréal, cahier weekend, 31 mai 2025, p66
Sport
Allez savoir, mais la partie de hockey, hier en Floride entre les Oilers d’Edmonton et les Panthers n’était pas la partie du siècle et les Oilers ont perdu 6-1.

Dès la première minute de jeu, les Panthers ont marqué le premier but de ce qui allait être une partie de frustration pour les visiteurs.
À la deuxième période, les esprits se sont échauffés et les coups salauds pleuvaient de partout. Les Oilers ont jeté leur frustration sur tout ce qui bougeait et qui portaient un gilet rouge.
Pas trop édifiant pour des professionnels. Cette série donnait pourtant du jeu enlevant depuis le premier match, mais hier soir, ce fut la débandade à chaque arrêt de jeu.
Ce qui est bizarre dans ces séries, c’est que les joueurs jouent pour blesser et démolir l’autre et qu’à la fin, quand le vainqueur sera connu, ils se donneront la main avec une tape amicale, en se souhaitant de belles vacances.
Assez extraordinaire, n’est-ce pas ?
Politique

On le sait, la santé occupe toutes les opinions et bulletins de nouvelles par les temps qui courent. Comment se faire une opinion juste de ce dossier complexe. Chacun tire la couverture de son bord et c’est parfois difficile, pour un néophyte, de se faire une opinion juste de ce dossier.
Pour répondre au critiques, fondées ou non, le ministre de la Santé, Christian Dubé, apporte quelques éclaircissements sur les lendemains de l’adoption du projet de loi 106, dans une lettre ouverte publiée dans le Journal de Montréal du 31 mai dernier.
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PERSONNE NE VA PERDRE SON MÉDECIN DE FAMILLE
Depuis quelques jours, vous êtes nombreux à nous écrire, inquiets de perdre votre médecin. Certaines cliniques affirment que vous pourriez être privés de votre médecin ou que l’accessibilité aux soins pourrait être réduite. C’est complètement faux. Pire encore, le syndicat des médecins spécialistes a mis à exécution ses menaces de se retirer des discussions sur le Dossier de santé numérique (DSN) – un projet essentiel pour vous et pour les médecins.
Véhiculer de fausses informations ou cesser de collaborer pour améliorer le réseau de la santé. Ce sont des gestes contraires à l’intérêt des patients.
Notre objectif, aujourd’hui, n’est pas d’alimenter cette confrontation, mais de vous rassurer, et surtout de vous expliquer clairement pourquoi on a déposé ce projet de loi.
Soyons clairs : la majorité des médecins travaillent très fort et on les remercie. Notre objectif, ce n’est pas de les pointer du doigt, mais de leur permettre de travailler autrement, davantage en équipe. En faisant notre part pour leur fournir les outils dont ils ont besoin.
Mais pour que ça fonctionne, tout le monde doit faire sa part. Ce sera une responsabilité collective, un effort commun.
CE QU’ON PROPOSE DANS LE PROJET DE LOI 106 :
Lier une partie de la rémunération à des résultats pour assurer l’accès.
Les médecins continueront d’être bien rémunérés, mais une partie des 9 G$ qui leur sont versés chaque année doit être liée à l’atteinte de résultats concrets pour vous. Par exemple, des rendez-vous offerts le soir et la fin de semaine, des délais réduits pour consulter un spécialiste et moins d’attente pour une chirurgie.
SIMPLIFIER LA RÉMUNÉRATION DES MÉDECINS DE FAMILLE
Aujourd’hui, tout est payé à l’acte. Une visite, une facture. Une prescription, une facture. C’est devenu trop complexe, avec des milliers d’actes et de primes. Plusieurs d’entre vous se sont déjà fait dire « un bobo, un rendez-vous ». Ça doit cesser.
On veut un modèle plus simple, adapté aux réalités d’aujourd’hui, qui permet de prendre le temps nécessaire lors d’un rendez-vous, d’encourager la collaboration avec les infirmières, les IPS, les pharmaciens ainsi que d’autres professionnels, et de mieux répartir la charge de travail.
POURQUOI IL FAUT ALLER JUSQU’AU BOUT

