Sur l’étendue blanche du Grand Nord, un petit point noir file comme le vent. C’est Kilia, l’Esquimaude sur son traîneau.
– Cours, Flocon ! crie-t-elle à son chien.
Elle pense au mot qu’elle a laissé à ses parents avant de quitter l’igloo : Ne vous inquiétez pas, je pars chercher la maison du Père Noël.
Tous les ans, Kilia veille la nuit du 24 décembre pour rencontrer le Père Noël. Mais chaque fois, elle s’endort. Cette année, ça ne se passera pas comme ça !
Toute la journée, Flocon court à perdre haleine. Kilia scrute l’immensité à la recherche d’un petit toit sombre. En vain. Et peu à peu, la nuit tombe et la tempête se lève.
– Cours Flocon ! encourage la fillette. Mais soudain, le traîneau se renverse et l’attelage se casse.
– Tant pis, continuons à pied !
Kilia se met en marche, ses bottes s’enfoncentdans la poudreuse jusqu’aux cuisses. Elle avance de plus en plus lentement… puis plus du tout. Il y a trop de neige. Elle ne sait même plus où elle s’en va.
– Nous sommes perdus, Flocon ! sanglote-t-elle.
Autour d’elle, des milliers de flocons virevoltent dans la nuit.
– Nous sommes perdus, petits flocons, répète Kilia en pleurant.
Mais tout à coup, il lui semble que les flocons deviennent transparents et qu’ils dansent différemment. Alors la fillette reprend :
– Aidez-nous, petits flocons.
Aussitôt, les étoiles de givre s’arrêtent de tomber et flottent autour d’elle en formant une ronde. Au centre de chaque étoile, Kilia voit surgir une minuscule fée ailée. Et bientôt, la voici entourée de milliers de fées de la neige aux ailes virevoltantes. Qu’elles sont belles !
La ronde des fées se rapproche de Kilia et, tout doucement, la soulève dans les airs. La fillette se laisse porter dans la nuit en tenant son chien serré entre ses bras.
Boum ! D’un seul coup, les fées les ont lâchés. Kilia et Flocon sont tombés sur un gros tas de neige. Au sommet, un trou laisse échapper un léger panache de fumée.
– Mais c’est la maison du Père Noël ! J’avais oublié qu’elle est couverte de neige… La seule entrée, c’est donc la cheminée.
Et aussitôt, Kilia s’engouffre dans le trou.
C’est ainsi que cette nuit là, elle fit la rencontre du Père Noël. Ce qu’ils se sont dit, nul ne le saura jamais. Mais lorsque le Père Noël raccompagna la fillette chez elle sur son traîneau, elle avait de telles étoiles qui dansaient dans les yeux, que ses parents n’eurent pas le cœur de la gronder…
Histoire d’Emmanuelle Lepetit
Illustration de Stéphanie Ronzon
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Pas très loin d’ici, à Bonita Springs, la famille Flesher déploie ses deux millions de lumières scintillantes, sur sa ferme, pour offrir à la population sa féérie de Noël jusqu’à la fin de décembre. Le tableau, qui nécessite plus de 7 000 pieds de câblage, s’anime avec des structures gonflables, des villages miniatures et les personnages de contes et de bandes dessinées, au grand plaisir des petits et grands. La traditionnelle crèche est mise bien en évidence et on peux se promener sur le site en empruntant un circuit pour ne rien manquer. Il n’y manque que la neige finalement pour le rendre plus réaliste. Ça fait tout de même drôle d’y déambuler en gougounes. Par ailleurs, le stationnement adjacent au site, est gratuit et surveillé par une équipe de bénévoles.
Lise, Gilles, Louise et moi sommes allés y faire un tour hier soir à la tombée du jour, pour apprécier le spectacle qui vaut le détour. Il y a tellement de lumières que l’usage d’un flash n’est pas nécessaire. situé à moins de deux kilomètres à l’est de la sortie 116 de l’Interstate 75, plus précisément sur le Bonita Grande Dr. Le site est ouvert du dimanche au jeudi entre 18h et 21h alors que les samedis et dimanches se poursuivent jusqu’à 22h. L’entrée est gratuite et les dons sont acceptés pour ceux et celles qui désirent encourager l’événement.
Enfin, pour vous mettre l’eau à la bouche, voici un court vidéo que j’ai produit pour l’occasion, en espérant qu’il piquera votre curiosité. Bon visionnement !
