J’aimerais bien vous entretenir de nos découvertes et choses intéressantes qu’on découvre par les temps qui courent, mais comme vous le savez probablement déjà, la seule et unique raison qui nous fait apprécier notre séjour, jusqu’à présent, c’est l’absence totale de neige. Le froid n’est même pas un facteur parce que c’est comparable au Québec. Alors mon billet portera sur la météo… pour faire changement !
Ici c’est du jamais vu. Depuis notre départ de la maison, il y a eu seulement deux après-midis où la température permettait de porter des chandails à manches courtes. Le reste du temps, il fait carrément froid. La nuit dernière, le mercure est tombé sous le point de congélation et ce sera la même chose la nuit prochaine. Hier, il a plu toute la journée. Ça faisait drôle de voir le marchand de légumes, à l’entrée du camping, grelotter sous son manteau à capuchon dans l’attente d’éventuels clients. Il ne bougeait même pas, droit et immobile comme une statue. Les ventes ont dû être assez moches.
J’écoute le hockey chez Jean-Guy, dans la cuisinette de toile, bien emmitouflé dans un bon gros chandail chaud, malgré le fait qu’il réchauffe la place avec une puissante chaufferette au propane. En fait, il faut oublier d’acheter des chaufferettes dans le coin, parce que c’est en rupture de stock partout. Comme les mouches à la fin de l’automne, personne ne met le nez dehors. On se renferme dans nos chaumières et on brûle du propane. Heureusement qu’on n’est plus très jeune parce que sinon, ce serait dangereux de grossir la famille.
Une compagne de travail de Louise a amené sa petite famille pour visiter Walt Disney World à Orlando, à trois heures au nord d’ici, au début de janvier. Je ne sais pas si c’était leur première visite en Floride mais si c’est le cas, ils ont dû avoir tout un choc. Il y a deux jours, une mince couche de neige couvrait cette région. C’est assez décourageant, quand on n’a que dix jours à passer ici par un temps pareil.
Dorénavant, lorsqu’on vient ici en janvier, il faudra prévoir des vêtements chauds, sinon…
Comme le dit l’adage Après la pluie, le beau temps, la chaleur reprendra forcément ses quartiers dès cette semaine et on aura amplement le temps de se reprendre. On rêve du jour où on devra faire fonctionner le climatiseur. D’ici là, on écoute la télé québécoise, on dort très bien, on bouffe et on fait un peu de magasinage. Pour ces deux derniers on a déjà visité CiCi’s Pizza,
un resto-buffet où, pour moins de 7$, plusieurs combinaisons de pizzas, de salades, de soupe et de desserts sont offerts. Quand au magasinage, juste à côté, se trouve Harbor Freight Tools. Un magasin d’outillage qui fait saliver plus d’un mâle en quête de la dernière nouveauté en matière d’outils. La Mecque des mecs quoi !
Comme vous êtes à même de constater, c’est le calme plat mais on survit. Inutile de verser quelques larmes en lisant ce billet. Ça ne prend pas ! On reste ici !
Team Canada est la preuve vivante du non respect de la langue française et de l’ignorance du Québec dans l’élaboration de son Site Web. C’est carrément une insulte de ne pas s’être donné la peine de retenir les services d’un traducteur québécois pour en diffuser la version française dans les règles de l’art. Et on en a d`’excellents ici.
Encore une fois l’administration vient de l’ouest canadien, qui se fout carrément de notre réalité. C’est connu depuis toujours dans cette belle réalité canadienne. Le Québec abrite l’équipe professionnelle de hockey la plus prestigieuse au monde et on est traité comme des indigènes. Pour eux, notre langue est tribale.
Traduire un “Chandail pour enfant” par Jersey du gosse, ou “t-shirt” par Tee-Shirt de Manche de court des enfants, c’est pas trop fort. Ça démontre clairement un travail bâclé pour bien paraître et un irrespect total et arrogant de la langue française. Ils se sont servis d’un logiciel de traduction minable, au lieu d’un humain qui peut faire des nuances, appliquer les subtilités de notre langue et surtout en conserver le sens original.
L’excuse pour justifier une telle erreur est que la demande pour l’achat d’objet promotionnels français n’est pas forte, pas plus que la vente. Foutaise et grosse farce ! Je ne vois absolument pas le rapport. Est-ce qu’ils ont fait la promotion de leur site au Québec ? Si c’est le cas, je la cherche encore. Le plus désolant dans tout ça est que le mouvement olympique s’efforce d’annoncer ses interventions durant les épreuves dans plusieurs langues, dont le français, et personne ne s’en est inspiré.
Les responsables du site internet promettent des changements. On verra bien ! D’ici là c’est à nous de boycotter tout achat pour encourager Team Canada, tant que la situation ne sera pas rétablie convenablement.
Lentement, on a installé nos pénates et planté le palmier illuminé devant la caravane. Du vrai Elvis Gratton ! Le soleil est là mais le sujet de discussion à la mode c’est Maudit qui fa frette… Je vous confirme l’exactitude des rapports météo de la télé québécoise. La Floride en janvier, c’est toujours incertain mais force est de constater que cette année, c’est du rarement vu. Depuis notre arrivée, samedi, le froid perdure et perdure encore. Après les nuages de dimanche, où on en a profité Jean-Guy et moi, pour laver la caravane et le camion, le soleil a repris sa place mais sous un mercure frisquet. Durant la journée, la température peine à franchir les 60°F, alors que la nuit, c’est carrément froid au point où les plantations doivent être recouvertes pour éviter le gel.
