Votre plomberie est plus vulnérable en hiver

Prévention

Puisque le temps froid peut exacerber des problèmes préexistants dans la tuyauterie de votre maison, l’hiver est le moment idéal pour s’assurer de respecter de bonnes pratiques et éviter les mauvaises surprises.

Avec le temps, il est normal qu’une accumulation de gras et de résidus alimentaires cause un blocage du drain de la cuisine. Conjugué à une isolation défaillante, ce problème peut donner de grands maux de tête aux propriétaires.

« Souvent, l’évier de la cuisine est face à un mur extérieur. Si la maison est mal isolée et la plomberie est mal faite, quand un tuyau est bouché, l’eau reste prise et gèle », indique Yann Gariépy, propriétaire de Plomberie Gariépy Inc., à Laval.

La pose de trappes de ventilation peut vous permettre d’éviter de casser votre tirelire pour refaire votre plomberie, enchaîne-t-il. Il conseille d’en installer sur le mur du sous-sol et au pied d’une armoire de cuisine pour faire circuler l’air chaud de la maison dans le mur.

Dans cette même optique, il est déconseillé d’ensevelir ses tuyaux sous les isolants. « Si tu ouvres le mur et tu vois qu’il n’y a de l’isolant que sur le côté extérieur du tuyau, il faut laisser ça comme ça, conseille le directeur principal des services techniques de l’APCHQ, Marco Lasalle. En mettant trop d’isolant, tu n’empêches pas le froid de rentrer, mais bien la chaleur de circuler et d’aller réchauffer les tuyaux. »

Des câbles chauffants peuvent aussi protéger du gel les tuyaux vulnérables.

MON TUYAU EST GELÉ, QUE FAIRE ?

LE JOURNAL | Vous ouvrez le robinet et l’eau ne sort pas ou très peu ? C’est fort possible que vos tuyaux soient gelés. Voici ce qu’il faut faire pour éviter qu’ils éclatent.

1- Agissez très rapidement. Il est important d’agir le plus rapidement possible. Si les tuyaux restent gelés longtemps, les risques d’éclatement augmentent considérablement.

2- Trouvez le tuyau gelé. Trouvez les zones les moins isolées de votre maison. Les armoires, les placards, le grenier, le garage et le vide sanitaire sont les premiers endroits que vous devriez vérifier. Un tuyau gelé pourrait présenter des bosses ou des fissures. Vous pourriez aussi voir du givre à la surface du tuyau.

3- Faites couler de l’eau froide. Une fois le problème trouvé, il faut ouvrir le robinet et faire couler de l’eau froide. Ceci permettra à l’eau fraîche de circuler et de faire fondre la glace.

4- Dégelez le tuyau. N’utilisez pas un chalumeau ! Un sèche-cheveux est une chaleur douce. Déplacez-le le long de la partie gelée. Il faut que la chaleur soit distribuée uniformément sur toute la surface. Vous n’avez pas de sèche-cheveux ou le tuyau est inaccessible ? Placez un chauffage d’appoint à proximité, comme une chaufferette ou une lampe chauffante.

5- En derniers recours, appelez un plombier. Vous n’arrivez pas à dégeler le tuyau ou vous n’avez pas réussi à le localiser ? Alors le mieux est de couper l’eau et d’appeler un plombier professionnel agréé.

Avec les informations ce Centris.ca, CAA-Québec et de la Ville de Montréal

4 PROBLÈMES QUI PEUVENT ÊTRE RÉGLÉS SANS FAIRE APPEL À UN PLOMBIER

L’hiver fait souvent sortir les bobos en plomberie. Avant de sortir votre chéquier et avoir recours à un expert, évaluez l’étendue des dommages : la solution est peut-être à votre portée. Voici quatre problèmes récurrents qui peuvent être réglés sans l’intervention d’un plombier.

1- La baignoire ne s’écoule plus. Les problèmes de drain bouché sont extrêmement communs et sont habituellement causés par une accumulation de cheveux et de résidus de savon. À moins d’être le symptôme d’un problème plus grave, un drain bouché peut être remis en état en trois étapes faciles. « On remplit d’abord un peu le bain pour qu’il y ait plus de succion, explique Marco Lasalle. Ensuite, on bouche le trop plein [avec un chiffon mouillé] et puis on y va avec le siphon, »

2- Le drain de la cuisine est bouché. Même en protégeant le drain des gros résidus alimentaires avec une crépine, l’amoncellement de matières grasses est inévitable avec le temps. Vous pouvez toutefois retarder le problème en faisant couler de l’eau chaude dans le drain pendant une trentaine de secondes, une fois par semaine, et en y versant une solution de bicarbonate de soude et de vinaigre une fois par mois. En cas de blocage, l’utilisation d’un dégorgeoir peut déloger un amas de cheveux ou de filaments d’épi de maïs, par exemple.

3- Le robinet coule. Toujours selon M. Lasalle, les problèmes de robinets sont souvent causés par la même raison : une défaillance de la cartouche, qui a une durée de vie limitée. Déterminez d’abord la source du problème en fermant tour à tour la vanne d’eau froide et d’eau chaude, Dévissez ensuite la poignée fautive, puis retirez la cartouche. « Quand on a des marques qui ne sont pas bas de gamme, comme Bélanger ou Moen, les cartouches sont garanties à vie. Quand quelqu’un la défait, il s’en va dans n’importe quel centre de rénovation et il peut l’échanger. » Ne tardez pas si vous constatez une fuite d’eau chaude : cela pourrait drôlement augmenter votre consommation énergétique.

4- Un tuyau fuit. Il est important de noter que certaines fuites nécessitent de plus amples travaux ou, carrément, le remplacement de sections de la tuyauterie. Des écoulements plus mineurs peuvent toutefois être réglés en appliquant du mastic en époxy sur la fuite. Assurez-vous de fermer la valve d’eau, située sous le robinet concerné, avant de vous attaquer au problème.

