Le cadeau de la Petite

Il était une fois, une petite fille qui vivait toute seule, au fond de la forêt, dans une maison de bois. Elle avait trois grands amis : Éolin le vent, Solstice le soleil et Sylva la forêt.

Chaque jour, elle jouait à cache-cache avec le soleil, ou à attrape-moi avec le vent. La forêt lui offrait la rosée du matin, les bruits de la nuit, le chant des oiseaux, et la petite fille le lui rendait bien! Elle consolait les uns, souriait à tous, et mettait tant de gaieté dans la forêt, par ses rires et ses chants, que tout le monde l’aimait bien.

Un hiver, le vent, le soleil et la forêt se retrouvèrent dans une clairière pour discuter :

– La Petite – c’est ainsi qu’ils appelaient entre eux la fillette – est si gentille avec nous! dit la forêt. Je me demande bien ce que nous pourrions faire pour lui montrer combien nous l’aimons.

– C’est bientôt Noël, dit le vent en baissant la voix, et… psshh, psshh, psshh…

– Bonne idée! répondirent ensemble le soleil et la forêt.

Puis ils se séparèrent tout contents, en promettant de garder le secret!

La nuit de Noël, la neige se mit à tomber si fort qu’au petit matin toute la forêt était recouverte de blanc. Dès son réveil, le soleil envoya l’un de ses rayons chatouiller le nez de la Petite.

– Lève-toi! lui souffla-t-il, dehors. Il y a une surprise pour toi!

Très étonnée, la Petite sortit dans le grand froid. Le rayon de soleil la guida dans la clairière du grand sapin. Ses trois amis étaient là! Ils s’écrièrent d’une même voix :

– Voilà notre cadeau de Noël!

– Un cadeau? Qu’est-ce que c’est? demanda la fillette.

– Regarde! lui murmura le vent.

Et la Petite ouvrit grand ses yeux et ses oreilles. Le soleil commença à éclairer le sapin de ses rayons, la neige étincelait sur ses branches comme mille bougies. Le sapin était superbe, si blanc et si brillant! Le vent se mit à tournoyer pour soulever des millions de petits éclats de givre qui, dans le soleil, scintillaient comme autant d’étoiles. C’était comme un ballet, une danse aux éclats d’argent.

La forêt, accompagnée par le vent, se mit à chanter des airs légers comme des berceuses. La Petite était émerveillée.

Quand tout fut terminé, elle sauta de joie autour de ses amis :

– Merci pour tous ces cadeaux! C’est si doux de savoir que vous m’aimez tant…

Depuis ce jour-là, chaque année le jour de Noël, les habitants de la forêt s’offrent des cadeaux, pour se dire toute leur amitié.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Noël, c’est unique

Aujourd’hui et depuis les 6 dernières années nous passons l’hiver, mon épouse et moi, bien au chaud, dans le sud-ouest de la Floride. Forcément Noël ne porte pas son manteau blanc. C’est l’hiver nordique qui est responsable de cette décision. L’Avent ici, est comparable à l’effervescence qu’on vivait jadis au Québec mais, malheureusement, il manque un élément essentiel; la neige!

J’adore la neige qui tombe en gros flocons et qui danse sous un mercure qui dépasse à peine le point de congélation. Il s’en dégage un charme bucolique indescriptible et qui ne cesse de m’émerveiller. Immédiatement cette image ramène dans ma tête, les plus beaux souvenirs des trente premières années de ma vie.

Entre le 20 décembre et le 10 janvier, je l’accepterais volontiers et c’est devenu, au fil des ans, ma limite d’endurance. Les hivers au Québec ne sont plus ce qu’ils étaient; froids sibériens en novembre et redoux en janvier et février, les hivers se sont transformés au fil des saisons. Pendant ce temps, le soleil du sud nous permet d’ajouter du temps de qualité à notre vie. Si c’est dérangeant au début de l’expérience, incontestablement on s’y habitue rapidement.

