Combien donner en pourboire sans se tromper ?

Consommation

Entre ce qui nous semble juste, les pratiques généralement reconnues et l’avènement de nouvelles technologies et de nouveaux services, vous vous demandez peut-être combien donner en pourboire pour ne pas paraître radin, trop généreux… ou carrément commettre un faux pas ? Commenté par une spécialiste de l’étiquette, voici un petit guide pour connaître les montants à offrir, et à qui !

D’entrée de jeu, précisons qu’un pourboire représente une gratification qui vise à remercier une personne qui fournit un service. Dans plusieurs domaines — la restauration par exemple —, le pourboire vient compléter un salaire souvent peu élevé. Il n’existe cependant aucune règle prédéterminée, mais plutôt des recommandations fondées sur l’usage, la courtoisie et l’étiquette. Donner un pourboire n’est pas obligatoire; aucune loi au pays ne nous y contraint.

« Il faut garder en tête que l’étiquette n’est pas statique; elle évolue avec la société, incluant le pourboire. Également, au départ, tous les comportements qui y sont reliés sont culturels. Si on prend le cas de l’Australie, la pratique du pourboire n’est pas usuelle. En Angleterre, si vous allez prendre une bière dans un pub et que vous laissez de l’argent au serveur, vous risquez de l’insulter », relate au passage Julie Blais Comeau, fondatrice de la société de formation et de développement Étiquette Julie (etiquettejulie.com/fr/). La spécialiste nous explique ce qu’il convient d’offrir en pourboire au Québec, selon les produits et services reçus.

AU RESTAURANT

Dans un restaurant avec service aux tables, on calcule 15 % de l’addition, incluant le vin et avant les taxes. Pour un service que l’on juge exceptionnel, on peut se rendre à 20 %, parfois même davantage. Dans un resto « apportez votre vin », on ajoute 2 $ par bouteille ouverte par le serveur.

S’il s’agit d’un buffet, un pourboire équivalant à 10 % de la facture est habituellement de mise.

« On doit se rappeler qu’au Québec, le salaire minimum des employés dans les restaurants et bars est inférieur à celui des autres travailleurs. Pour ces personnes, le pourboire permet d’avoir un revenu décent, commente la spécialiste de l’étiquette. En ne versant pas ce petit supplément, on peut empêcher quelqu’un de joindre les deux bouts. » Qu’il ait été perçu ou non, il est à noter que les serveurs doivent déclarer au fisc un minimum de 8 % de pourboire. 

On devrait toutefois s’abstenir de toute gratification en restauration rapide ou quand on achète sa commande au comptoir, et ce, peu importe ce que le terminal de paiement peut nous suggérer.

D’ailleurs, depuis le 7 mai dernier, les options de pourboires sur les terminaux doivent être présentées de façon neutre et uniforme. Ainsi, vous aurez toujours la possibilité de choisir facilement vous-même le montant. Fini, donc, la confusion et le sentiment de culpabilité au moment de payer. En restauration rapide ou pour une commande à emporter, inutile de céder aux suggestions du terminal : aucun pourboire n’est attendu.

Dans un bar, on compte 1 $ par consommation.

Au vestiaire, c’est 1 $ si le service est gratuit, et rien s’il est payant.

SERVICES DE LIVRAISON

Les services de livraison foisonnent. Comment s’y retrouver ? On offre 10 % de l’addition pour les livreurs de restaurant. Concernant les services de type Uber Eats ou DoorDash, il est suggéré d’accorder une rétribution de 15 à 20 % du total de la facture à la personne qui transporte la commande puisque celle-ci ne reçoit aucun salaire ni avantage comme pour l’employé d’un restaurant. Le montant peut varier en fonction de sa rapidité, de la distance qui a été parcourue et des conditions météo.

À L’HÔTEL

Femme ou valet de chambre : pas obligatoire, sinon, 2 $ par jour.

Service aux chambres : 2 $.

Bagagiste : 1 $ par valise.

Guide touristique : 10 $ par personne s’il a répondu aux attentes.

EN RAFALE

Taxi : pas obligatoire, mais on recommande un pourboire correspondant à 10 à 15 % de la course si le chauffeur dispense un service, par exemple placer les bagages dans le coffre.

Soins professionnels : rien aux médecins, dentistes, chiropraticiens, physiothérapeutes, ni aux propriétaires de salons de coiffure, d’esthétique, de manucure ou de massothérapie. On prévoit toutefois un pourboire de 10 à 15 % pour l’employé du salon qui donne les soins.

Caddy de golf : de 15 à 20 % du coût du départ.

Déménageur : 20 à 30 $ en guise de remerciement lorsqu’un effort important a été fourni.

« Les personnes aînées sont susceptibles de recevoir certains services à domicile. Si ceux-ci sont offerts par l’État, une institution ou encore un organisme, il ne devrait jamais y avoir de pourboire ou d’échange d’argent, ajoute Mme Blais Comeau. À ce moment, on se tournera plutôt vers un cadeau telle la fameuse boîte de chocolats. Si on paie de sa poche, on donne, une fois par année, un bonus qui a à peu près la valeur du service obtenu régulièrement. »

La spécialiste de l’étiquette conclut en indiquant que dans le doute, on se renseigne.

« En téléphonant ou en arrivant quelque part, on peut très bien demander ce qui est usuel comme pratique; c’est parfaitement acceptable ! Aussi, lorsqu’on est insatisfait du service, on laisse quand même un pourboire, mais on prend son courage à deux mains et on signifie son mécontentement. Pas nécessairement sur le coup, mais au moins en le faisant après. »

Source : Revue et site Web Virage, été 2025


Un pan de notre histoire : l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ancien joyau moderne et fierté locale

Histoire

Alors que l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont est sur la sellette et meuble les pages de journaux pour sa reconstruction qui tarde depuis des années, à cause de l’inertie politique. Voici l’histoire de cet important hôpital de l’Est de Montréal. Alors que le CHUM et le CUSM sont des réalisations récentes, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont continue d’agonir, par sa vétusté.