Les prévisions à long terme ne prévoient pas de réchauffement substantiel avant encore une grosse semaine. Le propane est en demande et plusieurs, sans doute pour économiser le précieux gaz, n’hésitent pas à se servir à outrance de chaufferettes électriques. La conséquence est que le système électrique est surtaxé et la tension maximale se maintient près des 110 volts. Malgré tout ça, on est bien. La neige n’est plus qu’un souvenir et tôt ou tard, la chaleur reprendra sa place. On porte du long et nos doublures mais les bermudas s’en viennent.
L’essence se vend autour de 2,79$ le gallon, soit environ 70 cents le litre, taux de change inclus, si on le compare au Québec. Le prix des denrées alimentaires est plus cher, en tenant compte de la valeur de notre monnaie. Par contre, c’est beaucoup mieux que l’hiver dernier alors que notre dollar se maintenait à 80 cents. Ce soir, il était à 96,80 cents américains. La taxe de vente n’est que de 6% depuis des lunes et les restaurants sont de mieux en mieux.
Du côté des nouvelles fraîches, Francine et Jean-Guy ont fait l’acquisition d’une jolie maison de parc ici à Pioneer Village. La transaction est sur le point de se concrétiser et ils en prendront possession après la mi-avril. Ils pourront l’habiter à leur retour en octobre. Lorsque ce sera possible et s’ils le veulent bien, je pourrai ajouter quelques photos dans l’album Floride 2010, de la section Photos du blogue.
Louise et moi, nous nous remettons lentement de la bronchite et du rhume qu’on avait avant de partir. Comme je l’ai déjà dit dans un billet précédent, on a beaucoup de difficulté à s’en départir, tout comme il y a deux ans. Curieusement cette année là, on avait aussi été vaccinés… Tirez-en vos conclusions. Moi j’ai déjà mon opinion là-dessus, n’en déplaise aux médecins. On lit l’édition électronique du Journal de Montréal tous les matins. On profite de la télé du Québec via satellite, gracieuseté de Francine et Jean-Guy et on dispose également du téléphone, avec interurbains illimités, afin de converser avec nos proches, grâce à Rosaire et Mimi. Finalement, c’est seulement l’absence de neige qui cause l’agréable dépaysement.
Sur le terrain, beaucoup d’emplacements sont encore disponibles. L’affluence de janvier ne s’est pas encore manifestée mais ça ne devrait pas tarder. Une délégation de la FQCC est attendue dans quelques semaines. On voit encore quelques décorations de Noël ici et là, dont un certain Père Noël qui a probablement refusé de retourner au Pôle-Nord. À moins que ses rennes aient tout simplement décidés de l’abandonner.
Par un temps glacial de –26°C, le chargement de tout le bagage s’est fait en deux jours. On n’a jamais été aussi heureux de quitter un Québec bien gelé. Mais pour ceux et celles qui nous connaissent, la route du sud nous a laissé jadis, un goût assez amer, avec une foule d’incidents qui en auraient décourager plus d’un. Après avoir renouvelé tout notre équipement au courant de l’été dernier, un voyage de quatre jours, sans ennuis était envisageable. Et bien, ce sera pour une autre année. Pas à cause d’ennuis mécanique, mais de petites choses qui se sont produites quotidiennement.
On débute une heure après notre départ, au moment de traverser la frontière américaine, un agent des douanes nous prend nos passeports et nous oblige à se ranger sur le côté pour une vérification minutieuse de la caravane. Plein de questions sur ce que nous transportons puis, avec ses bottes enneigées, il pénètre dans l’unité pour vérifier le contenu du réfrigérateur… sans rien trouver d’illégal. Il nous laisse finalement aller après avoir donné son “show” quelques longues minutes.
Le lendemain, en traversant le New Jersey, nous frappons une tempête de neige. La visibilité est presque nulle et on se déplace à 15-20 kilomètres/heures durant près de trois heures. En moins de deux kilomètres, nous sommes témoins de 9 sorties de route d’automobilistes qui ne semblaient pas tellement habitués de rouler par un temps pareil.
Le troisième jour, on se rend compte que le réfrigérateur de la caravane ne fonctionne plus. Pourtant, les témoins lumineux indiquent le contraire. Il semblerait que le produit réfrigérant puisse être en cause. La réparation se fera sous garantie, mais c’est surtout le désagrément que ça nous impose qui nous frustre quelque peu. On a de l’équipement neuf et la guigne ne nous lâche pas. Par contre, le Camping World, de Fort Myers, est un détaillant autorisé de Crossroads pour effectuer le service sous garantie, le cas échéant. Je décide d’arrêter complètement le frigo et tenter de le remettre en marche lorsque nous arriverons à destination. Tout d’un coup que les mouvements de la route puissent déclencher quelque chose sur le produit réfrigérant…? On a dormi au camping KOA de Yamassee en Georgie, après avoir vidangé l’antigel de plomberie de l’unité, puis ajouter le l’eau fraîche dans le réservoir.
La quatrième et dernière journée, nous atteignons notre destination un peu après dix-neuf heures, au grand soulagement de Jean-Guy et Francine qui nous attendaient avec l’invitation à souper. Mimi et Rosaire étaient là de même que Estelle et Gervais. Rapidement, j’ai garé la caravane sur son site, procédé au branchement électrique puis mis en marche le frigo. Après le délicieux souper de nos hôtes nous rentrons pour une nuit de repos bien mérité. Une surprise nous attendait, agréable cette fois; le réfrigérateur fonctionnait de nouveau ! Peut être que mon idée était bonne… Allez savoir. Quoi qu’il en soit, nous sommes maintenant à bon port. Malheureusement, on gèle ! Un front froid couvre la Floride jusqu’au milieu de la semaine. Les nuits sont sous ou autour du point de congélation.