Quoi qu’il en soit, pour bien étayer mon propos, je vous propose les 13 photos suivantes, prises sur le complexe de nos quartiers d’hiver et choisies parmi les plus spectaculaires. Si les décorations sont chaleureuses, il y manque un élément essentiel pour les égayer et les faire vivre; une bonne trentaine de centimètres de neige pour éclaircir le décor et redonner du charme au tableau. Jugez-en par vous-même…

Le Père Noël a des soucis

Dans sa maison perdue dans l’immense forêt, le Père Noël préparait ses dernières commandes. Bientôt, il partirait avec ses quatre rennes visiter les enfants du monde entier. L’atelier de fabrication des jouets était en pleine activité : les lutins serraient les derniers boulons des robots, vérifiaient les roues des voitures téléguidées, empaquetaient soigneusement les poupées et les robes de princesses. Quelle joyeuse animation!

Mais les rennes n’étaient pas du tout enthousiastes. Ils étaient vieux, aussi vieux que le Père Noël. Et la tournée d’un pays à l’autre en vingt-quatre heures devenait trop épuisante. Se poser sur les toits glissants des maisons, tirer le traîneau alourdi par des millions de jouets, voler dans le vent cinglant était, chaque année, un peu plus difficile.

– Nous ne voulons plus travailler de cette façon, dirent-ils en chœur au Père Noël. C’est trop fatigant. Il faut trouver une solution, sinon nous ne partirons pas ce soir!

Abasourdi, le Père Noël se laissa lourdement tomber dans son fauteuil. Il réfléchit.

– Je vous offre double ration de foin, du lait à volonté et des clochettes toutes neuves.

– Non, répondirent les rennes obstinés. Ce que nous voudrions, c’est que cette période de Noël dure quatre jours. Ainsi, nous aurions le temps de voler tranquillement et de regarder les enfants découvrir leurs jouets.

– Impossible, répliqua le Père Noël. Comment leur demander d’attendre le 26 ou le 27 décembre pour ouvrir leurs cadeaux?

Les rennes se grattèrent les moustaches.

– Ah, pour sûr Père Noël, on ne doit pas les décevoir!

– Et que diriez-vous de motoriser le traîneau? suggéra le Père Noël.

– Impensable! Ça sentira l’essence et les étoiles feront la grimace!

– Tout de même, je ne peux pas distribuer les cadeaux tout seul, surtout à mon âge… Et si nous demandions conseil aux lutins?

Les lutins furent unanimes.

– La tournée ne peut pas être annulée. On a tous travaillé comme des fous depuis des semaines

– Et si on se partageait les rôles! dit un petit lutin. Les rennes tireront simplement le traîneau de nuage en nuage. Nous, les lutins, nous sauterons sur les toits et nous ferons la chaîne pour débarquer les cadeaux, et vous, Père Noël, vous passerez par la cheminée…

– Brave lutin, c’est une excellente idée, applaudit le Père Noël.

Et c’est ainsi que, cette nuit de Noël, dans le ciel, les rires cristallins des lutins se mêlèrent au tintement des clochettes des rennes. Au petit matin, tout le monde se retrouva épuisé et heureux pour un bon petit déjeuner.

– C’était très amusant, dirent les lutins.

– Et bien moins fatigant, ajoutèrent les rennes. C’est décidé, Père Noël, nous ferons cela tous les ans!

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Chantal Cazin
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Avant de jeter vos médicaments et denrées périssables, lisez ceci.

À moins que la conservation soit meilleure au Canada… Voici une vérité vivement dénoncée par des médecins et spécialistes alimentaires :

Un médicament a la même efficacité 4 ans après la date de péremption. Mais il ne faut pas le dire trop fort parce que les compagnies pharmaceutiques n’aiment pas ça… Tout ce gaspillage écologique…

Voilà pourquoi nos portefeuilles sont vides! L’armée américaine avait pour plus d’un milliard de médicaments et voulait savoir si c’était vrai qu’il fallait en disposer selon la date indiquée. Ils ont tout testé et seulement un produit perdait un peu de son efficacité après 4 ans.

CAPITAL, une revue française, expose également :

Les dates limites de conservation sont imposées par les industriels pour écouler un maximum de produits et renouveler régulièrement leurs inventaires. En fait, des yogourts ont été analysés et goûtés 57 jours après le dernier jour de consommation autorisé inscrit sur l’emballage : même saveur, même fraîcheur, donc aucun problème à être consommés.

