La leçon de français (81)

L’IMPARFAIT ET LES TEMPS COMPOSÉS DU SUBJONCTIF

Règles

L’imparfait du subjonctif s’emploie lorsque le verbe de la proposition principale est à un temps passé de l’indicatif ou au conditionnel.

Il fallait (faudrait) que ce jeune garçon s’endormit. Imparfait du subjonctif.

L’imparfait du subjonctif se forme avec la même voyelle que celle qu’on trouve dans la terminaison du passé simple.

Il faudrait que j’eusse un vêtement plus chaud. (passé simple : j’eus)

Il fallait qu’elle réagît plus rapidement. (passé simple : il réagit)

Remarque ! L’imparfait du subjonctif ne se rencontre que dans les textes littéraires, essentiellement à la 3e personne du singulier.

On emploie le passé du subjonctif si le verbe de la proposition principale est au présent ou au futur et si on veut exprimer un fait passé par rapport à elle ou par rapport à tel moment à venir. Il est formé du présent du subjonctif de l’auxiliaire et du participe passé du verbe conjugué.

Il n’est pas possible que le temps ait changé aussi rapidement.

Je regretterai vivement que mes amis soient partis sans me saluer.

On emploie le plus-que-parfait du subjonctif si le verbe de la proposition principale est au passé et si on veut exprimer un fait passé par rapport à elle. Il est formé de l’imparfait du subjonctif de l’auxiliaire et du participe passé du verbe conjugué.

J’ai vivement regretté que mes amis fussent partis sans me saluer.

Remarque ! Aujourd’hui on peut remplacer l’imparfait du subjonctif par le présent du subjonctif, et le plus-que-parfait par le passé.

Exercices

1- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Il est possible que Rachel … de fermer le robinet d’eau chaude.

A) ait oublié – B) eut oublié – C) eusse oublié – D) a oublié

2- Complétez la phrase comme il convient.

Quand Olivier … de s’orienter vers le dessin. Ses parents en … .

A) eût décidé / seraient contrariés

B) ait décidé / fussent contrariés

C) a décidé / fussent contrariés

D) eut décidé / furent contrariés

3- À quels temps les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Imagine un instant que tu aies pu choisir ton prénom !

A) présent de l’indicatif / présent du subjonctif

B) présent de l’indicatif / passé composé de l’indicatif

C) futur simple de l’indicatif / passé 1re forme du conditionnel

D) présent de l’impératif / passé du subjonctif

4- Complétez la phrase avec un verbe conjugué au plus-que-parfait du subjonctif.

Le chirurgien attendait que la fièvre … pour opérer le malade.

A) est tombée – B) fût tombée – C) soit tombée – D) ait été tombée

5- Complétez la phrase comme il convient.

Ma tante … que l’air pollué ne … du mal aux poumons de mon oncle.

A) crains / fit – B) craindra / faisait

C) craignait / fit – D) aurait craint / fasses

6- Quels verbes complètent cette phrase ?

Il … que ce jeune garçon s’… tôt.

A) a fallu / endort – B) eut fallu / endormi

C) fallait / endormît – D) aura fallu / endormi

7- Quels verbes complètent cette phrase ?

Voici le dernier film que j’… et j’en … un excellent souvenir.

A) ai vu / ai gardé – B) as vu / ai gardé

C) a vu / ait gardé – D) ai vu / aies gardé

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) A* – 2) D** – 3) D – 4) B*** – 5) C**** – 6) C – 7) A*****
* Les autres formes verbales sont au passé antérieur, au conditionnel passé 2e forme et au passé composé.
** Les deux verbes sont conjugués à l’indicatif; passé antérieur et passé simple du passif.
*** Comme le verbe de la principale est à l’imparfait de l’indicatif, celui de la subordonnée doit être au plus-que-parfait du subjonctif.
**** Le verbe de la principale est à l’imparfait de l’indicatif (3e personne du singulier) et celui de la subordonnée à l’imparfait du subjonctif (3e personne du singulier).
***** Les deux verbes sont au passé composé de l’indicatif (1re personne du singulier).

Les mauvais musulmans

Certains musulmans, parce que ce ne sont pas tous les musulmans qui se sont intégrés aux us et coutumes du Québec, les fanatiques, les endurcis, les extrêmes, les excessifs, ont encore fait des leurs le 7 décembre dernier dans un restaurant de Montréal. Leurs propriétaires ont finalement tranché en leurs faveurs, et les Québécois ont dû quitter. Dans La Presse + du 9 février dernier, Patrick Lagacé en a fait le sujet de son article.

Une situation qu’on ne devrait jamais, et j’insiste sur le mot « jamais » tolérer ici au Québec. J’ajouterai même que s’ils ont des convictions religieuses, qu’ils les gardent entre les quatre murs de leur maison, à défaut de quoi le Québec peut se passer de ces parasites intolérables. À vous d’en tirer vos propres conclusions.

QUATRE BOUTEILLES DE VIN

C’était le 7 décembre dernier. Suzanne A. était enchantée de faire découvrir ce petit restaurant formidable à sa famille. Elle y était allée une dizaine de fois. En famille, ça allait être la première fois. Pour la fête de Danielle, sa petite sœur, c’était parfait.

Ils étaient huit, ce midi-là : ses frères et sœurs ainsi que leurs conjoints respectifs.

Parce que le resto est un « apportez votre vin », ils avaient aussi quatre bouteilles de vin.

C’était aussi un « apportez votre gâteau », ce jour-là : quand Suzanne avait fait la réservation, deux semaines plus tôt, le propriétaire avait accepté qu’ils apportent un gâteau pour la fête de Danielle.

Suzanne est donc parmi les premiers arrivés. C’est l’épouse du propriétaire qui les accueille. Elle reconnaît le propriétaire, qui passe la vadrouille.

Les convives arrivent peu à peu. Il faudrait bien ouvrir les bouteilles, dit quelqu’un, à la table…

L’épouse du propriétaire, qui porte le hijab, ouvre les bouteilles. Mais elle prévient le groupe : à midi et demi, je vais devoir vous enlever les bouteilles et les verres…

Consternation dans la tablée de Suzanne : nous enlever le vin, mais pourquoi ?

Explications de l’épouse du proprio : il y a un groupe qui a fait une réservation, des musulmans très religieux, ils ne veulent pas qu’il y ait de vin dans le restaurant…

« Elle était nerveuse, elle se sentait mal », se souvient Suzanne.

