Fausse modestie

Présentement, se déroule le procès d’Alexandre Bissonnette pour la tuerie de la Mosquée de Québec où, en janvier 2017, 6 personnes y trouvaient la mort.

Durant le procès, une vidéo d’une durée de 1:54 minutes a été présentée en cour avec une interdiction de la rendre publique. Les journalistes chargés de couvrir l’événement y allaient de commentaires du genre « des images insoutenables », ou « des images à glacer le sang » et j’en passe pour décrire toute l’horreur. Même le juge François Huot estimait que « la retraumatisation des victimes et l’effet de contagion » que de telles images pourraient avoir l’emportent grandement sur « la liberté d’expression ».

Sans égard au procès en cours, ces propos et remarques ont soulevé des interrogations. D’abord, les images de caméras de surveillance ne sont pas des modèles de clarté et de haute définition.

Puis, qu’y a-t-il de plus dégueulasse que les films de violence et d’horreur qu’on nous présente à longueur de soirée à la télévision. Aujourd’hui, les effets spéciaux sont reproduits avec tellement de détails et de précisions, que nous y sommes habitués. Personne ne crie haut et fort pour dénoncer cette violence gratuite. Des membres arrachés, des têtes qui explosent sous l’impact des balles et j’en passe, sont-ils nécessaires.

Vous n’avez qu’à regarder les images d’accidents sur Internet pour vous rendre compte de leur popularité. Les images de guerre impliquant des innocentes victimes. On se les arrache, on partage pour montrer toute cette atrocité. Pourtant c’est la mort en direct qu’on nous présente en boucle. L’humain est avide de sensations fortes et si, en plus, on peut diffuser les images à grande échelle, c’est le summum du voyeurisme.

Alors quand on évoque la monstruosité de telles images, comme interdiction de diffusion dans le cadre d’un procès, je trouve que c’est de la fausse modestie. Surtout quand on sait que tôt ou tard et d’une quelconque manière, elles seront diffusées publiquement. En parler pique déjà la curiosité dans l’opinion publique. Et il ne faut pas oublier que la description de ces sept vidéos a déjà été présentée en cour dans le cadre des représentations sur la peine.