La leçon de français (29)

L’ACCORD DES ADJECTIFS : CAS PARTICULIERS

Règles

Rappel ! Les adjectifs et les participes passés employés comme adjectifs s’accordent en genre et en nombre avec le nom auquel ils apportent une précision.

Quelques formes particulières d’adjectifs au féminin

La plupart des adjectifs terminés par « -et » au masculin prennent un accent grave au féminin : complète, discrète, concrète, inquiète.

Principales exceptions qui doublent le « t » : nette, muette, violette, coquette.

Quelques formes particulières d’adjectifs au pluriel

La plupart des adjectifs masculins terminés pas « -al » forment leur pluriel en « -aux » : local – locaux.

Principales exceptions qui prennent un « s » : finals,
navals, natals, fatals.

Attention ! Il existe d’autres modifications au féminin.

Bon – bonne, précieux – précieuse, sec – sèche, blanc – blanche,

neuf – neuve, gros – grosse, frais – fraîche, doux – douce,

nul – nulle, amer – amère, joueur – joueuse, réducteur – réductrice.

Exercices

1- Quelle terminaison complète l’adjectif en gras ?

Indis…, Cécile et Damien écoutent parfois aux portes !

A) crèts – B) crettes – C) crètes – D) crets

2- Quel nom complète cette phrase ?

Les … sont essentielles pour notre santé.

A) concombres – B) vitamines – C) légumes – D) agrumes

3- Quel couple d’adjectifs complète cette phrase ?

Entre ces deux chefs d’État, les discussions furent … et … .

A) franches / cordiales – B) franches / cordial

C) francs / cordiaux – D) franche / cordiaux

4- Quel est le seul adjectif qui ne peut pas être au masculin singulier ?

A) sérieux – B) hébreux – C) fougueux – D) anxieux

5- Quels adjectifs complètent cette phrase ?

Les établissements … sont des lieux hautement … .

A) pénitentiaire / sécurisé – B) pénitenciers / sécurisés

C) pénitentiaires / sécurisés – D) pénitencier / sécurisé

6- Quel adjectif ne forme pas son pluriel comme les autres ?

A) trivial – B) bancal – C) génial – D) jovial

7- Quels adjectifs complètent cette phrase ?

Jules Ferry a mis en place l’école …, …, … et … .

A) publique / laïc / gratuite / obligatoire

B) publique / laïque / gratuite / obligatoire

C) public / laïc / gratuite / obligatoire

D) public / laic / gratuit / obligatoire

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) D* – 2) B** – 3) A*** – 4) B**** – 5) C***** – 6) B****** – 7) B*******
* Lorsqu’on a un nom féminin et un nom masculin, l’accord se fait au masculin.
** Seule difficulté, le nom « agrume » ; on croit souvent que c’est un nom féminin.
*** Seul couple où les deux adjectifs sont accordés au féminin pluriel.
**** L’adjectif « hébreu » ne s’emploie qu’au masculin ; au féminin, on utilise « israélite » ou « juive ». L’adjectif « hébraïque » (masculin ou féminin) sert de féminin à « hébreu » lorsqu’il s’agit de choses : « la langue hébraïque, des inscriptions hébraïques ».
***** Ne pas confondre le nom « pénitencier » et l’adjectif « pénitentiaire ».
****** « bancal » fait partie (avec « fatal, final, naval, tribal, natal ») des quelques adjectifs qui ne forment pas leur pluriel en « -aux ».
******* Les quatre adjectifs doivent être accordés au féminin singulier.

Dans ce temps-là…

ES-TU VRAIMENT VIEUX OU VIEILLE…?

L’autre jour, un jeune me demande quelle était ma malbouffe préférée quand j’étais plus jeune.

– Nous n’avions pas de malbouffe quand j’ai grandi, lui dis-je. Tous les repas étaient bons pour la santé.

– Non, mais sérieusement, où mangeais-tu ?

