Un joyeux Noël mémorable

À vous tous, fidèles lecteurs et lectrices, je vous souhaite un Noël inoubliable et mémorable, rempli de joie, de bonheur, de paix, d’amour et de partage.

Dans cette vie trépidante, prenez le temps de vous arrêter. Du temps de qualité auprès de vos familles, parents et amis. Une période pour célébrer.

Au moment des réjouissances, ayez une pensée profonde pour ceux et celles qui ne peuvent partager les mêmes instants parce qu’ils ont perdu un être cher, ont faim, sont abandonnés, violentés et abusés, ou qui ont perdu tout le sens profond de cette célébration.

Enfin, en cette journée magique, gardez candidement votre cœur d’enfant pour savourer pleinement ce qui compte vraiment : le moment présent !

La tournée du père Noël

Zou ! C’est parti ! Le traîneau du père Noël s’est envolé dans le ciel dès que les premières étoiles sont apparues.

Sur la terre, dans beaucoup de maisons, les gens se réunissent pour se souvenir de la naissance d’un petit enfant qui a, il y a très longtemps, dit de très belles choses.

On se retrouve ce soir pour fêter ensemble la lumière, l’amour et l’amitié. On chante et on se dit que tous les hommes sont frères.

On se prépare à partager un bon repas.

Mais le père Noël, lui, est au travail : il se reposera plus tard.

Son attelage quitte le pôle Nord. Il commence sa tournée dans les pays froids, pour l’achever en Australie, où c’est l’été. Au fur et à mesure qu’il avance, il a d’ailleurs de plus en plus chaud.

En Espagne, il enlève son capuchon. Quand il arrive en Afrique, il ouvre le premier bouton de sa veste, puis le deuxième, puis le troisième.

Arrivé en Australie, il livre son dernier cadeau (c’est une planche de surf) et gare son traîneau sur une plage.

Il est fatigué, mais heureux. Cette nuit encore, comme tous les ans, il a gâté les enfants.

Ses rennes broutent un peu d’herbe accrochée à une dune. Le soleil se lève à l’horizon. Un kangourou, curieux, observe la scène de loin.

Alors, le père Noël saute sur le sable. Il respire l’air pur et fait quelques mouvements de gymnastique pour détendre ses muscles noués.

Face à la mer, il enlève son manteau, son pull et son pantalon rouge.

Il les plie soigneusement et les range sur sa banquette arrière, à côté de la hotte maintenant vide.

Il s’assoit par terre pour retirer ses chaussettes l’une après l’autre.

Avant de partir, il a pensé à enfiles son maillot de bain sous son costume.

Et le voici qui court vers la mer. C’est son premier jour de vacances : il va s’offrir un petit bain et nager jusqu’aux bouées.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2020, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Et pendant que j’y pense, si vous avez composé des contes de Noël et que vous voulez que je les publie, envoyez-les-moi (nantel.normand@gmail.com) et je me ferai un immense plaisir de les publier pour vous, en décembre 2020. N’oubliez pas d’y spécifier le nom de l’auteur.

Pas facile de recevoir à manger

Repas+de+noel

Décembre c’est le mois des réceptions. Jadis, les repas traditionnels du temps des Fêtes étaient de mise. Mais, la société évoluant, en 2019, les traditions prennent le bord et il est plus difficile de satisfaire tout le monde; allergies, écologie, gaspillage, tout y passe et chacun ayant ses préférences, ça devient difficile de recevoir et surtout, de satisfaire tout le monde.

Le 9 décembre dernier, dans le Journal de Montréal, Richard Martineau, très en forme, parodiait comment ça se passe maintenant, quand vient le temps d’inviter des convives à partager un bon repas. Le texte m’a beaucoup fait sourire et je veux le partager avec vous aujourd’hui.

BON APPÉTIT ! Richard Martineau

« Allo, Martin ! Alors, vous venez toujours souper à la maison demain?

– Oui, oui, sans faute !

– Avez-vous des allergies ? Des intolérances ?

– Jocelyne est allergique aux tomates, c’est tout.

– Ah, OK… On pensait faire des pâtes, mais, bon, on fera autre chose, pas de problème…

– Merci, t’es super gentil… Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié : Ambroise est végane depuis deux mois.

– Ah oui ?