Sigrid était de loin la petite fille la plus maladroite de tout le Grand Nord. À un an, en se rattrapant à la nappe de la salle à manger, elle fit tomber tout le couvert. Ce fut sa première maladresse… et la première d’une très, très longue série ! Tant et si bien qu’on la surnomma « Miss Catastrophe ».
Chaque 13 décembre, dans le Grand Nord, les enfants apportent des bougies et des friandises à leurs parents pour fêter la Sainte-Lucie. Hélas ! quand on s’appelle Miss Catastrophe, il est impossible de porter à la fois des bougies et des gâteaux sans faire de bêtise.
Une année, Sigrid brûla les friandises avec les bougies. Une autre fois, elle s’étala de tout son long dans les petits gâteaux. Mais le jour où elle faillit mettre le feu à la maison en faisant tomber la bougie qu’elle portait, ses parents décidèrent de ne plus fêter la Sainte-Lucie. C’était beaucoup trop dangereux ! La maison de Sigrid était donc la seule où personne ne s’amusait ce jour-là.
C’était si triste qu’à l’âge de six ans, Sigrid décida de faire quelque chose. La veille de la fête, elle s’enferma dans sa chambre et réfléchit, réfléchit, réfléchit… jusqu’à ce qu’elle trouve enfin une idée.
Le lendemain, ses parents étaient assis dans le salon lorsque Sigrid apparut.
– Joyeuse Sainte-Lucie ! leur cria-t-elle.
Aussitôt, sa maman se leva, prête à intervenir en cas de malheur. Mais à sa grande surprise, Sigrid s’en sortait à merveille. La fillette portait sans difficulté trois bougies et un plateau de friandises.
Sigrid était-elle enfin devenue moins maladroite ? Sans doute un peu. Mais. surtout, elle avait eu une idée de génie : elle avait fixé ses trois bougies sur une couronne de sapins qu’elle portai sur la tête ! Ainsi coiffée elle gardait les mains libres pour porter les gâteaux sans provoquer le moindre désastre !
Depuis, on ne l’appela plus jamais « Miss Catastrophe ».
Histoire de Sophie de Mullenheim
Illustration de Quentin Gréban
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Il est vrai que toute bonne chose à une fin et voilà que le beau temps qui perdurait depuis la fin du mois d’octobre s’est changé en pluie ces derniers jours. Dame nature, qui ne fait pas les choses à moitié, a décidé de saturer sa végétation assoiffée, par des pluies abondantes. La nuit dernière, il a plu des clous tant l’ondée était violente, je parle bien sûr d’une bonne grosse pluie forte. Ceux et celles qui sont familiers avec la Floride le savent; ici, quand il pleut, c’est assez soudain et dru.
Toujours est-il que depuis lundi, la météo fait des siennes et nous prive de ce beau soleil. En contrepartie, l’humidité est accablante et se maintien au-dessus des 90%. On a dû remettre le golf à jeudi et s’adonner à des sports violents comme la pétanque vous fait suer à grosses gouttes. Mais, nous n’avons pas de neige et comme le dit l’adage, après la pluie le beau temps. Ça recommence demain. Galarneau s’en vient !
Louise assiste toujours à ses soirées de bingo, deux fois par semaine, et ses gains se chiffrent à 91$. Je vais la cueillir avec la voiturette de golf chaque fois, pour sa sécurité. On ne sait jamais… Il n’est jamais prudent de se promener tard le soir, avec de faramineuses sommes d’argent, gagnées aux jeux de hasard.
Présentement, le terrain de camping s’anime aux lumières de Noël. De plus en plus, les gens ornent leur site de belles lumières et certains y mettent le paquet. Franchement, j’en suis le premier surpris de voir comment tout le monde embarque dans le mouvement. C’est probablement parce que la forte majorité des saisonniers viennent du nord et conservent leurs traditions, pour fuir la nostalgie de la famille laissée derrière. Je vous le dit, il ne manque que la neige pour recréer toute la féérie du temps des Fêtes. Tiens, voilà que je fabule. Loin de m’ennuyer des cette substance blanchâtre, tout le reste nous donne quand même l’ambiance et la fébrilité de Noël.
Avec la technologie d’aujourd’hui, les frontières n’existent plus et il est très facile de communiquer avec nos proches. Que ce soit avec Skype, Tango et FaceTime, les jolis minois se racontent comme si nous étions à côté. Chacun son tour. Louise et moi, nous répétons ce que mes parents ont vécu vingt ans plus tôt et dans trente ans, nos enfants voudront peut être emprunter le même chemin et revivre pareille expérience. Qui sait !