Le groupe s’est rebiffé, pas question d’accepter un tel diktat. Ils ont tenté de parlementer (sans succès), d’avoir des explications du proprio (indisponible, dixit son épouse) et de proposer des compromis (déposer les bouteilles par terre), rien n’y fait.

Jean-Pierre A. : « J’ai vu la table, la table de l’autre groupe. Elle était dans une autre section, loin de la nôtre. Ils ne nous auraient pas vus, d’où ils étaient… »

Suzanne A. : « La discussion avec la femme du proprio se déroulait alors que la table était vide, le groupe n’était pas arrivé. J’ai proposé d’aller les voir quand ils arriveraient pour leur expliquer qu’ils ne verraient pas l’alcool, d’où ils étaient. La femme a dit que s’ils savaient qu’il y a de l’alcool dans le restaurant, ils n’y entreraient pas… »

Rien à faire, donc.

Le clan de Suzanne A. a fini par partir, juste après la soupe qu’ils n’ont pas eu à payer. Pas question de faire ce compromis absurde.

Ils sont allés fêter le 71e anniversaire de Danielle dans un resto italien, pas loin.

J’ai appelé au restaurant. C’est le propriétaire qui m’a répondu. Il se souvenait de l’épisode. Un malentendu, a-t-il plaidé : il croyait que le groupe de Mme A. avait réservé pour 18 h…

« C’est quand même un peu absurde d’interdire l’alcool dans tout un restaurant parce qu’un groupe de clients ne veut pas être en présence d’alcool sous le toit de ce restaurant… », écrit notre chroniqueur.

Alors quand il a accepté ce groupe d’une trentaine de musulmans qui ne voulaient pas voir d’alcool dans ce restaurant, il a accepté, il ne pensait pas que ça poserait problème : « La madame qui était avec un groupe qui avait de l’alcool, on les attendait à 18 h. Ça a causé un petit problème. C’est dommage. Il y a eu une erreur, peut-être de nous, peut-être d’eux… »

Suzanne A. m’a juré qu’il était totalement impossible que l’erreur soit sienne : il n’a jamais été question pour son groupe de réserver en soirée pour fêter Danielle.

J’ai fait remarquer au proprio que c’est quand même un peu absurde d’interdire l’alcool dans tout un restaurant parce qu’un groupe de clients ne veut pas être en présence d’alcool sous le toit de ce restaurant…

— En quoi ça les dérangeait ?

— À cause de leur religion musulmane, m’a-t-il répondu dans un français laborieux, mais clair. Ils ne voulaient pas qu’il y ait de l’alcool dans la place, ils ne voulaient pas voir de l’alcool.

— Vous ne trouvez pas ça exagéré, comme demande ?

— Honnêtement, c’est ma femme qui a fait ça… Moi, je savais juste une chose : on a respecté les deux côtés. Dans cette business, faut respecter tout le monde… »

Dans notre conversation, le propriétaire a beaucoup insisté sur le fait qu’en affaires, « il faut respecter tout le monde ». Sa porte, dit-il, est « ouverte à tout le monde […] parce que tout le monde est égal ».

Je lui ai fait remarquer que son « ouverture à tout le monde » avait eu pour effet d’insulter profondément Suzanne A., une cliente régulière, ainsi que sa famille.

Réponse du propriétaire : « Malheureusement, c’est dommage pour la business. Ils ont mangé la soupe et ils sont partis… »

Je lui ai demandé si ce ne sont pas les clients musulmans fondamentalistes qui auraient dû se faire dire de ne pas venir au restaurant s’ils ne pouvaient pas tolérer la simple vue d’une bouteille de vin…

La réponse du propriétaire, là-dessus, a été confuse. Il a encore plaidé l’erreur de réservations, que tout cela était dommage…

J’ai demandé au proprio s’il pouvait me mettre en contact avec ce groupe de musulmans effrayés de se trouver sous le même toit qu’une bouteille de vin…

Il m’a dit ne pas les connaître.

Aurait-il encore le numéro de téléphone de la personne qui avait réservé ?

Malheureusement non, m’a-t-il répondu.

***

À ce stade de l’histoire, une précision s’impose.

J’ai écrit cette histoire il y a une semaine, après avoir fait les vérifications. Dans la première version, je nommais le restaurant, son propriétaire et le nom de famille de Suzanne A.

J’ai écrit, dans cette première version, que je savais bien que le proprio du resto allait être décoiffé par cette chronique. Sachant le climat face au fait musulman, je savais que ce restaurant allait être la cible de commentaires forcément désobligeants.

Puis, le premier ministre Legault a souligné avec des mots très dignes les trois ans du massacre à la mosquée de Québec. Ces mots ont été accueillis comme on le sait par un horrible tsunami de commentaires indigestes de la bruyante brigade qui déteste les musulmans, tous les musulmans…

Et c’est là que j’ai décidé de ne pas nommer le restaurant.

La paranoïa antimusulmane est tellement brutale que je n’ai pas envie qu’un esprit fin aille fracasser la vitrine du resto… Ou pire.

C’est du cas par cas, mais ce n’est pas la première fois que je décide de ne pas nommer quelqu’un ou une institution pour les soustraire à un inévitable tsunami de réactions brutales, peu importent leurs torts : je l’ai notamment fait dans le cas d’une chargée de cours et dans le cas d’une école de la Rive-Nord.

Suzanne A. était d’accord avec cette décision. Elle est fâchée contre le restaurant, elle trouve qu’il a pris une mauvaise décision, mais elle ne souhaite aucun mal à ce proprio. Je la cite : « Allez-y tout de même doucement, je ne veux pas qu’ils soient obligés de fermer leur restaurant. C’est leur revenu et c’est une entreprise familiale. »

***

J’ai rapporté à Suzanne A. ma conversation avec le propriétaire du restaurant, qui avait un point de vue très « business » sur la situation.

J’ai demandé à Mme A. si le restaurant n’aurait pas – business oblige – lésé son groupe parce qu’ils n’étaient que huit, alors que le groupe de moyenâgeux réfractaires au vin était, selon le propriétaire, entre 30 et 35. À choisir entre huit clients et une trentaine…

Réponse de Mme A. : « Je n’y crois pas. Ils sont allés du bord des musulmans. »

Suzanne A. insiste : face à l’islam, elle n’a aucun problème, absolument aucun. Si elle en avait un, elle n’aurait jamais fréquenté ce restaurant tenu par un couple musulman. « La femme du propriétaire porte un voile, ça ne me dérange pas. Je suis allée plusieurs fois dans ce restaurant. On l’aimait, ce restaurant, sa nourriture… »

Suzanne A. m’a expliqué pourquoi elle a choisi de me raconter sa mésaventure du 7 décembre 2019 : parce qu’elle a 73 ans et qu’elle a vécu dans un autre Québec, un Québec pré-Révolution tranquille. Elle a vécu la chape de plomb de la religion catholique.