– Ouais, elle a commencé ça depuis qu’elle est au cégep. Les cours de philo, tu sais ce que c’est… Donc, aucun produit animal. Pas de lait, pas d’œufs, pas de miel, pas de bouillon à base de bœuf ou de poulet et pas d’avocat.

– Pas d’avocat ? Mais c’est un fruit, non ? Ou un légume ? J’ai jamais su…

– C’est un fruit, car ça vient d’une fleur. Mais les avocats qui sont vendus au Québec proviennent de Californie. Or, là-bas, il n’y a pas assez d’abeilles pour polliniser les fleurs d’avocats dans les vergers. Il faut donc faire venir des ruches d’abeilles par camions. C’est considéré comme du travail forcé pour les abeilles, car on les sort de leur milieu naturel…

– Tu me niaises ?

– Non, c’est vrai. Même chose pour les amandes, les kiwis et les courges butternuts.

– Pas de courges, donc ?

– Non, pas de courges, désolé… Sinon, elle va te faire un discours sur les différentes méthodes de pollinisation, et tu ne veux pas te taper ça, crois-moi, la dernière fois, ça a duré une heure…

– Oh boy, bon, OK. Ambroise sort toujours avec son guitariste ?

– Non, ils ont cassé le mois dernier. Elle est avec un étudiant en littérature. Oh, merde, il est juif, donc pas de porc ni de fruits de mer ! Et il est cœliaque, en plus…

– Cœliaque ?

– Oui, allergique au gluten.

– OK, attends une minute, je vais aller chercher un crayon pour prendre tout ça en note… (il écrit) C’est tout ?

– Oui.

– Donc, pas de viande, pas de poisson, pas de courge, pas de pain, pas d’amandes, pas de pâtes, et pas de guacamole, car il y a des avocats dans le guacamole…

– Oui, Et si tu as du café, ça serait bien s’il est équitable, parce que Samuel milite dans un groupe qui se bat contre l’exploitation des pays en voie de développement, alors…

– Bof… On lui dira qu’il est équitable, il ne verra pas la différence !

– Es-tu fou ? Il va te demander de voir le sac, il va tout vérifier, non, non, tu ne veux pas te lancer là-dedans…

– Bon, OK… On va préparer une bonne salade, tiens !

– Hmmm, on est en décembre, Jean. C’est pas vraiment des produits de saison. Et c’est pas très local !

– (Fâché) Coudonc, c’est bien compliqué, vous recevoir à manger, vous ! On va vous servir des bols d’eau, tiens ! C’est correct, des bols d’eau ?

– Oui, mais de l’eau en bouteille, pas de l’eau du robinet, car il y a du plomb dedans. Quoique… de l’eau en bouteille, c’est pas très écolo…

– Tu veux manger écolo, Martin ? Ben mange d’la marde ! »

Les derniers préparatifs

Wilfried et Xaverus font le tour de l’atelier. Celui-ci est plein de paquets emballés de papiers de toutes les couleurs, avec de jolis rubans qui font des boucles.

En prenant grand soin de ne pas se tromper, ils cochent, sur un énorme carnet, le nom des enfants qui ont passé leur commande.

Ensuite, Cosinus, Yvain et les autres prennent les cadeaux pour les déposer dans la hotte du père Noël (évidemment, c’est une hotte tout à fait magique, sinon comment pourrait-elle contenir autant de choses ?).

De son côté, le père Noël a lui aussi une journée très chargée.

Il va voir ses rennes et leur apporte un menu de champion.

Il vérifie son itinéraire pour la douzième fois sur son ordinateur.

Mais depuis ce matin, personne n’a vu Adalbert.

Chacun pense qu’il est affairé quelque part. Peut-être donne-t-il un coup de chiffon au traîneau ? Il est certainement, comme tout le monde, occupé par les derniers préparatifs.

