L’histoire de Bruno et Alice (12e et dernier épisode)

En juillet, pourquoi pas une belle histoire à saveur sentimentale et humoristique. Durant tout le mois, vous pourrez lire leur histoire d’aînés attachants ici, et à intervalles réguliers. Bonne lecture…

Les blessures sont responsables des malaises, de l’hospitalisation, de l’invalidité, du placement en établissement et même de la mort d’un grand nombre d’aînés canadiens. La plupart de ces blessures sont évitables et leur prévention doit engager les professionnels de la santé, les gouvernements et les collectivités.

Cette série de douze épisodes raconte l’histoire attendrissante de deux aînés qui, à cause d’un manque de prévention, se retrouvent dans des situations cocasses qui les feront presque manquer leur rendez-vous avec l’amour. Chaque histoire illustre certaines des mesures personnelles de prévention que peuvent adopter les aînés pour rendre leur milieu plus sûr et éviter les blessures.

Les textes et illustrations ont été produits dans le but de sensibiliser le public aux mesures de prévention des blessures chez les aînés. Cette série peut être reproduite intégralement ou en série (à condition de citer la source) par tout organisme ou toute publication qui souhaite ainsi contribuer à la prévention des blessures chez les aînés.

Le banc des accusés

Ce n’est qu’à partir du moment où elle s’est mise à passer le plus clair de son temps chez moi que j’ai remarqué à quel point Alice était curieuse. Nous nous étions entendus sur un certain nombre de choses à changer dans la maison, Alice et moi, comme le fait de ranger les photos de ma première épouse. Alice les trouvait quelque peu intimidantes. Moi, j’étais bien d’accord pour les enlever.

Alice avait une influence bénéfique sur ma vie. Grâce à elle, j’acceptais plus facilement de changer. C’est aussi grâce à elle que j’avais accepté de faire face, honnêtement, au fait que je vieillissais. Je n’étais plus le jeune homme fringant que j’avais été et je devais modifier ma façon de vivre en conséquence.

Le jour où j’ai rangé les photos dans le sous-sol, j’ai aussi décidé de réorganiser mon studio. J’ai cloué vingt ou trente crochets à photo sur les murs et j’y ai suspendu tous mes outils. Je pouvais maintenant y avoir accès aisément.

Je ne voulais pas qu’Alice vienne fureter près de mon studio, pour la bonne raison que j’y travaillais depuis plusieurs semaines à son cadeau d’anniversaire. Je voulais que la sculpture de bronze, la plus belle que j’aie réalisée jusqu’ici, soit une surprise. Elle a dû deviner que je préparais quelque chose pour elle et n’a pas été capable d’endurer l’attente jusqu’à son anniversaire parce qu’un jour, en revenant de la fonderie, je l’ai surprise devant la porte de mon studio. Je ne sais pas si elle a vu la maquette de ma sculpture mais, puisque celle-ci se trouvait en plein milieu du studio, je doute qu’Alice l’ait manquée.

À malin, malin et demi. Je n’ai pas dit à Alice que je l’avais surprise et je n’ai jamais parlé de cadeau d’anniversaire, pas même lorsque les hommes de la fonderie sont venus me livrer ma commande tôt le lendemain matin. Au déjeuner, j’ai annoncé à Alice que j’avais quelque chose de spécial à lui offrir. Son visage s’est aussitôt illuminé. Quand je lui ai remis un paquet enveloppé de joli papier, elle a fait un beau sourire… qui s’est vite estompé lorsqu’elle a su ce qu’il contenait : je lui offrais un ensemble d’ustensiles pour servir les pâtes. Voyez-vous, Alice n’aime pas les pâtes. Elle est originaire de l’Île-du-Prince-Édouard et refuse catégoriquement d’être déloyale envers les pommes de terre. Ma douce était furieuse!

Faisant comme si elle m’avait blessé, j’ai tourné les talons et suis sorti sur la terrasse arrière. Après quelques instants, Alice est venue me rejoindre. Je ne saurai jamais si elle avait l’intention de s’excuser ou de me réprimander parce qu’en mettant le pied dehors, elle a aperçu une statue de bronze d’environ un mètre de hauteur, nous représentant tous deux lisant sur un banc, comme au jour de notre première rencontre.

Ce fut un anniversaire mémorable. Et nous en savourons le souvenir à chaque fois que nous croisons le charmant couple assis sur le banc dans notre cour arrière!

Source : Agence de Santé publique du Canada

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