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Pour bien des gens de l’est de Montréal, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), c’est « leur hôpital » : l’endroit où on est né, soigné, parfois sauvé, mais aussi, aujourd’hui, un établissement vieillissant, débordé, souvent en crise. Pourtant, à l’origine, l’HMR était une véritable fierté locale, un projet ambitieux qui a vu le jour grâce à la ténacité de médecins, de politiciens et surtout de religieuses déterminées à offrir à la population de l’est un hôpital à la hauteur de ses besoins.

Dans les années 1930 et 1940, Montréal est en pleine croissance. L’est de la ville se développe rapidement, avec l’industrialisation, mais il reste largement sous-desservi sur le plan hospitalier.

1954

À l’ouest, les grands établissements anglophones dominent (Royal Victoria, Montreal Children, Jewish General), tandis qu’au centre, les francophones peuvent compter sur l’Hôpital Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu. Mais à l’est de Papineau ? Rien ou presque. Une petite institution de 60 lits, l’Hôpital de la Providence, fondée en 1926, peine à suffire à la demande.

Les appels se multiplient pour la construction d’un hôpital général dans l’Est. Des pétitions sont envoyées, des pressions exercées. Mais les temps sont durs : la crise économique des années 1930 gèle les budgets, et la guerre mondiale détourne l’attention.

Ce n’est qu’à la fin des années 1940 que la conjoncture change. L’économie redémarre, Ottawa débloque des fonds pour la construction d’établissements hospitaliers et le gouvernement Duplessis, bien heureux de profiter de l’argent fédéral tout en servant sa base francophone, donne enfin son feu vert au projet.

DES CONDITIONS

C’est alors que l’idée prend forme, avec l’appui de figures influentes comme le député du quartier Maisonneuve, le docteur J.-F.-A. Gatien, et le maire Camillien Houde. Mais le gouvernement est clair : pas question de fonder un hôpital d’envergure sans l’implication d’une communauté religieuse. On se tourne alors vers les Sœurs Grises, déjà actives à l’Hôpital Notre-Dame. Le 15 mars 1949, le ministre de la Santé, Albiny Paquette, leur propose de prendre en charge un nouvel établissement de 500 lits dédié à l’est de Montréal.

Les religieuses ne sont pas dupes, elles acceptent, mais à leurs conditions. Elles exigent de choisir leurs médecins, leurs architectes. Elles demandent une gestion autonome et, surtout, qu’on ne leur impose pas les jeux politiques de Québec.

Elles veulent un vrai hôpital général, moderne, tourné vers les soins et l’enseignement. Le projet avance vite : le gouvernement accorde 2 M$ et la Ville de Montréal offre un terrain. Les sœurs, prudentes, mais redoutablement efficaces, envoient deux représentantes visiter des hôpitaux récents aux États-Unis pour s’inspirer des meilleures pratiques.

BOULEVARD ROSEMONT

Le choix du terrain se révèle épineux. Après plusieurs options rejetées, c’est finalement un vaste lot près du boulevard Rosemont qui est choisi. Accessible, assez grand pour permettre des agrandissements futurs, ce site devient le cœur du projet. L’hôpital, qu’on nomme entre autres en l’honneur du fondateur de Montréal, promet d’être moderne et à la fine pointe de l’évolution médicale. On adopte une devise ambitieuse : « Nous sommes les coopérateurs de Dieu. »

FIERTÉ ET DIGNITÉ

En 1954, l’hôpital ouvre enfin ses portes. C’est une fierté collective pour les Canadiens français. Une institution francophone, universitaire, moderne, fondée par et pour les gens de l’est de Montréal. On y installe une école d’infirmières expérimentale, on y forme des médecins, on y tente des premières chirurgicales.

L’établissement deviendra un centre de référence en ophtalmologie, en oncologie et en greffe.

70 ans plus tard, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont porte toujours le poids de son passé glorieux et de ses murs fatigués. Il n’a pas été épargné par les compressions, la vétusté, le manque de vision à long terme.

Mais quand on se rappelle les efforts acharnés qu’il a fallu pour l’ériger, on comprend pourquoi tant de citoyens y tiennent encore. L’histoire de l’HMR, c’est celle d’un quartier qui s’est battu pour sa dignité et pour des soins à sa mesure. Peut-être est-il temps, aujourd’hui, de se battre à nouveau pour sa reconstruction.

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 10 mai 2025, p66


La justice est pour les accusés, non les victimes

Opinion

J’ai lu hier l’histoire de Mehakdeep Sing, qui a reconnu sa culpabilité dans un accident mortel survenu sur l’autoroute 401 en Ontario en 2022 alors qu’il conduisait son camion-remorque en regardant son téléphone.

Trois morts dans cet accident; deux enfants de 3 et 7 ans ainsi que leur grand-mère de 68 ans. Résident de Laval, ils revenaient paisiblement d’une fin de semaine à Toronto.

Depuis l’automne 2023, il purge une peine de cinq ans de détention.

Il n’a pas purgé plus du tiers de la peine que déjà il est prêt à retourner dans la collectivité.

Renversant !

Encore plus renversant, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) lui a donc permis depuis vendredi dernier de sortir de prison, jugeant que son risque de récidive est plutôt faible.

Il ira terminer sa peine dans une maison de transition pour lui permettre d’avoir le soutien nécessaire pour les moments difficiles à venir.

Il faut être assez fort pour accepter un tel laisser-aller, un tel passe-droit.