Veuillez excuser ce retard à vous donner des nouvelles, mais j’avais de la difficulté à me connecter à l’Internet. Vous savez ce que c’est lorsqu’on s’installe. Il faut y aller par priorité. C’est maintenant chose faite. Continuer de nous accompagner régulièrement pour partager ces bons moments avec nous.
Je termine ce premier billet sur une note triste; Martine, la jeune sœur d’Annie la conjointe de notre fils Pascal, est décédée au matin du 2 janvier. Elle avait 27 ans ! Nos pensées accompagnent la famille à qui nous offrons nos plus sincères condoléances.
C’est un peu tôt, mais comme nous quittons le froid Québec pour la chaleur floridienne demain et peut être que l’accès internet sera difficile sur la route, je ne voulais pas manquer de vous écrire en cette fin d’année.
Quand on trace le bilan, en chacun de nous, de cette année qui s’achève, on peut voir tout le chemin parcouru et ce qu’elle nous a apporté de beau, de bon et de triste. Par contre, ça nous aura permis de grandir, d’apprécier et de voir comment on peut être fait solide pour survivre à tout. L’an 2000 c’était hier et voilà dix autres années de passées.
2010 débute une nouvelle décennie et je vous souhaite qu’elle s’amorce avec amour, joie et sérénité. Qu’elle soit le début de la consécration de vos rêves et de vos espoirs. Mais pour réaliser tout ça, il faut la santé et c’est ce que je vous souhaite de tout mon coeur. Quand on a la santé jumelé à l’amour, on détient une richesse inestimable. Ayez le plaisir de vivre pleinement votre vie parce qu’on n’en n’a qu’une et elle vaut amplement la peine d’être vécue.
J’ajouterai une pensée toute spéciale pour Cécile, l’épouse d’André qui se retrouve encore à l’hôpital pour des problèmes de santé. Je te souhaite le plus rapidement de retrouver la santé. Garde surtout le moral pour passer au travers. Nos pensées t’accompagnent.
Finalement chers lecteurs, continuez de me lire sur le blogue. Vous êtes mon inspiration. Je vous invite à prendre la route avec nous et partager, au fil des billets, nos souvenirs de vacances. Comme par les années passées, vous trouverez dans la section PHOTOS, l’album Floride 2010 rempli de nos clichés de voyage.
BONNE ANNÉE 2010
Chez-nous cette année, Noël aura duré quatre jours. Un beau Noël de retrouvailles attendues. Les festivités ont débuté le 24, à Verchères, chez Annie et Pascal pour le réveillon. Fidèle à la tradition, le vrai Père Noël était là, un peu avant minuit pour distribuer les cadeaux à Pierre-Olivier et Audrey-Anne, sortis précipitamment du lit au son des grelots. Malheureusement, j’ai manqué cette partie, étant occupé ailleurs. Mais n’ayez crainte, les enfants se sont chargés de me rappeler, dans les moindres détails, le passage du vieux bonhomme.
Les enfants ont regagné leurs lits pendant que les adultes s’échangeaient mutuellement les présents qui leurs étaient destinés. On est rentré prudemment au beau milieu de la nuit. Et pour s’échanger les politesses, Nous recevions Annie, Pascal et les enfants enrhumés, pour le souper de Noël. Après leur départ en mi-soirée, c’est chez Diane et Gaston qu’on a terminé cette journée. Une vingtaine de personnes dans un quatre-et-demi… Ça aide aux rapprochements.
Ça nous amène au 26. Retour à Verchères pour célébrer l’anniversaire d’Audrey-Anne. Du haut de ses trois ans, enrhumée et toujours belle comme un coeur, dans sa jolie robe, elle a été gâtée de cadeaux tout en partageant le repas et un succulent gâteau, comme je les aime. Pierre-Olivier et maman Annie lui ont donné un coup de souffle pour éteindre les scintillantes bougies. Une belle petite fête en famille, agréable et sans cérémonie. Surprise en quittant, la pluie verglaçante était de la partie. Drôle de température !
Finalement, le 27, on a pris la direction de Bromont, pour le super party des Nantel organisé par la famille de Lise et
mon frère Sylvain. Une fête de retrouvailles qui réunissait tout le monde comme au bon vieux temps. C’est dans ces moments là qu’on voit combien la famille grandit… Et nous aussi, par le même phénomène.
C’était agréable de revoir toutes ces personnes et au fil du temps, quelques nouvelles figures s’y sont greffées; Erica, la fiancée de Sébastien, Ugo, le conjoint d’Isabelle et son fils Simon. Pour quelques-uns, ça faisait des années qu’on ne s’étaient pas vus. Pour Sébastien, mon blogueur de neveu, ça devait bien faire près de 20 ans. Il a gardé sa frimousse de pré-ado, malgré ses 31 ans.
Une soirée aux attentes de Lise et Sylvain qui l’espérait rassembleuse. Mission accomplie. Un succès bœuf ! Avec mon clavier, j’ai animé la portion musicale et quelques vedettes en herbes en ont profité pour y aller de performances plus que respectables. Il y a du talent dans la famille. Contre toute attente et voyant que la salle était presque vide (ça c’est méchant…), Shelbie et Sylvain ont eu la permission de chanter… C’est dire combien on était conciliant. Comme le dit la chanson Ça arrive rien qu’une fois par année. Les séquences ont été prises sur vidéo, au grand plaisir des nostalgiques.