DES ERREURS À ÉVITER

  • On ne peut le répéter suffisamment : une crépine à panier à l’embouchure du drain de la cuisine est indispensable pour assurer la rétention de gros débris alimentaires. Il est aussi important de ne pas déverser directement de gras ou d’huile dans l’évier. « Environ 70 % des problèmes de drain bouché [concernent] les éviers de cuisine et le gras qui se ramasse dans les canalisations, explique M » Gariépy. Il faut faire attention au fameux gras de bacon quand on rince notre assiette. Quand on débouche, souvent, ça ne fait qu’un trou dans le gras qui s’est accumulé, donc ça devient un problème récurrent.
  • Curieusement, les filaments d’épi de maïs sont aussi souvent en cause, particulièrement l’été. À l’instar des cheveux dans le drain de la salle de bain, ceux-ci peuvent facilement créer des bouchons en se mélangeant à des matières grasses.
  • Afin de s’attaquer au problème, il est préférable d’éviter d’utiliser des produits de débouchage chimiques comme le Drano, qui peuvent endommager les tuyaux en acier ou en cuivre, en plus d’être toxiques pour la santé et l’environnement.
  • « La vraie façon de déboucher pour éviter de briser la tuyauterie c’est de passer un furet (un déboucheur) », précise M. Gariépy. Il conseille d’ailleurs aussi aux propriétaires de procéder à une inspection annuelle du collecteur principal de leur maison pour surveiller la croissance de racines dans le système de plomberie.
  • Parmi les autres bonne pratiques en matière de plomberie, M. Lasalle mentionne le recouvrement de son chauffe-eau par une couverture thermique pour faire baisser sa consommation énergétique.
  • M. Lasalle souligne aussi l’importance de ne jamais laisser un boyau d’arrosage connecté à un robinet extérieur en hiver. « À ce moment-là, il va rester de l’eau à l’intérieur du robinet et elle va geler. Le tuyau va briser au moment du dégel au printemps », conclut-il.

Source : Félix Desjardins, Journal de Montréal, cahier CASA, 25 janvier 2025, p2


Un portrait très réaliste de « Face de beu »

Politique

Aujourd’hui, je veux partager avec vous le papier très intéressant de Pierre Martin, publié dans le Journal de Montréal d’hier, au sujet de « Face de beu », le criminel aux commandes des États-Unis, tout en défiant les lois.

***

DONALD TRUMP, UN PRÉSIDENT HORS-LA-LOI

Au terme de la première semaine de son deuxième mandat, Donald Trump a déjà démontré qu’il n’a aucune intention de respecter son serment d’office.

Ce serment, le même que tous ses prédécesseurs ont prêté depuis George Washington, consiste à « remplir fidèlement les fonctions de président des États-Unis et […] sauvegarder, protéger et défendre la Constitution des États-Unis ».

C’est mal parti.

Dans l’avalanche de décrets qu’il a signés, plusieurs outrepassent largement ses pouvoirs, enfreignent la loi ou contredisent la Constitution.

ACTIVISME SANS PRÉCÉDENT

Les pouvoirs du président sont aujourd’hui beaucoup plus étendus que ce que les fondateurs souhaitaient. Donald Trump le sait bien. En plus d’annuler tous les décrets de son prédécesseur, il en a pondu une flopée de son propre cru.

Certains décrets sont anodins, comme sa promesse creuse de lutter contre l’inflation (Comment ? Mystère !). D’autres sont saugrenus, comme ses modifications unilatérales à la toponymie du continent. D’autres encore sont du bonbon pour ses militants, comme ceux qui font la guerre au wokisme.

Son pouvoir discrétionnaire inclut aussi – on commence à le savoir – le pouvoir d’imposer des tarifs douaniers en invoquant des motifs nébuleux de sécurité nationale. Attention, ça s’en vient ! Ou pas.

Trump exploitera ses énormes pouvoirs au maximum, mais il tient aussi à repousser leurs limites en défiant non seulement l’esprit des lois existantes, mais même la lettre de la Constitution.

FAIRE FI DES LOIS

La Constitution donne au Congrès le pouvoir de faire les lois et les budgets. Le président est tenu de respecter ces lois et de dépenser les fonds prescrits par celles-ci.

Mais Donald Trump se croit au-dessus des lois. Par exemple, vendredi soir dernier, il a congédié tous les inspecteurs généraux chargés de détecter les cas de fraude ou d’abus des fonds publics. La loi stipule pourtant explicitement que ces inspecteurs ne peuvent pas être congédiés sans préavis et sans motifs valables.

Trump a aussi décrété un gel quasi généralisé des subventions et prêts fédéraux, même s’il est fortement tenu de veiller à ce que tous les fonds appropriés par le Congrès soient dépensés aux fins prescrites par la loi.

SE MOQUER DE LA CONSTITUTION

Le président prétend parfois qu’il pourrait défier le 22e amendement en sollicitant un troisième mandat. C’est du vent, mais certaines de ses actions contredisent carrément la Constitution. Ça c’est sérieux.

Trump a décrété que, dorénavant, une personne née en sol américain de parents en situation irrégulière ne pourrait plus obtenir la citoyenneté. Ce qui contredit toute la jurisprudence depuis la ratification du 14e amendement en 1868.

Les directives portant sur l’arrestation et la déportation de millions de migrants irréguliers présentent aussi de graves problèmes liés aux droits procéduraux et au partage de compétences avec les États.

Ces affronts à la Constitution ont été jugés irrecevables – voire risibles – par les tribunaux. Reste à voir si la Cour suprême permettra à Trump de réécrire la Constitution comme elle lui a permis d’échapper aux conséquences de ses actes criminels.