L’ACCUSÉ CONSIDÉRÉ SEULEMENT

Je ne connais pas l’histoire de ce triste accident, et je n’ai pas assisté à la comparution. Mes premières pensées ont été vers la famille des victimes. Quel type de soutien a-t-elle reçu des autorités ? Leur vie s’est arrêté ce jour fatidique où tout ce qu’ils espéraient réaliser en famille s’est envolé. À cause d’une personne qui utilisait, inconsciemment, son cellulaire au volant, comme malheureusement plusieurs font encore.

Je ne m’explique pas qu’un criminel, condamné par un juge à cinq ans de détention, puisse obtenir une forme de clémence pour sortir des murs et se réhabiliter. C’est à ce moment que la justice devient trop laxiste en lui permettant de quitter la prison. Il sera suivi et entouré. Il vit encore, mais le fait reste qu’il a fait trois innocentes victimes.

Pourquoi imposer une sentence de 5 ans de prison alors que, peu de temps après avoir purgé 20 mois, il bénéficie maintenant des largesses de la CLCC ? Pourquoi ne purge-t-il les 5 années en totalité ?

Il est urgent de modifier nos lois pour que les peines soient purgées totalement dans un pénitencier. Par la suite, l’accusé pourra espérer reprendre sa vie.

La famille des victimes aura les désastreuses conséquences de leur départ. Une situation à laquelle les tribunaux prêtent plus ou moins d’importance. On le voit d’ailleurs présentement, envers les meurtriers qui sont déclarés non criminellement responsables.

C’est seulement au Canada qu’on voit ça. Comment peut-on contrôler un individu qui ne prend pas régulièrement sa médication ? Il ne se fait aucun suivi et aucune prévention à l’égard de ces personnes dérangées. Il faut toujours un bain de sang pour agir.

Jadis, les asiles existaient ! Plus maintenant !


Un pan de notre histoire : Il y a 50 ans, le Québec sauvait la vie de milliers de familles brisées

Histoire

De 1975 à la fin des années 1980, on estime qu’environ 1,5 million de Vietnamiens ont fui leur pays, principalement par la mer. Ils étaient entassés sur de petites embarcations de fortune, sans moteur fiable ni nourriture suffisante. Leur destination pouvait être n’importe quel pays voisin : la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, Hong Kong, etc.

Boat people

Ces boat people, comme on les appelle communément, fuyaient la terreur qui s’abattait sur leur pays. Leur exil sera largement médiatisé et attirera l’attention des Québécois.

Tout commence à la fin de la guerre du Vietnam, au printemps de 1975, quand Saïgon tombe aux mains des troupes communistes du Nord. La république du Vietnam s’effondre.

Très vite, le nouveau régime met en place des camps de rééducation. Des centaines de milliers de personnes, comme d’anciens fonctionnaires, des militaires ou des professeurs, sont jugées ennemies du peuple et sont arrêtées, certaines torturées.

Pour survivre à cette répression, des familles entières s’enfuient par la mer. Dans des embarcations de fortune, surchargées, ils défient la mer, la famine et les pirates.

Il n’est pas rare de voir 4000 personnes sur un navire conçu pour 400.

On pense qu’au moins un million de réfugiés auraient fui le Vietnam par la mer à bord de ces rafiots. Ce chiffre ne prend pas en compte les noyés, ceux qui ont été capturés, violés ou tués en mer.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, de 200 000 à 400 000 boat people auraient trouvé la mort durant leur fuite.

Souvent, ceux qui survivent ont eu la chance de croiser la route d’un navire marchand étranger. Ils sont alors conduits vers des camps de réfugiés.

ATTENTE DANS LES CAMPS

Après avoir survécu à la traversée commence une autre épreuve : celle de l’attente interminable dans les camps.

En Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines, à Hong Kong ou en Malaisie, les réfugiés s’entassent dans des abris de fortune, Il manque de nourriture, d’espace et les maladies sont nombreuses. Certains y passeront des années.

Les camps débordent, mais personne ne semble trouver de solution jusqu’au jour où le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés décide d’intervenir, quand l’Indonésie refuse un cargo (le Hai Hong) d’accoster sur ses côtes en 1978. Les 2500 migrants sont alors escortés dans les eaux internationales.

L’intransigeance indonésienne force la communauté internationale à trouver des solutions à cette catastrophe pour l’humanité. Soixante-cinq pays participent à une grande conférence internationale et mettent enfin en place un plan pour trouver une terre d’accueil à ces gens.

Dès la fin des années 1970, des émissaires de nombreux pays occidentaux dont le Canada, viennent y sélectionner des réfugiés.

ÉLAN DE SOLIDARITÉ DES QUÉBÉCOIS

La crise des réfugiés d’Indochine survient au moment où le gouvernement du Québec est en pleine négociation avec le gouvernement fédéral pour récupérer des pouvoirs en matière d’immigration.

En 1978, une entente entre Ottawa et Québec (Cullen-Couture) permet à la province d’avoir son mot à dire dans le choix des réfugiés qu’elle recevra.

Jacques Couture 1929-1995

Le ministre de l’Immigration du Québec de l’époque, Jacques Couture, est convaincu que nous avons l’obligation de venir en aide à ces gens frappés par l’infortune. Il met alors sur pied, en un temps record, un programme de parrainage unique au pays, basé sur la solidarité, pour faciliter l’accueil et l’intégration des Vietnamiens.

Résultat : plus de 10 000 réfugiés des camps d’Asie du Sud-Est seront dirigés vers le Québec. En fait, entre 1979 et 1982, les Québécois accueilleront près de 22 % de tous les réfugiés vietnamiens au pays.