– C’était une place appelée « la maison » que je lui expliqua. Ma mère cuisinait tous les jours et quand papa revenait du travail, on s’asseyait ensemble à la table de la salle à manger et si je n’aimais pas ce qu’il y avait au menu, je devais rester assis jusqu’à ce que j’aime ça.

Le jeune à qui je parlais éclata de rire au point que je pensais qu’il allait s’étouffer. Je ne lui raconta donc pas comment j’arrivais à quitter la table. Mais il y a plusieurs choses que j’aurais aimé lui dire au sujet de mon enfance si j’avais cru les parents d’aujourd’hui capables de passer au travers.

Surtout nous n’avions pas peur des islamistes, il n’y en avait pas. Plusieurs parents n’ont jamais possédé leur propre maison, porté des jeans Levis, mis les pieds sur un terrain de golf, voyagé en dehors du pays. Les cartes de crédit n’existaient pas. L’épicier du coin leur faisait crédit jusqu’au vendredi pour les achats de la semaine.

Mes parents ne m’ont jamais conduit à une pratique de soccer ou de baseball ou de hockey. J’avais une bicyclette qui pesait probablement 50 livres et qui n’avait qu’une seule vitesse… lent. J’avais 11 ans quand nous avons eu notre premier appareil de télévision. Évidemment, c’était en noir et blanc et le poste fermait à minuit tapant l’hymne national; il reprenait en ondes le lendemain matin à six heures.

J’avais 15 ans quand j’ai goûté à ma première pizza. Je n’ai jamais eu le téléphone dans ma chambre. Le seul téléphone de la maison était dans la cuisine et c’était une ligne commune. Avant de composer le numéro, il fallait écouter pour être certain qu’il n’y avait personne sur la ligne. Les pizzas n’étaient pas livrées à la maison, mais on faisait la livraison du lait.

Tous les journaux étaient distribués par des jeunes garçons comme moi et tous les jeunes garçons distribuaient les journaux. Je passais la grosse Presse six jours par semaine ainsi que Télé-Radio-Monde, Allo Police et La Patrie, chaque semaine.

Le journal coûtait sept sous et je pouvais en garder deux que je recevais à la fin de la semaine. C’est après l’école, vers 17h. avant de souper que je passais mes journaux. Le dimanche, après la grand-messe où j’agissais comme servant de messe, il fallait collecter 42 sous de chacun de mes clients. Mes clients favoris étaient ceux qui me donnaient 50 sous et me disaient de garder la monnaie. Les mauvais clients étaient ceux qui n’étaient jamais à la maison le jour de la collecte.

Les étoiles du cinéma s’embrassaient la bouche fermée… du moins dans les films. Il n’y avait pas de classement, car on produisait les films pour que tous puissent les voir, sans violence, sans pornographie ou quoi que ce soit d’offensant. Si tu as grandi dans une génération d’avant la restauration rapide, tu vas peut-être vouloir partager ces souvenirs avec tes enfants et petits-enfants.

Ne viens pas me blâmer s’ils s’esclaffent en t’entendant ou en te lisant. Nous n’avons pas grandi comme ceux d’aujourd’hui. Un ami m’a raconté qu’en faisant le grand ménage dans la maison de sa grand-mère, décédée il y a quelques mois, il a trouvé une vieille bouteille de Cream Soda et de Kik Cola.

La capsule de métal sur le goulot, était pleine de petits trous. J’ai su immédiatement ce que c’était, mais sa fille n’en avait aucune idée. Elle pensait qu’ils avaient peut-être essayé d’en faire une salière ou quelque chose du genre. Mais je me souvenais précisément de la bouteille placée au bout de la planche à repasser pour humecter le linge à l’époque où il n’y avait pas de fers à la vapeur.

Je pense que je suis pas mal vieux.

Vous souvenez-vous de beaucoup de choses de ce genre?

Le bouton de contrôle des lumières au plancher de l’auto.

Les glacières.

Les « clips » pour retenir le bas des pantalons en vélo.

Les fers à souder chauffés sur un brûleur à gaz.

