Je vous souhaite le plus beau des Noëls

 

Noel6 Noël c’est l’amour, comme le dit la chanson. C’est aussi le temps de partager et faire la paix. J’ai déjà reçu mon premier cadeau de Noël, en retrouvant mon frère et sa conjointe, dont nous étions séparés depuis près de onze années. Je ne peux demander mieux.

Comme à chaque année en cette période, des événements, des situations, des paroles, des gestes et des chansons, nous portent à réfléchir sur le sens véritable qu’on doit donner à cette Fête. L’émotion est tantôt triste, tantôt joyeuse mais elle est toujours plus présente. Moi par exemple, je regarde les enfants avec émerveillement. Ils sont ce qu’il y a de plus naturel, de plus vrai et de plus sincère dans notre monde d’aujourd’hui. Évidemment, ils n’ont pas l’expérience des grands mais ils ont cette capacité de se fâcher pour un rien, puis de pardonner et se jeter dans vos bras la seconde d’après en vous réclamant le plus beau des câlins, dans un je t’aime retentissant. Il faut marquer un temps d’arrêt. Apprécier ce que l’on a et s’alléger le coeur.

Au hasard des courriels que je reçois, il y en a un qui m’a touché dernièrement et que j’aimerais partager avec vous. Vous l’avez peut être déjà reçu, ou lu rapidement. Quoi qu’il en soit, lisez-le attentivement en essayant de vous mettre en situation. Même s’il déclenche une larme, il est criant de vérité et de sagesse, tout en se prêtant bien à ce temps de réflexions;

Un 23 décembre, j’étais à l’aéroport écoutant secrètement un père et sa fille. Elle devait partir dans un autre pays rejoindre son mari et ses enfants pour fêter Noël auprès des siens.

Le père serra très fort sa fille et lui dit : « Je t’aime, je t’en souhaite juste assez ! »

Elle se leva la tête et dit à son père :  « Papa, la vie avec toi est beaucoup plus qu’assez. Ton amour envers moi a toujours été plus que j’aurais souhaité. Je t’en souhaite juste assez aussi papa ! »

Ils s’embrassèrent puis elle partit. Il marchait le long des vitrines tout près d’où j’étais, regardant sa fille disparaître au loin. Je pouvais voir dans son visage qu’il n’avait qu’une envie, c’était de pleurer. Je ne voulais pas m’introduire dans sa vie privée mais il me regarda; puis, il me dit : « N’avez-vous jamais eu à dire au revoir à quelqu’un en sachant que ce serait la dernière fois ?»

« Oui » lui ai-je dit. « Pardonnez ma question mais, pourquoi c’est un ultime au revoir ? » lui demandai-je.

C’est alors qu’il me regarda d’un air triste et dit: « Je suis vieux et elle demeure trop loin. Le prochain voyage que je ferai sera mes funérailles. Je suis très malade mais je ne lui ai pas dit car je ne veux pas qu’elle s’en fasse pour moi. Je veux qu’elle vive sa vie comme si de rien n’était . »

« Mais lorsque vous lui disiez au revoir, je vous ai entendu dire : « Je t’en souhaite juste assez », que cela signifie-t-il ? »

Il commença à sourire et dit : « Ce souhait, nous le faisons depuis des générations dans ma famille. C’est une tradition que nous continuons à suivre et on le dit à tous ceux qu’on aime . »

Il prit une pause, regarda vers le ciel et cherchait à se remémorer les détails. Soudain, il se mit à sourire de nouveau et commença : « Quand nous disons à quelqu’un : « Je t’en souhaite juste assez », nous lui souhaitons que sa vie soit remplie avec juste assez de bonnes choses pour pouvoir les apprécier. »

Il se mit à marcher de long en large en demeurant près de moi et se mit à dire :

« Je te souhaite juste assez d’expériences, bonnes ou mauvaises, pour garder une attitude brillante.

Je te souhaite juste assez de pluie pour apprécier le soleil.

Je te souhaite juste assez de bonheur pour garder ton esprit vivant.

Je te souhaite juste assez de douleur afin que les petites joies te paraissent plus grandes.

Je te souhaite juste assez d’argent pour satisfaire tes besoins et ainsi, tu apprécieras les surplus. »

« Je te souhaite juste assez de perte pour apprécier ce que tu as.

Je te souhaite juste assez de Allo pour ne pas avoir trop de derniers Au revoir . »

Puis il partit…

Je crois que trop souvent nous nous attendons à avoir une vie parfaite avec tout ce que cela comporte. Nous avons tous besoin de se faire rappeler que s’il n’y avait pas de moments pénibles dans la vie, nous ne pourrions apprécier les bons.

Je vous souhaite donc à vous tous, chers lecteurs et lectrices, le plus beau des Noëls… et juste assez pour vous combler.