Quand la cloche du dîner sonne, on est très surpris de le voir arriver en robe de chambre, les yeux encore pleins de sommeil. Il bâille :

« C’est déjà l’heure du petit déjeuner ? Ouh la la, j’ai bien dormi, moi ! Qu’est-ce qu’il y a au programme aujourd’hui ? »

Xaverus a très envie de lui tirer les oreilles, mais Wilfried sourit et lui répond :

« Mon cher Adalbert, notre programme à nous, c’est d’aller au lit, après une journée bien remplie. Mais toi, puisque tu es bien reposé, tu pourras passer un bon coup de balai dans l’atelier ! »

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

De connivence…

Quand on a à gérer l’argent des autres, on est peut-être un tantinet moins restrictif quant à la dépense. Mon grand-père disait; « On sait bien, c’est toujours plus facile avec l’argent des autres. »

Je me suis souvent demandé pourquoi on subventionnait des multinationales alors que leurs dirigeants sont déjà multimilliardaires ? Par exemple, Bombardier et jadis Pratt & Whitney, pour ne nommer que ceux-là.

Des millions de dollars de subventions avec des menaces de perte d’emploi et voilà que les gouvernements délient des cordons de nos bourses, nous les CONtribuables, pour tenter de satisfaire des conseils d’administration qui, bizarrement, ne font pas l’effort de diminuer leur rémunération. Ils continuent de rouler le gros carrosse et de grossir leur pactole personnel.

Y aurait-il connivence entre les protagonistes ?

Récemment, le même scénario s’est répété avec Martin Cauchon du temps qu’il dirigeait le Groupe Capitales Médias (GCM). Le 8 décembre dernier, Richard Martineau a publié un article très intéressant dans le Journal de Montréal. C’est ce texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

COPAIN COMME CAUCHON Richard Martineau

Ainsi, Martin Cauchon se serait versé un salaire de 500 000 $ par année alors que l’entreprise qu’il dirigeait, Groupe Capitales Médias, quémandait de l’argent au gouvernement pour éponger ses dettes de 27 millions de dollars.

C’est ce qu’on appelle « rouler carrosse ».

DU FRONT TOUT LE TOUR DE LA TÊTE

« Non seulement Québec a prêté 10 millions $ à GCM, mais après le départ de Martin Cauchon, Investissement Québec a volé au secours de la compagnie avec un prêt d’urgence de cinq millions pour que les employés puissent être payés, tellement les coffres étaient à sec », écrivait notre journaliste Francis Halin vendredi.

Vous imaginez le culot que ça prend pour se payer un demi-million de dollars par année alors que l’entreprise qu’on dirige est en train de couler ?

Le front de bœuf ?

L’indécence, l’effronterie ?

L’absence totale de gêne ?

Remarquez, l’ex-ministre Cauchon n’est pas le seul homme d’affaires à s’être rempli les poches tout en demandant de l’aide financière au gouvernement.

Les dirigeants de Bombardier ont fait la même chose. En 2016, la rémunération des six hauts dirigeants de Bombardier a bondi de 48 %, malgré les milliers de mises à pied et l’aide financière de plusieurs milliards de dollars consentie par Québec et Ottawa.

Ils tendaient la main gauche pour quêter alors qu’avec la main droite, ils se donnaient de généreux bonis.

Y a rien de trop beau pour la classe dominante…

La question à se poser est celle-ci…

Ça ne tentait pas au gouvernement de demander à Monsieur Cauchon de se serrer la ceinture avant de lui donner un gros gâteau à la crème ?

UNE VIEILLE VACHE

« Avant de nous demander de l’aide, faites un effort, mettez l’épaule à la roue et prouvez-nous que vous êtes sérieux. »

Martin Cauchon (qui a acheté GCM on ne sait comment, n’ayant pas une grosse fortune personnelle) n’a jamais rien fait pour sortir ses journaux de la vase où ils s’enfonçaient.

Il n’a rien proposé de nouveau.

Il n’a pris aucun virage.

Il n’a pas changé le modèle d’affaires.

La seule chose qu’il faisait est de se donner 500 000 $ par année en salaire.

On dirait un fermier qui a une vieille vache, une vache malade, chétive et toute maigre, et qui se dit : « Elle, je vais la traire jusqu’à ce qu’elle crève, je vais lui tirer tout le lait que je peux puis je vais la balancer dans le ruisseau lorsqu’elle ne sera plus capable de tenir sur ses pattes… »

Il a « débarrassé » les Desmarais de ces journaux encombrants qui plombaient leurs résultats financiers, puis il a regardé l’entreprise couler en buvant du champagne.