« On a mis beaucoup d’années à sortir de ce régime, dit-elle. Et là, dans ce restaurant, on nous impose ça ! Ces fanatiques, ils ne veulent pas voir d’alcool pour des raisons religieuses. Ça va jusqu’à ne pas vouloir être dans un restaurant où on sert de l’alcool aux autres tables ! Si on ne dit pas ces choses-là, ça peut être pire, ça peut prendre de l’expansion. Je n’en veux pas aux gens du restaurant. Je trouve qu’ils sont victimes, ça leur a été imposé. »

***

Les gens de la famille de Suzanne A. à qui j’ai parlé ne m’ont absolument pas semblé être des paranos face à l’islam, absolument pas le genre à écrire des horreurs sur les musulmans sous le statut Facebook de François Legault, disons.

Mais il y a quelque chose qui a changé chez eux, en sortant du restaurant, autour de 12 h 30, le samedi 7 décembre dernier. Un vernis de tolérance qui s’est fissuré.

Prenez Jean-Pierre, le frère de Suzanne A. En franchissant la porte du restaurant, il était ambivalent face à la loi 21 sur la laïcité de l’État. Oh, il avait suivi comme tout le monde le débat. « Mais j’étais entre les deux », m’a-t-il dit.

Or, quand il est sorti du restaurant, le 7 décembre, il était pour la loi 21, tout à fait pour. Je dirais même résolument pour.

Oui, Jean-Pierre A. sait très bien que la loi 21 vise les employés de l’État, pas les décisions d’entreprises privées…

« Je sais que la loi 21 ne changerait rien à ce qui s’est passé au restaurant. Je le sais. Mais là, j’ai vu comment certains musulmans peuvent être fanatiques. »

Je note le mot : « certains ». Il n’a pas dit « tous ».

Suzanne A. a eu la même réaction que son frère Jean-Pierre. Je la cite : « Je sais que la loi 21 n’aurait jamais changé quoi que ce soit à mon expérience. Ça n’aurait rien changé. Mais ça envoie un message… »

***

L’injure faite à la famille de Suzanne A. illustre bien à quel point certaines exigences divorcées du réel peuvent braquer des gens de bonne foi.

Ensuite, cette affaire illustre bien l’importance d’un mot très simple qui pourrait tuer dans l’œuf bien des controverses qui mettent le feu aux manchettes…

Ce mot, c’est « non ».

Mon exemple préféré : quand un homme très proche de son dieu préféré demande qu’un évaluateur plutôt qu’une évaluatrice lui fasse passer son examen de conduite à la SAAQ, on n’a qu’à lui dire « non » et à lui suggérer de prendre un autre numéro en espérant qu’un examinateur se libère d’ici la fermeture…

Ici, entre un groupe de clients fondamentalistes et le groupe de Mme A., le restaurant a choisi de dire « non » à ceux qui n’emmerdaient absolument personne.

C’est un mauvais choix, le genre de choix qui braque les gens de bonne foi.

Conduire différemment en hiver

On l’a vu vendredi dernier, comment la neige peut nous tomber sur la tête. Nous sommes habitués au Québec à ces tempêtes. Cependant, on ne modifie pas notre façon de conduire et en résultent de nombreux accrochages. Pas seulement d’automobiles mais aussi des poids lourds. Le bordel !

Les messages diffusés à la radio et à la télé demandent aux gens de ne pas sortir, à moins d’en être obligé. Aussi, de ralentir. Deux logiques à respecter et certains se croient plus fins que d’autres et se sentent invincibles. Ce n’est pas nouveau de la neige au Québec… on a vu neiger depuis belle lurette, ne trouvez-vous pas ? Alors, c’est quoi le problème ?

Beaucoup ne comprennent rien. Alors il faut y aller avec des fermetures de routes drastiques et des ralentissements volontaires. Ce n’est pas normal qu’il y ait tant de sorties de route chez des conducteurs d’expérience. Ils refusent de lever le pied avec les résultats qu’on connait.

Et là, il faut maintenant déneiger. Voici donc du matériel pour vous renouveler la mémoire, surtout devant les gros camions, stationnés ici et là durant cette période très active. À suivre à la lettre, si vous voulez vivre vieux.

Trois gouttes de lumière…

Francine Christophe

Une histoire touchante et vraie d’un épisode de la vie des prisonniers des camps de concentration nazis, lors de la dernière guerre mondiale.

Preuve vivante que les miracles existent vraiment. Ancienne déportée, Francine Christophe raconte l’extraordinaire histoire d’un bébé né dans un camp de concentration.

ENFANT DES CAMPS

Il s’est passé dans mon camp de Bergen-Belsen quelque chose d’extraordinaire.

Je rappelle que nous étions des enfants prisonniers de guerre, donc privilégiés. Nous avions eu le droit d’emporter de France un petit sac avec deux, trois petites choses. Une femme, un bout de chocolat. Une femme, un morceau de sucre. Une femme, une poignée de riz.

Maman avait emporté deux petits morceaux de chocolat. Elle me disait :

– On garde ça pour le jour où je te verrai vraiment, complètement par terre, fichue. Je te donnerai ce chocolat. Il t’aidera à remonter.

Il y avait parmi nous une femme déportée alors qu’elle était enceinte. Ça ne se voyait pas, elle était si maigre. Mais le jour de l’accouchement est arrivé. Elle est partie au revier (NDLR : quartier des malades, dans un camp de concentration) avec ma mère qui était notre chef de baraque. Avant de partir, ma mère me dit :

– Tu te souviens, je garde un morceau de chocolat ?

– Oui, maman.

– Comment te sens-tu ?

– Bien, maman. Ça peut aller.

– Alors, si tu me le permets, ce morceau de chocolat, je l’apporterai à notre amie Hélène. Un accouchement ici… elle va peut-être mourir. Et si je lui donne le chocolat, ça l’aidera peut-être.

– Oui, maman. Tu le prends.

Hélène a accouché. Elle a accouché d’un bébé… Une toute petite chose malingre. Elle a mangé le chocolat. Elle n’est pas morte. Elle est revenue dans la baraque.