Des communautés religieuses, des familles, des groupes citoyens se mobilisent pour les accueillir. Pour chaque personne parrainée par un Québécois, le gouvernement s’engage à en accueillir une autre.

Cette solidarité permet à des milliers de familles brisées de reconstruire leur vie au Québec.

À leur arrivée à l’aéroport de Dorval, ils sont évidemment frappés par le contraste climatique. Ils passent d’un climat tropical à un pays où il fait -20°C en hiver. Ils découvrent la neige, les manteaux d’hiver, les bottes, les vitres qui gèlent et les pelles à neige.

Plusieurs racontent encore leur premier Noël blanc comme un moment magique, mais aussi comme une épreuve. Ils découvrent la chaleur humaine et la générosité de Québécois ordinaires qui les aident à se loger, à apprendre le français, à chercher un emploi ou à inscrire leurs enfants à l’école. Cette solidarité marque profondément les Vietnamiens.

Tout semble différent. Par exemple, ils découvrent qu’au Québec l’école est gratuite, obligatoire et qu’il existe des ressources pour apprendre le français. Les enfants s’adaptent vite, souvent plus vite que leurs parents. Les supermarchés québécois regorgent de fromages, de pain tranché, de lait en sac – des produits complètement inconnus pour eux – mais ils peinent à trouver du riz ou de la sauce de poisson.

Tout est à apprendre : la plupart ne parlent ni le français ni l’anglais. Beaucoup n’ont ni famille ni contact ici. Et pourtant, grâce aux associations vietnamiennes, aux groupes religieux et à la bienveillance de citoyens ordinaires, ils entament un nouveau chapitre.

INTÉGRATION COURAGEUSE

S’adapter au climat, apprendre une nouvelle langue, trouver un emploi… les défis sont immenses. Pourtant, en quelques années, la communauté vietnamienne commence à s’épanouir. Dès 1986, on compte de nombreux restaurants vietnamiens à Montréal. La cuisine devient un pont entre deux cultures, un moyen de survivre et de partager.

Pour les jeunes nés ici ou arrivés très tôt dans leur vie, la réussite scolaire devient une mission sacrée. Ils veulent honorer les sacrifices de leurs parents.

Selon le dernier recensement, on compte actuellement environ 46 000 personnes d’origine vietnamienne au Québec, dont 39 000 à Montréal. Nombre d’entre elles sont les enfants ou petits-enfants de ces boat people. Leurs histoires sont parfois racontées, mais souvent gardées sous silence. Pourtant, elle témoignent d’un courage inouï et d’une capacité d’adaptation extraordinaire.

On ne peut pas comprendre la communauté vietnamienne du Québec sans se souvenir de cette grande migration.

DEVOIR DE MÉMOIRE

Le rôle du Québec dans cet accueil est remarquable. Porté par des figures politiques comme Jacques Couture mais aussi par des milliers de citoyens ordinaires, le mouvement de solidarité envers les réfugiés vietnamiens reste un modèle d’hospitalité et d’humanité important dans notre histoire collective.

Cet accueil massif n’avait pas pour but d’augmenter la démographie ou de stimuler notre économie. Non, c’était simplement un élan de solidarité des Québécois envers la détresse humaine de ces réfugiés.

Quarante ans plus tard, des familles syriennes ont vécu une épreuve similaire. Et ce sont, entre autres, des Vietnamiens devenus pleinement québécois qui ont été parmi les premiers à leur tendre la main.

C’est peut-être ça, la plus belle leçon de cette histoire : en tendant la main à l’autre, on construit non seulement une société plus juste, mais aussi plus riche.

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 3 mai 2025, p67


Un pan de notre histoire : Pour le jour de la Victoire : 5 traces de conflits internationaux dans la ville de Québec

Histoire

Ce 8 mai marque le 80e anniversaire du jour de la Victoire en Europe, soulignant la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale sur le continent européen. Bien que ce conflit se soit déroulé à des milliers de kilomètres de la ville de Québec, il a laissé des traces visibles dans son paysage urbain, qu’il s’agisse de sa toponymie ou de ses monuments commémoratifs.

La Seconde Guerre mondiale n’est toutefois pas le seul conflit international qui a modifié le visage de la ville au cours de ses quatre siècles d’histoire. Dans cet article, nous vous invitons à la découverte de l’impact de cinq conflits internationaux sur l’aménagement urbain et la toponymie québécoise. Nous espérons éveiller votre curiosité et vous inviter à porter un regard différent sur la ville de Québec.

LES REMPARTS

La guerre de Sept Ans, mieux connue au Québec sous le nom de guerre de la Conquête, a opposé les empires français et britannique de 1756 à 1763. Cette guerre s’est portée sur la presque entièreté des continents dans le monde ce qui a amené plusieurs historiens et historiennes à désigner ce conflit comme étant la « première guerre mondiale ».

Évidemment, cette perspective, encore très débattue entre les chercheurs, peut se défendre si on adopte un regard centré sur l’Europe et ses zones d’influences.

Au contraire des deux conflits mondiaux traditionnels, bon nombre de puissances importantes n’ont pas été concernées par cette guerre.

Cette guerre a eu un impact considérable sur le visage de la ville, notamment par la présence des remparts. Bien que plusieurs segments aient été modifiés, enlevés ou ajoutés au fil des époques, certaines parties ont servi au cours de ce conflit.

La partie entre la falaise au-dessus du palais de l’intendant et le bastion Saint-Louis reprend d’ailleurs le tracé français de 1745-1759.

Ces fortifications ont contribué à faire de Québec un exemple exceptionnel de ville coloniale fortifiée, ce qui a d’ailleurs permis d’inscrire l’arrondissement historique du Vieux-Québec sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous fêtons cette année le 40e anniversaire de cet événement.

