Actualités
Nul besoin de beaucoup de mots pour résumer ce qui émerge de l’actualité. Le caricaturiste Ygreck en a fait son art… Voici ses perles d’octobre, publiées dans le Journal de Montréal.


























Horreur
La Prairie, Québec. Une petite ville paisible, sauf quand l’automne s’installe et que les feuilles rougissent comme du sang. Au bout du vieux chemin de la Ferme, là où les lampadaires ne brillent plus depuis des années, se dresse un érable noir, immense, tordu, oublié.

On raconte qu’il pousse là où, jadis, une maison fut engloutie par la terre. Une famille entière disparue, sans trace. Depuis, personne n’ose s’approcher… sauf Élise.
Élise, 17 ans, passionnée par les légendes locales, voulait prouver que tout cela n’était que superstition. Armée de sa lampe frontale et de son carnet, elle s’y rendit la veille de l’Halloween. Le vent soufflait fort, les branches craquaient comme des os. Elle s’approcha du tronc, posa la main sur l’écorce rugueuse… et sentit un frisson glacé lui parcourir l’échine.
Le sol trembla légèrement. Une racine se souleva, révélant une trappe en bois, gravée de symboles anciens. Elle l’ouvrit. Une odeur de terre pourrie s’en échappa. En descendant les marches, elle découvrit une pièce souterraine, éclairée par des chandelles noircies. Au centre, un cercle de sel, et à l’intérieur… un miroir.
Mais ce miroir ne reflétait pas Élise. Il montrait une autre version d’elle-même : les yeux vides, la bouche cousue, les mains ensanglantées.
Soudain, la porte se referma derrière elle. Elle se retourna, paniquée, mais il n’y avait plus de sortie. Le miroir vibra, puis une voix s’éleva : « Tu m’as réveillée. Maintenant, tu dois prendre ma place. »
Une silhouette sortit du miroir. C’était elle… mais pas vraiment. Le double s’approcha, et Élise sentit son corps se figer. Elle ne pouvait plus bouger, ni crier. Le cercle de sel s’illumina, et en un éclair, elle fut aspirée dans le miroir.
Le lendemain, les policiers retrouvèrent son carnet près de l’érable noir. La dernière page disait : « Ne regardez jamais dans le miroir sous l’arbre. Ce n’est pas votre reflet. C’est votre remplaçant. »
Depuis, chaque Halloween, une personne disparaît à La Prairie. Et l’érable noir, lui, semble grandir…
Effroyable halloween !
Histoire
Une « constitution québécoise », le mot sonne fort, presque irréel, vous ne trouvez pas ? Avec ce projet, Simon Jolin-Barrette remet au goût du jour un rêve que le Québec caresse depuis plus d’un demi-siècle.

À QUOI SERT UNE CONSTITUTION, AU JUSTE ?
En fait, une constitution, c’est comme le mode d’emploi d’un pays. La nôtre, celle du Canada, c’est la loi des lois, tout ce qui est voté par les législateurs doit respecter le droit constitutionnel, sinon la Cour suprême juge la loi anticonstitutionnelle.
C’est elle qui fixe les règles du jeu entre le pouvoir central à Ottawa et les provinces. Elle agit comme une boussole morale et politique, elle établit les grands principes qui tiennent la démocratie debout, comme la séparation des pouvoirs, la primauté du droit, la liberté d’expression et l’égalité devant la loi.
Et surtout, elle est un garde-fou contre les excès des gens qui exercent le pouvoir. Bref, elle trace les limites à ne jamais franchir.
IL FAUT SAVOIR
Évidemment, les provinces n’ont pas de constitution propre, elles sont régies par celle du pays. La nôtre a été mise en place en 1867 (l’Acte de l’Amérique du Nord britannique), puis rapatriée et modifiée en 1982.
Or, le Québec n’a jamais accepté cette version de la Constitution amendée en 1982, et ses principes lui ont été maladroitement imposés. Cette blessure politique, encore sensible, nourrit l’idée que le Québec devrait se doter d’un texte fondateur à son image.
C’est un peu cette idée que le ministre Simon Jolin-Barrette remet de l’avant, en parlant d’un document qui fixerait nos valeurs communes pour protéger la laïcité de l’État, la primauté du français et la reconnaissance des droits et libertés.
Retournons maintenant dans les années 1960 pour redécouvrir le grand rêve constitutionnel du premier ministre Daniel Johnson père.
LE RÊVE D’UN QUÉBEC ÉGAL EN DROIT ET EN FAIT