Pendant que les employés, eux, perdaient 30 % de leur fonds de retraite…

PAR ICI LES MILLIARDS

Vous vous rappelez ce qui s’est passé au lendemain de la crise de 2008 ?

Barack Obama est venu à la rescousse des banques qui avaient causé cette crise.

Les neuf plus importantes institutions financières des États-Unis ont profité des 175 milliards $ d’aide qu’elles ont reçue du gouvernement pour accorder des bonis de 33 milliards $ à ses hauts dirigeants !

C’est beau, la solidarité…

Le petit épicéa

Urgent ! Laissez passer les bûcherons ! Ils ont coupé les plus beaux sapins de la forêt, Quand les arbres sont bien alignés dans l’entrepôt, les hommes rentrent chez eux.

Tout est calme à présent dans le hangar. Mais soudain, une petite voix résonne dans le noir. C’est un minuscule sapin qui se dresse sur son tronc.

« Je serai le plus joli, c’est sûr. On me garnira de boules dorées et de guirlandes, et on accrochera une belle étoile à mon sommet.

– N’importe quoi, répond une grosse voix bourrue.

C’est moi le plus beau, je mesure presque deux mètres ! »

Bientôt, chacun s’égosille. Seul un épicéa maigrichon ne dit rien.

Une larme de sève coule le long de son tronc.

« Et toi, lui dit son voisin en le poussant de la branche, tu es muet ?

– Non, répond-il en reniflant. Mais je suis un peu tordu, là, sur le côté, et mes branches ne sont pas très fournies.

– Ne t’inquiètes pas, tu n’es pas si tordu. Et toi aussi, tu seras choisi par quelqu’un qui te trouvera joli. »

Alors, le petit arbre se redresse. Il pense à la famille qui l’accueillera.

Quand tous les autres sapins sont endormis, il se concentre pour faire pousser, un peu partout sur ses branches, de très jolies pommes de pin, presque dorées.

Le lendemain matin, le chef des bûcherons vient choisir un sapin avec son fils. L’enfant se précipite sur le petit épicéa en criant :

« Oh, papa ! Regarde celui-ci ! C’est le plus joli ! Je peux le prendre pour notre maison ? »

Et tous les autres sapins, un peu vexés, font comme s’ils n’avaient rien entendu.

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

La leçon de français (73)

LES PARONYMES – LES BARBARISMES

Règles

Certains mots ont des formes écrites et des prononciations proches : on dit que ce sont des paronymes.

Pour choisir le terme correct, il faut bien examiner le sens de la phrase.

Je ne voudrais pas être importun, mais je dois entrer dans cette salle.

« importun » : qui déplaît, qui gêne par sa présence.

Pascal est arrivé au moment opportun.


– « opportun » : qui convient, qui se produit fort à propos.

Quand on déforme un mot, on commet un barbarisme.

Les employés de cette entreprise sont bien rémunérés.

Et non :

Les employés de cette entreprise sont bien rénumérés.

Remarque ! Dans la Grèce antique, un barbare était un étranger qui déformait la langue de la cité lorsqu’il s’exprimait.

Les humoristes utilisent parfois des paronymes pour nous faire sourire.

Mon voisin a gagné une somme gastronomique au loto ! (au lieu de somme astronomique)

Exercices

1- Quel nom complète cette phrase ?

… à cette association sportive est gratuite.

A) L’adhérence – B) L’adhésion – C) L’adhésif – D) L’addiction

2- Quel verbe complète cette phrase ?

Je ne … pas bien tous les détails de cette gravure.

A) discerne – B) décerne – C) disjoins – D) disgracie

3- Quel nom complète cette phrase ?

La mairie envisage … du boulevard Garibaldi.

A) le prolonge – B) la prolongation

C) le prolongement – D) le prolongateur

4- Quel est le nom correspondant à cette définition :

Proposition faite à quelqu’un.

A) une sujétion – B) une suspicion

C) une suggestion – D) une suggestibilité

5- Quels noms complètent cette phrase ?

En France, le … de l’argent est une opération totalement … .

A) blanchiment / illégale – B) blanchissage / illégitime

C) blanchiment / illégitime – D) blanchissage / illégale

6- Quel nom correspondant à cette définition :

Erreur qui fait prendre l’apparence pour la réalité.

