Au pays des acronymes

Un acronyme c’est un sigle qui se prononce comme un mot.

En voici 25, assez imaginatifs, dont certains vous feront sourire.

 

1. Quelle lettre marque la surprise? —– O

2. Quelles sont celles qui commandent dans une abbaye? —— AB

3. Quelles sont celles qui commandent une quantité suffisante? — AC

4. Quelles sont celles qui portent le poids des ans? —— AG

5. Quelles sont celles qui ne restent pas oisives? —— OQP

6. Quelles sont celles qui disent : Il n’y a pas de Dieu? —— AT

7. Quelles sont celles qui sont détestées? —— AI

8. Quelles sont celles qui désignent un début de personne? —– BB

9. Quelles sont celles qui se soumettent? —— OBI

10. Quelles sont celles qui peuvent servir dans un combat? —— ÉP

11. Quelles sont celles qui sont synonymes d’enfer? —— GN

12. Quelle lettre transparente est dépensée surtout en été? —— O

13. Pour quelles lettres l’argent est-il nécessaire? —— HA

14. Quelles lettres sont précieuses en composition littéraire? —— ID

15. Quelles lettres sont coupées en petits morceaux? ——

16. Quelle est la lettre qui pose toujours un problème? —— K

17. Quelles sont celles qui sont synonymes de passé? —— IR

18. Quelles sont celles qui sont brisées? —— KC

19. Quelle est la lettre que l’on respire? —— R

20. Quelles sont celles qui vont çà et là à l’aventure? —— RE

21. Quelles sont celles qui ont de l’affection? —— ME

22. Quelles sont celles qui favorisent la fuite de l’orgueil? —— ABC

23. Quelles sont celles qui mettent un poulet en pièces? —— DPC

24. Quelles sont celles qui font disparaître les fautes d’orthographe? —- FAC

25. Quelles sont celles qui expriment qu’une personne est morte? —— DCD

Merci Gilles

La leçon de français (43)

NE PAS CONFONDRE : cessesc’ests’estsaitsais

Règles

Ses : déterminant possessif, peut être remplacé par un autre déterminant possessif : Le joueur lace ses chaussures. Je lace mes chaussures.

Ces : déterminant démonstratif, peut être remplacé par un autre déterminant démonstratif : Ces places sont libres. Cette place est libre.

C’est : est formé du verbe « être » au présent de l’indicatif précédé du pronom démonstratif élidé « c’ ». Il peut être remplacé par l’expression « cela est ». Le 1er mai, c’est un jour férié. Le 1er mai, cela est un jour férié.

S’est : est formé du verbe « être » au présent de l’indicatif précédé du pronom personnel élidé « s’ ». Il peut être remplacé par « me suis » en conjuguant le verbe à la 1ère personne du singulier. Il s’est rendu au collège. Je me suis rendu au collège.

Sait, sais : formes conjuguées du verbe « savoir », elles peuvent être remplacées par d’autres formes conjuguées de ce verbe. Jordan sait cuisiner. Je sais cuisiner. Jordan saura cuisiner. Je saurai cuisiner.

Astuce ! Pour bien choisir entre « ses » et « ces », il faut examiner le sens de la phrase.

Jody prend soin de ses livres. les livres lui appartiennent

– Parmi ces livres, lequel Jody choisit-il ? les livres qui lui sont proposés

Exercices

1- Complétez la phrase avec le mot qui convient.

Quand on ne … pas ce que signifie un mot, on consulte un dictionnaire.

A) c’est – B) s’est – C) sait – D) sais

2- Quels mots complètent cette phrase ?

Comme … truffes sont parfumées, le cuisinier en achètera pour préparer… spécialités.

A) ces / ses – B) ces / sait – C) c’est / ses – D) ses / c’est

3- Quelle est la nature grammaticale du mot en gras ?

Mouillé jusqu’aux os, Jimmy suspend ses vêtements près du radiateur.

A) déterminant démonstratif – B) déterminant possessif

C) déterminant indéfini – D) pronom possessif

4- Par quels mots peut-on remplacer es mots en gras ?

Nina s’est fait une entorse en jouant au badminton; ses parents sont inquiets.

A) s’était / les – B) sait / ces – C) c’est / sais – D) ses / c’est

5- Complétez la phrase avec les mots qui conviennent.

Tu … tenir ta langue; … pourquoi on n’hésite pas à te confier … secrets.