Johnson devient premier ministre du Québec en 1966. Il saute dans l’arène politique fédérale en mettant de l’avant une idée audacieuse qui lui a permis de séduire les Québécois. Il propose de refonder le Canada sur la base de deux nations égales, l’une francophone, l’autre anglophone.
Une orientation exposée dans son manifeste Égalité ou indépendance. Il rêvait d’un ordre binational, où ces deux nations pourraient gérer leurs intérêts communs sur un pied d’égalité. Johnson revendique pour le Québec des pouvoirs constitutionnels élargis, des leviers essentiels pour le développement de la vie nationale des Canadiens français.
Il propose même que chaque province puisse, à sa guise, déléguer certains pouvoirs au fédéral et non l’inverse. Dans cette logique, Ottawa ne serait plus au sommet de la pyramide du pouvoir, mais l’un des deux partenaires égaux d’une fédération véritablement équilibrée.
Il rêvait d’une réforme constitutionnelle où le Québec serait maître de ses institutions et pourrait se développer en respectant sa culture et les aspirations de ses citoyens. Quand il prend la parole lors de la conférence interprovinciale sur la « Confédération de demain », à Toronto en 1967, il impressionne par la clarté de sa vision : « Le Canada de demain, dit-il, devra être fondé sur une nouvelle constitution [… ] qui respecte les droits collectifs et les aspirations normales de chacune des nations. » – Daniel Johnson
UNE CONSTITUTION POUR NOUS MODERNISER
Dans les coulisses, ses conseillers planchent sur une constitution québécoise. On y trouve déjà l’idée d’une Charte des droits de la personne propre au Québec.
Johnson voulait que cette charte s’applique uniquement aux domaines relevant du Québec, principalement pour refléter les traditions du droit civil plutôt que celles de la common law canadienne. Il prônait aussi la création d’un tribunal constitutionnel, où les provinces désigneraient les deux tiers des juges, pour mieux équilibrer les forces dans l’interprétation du droit.
Le projet de constitution de l’Union nationale proposait aussi de transformer le Sénat en véritable chambre fédérale binationale.
Johnson proposa même l’idée de rebaptiser le pays « Union canadienne », avec la possibilité qu’il devienne un jour une république.
LA MORT D’UN RÊVE

Mais le destin a frappé avant que ce projet aboutisse. Le 26 septembre 1968, le premier ministre Johnson meurt subitement d’un malaise cardiaque. Il n’avait que 53 ans. Son projet de réforme constitutionnelle sera par la suite défendu timidement par son successeur, Jean-Jacques Bertrand, avant d’être éclipsé par l’arrivée au pouvoir d’un certain Pierre Elliott Trudeau.
Trudeau refusait catégoriquement cette vision « binationale » proposé par l’Union nationale. Il préférait l’idée d’un Canada où tous les citoyens, qu’ils soient anglophones ou francophones, jouissent des mêmes droits individuels, sans reconnaissance particulière.
Le choc entre les deux conceptions, celle d’un Canada des nations et celle d’un Canada des individus défendue par Trudeau père, marquera durablement notre histoire canadienne.
UN DÉBAT TOUJOURS VIVANT
Et c’est d’ailleurs ce fossé qui explique encore aujourd’hui pourquoi le Québec n’a jamais signé la Constitution de 1982.
Près de 60 ans plus tard, quand Simon Jolin-Barrette nous parle d’une constitution québécoise, difficile de ne pas entendre l’écho du passé. Certes, le contexte a changé et le projet de la CAQ ne réclame pas l’indépendance, mais il cherche toujours à baliser l’autonomie du Québec.
Bref, si un jour le Québec adopte sa propre constitution, il faudra se souvenir que Daniel Johnson père fut le premier à en tracer les contours, au milieu des années 1960.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier Weekend, 18 octobre 2025, p54
Opinion
Vive les peines de prison doré dans le confort de son foyer. Et ce cas précis c’est dans un luxueux penthouse que la coupable purgera sa sentence.

Voici un extrait du texte Camille Payant, publié dans les pages de l’édition d’hier du Journal de Montréal.
Une Montréalaise qui a agressé sexuellement une jeune artiste avec un médecin spécialiste pourra purger sa peine… dans le luxueux penthouse que son complice lui a légué avant de s’enlever la vie.
« Sans sa relation avec Stephan Probst, Wendy Devera n’aurait pas commis un crime de cette nature », a estimé la juge Suzanne Costom hier au palais de justice de Montréal.
Elle a ainsi condamné la Montréalaise de 32 ans à deux ans de prison à la maison, comme elle le désirait, pour une agression sexuelle en groupe survenue en 2020.
La victime, dont l’identité est protégée par la cour, avait accepté de se rendre dans le penthouse du médecin pour avoir une relation avec Devera. Elle avait précisé qu’elle ne voulait rien savoir de l’homme.
Le Québec est le champion des sentences semblables.
On fait quoi des effects punitifs et dissuasifs ?
Opinion
Finalement, le gouvernement Legault a fait adopter, sous bâillon, le projet de loi 106 qui est devenu la loi 2. Depuis, c’est la grogne chez les médecins. Chez la population, les opinions du pour et du contre sont partagées.
Pour ma part, je penche légèrement du côté de Christian Dubé.

