L’épuisement des médecins

Ainsi donc, 25% des médecins québécois sont victimes d’épuisement professionnel. Comment se fait-il qu’on en soit rendu là ? Toutes sortes de raisons sont invoquées pour arriver à un tel constat; surcharge de travail, paperasse administrative, le stress des poursuites et j’en passe. Par ailleurs, le salaire tout de même important est sans réserve accepté.

Les toubibs ont toujours existé et ils étaient, si je retourne en arrière, les médecins de famille qui se déplaçaient pour visiter leurs patients à toute heure du jour ou de la nuit. On ne parlait pas de profession, mais de vocation. Bien différent et assez évocateur. Très souvent payés avec un plat cuisiné par la maîtresse de maison, faute de revenus décents pour les familles, ils faisaient également du bureau en soirée et, si je ne m’abuse, les longues heures de service étaient là également. Les temps ont bien changé.

Les technologies sont arrivées pour simplifier notre travail, nous disait-on. Ça semble ne pas être le cas. Serait-ce que les médecins malades n’ont pas choisi le bon emploi ? Je ne suis pas psychologue ou spécialiste du genre, mais quand on n’aime pas ce qu’on fait, parce que dans tout travail il y a des tâches fastidieuses, c’est probablement un incitatif à devenir dépressif. On n’est pas heureux !

Ces médecins devraient changer d’emploi ? Avec leur salaire plus que généreux, c’est plus facile à dire qu’à faire, avouons-le. Et c’est comme ça dans tous les emplois. Pourquoi d’autres médecins arrivent à travailler sans problème 70 à 80 heures semaines ? Comment ils font ? Ils ont la fibre, ils ont la vocation !

Les tâches administratives et toute la paperasse les exaspèrent ? Il existe des spécialistes pour ce genre de travail. Du personnel de bureau qualifié où il ne vous restera qu’à signer des documents lorsque requis. Et justement en parlant de document, j’ai cette expérience à vous avouer. La SAAQ exigeait que je leur fournisse un rapport médical de mon médecin, l’automne dernier. Lors de mon examen, mon médecin a rempli le document à l’ordinateur en moins de 5 minutes, avec quelques erreurs et omissions en prime et que j’ai dû lui indiquer, pour 50$. Ça sentait tellement l’épuisement que j’ai payé sur le champ. Et j’ai un jeune médecin début trentaine en plus. À ce rythme, ça fait 600 $ l’heure !

Je peux concevoir que l’épuisement professionnel puisse exister, mais à un très faible pourcentage ou exceptionnellement et pour des raisons parfaitement justifiables. Mais à l’échelle de 25% et plus, je suis d’avis qu’ils n’occupent pas le bon emploi et qu’ils devraient se recycler ailleurs.

Ça peut paraître beau de l’extérieur, mais quand on trempe dedans c’est un autre chose. Combien de personnes occupent un poste ou une profession pour le seul motif pécunier ? On serait surpris du résultat. Malheureusement, notre société se fragilise de plus en plus.