Pour Donald Trump, la loi et la Constitution, c’est pour les autres. Son serment était aussi crédible qu’un diplôme de Trump University.


Un pan de notre histoire : Les bombardiers d’eau sont nés du génie québécois

Histoire

En vedette dans le ciel de Los Angeles au début de 2025, les « avions-pompiers » ont été conçus et assemblés dans la région de Montréal.

Ils remplissent à fleur d’eau et en 10 secondes leur citerne et déversent plus de 5000 litres d’eau sur les feux de forêt à

 Chaque voyage; ces avions-pompiers uniques au monde ont été entièrement conçus et assemblés au Québec.

« En France, on les appelle tout simplement les Canadair et ils ont une excellente réputation pour lutter contre les feux de forêt. Malheureusement, on n’en produit plus et ce serait presque impensable de relancer ce modèle », commente le professeur Éric Laurendeau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en modélisation et contrôle de l’aérodynamique instationnaire des aéronefs.

Le premier vol d’un CL-215 a eu lieu en 1967 et une dizaine de pays en ont acquis. Exactement 125 appareils sont sortis des usines de la Vickers, à Saint-Laurent. Un nouveau modèle amélioré, le CL-415, a été mis en service en 1993, et il a eu autant de succès que son prédécesseur. Lancés au coût de 37 M$, 95 exemplaires ont été vendus jusqu’à la fin de la production en 2015.

DÉFI TECHNIQUE

L’idée de concevoir un avion citerne capable de vider sa cargaison sur un feu provient de projets réalisés aux États-Unis et en Colombie-Britannique après la guerre avec d’anciens bombardiers de l’armée. Mais la conception d’un avion à partir des plans s’est bel et bien déroulée sur les planches de la Vickers à Saint-Laurent.

Inspiré d’un hydravion à coque (semblable à celle d’un bateau), le bombardier d’eau présente d’immenses défis de conception, souligne M. Laurendeau. Le centre de gravité doit être soigneusement calculé sinon l’aéronef risque de piquer du nez ou d’être incapable de se remplir.

« Tout ça repose sur quelques pieds à peine au centre du fuselage », mentionne l’expert, qui exprime beaucoup d’admiration pour les pilotes de ces engins de 19 tonnes qui survolent des zones enfumées et aux fortes turbulences, en raison des flammes.

LÉGENDE URBAINE

Les Canadair ont engendré de multiples histoires héroïques, dont les plus récentes, en Californie, ont été soulignées dans les médias et les réseaux sociaux. Un appareil à notamment heurté un drone en plein vol, mais s’est posé sans encombre. On a vu circuler de nombreuses images de ces bombardiers en pleine action.

La plus étrange de ces histoire, qui a été démentie depuis, veut qu’on ait retrouvé un plongeur mort au sommet d’une forêt éteinte… L’avion l’aurait pêché en remplissant sa soute puis jeté sur le sommet d’une montagne.

Une impossibilité technique puisque l’eau est recueillie dans de minuscules écopes dans la coque. Mais cette histoire a été reprise dans au moins deux œuvres de fiction, le roman Bambi Bucket de Mordecai Richler et La turbulence des fluides, un long métrage de Manon Briand.

DES ACCIDENTS INÉVITABLES

Les deux modèles de Bombardier d’eau (CL-215 et CL-415) éteignent encore de nos jours des feux en Grèce, en Italie, en France, en Malaisie, au Maroc et au Canada. Mais les missions de ces avions sont les plus risquées de l’aviation en temps de paix. Pas moins de 30 des 125 CL-215 et 11 des CL-415 ont subi des accidents qui les ont rendus inutilisables.

Source : Mathieu-Robert Sauvé, Journal de Montréal, Cahier weekend, 25 janvier 2025, p65


Un pan de notre histoire : En 1919, 90 % des villes du Québec sont officiellement « sans alcool »

Histoire

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, de nombreux Nord-Américains se questionnent sur les dangers de l’alcool.

Cette eau de feu est mise au banc des accusés. On l’accuse de créer la pauvreté urbaine. Pour plusieurs, elle semble la source de tous les débordements sociaux. C’est dans ce contexte qu’un vaste mouvement de tempérance gagne nos voisins du sud, particulièrement les États américains au nord. On impose graduellement la prohibition.

Dès 1916, il devient criminel de fabriquer, de vendre et de consommer de l’alcool dans plus de 50 % des États. Ce courant idéologique fait tache d’huile, d’autres pays comme la Russie et la Finlande décrètent des lois similaires.

Au Québec, le clergé catholique est favorable à ces mesures de tempérance, il considère que l’alcool est le mal du siècle, qu’il provoque le vice et qu’il transforme de bons pères de familles en ivrognes.

ÉTATS-UNIS AU RÉGIME SEC

Aux États-Unis, la loi Volstead (1919) impose, dès le début de 1920, l’interdiction de produire, de distribuer, de vendre et de consommer de l’alcool de plus de 0,5 degré. Même si cette criminalisation fait peur, on peut trouver à en boire grâce à un réseau de contrebande mis en place autour de criminels notoires comme Al Capone ou Lucky Luciano. Ces gangsters obtiendront de gigantesques quantités d’alcool, ici, au Canada.

PROTÉGER LES CITOYENS CONTRE L’EAU DE FEU

Chez nous, au Canada, la gestion est différente. Les lois de tempérance ne sont pas appliquées unilatéralement. Déjà, en 1878, le gouvernement fédéral de John A. Macdonald permettait aux municipalités le pouvoir d’exclure la vente d’alcool sur leur territoire, ainsi, la responsabilité de l’interdiction revenait aux villes et non pas au gouvernement fédéral.