Même chose pour les charcuteries sous vide qui peuvent être utilisées 15 jours après la date de consommation affichée. Pour les gâteaux secs, biscuits sous vide de toutes sortes : confiseries, chocolats, légumes secs, pâtes, riz, lentilles, ces produits sont consommables et de même saveur 3 à 4 ans après la date limite de consommation affichée.

Les industriels organiseraient ce gâchis alimentaire pour augmenter leurs bénéfices et satisfaire les actionnaires de plus en plus exigeants. Un médecin a confirmé qu’il en est de même pour les pilules. Il s’agit d’une arnaque des compagnies pharmaceutiques.

La seule différence, c’est qu’après 3 ans, l’efficacité est légèrement diminuée, soit autour de 95 % au lieu de 100 %. Donc, avant de jeter vos Tylenol, Immodium, Aspirine et autres pilules du genre, pensez que vous enrichissez seulement les compagnies pharmaceutiques qui font des milliards à vos dépens.

La grande peur de Finette

Finette, la petite chatte, court partout dans la maison. Il flotte un vent sucré qui fait rêver…

– On doit préparer une fête! se dit-elle en passant sa patte derrière son oreille!

Dans la cuisine, elle grimpe sur la table. Des odeurs de chocolat, de miel, de cannelle et d’orange viennent lui chatouiller les moustaches! Mais Grand-mère rentre du jardin :

– Oust, Finette! crie-t-elle.

Et Finette se sauve à toutes pattes par la porte entrouverte.

Dans le jardin, le mistral souffle fort. Finette court derrière l’apprentis pour se protéger du vent. Elle renifle un cageot de pommes, saute sur le tas de bois et grimpe au sommet. Mais là, patatras! une petite bûche roule sous ses pattes, et c’est tout le tas de bois qui s’écroule. La petite chatte manque de se faire écraser par une énorme bûche au nez long et pointu. Finette pense tout bas :

– Quelle méchante bûche! Ça ne se fait pas d’écraser une jolie chatte!

Effrayée, elle réussit à se dégager et se sauve en courant. En chemin, elle rencontre Grand-père qui tire son petit-fils par le bras :

– Viens! on va choisir la plus grosse! Et nous la brûlerons cette nuit, pour Noël.

Finette se demande de quoi ils peuvent bien parler, mais elle a trop peur de les suivre et préfère retourner au coin du feu.

Dans la maison, chacun a mis ses plus beaux habits. Grand-père et son petit-fils arrivent tout contents. Ils portent fièrement une énorme bûche.

– Mais… c’est la méchante bûche de tout à l’heure! se dit Finette.

Une fois la bûche dans le feu, Grand-père verse dessus de l’huile qui sent bon l’olive. Il sert la main de son petit-fils et dit :

– Dieu nous fasse la grâce de vivre l’an qui vient! Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins!

Finette elle, est bien contente : il y en a une qui ne sera pas là l’an prochain, c’est cette vilaine bûche au nez pointu! Mais soudain, Finette regarde sur la table et ses poils se hérissent : La bûche! Elle est revenue! Elle est là!

Pourtant Finette sent une délicieuse odeur… Mais oui! c’est celle de la crème et du beurre! D’un seul coup, elle retrouve tout son courage et s’approche de la bûche.

Et miam… elle lèche la crème et le chocolat, le bûcheron et le sapin en meringue!

Quel délice!

Pour Finette, c’est Noël avant l’heure!

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

L’importance du don d’organes

Je suis de ceux qui pensent que le prélèvement d’organes devienne une obligation pour le médecin qui constate un décès. Que le consentement de la famille du défunt ne soit pas nécessaire et que ce soit un automatisme. Perdre sa vie est toujours dramatique et triste, mais à l’opposé, la rendre à quelqu’un d’autre est un geste à poser et qui a une valeur inestimable. Paradoxalement, c’est passer de l’immense tristesse à l’allégresse incommensurable en permettant à d’autres de vivre.

Dans son édition du dimanche, 10 décembre dernier, le Journal de Montréal publiait l’histoire d’une mère qui, grâce au don d’organes, a pu passer à travers l’épreuve de la mort de son fils. Ce récit m’a tellement touché que je ne peux m’empêcher de le partager avec vous afin de faire avancer le geste du don d’organes. C’est l’histoire de Sonia Rhéaume, racontée par Sophie Durocher.