A) une allusion – B) une illusion – C) une allocation – D) une allocution

7- Quel est le nom correspondant à cette définition :

Épuisement par défaut de nourriture.

A) l’inaptitude – B) l’inanité – C) L’inaliénation – D) l’inanition

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) A* – 3) C** – 4) C – 5) A*** – 6) B – 7) D
* « Décerner », c’est attribuer une récompense ou une distinction (la Légion d’honneur par exemple).
** ATTENTION : ne pas confondre « la prolongation », action de prolonger dans le temps, et « le prolongement », action de prolonger dans l’espace.
*** ATTENTION : ne pas confondre « illégale », qui n’est pas conforme à la loi, et « illégitime », qui n’est pas conforme à la morale, même si une action illégale peut également être illégitime.

Le petit renne au nez rouge

« Super ! La météo annonce du brouillard pour la nuit de Noël ! » se réjouit Rudolf.

C’est le seul renne du monde à avoir le nez rouge. Rouge comme un coquelicot, rouge comme une cerise, rouge comme un lumignon.

Sa maman trouvait que cette tache de couleur sur son museau lui donnait plutôt bonne mine. Mais ses petits camarades se moquaient de lui.

« Rudolf a un nez de clown !

– Rudolf a mangé des spaghettis à la sauce tomate ! »

Alors le jeune renne avait essayé de tricher. Il s’était barbouillé le museau avec du charbon, mais le résultat avait été affreux.

Avec de la farine, cela n’avait pas été beaucoup mieux.

Sa maman lui disait de ne pas s’énerver : tous les rennes sont différents. Personne n’est parfait, d’ailleurs, c’est très bien comme ça.

Puis Rudolf a grandi et a été embauché par le père Noël.

Et son nez s’est révélé être un fabuleux atout.

Une année, à cause d’un épais brouillard, on ne voyait pas à dix mètres devant soi.

Le père Noël était très embêté.

Heureusement, le nez de Rudolf, en tête de l’attelage, était tellement brillant qu’il permit de trouver le chemin sans problème.

Quand le traîneau rentra à la maison, tout le monde le félicita.

On lui dit qu’il était le meilleur, le plus beau, le plus fort.

Personne ne se moqua plus jamais de lui !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

Salmigondis

LA COMÉDIE HUMAINE

Pas besoin d’aller voir des spectacles d’humoristes pour faire bonne provision de drôleries. On a qu’à regarder les débats à l’Assemblée nationale du Québec pour rire à gorge déployée. Le gouvernement de la CAQ vient d’adopter sa loi 34, sur les augmentations des tarifs d’Hydro-Québec pour les prochaines années, sous bâillon, et pour une troisième fois depuis son élection.

Et les partis d’opposition sont frustrés et hypocrites en invoquant l’odieux de la chose. C’est ça qui me fait rire au lieu de pleurer. Quand s’opposer pour la forme devient une perte de temps, je trouve que les énergies sont mal dépensées.

La CAQ est majoritaire avec ses 76 députés élus et profite amplement de ce pouvoir. Croyez-vous que les partis d’opposition procéderaient différemment s’ils étaient eux-mêmes au pouvoir avec une telle représentation ? Poser la question c’est y répondre… NON ! Ils feraient exactement la même chose. Libéraux et péquistes s’en sont donnés à cœur joie à maintes reprises par le passé. C’est ce que j’appelle la comédie humaine.

ABATTUS SANS AUTRE FORME DE PROCÈS

La police indienne n’entend pas à rire suite à la découverte du corps calciné d’une vétérinaire de 27 ans. Quatre individus l’ont sauvagement violé, puis aspergée d’essence avant d’être brûlée sous un pont.

La police a arrêté les suspects qui, au moment de la reconstitution du crime, ont tenté de s’emparer le l’arme des agents. Ils ont été abattus sur le champ. Ce viol avait soulevé l’ire de la population qui demandait aux autorités de punir sévèrement les coupables. On peut dire que leur procès fut assez expéditif.

MIKE WARD : HUMORISTE DE L’ANNÉE

Ainsi donc, Mike Ward est sorti du gala des Oliviers avec 4 statuettes. Ben coudonc…! On n’est pas à une surprise près sur le droit de dire n’importe quoi. C’est regrettable qu’il obtienne ces Oliviers quand on connaît l’humoriste Olivier Guimond de qui on donne le nom à cette statuette. Il a dû se retourner dans sa tombe, le maître Olivier.