Au Québec, en 1918, le gouvernement Taschereau fait voter une interdiction complète qui doit s’appliquer à partir de mai 1919, mais un référendum vient s’opposer à la mesure prohibitive. Une majorité de Québécois ne veulent pas d’une prohibition unilatérale à l’américaine.

Le législateur devra exclure la bière, le vin et le cidre de sa loi pour faire accepter sa restriction. Malgré l’adoption de la Loi sur les boissons alcooliques, le gouvernement Taschereau accorde aux villes québécoises le pouvoir de voter des règlements locaux encore plus contraignants.

Les campagnes de tempérance contre cette « eau du diable » sont tellement influentes qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, près de 90 % des villes québécoises interdisent sa consommation sur leur territoire.

D’importantes villes comme Québec et Trois-Rivières deviennent complètement sèches, mais pas Montréal. Conséquence : en l’espace de quelques mois, au début des années 20, Montréal demeure la seule grande ville en Amérique du Nord où on peut prendre un coup entre amis, en public.

Ça n’a pas été long avant que la métropole ne soit rebaptisée « la Paris du Nord » ou même « la Babylone de l’Amérique » par exemple. Des centaines d’artistes de Broadway et de jazzmen de Chicago migrent alors chez nous.

ENCADRER POUR MIEUX CONTRÔLER

La création de la Commission des liqueurs de Québec lui donne le monopole sur l’importation, la vente et la délivrance de permis de vente et elle impose une surveillance. Pour s’assurer du respect de la loi, l’État crée sa police de liqueurs, plus d’une trentaine d’agents à l’affût des contrebandiers d’alcool et des bars clandestins. Une collaboration entre différentes organisations policières est cruciale pour endiguer le commerce illégal transfrontalier.

VILLES SÈCHES ET FIÈRES DE L’ÊTRE

Graduellement, la majorité des villes du Québec vont lever cette prohibition, mais certaines vont résister pendant plusieurs décennies. C’est le cas de la petite municipalité de Saint-Placide-de-Béarn, au Témiscamingue, qui met fin, après trois référendums, à son statut de ville sans alcool.

Sur l’île de Montréal, Verdun est la dernière à imposer en partie la prohibition. La petite municipalité a longtemps été fière de cette particularité. Il faut dire qu’un de ses premiers règlements municipaux votés au lendemain de sa création en 1875 a été d’interdire la vente d’alcool et de menacer les consommateurs d’une amende de 50 $ ou même d’un emprisonnement de trois mois.

Les Verdunois ont dû attendre 2015 pour que la vente d’alcool sans restriction devienne possible sur tout le territoire de Verdun et, par le fait même, partout au Québec.

Source : Martin Landry, historien, Journal de Montréal, cahier weekend, 4 janvier 2025, p76


10 astuces pour rendre le repassage zen

Trucs et astuces

Êtes-vous expert en repassage ou vous fréquentez les nettoyeurs à sec ? Est-ce que cette corvée ne vous intéresse pas ou vous croyez ne pas avoir de talent pour la chose ? Voici quelques trucs de madame Chasse-Taches si le cœur vous en dit.

1- Optez pour un fer à vapeur léger, car il sera plus maniable. Il est faux de croire qu’un fer lourd exécute un meilleur travail.

2- Si la semelle du fer est tachée, le fer ne glissera pas facilement sur les tissus. Frottez la semelle avec du sel ou du bicarbonate de soude mélangé à de l’eau. Ensuite, rincez la semelle avec un chiffon doux et une eau claire.

3- Il est important que la planche à repasser soit recouverte d’une housse bien rembourrée. Vous pouvez aussi recouvrir la planche à repasser d’une feuille de papier d’aluminium, sous la housse, pour augmenter la chaleur, L’aluminium reflétant la chaleur, vous n’aurez pas à repasser le vêtement à l’endroit et à l’envers et le repassage sera plus rapide.

4- On oublie souvent de laver la housse de la planche à repasser. Rappelez-vous qu’une housse bien propre ne risque pas de tacher vos vêtements.

5- Un linge propre et mouillé, qu’on appelle une pattemouille, évite le contact direct avec le fer à repasser causant des miroitements sur le tissu noir qui marque facilement. La pattemouille s’avère très pratique pour fixer les plis d’un pantalon et pour défroisser des fibres plus fragiles.

6- Gardez sous la main une bouteille d’eau munie d’un vaporisateur. L’eau vaporisée sur les tissus éliminera rapidement tous les faux plis.

7- Optez pour un cycle court pour sécher les vêtements dans la sécheuse. Les vêtements légèrement humides seront plus faciles à repasser.

8- Triez les vêtements et commencez par tous ceux qui demandent une température basse. Un fer trop chaud risque de lustrer les fibres des tissus et même de les brûler. Poursuivez avec les vêtements qui exigent une température plus élevée.

9- Repassez le linge de haut en bas et non en effectuant des cercles qui pourraient marquer le tissu. Assurez-vous que le vêtement ne présente pas de taches. La chaleur du fer pourrait les fixer et il sera alors impossible de les faire disparaître.

10- Fiez-vous aux symboles inscrits sur l’étiquette du vêtement. Ces indications ont été vérifiées par le manufacturier et vous orientent sur la température à laquelle vous devez régler le thermostat du fer pour un repassage impeccable.

Source : Louise Robitaille, Journal de Montréal, cahier CASA, 25 janvier 2025, p15


Gilles Villeneuve, la passion de courir

Histoire

Né le 18 janvier 1950, à une époque où les courses automobiles étaient peu suivies au Québec, surtout au niveau de la Formule 1, Gilles Villeneuve aurait célébré son 75e anniversaire cette année.

DES DÉBUTS MODESTES

Connu pour son style flamboyant et sa ténacité hors catégorie, c’est pourtant dans un milieu très modeste que Gilles Villeneuve a fait ses débuts aux côtés de son frère Jacques : celui de la course de motoneige.