La mission d’une mère en deuil de son fils

Après la mort de Félix, Sonia Rhéaume souhaite sensibiliser la population au don d’organes.

Félix Belley, le fils de Sonia Rhéaume, ne deviendra jamais un adulte. Il est mort à 17 ans, à Chicoutimi, dans un accident de voiture sur le boulevard Saguenay. Le 22 avril 2017, la vie de cette mère a basculé.

Sonia Rhéaume est en train de souper avec des amis à Chicoutimi quand son cellulaire sonne. C’est le père de ses deux garçons, dont elle est séparée, qui est au bout du fil. « Félix est à l’hôpital de Chicoutimi. Il a besoin de toi. Il t’attend. » Sonia est dans un état second. Comme si la moitié de son cerveau avait compris que son fils était mort, et que l’autre refusait d’y croire. « J’étais en partie triste, en partie confiante. » À l’hôpital, en voyant un policier dans la salle d’attente, elle comprend qu’il n’y a plus d’espoir. On l’amène dans une petite salle privée. Un médecin lui annonce : « C’est un accident cérébral. Votre fils est maintenu artificiellement en vie. »

Sonia se souvient : « Il n’y avait plus de son, plus d’image. J’ai piqué une crise. Très intense, mais très courte. »

Le frère de Félix, Michael, est effondré en apprenant la mort de son frère. « Il me disait : « Pourquoi c’est pas moi, c’est lui? » Je lui ai répondu : toi tu es vivant, Félix est parti, on avance avec ça », se souvient Sonis Rhéaume, attablée devant moi dans un restaurant de Montréal.

En larme, elle me raconte qu’à l’hôpital, une douzaine d’amis de Félix sont venus le voir alors qu’il était maintenu artificiellement en vie. « Ils parlaient à Félix, comme s’il était encore vivant. C’était tellement beau à voir. J’apprenais des choses sur lui! Un de ses amis racontait à quel point Félix l’avait encouragé en sport. Il lui disait : « Tu m’avais dit que même quand on ne pouvait plus, on pouvait encore… »

Parfois, dans la mort, on accroche à ses détails. Félix est mort en se rendant à un défilé de mode, me raconte Sonia. Je pense qu’il allait peut-être frencher une fille qui était mannequin. Il sera mort puceau. Quel dommage. »

DON D’ORGANES

Si Sonia Rhéaume accepte de me parler alors que son fils est mort il y a à peine six mois, c’est pour sensibiliser la population à l’importance du don d’organes.

Dans les heures qui ont suivi l’accident de son fils, elle a signifié à l’hôpital son intention de sauver la plus de vies possibles en donnant les organes de Félix. « Trois jours avant l’accident, je me souviens que je m’étais demandé comment je survivrais si je perdais un de mes garçons. »

Étrange hasard, Sonia Rhéaume était en train de lire Le Why Café, un livre de croissance personnelle. « À la page 60, l’auteur nous invite à nous demander quelle est notre mission dans la vie. Moi j’ai trouvé la mienne : les greffes pour sauver des vies. »

Alors que Félix a eu son accident le vendredi, dès le dimanche soir une équipe de Transplant Québec est sur place à l’hôpital pour prélever ses organes. À 19h45, Sonia fait ses derniers adieux à son fils. Elle lui glisse : « Félix, tu te prépares à donner le plus beau cadeau de ta vie. J’t’aime mon homme. »

Ce soir-là, six organes (un cœur, deux reins, deux poumons et un pancréas) de même que des tissus seront prélevés sur Félix. « Il n’y a que ses yeux qui n’ont pas pu être donnés », m’explique Sonia.

Le jeudi, Félix est exposé au salon funéraire. « Alors qu’à l’hôpital son corps était chaud parce qu’ils le maintenaient artificiellement en vie, au salon son corps était froid. Ça été un choc. »

Au salon, Sonia prend dans ses bras tous ceux qui viennent la saluer. À ceux qui ne savent pas quoi dire elle répond : « Ne dis rien ».

