La compassion… vous connaissez?

La justice fait vraiment pitié ou ses acteurs sont complètement déconnectés de la réalité. Je fais révérence au cas de Michel Cadotte, accusé d’avoir tué par compassion, sa conjointe Jocelyne Lizotte atteinte de la maladie d’Alzheimer, en l’étouffant avec un oreiller. Son récit est pathétique et il demande d’être libéré en attendant son procès pour meurtre au second degré de sa conjointe.

Il ne représente pas un danger pour la société et leurs proches, autant ceux de la victime que de l’accusé comprennent le geste posé par l’accusé, après une tentative infructueuse de demander l’aide médicale à mourir. À la lumière des témoignages, on peut se demander les raisons de ce refus. Elle était incapable de se nourrir d’elle-même, de se laver et aussi de parler. On euthanasie des animaux pour moins que ça. L’élément de compassion devrait être pris en compte dans des cas semblables pour acquiescer à cette aide médicale à mourir. Si seulement les décideurs se mettaient à la place des conjoints, des familles de ceux et celles pour qui la vie est devenue un lourd fardeau… ça ne semble pas être le cas.

Un ami à moi, qui avait demandé et obtenu l’aide médicale à mourir, s’est vu exaucé deux jours avant la date prévue parce qu’il présentait quelques troubles mentaux. Cette situation remettait en question son décès pourtant décidé et autorisé. Pourquoi revenir en arrière? C’est incompréhensible. La notion de compassion devrait faire partie des incitatifs à la clémence dans des cas comme celui de Michel Cadotte et je souhaite qu’il en soit libéré suite à son procès. Ce serait déjà plus juste que les deux meurtriers récemment retournés dans leur pays sans aucune autre forme de procès. D’ici là, je ne vois aucun problème à le libérer sur le champ.

Mais quand Me Antonio Parapuf de la Couronne s’y oppose en affirmant qu’une telle libération minerait la confiance du public envers la justice, je suis en total désaccord et je l’invite à revoir l’arrêt Jordan, qui fait libérer sans compter des bandits qui sont loin d’avoir tué quelqu’un par compassion, mais plutôt des criminels notoires. Cette absurdité, votée par des juges déconnectés de la réalité, mine pas mal plus l’apparence de justice au sein de la population que le crime compassionnel dont il est question ici. Un sondage le prouverait hors de tout doute.

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu a affirmé que 500 à 1000 procès pourraient avorter l’an prochain au Québec en vertu de l’arrêt Jordan. Des bandits qui feront un pied de nez à notre belle justice menée par quelques togés venus d’une autre planète.