Si des compatriotes sont déjà en route pour visiter la parenté au Québec, ou sont sur le point de partir, le contraire est aussi vrai. Nous attendons nos amis québécois qui ont débuté leur compte à rebours, pour venir nous rejoindre et remiser leurs habits d’hiver pour quelques semaines ou quelques mois. On a hâte de les revoir et dans cette attente, nous organisons quelques activités pour célébrer, à travers les palmiers et les poinsettias, notre temps des Fêtes; Souper au restaurant le 24, souper à la salle communautaire le 25 et soirée festive pour enterrer la présente année le 31, toujours à la salle communautaire. Un autre groupe organise un réveillon de partage. Non, on ne s’ennuie pas à Pioneer Village, même que quelques fois il faut s’arrêter pour reprendre son souffle.
Qui a dit que la retraite c’était ennuyeux…? Sûrement pas nous ! Nous sommes privilégiés, tout en étant conscient que ce n’est pas pour la vie. On profite abondamment du temps qui passe. Il n’y a pas meilleure philosophie de vie.
La princesse Cristalline vit au pôle Nord dans un palais de cristal. Comme beaucoup de princesses, elle est adorable mais assez coquine. Et ce jour là, désobéissant à sa mère, la reine des Glaces, elle quitte le palais pour explorer la banquise.
– La glace se casse parfois, lui a souvent dit la reine. Et tu pourrais tomber dans le souterrain maudit de Mégère, la sorcière des mers !
Mais sur son petit traîneau argenté, Cristalline a oublié les avertissements de sa mère.
Tout à coup, CRAAAC, la banquise casse et Cristalline tombe dans un tunnel. C’est affreux, elle est dans le souterrain maudit de Mégère la sorcière ! Et les parois sont si lisses qu’elle glisse de plus en plus vite, pendant longtemps, longtemps…
Terrorisée, Cristalline s’arrête enfin dans une petite pièce blanche. Une vitre pleine de buée laisse entrevoir une ombre et un chaudron. C’est sûrement Mégère. Elle est déjà au courant de la chute de la princesse et elle prépare un bouillon bien chaud pour la manger.
Cristalline se fait toute petite. Elle entend la sorcière grommeler d’une voix grave :
– Pas beaucoup de temps… Humm… Les enfants… Humm Je les aime tant.
Mégère doit avoir grand-faim. Cristalline se recroqueville autant qu’elle peut, mais soudain, catastrophe, elle éternue :
– Atchoum ! Aussitôt Mégère lève une main et mille petites ombres jaillissent de partout.
– Quelqu’un traîne par là. Cherchez donc…
Cristalline ferme les yeux, tremblant de peur. Mais tout près d’elle, une voix chantonne :
– Qu’elle est mignonne ! Tu crois qu’une poupée lui ferait plaisir ? Elle a l’air si effrayée.
Cristalline ouvre les yeux. Dix lutins la contemple avant de détaler en criant :
– Père Noël, on a trouvé une petite fille. Elle est tombée dans le tunnel enchanté !
Le Père Noël arrive aussitôt en souriant :
– Tiens, mais c’est la princesse Cristalline qui a découvert le secret de mon atelier !
Cristalline se frotte les yeux :
– Vous n’êtes pas Mégère ? Vous n’allez pas me manger ?
– Ah, ah, ah !
Le vieil homme rit si fort que les murs de glace s’entrechoquent.
– Il n’y a aucune sorcière ici, foi de Père Noël ! C’est moi qui ai tout inventé pour que personne ne cherche mon atelier. Mais puisque tu l’as trouvé, je t’emmène faire ma grande tournée dans mon traîneau !
Quel merveilleux Noël pour la princesse des Glaces même si, il faut l’avouer, elle a eu ce jour-là la plus grande peur de sa vie !
Histoire de Laurence de Batz
Illustration de Stéphanie Ronzon
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Mesdames, cet article n’est pas pour vous, à moins que vous soyez curieuses, émancipées, sans préjugés à l’égard des hommes et surtout ouvertes d’esprit avec un sens de l’humour évident. C’est mon petit côté macho qui s’exprime. Aujourd’hui, à l’heure des coming out, je fais le mien sans détour pour me libérer d’un plaisir visuel pour le partager avec les mecs; j’aime les seins ! J’en suis fou et mieux, je les adore ! Je ne m’en cache pas et je le crie haut et fort.