Les signaux à bras par les conducteurs d’automobiles.

La télégraphie.

SIMPLEMENT POUR LE PLAISIR

Je vous propose un petit jeu. Dans la liste ci-dessous, notez le nombre d’objets dont vous vous souvenez pour les avoir vues à la maison ou chez vos grands-parents. Vous irez voir ensuite votre classement plus bas.

1- Les p’tits bonhommes en réglisse.

2- La p’tite bouteille de Coca-Cola en cire contenant de l’eau sucrée et colorée.

3- Les cigarettes en bonbon.

4- Les distributrices de boissons gazeuses avec des bouteilles en vitre.

5- Les « juke-box » aux tables des restaurants.

6- Les pintes de lait avec le bouchon en carton.

7- Le téléphone avec ligne commune.

8- Les nouvelles avant le film au cinéma.

9- Le Petit Journal ou La Patrie.

10- Le savon Barsalou.

11- La tête de l’indien sur la mire d’ajustement à la télé.

12- Les tire-pois.

13- Pépino et Capucine.

14- Les 45 tours.

15- Les timbres Gold-Star.

16- Le tourne-disque haute-fidélité.

17- Le bac à glaçons en acier avec un levier.

18- Les copies miméographiées en bleu pâle.

19- Les lampes pour le « flash ».

20- La voiture Ford Edsel.

21- La clé pour les patins à roulettes.

22- La carabine à bouchon de liège.

23- Les ciné-parcs.

24- Les voitures Hudson, Nash et Studebaker.

25- La laveuse à tordeur.

26- Les chips à 1 cent

27- Se couvrir la tête était obligatoire pour les femmes et filles à l’église.

Voici votre classement selon vos souvenirs :

0 à 5: Vous êtes encore jeune.

6 à 10: Vous commencez à vieillir.

11 à 15: Ne dites pas votre âge.

15 à 20: Bienvenue dans le quatrième âge. Vous avez bien des années derrière vous mais ces souvenirs sont sans doute de bons moments dans votre vie et vous ont fait sourire rien qu’à y penser.

Bonne journée.

La triste et malheureuse réalité

La tendance des sans-abris à Montréal prend de plus en plus d’ampleur. Une triste réalité qui nous dépasse tous. Certains les évitent alors que d’autres leur viennent en aide. Pour pourvoir leur donner un lit, principalement en hiver, les églises devraient transformer leur sous-sol pour leur donner un gîte convenable où se reposer.

Je ne sais pas si vous étiez de fervents téléspectateurs de la série « Face à la rue », animée par Jean-Marie Lapointe, la saison dernière, mais c’était quelque chose à voir pour découvrir ce monde de misère, de désespoir et d’entraide malgré tout. Une poignante série sans jugement, mais dévoilant le triste sort des itinérants et itinérantes, parce que oui, beaucoup de femmes en font aussi partie.

Mais pourquoi en sommes-nous arriver là ? Qu’est-ce qui fait que leur nombre ne cesse de croître. Richard Martineau a décrit cette triste et malheureuse réalité dans son article quotidien émouvant, publié hier dans le Journal de Montréal d’hier. Un article révélateur sur ces démunis et itinérants qui survivent encore aujourd’hui en 2019. C’est ce texte poignant et révélateur que je partage avec vous aujourd’hui.

LE PARC DE LA MISÈRE Richard Martineau

Je ne savais même pas si c’était un homme ou une femme.

Cette personne se tenait devant moi, squelettique, trois ou quatre dents dans la bouche, broyée par la drogue.

Elle aurait pu avoir 20 ou 60 ans. On aurait dit un zombie.

LES FANTÔMES

Depuis quelques mois, je travaille près d’un parc qui sert de refuge aux miséreux de la ville. Je savais que ce lieu était fréquenté par des crève-la-faim, mais jamais à ce point.

Ils sont partout. Dormant entre des sacs de poubelle, tirant sur des restants de mégots dans des entrées de commerces, demandant la charité, assis sur la glace.