S’attaquer aux handicapés pour faire des blagues de mauvais goût n’a pas sa place dans notre société. C’est un manque total de respect envers des personnes qui n’ont pas demandé de vivre avec un handicap. La cour a eu raison de le trouver coupable, le contraire aurait été révoltant.

Ce sont pour des raisons du genre que je boycotte les galas de l’ADISQ et des OLIVIERS depuis des lunes. Ça sent la magouille à plein nez et j’ai l’impression que les lauréats sont choisis d’avance. Si certains artistes le méritent, il en va tout autrement pour d’autres.

Et finalement, rendre hommage aux grands comme Jean Lapointe en dehors du gala pour des raisons de longueur abusive de diffusion, c’est assez idiot comme raisonnement.

LE MONDE À L’ENVERS

On vit vraiment dans un monde où les valeurs ne suivent pas la courbe des responsabilités; est-ce normal qu’un recteur d’université gagne le triple du salaire du premier ministre du Québec. Non ! On ne les voit jamais, ils sont dans l’ombre et n’ont surtout pas la responsabilité de celui qui dirige tout le Québec.

Le vrai monde à l’envers. Certains diront que le sport professionnel est encore plus insensé au niveau salarial de ses vedettes et vous avez parfaitement raison. Mais une carrière sportive dure rarement plus de 15 ans avec des revenus faramineux, alors qu’un recteur d’université peut bénéficier de son statut 30 à 40 ans minimum. Définitivement, la richesse est très mal partagée.

ILS TRAVAILLENT D’ABORD POUR EUX

La vie est belle et sans contraintes pour le président du Conseil du trésor Christian Dubé; son salaire de député et ministre ainsi qu’une pension généreuse de 57 000 $ annuellement après seulement 4 années comme VP à la Caisse de dépôt, font en sorte que demain, financièrement parlant, sera toujours d’un bleu azur.

Finalement, avec tous ces bénéfices personnels, croyez-vous qu’ils travaillent vraiment pour nous ces politiciens ? J’en doute ! Quand il est question de crédits d’impôts, d’avantages pour les CONtribuables, c’est toujours échelonné sur de longues périodes, voire des années, à très petites doses. Cependant, quand c’est pour leurs poches, c’est subito presto. 57 000 $ de pension de retraite après seulement 4 ans, c’est assez rapide, merci.

Définitivement, quand tu fais de la politique c’est pour TOI que tu travailles, pour t’assurer un avenir sans tracas. Le CONtribuable, une fois qu’il a voté pour toi, tombe dans l’oubli jusqu’à la prochaine élection.

Atchoum !

Quoi ? Mais ça n’est pas possible ! Le père Noël ne peut pas tomber malade en ce moment ! Hélas, depuis hier, atchoum ! Il éternue si fort qu’il fait trembler les murs.

Les lutins sont très inquiets.

« Nous devons lui faire boire du thé chaud avec du miel et du citron : ça tue les microbes ! affirme Yvain.

– Pas du tout ! Il faut lui faire manger de la soupe de légumes, rétorque Wilfried. C’est plein de vitamines qui donnent des forces, »

Le père Noël pointe le bout de son nez rouge par la porte de l’atelier.

Mais les lutins le renvoient au lit illico. Il doit se reposer. Le père Noël n’insiste pas. Il retourne vers sa chambre en reniflant dans son grand mouchoir à carreaux.

Mais dans son lit, le père Noël s’ennuie. Il ronchonne. C’est alors qu’on toque à sa porte. Yvain lui apporte un thé chaud avec du miel et du citron.

« Merci, dit le père Noël. Pose-le sur la table de chevet, je le boirai tout à l’heure. »

Le lutin sort sur la pointe des pieds. Cinq minutes plus tard, toc-toc ! Wilfried entre à son tour dans la chambre.

« Je vous ai préparé une bonne soupe de légumes, annonce-t-il tout fier.

– Merci, dit le père Noël. Pose-la sur la table de chevet.

– Je vais boire ce thé, dit le lutin. Vous, vous mangerez mon potage. »

Wilfried déguste alors le thé, et, comme le père Noël s’est endormi, sort sur la pointe des pieds.