J’ai écouté ses explications, dimanche dernier, à l’émission Tout le monde en parle, de Radio-Canada, et elles m’ont satisfaites en partie. Mais, malgré tout, on ne saura jamais ce qui s’est vraiment dit en vase clos, de part et d’autre. Il faut donc se faire une quelconque idée.
En écoutant les deux parties, je reste sur mon appétit, surtout en me rappelant le passé des négos pas si lointain. Est-ce qu’on a vraiment réglé les problèmes entre deux entités qui ont respectivement la tête dure ? Est-ce qu’on a tenu compte de la santé des patients ? La réponse est non ! Et on n’y arrivera jamais.
AUJOURD’HUI C’EST COMME HIER
Voici quelques points qui ne sont toujours pas réglés et ça depuis des années.
La seule réponse qui s’impose est NON ! Et depuis très longtemps, voire toujours.
Je l’ai dit souvent. Toutes les cliniques devraient être ouvertes 24 heures sur 24, être les premiers répondants et leur personnel devrait diriger le patient vers l’urgence d’un hôpital, le cas échéant. Des infirmières spécialisées pourrait intervenir. L’hôpital devrait être priorisée pour des cas d’extrême urgence.
Le temps d’attente pour certaines chirurgies s’étend en terme d’années. Qui souffre ? Le patient (qui porte bien son nom).
Vous appelez le 811 pour expliquer vos malaises, ils vous envoient à l’urgence… sans vous avoir vu, se basant sur vos symptômes.
Les médecins de familles font du 9 à 5. VOUS devez quitter le travail pour les rencontrer. Lequel des deux a les moyens de perdre quelques heures de travail ? Malheureusement l’ère des rendez-vous, le soir, avec votre médecin fait partie de la préhistoire.
Les salles d’urgence continuent d’accueillir les patients, qui doivent prévoir s’amener de la lecture s’ils veulent survivre à l’attente. Il faudrait prévoir un peu plus de personnel médical.
DES PRIMES ET DES PRIMES
Vous vous souvenez, il y a quelques années, le médecin se voyait donné une prime dans certaines conditions comme mettre des vêtements de protection en visitant des patients contagieux… Incompréhensible ! (Pas la jaquette, la prime.).
Même chose s’il se présentait au travail à l’heure prévue. Une autre prime !
Les médecins et le gouvernement sont deux coqs dans la bataille. Chacun tire la couverture de son côté sans céder un pouce. Le gouvernement a recours à l’imposition d’une loi spéciale pour mettre fin à un conflit. Évidemment ça ne règle pas tout, loin de là. Par contre, il est vrai que les médecins, depuis des années, ont vu leur rémunération faire un bond en avant spectaculaire, frôlant et dépassant le demi-million annuellement.
Malheureusement, on n’a pas réglé la situation du PATIENT, celui qui n’a pas le choix de payer pour un service qu’il tarde à recevoir et qui lui est dû. C’est lui, le grand perdant dans cette bataille.
Personne n’en parle !
Histoire
Les soirs d’octobre ont toujours eu quelque chose de magique pour les amateurs de baseball.
Cette année, la magie a repris forme grâce à cette belle vague bleue, signée Blue Jays de Toronto, qui a déferlé sur tout le pays. À Montréal, Québec, Trois-Rivières, on s’est surpris à suivre les matchs tard dans la nuit, le cœur battant à chaque circuit de Vladimir Guerrero Jr., ce jeune colosse au sourire tranquille qui porte désormais sur ses épaules les espoirs d’un pays.
Et cette semaine, le circuit de trois points de Georges Springer a soulevé la foule en liesse au Rogers Center, envoyant les Blue Jays de Toronto en Série mondiale.
Pour des milliers de Québécois, cette fièvre du baseball a un goût de déjà-vu. Elle réveille des souvenirs : ceux d’une époque où les Expos de Montréal faisaient vibrer le Stade olympique et où, un été après l’autre, le rêve d’une Série mondiale semblait à portée de gant.

L’ÈRE DES EXPOS
Tout commence à la fin des années 1960. Montréal est en pleine effervescence : l’Expo 67 a projeté la ville sur la scène internationale et Jean Drapeau rêve d’une métropole moderne et ambitieuse.
C’est dans ce contexte qu’en 1969, la ville obtient une franchise des Ligues majeures de baseball, la première de l’histoire accordée à une ville hors des États-Unis. Le nom s’impose de lui-même : les Expos.
Le premier match a lieu le 14 avril 1969 au parc Jarry, un petit stade improvisé, coincé entre deux rues résidentielles du Nord de Montréal. Ce jour-là, 29 000 spectateurs et quelque 200 journalistes s’entassent pour voir la nouvelle équipe.