À ceux qui lui disent : « C’est plate », elle répond : « Non, c’est tragique. Plate, c’est quand tu as un flat ou quand tu oublies une chemise dans la sécheuse. » Et à celle qui lui a dit : « Je n’en reviens pas que tu aies donné ses organes, tu l’as tué une deuxième fois », Sonia ne répond rien. Parce qu’il n’y a rien à répondre.

LES RETOMBÉES

Deux jours après le prélèvement des organes, Sonia reçoit un message : le cœur de Félix a été transplanté, l’opération a été un succès. Elle est contente de savoir que quelque part, le cœur de son Félix continue de battre. Mais quelques semaines plus tard, en ouvrant une lettre de Transplant Québec, elle apprend que le receveur est décédé. « J’ai pleuré toutes les larmes de ma vie. J’ai trouvé ça rough. Tant que son cœur battait, c’est comme s’il n’était pas vraiment parti. Mais là, mon Félix était vraiment mort pour de vrai »…

Heureusement, les autres histoires de greffe sont plus heureuses.

Le 26 avril, Sonia reçoit un message Facebook d’une inconnue, Patricia Lauzon. « Mon père a été transplanté des poumons dans la nuit du 24 au 25. Était-ce les poumons de Félix? Les médecins nous ont dit que c’était de jeunes poumons, donc ça nous laisse croire… Juste un oui ou un non, nous aimerions savoir. » Sonia lui a répondu : « Ça ne peut qu’être les beaux poumons du grand champion. » Alors Patricia lui a envoyé une magnifique photo de son père, fraîchement opéré, souriant dans son lit d’hôpital.

Le 27 avril, Patricia Lauzon écrit sur sa page Facebook : « C’est grâce aux poumons de ce jeune homme, Félix, si mon papa peut continuer à vivre. Malgré le tragique accident, Félix a sauvé des vies et il a sauvé celle de l’homme le plus important dans ma vie. Merci du fond du cœur. Mes sympathies à toute la famille, j’aurai toujours et à jamais une énorme pensée pour vous. »

Le 22 mai, un mois jour par jour après l’accident de Félix, Sonia a rencontré Jessica, une jeune enseignante qui l’a elle aussi contactée par Facebook, car elle avait reçu un des reins de Félix. Depuis sa greffe, elle n’a plus besoin de dialyse, elle peut recommencer à vivre et à enseigner et à prendre soin de sa petite fille Alice, deux ans.

« C’était tellement émouvant, tellement positif. Je la regardais et c’est comme si c’était ma fille : un des organes de Félix vivait dans son corps… »

Le 22 juillet 2017, Félix aurait eu 18 ans, l’âge de la majorité. Pour souligner cet anniversaire qu’il n’aura pas pu fêter, Sonia a demandé à Guillaume Lemay Thivierge de la faire sauter en parachute, pour qu’elle se rapproche du ciel et de son fils. « C’était le plus beau jour de ma vie », me raconte Sonia.

Maintenant que Sonia a trouvé sa « mission », elle travaille à la création d’une fondation. Elle voudrait l’appeler « L’étoile de Félix ».

Quand elle était enceinte, Sonia s’était fait dire par une connaissance que Félix serait « un médecin sans frontières ». En sauvant la vie de plus de 6 personnes, Félix a, en quelque sorte, réalisé cette prophétie.

Un mystérieux voyageur

Arnault se réveille en frissonnant. Le feu dans l’âtre s’est éteint.

– Vite, ce matin je dois aller répéter les chants de la veillée de Noël, dit-il à sa mère.

Au dehors, son ami Gauthier l’attend déjà. Ensemble, ils entonnent une joyeuse ritournelle. La neige scintille sous le soleil et les sapins croulent sous des grappes d’aiguilles blanches. Là, près de l’église, se tient un homme à la peau couleur de miel, coiffé d’un étonnant turban. Il porte un grand manteau de soie, et chante dans une langue inconnue une mélodie aux notes étranges. Les deux amis s’arrêtent, envoûtés par le timbre sourd de l’étranger.

– Qui êtes-vous, vous n’êtes pas du village? demande Arnault.

