Un fou furieux en liberté

L’attaque de Québec démontre bien le résultat de la fermeture des hôpitaux psychiatriques de jadis, St-Jean-de-Dieu, entre autre, un asile fermé par nos gouvernements depuis longtemps.

Les « détraqués » on les laisse dehors avec une prescription de médicaments qui, une fois à la rue, sont jetés à la poubelle ou ignorés.

Pourquoi faut-il qu’un massacre perpétré par un fou, force soudain nos dirigeants à agir, à sortir des dollars pour régler le problème ou, à tout le moins, tenter de le solutionner, de s’y attaquer sans réserve. Les dernières statistiques démontrent qu’au Québec, le plus grand nombre de médecins spécialistes sont les psychiatres.

Alors on attend quoi de ces ressources ? Des victimes innocentes, dans le Vieux-Québec ont payé de leur vie une folie démente…

Dans sa chronique d’hier dans le Journal de Montréal, Richard Martineau a brossé un portrait sombre, de cette santé mentale et de la société en générale en ce début de 21e siècle, encore plus terrifiante que la pandémie. C’est ce texte que je veux partager avec vous.

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DE BRUIT ET DE FUREUR

Bien sûr qu’on a tous pensé que c’était un attentat terroriste, il faut vivre dans le déni ou au royaume enchanté de Justin Trudeau pour ne pas avoir eu ce réflexe.

Or, non.

L’assassin n’était pas un fou de Dieu.

Juste un fou tout court.

Qui n’avait pas besoin de s’arcbouter sur une cause pour faire couler le sang.

LA TEMPÊTE DANS NOS TÊTES

Le monde est fou, se surprend-on à dire de plus en plus souvent en tournant les pages de journaux.

Et dans ce monde de plus en plus confus, de plus en plus déboussolé, dans ce monde où les repères qui ont guidé nos vies depuis des centaines, que dis-je ! des milliers d’années foutent le camp et disparaissent les uns après les autres, il est de plus en plus difficile de garder toute sa tête.

Vous connaissez des gens qui peuvent passer à travers leurs journées sans béquilles, vous ?

Sans alcool ou pilules ou gourous ou théories du complot ?

Sans manger leurs émotions ni se jeter tête première dans le cul, le travail, l’exercice physique ou le shopping, pour oublier le bruit de la fureur du monde qui cognent à nos fenêtres minute après minute, heure après heure, jour après jour ?

Moi, de moins en moins.

Déjà, en 1956, le poète Allen Ginsberg annonçait l’ouragan dans Howl :

« J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés, hystériques, nus, se traînants à l’aube dans les rues… »

Trente-six ans plus tard, ce sera au tour de Leonard Cohen de décrire les couleurs de l’incendie dans sa chanson The Future :

« J’ai vu l’avenir, mon frère, c’est le meurtre. Les choses vont glisser dans toutes les directions, on ne pourra plus rien mesurer, le blizzard du monde traversera le seuil de ta porte et mettra ton âme sens dessus dessous… »

On y est.

Le vent souffle à qui mieux mieux dans nos têtes, et les portes que l’on avait fermées à double tour sont sorties de leurs gonds.

DES ASILES À CIEL OUVERT

Ça fait combien de temps qu’on répète qu’il faut investir davantage d’argent et de moyens dans la santé mentale ?

Le parc en face duquel je travaille est un asile à ciel ouvert. Tous les jours, j’y vois des jeunes de 20 ans hurler, pleurer, quémander des sous, de la drogue et de l’amour, dormir à même le sol entre deux chiens galeux et chier dans les devantures des commerces barricadés et couverts de graffitis.

Les policiers font ce qu’ils peuvent, ils leur parlent, les consolent, les écoutent.

Jusqu’à ce qu’un de ces désespérés pète les plombs et empoigne un couteau ou un tournevis, dans quel cas, ils leur tirent dessus.

Le monde va mal.

Et ce n’est pas juste à cause de la pandémie.

Le monde allait mal avant.

Il y a quelque chose de déréglé dans nos têtes, dans nos cœurs.

Regardez toute la merde qui flotte dans les égouts que sont les médias sociaux.

Toute cette haine, cette frustration, ces insultes.

Vous trouvez ça normal ?

Le monde est fou et il faudrait se surprendre que de plus en plus de gens perdent la tête – au propre comme au figuré ?

Vous en pensez quoi ?

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