Quand Xaverus vient dire bonne nuit à son chef, il ne peut pas résister : il mange la soupe de légumes.

Après une bonne nuit de sommeil, le père Noël est guéri, et chaque lutin pensera que c’est grâce à lui !

Textes de Sylvie Mathuisieulx
Illustrations de Mayana Itoïz
Source : 24 histoires pour attendre Noël avec les petits, Groupe Fleurus 2011

On donne signe de vie

Mes oreilles me sifflent que vous désirez des nouvelles de notre escapade hivernale. Deux semaines déjà d’écoulées dans notre vie de Snowbirds et toujours heureux de ne pas recevoir de flocons. Plus jeune, loin dans ma jeunesse en fait, j’adorais les flocons… mais plus maintenant. Certes, les belles images de Noël dans un décor floconneux sont encore envoûtantes et féériques, mais tant que ça demeure des images, c’est agréable à regarder.

Nous avons quitté La Prairie en hiver et deux jours et demi plus tard, c’était juillet en décembre. Ouf !

Dès notre arrivée, ici, la grosse besogne nous attendait. La caravane était tellement sale qu’on se demandait ce qui avait bien pu se passer l’été dernier. Il faut dire que le parc extérieur, où sont entreposés les véhicules récréatifs, étant sur fond sablonneux, jumelé à de fortes pluies estivales, ont tôt fait de salir abondamment la caravane. Même l’intérieur était poussiéreux. On a mis une grosse semaine à tout nettoyer, assemblé la petite remise, les installations sanitaires, la lessiveuse de ma douce, pour enfin séjourner dans un environnement propre et invitant.

Et là, mais seulement là, on relaxe !

Il faut dire que nos amis, arrivés depuis plusieurs semaines avaient pris soin de bien « ouvrir » la caravane en installant les branchements électriques et sanitaires, puis réussir à déployer une des rallonges qui restait coincée. L’expérience ça ne s’achète pas, comme on dit. Et en prime, on a eu droit à l’hospitalité d’un succulent repas de bienvenue. Quoi demander de mieux ?

Dès lors, les séances à l’épicerie furent de mise parce qu’on manquait de tout. Vous savez, les deux premières semaines sont nécessaires pour bien débuter notre hibernation au soleil. Après quoi, les activités peuvent débuter.

Partout, sur le complexe, on peut apprécier les jolies décorations illuminées pour la période de Noël et de la nouvelle année. On peut facilement compter les sites qui ne participent pas. C’est là que la neige ajouterait cette dose de féérie. Mais bon ! On s’en contente. Il faut dire que contrairement aux Québécois, les Américains sont assez rapides pour démanteler leurs décorations au lendemain de Noël.

Des groupes se forment pour la grande soirée du réveillon à la salle communautaire réservée aux Québécois principalement. Plus de 300 personnes y prendront part. Il faut ajouter que la proportion de francophones dépasse les 60 % entre décembre et avril.

Louise a débuté ses bingos et séances de poker Texas Hold-Em. Ses premiers gains viennent de rentrer. Rien pour planifier de grandes dépenses mais bon… elle adore ! Quant à moi, j’ai commencé mes mercredis musicaux sous le Tiki avec le groupe de musiciens. Ghislain et Lise m’accompagnent pour qu’on forme un trio, sans oublier Robert, Raymond, Mike, Richard et les autres. On a beaucoup de plaisirs et les curieux se mêlent à nous pour chanter et danser. Trois heures de pur plaisir chaque mercredi après-midi.

Pour le reste, ce blogue occupe une partie de mon temps pour donner à mes lectrices et lecteurs du contenu intéressant, divertissant et de qualité. Mais le summum c’est que nous sommes en petit chandail et culottes courtes à longueur de journée. Pour des « sénateurs » comme nous, c’est d’une valeur inestimable.

Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes le jeudi 12 décembre et ce sont nos premières pluies depuis notre arrivée le 1er décembre. Des températures d’été; 24-29°C. Un peu de pluie, il en faut… ne serait-ce que pour alimenter les végétaux qui ne demandent pas mieux, de temps à autre.