– Je me nomme Balthazar, répond l’homme. Je suis un voyageur, poète et musicien, saltimbanque et savant et un peu magicien. Je viens d’un pays où le soleil brille tous les jours de l’année. Je chante des histoires d’autrefois et je connais toutes les étoiles du ciel.

– Mais que venez-vous faire ici? Interroge Arnault.

– Je viens vendre des étoffes soyeuses et des pierres précieuses au seigneur du pays, répond le voyageur.

– Aujourd’hui? Tout le monde est occupé à préparer Noël, explique Arnault. D’ailleurs, nous allons répéter les chants pour la veillée de ce soir. Venez donc avec nous!

Arnault et Gauthier rejoignent le groupe d’enfants et la répétition commence. La nuit tombée, les villageois, flambeaux à la main, se rendent à l’église tout illuminée. Les petits et les grands, le seigneur du château, et toutes les familles du village arrivent de toute part.

Arnault entonne d’une voix claire un hymne de Noël accompagné par la chorale. Sa voix enfantine monte vers les voûtes de l’église.

Mais aussitôt, une voix d’homme puissante et chaleureuse lui répond. Les deux voix se mêlent emplissant l’église de joie et d’émotion. Arnault a reconnu l’étrange voyageur qui vient d’entonner avec lui le plus beau de tous les cantiques de Noël. À la fin de la veillée, tout le monde entoure cet homme venu de loin.

– Chantez-nous encore quelque chose! demande Arnault.

L’homme ferme les yeux. Son chant s’élève alors, qui raconte l’histoire de trois savants guidés par une étoile jusqu’à la crèche d’un enfant roi…

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Stéphane Couillerot
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Est-ce que les anglophones sont vraiment menacés au Québec?

Ça fait longtemps que les anglophones répètent sans cesse que le français menace leur culture. Cette attitude est bien ancrée dans cette communauté et c’est plutôt le contraire… avec l’aide et la bénédiction du gouvernement provincial actuel qui se produit.

Denise Bombardier y allait d’un article intéressant, publié dans les pages du Journal de Montréal du 9 décembre dernier, qui expose très bien le problème. Je partage aujourd’hui avec vous, ce bijou de texte. Bonne lecture.

Les Anglos-Québécois, des victimes?

La communauté anglophone du Québec a maintenant sa protectrice en la personne de Kathleen Weil, nommée depuis le remaniement ministériel de mai dernier responsable du nouveau secrétariat aux relations avec les Québécois d’expression anglaise.

Avec une émotion toute maternelle, la ministre Weil s’inquiète du fait que les Anglos ne ressentent pas un fort sentiment d’appartenance à la société québécoise.

L’on comprend sans explication qu’à un an des élections, le PLQ bichonne les Anglos qui depuis la nuit des temps votent massivement pour les rouges. Devant l’abandon accentué du vote francophone constaté dans les sondages, aucun électeur anglophone ne doit leur échapper.

La réaction de nombre d’anglophones en colère quant à la motion de l’Assemblée nationale sur l’accueil des clients dans les magasins avec un « bonjour! » bien affirmé sans « hi! » à la fin est non seulement indécente, mais elle en dit long sur l’état d’esprit de la minorité anglophone la plus protégée du monde.

DÉCHAÎNEMENT

Dans les médias anglophones, des Anglos se sont déchaînés. Ils se décrivent comme des victimes de la majorité francophone, qu’ils hésitent à peine à qualifier d’exploiteuse à leur endroit.

Or, le malaise qu’ils éprouvent à vivre au Québec démontre bien l’idée qu’ils se font des Québécois de souche. D’ailleurs, dès que la majorité québécoise se revendique de la loi 101, les Québécois de souche anglaise se souviennent – c’est peu de le dire – du temps béni où ils ne pouvaient douter qu’ils étaient nos maîtres. La nostalgie reprend alors ses droits et une proportion étonnamment élevée d’anglophones se replie sur elle-même.

Les anglophones – faut-il le rappeler? – ont contribué grandement au progrès et à l’enrichissement du Québec. Nombre d’institutions ont été créées par des Écossais, des Irlandais et des Anglais. Des banques, l’Université McGill, Concordia et des hôpitaux font partie de notre héritage collectif.