LA RUE DES ZOUAVES

Entre 1868 et 1870, dans le contexte de l’unification politique de la péninsule italienne, un peu plus de 500 Canadiens français traversèrent l’Atlantique afin de s’engager dans la petite armée pontificale. Leur mission consistait à défendre les États de l’Église contre leur effacement au profit du jeune royaume d’Italie.

En dépit de leur bonne volonté, les zouaves canadiens ne purent empêcher la chute de Rome en septembre 1870 et, avec elle, la fin des États pontificaux.

En 1899, craignant que le souvenir de l’épopée italienne s’efface avec ses derniers survivants, le vétéran Charles-Edmond Rouleau fonda l’Association des zouaves de Québec.

Cette nouvelle association, à la fois militaire et religieuse, avait pour objectif de perpétuer l’esprit du régiment des zouaves pontificaux et de former la jeunesse masculine à l’art militaire en vue de défendre à nouveau l’Église en cas de besoin.

Lors de leur première sortie officielle le 24 juin 1901, les zouaves de Québec comptaient déjà 58 membres, dont 23 vétérans. L’Association perdura jusqu’en 1993.

Le quartier général de l’Association fut établi à l’étage supérieur de la halle du marché Berthelot, où se trouve l’actuel parc Berthelot. La rue qui y fait face a porté le nom de rue Jupiter de 1818 à 1908, jusqu’à ce que les zouaves de Québec en fassent changer le toponyme pour celui de rue des Zouaves.

LE MONUMENT POUR LA GUERRE DES BOERS

À deux pas de la porte Saint-Louis, au bord de l’Esplanade, située au coin des rues Saint-Louis et D’Auteuil, on retrouve un monument qui commémore les soldats qui ont participé à la Guerre des Boers.

En plus de nous rappeler le passé colonial du Canada, cette statue souligne l’implication et le sacrifice de plusieurs Québécois et même de résidents de Québec dans un conflit qui s’est déroulé à plusieurs milliers de kilomètres, sur un continent qui leur était totalement étranger.

Sur les 60 000 hommes tombés au combat, 270 étaient des Canadiens et 11 d’entre eux étaient originaires de la province de Québec.

Pour souligner le sacrifice de ces 11 soldats francophones, le journal Chronicle a organisé une souscription afin d’ériger un monument en leur honneur. Le dévoilement se fit en grande pompe le 15 août 1905.

L’emplacement du monument avait une forte signification pour les partisans de cette entreprise coloniale, puisque c’est à cet endroit que les soldats se sont rassemblés avant de descendre en basse-ville pour prendre le bateau vers Cape Town.

Malgré l’engouement plutôt modéré des francophones devant les ambitions coloniales britanniques, ce monument rappelle que certains habitants de Québec ont participé à cette guerre, que ce soit pour répondre à des sentiments patriotiques, ou tout simplement par goût de l’aventure.

AVANT HENRI-BOURASSA, LE BOULEVARD CHURCHILL-ROOSEVELT

Ouvert officiellement en 1936, l’actuel boulevard Henri-Bourassa portait jadis le nom de la route Québec-Charlesbourg puisqu’il s’agissait à cette époque d’une voie rapide entre les deux localités.

En septembre 1943, à la suite de la Conférence de Québec, la route prit le nom de boulevard Churchill-Roosevelt en l’honneur des deux chefs d’État qui ont participé à cette réunion qui s’est déroulée durant la Seconde Guerre mondiale.

Au cours de ce conflit, les dirigeants des forces alliées belligérantes ont tenu une série d’importantes réunions stratégiques. Deux d’entre elles se sont tenues à Québec : du 10 au 24 août 1943 et du 11 au 16 septembre 1944.

Lors de la première visite des dirigeants étrangers en août 1943, le maire de Québec, Lucien Borne, annonça que le boulevard qui partait du chemin de la Canardière et qui se rendait jusqu’à Charlesbourg allait désormais porter le nom de boulevard Churchill-Roosevelt pour souligner la sixième conférence interalliée.

Le toponyme Churchill-Roosevelt a été maintenu jusqu’en juillet 1953. On change alors son nom brièvement pour boulevard Desroches avant que le boulevard soit rebaptisé au nom d’Henri-Bourassa quelques mois plus tard, après la mort de ce dernier.

LA CROIX DU SACRIFICE

On retrouve à l’entrée principale des plaines d’Abraham, près de la Grande-Allée, une grande croix commémorant les soldats qui ont contribué à quatre conflits internationaux : la Première et la Seconde Guerre mondiale, la Guerre de Corée et, plus récemment, la Guerre d’Afghanistan.

Premier monument de ce genre au Canada, la Croix du Sacrifice a été dévoilée le 1er juillet 1924, lors des fêtes de la Confédération.

À l’automne 1947, il fut décidé d’accorder une place aux morts de la Seconde Guerre mondiale sur le monument.

Le 9 novembre, on enfouit même de la terre en provenance de France sous le tertre sur lequel se trouve la croix.

La décennie suivante, c’est le sacrifice des soldats de la Guerre de Corée (1950-1953) qui fut commémoré.

Plus récemment, le 11 novembre 2022, à la suite d’un processus de réfection qui a duré plus d’un an, le Comité de la Croix du Sacrifice à choisi d’inscrire la guerre d’Afghanistan sur le monument.

Cette dernière inscription montre comment un élément patrimonial peut demeurer vivant et évoluer au sein d’un contexte mondial en constante évolution.

Source : Éric Légaré Roussin, avec la collaboration des historiens Mathieu Bouchard-Tremblay et Michel Thévenin, Journal de Montréal, cahier weekend, 3 mai 2025, p70


Des privilèges pour les prisonniers

Opinion

Saviez-vous que le coût des repas dans les établissements carcéraux du Québec a grimpé de 60 %.