Je ne sais pas pourquoi mais ils m’attirent et le pire handicap qu’il pourrait m’arriver serait de devenir aveugle pour me priver d’un tel spectacle. J’aime leur chaleur, leur douceur, leur galbe, leur symétrie, leur texture, leur forme et leurs mouvements Jell-O. Jamais pareilles courbes n’ont exercé un aussi solide pouvoir d’attraction. Cette petite séparation dans un décolleté plongeant fait en sorte que la vue baisse indéniablement. Le sein c’est la féminité au sens le plus pur du terme. Et lorsque le petit bourgeon vient décorer le vêtement au point de le transpercer, c’est le summum rien que pour le plaisir des yeux.
Cette fixation est peut-être due à mon enfance. N’ayant pas été allaité, un ‘lologue dirait probablement que ça m’a manqué. Quoi qu’il en soit, dès l’âge de sept ans, j’étais servant de messe et ce fut mon premier contact avec les Saints. Quelques années plus tard, testostérone aidant, j’ai changé l’orthographe pour quelque chose de moins abstrait; les seins. Depuis ce temps là, ils ont mon admiration indéfectible. Et j’ai bon œil. Demandez à ma femme, rien ne m’échappe. Mon détecteur à «boules» est un don que j’ai reçu comme beaucoup de machos dans mon genre, à la différence que j’ai maintenant décidé de sortir du placard.
Vous devez bien vous demander ce qui me prend de vous entretenir d’un tel sujet. Premièrement c’est «concept», puisque c’est le temps des «boules» de Noël et des «boules» de neige ensuite, Louise et moi sommes allés faire un peu de magasinage dans un centre commercial du coin hier, sous un soleil de plomb, d’humidité accablante avec un mercure qui dépassait les 30°C (facteur éolien de 41°C selon MétéoMédia). Pas besoin de vous dire que les chandails étaient portés très moulants et en abondance. Le détecteur fonctionnait à plein régime. Les femmes sont belles et elles le savent. Sans gêne, elles mettent bien en évidence ce qu’elles ont de plus persuasif en matière de séduction; les «boules». Alors pourquoi m’en priverais-je ? Si le bon Dieu à créé quelque chose de plus beau, il a sûrement du le garder pour lui, qu’en pensez-vous les mecs ! À la plage, sortez vos lunettes de soleil, c’est un plus !
Dimitri était un petit garçon très impatient qui ne supportait pas d’attendre. Sous peine d’entrer dans une colère noire, il lui fallait tout, tout de suite : son doudou, son dessert, une histoire, un nouveau jouet…
Les gens le trouvaient très malpoli, ses amis ne voulaient plus jouer avec lui et ses parents, débordés, l’avaient surnommé Monsieur Toutoudesuite.
Une année à Noël, très tôt le matin, Dimitri découvrit dans ses chaussures un cadeau gigantesque. Jamais il n’en avait vu de si gros ! Comme à son habitude, il n’attendit pas que ses parents se réveillent pour ouvrir le paquet. Il se précipita dessus et arracha le papier étoilé. Une jolie boîte rouge apparut.
Dimitri en retira le couvercle avec impatience et trouva à l’intérieur… un deuxième paquet recouvert de papier rayé.
Vite, le petit garçon sortit ce nouveau paquet de la boîte, arracha le papier rayé et tomba sur une boîte verte. Il l’ouvrit aussitôt pour y découvrir… un troisième cadeau emballé dans un papier brillant. Dimitri le sortit, déchira le papier et vit apparaître une boîte jaune. Très excité, Dimitri en retira le couvercle et aperçut à l’intérieur… un quatrième paquet entouré de papier crépon.
Une boîte bleue, un papier à pois, une boîte rose, un papier rouge, une boîte violette… Dimitri n’en finissait pas de déballer, ouvrir, déchirer, déballer, ouvrir, déchirer. Tant et si bien que lorsque ses parents le rejoignirent quelques heures plus tard, le petit garçon continuait d’ouvrir son mystérieux cadeau. perdu au milieu des papiers et des boîtes.
Dimitri y passa la journée tout entière et il commençait à faire nuit lorsqu’il n’eut plus devant lui qu’une minuscule boîte verte. Il l’ouvrit avec cérémonie et y découvrit une bille, une simple bille jaune.
– Une bille ! s’extasia-t-il en admirant la petite boule jaune. La plus belle bille du monde !