Il fallait nourrir l’enfant. Hélène n’avait pas de lait. On a payé une autre déportée. Dans un camp, tout se paye, tout est passible de la peine de mort immédiate.

Comment paye-t-on dans un camp ? En donnant son pain ou sa soupe. Donc, à plusieurs, nous avons payé une femme avec un peu de soupe ou de pain, qui devait nettoyer le bureau des SS, les chefs de camp, pour qu’elle aille voler du lait en poudre dans la cuisine des SS. Ce qu’elle a fait.

Nous avons donné ce lait en poudre au petit bébé.

Quand il n’y a plus de lait en poudre, Hélène mâchait… du rutabaga, l’horrible navet de la soupe, dont elle faisait une bouillie qu’elle mettait dans le bec de son bébé.

Ça semble incroyable, mais cette histoire a duré 6 mois. 6 mois après, nous étions libérés. Le bébé a tenu jusqu’à la libération avec ce régime-là.

Pour l’habiller, on n’avait rien. Nous avons toutes donné un bout de chiffon, qui sa poche, qui sa ceinture, qui l’ourlet de sa blouse… On l’a attaché comme on a pu. On l’a attaché sur la poitrine de sa mère, qui avait une poitrine si maigre…, en mettant la blouse par-dessus. Elle allait travailler. Le chef ne voyait pas qu’il y avait un bébé.

Le bébé n’a jamais pleuré. Jamais ! Pas même geint.

Au bout de six mois, la libération est arrivée. On a défait tous ces chiffons. Le bébé a crié. C’était là, sa naissance.

Nous l’avons ramené en France. Un tout petit truc de 6 mois, minuscule.

Il y a quelques années, ma fille me dit :

– Maman, si vous aviez eu des psychologues ou des psychiatres à votre retour, ça se serait mieux passé pour vous.

Je lui dis :

– Sûrement, mais il n’y en avait pas. Personne n’y aurait pensé, s’il y en avait eu. Mais tu me donnes une bonne idée. On va faire une conférence là-dessus.

J’ai organisé une conférence sur le thème : « Et s’il y avait eu des psys en 1945, à notre retour des camps, comment cela se serait passé ? »

J’ai eu beaucoup de monde. Des anciens, des survivants, des curieux et puis beaucoup de psychologues, psychiatres, psychothérapeutes… Très intéressant. Chacun avait son idée. C’était très bien.

Puis il y a eu une femme qui est arrivée et qui a dit :

– Moi, j’habite Marseille. Je suis médecin psychiatre. Et avant de vous faire ma communication, j’ai quelque chose à donner à Francine Christophe.

C’est-à-dire à moi.

Elle fouille dans sa poche. Elle sort un morceau de chocolat. Elle me le donne. Et elle me dit :

– Je suis le bébé !

On nous inonde de tous les qualificatifs sociaux négatifs

Depuis des lunes, les Québécois passent pour des racistes, des sexistes, des égoïstes, et j’en passe… Je tombe en bas de ma chaise. S’il est une société tolérante dans l’univers, c’est bien celle des Québécois et Québécoises. Nous n’avons plus à en faire la preuve, tant c’est l’évidence même. Pourtant, certains médias sèment le contraire…

Richard Martineau a écrit un texte récemment sur le sujet en nommant son Québécois « Joe ». Vous ne l’avez pas lu ? Moi si, et il m’a bien fait sourire. Tellement sourire que je veux le partager avec vous aujourd’hui.

JOE

Joe a 46 ans, travaille dans un magasin de meubles et vit en banlieue, de l’autre côté du pont.

Il a un bungalow avec un BBQ, une cour qu’il entretient régulièrement et une piscine hors terre.

RACISTE

L’autre jour, à Radio-Canada, Joe a vu un rappeur dire que le Québec est raciste.

Joe s’est dit : « Ah oui ? »

Pourtant, il a un ami haïtien et un beau-frère maghrébin, il fait partie d’un club de hockey de garage composé de gars de toutes origines, la ville où il habite compte une importante communauté asiatique et il travaille avec un Italien et un Marocain, et tout se passe bien.

Et chaque fois qu’une tragédie frappe une partie du monde, il voit ses compatriotes et son gouvernement mettre l’épaule à la roue et sortir leur portefeuille pour aider les victimes.

Mais, bon, si une personnalité publique dit que le Québec est raciste sur les ondes de la télé publique nationale, c’est que ça doit être vrai, non ?

SEXISTE

L’autre jour, dans Le Devoir, Joe a lu que le Québec était misogyne.

Joe s’est dit : « Ah oui ? »

Pourtant, la moitié de ses clients sont des femmes, son épouse qui travaille comme comptable dans une grosse firme vient d’avoir une promotion et sa fille étudiante est dans sa troisième année de médecine.

En fait, c’est pour son fils qu’il s’inquiète. Il a 17 ans, glande, coule la moitié de ses examens, manque de motivation.

Il faut dire qu’un de ses amis s’est suicidé, l’an dernier.

Mais, bon, si Le Devoir, un quotidien lu par des intellectuels, dit que le Québec discrimine les femmes, c’est que ça doit être vrai, non ?

ÉGOÏSTE

L’autre jour, dans La Presse, Joe a lu que les banlieusards sont des égoïstes qui mettent en danger les futures générations, car ils polluent avec leurs gros 4X4.

Joe s’est dit : « ah oui ? »

Pourtant, son beau-frère qui est concessionnaire vend de plus en plus d’autos électriques, il fait du covoiturage avec son voisin chinois et il a changé sa vieille Mustang qu’il aimait bien pour une hybride moins flamboyante.

De plus, il recycle, composte et chauffe moins l’hiver, comme le conseille Hydro-Québec.

Joe aurait bien aimé vivre dans le centre-ville près de son travail, mais le prix des loyers là-bas est prohibitif, et on n’y trouve que des condos pour jeunes couples sans enfant…

Mais, bon, si La Presse dit qu’il est égoïste parce qu’il a décidé de s’installer en banlieue et qu’il va chaque hiver passer une semaine dans le Sud, c’est que ça doit être vrai, non ?

DES PAS DE GÉANTS

Joe est un bon gars, ses chums sont des bons gars qui parlent toujours de leur blonde avec respect, il s’occupe bien de ses enfants, il est honnête, un bon mari, un bon père, un bon fils, un bon ami et un bon voisin.

Il n’est pas parfait, mais comparé à son père, il a fait des pas de géants.

Pourtant, régulièrement, Joe se fait dire par certains médias que les hommes comme lui sont mauvais, mêmes toxiques.