J’ai appris cette « terrible » nouvelle en feuilletant le journal d’hier. Et pourquoi cette augmentation ? Parce que les prisonniers, privés de leur liberté, on droit à des repas spéciaux, alors qu’en dehors des murs, certaines personnes fouillent dans les poubelles pour trouver un restant qu’elles pourraient consommer.

C’est choquant !

On nous donne des exemples de leurs repas :

Au déjeuner, céréales, rôties, biscuit, jus et café;

Au dîner, une omelette;

Au souper, jus, spaghetti à la viande et compote de pomme.

On évalue ces repas standards à 2,71 $.

Là où c’est carrément indécent, les détenus de confession juive se font servir des mets casher coûtant en moyenne 7,24 $. Du côté de la diète halal, les repas servis coûtent 1,3 fois plus cher que les repas conventionnels.

C’est quoi ce « spécial » attaché à la religion ? Ils sont incarcérés parce que ces criminels ont commis des crimes. Ils sont privés de leur liberté et on les traite avec des petit spéciaux propres à leur religion, pendant que la population elle-même ne peut même pas espérer un seul repas par jour.

Parce que tout ça, est payé à même les impôts des CONtribuables. Les détenus devraient bouffer tous la même nourriture point fina! Lorsque ta vie se déroule normalement dans la société, tu as tous les droits. La prison te prive de tes droits jusqu’à ce que tu redeviennes un actif pour la société.

Et nos politiciens dans tout ça ? Ils continuent de dépenser NOTRE argent sans gêne. C’est toujours plus facile avec l’argent des autres.

Des privilèges ne doivent pas s’adresser aux prisonniers encore moins sur la bouffe.

Au Québec, on a foutu dehors la religion, alors pourquoi on ne le fait pas pour les prisonniers religieux ? Soyons conséquent !

Solutions aux problèmes de lessive

Trucs et astuces

Lessive grisâtre, taches après le nettoyage, odeurs persistantes… Madame Chasse-Taches nous indique comment régler quelques problèmes qui surviennent parfois avec la lessive.

DES TACHES D’ASSOUPLISSANT LIQUIDE

  • Une forte concentration d’assouplissant liquide peut tacher les vêtements. Dans une très petite brassée, ajoutez une serviette éponge à votre brassée.
  • Le même principe s’applique si vous mettez peu de vêtements dans la sécheuse et que vous employez une feuille d’assouplissant textile.
  • Par ailleurs, si vos vêtements sont tachés par l’assouplissant, frottez les taches avec un pain de savon, puis lavez les vêtements à nouveau dans une eau tiède.

DES TACHES GRISES OU MÊME NOIRES SUR LES VÊTEMENTS

  • Nettoyez au maximum tous les recoins de la machine à laver ainsi que les bacs de distribution du détergent et de l’assouplissant. Vérifiez bien tous les replis du joint d’étanchéité de la porte. Des résidus peuvent s’y accumuler et causer des taches. Nettoyez tous ces endroits avec une brosse à dents et quelques gouttes de savon à vaisselle. Les taches noires sur les vêtements indiquent un problème qui pourrait s’avérer majeur. Éventuellement, vous devrez faire appel à un réparateur.

UNE LESSIVE GRISÂTRE

  • Généralement, le problème survient lorsque le tri des vêtements avant le lavage n’a pas été fait adéquatement. Il faut être vigilants et prendre le temps de bien séparer les vêtements foncés des vêtements pâles, car un lavage mixte de ces vêtements les fera grisonner dès la première brassée.
  • Faire sécher ensemble des vêtements colorés et d’autres qui ne le sont pas peut aussi faire grisonner et altérer les couleurs des tissus.
  • Une eau trop dure crée aussi ce problème. Pour l’adoucir, utilisez plus de détergent ou ajoutez 125 ml (1/2 tasse) de bicarbonate de soude ou de borax au détergent.
  • Occasionnellement, lavez le linge blanc dans une eau chaude. Ils conserveront leur blancheur.

DES ODEURS TENACES DE FRITURE, DE FUMÉE ET D’URINE

  • Imbibez les vêtements de vinaigre pur et laissez le produit agir quelques heures avant de les laver. Vous pouvez compléter le traitement en ajoutant 250 ml (1 tasse) de vinaigre directement dans la machine à laver avec les vêtements.
  • Un séchage sous les rayons du soleil a la propriété de tuer les bactéries et de désodoriser les vêtements malodorants.

Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 3 mai 2025, p23


Un pan de notre histoire : Le Québec face aux crises et récessions

Histoire

En raison de la guerre tarifaire déclenchée par Donald Trump, le monde s’apprête possiblement à entrer en récession, un ralentissement temporaire de l’économie. Peut-être même en crise économique, un événement qui touche plus profondément et plus durablement les pays.

Le Journal a retracé les crises et récessions qui ont touché le Québec depuis un siècle.

« La façon la plus simple d’identifier les récessions au Canada est de suivre l’évolution du taux de chômage », explique Pierre Fortin, professeur émérite de sciences économiques à l’UQAM.

Le chômage grimpe lorsque l’économie plonge; il atteint un sommet autant plus élevé que la récession est sévère, puis il redescend à mesure que l’économie remonte.

À son avis, les récessions de 1982 et de 1990 ont été les pires essuyées par le Canada depuis la Grande Dépression des années 1930, qu’il qualifie de « mère de toutes les récessions modernes ».

En plus d’entraîner des pertes économiques, le chômage « vient toujours avec son lot de pathologies personnelles, familiales et sociales », ajoute l’expert.