Dès cette première saison, Montréal est conquise. Rapidement, le baseball devient un langage commun : les pères apprennent à leurs fils à compter les balles et les prises, les mères tricotent des casquettes bleues et rouges, les enfants collectionnent les cartes de Gary Carter, Andre Dawson, Tim Raines et, plus tard, celles de Vladimir Guerrero.
Le parc Jarry puis le Stade olympique deviennent des lieux de rassemblement. On y vient pour rêver, pour se défouler, pour être ensemble.
Les soirs d’été, le métro déborde de familles, d’amis, de couples qui se tiennent par la main et crient « Go Expos Go ! »
Montréal est une ville de hockey, certes, mais pendant ces années-là, elle est aussi une ville de baseball.
UNE PASSION POPULAIRE, MAIS AUSSI POLITIQUE
Le baseball, à Montréal, n’était pas qu’un sport, c’était un symbole. Symbole d’ouverture sur le monde, d’un Québec qui voulait s’affirmer autrement qu’à travers le Canadien de Montréal ou la politique.
Quand les Expos ont vu le jour, le Québec sortait à peine de la Révolution tranquille. Les Québécois se cherchaient de nouveaux repères identitaires, de nouvelles fiertés. Et quoi de plus rassembleur qu’un sport américain… conquis par une équipe francophone ?
On oublie souvent à quel point le baseball des Expos avait une saveur nationale. Les annonces se faisaient en français et en anglais, et les commentateurs comme Jacques Doucet ou Rodger Brulotte sont devenus des légendes.
Les soirs de victoire, les klaxons résonnaient sur la rue Sainte-Catherine comme après une conquête de la coupe Stanley. C’était une époque où Montréal osait rêver grand.
SI PRÈS DU SOMMET
Les Expos ont connu des saisons héroïques. En 1979, ils remportent 95 victoires et manquent la Série mondiale d’un souffle.
Deux ans plus tard, en 1981, l’équipe atteint enfin les séries éliminatoires et se rend jusqu’à la finale de la Ligue nationale.
Le 19 octobre 1981, au Stade olympique, tout un peuple retient son souffle : un seul match les sépare de la Série mondiale. Mais le sort en décide autrement, alors que Rick Monday, des Dodgers de Los Angeles, frappe un circuit dévastateur en neuvième manche.
C’est la fameuse journée qu’on appellera plus tard Blue Monday, un traumatisme sportif gravé dans la mémoire collective.
Puis vient 1994. Les Expos sont au sommet : meilleure fiche du baseball, une équipe jeune, explosive, spectaculaire. Mais la grève des joueurs interrompt la saison et l’espoir s’effondre. C’est la fin d’une époque.
L’équipe ne s’en remettra jamais vraiment. En 2004, les Expos jouent leur dernier match à Montréal. Le rêve s’éteint.
L’AUTRE ÉQUIPE DU CANADA

Pendant ce temps, ailleurs au pays, une autre équipe monte en puissance. En 1977, huit ans après la naissance des Expos, les Ligues majeures accordent une deuxième franchise canadienne : les Blue Jays de Toronto.
Ils commencent modestement au vieux Exhibition Stadium, sur les rives du lac Ontario, mais la Ville de Toronto investit massivement. Le baseball devient rapidement un élément de prestige national, un outil d’unification du Canada anglophone autour d’une équipe « de la maison ».
Au début, au Québec, les Jays représentent surtout une rivalité. Ils sont les cousins riches, ceux qui ont le soutien des grandes entreprises et des médias anglophones.
En 1992 et 1993, ils remportent deux fois de suite la Série mondiale grâce à des vedettes comme Joe Carter et Roberto Alomar.
Le pays entier célèbre, sauf peut-être Montréal, qui regarde ces triomphes avec un pincement au cœur. Il faudra attendre la disparition des Expos pour voir des milliers de Québécois adopter Toronto par procuration.
LE RETOUR DE LA FIÈVRE
Et nous voilà en 2025. Les Blue Jays viennent d’éliminer Seattle dans un septième match d’anthologie.
Leur retour en Série mondiale enflamme tout le pays. Dans les bars de Montréal, les écrans géants diffusent les matchs ; les chandails bleus fleurissent dans les rues ; les enfants rêvent de frapper des circuits. À Québec, Sherbrooke, Saguenay, les ligues mineures voient leur nombre d’inscriptions grimper. Le baseball n’est plus seulement un souvenir : il est redevenu une passion nationale.
Comme si ce n’était pas suffisant, ce retour de flamme, on le doit en partie au talent de Vladimir Guerrero Jr., le fils du légendaire Vladimir Guerrero Sr., qui avait électrisé Montréal à la fin des années 1990.
Le père, joueur emblématique des Expos, frappait tout ce qui bougeait – des balles au-dessus de la tête. Dans la terre ou hors de la zone. Il jouait avec le cœur, la fougue d’un Montréal multiculturel et fier.
Son fils, qui est aujourd’hui une vedette des Blue Jays, est devenu le visage de cette nouvelle ère. Son sourire, sa puissance, son calme rappellent à beaucoup l’époque dorée des Expos.
On dirait presque que l’histoire recommence… mais avec une autre couleur de chandail.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier Weekend, 25 octobre 2025, p50
Histoire
Le projet souverainiste québécois plonge ses racines profondément dans l’histoire. Il est en quelque sorte inhérent à la Conquête britannique de 1760, qui a engendré la mise en tutelle d’un peuple d’origine française à une autre entité ; britannique d’abord, canadienne ensuite.
Depuis la Conquête, ce moment déterminant de l’histoire du Québec, le peuple québécois n’est pas entièrement maître de lui-même. Sa destinée dépend en grande partie de forces extérieures.