Les parents de Dimitri se demandèrent si leur fils n’était pas malade, car il avait déjà des centaines de billes, toutes plus belles que celle-ci. Ce qu’ils ne comprirent pas tout de suite, c’est que le petit garçon avait tant attendu avant de découvrir cette bille qu’elle était devenue pour lui un véritable trésor. Ce Noël là, grâce à une minuscule bille, Dimitri reçut un cadeau bien plus merveilleux encore : la patience !
Histoire de Sophie De Mullenheim
Illustration de Claire Legrand
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Les premiers cent jours du gouvernement Marois sont déjà derrière eux et je crois que le bilan de leur performance demeure positif, considérant le fait qu’il soit minoritaire. Madame la première ministre ne m’a pas déçu et sa gestion me plaît. Être à l’écoute de ses commettants est une approche qu’on avait pas vu depuis les beaux jours du gouvernement de René Lévesque. J’ai toujours cru en sa capacité de gouverner et lorsque la population l’a porté au pouvoir, j’étais et je demeure satisfait, qu’on ait confié ce poste prestigieux à une femme.
Ce qui me désole par contre, ce sont les partis d’opposition. Au soir de l’élection, tous étaient unanimes à déclarer que le bon peuple voulait une assemblée nationale travaillant ensemble pour la collectivité. Loin des chicanes de clocher, ils allaient devoir mettre de l’eau dans leur vin pour faire avancer tous les dossiers tant économiques que législatifs. Lorsque j’entend Jean-Marc Fournier faire la morale au gouvernement, ça me rappelle les neuf dernières années des libéraux et s’il en est un qui est très mal placé pour faire la morale, c’est lui. Ayant abondamment profité du système des primes de départ pour mieux revenir, il devrait se faire petit, en attendant le vrai chef. Même dans l’opposition, les libéraux continuent d’être arrogants, leur marque de commerce.
Pour François Legault, il ressasse encore ses vieilles querelles avec le parti qu’il a déserté il n’y a pas très longtemps. Usant de démagogie, il accuse le gouvernement de ne pas faire le ménage comme lui le souhaitait, sachant fort bien qu’un gouvernement minoritaire a toujours une épée de Damoclès au-dessus de la tête qui l’oblige à être modéré dans ses actions. Je n’ose penser dans quel climat social nous serions plongés s’il aurait été porté au pouvoir et foutu le bordel avec son ménage. J’en connais qui font le ménage à la vitesse de l’éclair… tout en faisant les coins ronds.
Quant à Thérèse David, du bla bla pour ces pelleteux de boucane qui n’existent que pour brouiller les cartes et satisfaire les indécis qui mettent leur X à un candidat qui n’a aucune chance de mettre ses fesses sur un fauteuil du conseil des ministres. Mais ce qui est hypocrite dans le discours de ce trio de bouffons, c’est qu’il s’époumonent à affirmer que la population ne veut pas d’une autre élection précipitée, alors que dans leurs actions, ils en rêvent tout haut.
Rien n’est parfait et dans le contexte actuel, la nouvelle loi 101 n’ayant pas le mordant espéré, le gouvernement devrait en profiter pour faire appliquer sans réserve, les articles sur l’affichage des raisons sociales qui pourrissent le décor des avenues et grands centre commerciaux. Quand obligerons-nous les Costco Wholesale, Foot Locker, Best Buy et Future Shop entre autres, qui continuent impunément à défier la loi, à devenir des Magasin-entrepôt Costco, des Boutique Foot Locker ainsi que des Électronique Best Buy et Future Shop. Un peu d’imagination pour ces entreprises mercantiles. L’office de la langue française dort encore au gaz.
Il y a fort longtemps, alors que personne ne connaissait encore le chocolat en Europe, la petite boutique de Fernando fut le théâtre d’une fabuleuse découverte. Fernando était espagnol et confiseur. Il fabriquait des bonbons à longueur de journée…
– Monchieur Fernando ! Monchieur Fernando ! crie le facteur en entrant dans la confiserie. J’ai un paquet pour vous !
Fernando sort de la cuisine les mains couvertes de sucre rose et le nez taché de caramel.
– Cha vient des Amériques ! précise le facteur en chuintant de plus belle à cause de son petit cheveu sur la langue.
Fernando ouvre le paquet avec impatience. Sa sœur est partie aux Amériques il y a très longtemps et, à Noël, elle lui envoie toujours un cadeau, un souvenir de là-bas. Cette fois-ci, pourtant, le confiseur est un peu déçu. Le paquet ne contient qu’un sac sur lequel est écrit « Fèves de cacao ». Il est rempli de grosses graines marron foncé, irrégulières et pas très jolies.