Le mode de rémunération actuel devait être temporaire… il y a 50 ans. On ne peut pas continuer à tourner autour du problème. Ce que l’on fait, c’est pour vous. Pour vos enfants. Pour vos proches. Pour un réseau public plus humain, plus accessible, plus efficace.
Nous continuerons d’être à l’écoute de nos partenaires, à négocier avec les fédérations médicales, à peaufiner les changements proposés. Pour que vous ayez accès aux soins quand vous en avez besoin.
Votre ministre de la Santé, Christian Dubé.
Histoire
Nous apprenions récemment la désignation de Maurice Richard comme personnage historique du Québec. Lorsqu’on pense à Richard, on se souvient généralement de ses 50 buts en 50 matchs, de ses 5 buts dans un match après un déménagement ou l’émeute de mars 1955.
Un autre fait d’armes peut être ajouté à cette liste et il contribue à la notoriété du joueur des Canadiens. Étonnamment, cette fois, ce n’est pas son extraordinaire talent de buteur qui est mis en évidence.

L’exploit est survenu en sol américain le 17 décembre 1944, sur la glace du mythique Madison Square Garden. L’homme au regard de feu se démarqua par ses aptitudes pugilistiques.
FACE À « L’HOMME LE PLUS MÉCHANT DU HOCKEY »
La couverture médiatique du match reflète bien le contexte de l’époque et les caractéristiques des deux joueurs.
Richard, c’est le Canadien français déterminé qui représente bien ces « porteurs d’eau » dans une société dominée par l’élite anglophone.
À force de talent et de combativité, ce « Flying Frenchman » fait alors face à un anglophone de New York qui, moins talentueux que son opposant, s’est hissé chez les Rangers grâce à ses poings.
Originaire du Minnesota, Bob Dill est un athlète globalement assez doué. Non seulement va-t-il se démarquer par sa rudesse, mais il va aussi participer au match des étoiles de l’Eastern Hockey League en 1942-1943.
Le surnom de « killer » lui est accolé après qu’il a fracturé le nez de l’arbitre Gordon Parsons, geste pour lequel Dill a été suspendu indéfiniment de l’American Hockey League.
C’est en 1944 qu’il est rappelé par les Rangers. Celui qu’on appelait également « l’homme le plus méchant du hockey » devait assurer une présence intimidante.

DEUX FOIS VAINQUEUR
Si ce n’est pas la première fois que les deux joueurs s’affrontent, l’intensité grimpe d’un cran le 17 décembre 1944.
Selon la légende, le talentueux et pacifique Rocket passe le K.O. à son rival à deux reprises, chaque fois à l’aide d’un seul coup de poing. La première fois sur la surface de jeu, l’autre au banc des punitions (les joueurs n’y étaient pas séparés à l’époque).
Comme bien des récits de légendes. Celui-ci a besoin de quelques nuances et les journaux et témoins de l’époque offrent parfois des visions complémentaires ou contradictoires.
NAISSANCE D’UNE LÉGENDE
Si Maurice Richard sort indiscutablement vainqueur des deux combats, certains le considèrent comme l’instigateur, alors que d’autres rappellent que Dill l’a couché lors d’une première escarmouche.
Dill lui-même, et plus tard son fils, ont souligné que, si le joueur des Rangers a bel et bien été ébranlé. Il n’a pas été mis K.O.
On pourrait également ajouter que, si le Rocket n’est pas un bagarreur, le recours au qualificatif « pacifique » entre en contradiction avec son style teigneux et des gestes violents qui ont ponctué sa carrière.
Au-delà de ce débat entourant les faits, ces deux bagarres vont sonner le glas de la carrière de Dill dans la Ligue nationale et contribuer à la légende naissante du Montréalais
Source : Luc Laliberté, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 31 mai 2025, p62
Opinion
On le sait, la santé occupe toutes les opinions et les bulletins de nouvelles par les temps qui courent. Comment se faire une opinion juste de ce dossier complexe. Chacun tire la couverture de son bord et c’est parfois difficile, pour un néophyte, de se faire une opinion juste de ce dossier.
Voici la vision de Dominique Salgado, directeur général, CAPVISH – Comité d’action des personnes vivant des situations de handicap – publié dans la section « Lettre ouverte » du Journal de Montréal, le 30 mai dernier.
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ET SI LE QUÉBEC S’INSPIRAIT DE LA NORVÈGE ?
Le Québec traverse une crise majeure dans son système de santé. Le réseau est sous tension, les professionnels sont à bout de souffle, et l’accès aux soins est devenu un parcours d’obstacles pour trop de citoyens.