Ce ne sera qu’après avoir remporté les titres de Champion du Québec, du Canada et d’Amérique du Nord de 1969 à 1974 qu’il fera le saut vers la course automobile. Après une année en Formule Ford, en 1975, il passe à la Formule Atlantique.

Avec sa remarquable dextérité et sa capacité exceptionnelle à se sortir des situations les plus difficiles, Gilles Villeneuve fait sa marque. Il termine sa première saison au 5e rang du championnat. En 1976, en Formule Atlantique, il affronte plusieurs pilotes de Formule 1 invités pour la compétition, dont le champion du monde James Hunt.

Leur présence n’intimide pas Gilles Villeneuve; bien au contraire. Il remportera 9 de ses 10 courses, devenant ainsi le champion du Canada et de l’Amérique du Nord. Cette performance impressionne tellement son rival Hunt qu’il le recommande au grand patron de l’écurie de Formule 1 McLaren.

COUP DE FOUDRE POUR FERRARI

En 1977, après une seule saison chez McLaren, Gilles Villeneuve fait la rencontre d’Enzo Ferrari. Séduit par le courage et la désinvolture de « ce jeune fou du Québec », Ferrari est convaincu d’avoir devant lui un futur grand champion. C’est ainsi que Gilles Villeneuve intègre la plus prestigieuse écurie du monde de la Formule 1.

Le 8 octobre 1978, il participe au premier Grand Prix du Canada sur le nouvelle piste de course de l’île Notre-Dame à Montréal. Il y affronte le Français Jean-Pierre Jarier. Au 37e tour, Jarier est premier, devançant Villeneuve par plus de 32 secondes.

Au 49e tour, Jarier doit abandonner la course à cause d’un problème mécanique. Gilles Villeneuve prend alors la tête avec sa célèbre Ferrari no 12. Sachant trop bien que tout peut arriver en Formule 1, il tient bon pendant plus de 20 tours, refusant de se laisser dépasser par qui que ce soit.

Au fil d’arrivée, il devance son coéquipier Jody Schecter par plus de 13 secondes et remporte le Grand-Prix du Canada. Pour Gilles Villeneuve, c’est plus qu’une victoire, c’est un véritable triomphe !

LE PLUS RAPIDE DE LA FORMULE 1

En moins d’un an, le pilote aura réussi à maîtriser son art. En 1979, il cumule 3 victoires et il est nommé le pilote le plus rapide de la saison. Après une saison désastreuse en 1980, il revient plus déterminé que jamais en 1981. Lors du Grand-Prix d’Espagne à Jamara, il profite du retrait hâtif du champion du monde Alan Jones pour prendre la tête et remporter la course.

En fin de saison, à Montréal, malgré la pluie et un accrochage qui le force à courir avec un aileron avant retroussé en l’air, il réussit à terminer la course en 3e place.

Le 8 mai 1982, lors d’un essai au Grand-Prix de Belgique à Zolder, Gilles Villeneuve percute la March de Jochen Mass. Sa voiture se met à faire des tonneaux, le projetant dans les airs. Il meurt de ses blessures quelques heures plus tard. Il laisse derrière lui deux enfants, dont son fils Jacques qui suivra ses traces.

AUDACE ET SIMPLICITÉ

Ce qui frappait chez Gilles Villeneuve, c’était son audace et sa témérité. Sur la piste, il était absolument impitoyable : il usait sa voiture quitte à la dégrader, en exploitant toutes ses capacités. Même si sa voiture devait en payer le prix, il agissait en se disant « tant pis » et en s’adaptant toujours aux imprévus (par exemple, lorsqu’il perdait une roue).

Si cette énergie et son audace lui ont coûté la vie, elles lui ont certainement mérité le respect des autres pilotes et l’admiration du public. En dehors des courses, Gilles Villeneuve redevenait un homme modeste, d’une grande simplicité, s’exprimant avec beaucoup de franchise et demeurait toujours très attaché à sa famille. Il aura fait vibrer les foules et il était la fierté des Québécois.

NDLR. : UN HAUT FAIT D’ARME

Tous les pilotes et les habitués de la Formule 1 qui ont été témoins du talent de Gilles Villeneuve feront, un jour ou l’autre, référence au duel qu’il a livré à René Arnoux, roues dans roues, lors de la fin de course spectaculaire au Grand-Prix de 1979 à Dijon Prenois. Une formidable pièce d’anthologie que vous pouvez visionner en cliquant ce lien.

Source : Journal de Montréal, cahier weekend, 18 janvier 2025, p70


Adios Bezos !!!

Opinion

Comment qualifier le geste de Jeff Bezos, grand manitou d’Amazon, qui décide de fermer ses entrepôts au Québec de manière sauvage, mettant en chômage 1700 employés. Curieusement, les employés demandaient la syndicalisation.

C’est sa façon cavalière de contourner cette intention légitime d’améliorer les conditions de travail. Cet employeur, riche de 240 milliards $, rejette hypocritement un droit fondamental et reconnu au Québec, de se syndiquer. Je dis hypocritement puisqu’il n’a pas osé avouer la cause de ces fermetures. Il invente !

Pourquoi, pensez-vous, que les travailleurs veulent se syndiquer ? Pour empêcher les conditions de travail exécrables. C’est un droit fondamental !

Il faut qu’on réagisse !

En guise de solidarité, on se doit de fermer définitivement nos comptes Amazon. C’est ce que nous avons fait mon épouse et moi, hier matin, en apprenant l’affreuse et choquante nouvelle.

Fini pour nous Amazon !

Un coup de massue pour ces travailleurs.

Je vous propose d’en faire autant. Au lieu d’encourager un multimilliardaire qui se prend pour le nombril du monde, le message doit franc et direct et lui rappeler que sa richesse vient du monde ordinaire qui l’ont encouragé.