Et, parfois, hurlant à pleins poumons au beau milieu de la rue pour chasser les démons qui les hantent.

Dutrizac, qui passe par là pour aller animer son émission matinale, à QUB radio, dit que c’est pire la nuit. Des sans-abris se battent pour un fond de bouteille. Des ombres grouillant devant des hôtels de passe minables.

Et puis la racaille, tout autour. On les voit, faisant leur deal entre deux autos, chuchotant à l’oreille de « leurs » filles, profitant de la misère ambiante pour remplir leurs poches.

Des vautours. Tournant autour de leurs proies, flairant les clients, un cellulaire collé à l’oreille. Des crapules, de la vermine.

SANS FAMILLE

L’autre jour, devant la porte d’un café, deux jeunes policiers écoutaient avec une patience infinie une jeune fille en larmes. Ils lui touchaient doucement l’épaule.

Que tous ceux qui ne cessent de cracher sur les flics aillent faire un tour près de ce parc, au petit matin, ils y croiseront des policiers avec un cœur gros comme ça.

Ce n’est pas parce qu’on a un revolver à la ceinture qu’on est insensible à la misère humaine. Ce n’est pas parce qu’on représente l’ordre et l’autorité qu’on est incapable de compassion, d’attendrissement, de bonté.

Cette misère, je ne la confronte que dix minutes par jour, et ça me vire à l’envers. Eux la côtoient tous les jours.

Jour après jour, nuit après nuit, les mêmes fantômes perdus, les mêmes silhouettes squelettiques ravagées par la poudre, l’alcool. Le manque d’amour.

D’où viennent ces miséreux ? Qu’est-ce qui les a amenés là ? Dans l’un de ses documentaires, Paul Arcand discute avec une douzaine de jeunes qui passent leurs journées dans ce parc.

« Qui parmi vous est passé par la DPJ ? » demande-t-il. Ils lèvent presque tous la main. Abandonnés par leur famille, par le système. Seuls.

UNE DÉCHARGE HUMAINE

Vous avez déjà vu une décharge à déchets ? Ces terrains vagues où les camions de vidange vomissent leur contenu ? Eh bien, c’est ce parc. La société, notre société y jette ses rebuts.

Les individus dont on ne veut plus. Ceux qu’on juge trop brisés, trop cassés, irrécupérables.

On les laisse sur le bord du chemin, et puis ils se retrouvent là. Terminus, tout le monde descend. Le bout de la route. Une fourrière pour animaux à deux pattes. Chiens perdus sans collier.

Quand le soleil se couche, et que les travailleurs retournent chez eux, la racaille sort d’entre les ordures pour leur sucer le sang.

C’est fou comme je dors mal depuis que je travaille près de ce parc.

Des honoraires insensés

Aujourd’hui, les services de professionnels comme les avocats et les notaires, ne sont pas donnés. Pour les avocats, il y a bien l’aide juridique si vous êtes sans le sou, mais les notaires, les honoraires peuvent être exorbitants et quelques fois carrément démesurés en regard du montant en litige.

C’est l’histoire que Stéphanie Grammond racontait dans La Presse+ du 12 janvier dernier et que je veux partager avec vous. C’est assez impressionnant comme honoraires et surtout inconcevable. Jugez-en par vous-même… et méfiez-vous ! Le compteur des heures d’honoraires roule à la vitesse grand V, et pas pour des pinottes.

DES FRAIS DE 12 000 $ POUR ENCAISSER UN CHÈQUE DE 15 000 $ Stéphanie Grammond

Aucun bon sens ! La Chambre des notaires a beau m’expliquer qu’il n’y a pas de faute déontologique. Les banques peuvent bien me répéter que le système fonctionne comme ça.

Je ne peux pas m’empêcher de penser que ça n’a aucun sens qu’un notaire force quelqu’un à payer 12 285 $ d’honoraires et de frais pour encaisser un chèque de près de 15 000 $.