Dans ce contexte, le soutien à domicile (SAD) – pourtant reconnu depuis des décennies comme une solution humaine, efficace et durable – reste sous-financé, morcelé et trop souvent privatisé.
Aujourd’hui, près de 20 000 personnes au Québec attendent un premier service à domicile. En 2023, à peine 10 % des besoins en SAD ont été comblés par le réseau public. Résultat : des milliers de personnes en perte d’autonomie sont contraintes de se tourner vers des services privés, souvent coûteux, qui fragilisent encore davantage les familles.
Et pendant ce temps, moins de 13 % des heures d’aide à domicile sont offertes par le personnel public, ce qui démontre une érosion alarmante du caractère public de notre système.
LIBRE CHOIX
C’est dans cette perspective que notre organisation a pris part récemment à une mission d’étude en Norvège, un pays reconnu pour son approche inclusive, décentralisée et efficace en matière de santé et de services sociaux.
Là-bas, chaque citoyen peut choisir librement son médecin de famille, accéder à un rendez-vous en moins de cinq jours, er recevoir des soins adaptés à ses besoins, à domicile. Le tout, avec un financement public robuste et un accompagnement centré sur l’autonomie et la dignité.
À titre de comparaison, la Norvège investit 11 232 $ CA par habitant en santé, contre 7913 $ au Québec. Ce pays consacre 11,3 % de son PIB à la santé, alors que le Québec, malgré une part semblable (12 %), dessert une population bien plus nombreuse avec des ressources nettement inférieures par habitant.
La Norvège compte aussi 4,6 médecins pour 1000 habitants, contre seulement 2,5 au Québec. Le résultat ? Un système plus fluide, plus humain, et moins dispendieux à long terme.
Selon le rapport de l’IRIS, si le Québec adoptait un modèle semblable à celui de la Norvège, il pourrait réaliser jusqu’à 32 milliards de dollars d’économies, simplement en réinvestissant intelligemment, en réduisant la fragmentation des services et en valorisant le soutien de proximité.
Il est temps de tirer des leçons concrètes de cette expérience. Dans les prochaines semaines, des recommandations seront adressées au gouvernement du Québec, et en particulier au ministère de la Santé et des Services sociaux. Car plus que jamais, le Québec doit réinventer sa manière de prendre soin. Non pas par des réformes comptables, mais par un engagement profond envers la dignité des personnes, la justice sociale et le bon sens.
Le soutien à domicile n’est pas un luxe. C’est un droit, une priorité, une urgence.
Trucs et astuces
Le ménage du garage… Qui de mieux que madame Chasse-Taches pour nous motiver à s’y frotter. C’est tellement mieux lorsque tout est propre et en ordre.
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Au printemps, il est normal de trouver un fouillis dans le garage. Quelques heures suffiront pour nettoyer cet espace mal-aimé où s’entassent des objets dont vous aviez peut-être oublié l’existence.
DES SOLUTIONS POUR LE DÉSENCOMBRER

LE NETTOYAGE DU SOL
Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 24 mai 2025, p12
Actualités
Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles de mai, publiées dans le Journal de Montréal.


























Histoire
« Si je vous ai bien compris, vous êtes en train de me dire : à la prochaine fois ! » lance le premier ministre du Québec, René Lévesque, au centre Paul-Sauvé de Montréal, le soir du 20 mai 1980.
Devant lui, une foule l’acclame chaleureusement, mais plusieurs spectateurs pleurent la défaite du camp du Oui à l’issue du référendum sur la souveraineté-association.

Après six semaines de campagne marquée par des débats intenses tant sur la place publique que dans les familles, le Non l’emporte avec 59,56 % des voix. Le Oui récolte un maigre 40,44 %.
« Les stratèges du Parti Québécois savaient depuis le début que ce serait difficile. Les sondages démontraient que l’indépendance ne ralliait pas la majorité des Québécois, mais René Lévesque s’était engagé à tenir une consultation dans son premier mandat et il a tenu parole », rappelle l’historien Éric Bédard, professeur à l’Université TELUQ et auteur de plusieurs livres sur l’histoire du Québec.
« SOUVERAINETÉ-ASSOCIATION »
C’est pour grossir les rangs du Oui que le gouvernement du Québec adopte, le 20 décembre 1979, la question référendaire qui ne se résume pas à « pour ou contre l’indépendance du Québec », mais porte sur un mandat de négocier la souveraineté-association. Un long préambule précise les enjeux et prévoit… un autre référendum.
« Pour Lévesque, cette question de l’association économique est capitale. Il veut établir une espèce de marché commun avec le reste du pays pour permettre la croissance. N’oublions pas qu’il n’existe pas d’accord de libre-échange à cette époque », ajoute-t-il.