Chaque fois, il regarde autour de lui et dit : « Ah oui ? Ah bon ! »

Le burn-out

Personne n’est à l’abri d’un burn-out, et encore plus par les temps qui courent à travers une vie et des obligations qui se déroulent toujours plus rapidement.

On ne prend pas assez le temps de s’arrêter, de prendre conscience, de s’auto-évaluer par rapport à nos responsabilités et nos ambitions.

Voici un texte pour meubler la réflexion et peut-être trouver des solutions à cette grande faiblesse.

QUAND LE BOULOT MÈNE AU BOUT DU ROULEAU

Si on parle de plus en plus du burn-out, véritable enjeu dans tous les milieux de travail, l’épuisement professionnel n’a pourtant rien d’une invention nouvelle, encore moins d’une mode.

Cette expression est apparue à la fin des années 1960, utilisée pour la toute première fois afin de décrire un stress particulier lié au monde du travail. À l’époque, le phénomène était perçu comme touchant surtout ceux et celles exerçant une profession d’aide : médecins, ambulanciers, infirmières, bénévoles.

Si les chercheurs ont pu mieux comprendre et documenter le phénomène du burn-out à compter des années 1970, c’est plutôt au cours des années 1980 qu’il a été approfondi, permettant de mettre en lumière trois aspects fondamentaux :

  1. Le burn-out s’accompagne d’un épuisement émotionnel.
  2. S’accompagne d’un syndrome du vide.
  3. Provoque une réduction ou une abolition du sentiment d’accomplissement au travail.

PARTICULARITÉS DU BURN-OUT

Malgré ces premières constatations, et bon nombre de recherches subséquentes, le burn-out n’est toujours pas un diagnostic reconnu dans la catégorisation des troubles mentaux. D’ailleurs, comme les symptômes se ressemblent beaucoup, certains confondent le burn-out avec la dépression, que l’on associe davantage à une « panne de courant » généralisée qui engendre une souffrance psychologique importante.

Une personne souffrant d’un burn-out vivra elle aussi de l’épuisement, de la tristesse, du négativisme, et un manque de confiance en l’avenir, sans compter une perte d’empathie face aux autres, générant beaucoup de cynisme. Toutefois, ces sentiments tirent leur origine d’un contexte bien distinct : le milieu de travail.

Par ailleurs, il serait faux de croire que l’on passe instantanément d’employé productif à victime du burn-out. On se doit donc d’être attentif aux signes avant-coureurs : un burn-out ne survient qu’après une période donnée et pour diverses raisons, allant de la surcharge de travail, d’attentes irréalistes ou de la pression infligée par les patrons ou collègues, aux déceptions, à l’absence de moyens, ou encore à la difficulté à trouver un sens à votre fonction.

BURN-OUT OU BORE-OUT

Certains employés peuvent pour leur part éprouver le bore-out, soit un sentiment d’ennui et de perte de motivation lorsque l’emploi offre peu de stimulations ou suscite une forme de dépréciation par rapport à nos valeurs.

DES SOLUTIONS CONCRÈTES

Souffrir d’un épuisement professionnel n’est jamais facile, mais de nombreux moyens sont à portée de main pour s’en sortir. En parler s’avère primordial, et surtout en parler aux bonnes personnes : d’abord à son supérieur immédiat, si une relation de confiance est établie, et si on a une écoute attentive. Ensuite, aux responsables du programme d’aide aux employés, s’il permet aux employés de mieux faire face à ce type de situations, ou encore à un professionnel qualifié, à nos amis, ainsi qu’à notre famille.

Et si on ne travaille pas au sein d’une organisation en crise, que l’entente est cordiale avec nos gestionnaires, réclamer des changements, comme de nouvelles tâches par exemple, peut s’avérer bénéfique. Ultimement, le soutien d’un professionnel de la santé mentale peut s’avérer nécessaire pour nous aider à mettre en place des stratégies d’adaptations efficaces ou envisager un changement de carrière.

UN DRAPEAU ROUGE

Vivre un burn-out peut aussi constituer un révélateur de notre rapport au travail. Quand certaines tâches ne semblent plus avoir de sens, il apparaît vital d’aller chercher du sens… ailleurs. Garder un équilibre de vie permet de ne pas mettre toutes nos énergies uniquement dans notre emploi. En plus d’être notre gagne-pain, notre emploi permet de répondre à notre besoin légitime de gratification, mais sans doute faut-il aussi retrouver cette gratification dans plusieurs lieux. Développer ou entreprendre de nouvelles activités, faire autre chose, ou tout simplement faire… quelque chose et cultiver nos relations : tout cela est salutaire aux victimes du burn-out, qui ont trop souvent tendance à s’isoler.

Source : Dre Christine Grou, Journal de Montréal, 2 février 2020

Violence conjugale : sécuriser les victimes au maximum

Il faut avoir travaillé à la Cour du Québec pour se rendre compte des violences faites aux femmes dans notre société. À répétition, chaque lundi matin, c’était la « routine ». Certaines victimes, repentantes, voulaient retirer leurs plaintes contre leur conjoint agresseur. Pourquoi ? L’amour était plus fort que la police.

Maintenant à la retraite depuis 14 ans, la situation perdure encore et toujours au point où on ne se surprend plus de lire les dénouements violents et atroces, publiés dans les journaux, sans que ça change vraiment.

C’est de plus en plus brutal avec des massacres indescriptibles commis par les agresseurs et tueurs. Les femmes demeurent vulnérables dans de telles agressions et il faut prendre les grands moyens drastiques et efficaces pour les protéger et les sécuriser au maximum.

Denise Bombardier en a fait le sujet de son article dans le Journal de Montréal du 1er février dernier. Son constat et ses interrogations sont subtils, à la veille des actions qu’entend prendre prochainement le gouvernement de la CAQ. C’est le texte que je veux partager avec vous aujourd’hui.

VOULOIR AIMER À TOUT PRIX Denise Bombardier

« Il faut que ça bouge », a lancé mercredi la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest. Elle est sincère à n’en point douter. Son gouvernement veut renforcer la sécurité des victimes de violence conjugale. Fort bien.

Le financement des maisons d’hébergement sera haussé. Tant mieux. On imposera aux agresseurs un bracelet « anti-rapprochement ». On acquiesce. Et on obligera les médecins à signaler les cas de femmes agressées qu’ils doivent traiter. Enfin !