On doit faire mieux ! On encourage nos détaillants locaux pour garder nos emplois ici et permettre une bonne qualité de vie à nos concitoyens chez-nous.

Aujourd’hui, plus tu es riche et plus tu ignores ceux et celles qui t’on permis de le devenir. La seule justice en ce bas monde est que peu importe ton rang, ta richesse, ta fortune, tu ne pourras acheter ta vie.

Prenez vos tablettes et ordinateurs pour y annuler votre compte Amazon et vous pourrez dire haut et fort Adios Bezos !!!


Le règne de « face de beu »

Opinion

Ce qui devait arriver arriva. Les Américains sont officiellement dirigés par des multimillionnaires et multimilliardaires. L’avenir nous dira s’ils ont fait le bon choix, mais les quatre prochaines vont être tumultueuses. Grand bien leur fasse.

« face de beu »

Tellement pressé d’en découdre avec le reste du monde qui devient son ennemi juré, « face de beu » va régler ses comptes. Ayant très peu de classe, cet être abject va tenir promesse de remettre son pays et le reste du monde à sa main et selon son bon vouloir.

On ne peut pas dire que la délicatesse soit sa meilleure qualité, et d’ailleurs, je me demande s’il en a des qualités. Il fallait le voir et l’entendre lors de son discours descendre littéralement son prédécesseur, Joe Biden, et son administration, assis à quelques pieds de lui.

La personne qui a eu le plus d’audace est Michelle Obama qui s’est abstenue d’assister à cette mascarade d’un criminel, d’un dictateur, qui leur en fera voir de toutes les couleurs dès les premiers instants de son règne. Vous souvenez-vous de 2021, lors de l’assermentation de Joe Biden à titre de 46 président des États-Unis ? « face de beu » n’y était pas !

Aucun démocrate, ancien président de même que quelques multimillionnaires et milliardaires n’aurait dû se trouver à cet endroit. C’est de l’hypocrisie pure et simple.

RÈGLEMENT DE COMPTE

Dès la cérémonie terminée, « face de beu », ce criminel avoué, s’est empressé de signer plusieurs décrets pour commencer à régler des comptes, graciant au passage ses semblables qui ont saccagé et tué lors de l’assaut sur le Capitole, il y a quatre ans, alors qu’il soutenait et soutien encore s’être fait voler l’élection.

Puis vint le moment où il a enfin exprimé son intention de mettre au pas le Canada, en brandissant le spectre d’une taxe de 25 % sur les produits exportés d’ici, qu’il se propose d’imposer le 1er février. Déjà qu’on est divisé avec la réticence de la première ministre de l’Alberta, ça promet.

En prime, notre devise ne cesse de tomber.

Suite à l’application de cette sanction, j’ai une suggestion pour le Canada; on devrait taxer tout ce qui importé de chez nous par les Américains et à quel taux ? Le taux de change qu’on paie ici. Ça fluctue ? La taxe fluctuera également !

Actuellement, le taux se situe entre 35 % et 40 %, alors il deviendrait la norme à imposer. Pourquoi s’en priverait-on ?

Autre sanction; on laisse rentrer au pays les automobiles japonaises plus abordables et sans surtaxe, pour que les Américains s’embourbent de leur production locale.

Comme disait ma défunte mère : « Un trou, une cheville » !

L’avenir s’annonce assez houleux sur la planète et la paix est de plus en plus menacée. Avec un criminel notoire au pouvoir aux USA, et des citoyens armés par tradition, on peut dire que nous serons assis sur une bombe d’incertitude pour les prochaines années.

N’oublions pas qu’une très respectable proportion d’Américains ont voté contre « face de beu » et que ce pays a déjà connue une guerre civile. Que sera l’avenir sous le règne d’un président qui dirige selon son humeur de son réveil matinal ?

Et qu’on cesse de l’appeler MONSIEUR TRUMP ! Il ne mérite pas ce titre respectueux !


7 trucs pour bien conserver son café

Trucs et astuces

En mars, il se pourrait que le prix du café augmente de 10 % à cause des effets des changements climatiques en Amérique du Sud. On vous refile sept conseils pour bien conserver le café… et le plus longtemps possible ! Parce qu’on veut le boire et en profiter… jusqu’à la dernière goutte !

1- Le café moulu se garde moins longtemps que le café en grains. L’explication ? Le café réagit beaucoup à l’oxydation, une réaction chimique au contact avec l’oxygène que contient l’air et l’eau. Quand le café est réduit en « poudre », l’air rentre plus facilement que lorsqu’il est sous forme de grains.

2- Un café très torréfié se dégrade plus rapidement qu’un café ayant subi une torréfaction plus légère. Pourquoi ? La torréfaction, soit l’action d’exposer les grains de café verts à la chaleur pour que les saveurs ressortent, est plus longue, donc rend les grains plus poreux. Comme s’il y avait des petits trous par lesquels l’air peut s’infiltrer davantage.

3- On préfère acheter du café en grain et le moudre au fur et à mesure, juste avant de l’infuser… et le déguster. On achète plus souvent de petites quantités de café pour s’assurer de sa fraîcheur. Sauf qu’on peut être tenté par les gros formats qui proposent des rabais ! La solution si on veut payer moins cher pour plus : acheter en grosse quantité, mais partager entre plusieurs maisons de buveurs de café.

4- On garde le sac scellé. Un sac de café moulu fermé et scellé se conserve environ 2 semaines, Mais sa durée de vie tombe de moitié quand il est ouvert. Bon coup : on choisit les sacs scellés avec une valve fraîcheur; on maximise sa durée de vie. En grain, le café se garde jusqu’à 5 semaines.