L’interminable question référendaire qui compte 116 mots (voir plus loin, dans LA QUESTION) demande au peuple le mandat de négocier une nouvelle entente qui tiendrait compte de cette association économique.
La complexité de cette question servira les opposants qui feront flèche de tout bois pour faire échouer le camp souverainiste. Leur excellent slogan (« Mon nom est québécois ») et l’efficacité des leaders politiques serviront leur cause.
LE QUÉBEC DÉGONFLÉ
Pour l’historien Raymond Hudon, le référendum de 1980 offre le spectacle d’un Québec qui se dégonfle après deux décennies de ferveur nationaliste.
« Il y avait eu un incroyable bouillonnement culturel jusque-là, mais l’appui à la souveraineté n’était pas majoritaire. Le référendum était prématuré », résume l’auteur de l’article sur le sujet dans l’Encyclopédie canadienne et ancien professeur à l’Université Laval.
Ce qui reste de cet événement historique, c’est une certaine nostalgie, « comme un ressort qui s’est cassé ».
Pour Éric Bédard, c’est carrément un recul du Québec sur l’échiquier canadien qui se fait sentir. Le premier ministre du Canada, Pierre Élliot Trudeau, qui avait mis son honneur en jeu au nom de l’unité canadienne, procédera au rapatriement unilatéral de la constitution deux ans plus tard, au mépris des Québécois.
« Ce fut une douche d’eau froide », illustre-t-il.
Pour rajouter à cette déconvenue collective, la crise économique allait frapper fortement le continent. La Génération X chercherait sa place dans une société qui ne lui offrait pas d’ouverture et tenterait de se construire une identité.
LA QUESTION
Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d’en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d’acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d’établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l’accord de la population lors d’un autre référendum; en conséquence accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre la Québec et le Canada ?
Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 24 mai 2025, p67
Insolite
Certains parents, je ne dis pas tous, ont des enfants et on se demande bien pourquoi. Ont-ils bien réfléchis que c’est pour le vie, et plus précisément jusqu’à l’adolescence, qu’ils ont besoin d’eux dans toutes les expériences de la vie, qu’ils sont l’autorité ?
J’en doute !