Mais après la victoire du PQ en 1976, près de 100 000 Anglos ont quitté le Québec. Pour la petite anecdote, j’ai acheté alors à un prix imbattable une maison appartenant à un universitaire de McGill, qui a préféré quitter la prestigieuse institution pour s’installer à Kingston en Ontario. Lors de la décolonisation en Afrique, les Blancs fuyaient aussi leurs belles demeures que des Noirs rachetaient. Cela s’appelle le transfert de bourgeoisie.

ÉLECTORALISME

Pour parler franchement, il est douloureux de voir les réactions de la minorité anglaise. Et il est aussi choquant et triste de constater les manœuvres électoralistes du PLQ envers la communauté anglophone.

Ils ne sont pas nombreux les Anglos-Québécois qui s’inquiètent de l’érosion progressive de la langue française dans l’espace public. À croire qu’ils se réjouissent secrètement de l’inéluctable victoire de la démographie.

Le Québec officiellement français est en perte de vitesse. Le bilinguisme impose sa loi dans l’espace public à Montréal et dans la langue truffée d’anglicismes des jeunes francophones.

Et, de grâce, que le gouvernement nous épargne ses « inquiétudes » et mette en veilleuse ses projets de protéger les « victimes » que sont censés être les anglophones du Québec plongés dans le ressentiment historique.

Un petit sapin pour Lison

Lison est tout excitée. Aujourd’hui on achète le sapin! Sur la place du marché, des dizaines d’arbres sont installés. Il flotte un parfum de fête! Lison court dans cette drôle de forêt. Elle lève les bras au ciel.

– Moi, je veux un sapin qui chatouille le plafond du salon!

Maman sourit : elle a presque dit oui! Mais Lison n’en finit pas de choisir son arbre préféré… Maman commence à s’impatienter :

– Alors! tu as trouvé?

Lison est bien trop occupée pour répondre! Derrière une montagne de sapins, une branche lui a fait signe. Lison n’en croit pas ses yeux, elle se fraie un passage et découvre un adorable petit sapin vert tendre, écrasé par des arbres dix fois plus gros que lui. Le petit sapin reprend son souffle, secoue ses branches et murmure dans un bruissement d’aiguilles :

– Ouf! merci de m’avoir sorti de là! J’ai cru que j’allais étouffer!

Lison croit rêver :

– Mais… tu parles!

Le petit sapin rit :

– Bien sûr! si tu veux m’écouter!

Lison caresse le petit arbre. Elle ne sait pas pourquoi, elle sent qu’elle l’aime déjà. Elle lui chuchote :

– Mon pauvre! tu dois être triste d’avoir quitté ta forêt!

– Pas du tout! répond le sapin. Regarde dehors, les arbres n’ont plus une feuille, ils tremblent de froid! Moi, je suis vert, même en hiver. Dans les maisons, on me pare de guirlandes. Je brille! Je scintille! Et les enfants dansent autour de moi.

Lison voudrait bien continuer sa conversation, mais voilà sa maman, très étonnée :

– Il n’est pas trop petit celui-là?

Lison a peur que sa maman ne veuille pas de son sapin, alors elle trouve mille idées pour vanter ses qualités :

– Ses épines sont brillantes comme le soleil! Et mes boules neuves lui iront à merveille!

Lison a l’impression que le petit sapin lui fait un signe :

– Bien parlé Lison! Comme ça, je partirai avec toi!

Alors elle insiste :

– On l’installera sur la commode, il touchera le plafond!

Maman sourit : c’est oui!

– Alors c’est moi qui le porte! s’écrie joyeusement Lison. Il est juste à ma taille! Et quand Noël sera passé, nous irons le replanter dans la forêt et nous viendrons lui rendre visite tous les samedis. Je crois que nous sommes devenus de vrais amis.

Le petit sapin a tout entendu : il agite ses aiguilles de bonheur. Il se penche vers l’oreille de Lison, et murmure doucement :

– Je t’aime de tout mon cœur.

Histoire d’Élisabeth Courtois
I
llustrations par Claire Le Grand
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

Le français a ses règles (2 de 13)

Comment améliorer son français écrit… Voici le deuxième volet, pour poursuivre l’excellente initiative de l’enseignant Benoit Dumais du Cégep de Rivière-du-Loup. La clé du succès demande de se relire… très important! Vous pouvez partager ces affiches à votre guise auprès de vos communautés, en ne les modifiant pas.