Excusez-moi, mais ça ressemble à de l’extorsion.

Laissez-moi vous raconter l’histoire invraisemblable d’Elena Oxengendler. En août 2017, elle a réalisé une transaction immobilière avec son père, à la suite de laquelle le notaire David Toledano leur a remis un chèque de 14 901 $.

Les clients ont tenté d’encaisser le chèque à partir de l’application mobile de leur banque. Mais le dépôt a été refusé après coup, car le compte était uniquement au nom du père, alors que le chèque était à son nom et à celui de sa fille.

Le malheur, c’est que la famille a ensuite perdu le chèque, convaincue qu’elle n’en aurait plus besoin après l’avoir pris en photo pour le déposer.

Qu’à cela ne tienne. Mme Oxengendler croyait que le notaire pourrait annuler le premier chèque et lui en faire un autre. Ç’aurait été trop simple !

***

Pour protéger son compte en fidéicommis, le notaire lui a plutôt demandé de prendre une assurance cautionnement. Il craignait que quelqu’un puisse encaisser le premier chèque, même s’il était annulé.

« La banque ne nous garantit pas que le chèque ne passerait jamais s’il était présenté à une succursale ; dans ce cas, la banque ne prendrait pas de responsabilité », a écrit à sa cliente Me Toledano, qui n’a jamais répondu à mes appels et courriels.

Il est vrai que les banques laissent passer de nombreuses erreurs : des chèques encaissés en double ou en triple, des montants falsifiés, des chèques périmés encaissés après plus de six mois en circulation.

Demander un arrêt de paiement ne garantit rien.

La preuve ? Sur son formulaire d’opposition de paiement, la banque du notaire précise que « le soussigné dégage la Banque de toute responsabilité relative à toute réclamation découlant du paiement du chèque précité malgré l’opposition le frappant ».

Bref, si le chèque passe en double, c’est le problème du client ! Je ne comprends pas que les banques, qui devraient être le maillon fort du système de paiement, ne jouent pas mieux leur rôle.

***

Toujours est-il que Mme Oxengendler s’est mise à la recherche d’une assurance de cautionnement. Elle est passée à travers la longue liste d’assureurs fournie par le notaire. Elle a fait appel à un courtier. Mais elle n’a trouvé aucun assureur offrant cette protection.

Dans l’impasse, la dame a finalement offert à son notaire de se porter personnellement garante du premier chèque, au cas où il serait retrouvé et encaissé.

Mais le notaire a rejeté cette proposition. Il ne voulait pas se soucier d’avoir à la poursuivre pour récupérer les fonds. Il craignait aussi que la cliente puisse un jour être insolvable.

Cela semble plutôt improbable puisque Mme Oxengendler est médecin résidente en radiologie et qu’elle possède déjà un immeuble d’une valeur importante.

De son côté, la Chambre des notaires ne trouve rien à redire aux exigences du notaire. S’il prend le risque que le chèque soit encaissé en double, « il engage sa responsabilité professionnelle et surtout il met à risque l’argent de ses autres clients (dans son compte en fidéicommis) », m’a expliqué la porte-parole de la Chambre, Johanne Dufour.

***

C’est ainsi que 16 mois après la transaction, l’argent reste bloqué dans le compte en fidéicommis du notaire.

Celui-ci a finalement décidé que la seule solution totalement sûre consiste à fermer son compte en fidéicommis et à en ouvrir un nouveau pour s’assurer que le chèque ne puisse jamais être encaissé en double.

En novembre dernier, il a fini par envoyer à sa cliente une facture de 12 264 $ qui inclut:

– 2850 $ de frais d’administration pour son compte en fidéicommis (175 $ par mois) ;

– 5062 $ d’honoraires (20 heures à 250 $ l’heure) ;

– 1770 $ de frais d’ouverture du nouveau compte en fidéicommis.

Cette facture est complètement disproportionnée. Mme Oxengendler est prise en otage. Si elle ne paie pas, elle ne touchera jamais son argent.