Les parents de jadis le savaient et les garderies n’existaient pas. Quand les enfants fréquentaient l’école, c’était le professeur la personne en autorité. Les parents leur faisaient pleinement conscience. À la maison, c’était les parents qui décidaient.
Les enfants avaient des règles à respecter à la maison et d’autres étaient appliquées à l’école.
Si je vous écris là-dessus, c’est qu’en feuilletant le Journal de Montréal en fin de semaine dernière, je suis tombé sur le cul, en prenant connaissance d’un article de Dominique Scali qui traitait des demandes loufoques que les parents adressent aux professeurs, pour leur progéniture.
Jamais un seul instant je ne pouvais imaginer que ça existait ces requêtes. Une farce ? Absolument pas !
En voici quelques-unes, très réelles…
« Pourriez-vous appeler mon fils vers 20h30 tous les soirs afin qu’il lise votre livre ? Notre relation s’est améliorée et je ne veux pas la gâcher en lui imposant de la lecture qu’il n’aime pas… »
« Un courriel de parent un soir à 21h pour me demander d’appeler sa fille pour qu’elle lâche YouTube. »
« Pouvez-vous mettre en place un système de récompenses pour mon enfant s’il est gentil à la maison avec sa sœur ? »
« Pourriez-vous faire brosser les dents de mon enfant à l’école, car à la maison on n’a pas toujours le temps ? »
« Une mère qui demande ‘’ que notre bal des finissants de 6e année […] se tienne le 18 juin plutôt que le 20 juin, car les billets d’avion sont moins chers le 19’’. »
« Une maman a demandé à l’enseignante de couper les raisins qu’il allait manger lors de la collation. Il avait 9 ans. »
« Un parent avait remis à mon élève une noix de coco complète en collation que je devais moi-même préparer. ».
« Au lieu de mettre un sablier pour aider l’élève à visualiser le temps qui lui reste pour s’habiller, le parent m’a demandé de chanter une chanson de style rigodon dans le corridor pour le motiver à aller plus vite. »
« Une maman cette année m’a demandé de venir la chercher pour la rencontre de bulletin parce qu’elle allait manquer d’essence. »
« Un parent m’a demandé de reporter la rencontre de parents un autre soir, car elle aimerait ça aller au cinéma. »
« Une maman […] m’a demandé de surveiller sa fille qui avait de nouvelles extensions d’ongles afin qu’elle ne les brise pas. »
ET CE N’EST PAS TOUT
Plusieurs professeurs répondaient à une demande d’une enseignante qui leur demandait de lui donner des exemples de demandes inusitées de parents. Elle en a reçu plus de 300 !
On trouve de nombreuses requêtes qui témoignent d’un refus d’exercer toute forme d’autorité, par peur de nuire à la « belle relation » avec leur enfant.
Le monde à l’envers. Les condoms et les contraceptifs, ça existe !!!
Histoire
Plus discrète que l’église, l’école de rang fut pendant près de 150 ans l’édifice public le plus présent au Québec. Apprenons-en davantage sur cette époque.
VERS UN SYSTÈME SCOLAIRE DURABLE
L’institution royale, existant de 1801 à 1846, et les écoles de fabrique créées en 1824 donnent des résultats limités. Les écoles de syndics fondées dès 1829 sont un succès, jusqu’à ce que cesse le financement de l’État en 1836.
La loi scolaire de 1841 permet l’établissement d’un système scolaire permanent au Québec. Modifiée à plusieurs reprises, elle en jettera les bases pour plus d’un siècle.
Les commissaires d’école réunis en commissions scolaires gèrent les écoles. Elles seront confessionnelles, financées par une taxe foncière et par des frais de scolarité.
L’État et le clergé supervisent l’éducation avec l’établissement d’une réglementation scolaire et la nomination du surintendant de l’instruction publique. Ce dernier est remplacé en 1867 par de Département de l’instruction publique. S’ajoute en 1860 la Conseil de l’instruction publique.
LES ÉCOLES DE PROXIMITÉ

Les écoles de rang sont seules sur leur terrain, avec pour dépendances un hangar à bois et des latrines. De petites dimensions, leur façade ouest ou sud est très fenestrée. Leur toit, généralement à deux versants, est coiffée de deux cheminées servant au chauffage et à la ventilation.
Les écoles de rang contiennent une seule classe sauf pour les rangs plus populeux où elles en auront deux. Chauffées à l’aide d’un poêle à bois, elles n’ont généralement accès à de l’eau courante qu’après leur électrification.
Les pupitres permettent habituellement d’asseoir deux élèves. La maîtresse dispose d’un bureau installé sur une tribune et un tableau noir. L’ameublement se complète d’une armoire. L’appartement de l’institutrice n’est meublé que du strict nécessaire.

LES INSTITUTRICES RURALES
L’instruction rurale est principalement réalisée par des femmes : le salaire des institutrices est inférieur à celui des instituteurs. Les institutrices devaient être célibataires et posséder une moralité irréprochable.
Les institutrices sont généralement formées dans une école normale. À défaut, elles peuvent obtenir leur brevet d’enseignement si elles réussissent les examens requis.
Les institutrices sont responsables d’un maximum de 60 élèves, de la première à la septième année. Elles enseignent toutes les matières prévues au programme : lecture, écriture, mathématiques, histoire sainte, géographie, bienséance, etc. Elles ont accès à des ressources pédagogiques minimales pour préparer leurs cours.