Maintenant que tout ça est derrière nous, c’est le temps de se préparer aux grandes vacances. La caravane à sellette est dans l’entrée depuis ce matin et on terminera les préparatifs demain. Le départ pour la Floride est prévu mercredi, sur le coup de 10 heures. Trois mois au soleil ! Fini la neige ! C’est le bon côté de la retraite; Profiter de l’été à l’année, pourquoi pas ? Pour la première fois, on commencera la nouvelle année sur les routes de l’Oncle Sam. Vous ne serez pas en reste puisqu’il vous sera possible de nous accompagner via le blogue. Soyez du rendez-vous. C’est à ne pas manquer !
Cette histoire de Noël est la dernière pour cette année. Ces contes vous reviendront en décembre prochain. Merci de votre lecture assidue, tout en espérant qu’elles vous ont plu.
Le matin du 24 décembre, les enfants du monde entier sont excités. Mais sûrement pas autant que Sophie Baril et son frère François !
En effet, pour la première fois cette saison, François, Sophie et leur chien, Inouk, partent à la pêche aux petits poissons des chenaux. Le poisson des chenaux, ou poulamon, est aussi appelé poisson de Noël, parce qu’il remonte la rivière Sainte-Anne juste à temps pour être servi au réveillon. Sur la rivière gelée, des centaines de cabanes multicolores attendent déjà les pêcheurs. Vu de la rive, on dirait un de ces villages miniatures qu’on pose sous le sapin de Noël. Au pied de la descente, un panneau-réclame souhaite la bienvenue à Sainte-Anne-de-la-Pérade, capitale mondiale du petit poisson des chenaux.
À quelques mètres de là, Claude Fournier fait les cents pas près de son hélicoptère. Les enfants connaissent bien le pilote. En effet, Claude est un ami d’enfance de leur mère et c’est avec lui que Marie a suivi des cours de pilotage.
– Comment ça va ? demande Sophie.
– Les affaires son plutôt tranquilles. Je n’attends pas beaucoup de clients aujourd’hui. La veille de Noël, les gens sont trop occupés pour s’offrir une promenade en hélicoptère.
– Nous, nous n’avons presque rien à faire, laisse tomber, François.
Claude lui adresse un clin d’œil complice :
– Un de ces jours, je vous ferai faire une petite balade. Promis !
– Joyeux Noël ! crient les enfants.
Une activité intense règne sur la rivière Sainte-Anne : automobiles, tracteurs et motoneiges se croisent en tout sens. Inouk tire sur la laisse et aboie au passage de chaque véhicule. Heureusement, François et Sophie sont arrivés !
La cabane des Baril est beaucoup plus grande que les autres et sert de bureau pour accueillir la clientèle. En effet, Pierre et Marie sont pourvoyeurs, c’est-à-dire qu’ils sont propriétaires de plusieurs cabanes qu’ils louent aux touristes, généralement pour une période de huit heures. Les enfants entrent précipitamment :
– Bonjour papa !
Pierre est occupé avec un client. De grosses mitaines de cuir sont posées sur une chaise. Discrètement, Inouk se faufile tout près. Il flaire les mitaines puis, vif comme l’éclair, en attrape une dans sa gueule.
– Sale bête ! Rends-moi ça tout de suite ! ordonne le client, en tirant sur sa mitaine.
– Inouk , sois gentil, supplient François et Sophie.
– Espèce de sac à puces, je vais t’apprendre à vivre ! grogne l’inconnu, en lui assénant un coup sur le museau. Inouk pousse un cri de douleur et lâche prise.
– Il est jeune, plaide Sophie, en s’élançant vers le chien, il voulait juste s’amuser.
– Drôle de façon de s’amuser ! Éclate le pêcheur en exhibant sa mitaine déchirée. Vous feriez mieux de l’éduquer.
Les enfants voudraient protester mais Pierre leur fait signe de se taire :
– Je conduis monsieur à sa cabane et je reviens.
Au retour de son père, François laisse exploser sa colère :
– Il a frappé Inouk ! il n’avait pas le droit !
– Vous feriez bien d’oublier tout ça et de commencer à pêcher. J’ai hâte de voir lequel de vous deux attrapera le premier poisson.
Sophie et François retirent manteaux, tuques, écharpes. Pierre prend quelques bûches rangées sous une large banquette et les enfonce dans le petit poêle en fonte qui se met à ronronner. Prudemment, les enfants s’installent sur de vieilles chaises alignées au bord de l’ouverture pratiquée dans le plancher et se penchent au-dessus de l’eau noire. En silence, chacun fixe attentivement les lignes qui descendent du plafond. Inouk est intrigué. Assis entre les enfants, il suit chacun de leurs gestes en martelant le plancher de sa queue. Soudain, l’allumette de bois, fixée à une des cordes, se met à remuer.
– Ça mord ! annonce joyeusement François.
En pêcheur expérimenté, il observe les mouvements de la ligne :
– C’est sûrement un poisson énorme. Regardez comme il tire sur le fil. S’il continue, il va tous nous entraîner sous la glace.
– Tu exagères toujours ! déclare Sophie.
– Comme tous les pêcheurs, fait remarquer son père.
D’un coup sec, François ferre sa prise et remonte rapidement la ligne. Deux gros poulamons se tortillent au bout des hameçons. Inouk aboie joyeusement.
– Chanceux ! s’exclame Sophie. Un coup de deux !