LA GRANDE DÉPRESSION – 1929-1939

Cette crise économique a été provoquée par le krach boursier de Wall Street le 24 octobre 1929, le « jeudi noir ».

En une seule journée, la panique des investisseurs a entraîné une cascade d’événements. Le lundi et le mardi suivants, 28 et 29 octobre, « noirs » eux aussi, ont provoqué une chute de la production industrielle et une montée du chômage à l’échelle mondiale.

Au Canada, on a mis 10 ans à retrouver le rythme d’avant cet événement.

Avec des taux de chômage atteignant chez nous les 25 %, cette crise a été « épouvantable pour nos arrière-grands-parents, d’autant plus que l’assurance chômage n’existait pas à l’époque », commente Pierre Fortin.

LA RÉCESSION DE L’APRÈS-GUERRE – 1956-1961

Même si l’après-guerre est associé à une période de prospérité, elle n’a pas été épargnée par les soubresauts de l’économie. En 1956, une hausse soudaine du chômage au Canada fait dire à l’économiste Pierre Fortin que le pays a bel et bien traversé une récession.

Le plein emploi n’est revenu qu’au milieu des années 1960. C’est la première des récessions de ce siècle à être causée par les banques centrales, qui ont voulu combattre l’inflation en haussant les taux d’intérêts.

LA RÉCESSION DES BANQUES CENTRALES – 1982

L’explosion de l’inflation au cours des décennies 1970 et 1980, avec des pics à 11 % en 1974 et à 12,5 % en 1981, a surpris les dirigeants politiques, rappelle Pierre Fortin. La Banque du Canada a répondu en haussant les taux d’intérêt « à des niveaux astronomiques », ce qui a provoqué un effondrement des dépenses des ménages pour l’achat de nouvelles maisons, d’automobiles et d’autres biens durables de consommation.

« L’économie n’a pas tardé à dégringoler et le chômage à exploser. » Au Québec, les jeunes ont eu beaucoup de mal à se trouver du travail. Le taux des 15-24 ans sans emploi à atteint 26 %, deux fois celui des aînés.

LA RÉCESSION DU DÉBUT DES ANNÉES 1990-1992

En raison de divers déséquilibres économiques entre les grandes puissances, le Canada entre en récession en avril 1990 et n’en sort que deux ans plus tard, en avril 1992.

Touchant plus durement le Canada que son voisin du sud, cette récession provoque la perte de 70 000 emplois au Québec en 1991. Les petites et moyennes entreprises mais aussi de grandes entreprises en subissent les contrecoups.

LA CRISE FINANCIÈRE MONDIALE – 2007-2009

Déclenchée par l’effondrement du marché immobilier américain et la faillite de grandes institutions financières, elle a entraîné une récession mondiale majeure. Comme la Grande Dépression, elle résulte de « dérapages majeurs du système financier induits par des bulles spéculatives et des ruées bancaires qu’une réglementation insuffisante a laissé se produire », signale Pierre Fortin.

Au Québec, elle s’est traduite par une hausse du taux de chômage, une baisse des investissements et un ralentissement économique.

LA RÉCESSION DE LA COVID-19 – 2020

La pandémie de COVID-19 a entraîné une récession mondiale en 2020. L’économie globale s’est contractée de 3,5 % cette année-là, et de nombreux pays ont enregistré des baisses significatives de leur PIB. Au Québec, l’impact a été particulièrement marqué avec une diminution du PIB de 5,3 % en 2020.

Le taux de chômage a remonté significativement, mais les effets de la pandémie ont été de courte durée.

Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 12 avril 2025, p68


Tant qu’à payer… C’est pour le monde ordinaire, on attend quoi ?

Opinion

Go Maisonneuve-Rosemont Go. Slogan à la mode qui devrait s’appliquer à cet hôpital pire qu’un hôpital de fortune en temps de guerre.

Et que fait le gouvernement ? il parle de budget. Un budget qu’il n’a pas. Et puis alors ???

D’une façon ou d’une autre, c’est le CONtribuable qui finira par payer la note. Quand est arrivé la pandémie, nos gouvernement se sont endettés pour des décennies et alors qu’on parle d’un hôpital pour tout le monde, dans un milieu défavorisé, qu’on fasse la même chose, c’est pour hier.

10, 20 milliards $ que ça va coûter ? On s’en fout ! Ça va prendre dix ans à bâtir ? On s’en fout ! C’est pour soigner notre monde et on continue de lésiner. On finance le cash et on verra après. On commence demain !

Vous vous souvenez des 5 millions $ donnés aux Kings de Los Angeles ? Certes, le montant n’est pas le même, mais c’était une dépense inutile, futile.

Allez, les Legault, Dubé, Biron et compagnie. On libère du fric rapidement et on se met au travail. Nous, les CONtribuables, on va s’arranger avec la facture… comme toujours !


Ygreck, et ses perles d’avril

Actualités

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles d’avril, publiées dans le Journal de Montréal.



Un pan de notre histoire : Quand on achetait des « Petits Chinois »

Histoire

« Vous trouverez dans cette enveloppe le conte de 1037 timbres que jai ramasser [sic] pour vous autres » écrit le 12 février 1933 Marie Girard, de Cap-aux-Os, en Gaspésie, dans une lettre qu’elle adresse à l’œuvre de la Sainte-Enfance, à Paris.

Mme Girard demande de « prier le bon Dieu » pour qu’elle retrouve la santé, car elle est bien souffrante « surtout quand ving [sic] mes Règles ».

Cette lettre est restée plusieurs décennies dans un coffre remisé à Rome jusqu’à ce que l’historienne Catherine Larochelle, professeure à l’Université de Montréal, la découvre avec quelques dizaines d’autres en 2022.