Elles habitent à l’école pendant la semaine, fournissant leurs effets personnels et leur nourriture. Elles s’impliquent également dans la communauté : quête, veillée au corps, etc.
LES INSPECTEURS
Dès 1852, des inspecteurs ont le mandat de faire la tournée des écoles. Leur visite bisannuelle est appréhendée de tous.
L’inspecteur évalue les apprentissages des élèves, vérifie le travail de l’institutrice, dont le journal d’appel qui contient les notes des élèves. Il examine les documents de la commission scolaire.
Il dresse un rapport de la situation aux commissaires, tant de l’enseignement que de l’état des écoles, en recommandant les améliorations nécessaires. L’inspecteur fournit aussi différentes informations du Département de l’instruction publique.
LE GLAS DES ÉCOLES DE RANG
Les milieux ruraux protestants perdent des effectifs scolaires dès le premier quart du XXe siècle. On transporte les élèves dans une école centrale dès les années 1930.
Pendant les années 1950, les fermetures deviennent plus fréquentes pour les milieux catholiques. C’est le plus souvent la vétusté des écoles qui en est la cause. Le phénomène se termine en 1964. Quelques écoles ont un sursis, le temps de préparer la transition des élèves vers l’école du village.
Source : Journal de Montréal, cahier weekend, 17 mai 2025, p68
Trucs et astuces
Enfin, le beau temps permet de jouer en pleine nature et d’explorer les sentiers ! Il y a belle lurette que nous n’avions pas vu ce type de taches sur nos vêtements. Comme il existe une solution à tout problème… pas question de paniquer, paroles de madame Chasse-Taches.

LA GOMME D’ÉPINETTE ET LA RÉSINE DE SAPIN
Frottez les taches avec un mélange composé de trois parts d’alcool à friction et une part de térébenthine. Ensuite, lavez le vêtement à la machine avec du détersif.
L’ÉCORCE ET LA SÈVE DES ARBRES
Brossez les taches avec de l’alcool à friction avant de laver le vêtement dans une eau savonneuse.
LA GRAISSE DE BICYCLETTE
Frottez les taches avec du savon à vaisselle liquide. Et sachez que le savon en granules pour lave-vaisselle est particulièrement efficace sur les vêtements blancs. Vous pouvez aussi frotter les taches avec de la glycérine ou avec un savon de pays avant la lessive.
LA BOUE
Laissez sécher les vêtements tachés de boue. Il sera plus facile de gratter le surplus de boue avant de brosser les taches avec une eau vinaigrée ou avec du savon à vaisselle dilué dans une cuillerée de jus de citron.
Souvenez-vous que l’eau de Javel est inefficace pour les taches de boue, mais les nettoyants tout usage pour la maison donnent un bon résultat. Il suffit de brosser les taches avec un de ces produits. Si les taches persistent, badigeonnez un jaune d’œuf sur le tissu taché. Laissez sécher, et un lavage avec un bon détersif fera disparaître les dernières taches.
LES CERNES D’EAU
Ils sont souvent causés au bas des pantalons par une eau stagnante. Laissez tremper le vêtement pendant quelques heures dans une eau froide fortement salée avant de procéder au lavage.
L’HERBE
Frottez les taches avec le détergent liquide que vous utilisez pour la lessive. Laissez agir une quinzaine de minutes. Les taches disparaîtront dès le premier lavage.
LES FIENTES D’OISEAUX
Grattez délicatement le dégât avec la lame arrondie d’un couteau. Au besoin, brossez la tache avec du bicarbonate de soude humecté d’eau. Lavez ensuite la tache avec de l’eau tiède salée et faites tremper le vêtement dans une eau savonneuse une trentaine de minutes avant de l’ajouter à votre lessive.
Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 17 mai 2025, p12
Histoire
« Oh ! Cet échafaud-là, malgré son nom brutal / Ne fut pas un gibet, ce fut un piédestal ! » — Louis Fréchette
On revoit l’histoire de ces patriotes qui étaient des visionnaires près de 200 ans avant nous, et qui en ont payé le prix par le sacrifice de leur vie.