L’été tout l’hiver… c’est pas merveilleux pour la santé et le moral ? On garde le contact…

Un rêve remplit de flocons

Chaque nuit, quand la neige tombait à gros flocons sur la devanture du magasin de jouets, cela rendait heureux les vieux jouets de la vitrine illuminée.

Dans cette vitrine, le vendeur y exposait ses vieux jouets de son enfance pour les vendre à d’autres. Pinpin était un casse-noisette qui rêvait d’être libre et de pouvoir sortir de cet endroit pour observer la magnifique neige qui tombait à tous les hivers.

Les soirs, aux fermetures, il essayait toujours de briser la vitre ou le cadenas. Tous les mercredis, le magasin Boréale Express fermait à 20h. La vieille poupée de bois essaya de s’évader ce soir-là en mettant toute sa détermination dans ses idées.

Pinpin n’avait qu’une seule idée en tête, sortir de cette prison de verre. Celui-ci était tellement impatient de voir les flocons, qu’il commença à pousser la vitre. Malheureusement, c’est plus difficile qu’il le pensait. Le nounours d’à côté, lui, avait déjà abandonné tout espoir de sortir de là.

Le casse-noisette vit une ampoule s’allumer dans sa tête de bois. Il pourrait tenter d’ouvrir le cadenas avec une canne de noël. Il prit la longue canne sucrée dans ses bras rouillés et la rentra dans la serrure. Il la bougea dans tous les sens. Mince! La canne rouge restait coincée dans la serrure.

Le jouet réfléchit encore et trouva une idée très intelligente. Il demanda à son ami le train Tchou de l’aider à briser la vitre pour sortir. Tchou était très gentil, il accepta de l’aider à condition qui le laisse dormir après. Pinpin était heureux.

Alors il monta sur le dessus du jouet et Tchou démarra. « Tchou tchou », faisait le train. Arrivé devant la vitre Tchou s’arrêta d’un coup sec. Le casse-noisette s’envola jusque dans la vitre. Malheureusement, la vitre était intacte, alors Pinpin ne pourra plus demander à Tchou de l’aider.

Pinpin prit le dernier moyen de sortir de cette prison. La guirlande de lumières qui était dans la vitrine. Ce dernier la décrocha et l’accrocha au cadenas, puis tira de toutes ses forces. Soudain, le fil céda d’un coup et Pinpin revola dans le coin de la boîte.

Aucune autre idée pour sortir, il décida d’attendre qu’une idée arrive.

Le temps passa et c’était déjà le matin. Le Boréale Express ouvrit et les gens commencèrent à rentrer, en ignorant la vitrine. Pinpin était découragé, il se dit qu’il ne pourra plus jamais revoir la neige tomber près d’une fenêtre, d’une maison, comme il le faisait avant d’être enfermé.

Alors qu’il commença à abandonner, une jeune fille s’arrêta enfin devant la vitrine. La jeune fillette s’approcha et observa le casse-noisette. Elle se dirigea vers le vendeur et lui demanda si elle pouvait acheter le vieux casse-noisette.

Le vendeur lui expliqua que c’était un vieux jouet qu’il mettait toujours devant sa fenêtre de sa chambre et qu’il lui parlait de temps en temps avant de dormir. Il lui avait même donné un nom « Pinpin ».

La jeune fille lui dit qu’elle adorait les casse-noisettes et qu’elle en collectionnait plein. Le vendeur lui demanda son nom. La fille lui répondit comme un ange, « Je m’appelle Amanda ». Le vendeur sourit et prit les clés qui ouvraient le cadenas de la vitrine. Amanda prit le vieux jouet dans ses bras et le serra doucement. Pinpin était heureux, il pourra enfin revoir les beaux flocons.

Une fois la fillette rentrée chez elle. Elle courut jusque dans sa chambre, à l’étage, et le mit sur la table de chevet, à côté de la fenêtre. Pinpin sourit, il vit tout pleins de flocons tomber tout doucement sur le bord de la fenêtre.

Lorsqu’on est sur le point d’abandonner, il faut quand même garder un peu d’espoir, pour réaliser nos rêves. Pinpin nous fait comprendre que ce n’est pas mauvais de recevoir de l’aide de quelqu’un.

Un joli conte de Jasmine Mailloux, ma petite-fille de 12 ans. Merci ma belle Jasmine pour ton immense talent.