Les trésors de la forêt

Margot passe les vacances de Noël chez ses grands-parents, à la campagne. Ses parents et ses frères et sœurs n’arriveront que le 24 décembre.

– Pfff! c’est long d’attendre, soupire Margot.

Dehors, le froid glacial donne une couleur grise au ciel, tandis que dans la maison douillette, un grand poêle laisse planer une chaleur agréable.

Assis dans un fauteuil confortable, Grand-père s’est assoupi pour la sieste. Grand-mère, dans sa cuisine, prépare un gâteau au chocolat. Son odeur sucrée fait envie à Margot, mais il faut attendre demain pour le déguster!

– Grand-père, je ne sais pas quoi faire, murmure Margot à son oreille.

Grand-père, tiré de son sommeil, sursaute et grommelle quelques mots :

– Lis un livre en attendant que Grand-mère ait fini.

Mais Margot n’a pas envie de lire. Elle secoue son grand-père gentiment.

– Allez, Grand-père, tu m’as promis une promenade.

– Bon d’accord, marmonne Grand-père en se levant, emmitoufle-toi bien et va demander un sécateur à Grand-mère.

Margot enroule autour de son nez son écharpe douce, enfile son manteau épais et ses moufles en laine. Son bonnet lui cache bien les oreilles.

– En route vers les bois, dit Grand-père. Nous allons préparer une surprise à tes parents.

Dans la forêt, seuls les sapins ont gardé leur feuillage. Grand-père choisit le plus vert et le plus fourni d’entre eux et en coupe quelques branches avec le sécateur. Margot s’approche d’un petit buisson vert et brillant aux petites boules rouges.

– Je sais ce que c’est, dit-elle fièrement. Du houx! ça pique.

– Oui, répond Grand-père, et on va en couper quelques branches en faisant bien attention.

Margot se demande bien ce que Grand-père a dans la tête : la maison est déjà décorée d’un magnifique sapin de Noël avec des guirlandes argent et or.

– Rentrons maintenant, dit Grand-père. Il va bientôt neiger et nous avons du travail.

Sur la table, Grand-père étale les branchages, prend de la ficelle et des rubans rouges, du carton et des crayons de couleur :

– Nous allons faire une couronne de bienvenue! Je vais lier entre elles les branches de sapin en une forme ronde, comme un soleil. À toi, ensuite, d’y piquer le houx, des pommes de pin, et de la décorer avec des rubans, des boules et des étoiles que tu auras fabriquées.

L’après-midi passe vite pour Margot… Peu à peu, la couronne de bienvenue s’embellit des couleurs de Noël.

– Il est temps de l’accrocher sur la porte en signe d’amitié pour nos invités de Noël, déclare Grand-père.

Alors Margot, de sa plus belle écriture, trace quelques lettres dorées sur un carton :

« Bienvenue à tous! »

– Et que Noël entre dans toutes les maisons! rajoutent d’une même voix Grand-père et Grand-mère.

Histoire de Florence Cadier
I
llustrations par Madeleine Brunelet
Source : 24 histoires pour attendre Noël, Groupe Fleurus 2012

La subtilité des marques de commerce

Derrière chaque logo d’une marque de commerce, se cache un message. Une subtilité qu’on découvre à l’observer. Je vous en présente 7 qui vous révéleront leur subtilité propre.

Vous voyez la flèche entre le « E » et le « x » (en blanc)? Elle est bien présente.

Le 2e et le 3e « T » sont deux personnes qui partagent une tortilla et un bol de sauce.

Le « R » de Tour est un cycliste. Le cercle jaune est la roue avant et le « O » est la roue arrière.

La flèche signifie qu’Amazon a tout, de « a à z ».

Il y a un ours qui danse au-dessus du « ble ». Toblerone est fabriqué à Berne en Suisse dont l’emblème est un ours.

Vous voyez le « 31 » dans « BR »? Pour 31 parfums délicieux.

Vous voyez le gorille et la lionne face à face (en blanc)?

Vous voilà érudit en matière de logos.