De là découle le projet de la souveraineté, qui est revenu périodiquement et sous différentes formes au cours de l’histoire : l’émancipation du peuple québécois de sa tutelle étrangère.
L’ÉLAN DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE
Toutefois, c’est véritablement durant la Révolution tranquille que le projet souverainiste contemporain est né.
Les années 1960 instaurent au Québec une ère marquée par d’importantes réformes d’État et de grands projets économiques.
Durant cette période, les descendants français d’Amérique vivant au Québec s’approprient l’État québécois et s’en servent pour s’émanciper de leur état d’infériorité sociale et économique face à la population anglo-canadienne. De Canadiens français, ils se désigneront progressivement comme des Québécois !
Le slogan des libéraux de Jean Lesage aux élections de 1962, « Maîtres chez nous ! », incarne à merveille l’esprit de cette époque.
Dans la foulée, de plus en plus d’acteurs du monde politique pensent que les Québécois ne seront véritablement maîtres chez eux qu’en se séparant du Canada, en faisant du Québec leur seul et unique pays.
C’est le cas du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), un mouvement de gauche qui devient parti politique en 1963, et du Front de libération du Québec (FLQ), créé la même année, qui prône des actions radicales qui mèneront à la crise d’Octobre de 1970.
En 1965, le chef de l’Union nationale et futur premier ministre du Québec (1966-1968), Daniel Johnson, publie un manifeste, Égalité ou indépendance, dans lequel il dit ouvertement que « si la sécession devenait pour les Canadiens français le seul moyen de rester eux-mêmes, de rester français, alors ce ne serait pas seulement leur droit, ce serait même leur devoir d’être séparatistes. »
L’année suivante est créé le Ralliement national (RN), qui se veut un parti indépendantiste campé à droite de l’échiquier politique.
« VIVRE LE QUÉBEC LIBRE »
Durant cette période de consolidation d’un mouvement souverainiste québécois, un événement majeur vient lui donner une impulsion décisive doublé d’une légitimité et d’une résonnance internationale. Il survient le 24 juillet 1967, du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, comme un écho venu du fond de l’histoire, lorsque le président de la France, le général de Gaulle, proclame son « Vive le Québec libre ! ».
Ce moment agira comme une véritable épiphanie pour de nombreux Québécois de l’époque…
LE MSA ET LA CRÉATION DU PARTI QUÉBÉCOIS
Quelques mois après la venue de Charles de Gaulle, René Lévesque quitte le Parti libéral du Québec et fonde le Mouvement souveraineté-association (MSA), qui prône la souveraineté du Québec assortie d’une association avec le Canada.
Lévesque publie ensuite un essai, Option Québec, dans lequel il étaye ses idées politiques souverainistes.
« C’est la chance indispensable que nous, Québécois, devons nous donner, à la suite de tant d’autres peuples, de bâtir par et pour nous-mêmes le pays que nous voulons. »
En 1968, le MSA fusionne avec le RN et devient le Parti Québécois. Les souverainistes ont désormais un véhicule jouissant d’une crédibilité et d’une notoriété pour faire avancer leur projet. Les membres du RIN, qui se dissout en octobre 1968, viendront grossir les rangs du nouveau vaisseau amiral de la souveraineté du Québec.
COMMENT DEVENIR UN PAYS