Heureusement, la sœur de Fernando a glissé une carte dans le paquet. En la lisant, le confiseur retrouve le sourire : c’est une recette de cuisine !
– Qu’est-che que ch’est ? demande le facteur avec curiosité.
– Attendez-moi là, répond Fernando en retournant dans sa cuisine, le mystérieux paquet de graines sous le bras.
Lorsqu’il revient enfin, après deux bonnes heures, le facteur est profondément endormi sur une chaise. Fernando lui glisse sous le nez une assiette garnie de petites boules marron.
– Chnif ! Chnif ! fait aussitôt le facteur en remuant le nez et en se réveillant complètement. Cha chent très bon !
– Goûtez ! l’invite Fernando en lui tendant l’assiette.
Le facteur hésite un instant. C’est la première fois qu’on lui propose des bonbons marron et cela ne le tente pas beaucoup. Par politesse, il se sert pourtant, croque avec prudence dansune petite boule et… sourit de toutes ses dents.
– Mais ch’est délichieux ! Comment cha ch’appelle ?
Ma sœur m’écrit que, là-bas, aux Amériques, ils appellent ça le xocolatl.
Pauvre facteur ! Voilà un mot bien difficile à dire quand on a un cheveu sur la langue.
– Le chocolatl ? essaye-t-il de prononcer.
– Non, xocolatl, corrige Fernando.
– Chocolat ?
Fernando le regarde en riant :
– Vous avez raison, c’est plus facile ainsi. Nous l’appellerons le chocolat et ce sera ma nouvelle friandise de Noël !
Histoire de Sophie De Mullenheim
Illustration de Quentin Gréban
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Zoé à pris son beau papier à lettres multicolore pour écrire sa commande au Père Noël. Sûre que son vœu serait exaucé, elle va poster sa lettre. Mais le vent se lève et soudain, la précieuse enveloppe est happée par un tourbillon de neige !
– Oh non ! s’écrie Zoé, désemparée. Le Père Noël ne va jamais recevoir ma commande !
La lettre, poussée par le vent, continue son voyage à travers les nuages. Pendant plusieurs jours, elle affronte les bourrasques, essuie une tempête de grêle, passe entre les gouttes de pluie, puis retrouve enfin le calme. Et par une belle matinée ensoleillée, elle arrive en Australie où un kangourou l’attrape d’un saut de géant.
– Ça alors, une lettre pour le Père Noël ! dit-il , stupéfait. Vite, il faut à tout prix qu’elle arrive à destination !
Il la fourre dans sa poche ventrale et se rue à grands bonds vers l’océan Pacifique pour la donner à son ami le dauphin. Aussitôt, le mammifère marin fend les vagues vers l’Amérique du Sud. Là, il passe le relai à son ami le cheval de Patagonie. Celui-ci attrape la lettre et galope à travers les étendues de pampa et les majestueux fleuves de glace.
Au détour d’un pic escarpé, il voit le flamand rose qui prend un bain d’eau salée.
– Vite, le Père Noël va partir faire sa tournée. Si l’on ne se presse pas, Zoé n’aura pas de cadeau cette année !
Sans plus attendre, l’oiseau prend la lettre dans son bec et gagne le pôle Nord à tire-d’aile. Essoufflé, il se pose sur un iceberg où l’ours polaire fait sa sieste.
– Plus qu’un quart d’heure avant le départ du Père Noël, cours vite ! lance le flamand rose, encourageant son ami.
L’ours blanc traverse alors les bancs de glace à une vitesse incroyable. Tout à coup, il aperçoit le traîneau qui s’apprête à décoller.
– Père Noël, j’ai quelque chose pour vous ! s’égosille l’ours.
Le grand homme s’empresse de lire la lettre… et place aussitôt dans sa hotte un dernier cadeau.
Zoé en est sûre, ça s’est passé ainsi ! Elle le sait parce que son vœu a été exaucé. Elle vient de déballer la plus fabuleuse peluche qu’elle ait jamais vue : elle a la poche du kangourou, la queue du dauphin, la crinière du cheval, les ailes du flamand rose et la blancheur de l’ours polaire. Et elle était emballée dans un papier multicolore, comme son papier à lettres…
Et ça, c’est un vrai miracle de Noël !