Elle a bien tenté de porter plainte à la Chambre des notaires, mais ses démarches sont restées vaines. Ni le syndic ni le comité de révision n’ont relevé d’erreur déontologique dans le comportement du notaire.

Pourtant, l’article 49 du Code de déontologie des notaires précise que le notaire doit exiger des honoraires « justes et raisonnables » compte tenu des circonstances et des services rendus.

Une facture de 12 000 $ pour encaisser un chèque de 15 000 $, vous trouvez ça juste et raisonnable ? Pas moi !

Selon l’article 51 du Code, le notaire doit aussi « prévenir le client du coût approximatif de ses services ». Pourtant, Mme Oxengendler n’a jamais été avertie de la facture astronomique qui la guettait. « J’avais la suspicion que ça allait mal tourner, mais jamais que ça me coûterait 12 000 $ ! », s’exclame-t-elle.

***

Pour tenter de régler le problème, la Chambre des notaires a dirigé la dame vers son service de conciliation des honoraires, qui traite près de 150 dossiers par année. Désabusée, Mme Oxengendler a soumis son dossier. « Le montant de la facture est tellement astronomique que j’ai de faibles espoirs quant à l’efficacité de ce processus », dit-elle.

Chose certaine, sa mésaventure met en lumière les risques auxquels les clients des notaires sont exposés.

Actuellement, la Chambre et le Fonds d’assurance responsabilité professionnelle essaient de trouver une solution pour combler cette lacune flagrante du système. Espérons qu’ils accoucheront d’une solution au plus vite.

Un conte pas très catholique

Aujourd’hui, chers lectrices et lecteurs, je vous propose une petite vite, autour de votre café, afin de vous décrocher un joli sourire…

Un jour, un pasteur s’engage dans une course sur le dos de son âne. Vraiment chanceux, il termine la ligne d’arrivée le premier et gagne la course. Il descend de son âne, se place devant lui et lui parle en disant :

– « CUL » (c’était son nom), tu es un vrai champion.

Le pasteur était tellement content d’avoir gagné cette course qu’il décide de s’engager de nouveau dans une autre nouvelle course. Et il gagne encore une fois. Un journaliste du quotidien local, présent sur les lieux, écrit le lendemain en première page en titrant son article qui rapporte cette double victoire :

« LE CUL DU PASTEUR ÉTAIT VRAIMENT DÉCHAÎNÉ. »

En lisant l’article, l’évêque tellement contrarié par ce genre de publicité, ordonné au pasteur de ne plus jamais inscrire l’âne dans une course. Le journaliste au courant de l’histoire écrit le lendemain un autre article intitulé:

« LE CUL DU PASTEUR DÉPLAÎT À L’ÉVÊQUE. »

En prenant connaissance de cet autre article, l’évêque se dit que c’en était trop et il ordonne au pasteur de se débarrasser de l’âne. N’ayant pas le choix, le pasteur décide de le donner à une des religieuses du couvent. Encore au courant de tout ce qui se passe en ville, le journal local titre cet échange comme suit :

« UNE NONNE A LE MEILLEUR CUL DE LA VILLE. »

L’évêque n’en revient tout simplement pas. Il informe la religieuse qu’elle doit se débarrasser de l’âne sur le champ. Ce qu’elle s’empresse de faire en le vendant à un fermier pour seulement 10 $. Le lendemain, on pouvait lire dans le journal local :

« UNE NONNE VEND SON CUL POUR 10 $. »

C’en était trop pour l’évêque. Alors, il ordonne à la religieuse de le racheter au fermier et de conduire l’âne dans une grande prairie où il pourra retrouver son état sauvage. Le lendemain, le titre du journal se lisait comme suit :

« LA NONNE ANNONCE QUE SON CUL EST LIBRE ET À L’ÉTAT SAUVAGE. »

À cette lecture, l’évêque se mit alors dans tous ses états et décéda subitement d’une crise cardiaque.