D’une main assurée, son frère décroche ses prises et les lance dans un seau. Inouk y plonge aussitôt le museau et le renverse.
– Inouk ! proteste Sophie.
– Lâche ça ! crie François en arrachant les poissons aux griffes du chien.
– J’ai une idée ! annonce Sophie. Nous n’avons qu’à jeter les poissons dehors, au fur et à mesure que nous les pêchons. Aussitôt dit, aussitôt fait. Sophie ouvre la porte et François lance les poulamons sur la glace où ils se recroquevillent et gèlent dans des positions cocasses.
Bientôt les prises se succèdent à un tel rythme que les pêcheurs n’ont même plus le temps de les décrocher. Ils les abandonnent sur le plancher, pour en remonter une autre et encore une autre… Inouk en profite pour fourrer son museau partout et emmêler les lignes.
– Inouk, gronde François, tu ne pourrais pas rester tranquille cinq minutes ?
– Quel méli-mélo ! soupire Sophie, devant cet enchevêtrement de fils et d’hameçons.
Pierre se lève :
– Il faut que j’aille faire la tournée de mes cabanes. Je vais attacher Inouk au poteau. Quand vous serez venus à bout de ce casse-tête, vous le ferez rentrer.
Un peu plus tard, lorsque Sophie sort pour détacher Inouk, elle ne le voit nulle part. Elle crie son nom dans toutes les directions. En vain. Alerté par les cris de sa sœur, François sort à son tour :
– Inouk n’est pas là ?
– Je crois bien qu’il s’est sauvé, murmure Sophie.
– Penses-tu ! Papa a dû l’emmener en promenade, lance François en se frictionnant vigoureusement. Entre vite dans la cabane si tu ne veux pas être transformée en glaçon.
Quelques instants plus tard, leur père rentre à son tour.
– Inouk n’est pas ici ?
Les enfants se regardent, abasourdis.
– Nous pensions qu’il était avec toi, répond François.
– Je savais qu’il avait disparu, murmure Sophie, les yeux pleins de larmes.
– Pas de panique ! ordonne Pierre, calmement. Ce n’est pas la première fois qu’Inouk se sauve. Allons interroger les voisins. Quelqu’un l’a sûrement vu.
Les enfants enfilent leur anorak et se précipitent à l’extérieur. Brusquement, Sophie s’immobilise, songeuse.
– À quoi penses-tu ? s’enquiert François.
– Au pêcheur de ce matin. Si c’était lui qui avait détaché Inouk ?
À ces mots, François sent un grand frisson lui parcourir le corps.
– Vous avez trop d’imagination, affirme Pierre.
– Allons le voir ! décide François.
Les enfants contournent rapidement la cabane et frappent énergiquement à la porte. Pas de réponse. Pierre ouvre. Personne. Le bruit d’une portière qu’on claque attire l’attention de Sophie.
– Regardez, crie-t-elle, en pointant du doigt une fourgonnette garée en face, c’est lui.
À grandes enjambées, François et Sophie traversent la rue. En les voyant arriver, le pêcheur se penche à la portière avec un sourire sarcastique :
– Je parie que vous cherchez votre chien.
– Comment le savez-vous ? demande François, sur un ton à peine poli.
– Parce que je l’ai vu tout à l’heure. Il courait comme un fou derrière une motoneige.
– Dans quelle direction allait-il ? questionne Pierre.
– Vers le fleuve, laisse tomber le conducteur en démarrant. François et Sophie sont désemparés.
– Au moins, nous savons dans quelle direction chercher, conclut Pierre. Pour le moment, retournons à la cabane. Devant la porte, les enfants trouvent la motoneige de Marie. En quelques mots, Sophie et François racontent à leur mère l’escapade de leur chien.
– Qu’allons-nous faire ? demande anxieusement François.
– Le retrouver ! réplique fermement Marie. Venez !
– Où ça ? demandent les enfants en prenant place sur la motoneige.
– Au fleuve, voyons !
Marie zigzague habilement entre les cabanes jusqu’au restaurant Chez Jean-Eudes. Là, elle tourne à gauche et file vers le fleuve. La température s’est adoucie. La neige tombe dru. Les enfants rentrent la tête dans les épaules pour se protéger des flocons qui leur griffent le visage.
– Votre bonhomme n’a pas menti, crie soudain Marie. Inouk est là. Regardez ! Il dérive sur une plaque de glace.
– Pauvre Inouk, soupire Sophie, comme il doit se sentir seul !
– Comment est-il arrivé là ? demande François.
– Il s’est sans doute aventuré trop près de l’eau, répond Marie. Il a alors suffit d’une vague plus forte pour que la glace casse et qu’Inouk soit emporté par le courant.
Soudain, Sophie pousse un cri horrifié :
– Il y a un bateau qui arrive ! Il va faire chavirer Inouk.
Il n’y a pas une minute à perdre ! déclare Marie. Allons voir Claude ! Lui seul peut nous aider. Cramponnée à son guidon, Marie fait demi-tour et fonce vers son point de départ. Heureusement, Claude est encore à son poste. Marie explique brièvement la situation. En quelques secondes, tous se retrouvent à bord de l’hélicoptère. Les enfants n’ont qu’une idée en tête : retrouver Inouk. Toutefois rien n’est moins sûr. En effet, par moments, les bourrasques rendent la visibilité pratiquement nulle. Plus le temps passe, plus les enfants désespèrent. À bord, personne ne dit mot.
– Je le vois ! hurle soudain François.