5- On utilise des contenants à café hermétiques et opaques, Il faut qu’il bloque à la fois l’air et la lumière qui altèrent le café. Sensible, le café est composé de substances volatiles qui lui confèrent des caractéristiques propres qui réagissent à son environnement. On le place dans un endroit loin des sources de chaleur.

6- On ne le place pas au réfrigérateur ! Cet espace fermé et froid emprisonne une foule d’odeurs qui peuvent altérer la saveur du café. Toutefois, le marc de café peut être utilisé pour absorber les odeurs flottantes.

7- Au congélateur ? Non plus ! La température de nos congélos n’est pas assez froide pour stopper l’oxydation. En plus, quand on le sort de sa caverne glacée, il risque d’avoir de la condensation dans le sac qui ensuite peut se cristalliser en microglaces dans les grains si on le remet au froid. Une meilleure idée serait de sceller de petites portions.

Source : Nadine Descheneaux, Journal de Montréal, cahier CASA, 18 janvier 2025, p20


Un pan de notre histoire : 2025 sera riche en anniversaires historiques

Histoire

Comme chaque an, 2025 sera l’occasion de souligner différents anniversaires historiques significatifs qui ont marqué l’histoire du Québec et de ses habitants. En ce début de nouvelle année, voici trois des événements marquants qu’il sera important de se remémorer…

1775 : L’INVASION DU QUÉBEC PAR LES AMÉRICAINS

À l’heure où le président élu Donald Trump parle de faire du Canada le 51e État des États-Unis, nous soulignerons cette année le 250e anniversaire de l’invasion américaine du Québec, débutée en septembre 1775.

Au cours de cette période, les Américains en révolte contre la Grande-Bretagne ont occupé Montréal et assiégé Québec durant plusieurs mois. Si certains Canadiens se sont montrés favorables aux insurgés américains et leur ont prêté main forte, d’autres ont joint les milices du gouverneur Guy Carleton pour défendre la colonie.

Toutefois, la majorité de la population canadienne est restée neutre et s’est abstenue de s’immiscer dans le conflit. Finalement, les insurgés ont été contraints de lever le siège et de rentrer dans leurs terres. Ils ont obtenu leur indépendance, mais la Province of Quebec est demeurée britannique.

LES 30 ANS DU RÉFÉRENDUM DE 1995

Le 30 octobre prochain, cela fera 30 ans que les Québécois se sont prononcés pour une deuxième fois sur leur avenir constitutionnel. Il s’agissait à l’époque de savoir si on confiait le mandat au gouvernement du Québec de négocier avec le Canada l’accession du Québec à la souveraineté. En 1980, le Parti Québécois, dirigé par René Lévesque, a essuyé un refus, alors que 59,6 % des Québécois ont voté non.

En 1995, le Parti Québécois, dirigé par Jacques Parizeau, fait une deuxième tentative, fort de la remontée de l’idée d’indépendance à la suite de l’échec de l’accord du lac Meech et de Charlottetown. Pendant des mois, le camp du Oui, mené par Parizeau, et le camp du Non, mené par Daniel Johnson fils, vont s’affronter pour faire adhérer le maximum de citoyens à leur position.

Après une campagne référendaire intense de plusieurs mois, les Québécois ont tranché le soir du 30 octobre 1995 : Le Non l’a emporté avec une mince majorité de 50,58 % d’appuis, contre 49,42 % pour le Oui.

LES CINQ ANS DE L’INSTAURATION DE L’ÉTAT D’URGENCE ET DU DÉBUT DU GRAND CONFINEMENT

Tout cela paraît bien loin, mais il faut se rappeler que pendant deux années, pour contrer le virus de la COVID-19, le Québec était sous l’état d’urgence sanitaire. La démocratie a été mise sur pause et le gouvernement dirigeait par décret, conseillé par des firmes privées internationales, comme McKinsey.

Durant cette période, l’État à balisé étroitement les droits et libertés des citoyens. Et diverses mesures et restrictions se sont succédé. Par moment, il fallait notamment se distancier les uns des autres, porter des masques en public, respecter un couvre-feu ou avoir un passeport sanitaire pour accéder à certains lieux publics.

Rappelez-vous : le Québec a été temporairement morcelé en zones de couleur, et il était même interdit de se réunir en famille pour fêter Noël ! La tendance au télétravail, à l’école à distance ou aux 5 à 7 sur Zoom. Le numérique a pris une place croissante dans la vie des citoyens. En restant chez eux, ces derniers étaient investis de la mission de sauver des vies.

Pour sortir de ces mesures sanitaires, le vaccin était vu comme la panacée qui immuniserait la population, aplanirait les courbes, désengorgerait les hôpitaux et permettrait aux citoyens de retrouver leur liberté.

C’est pourquoi des milliards d’argent public ont été octroyés aux compagnies pharmaceutiques, et pourquoi le gouvernement Legault a songé pendant un certain temps à imposer une taxe santé aux gens qui refusaient le vaccin

 Si, durant les premières semaines, les Québécois semblaient unanimes à consentir aux restrictions devant un virus inconnu, quelques voix discordantes ont commencé à se faire entendre au fil des mois. Or, la dissidence et la critique face au narratif officiel étaient très mal vues, voire réprimées dans certains cas.

Des médecins, avocats, journalistes, chroniqueurs ou simples citoyens ont été blâmés, et certains ont même perdu leur emploi pour avoir refusé le vaccin ou osé mettre en doute les stratégies sanitaires et gouvernementales.

Bref, jusqu’ici, aucun réel bilan de ces deux étranges années n’a été fait. Le lustre que nous soulignerons le 13 mars prochain serait une belle occasion de le faire…

Source : Martin Lavallée, Journal de Montréal, cahier weekend, 4 janvier 2025, p74


Pour un Québec souverain

Politique

Lettre très pertinente de Nicolas Marceau, ancien ministre des Finances et de l’économie du Québec sous le règne du Parti Québécois de 2012 à 2014.