Histoire de Fabienne Onfroy
Illustration de Marie Quentrec
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008
Quelqu’un m’a fait parvenir le texte humoristique qui suit et qui circule depuis quelques années sur Internet. S’il subsiste un fond de vérité dans toute bonne blague, on peut dire que rien n’est plus vrai à la lecture de cette parodie. Tirez-en vos propres conclusions. En tout cas, on ne peut pas nier qu’elle soit de son temps. Décidément, c’est difficile de satisfaire tout le monde par les temps qui courent…
DE: Manon Brodeur, – Directrice – Ressources humaines
À: Tout le personnel
DATE: 1er décembre
RE: Party de Noël
Je suis heureuse de vous annoncer que le Party de Noël de la compagnie aura lieu le 23 décembre, à midi, à la salle Richelieu de l’Auberge des Gouverneurs. Le bar sera à vos frais et bien pourvu ! Il y aura un petit orchestre qui jouera les cantiques traditionnels de Noël. Sentez-vous libres de chanter avec eux. Ne soyez pas surpris(es) si notre PDG est déguisé en Père Noël ! L’arbre de Noël sera allumé à 13h00.
Un échange de cadeaux entre les employés(es) aura lieu à ce moment-là, cependant, les cadeaux ne doivent pas excéder 10 $ pour rendre cet échange accessible à chacun(e). Cette activité est offerte à nos employés(es) seulement. Notre PDG s’adressera à l’assemblée à ce moment.
Joyeux Noël à vous et à votre famille.
Manon
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DE: Manon Brodeur, Directrice – Ressources humaines
À: Tout le personnel
DATE: 2 décembre
RE: Party des Fêtes
Le mémo d’hier ne voulait en aucune façon exclure nos employés juifs. Nous reconnaissons que l’Hanoukka est une fête importante qui bien souvent coïncide avec Noël, même si malheureusement cette année, ce n’est pas le cas. Toutefois, à compter de maintenant, nous l’appellerons notre « Party des Fêtes ». Cette même politique s’applique à tous nos autres employés non chrétiens ou à ceux qui célèbrent encore le Jour de la Réconciliation.
Il n’y aura pas d’arbre de Noël, ni cantiques de Noël. Nous aurons d’autres types de musique pour votre agrément. Contents(es) maintenant ?
Bon congé des Fêtes à vous et à votre famille.
Manon
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DE: Manon Brodeur, – Directrice Ressources humaines
À: Tout le personnel
DATE: 3 décembre
RE: Party des Fêtes
Au sujet de la note que j’ai reçue hier de la part d’un membre des Alcooliques Anonymes demandant une table pour les gens ne consommant pas d’alcool (vous n’avez pas signé votre nom), il me fait plaisir d’acquiescer à cette requête, mais si je place une affiche sur la table indiquant « AA seulement », vous ne serez donc plus anonymes. Comment suis-je sensée gérer cette situation ? Quelqu’un a une idée ?
Oubliez l’échange de cadeaux. Il n’y en aura pas puisque le syndicat pense que 10 $ est un montant trop élevé et que les membres de la direction trouvent que 10 $ n’est pas suffisant.
AUCUN ÉCHANGE DE CADEAUX NE SERA DONC AUTORISÉ.
Manon
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DE: Manon Brodeur, Directrice – Ressources humaines
À: Tout le personnel
DATE: 7 décembre
RE: Party des Fêtes
Quel groupe diversifié nous avons ! Je n’avais aucune idée que le 20 décembre débute le Ramadan pour les Musulmans, ce qui leur interdit de manger et boire pendant que le soleil est levé. Et voilà le party !
Sérieusement, nous apprécions que le repas ne convienne pas aux croyances de nos employés Musulmans. Peut-être que l’Auberge des Gouverneurs accepterait de conserver votre repas jusqu’à la fin du party, ou encore d’emballer votre part pour que vous puissiez l’emporter à la maison dans de petits contenants. Est-ce que ça vous conviendrait ?
Entre temps, je me suis arrangée pour que les membres des Weight Watchers puissent s’asseoir loin de la table des desserts, et que les femmes enceintes puissent s’asseoir à la table la plus près des toilettes. Les homosexuels peuvent s’asseoir ensemble. Les lesbiennes ne sont pas obligées de s’asseoir avec les homosexuels, ils auront chacun leur table. Oui, il y aura des fleurs sur la table des homosexuels. À ceux désirant se travestir, ce ne sera pas autorisé. Il y aura des sièges d’appoint pour les petites personnes. Des aliments à faible teneur en gras seront servis aux personnes à la diète.