Morale de cette histoire :

Être préoccupé par l’opinion publique peut vous apporter beaucoup de chagrin et de misère. . . Et même, raccourcir votre vie. Alors, soyez vous-même et profitez de la vie. Arrêtez de vous inquiéter pour le cul de tout le monde et préoccupez-vous de vos propres fesses !!!

Et vous vivrez plus longtemps!

Le guide alimentaire canadien… pas pour toutes les bourses

Le nouveau guide alimentaire canadien semble faire l’unanimité auprès des nutritionnistes et autres spécialistes de la nutrition. Une grosse différence comparativement au précédent où la viande a pris un sacré coup de pied au c… Même constat pour les produits laitiers, ce qui n’augure rien de bon pour les producteurs qui ont leur part de problèmes depuis l’an dernier.

Cependant, la portion de fruits et légumes prend la moitié de l’assiette et c’est justement là que le portefeuille familial doit être bien garni. Si vous faites l’épicerie, je ne vous apprends rien sur leurs prix exorbitants, je parle principalement des fruits. Quand vous arrivez au rayon des noix, même constat ! Ce n’est pas donné. Le 75$ de Couillard vient d’en prendre pour son rhume.

Donc, le nouveau guide alimentaire canadien ne tient pas compte de l’augmentation substantielle du panier d’épicerie et les familles à faible revenu devront faire des choix. Et, finalement, c’est ce qui est malheureux dans cette nouvelle façon de manger santé. Ce n’est pas pour toutes les bourses. Les restos vont revoir leurs prix et on devra cuisiner plus souvent. Entre les bouchons de circulation, les courses, les activités familiales… les journées n’ont toujours que 24 heures. Il faudra user d’ingéniosité et d’organisation.

À ce sujet, j’ai bien aimé l’article que Josée Legault publiait hier, dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui.

NE PAS OUBLIER L’ESSENTIEL Josée Legault

La dernière mouture du guide alimentaire canadien, c’est la vie idéale couchée sur du papier. Il faut donc cuisiner plus souvent. Savourer nos aliments. Prendre nos repas en bonne compagnie. Prendre conscience de nos habitudes alimentaires.

Des fruits et des légumes en abondance. Moins de viande. Plus de légumineuses. De l’eau au lieu du jus. Plus de grains entiers. Bref, c’est comme si Ricardo s’installait chez Rachette Béry, la fameuse épicerie nature. Ne manque plus que les séances de méditation entre un plat de tofu fumé et une soupe aux légumes-racines.

BÉMOLS

Blague à part, le nouveau guide est applaudi par la plupart des nutritionnistes. Les quelques bémols sont néanmoins réels. Comment prendre suffisamment de protéines ? Dans nos vies de fou, où trouver le temps pour faire tout ça ? Manger « en bonne compagnie », ça s’achète où quand ce n’est pas possible ?

Surtout, combien de gens peuvent vraiment se payer des paniers d’épicerie aussi parfaitement santé ? La question, loin d’être anodine, est sérieuse. Pour le réaliser, on n’a qu’à parcourir les allées fournies de nourriture pas chère dans les Dollarama. Ce n’est sûrement pas « par choix » s’il y a autant de gens qui y font une part substantielle de leur marché.

SANTÉ ET PRÉVENTION

Et pourtant, mieux manger et cuisiner plus, il le faut. Là-dessus, le nouveau guide reprend ce que l’on sait déjà. C’est aussi une question de santé et de prévention. L’expansion hallucinante du diabète n’en est qu’un indice parmi d’autres.

Toute la difficulté est de le faire le mieux possible selon nos circonstances respectives. En cela, le nouveau guide aura ça de bon. Il nous fait reprendre conscience de l’importance de mieux se nourrir. Il nous rappelle à l’essentiel.

Or, aussi beau soit-il, il n’effacera pas pour autant l’inéluctable réalité des inégalités sociales. Devant le panier d’épicerie, quoi qu’en pensent certains millionnaires prétentieux, nos porte-monnaie ne sont pas tous égaux.