Ils ont affronté une des plus grandes puissances militaires de l’histoire. Ils l’ont fait sous la menace de l’excommunication. Leurs armes ne faisaient pas le poids et ils le savaient. Ils espéraient une intervention américaine, elle n’est pas venue. Ils espéraient l’appui des Autochtones, ils ne l’ont pas eu. Ils se sont soulevés quand même. Battus une première fois en 1837, ils se sont soulevés à nouveau en 1838, deux fois, en février, puis en novembre. Battus, encore.
Seuls des convictions profondes, des espoirs immenses, des idées puissantes peuvent faire naître un pareil courage.
L’histoire militaire a retenu leur défaite. La grande Histoire, celle des idées, a consacré leur victoire.
Pour quelles idées se battaient-ils donc avec autant d’acharnement ?
LA DÉMOCRATIE
Pour l’instauration, sur le modèle américain, d’une république où le peuple et non le roi serait souverain.
Pour la séparation de l’Église de l’État.
Pour la protection de la liberté et de l’indépendance de la presse.
Pour la tenue d’élections au scrutin secret.
Pour l’abolition du régime seigneurial.
Pour une constitution par et pour le peuple.
Pour la mise en place du suffrage universel masculin (oui, ils auraient pu faire mieux).
Pour la reconnaissance des mêmes droits civiques aux autochtones qu’aux autres citoyens (cherchez un autre parti politique, à cette époque, qui proposait la même chose !).
LA JUSTICE
Pour l’élimination de la corruption du gouvernement colonial, c’est-à-dire pour une fonction publique honnête, des juges impartiaux, un État au service de l’économie locale.
Pour la fin de l’exclusion économique, sociale, culturelle des Québécois.
Pour l’octroi aux langues française et anglaise du même droit de cité.
Pour l’instauration des procès devant jury.
Pour l’abolition de l’emprisonnement pour dette.
Pour l’abolition de la peine de mort pour tous les crimes, sauf le meurtre.
Pour le transfert des terres de la Couronne et du clergé au domaine public.
Pour la création d’un système bancaire dans lequel l’éthique serait plus importante que le profit.
L’ÉDUCATION
Pour une éducation générale et publique. Au début du XIXe siècle, 93 % des enfants n’avaient pas accès à l’école. En 1829, les patriotes adoptèrent un système d’écoles publiques, quatre ans avant la France et dix ans avant l’Angleterre. Leur système supplanta rapidement les écoles dirigées par l’Église et celles sous contrôle anglais. En 1836, le régime colonial a aboli ce système : 70 % des 1462 écoles existantes durent fermer.
Les valeurs portées par les patriotes, parfois en précurseurs, étaient inspirées des Lumières.
Ces valeurs allaient bouleverser tout le XIXe siècle : éducation publique et obligatoire, laïcité, lutte contre le colonialisme, démocratie, justice pour tous, tolérance linguistique et religieuse, etc. Les idées des patriotes avaient des racines partout sur notre territoire : lors des dernières élections avant les soulèvements, ils ont remporté 77 des 88 sièges en jeu.
Si la rébellion des patriotes avait réussi, notre société aurait été en avance sur son temps dans bien des domaines. Leurs horizons étaient universels.
Ils ont été pendus.

Dessin représentant la pendaison de 12 patriotes devant la prison du Pied-du-Courant, à Montréal
La répression britannique fut extrêmement brutale. Emprisonnements par centaines, pendaisons, condamnation à l’exil et aux travaux forcés, églises profanées, maisons brûlées (dont tout le village de Saint-Benoît, un village qui s’était déjà rendu).
Le rapport Durham, publié quatre jours avant que Chevalier de Lorimier ne monte sur l’échafaud, serait qualifié aujourd’hui de pamphlet raciste. Il annonce la mise en place d’une politique féroce d’assimilation et de minorisation des francophones. Le Bas-Canada, puis le Québec, s’enfonceront dans une défaite qui durera, à bien des égards, presqu’un siècle.
Entre 1830 et 1844 seulement, 40 000 Québécois quitteront le Canada pour échapper à la misère, une misère qui n’est pas répartie également : de 1820 à 1850, 850 000 Britanniques y entraient. Il y aura cent ans de loi anti-français. Les Métis et leurs chefs, révoltés eux aussi, subiront le même sort que les Québécois – qui seront d’ailleurs les seuls à pleurer la mort de Louis Riel.
Le sacrifice des patriotes nous donne à tous un devoir de mémoire, mais surtout, une exigence de transmission.
Alors que les Canadiens célèbrent l’anniversaire de la reine Victoria, celle-là même qui régnait sur l’Empire britannique en 1837, relisons les lettres de Chevalier de Lorimier. Le jour précédant sa pendaison, il écrivait ceci à ses enfants : « Le crime de votre père est dans l’irréussite. Si le succès eut accompagné ses tentatives, on eût honoré ses actions d’une mention respectable. Le crime fait la honte et non pas l’échafaud. »
Transmettons aujourd’hui à nos propres enfants ce que de Lorimier n’a pu transmettre aux siens, c’est-à-dire, le jugement de l’Histoire. Les idéaux pour lesquels de Lorimier et ses compagnons ont été pendus, pour lesquels tant de familles ont souffert, l’ont finalement emporté. C’est ce qui fait des patriotes les vrais vainqueurs de l’Histoire.
Source : Maxime Pedneaud-Jobin, La Presse, 2023