Nous ne pouvons contrôler l’usage du sel dans les aliments, nous suggérons donc aux personnes souffrant de haute pression de goûter avant de manger. Il y aura des fruits frais pour les diabétiques. Le restaurant ne peut pas fournir de desserts « sans sucre ». Désolée !
Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?!?!?
Manon
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DE: Manon Brodeur, – Directrice Ressources humaines
À: Tous les #%&$ employés (es)
DATE: 10 décembre
RE: Le #$%*!@% de Party des Fêtes
Végétariens ?!?!?!? J’en ai assez de vous !!! Nous allons avoir ce party à l’Auberge des Gouverneurs que vous approuviez ou pas, ainsi vous pourrez vous asseoir tranquillement à la table la plus éloignée de la « grille de la mort » comme vous l’avez précisé. Et vous aurez votre #$%^&*! de bar à salade, incluant des tomates organiques. Mais vous savez que les tomates aussi ont des sentiments. Elles crient quand vous les tranchez. Je les entends crier actuellement ! J’espère que vous aurez tous et toutes un congé pourri !
Conduisez en état d’ivresse et crevez, vous m’entendez !?!?!?!?!?!?!!!!
Manon….
La salope dans son ENFER !!!!!!!!
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DE: Marie-Linda Bernatchez, Directrice par intérim – Ressources humaines
DATE: 14 décembre
RE: Manon Brodeur et le party des Fêtes.
Je suis certaine que je parle au nom de tous et toutes en souhaitant un prompt rétablissement à Manon Brodeur et je vais continuer à lui faire suivre vos cartes de souhaits.
Entre temps, la direction a décidé d’annuler le party des Fêtes et d’offrir à tous ses employés(es), l’après-midi du 23 décembre en congé payé.
Marie-Linda Bernatchez
Autrefois, à Noël, les enfants laissaient leurs souliers n’importe où : sous leur lit, près de la porte, au pied de la cheminée… Le Père Noël ne savait jamais où déposer ses cadeaux. Il tâtonnait dans le noir à la recherche des souliers et se cognait aux meubles. Un jour, il décida que tout le monde aurait désormais un arbre de Noël et poserait ses souliers dessous. Et il organisa un concours pour désigner celui qui aurait l’honneur de devenir « l’arbre de Noël ».
Dès le printemps, le Père Noël se mit en route pour passer en revue les candidats. Tous voulaient se présenter sous leur meilleur jour.
En Europe, les chênes, les bouleaux, les platanes se couvrirent de feuilles tendres et vertes !
– Regardez, Père Noël, comme nous sommes beaux et majestueux !
– Mouais… sauf qu’à Noël, vous aurez perdu toutes vos feuilles et vous aurez l’air de vieux squelettes !
En Afrique, le Père Noël tomba sur le baobab :
– C’est moi ton arbre papa Noël, car je suis le plus gros du monde !
– C’est bien là le problème : comment veux-tu entrer dans les maisons ?
En Amérique, le Père Noël rencontra le séquoia :
– Trop grand !
Au Japon, le bonsaï :
– Trop petit !
Dans les îles, le palmier :
– Difficile à décorer !
L’hiver venu, le Père Noël finit par rentrer chez-lui bredouille. Fatigué par son voyage, il rata l’atterrissage de son traîneau qui fit des cahots dans la neige.
– Aïe ! Ouille ! Attention, il y a quelqu’un dessous ! résonna une petite voix étouffée.
– Qui a parlé ? s’étonna le Père Noël.
– Moi, le sapin ! lui répondit un minuscule arbre couvert de neige.
Le Père Noël se rapprocha :
– Oh, petit sapin, tu es si discret que je t’avais oublié. Pourquoi n’as-tu pas participé au concours de l’arbre de Noël ?
– Je suis trop petit, trop piquant et trop banal pour avoir cet honneur ! soupira le sapin en frémissant de toutes ses aiguilles.
La neige qui le recouvrait s’éparpilla alors sur le sol. Et dans son manteau vert, des cristaux de givre se mirent à briller comme une guirlande d’étoiles. Émerveillé, le Père Noël se pencha sur le sapin et huma sa douce odeur de résine.
– J’ai fait le tour du monde, mais ce que je cherchais était caché devant ma porte ! dit-il en éclatant de son bon gros rire. Désormais, je te le promets, à Noël ce sera toi le roi des forêts et de toutes les maisons !
Histoire d’Emmanuelle Lepetit
Illustration de Claire Legrand
Source :24 histoires merveilleuses pour attendre Noël, Éditions Fleurus 2008