A) sait / s’est / ses – B) s’est / sait / ses

C) sais / sais / ces – D) sais / c’est / ces

6- Quels mots permettent de compléter la phrase ?

Le clown … étalé de tout son long sur la piste, mais il ne … pas fait mal.

A) s’est / s’est – B) s’est / c’est – C) c’est / c’est – D) c’est / s’est

7- Quelle est la nature grammaticale des mots en gras ?

Ces chansons plaisent beaucoup à M. Olivier, mais pas du tout à ses enfants.

A) déterminant possessif / déterminant démonstratif

B) déterminant démonstratif / déterminant démonstratif

C) déterminant possessif / déterminant possessif

D) déterminant démonstratif / déterminant possessif

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) C* – 2) A – 3) B – 4) A – 5) D – 6) A – 7) D
* Le verbe « savoir » est conjugué à la 3e personne du singulier.

La leçon de français (42)

NE PAS CONFONDRE : la – là – l’a – l’as

Règles

la : article défini ou pronom personnel, que l’on peut remplacer par un autre article ou un autre pronom personnel.

Comme la vitre est sale, je la nettoie. Comme le miroir est sale, je le nettoie.

là : adverbe de lieu, que l’on peut souvent remplacer par « ici » ou « ci ».

M. Picard s’est garé . M. Picard s’est garé ici.

M. Picard a pris cette place-. M. Picard a pris cette place-ci.

l’à / l’as : sont des formes conjuguées du verbe « avoir » au présent de l’indicatif précédées du pronom personnel élidé « l’ ». On peut les remplacer par une expression au pluriel.

Cette émission, Xavier l’a regardée. Ces émissions, Xavier les a regardées.

Cette émission, tu l’as regardée. Ces émissions, tu les as regardées.

Astuce ! L’adverbe « là » est parfois relié à un pronom démonstratif ou à un nom par un trait d’union : Ce bassin est trop profond, mais dans celui-là on a pied.

Exercices

1- Quels mots complètent cette phrase ?

… où je suis placée, je vois toute … scène.

A) La / la – B) Là / la – C) La / l’a – D) Là / l’as

2- Complétez la phrase comme il convient.

… règle du jeu était précise, mais tu ne … pas respectée.

A) La / l’a – B) Là / la – C) La / l’as – D) Là / l’as

3- Quelle est la nature grammaticale des mots en gras ?

La photo
est réussie parce que tu la prends avec un flash.

A) article / article – B) article / adverbe –

C) article / pronom personnel – D) Adverbe / pronom personnel

4- Quels mots complètent cette phrase ?

… pointe de silex, l’archéologue … découverte …, près de l’entrée de … caverne.

A) La / la / là / la – B) La / l’a / là / la – C) La / l’as / la / l’a – D) Là / l’a / la / la

5- Par quel mot peut-on remplacer le mot en gras ?

Pourquoi ce tableau est-il figuratif et celui- abstrait

A) une – B) la – C) un – D) ci

6- Quels sont les quatre mots qui complètent cette phrase ?

Cette veste-… était … dernière ; … vendeuse me … laissée avec une bonne remise.

A) la / la / la / là – B) là / la / la / l’a – C) là / la / la / l’as – D) la / là / l’a / l’as

7- Complétez la phrase comme il convient.

… cafétéria des élèves est ouverte pendant … pause; beaucoup … fréquentent régulièrement.

A) La / la / l’a – B) Là / la / l’a – C) La / là / l’as – D) La / la / la

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) B – 2) C* – 3) C – 4) B** – 5) D*** – 6) B**** – 7) D
* On peut remplacer « tu ne l’as pas respectée », par « tu ne l’avais pas respectée ». L’auxiliaire est conjugué à la 2e personne du singulier.
** Substitutions possibles : « Le morceaux de silex, l’archéologue l’avait découvert ici, près de l’entrée du gouffre. »
*** Cette particule renforce le pronom démonstratif.
**** On opère des substitutions : « Ce foulard était le dernier; la vendeuse me l’avait laissé avec une bonne remise. »

La leçon de français (41)

NE PAS CONFONDRE : tout tous toute toutes

Règles

TOUT : déterminant indéfini, généralement suivi d’un second déterminant, s’accorde avec le nom auquel il se rapporte.

tout le jour, toute cette journée, tous les mois, toutes ces semaines

TOUT : pronom indéfini quand il remplace un nom. Il est alors sujet ou complément du verbe.