Cela étant dit, la violence qu’on appelle conjugale ne diminue guère dans nos sociétés officiellement sensibilisées à ce genre de problème depuis des décennies. Des hommes d’aujourd’hui tuent leur conjointe et parfois leurs enfants. Est-ce à dire que les politiques, la police et tous les professionnels encadrant les victimes échouent à résoudre ce grave problème devenu endémique ?

Il faut savoir que si cette violence est intolérable pour plusieurs, elle laisse, hélas, dans l’indifférence nombre de citoyens qui haussent les épaules en soupirant « encore une autre ». Sans parler de ces hommes enragés et haineux qui croient « qu’elle l’a bien mérité ».

Il semble interdit de tenter de comprendre pourquoi tant de femmes tolèrent pour elles-mêmes et leurs enfants la domination de leurs bourreaux. C’est en effet un des derniers tabous qu’il faut briser dans le Québec de la rectitude politique en s’interrogeant sur les motivations profondes des femmes violentées. Car on a toujours prétendu que ce serait une manière de culpabiliser ces femmes, donc d’excuser leurs agresseurs.

CULPABILITÉ MATERNELLE

Un témoignage personnel. Mon père ne nous a jamais battus, ma mère et ses enfants, mais nous avons vécu dans une violence verbale terrifiante dès le plus jeune âge. Des menaces de mort, des injures et des jurons s’abattaient sur nous, en toutes circonstances au quotidien. Je n’ai jamais compris pourquoi ma mère nous a exposés à cette vie familiale dominée par la folie paternelle.

Pourquoi tant de femmes maltraitées croient-elles qu’elles peuvent transformer par leur amour leur conjoint violent ? Pourquoi aimer de tels hommes ? Pourquoi des jeunes filles exploitées par leur proxénète persistent-elles à croire qu’il les aime ?

Qui va les convaincre de cesser de vouloir être aimées à tout prix ? Qui va les aider à devenir conscientes qu’avant d’être aimées, elles doivent être respectées ? Qui va leur permettre de se libérer de la peur paralysante que ces bourreaux suscitent chez elles ? Qui va briser pour elles ces chaînes qui les enferment dans leur statut de victimes, sinon elles-mêmes ?

CALVAIRE

Pourquoi les femmes battues, martyrisées, offensées, terrorisées retournent-elles vers le lieu de leur calvaire pour s’offrir à ceux qui les tuent, souvent en s’acharnant sur leur corps déchiqueté ?

Pourquoi à notre époque les femmes préfèrent-elles vivre dans l’enfer conjugal, craignant davantage la solitude que la mort annoncée ?

Oui, « il faut que ça bouge », Madame la Ministre, mais il faut d’abord que l’on cesse d’éduquer les femmes en les leurrant au point qu’elles préfèrent vivre avec un bourreau que seules avec elles-mêmes.

Pourquoi même les jeunes filles nourries au biberon de l’égalité des sexes se laissent-elles berner par ces brutes ?

Où est la faille ?

La leçon de français (80)

LE PRÉSENT DU SUBJONCTIF : VERBES DU 3E GROUPE

Règles

Au présent du subjonctif, tous les verbes du 3e groupe prennent les mêmes terminaisons, mais, pour certains, le radical est modifié.

Il faut retenir ces formes fréquentes pour éviter les barbarismes.

 

SAVOIR :     Il faut que tu saches.        Il faut que vous sachiez.

FAIRE :        Il faut qu’elle fasse.        Il faut qu’ils fassent.

PRÉVOIR :    Il faut que je prévoie.        Il faut que nous prévoyions.

VENIR/TENIR    Il faut que tu viennes.        Il faut que vous teniez.

MOURIR :    Il faut qu’elle meure.        Il faut qu’ils meurent.

S’ASSEOIR :    Il faut que tu t’assoies.        Il faut que vous vous asseyiez.

CRAINDRE :    Il faut qu’elle craigne.        Il faut qu’ils craignent.

CONNAÎTRE :    Il faut que tu connaisses.    Il faut que vous connaissiez.

VOULOIR :    Il faut qu’elle veuille.        Il faut qu’ils veuillent.

PRENDRE :    Il faut que je prenne.        Il faut que nous prenions.

POUVOIR :    Il faut que tu puisses.        Il faut que vous puissiez.

Attention ! Les conjonctions que et quoi peuvent se trouver en tête de phrase dans des exclamations marquant l’étonnement, l’indignation, le refus. Le verbe est alors au subjonctif : Quoi que vous fassiez, que personne ne sorte !

Exercices

1- Quel verbe complète cette phrase ?

Je crains qu’il … ces deux couleurs.

A) confond – B) confonds – C) confonde – D) confondes

2- Quels sont les infinitifs des deux verbes en gras ?

Le professeur se réjouit que vous résolviez ce problème.

A) se rejoindre / résoudre – B) se réjouir / résorber

C) se réjouir / résoudre – D) se rejeter / ressouder

3- Quel verbe en gras n’est pas conjugué au présent du subjonctif ?

A) Il faut que je conduise. – B) Il faut que tu vois ce film.

C) Il faut que nous courions. – D) Il faut que vous descendiez.

4- Complétez la phrase comme il convient.

La fumée est si épaisse qu’il … mieux que tu … ta respiration.

A) vaut / retiennes – B) valait / retiens

C) vaut / retienne – D) vaudrait / retenais

5- À quels temps les verbes en gras sont-ils conjugués ?

Il faudra que Damien suspende ses vêtements correctement.

A) présent de l’indicatif / présent de l’indicatif

B) future simple de l’indicatif / présent du subjonctif

C) présent du subjonctif / présent du conditionnel

D) présent de l’indicatif / présent du subjonctif

6- Complétez la phrase comme il convient.

Quoi que Linda …, ses invités … satisfaits.

A) sert / seraient – B) serve / seront – C) sers / serons – D) serves / étaient

7- Complétez la phrase avec le verbe qui convient ?

Il ne s’agit pas que tu … tes responsabilités.

A) fuie – B) fuies – C) fuyez – D) fuient

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) C – 2) C* – 3) B** – 4) A*** – 5) B – 6) B**** – 7) B*****
* RETENEZ : les formes particulières du verbe du 3e groupe « résoudre ».
** Le verbe est conjugué au présent de l’indicatif; la forme correcte est « que tu voies ».
*** Le premier verbe est conjugué à la 3e personne du singulier du présent de l’indicatif, et le second à la 2e personne du singulier du présent du subjonctif.
**** RAPPEL : après la locution « quoi que », le verbe doit être conjugué au subjonctif.
***** Le verbe doit être conjugué au présent du subjonctif.