La question qui s’est posée à René Lévesque et aux ténors du mouvement souverainiste est celle-ci : comment faire accéder le Québec à l’indépendance politique ? Pour certains, l’élection d’un parti souverainiste était suffisante pour que celui-ci déclenche le processus d’accession à la souveraineté.
Toutefois, au début des années 1970, le professeur Claude Morin met de l’avant une autre stratégie, « l’étapisme », qui prévoit que le processus d’accession à la souveraineté se fasse à la suite d’un référendum gagnant.
En 1974, le PQ adopte la stratégie de Morin et s’engage à tenir un référendum si le parti obtient le pouvoir.
1980 ET 1995 : LES DEUX RÉFÉRENDUMS

Cette première étape est atteinte le 15 novembre 1976, lorsque le Parti Québécois remporte les élections, Le parti de René Lévesque enclenche alors la deuxième étape, le référendum du 20 mai 1980. En tout, 59,6 % des Québécois votent non à la question référendaire visant à négocier la souveraineté avec le Canada. Pour René Lévesque, les Québécois disent « à la prochaine fois ! »
Cette prochaine fois survient le 30 octobre 1995, lorsque le PQ de Jacques Parizeau fait une deuxième tentative, fort de la remontée du projet d’indépendance après l’échec des accords du lac Meech et de Charlottetown.
Le NON l’emporte encore, mais avec une mince majorité, à 50,58 % d’appuis contre 49,42 % pour le OUI.
Depuis lors, le projet souverainiste s’est dilué à travers divers débats, l’attention étant axée, au tournant des années 2000, sur la réalisation de la mondialisation. Toutefois, celle-ci montre ses limites depuis quelques années et certains États commencent à renouer avec le nationalisme, qui se traduit au Québec avec la remontée du Parti Québécois et du projet d’indépendance, notamment chez les jeunes.
L’histoire du mouvement souverainiste n’est pas finie et continue de s’écrire…
Source : Martin Lavallée, Journal de Montréal, cahier weekend, 18 octobre 2025, p50
Opinion
Désastreuse nouvelle pour 300 employés de PACCAR
Demain, l’usine de fabrication de camions lourds PACCAR, à Sainte-Thérèse, mettra à pied 300 de ses employés, parce que le dictateur américain imposera, le premier novembre des tarifs sur les exportations de camions.

Et pendant ce temps, le premier « mounistre » canadien, celui qui a déjà enlevé ses contre-tarifs envers le dictateur, a aussi enlevé son dentier. Il ne mord plus !
Cependant, lorsqu’il rencontre le dictateur orange, il lui baise les pieds et discute avec lui, la gueule fendue jusqu’aux oreilles, et pour arriver à rien. Il revient toujours bredouille.
Lamentable et décourageant !
Comme cadeau de Noël, ces employés sont mis devant le fait accompli. Ces travailleurs sont victimes du despote américain, alors qu’on n’a pas assez de couilles pour riposter.
Nécrologie

La horde des anciens « Snowbirds » des décennies 2000-2010 vient de perdre un de ses membres.
Pour les saisonniers de cette belle époque au Pioneer Village, je vous informe du décès de Jacques Pitre, conjoint de son épouse Claude Meilleur. Il est décédé mardi, 21 octobre.
Ils ont habité Pionner Village durant plusieurs hivers, d’abord avec leur autocaravane, puis sont devenus propriétaires d’une maison de parc au E4-31.
Il avait 81 ans.
Ma conjointe et moi, voulons offrir nos plus sincères condoléances à Claude, la famille, parents et amis. Nos pensées profondes vous accompagnent dans cette triste épreuve.
Opinion
MÉDECINS MORALISATEURS