– Où ça ? Où ça ? réplique vivement Sophie.
– Là, à droite… Regardez !
– Tu es sûr ? s’informe Claude.
– Sûr et certain ! Même qu’il lève la tête vers nous et qu’il aboie !
– Il doit croire que nous l’avons abandonné, pense tout haut Sophie.
– J’y vais ! lance Claude. Votre mère va prendre les commandes.
– Attache-toi bien, recommande Marie, en amorçant la descente.
Claude ouvre la porte et réussit à se glisser hors de l’appareil. Malgré le vent, il parvient à s’installer à califourchon sur l’un des patins de l’hélicoptère. Doucement, l’appareil plonge à moins d’un mètre de l’eau. Tout près, Inouk tourne en rond sur son refuge flottant. Il est complètement paniqué. Claude se penche, tend le bras et l’agrippe. Hélas, plutôt que de se blottir contre lui, le chien se débat et… tombe dans le fleuve.
– Il va se noyer ! crient les enfants.
Heureusement, au contact de l’eau glacée, Inouk comprend vite où est son intérêt et nage énergiquement vers Claude. Marie manœuvre de telle façon que l’hélicoptère vole maintenant à fleur d’eau. Claude étire de nouveau le bras. Cette fois, le chien se laisse attraper sans résister. Sauvé ! Claude hisse immédiatement Inouk à bord de l’appareil. Il était temps ! Claude est frigorifié ! Ses bottes sont remplies d’eau et il est trempé jusqu’aux cuisses. Inouk, lui n’en finit plus de s’ébrouer. Il est couvert de neige de la pointe des oreilles jusqu’au bout de la queue.
– Claude ! Inouk !
François et Sophie les enveloppent dans des couvertures et les embrassent l’un et l’autre avec fougue.
– Mes compliments, lance joyeusement Marie, à l’adresse de Claude.
Cette nuit-là, chez François et Sophie, le réveillon est particulièrement animé. Tous les invités veulent connaître les moindres détails du sauvetage. Quant à Inouk, il récupère devant le foyer. Allongé sur le tapis, il suit des yeux le clignotement des ampoules dans le sapin tout en grignotant une vieille pantoufle de cuir dont les enfants lui ont fait cadeau.
– Aujourd’hui, Inouk, tu nous as causé bien des soucis, constate affectueusement Sophie.
– En tout cas, affirme François, c’est décidé : l’an prochain, nous irons seuls, pêcher le poisson de Noël !
Source : http://www.contes.biz/
En cette nuit magique de la nativité et en cette période de réjouissance et d’allégresse, je vous souhaite, chers lecteurs et lectrices, un merveilleux Noël. Un Noël de paix, d’amour, d’entraide, de partage, de retrouvailles et de générosité. Aussi, pourquoi ne pas y ajouter quelques flocons pour lui donner un air de carte postale ou de souhaits.
Par delà les rires et les expressions de joie, ayons une pensée spéciale pour toutes ces personnes très chères qui doivent être éloignées de leurs familles pour assurer cet espoir d’un monde de paix. Bien sûr, je veux parler de nos valeureux et courageux soldats, sans oublier également les policiers, pompiers, ambulanciers et personnel médical qui veillent sur nous. Aucune personne ne doit être seule, un jour de Noël !
Après toutes les courses qui nous ont permis d’arriver essoufflés mais à temps à cette grande Fête, prenons enfin le temps de nous arrêter, puis d’admirer le scintillement dans les yeux des enfants et la magie qui s’installe lorsqu’ils reçoivent leurs cadeaux. Revoyons-nous à leur âge, pour rajeunir notre coeur.
Fêtons sobrement pour ne rien manquer et Joyeux Noël à tous.
C’était la nuit avant Noël, dans la maison tout était calme. Pas un bruit, pas un cri, pas même une souris ! Les chaussettes bien sages pendues à la cheminée attendaient le Père Noël. Allait-il arriver?
Les enfants blottis dans leur lit bien au chaud rêvaient de friandises, de bonbons, de gâteaux. Maman sous son fichu, et moi sous mon bonnet et vous prêts à dormir toute une longue nuit d’hiver.
Dehors, tout à coup, il se fit un grand bruit ! Je sautais de mon lit, courais à la fenêtre, j’écartais les volets, j’ouvrais grand la croisée. La lune sous la neige brillait comme en plein jour.
Alors, parut à mon regard émerveillé, un minuscule traîneau et huit tous petits rennes conduits par un bonhomme si vif et si léger qu’en un instant je su que c’était le Père Noël ! Plus rapides que des aigles, ses coursiers galopaient, lui il les appelait, il sifflait, il criait :
– Allez Fougueux, allez Danseur, Fringant et puis Renarde. En avant Comète ! Cupidon en avant, Tonnerre, Éclair, allons. Allons au-dessus des porches, par delà les murs ! Allez ! Allez plus vite encore !
Comme des feuilles mortes poussées par le vent, passant les obstacles, traversant le ciel, les coursiers volaient au-dessus des toits, tirant le traîneau rempli de jouets. Et, en un clin d’œil, j’entendis sur le toit le bruit de leurs sabots qui caracolaient. L’instant qui suivit le Père Noël d’un bond descendait par la cheminée.
Il portait une fourrure de la tête aux pieds, couverte de cendres et de suie, et, sur son dos, il avait une hotte pleine de jouets comme un colporteur avec ses paquets. Ses yeux scintillaient de bonheur, ses joues étaient roses, son nez rouge cerise, on voyait son petit sourire à travers sa barbe blanche comme neige.