Un deuxième tournoi de pétanque réussi

La compétition était à son comble pour la tenue du second tournoi de pétanque de la saison, ici à Pioneer Village. Après le Super Bowl de dimanche, à Miami, c’était la célébration du Super Boule à North Fort Myers, hier.

Nous aussi on a nos vedettes, peut être plus âgées, mais toujours en forme. Et que dire de Dame nature… elle nous a servi une température extrêmement clémente, douce, une légère brise, sous un ciel d’un bleu azur et un mercure à 23°C. Quoi demander de mieux.

Pour l’occasion, 30 équipes se disputaient les honneurs sur le coup de 13 heures. De chaudes luttes qui se sont terminées trois heures plus tard.

Sur ces trente équipes, il y a forcément des joueurs honnêtes qui occupent les bas-fonds du classement. Pour leur laisser l’espoir de jours meilleurs, les organisateurs du tournoi ont décidé de les récompenser en leur offrant le prix coco. L’équipe de la capitaine Johanne Tremblay, flanquée de Yves Dufresne et Gaston Lehoux ont eu droit à cette délicate attention.

Par ailleurs, les médaillés de bronze se sont partagé les honneurs avec une performance identique de 39-21. La formation du capitaine André Helms, assisté de Michel Morin et Thérèse Roy a remis des résultats de 13-9, 13-5 et 13-7. Alors que celle du capitaine Charles Morier cumulait trois victoires de 13-9, 13-1 et 13,11.

En seconde place, le redoutable capitaine Jean-Guy Therrien et ses acolytes Denis Poirier et Sylvie Rochon s’emparaient de la médaille d’argent avec des pointages de 13-9, 13-5 et 13-3 pour un cumulatif de 39-17.

Finalement, ce tournoi célébrait ses champions médaillés d’or, avec trois superbes parties de 13-2, 13-5, et 13-2, pour un cumulatif de 39-9. Il s’agit de l’équipe du capitaine Jocelyn Pruneau, de Jean-Paul Lajoie et Gervaise Michaud. Une formation talentueuse qui a également mis la main sur le trophée emblématique de l’évènement.

À la manière d’Astérix et d’Obélix, et leur festin de sanglier, c’est en s’empiffrant des succulents hotdogs à la québécoise que tous les convives ont pu se régaler après la remise des cadeaux, tirages et prix de présence. Un incontournable délicieux.

Encore une belle organisation dynamique et réglée au quart de tour pour faire de cette compétition amicale un succès qui se répète tournoi après tournoi. Merci à tous ceux et celles, organisateurs, statisticiens et bénévoles, sans oublier les joueurs, pour votre assiduité. Vous êtes les grands artisans de cette réussite.

Prochain rendez-vous, le 24 février. Si vous voulez visionner l’album photo, cliquez sur ce lien.

Trois gouttes de lumières

L’ENFANT ET LE PAPILLON

Un papillon voletait de fleurs en fleurs, quand soudain il se posa sur une petite main. L’enfant surpris dans sa rêverie tenta d’attraper le papillon, mais celui-ci se mit à tourner autour de lui.

– Pourquoi ne te laisses-tu pas prendre, demanda l’enfant. J’aime les papillons et je voudrais t’avoir comme ami.

Le papillon se mit à rire :

– Tu ne me connais pas, comment puis-je devenir ton ami ?

– Et bien, si je t’attrape c’est sûr que tu seras mon ami, répondit l’enfant.

Le papillon rit à nouveau :

– Tu sais dans la vie cela ne marche pas comme cela, il faut d’abord apprendre à se connaître, il faut s’apprécier, se faire confiance.

– C’est quoi se faire confiance ? demanda l’enfant.

– Se faire confiance c’est pouvoir compter l’un sur l’autre, c’est ne jamais faire quelque chose de mal contre son ami, ne jamais se mentir. Tu vois, tu as déjà voulu me posséder alors que tu ne me connaissais pas, dit le papillon.

– Je ne voulais pas te faire de mal, je voulais juste t’avoir pour moi, répondit l’enfant.

– On ne peut pas posséder un papillon, il est fait pour voler, pour vivre sa vie de papillon.

– Je t’aurais mis dans une jolie boîte pour t’avoir toujours près de moi, expliqua l’enfant.

– Tu sais, aimer ce n’est pas enfermer l’autre dans une boîte, c’est au contraire lui apprendre à voler de ses propres ailes. Personne n’appartient à quelqu’un, n’essaie jamais de posséder quelqu’un, ce n’est pas une preuve d’amour, c’est de l’égoïsme.

– C’est quoi l’égoïsme, demanda l’enfant ?

– C’est ce que tu voulais faire avec moi, me mettre dans une boîte pour te garder rien que pour toi. Mais un papillon ne t’appartient pas, il a d’autres amis papillons vers qui il doit voler.

– Donc, si je comprends bien, je ne peux pas avoir un ami pour moi tout seul ?

– Si ton ami ne veut pas d’autres amis que toi, alors tu es son seul ami mais cela ne veut pas dire qu’il t’appartient. Tout comme le papillon, un ami n’appartient à personne. C’est une grande preuve d’amitié de laisser un ami partir quand il doit partir, cela ne veut pas dire qu’il ne t’aime plus, c’est seulement qu’il doit vivre sa vie. Un ami revient toujours vers son ami, comme moi, je reviendrai près de toi.

– C’est vrai, tu reviendras sur ma main ?

– Bien sûr, dit le papillon, tout comme j’irai me déposer sur la main d’autres enfants, car tous les enfants aiment les papillons.

Cette nuit-là, l’enfant rêva que des milliers de papillons venaient se poser sur lui. Au matin, un papillon se posa un instant sur la fenêtre puis s’envola dans le ciel.

© Maribel, le 1er juin 2013

Histoire vraie : un exemple émouvant et inspirant de courage

Nos petits bobos sont souvent infimes à côté d’autres. L’histoire qui suit a été racontée dans l’édition du Journal de Montréal du 26 janvier dernier, sous la plume de Sarah-Émilie Nault. Un exemple émouvant et inspirant de courage d’une jeune fille exceptionnelle; Émylou Boitel.

LE COURAGE D’ÉMYLOU

Émylou Boitel avait huit ans lorsqu’elle a appris qu’elle était atteinte d’un sarcome synovial, une masse cancéreuse. Malgré l’amputation de sa jambe et toutes les épreuves qu’elle a dû surmonter, la jeune fille aujourd’hui âgée de 13 ans n’a jamais perdu le sourire. Elle est plus sportive que jamais et se rendra même au Marathon de Paris cette année.