« C’est un peu par hasard que j’ai appris l’existence de ces lettres et ça m’a beaucoup touchée de lire les confidences des Québécoises et Québécois parfois peu instruits qui s’adressaient à l’œuvre de la Sainte-Enfance avec des demandes spéciales », explique-t-elle au Journal de Montréal en marge du Salon du livre de Québec.

MÉMOIRE COMMUNE

Son livre Marie-Louise et les petits chinois d’Afrique qui vient de paraître chez Mémoire d’encrier, présente 12 de ces lettres (dont celle de Mme Girard) insérées dans un récit de ses démarches adressé à un ami. Elle y reproduit les textes incluant les fautes d’orthographe et les erreurs de syntaxe afin d’en préserver l’authenticité.

Pour Catherine Larochelle, l’œuvre de la Sainte-Enfance, fait partie de la mémoire commune. Tout le monde a son anecdote au sujet de l’achat de « Petits Chinois » dans les écoles primaires de la province, surtout dans la génération de l’après-guerre.

Toute la communauté catholique a été invitée à y contribuer, mais les Québécois sont devenus des champions mondiaux de la campagne à partir des années 1950. Ce sont eux qui donnaient le plus per capita. Dans certaines écoles les « dons » étaient obligatoires.

« C’est à l’initiative d’un évêque français de Nancy que cette campagne a été lancée en 1843 et a longtemps été administrée à Paris. Elle consistait en une activité de financement pour les missions étrangères. En 1922, l’œuvre est déclarée pontificale par le pape Pie XI, c’est pourquoi les archives ont été transférées à Rome et s’y trouvent toujours. »

PROJET DE RECHERCHE

Depuis la publication de son livre, Mme Larochelle a assisté à une déferlante de témoignages liés à cette campagne philanthropique. Au point où elle décide de les recueillir pour un projet de recherche.

« Je profite de ma présence à Québec pour interroger des gens au sujet de l’œuvre de la Sainte-Enfance par la méthode de l’histoire orale. Nous avons déjà une trentaine de rencontres prévues », explique-t-elle.

Financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, son projet de recherche pourrait, à terme, prendre la forme d’une pièce de théâtre.

Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, cahier weekend, 19 avril 2025, p67


L’assimilation progresse : Go Habs Go !

Opinion

Eh oui, un Québec anglophone continu d’avancer et de reléguer la langue française vers l’oubli. À petite dose, la langue anglaise prend du galon. Go Habs Go !

C’est un slogan, j’en conviens mais quand le ministre de la Langue française Jean-François Roberge y ajoute son grain de sel et sa bénédiction, c’est un signe de faiblesse alors que ce même gouvernement prône la défense du français. C’est une blague.

Ce slogan, principalement affiché sur les autobus, a suscité la controverse parce que l’Office québécois de la langue française (OQLF), à la suite d’une plainte, a demandé de se conformer à la loi parce que cet écrit affiche des anglicismes. Et la Société de transport de Montréal (STM) s’y était conformée.

Selon l’opinion générale, on s’enfarge dans les fleurs du tapis. Une perte de temps !

Résultat : Roberge a demandé à remettre le Go Habs Go. Pourtant, Loco Locass chantait à pleine voix « Allez allez allez, allez Montréal ». Ça c’était accrocheur… et en français.

Le Québécois francophone lui-même veut s’angliciser, il a baissé les bras.

Les oppositions, les libéraux entre autres, en rajoutent, ramenant l’événement à une grosse niaiserie. On trouve ça tellement niaiseux, qu’on ne s’en offusque même plus.

Mettons que ce n’est pas la fin du monde, mais il reste que les anglicismes prennent de plus en plus de place au Québec. Chaque jour ont voit apparaître un petit mot anglais dans une phrase. Ça passe bien parce que le peuple l’approuve sans rien dire. C’est comme une situation normale. L’objectif, c’est l’assimilation totale qui nous guette.

Partout, je dis bien partout, l’anglais s’installe confortablement dans nos vie. La télé est en anglais dans beaucoup de foyers. Les radios diffusent de plus en plus de contenu anglophone et leurs animateurs utilisent couramment des anglicismes dans leurs communications.

Avez-vous remarqué que le nom MONTRÉAL perd de plus en plus son accent aigüe… On le voit sur les casquettes et les professionnels qui les portent, francophones comme anglophones, sans gêne aucune.

Bof ! On s’en fout !

C’est prouvé; dès que tu es bilingue, ta vie est consacrée à l’anglais. Télé, radio, séries, amis, s’impose comme des premiers choix logiques. Et l’affichage public…? Il suffit simplement de circuler dans le centre-ville de Montréal pour s’imaginer déambuler à Toronto. L’affichage a reculé de cent ans.

Vous connaissez l’histoire de Michael Rousseau, le PDG d’Air Canada ? Alors pourquoi sont-ils encore ici ? Parce qu’on est des mollassons, des édentés qui ne mordent pas, on laisse tout passer. On continue de les servir dans LEUR langue. La loi du moindre effort. Pourquoi en serait-il autrement ? Nous n’opposons aucune résistance. On abdique !

Dans toutes les autre provinces du Canada, la question ne se pose même pas. Leurs francophones ont pris leur trou. On est mort !

Selon les sondages, le Canada s’apprête à élire Mark Carney, comme premier ministre. Un autre pavé dans la mare parce qu’il continuera de mettre ses énergies à démolir la loi 96, preuve tangible de notre agonie.

Les Québécois de ma génération sont sur le déclin. Lorsque nous serons tous parti, l’assimilation ne sera plus qu’un mauvais souvenir et le Québec français aura disparu. On parlera maintenant du Quebec.

Go Habs Go c’est une niaiserie ? Non ! C’est un tout petit poison, mais qui nous achèvera lentement… à petit feu.