Un tuyau de pipe entre les dents, un voile de fumée autour de la tête, un large visage, un petit ventre tout rond qui remuait quand il riait; il était joufflu et rebondi comme un vieux lutin. Je n’ai pu m’empêcher de rire en le voyant et d’un simple clin d’œil, d’un signe de la tête il me fit savoir que je ne rêvais pas : C’était lui !
Puis, sans dire un mot, il se mit à l’ouvrage et remplit les chaussettes. Il se retourna, se frotta le nez et d’un petit geste repartit par la cheminée. Une fois les cadeaux déposés, il siffla son attelage, puis reprit son traîneau et les voilà tous repartis plus légers encore que des plumes.
Et dans l’air j’entendis avant qu’ils disparaissent :
– Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit.
Source : http://www.contes.biz/
Je sais bien qu’un jour ce sera notre tour, mais en attendant, pourquoi ne pas se payer une pinte de bon sang, à leurs dépends… parce que le ridicule ne tue pas.
Un monsieur âgé avait un sérieux problème. Il était sourd depuis plusieurs années. Il alla voir son médecin qui lui donna deux appareils pour entendre. Au bout d’un mois, il retourna voir son médecin qui lui dit :
– Votre famille doit être contente de voir que vous entendez très bien ?
L’homme répondit :
– Oh, je n’ai pas encore dit à ma famille que j’avais des appareils. Je ne fais que m’asseoir et écouter les conversations. Depuis ce temps, ça fait trois fois que je change mon testament…
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Dans un foyer, deux personnes âgées étaient assises sur un banc à l’ombre d’un arbre lorsque l’un d’entre eux se tourne vers l’autre et dit :
– Jos, j’ai 83 ans et j’ai mal partout et j’ai de la difficulté à marcher. Je sais que tu as mon âge. Comment vas-tu ?
– Je me sens comme un nouveau-né !
– Vraiment, comme un nouveau-né ?
– Oui, pas de cheveux, pas de dents et … Oups ! Je viens de mouiller mon pantalon… !
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Un couple de personnes âgées est allé souper chez un autre couple âgé et après le repas, les femmes se retrouvent dans la cuisine. Les deux hommes discutent au salon et l’un des deux dit :
– Hier soir, nous sommes allés à un nouveau restaurant et c’était vraiment délicieux. Un bon service. Je le recommande.
L’autre homme dit :
– Quel est le nom du restaurant ?
Notre homme pense et pense encore et dit finalement :
– Quel est le nom de cette fleur que tu donnes à quelqu’un que tu aimes ? Tu sais, il y en a des rouges et elles ont des épines… ?
– Tu veux dire une rose ?
– Oui, c’est le nom. Et il se tourna vers la cuisine et cria :
– Rose, quel est le nom du restaurant où nous sommes allés hier soir… ?
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Un couple de personnes âgées ont tous les deux des problèmes de mémoire. Leur médecin leur a suggéré d’écrire ce qu’elles voulaient faire. Dans la soirée, en regardant la TV , le vieil homme se lève et dit :
– Tu veux quelque chose, je vais dans la cuisine ?
– Apporte-moi un bol de crème glacée, s’il te plaît.
– Certainement !
– Tu devrais l’écrire pour pouvoir t’en souvenir !
– Non, je vais m’en souvenir.
– Bon ! J’aimerais aussi des fraises sur le dessus. Tu devrais l’écrire !
– Non, je vais m’en souvenir, un bol de crème glacée et des fraises.
– J’aimerais aussi de la crème fouettée par dessus. Écris-le pour t’en souvenir.
L’homme, irrité, dit :
– Je n’ai pas besoin de l’écrire, tu veux de la crème glacée avec des fraises et de la crème fouettée !
Au bout de 20 minutes, le vieil homme revient de la cuisine et apporte à sa femme un plat de bacon et des œufs. Elle repoussa le plat et dit :
-Tu as encore oublié mes TOASTS… ?!
Il était une fois, dans la plaine du Nord, un petit renne blanc comme la neige. Au milieu de sa famille rassemblée autour du traîneau de Noël prêt à partir, il regardait tour à tour le grand renne et le Père Noël. Il s’approcha du Père Noël, glissa sa tête sous son gant et lui demanda :
– S’il te plaît, est-ce que je peux vous accompagner ?
Le Père Noël sourit et lui expliqua :
– Cette nuit de Noël serait trop longue pour toi … Je pense que tu seras mieux ici !
– L’an prochain, tu pourras venir ! ajouta le grand renne.
– L’an prochain ? soupira le petit renne blanc. Mais c’est loin… l’an prochain !
Avec de la tristesse plein les yeux, il regarda le traîneau s’éloigner. Le manteau du Père Noël ne fut bientôt plus qu’une minuscule étoile rouge à l’horizon. Les autres petits rennes l’invitèrent à jouer, mais il hocha la tête en regardant le ciel.
Sous la clarté de la lune, les arbres, habillés de neige scintillante, se dressaient merveilleusement. Il faisait presque aussi clair qu’en plein jour. Soudain, le petit renne blanc aperçut quelque chose au pied d’un sapin. Il trottina jusque-là, et que vit-il ? Un paquet !
– Il est certainement tombé du traîneau ! pensa-t-il, et il n’hésita pas une seconde.
Avec la plus grande délicatesse, il souleva le paquet avec ses bois et avança dans les traces du traîneau. La neige crissait, craquait sous ses pas. Lorsqu’il franchissait les miroirs de glace, ses sabots faisaient de petits bruits secs. Le petit renne blanc était heureux. Il se sentait tout léger à l’idée de rejoindre le père Noël et le grand renne avec, dans ses bois neufs, un peu de leur précieux chargement. Mais arriverait-il à temps ?