Émylou et ses parents se souviennent très bien du moment où tout a commencé. C’était à l’été 2015. « J’étais dans ma chambre et je me suis cogné la jambe sur mon lit, raconte l’adolescente. Ça m’avait fait vraiment mal. »

« Elle a crié comme si on lui arrachait un bras, poursuit sa mère, Karine Lapointe. Comme elle ne se plaint jamais, nous savions qu’il y avait quelque chose qui clochait. Émylou avait aussi une bosse derrière le genou, donc nous avons décidé d’aller consulter notre médecin de famille qui nous a recommandé d’aller passer des examens pour en savoir plus. »

Ses parents avaient aussi remarqué qu’elle rentrait souvent de l’école en boitant les jours de cours d’éducation physique.

La famille, qui habite aujourd’hui Rimouski, mais était à Montréal à l’époque, pousse donc la porte de l’hôpital Sainte-Justine où la petite passe une batterie de tests.

« Chacun des différents spécialistes passait la voir avec les résidents et les étudiants, se souvient son père, Yann Boitel. Chacun y allait de sa propre analyse, selon sa spécialité, pour tenter de comprendre ce qu’Émylou avait. »

Le trio rencontre ensuite le docteur Isler, orthopédiste oncologue qui prend en charge les derniers tests et la biopsie. Moins de dix jours après la première visite chez leur médecin de famille, le diagnostic tombe : Émylou est atteinte d’un sarcome synovial, une masse cancéreuse présente dans les tissus mous, donc dans les muscles.

LE CHOC DU CENTRE DE CANCÉROLOGIE

La première visite au Centre de cancérologie Charles-Bruneau de Sainte-Justine frappe les parents en plein cœur. « Ça été un très gros choc quand on est entrés là pour la première fois, confie la maman. Ça venait officialiser qu’Émylou avait un cancer. »

« Je réalisais que j’étais malade, mais pas autant que mes parents, raconte Émylou. J’étais sous le choc, mais moins qu’eux. »

La chimiothérapie avec laquelle on souhaite réduire la masse dans le but de l’extraire ne donne pas les résultats escomptés.

« Ce n’était pas super le fun, se souvient Émylou. J’avais coupé mes cheveux plus courts, mais c’est devenu laid et clairsemé, donc on a décidé de les raser. On a même fait notre propre défi têtes rasées. Mes parents et plusieurs de leurs amis l’ont fait. »

Le docteur Isler, qui avait procédé à la biopsie, décide de l’opérer rapidement afin d’éviter que les cellules cancéreuses ne se propagent davantage dans son petit corps. Pendant l’opération de six heures, on procède à l’ablation de la masse.

En procédant à l’analyse de celle-ci, il se rend compte que des cellules cancéreuses sont restées dans la jambe d’Émylou.

UN CHOIX DÉCHIRANT

Trois options toutes lourdes de conséquences s’offrent à eux : faire de la radiothérapie (venant avec opérations, greffes, douleurs, surprises et l’augmentation des chances de récidive de cancer). Arrêter la croissance dans l’autre jambe; Émylou se serait éventuellement retrouvée avec des jambes de fillette dans un corps d’adulte. Et l’amputation. Émylou – que ses parents décrivent comme « une vieille âme » – est au fait de tout ce qui lui arrive.

Les médecins s’adressent d’ailleurs directement à elle lors de leurs interventions; c’est le cas du docteur Isler avec qui la fillette développe une relation de confiance.

« C’était moi sa patiente. Il était très à l’écoute et il me rassurait. Je trouve que c’est bien, qu’il s’adresse à la personne malade, et non aux parents. »

BONJOUR, MOI, C’EST BIDOU !

Ensemble, ils optent pour l’amputation, qui aura pour effet de réduire de façon presque complète la présence du cancer.

La veille de l’opération, la famille prend part à un petit rituel sympathique : ils dessinent sur la jambe d’Émylou. Ici, une petite paire de ciseaux et des pointillés, là, des messages pour les infirmières et les médecins, des bonshommes, des fleurs…

« Après l’opération, on s’attendait à ce que ce soit un peu lourd, car c’était un moment tragique et intense dans nos vies, raconte le père. Quand Émylou est revenue à elle, la sœur de Karine est entrée – je m’en souviendrai toujours –, Émylou a soulevé la couverture et a lancé : « Bonjour, moi c’est Bidou ! » en parlant de son moignon. À partir de ce moment, on n’était plus dans le drame et la lourdeur, plutôt dans la légèreté et le plaisir. »

Elle quitte l’hôpital quatre jours plus tard et fait le premier essai de sa prothèse moulée après un mois. Elle la porte un peu chaque jour pour s’adapter. Comme elle n’a pas de genou, l’exercice représente encore plus de défis.

« Je le savais, que j’allais être comme ça, donc ça ne m’a pas dérangé, explique Émylou, qui peut maintenant grandir comme une enfant normale. Je ne me suis jamais que c’était de ma faute ou demandé pourquoi ça m’était arrivé à moi. Je ne me suis jamais plaint et j’ai accepté la situation. »

La première année, elle fait de la physiothérapie trois fois par semaine et l’école à la maison avec des professeurs de son établissement scolaire. Doucement, les rendez-vous à l’hôpital s’espacent aux trois puis aux six mois, puis une fois par année.

Bidou, son moignon, est désormais connu de tous. Il a même droit à un gâteau à son anniversaire et à des invitations. « C’est plus sympathique, explique-t-elle. Les gens que je connais qui ont eu une amputation donnent tous un nom à leur moignon. »

Bien qu’elle ait certaines limites pour courir ou marcher de longues distances, Émylou suit toujours ses cours d’éducation physique. Elle est même devenue sportive : elle a participé aux 24h Tremblant et a été choisie par l’Association Le Cœur Les Jambes pour le demi-marathon (assise dans une goélette tirée par des coureurs) du Marathon de Paris 2020. Elle fait aussi du parahockey depuis quatre ans (du hockey sur luge) et souhaite essayer le ski.

Sa prothèse, elle a choisi de l’assumer complètement en la montrant entièrement aux gens. Son pantalon toujours roulé se veut une manière d’affirmer qui elle est : une jeune fille de première secondaire forte et résiliente qui dirait à un enfant malade « De ne pas lâcher. Ce n’est jamais de ta faute. C’est de même, et ce n’est pas grave. C’est la vie ! »

Ygreck, et ses perles de janvier

Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… voici ses perles de janvier.