Pourquoi on a fait l’assemblée spéciale des médecins via une vidéo conférence ? 3000 médecins y ont participé. Dommage que cette assemblée ne se soit pas tenue en présentiel… On aurait pu voir la face des médecins dénigreurs. Caché, on est plus brave !
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RÉFÉRENDUM
Au prochain référendum sur la souveraineté du Québec, je voterai OUI. Pour ceux qui trouve ce référendum dangereux pour la cause, arrêtez de faire les mauviettes. S’il faut atteindre cet objectif trois, quatre, cinq ou six fois, c’est quoi le problème ? Le Québec doit devenir un pays souverain !
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UN DÉFI RELEVÉ SOUS LE SOLEIL
En fin de semaine, se tenait LE GRAND DÉFI PIERRE LAVOIE, un peu partout au Québec. On estime qu’un peu plus de 90 000 personnes ont participé à l’événement qui en était à sa huitième édition. Accompagné de mon frère, son épouse et un ami, nous avons parcouru les cinq kilomètres, en ajoutant un de plus pour les déplacements de chez-moi à la ligne de départ. Une superbe sortie, agrémentée de sourires, que j’aimerais bien reprendre l’automne prochain. Ah oui, j’oubliais… cette activité était prescrite, sans ordonnance, par les médecins de familles. Bonne idée !
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RÉFÉRENDUM (suite)
Le dernier sondage annonce un NON à la souveraineté et cela amène toute sorte d’opinions. On annonce déjà la défaite. C’est hâtif, ne trouvez-vous pas ? PSPP l’a encore dit : la souveraineté c’est son ultime objectif politique et il n’y dérogera pas. Quant à Lucien Bouchard qui conseille de ne pas tenir pareil référendum dans un premier mandat, il se garde bien de révéler le bon moment. Encore un mou !
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INDIGNE D’UN CHEF D’ÉTAT
Vous avez vu la dernière frasque de Trump ? Avec sa couronne sur la tête et pilotant un avion de chasse, il survole les manifestants anti-Trump, en leur larguant des tas de merde. Aucun chef d’État n’agit aussi bassement. On ne peut même pas le qualifier de bouffon, parce qu’un bouffon, c’est drôle. Lui, il a utilisé l’intelligence artificielle pour réaliser cette horreur sur son réseau social. Et dire qu’il gouverne le plus puissant pays du monde. Les Américains sont sérieusement en danger !
Opinion
C’est le citoyen, le patient qui, même avec tous les impôts de toutes sortes, paie toujours la note.

J’ai écouté à peu près tout ce qui s’est dit, tant des médecins que du gouvernement du Québec et j’arrive toujours au même constat. Effectivement, les médecins très grassement payés n’en donnent pas pour la peine. Pas pour la rémunération qu’ils reçoivent.
Il y a 20 000 médecins au Québec qui gagnent chacun, au bas mot, 350 000 $ annuellement, soit plus de 6700 par semaine.
Ce n’est pas le ventre plein ça ?
Et ils trouvent exagéré que le gouvernement leur impose une partie de leur rémunération associé à leur rendement.
IL FUT UN TEMPS…
Les plus vieux s’en rappellent, jusqu’au début des années 1980, on pouvait rencontrer son médecin les soirs de semaine. Les rendez-vous n’attendaient pas. Ça permettait au citoyen de ne pas perdre des heures précieuses au travail.
Hélas, autre temps, autre mœurs, cette belle période est révolue.
Aujourd’hui, les médecins fonctionnent par deux mois. Essayez d’avoir un rendez vous dans trois mois, leur charmante secrétaire vous dira qu’il vous faudra rappeler dans six semaines, soit au prochain agenda.
Chaque citoyen investi autour de 800 $ par année en taxes seulement pour financer la RAMQ. Il n’a pas le choix de payer. Si sa santé est excellente, pas de problème, il peut profiter de la vie. Mais, quand la maladie l’afflige, le temps d’attente interminable devient le prix à payer pour soulager ses souffrance.
ATTENDRE
Un mot populaire lorsqu’on attend pour une chirurgie « attendre ». Qui attend ? Toujours notre citoyen, celui qui souffre, qui voit son quotidien perturbé. Je ne parle pas en termes de jours. Je parle de beaucoup de mois et d’années. On ne ferait pas subir un tel traitement à son chien !
Je ne mets pas tous les médecins dans le même bateau. Mais, comme dans d’autres domaines, certains ont déjà oublié leur serment d’Hippocrate. Quand tu étires trop l’élastique, il risque de te péter en plein visage. On est rendu là !
Allez monsieur le ministre, il est temps de faire adopter le projet de loi 106. Le niaisage a assez duré.
Histoire
Vous souvenez-vous de la construction du métro de Montréal. Moi, oui ! J’avais 15 ans, ce 14 octobre 1966 et j’y étais à me promener gratuitement dans cette foule massée sur les quais. Ça sentait le caoutchouc chauffé puisque cette merveille moderne roulait sur des pneumatiques.
À l’époque, nous avions un maire dynamique qui n’a jamais eu de successeur capable de mettre Montréal sur la carte planétaire. Les années de son règne, en plus du métro, il nous a ouvert sur le monde avec l’Expo 67 et le baseball majeur avec les Expos, dont on s’ennuie encore.
***
Le 14 octobre 1966, les Montréalais retiennent leur souffle. Dans la station flambant neuve de Berri-De Montigny, le maire Jean Drapeau coupe le ruban pour inaugurer le nouveau métro. L’événement est historique : avec ce transport collectif d’un genre inédit, la métropole entre résolument dans l’ère moderne.