En effet, l’unité canadienne est un mirage, comme en témoignent deux événements de plus dans les derniers 48h: la visite de la PM de l’Alberta chez Donald Trump pour négocier directement et le fait que l’aspirant chef du Parti libéral du Canada Mark Carney ait choisit de faire l’annonce de sa candidature… aux États-Unis, sur la tribune de Jon Stewart. L’Ontario et l’Alberta sont désormais plus autonomistes et indépendantistes que le Québec, c’est le temps de laisser tomber les mythes canadiens et travailler dans la réalité pour tirer notre épingle du jeu. Voici l’intégral du texte:

« Dans une lettre récente, l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, nous invite à nous rassembler pour défendre « le meilleur pays au monde » devant la menace tarifaire de Donald Trump, qu’il qualifie à juste titre de chantage. S’appuyant sur l’affirmation surprenante et bizarre que « le Canada est plus uni que jamais », il invite les provinces à parler d’une seule voix et à passer à l’offensive face aux tactiques de négociation infantiles du président américain désigné.

Tout le monde est d’accord : on ne doit pas se laisser insulter et on doit prendre les moyens pour en arriver à discuter de manière aussi rationnelle que possible avec M. Trump. Mais au-delà de cette évidence, on cherchera en vain l’unité que M. Chrétien affirme constater. M. Chrétien est victime d’un mirage.

Si j’ai du respect pour le caractère batailleur de Jean Chrétien, la stratégie canadienne à laquelle il nous convie repose sur deux mythes et une distorsion de l’histoire récente du Québec dans le Canada. Or, s’appuyer sur une stratégie de commerce international fondée sur des mythes pourrait avoir des conséquences graves pour le Québec.

États-Unis

Le premier mythe est celui d’une position unique et cohérente du Canada face aux États-Unis qui serait à l’avantage du Québec. Pour ce qui est de la position unique et cohérente, je rappelle que le Canada est un mariage forcé de régions et de secteurs économiques disparates n’ayant pas les mêmes intérêts. Tant dans l’histoire récente que dans l’histoire plus longue du Canada, la position canadienne dans ce type de négociation commerciale avec les États-Unis n’a jamais été autre chose qu’un arbitrage périlleux entre les intérêts de l’Ouest (hydrocarbures), de l’Ontario (automobile), des maritimes (hydrocarbures), et ensuite du Québec (aéronautique, aluminium, fer, métaux, bois). Cet arbitrage est le plus souvent dicté par les appuis politiques du parti fédéral au pouvoir dans chacune de ces régions canadiennes et par la force des lobbys industriels qui y sont présents. Et rappelons l’évidence: quand Ottawa fait des arbitrages, il y a des gagnants et des perdants.

D’ailleurs, quant à la possibilité que la position canadienne puisse être à notre avantage, je rappelle que le Québec est trop souvent passé à la trappe dans le passé. Cela découle notamment de son poids politique se limitant à un cinquième des sièges à Ottawa et à sa différence économique et culturelle souvent mal perçue au Canada anglais. Malheureusement, en tant que province du Canada, le Québec doit passer par le gouvernement du Canada pour faire valoir, par gouvernement interposé, ses intérêts auprès de Washington.

Avant même de pouvoir espérer exister aux yeux des Américains, le Québec devra donc accepter des compromis douloureux dans ses discussions avec les autres provinces et le gouvernement fédéral. Dans un ensemble aussi hétérogène que le Canada, le poids politique réduit du Québec se traduira vraisemblablement par des priorités québécoises bien au bas de la liste des priorités canadiennes.

Fort et uni

Le deuxième mythe est celui d’un Canada qui serait fort et uni, et donc capable de passer à l’offensive. Or, en raison des intérêts économiques divergents et irréconciliables des provinces, certaines d’entre elles se sont déjà lancées dans des négociations bilatérales et des tournées de séduction, sans attendre ni le fédéral ni les autres provinces. Avec un gouvernement fédéral en déroute, il n’est évidemment pas surprenant de voir des premiers ministres provinciaux faire cavalier seul pour mettre de l’avant les intérêts de leur juridiction. Ils ont leur région et leurs citoyens en tête. Qui pourrait les en blâmer? Mais de prétendre que le Canada montre présentement un front uni est tout simplement contraire aux faits. Ce qu’on entend présentement, c’est une cacophonie canadienne dont les principaux solistes sont Doug Ford, Danielle Smith, François Legault et Justin Trudeau. On est à mille lieues d’un orchestre jouant la même partition.

Se tenir droit devant les États-Unis et passer à l’offensive plutôt que de se morfondre dans une position défensive sont à l’évidence la chose à faire. Mais il faut le faire avec lucidité et réalisme et cela impose que le Québec ait une position distincte, autonome et offensive. Nous avons des leviers uniques dans cette négociation, mais nous ne voulons certainement pas que nos leviers servent à la préservation des intérêts de l’Ontario et de l’Ouest dans leurs dossiers respectifs de l’automobile et des hydrocarbures. Pour la santé de notre économie, nous voulons que ces leviers soient utilisés au profit de nos entreprises et de nos travailleurs d’ici. Il faut donc aller de l’avant rapidement avec la mise en place d’une équipe Québec composée de tous nos acteurs économiques et politiques. Avec une telle équipe, nous pourrons élaborer une position québécoise forte et consensuelle, et nous pourrons la porter dans tous les forums pertinents.

On ne peut compter que sur nous-mêmes pour défendre et promouvoir les intérêts économiques du Québec. Dans un Canada fracturé comme jamais, ce ne sont pas des mythes et un mirage qui permettront au Québec de relever le défi de la ronde de négociations commerciales à venir. »