C’est alors que, occupé par cette pensée, il dévala malgré lui, au galop, une pente vertigineuse et arriva un peu brutalement au pied d’un arbre. A demi assommé, il cligna des yeux, releva ses pattes une à une et finit par se redresser.
– Ouf ! je n’ai rien ! se dit-il.
Mais il réalisa soudain que ses bois étaient vides.
– Le paquet ? … Où donc est le paquet ? se demandait-il en fouillant du regard autour de lui. Il contourna les arbres les plus proches : pas de paquet ! Il grimpa sur un petit rocher. Il regarda bien de tous les côtés : toujours pas de paquet !
– Il ne peut pas être bien loin ! se répétait-il pour se rassurer.
Il fit encore quelques pas, et, au pied d’une touffe de houx, que vit-il ? Le paquet. Il fit deux ou trois cabrioles tant il était content. Délicatement, il le reprit entre ses bois et poursuivit son chemin.
En traversant une plaine blanche, le petit renne blanc aperçut enfin un village. Il se sentait de plus en plus léger. De temps en temps, il levait les yeux vers le ciel étoilé. De son gros œil rond, la lune semblait le surveiller. Les flocons s’étaient remis à tomber. A l’entrée du village, dans toute sa blancheur, la neige s’étalait comme un vrai tapis que personne n’avait osé froisser. Le petit renne blanc avait perdu les traces du traîneau ! Il ne savait plus par où se diriger. Il avança dans une première rue. Les maisons silencieuses semblaient dormir profondément. Pas un bruit ! Ni dans cette rue ni dans aucune autre.
– Je vais bien finir par les retrouver ! se disait-il pour se donner du courage.
Il fit encore quelques pas, et, à l’angle d’une maison, que vit-il ? Le traîneau, puis le grand renne, puis le Père Noël. Tout guilleret, il les surprit en leur adressant un "Joyeux Noël ! " Le Père Noël se retourna et son visage s’illumina :
– Le cadeau que je cherchais ! Je peux dire que tu arrives à temps !
Il ne savait comment le remercier. Il enleva son gant pour mieux lui caresser le museau. Qu’il était beau, le petit renne blanc avec dans ses bois veloutés le petit paquet auquel s’étaient accrochés quelques feuilles de houx et de gui !
Aujourd’hui encore, ces perles rouges ou blanches se mêlent au décor de Noël.
Le Père Noël prit le paquet et disparut dans une maison, tandis que le grand renne, fier du petit renne blanc, lui manifestait sa joie.
Source : http://www.contes.biz/
Au cours des derniers jours, je me suis émerveillé devant l’esprit de solidarité des québécois et la grandeur d’âme d’une femme médecin.
Le premier événement qui m’a interpelle est le drame qu’a vécu une famille de Donnacona qui a perdu deux de ses enfants dans un terrible incendie. Le voisin est intervenu désespérément pour limiter les pertes sans toutefois réussir à secourir les deux jeunes victimes. Un geste héroïque sans aucune hésitation. Que penser aussi de la générosité des québécois qui ont, par leur support, pu mettre un peu de baume sur une douleur si vive. Un couple a même offert sa luxueuse résidence secondaire pour les héberger le temps qu’il faudra et toute la communauté s’est impliquée.
Le deuxième événement est celui de la petite fille qui souffre d’une maladie qui lui cause de nombreuses plaies sur les bras, les mains et le visage. Elle n’a que trois ans et doit endurer des souffrances atroces. Les parents se dévouent corps et âme pour en prendre soin et la couvrir d’amour. Les images sont dures à regarder et pourtant, elles sont le lot de ce courageux couple. Encore là, de généreux donateurs se sont mobilisés pour tenter d’apaiser leurs souffrances et aider à leur donner de l’espoir. Ça touche tout le monde.
Finalement, c’était bouleversant, touchant et aussi porteur d’espoir que d’entendre le témoignage d’Isabelle Gaston, cette médecin qui a vécu ce qu’aucun parent n’a le droit de connaître; l’assassinat de ses deux petits enfants, par leur père, en février dernier. Même si ce fut un calvaire à traverser et une épreuve qu’on ne peut imaginer, ses propos étaient profonds et empreints de sérénité. Je lisais le reportage tout en me demandant comment et par quelle force, cette femme peut traverser cette épreuve. Mes deux petits enfants ont exactement le même âge et je ne peux encore m’imaginer ce que ce doit être de continuer à vivre et surtout, d’espérer continuer à fonctionner un tant soit peu, normalement. Ces personnes ont toutes mon admiration.
Ces trois histoires impliquent des enfants et il est impossible de rester insensible à de telles tragédies. Un enfant c’est fait pour nous survivre, pour continuer de transporter notre flambeau et de créer une société meilleure. Ça ne doit pas s’éteindre de cette manière. On a tellement à apprendre de ces petits chéris.
En cette période de Noël, un temps d’amour de joie et de partage, il est réconfortant de constater que lorsque le drame humain vient soudainement perturber notre vie, des citoyens donnent spontanément au suivant. C’est un geste du coeur qui n’a pas de prix et qui fait un bien dont on n’a pas idée. Dans le monde de fous dans lequel on vit, c’est bon de savoir que nous ne sommes jamais seuls devant le cruel destin. C’est là qu’on découvre la grandeur de l’humain.