Le réseau compte 26 stations réparties sur trois lignes ; la verte, l’orange et la jaune. Il couvre 26 kilomètres, mais il faudra attendre le printemps pour que la ligne jaune accueille ses premiers passagers, juste à temps pour l’Expo 67.
Ce n’est pas d’hier que Montréal rêve d’enfouir son transport public. Dès 1910, on creuse timidement quelques tunnels pour désengorger les tramways du centre-ville, mais la crise des années 1930 enterre le projet. En 1944, la Montreal Tramways Comgany revient à la charge, mais les dépenses de guerre et les débats sur la municipalisation du transport freinent encore l’élan.
RATTRAPER TORONTO
Il faut attendre 1953 pour qu’un vrai plan voie le jour : un métro électrique de 12,5 km passant sous les rues Saint-Denis, Saint-Jacques et Sainte-Catherine. Coût estimé : 117 millions de dollars. Malheureusement, les élus tergiversent et le projet est reporté.
Pendant ce temps, Toronto creuse. En 1954, la Ville Reine inaugure son métro.
À Montréal, on grince des dents. Les élus et les citoyens, piqués dans leur orgueil, veulent rattraper le retard.
Tout s’accélère avec l’élection en 1960 : le duo Jean Drapeau et Lucien Saulnier s’installe à l’hôtel de ville. Dès janvier 1961, la Ville décide d’arrêter d’attendre que l’argent tombe du ciel et choisit de financer elle-même le projet, sans compter sur les autres municipalités de l’île.
INSPIRATION PARISIENNE
Un comité spécial se met aussitôt au travail, sous la direction d’un ingénieur. À l’automne, un avant-projet prend forme : une ligne est-ouest (la future verte), une ligne nord-sud (l’orange) et une ligne passant sous le mont Royal. Cette dernière sera vite remplacée par une idée plus audacieuse : un tracé sous le fleuve Saint-Laurent, menant directement au site de l’Exposition universelle de 1967. Ce sera la ligne jaune.
Le 3 novembre 1961, le conseil municipal débloque 132 millions de dollars. Montréal commence à creuser sa révolution.
De retour d’un voyage à Paris, Jean Drapeau est fasciné par une nouveauté : là-bas, le métro roule sur pneus. Plus silencieux, plus souple, plus moderne.
Des ingénieurs français, Georges Derou et Jacques Gaston, de la RATP, sont invités à Montréal, et la société Michelin fournit la technologie qui permettra à la métropole d’avoir, elle aussi, un métro sur pneus. On électrifie, on modernise, on réinvente : c’était ça, les années 1960.
Le 23 mai 1962, les premiers coups de pelle résonnent rue Berri. Chaque station a sa personnalité, dessinée par un architecte québécois et décorée par un artiste local. Montréal creuse sculpte et, surtout, rêve. En novembre, la nouvelle tombe : l’Expo 67 aura lieu à Montréal. Résultat : la ligne jaune devient prioritaire, reliant le centre-ville aux îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, jusqu’à Longueuil.
L’année suivante, le budget explose à 213 millions de dollars. La firme Canadian Vickers reçoit le contrat des voitures MR-63. Les premiers wagons sont livrés deux ans plus tard. Oui, oui… deux ans, pas huit, grâce entre autres à l’agilité de celui qu’on surnommera bientôt le père du métro, Lucien L’allier.
À son apogée, 5000 ouvriers s’activent sur le chantier de ce projet titanesque. On déplore douze morts parmi les travailleurs. Pendant quatre ans, la ville gronde : son cœur bat au rythme des foreuses.
UN GRAND JOUR
Le 14 octobre 1966, à 14h30, Montréal inaugure enfin son métro. Vingt stations ouvrent d’un coup ce jour-là. Le weekend suivant, un million de curieux descendent sous terre pour faire des allers-retours et découvrir le réseau.
Selon les plans initiaux, il reliait Atwater à Frontenac (ligne verte), Henri-Bourassa à Bonaventure (ligne orange) et Berri-De Montigny à Longueuil (ligne jaune).
Mais qui était donc ce Berri-De Montigny ? En fait, personne ! Ce nom vient simplement du croisement entre la rue Berri et la rue de Montigny, où se trouve la station centrale du réseau.
Les plus jeunes ne connaissent plus cette dernière : la rue a rapidement été renommée boulevard De Maisonneuve peu après l’inauguration.
Les Montréalais adoptent immédiatement leur métro. Dès la première année, plus de 130 millions de déplacements sont enregistrés. Durant l’Expo 67, la station de l’île Sainte-Hélène devient la plus fréquentés du monde avec 418 000 passagers en une seule journée.
SYMBOLE
Avec son métro, Montréal venait d’entrer dans la modernité. Sous ses rues, dans ses tunnels impeccablement dessinés, la ville respire autrement. Le métro n’est pas qu’un moyen de transport : c’est un symbole, celui d’une métropole qui, depuis ce jour d’octobre 1966, a la capacité de se réinventer.
Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 11 octobre 2025, p52