Astuce ! Il Au pluriel, tout devient tous ou toutes (on entend alors la différence) : Tout est terminé. / Ces chansons, je les connais toutes.

TOUT : adverbe, le plus souvent invariable, quand il est placé devant un adjectif ou un autre adverbe. On peut le remplacer par « tout à fait ».

Les spectateurs sont tout étonnés. Les spectateurs sont tout à fait étonnés.

Astuce ! « Tout », adverbe, s’accorde quand il est placé devant un adjectif féminin commençant par une consonne, pour que la prononciation soit plus facile.

– on aura : Les pains sont tout chauds. / Les brioches sont toutes chaudes.

– mais : Les portes sont tout ouvertes.

Exercices

1- Complétez la phrase avec le mot qui convient ?

Depuis 1945, … les femmes françaises ont le droit de voter.

A) tout – B) tous – C) toute – D) toutes

2- Quelle est la nature grammaticale du mot en gras ?

Je le répète une fois pour toutes : je ne renoncerai jamais à ce projet !

A) adjectif – B) déterminant indéfini – C) pronom indéfini – D) adverbe

3- Quel adjectif complète cette phrase ?

Sandra est tout … ; le professeur la félicite pour son travail.

A) satisfaite – B) émue – C) contente – D) radieuse

4- Quel mot permet de compléter cette phrase ?

Sur ce présentoir, … est à un prix dérisoire : deux euros.

A) tout – B) tous – C) toute – D) toutes

5- Par quels mots peut-on remplacer le mot en gras ?

Plusieurs stalactites sont sur le point de fondre.

A) Tout les – B) Tous les – C) Toute les – D) Toutes les

6- Quels mots permettent de compléter cette phrase ?

… les autoroutes sont saturées; … les vacanciers sont partis en même temps.

A) Toutes / tous – B) Tous / tous – C) Toutes / toutes – D) Tous / toutes

7- Quelle est la nature grammaticale du mot en gras ?

Soyez tous à huit heures devant l’entrée du collège : le car n’attendra pas !

A) déterminant indéfini – B) adverbe – C) pronom indéfini – D) nom commun

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) D – 2) C* – 3) B** – 4) A – 5) D*** – 6) A – 7) C
* « toutes » remplace « les fois ».
** « tout » est ici un adverbe (« Sandra est tout à fait émue »); comme il n’est pas accordé par euphonie, il est obligatoirement placé devant le seul adjectif débutant par une voyelle.
*** « stalactites » est de genre féminin.

L’affaiblissement continue

Jusqu’à mon dernier souffle, je continuerai de défendre ardemment la langue française au Québec. Mais, malheureusement les constatations négatives du fait français chez nous se multiplient.

Le texte que je veux partager avec vous aujourd’hui est de la plume de Josée Legault, paru récemment dans le Journal de Montréal qui en dresse une réalité que je partage entièrement. Il faut se réveiller maintenant, pour préserver ce qui en reste, même s’il semble déjà trop tard.

QUI A PEUR DE LA LOI 101 ? Josée Legault

Qui a peur de renforcer la loi 101 ? Cette question, malheureusement rhétorique, je la pose depuis longtemps.

Malgré les reculs du français, la réponse est tristement simple : les gouvernements du Québec, tous partis confondus. Et le blocage continue.

Le 12 avril, l’Office québécois de la langue française (OQLF) publiait des études confirmant à nouveau le prix à payer pour ce refus d’agir. Dans les milieux de travail, l’usage exclusif du français n’est plus que de 56%. Moins de 60% des allophones optent pour un cégep francophone. Etc. Or, ces tendances ne sont pas nouvelles.

Les raisons sont multiples, mais les plus toxiques ont été celles-ci. 1) L’affaiblissement répété de la loi 101 par les tribunaux et, sauf exception, le refus des gouvernements de la renforcer. 2) La politisation de l’OQLF. Son patron ou sa patronne devant son emploi au bureau du premier ministre, l’OQLF n’est plus qu’une courroie de transmission des préférences du gouvernement du jour.

L’OQLF est devenu aussi inutile qu’une chaloupe pour traverser le Sahara. Elle temporise de manière chronique. Impossible de la voir monter au front face aux gouvernements alors qu’il faut pourtant solidifier la protection du français dans les grandes régions de Montréal et de l’Outaouais.

LOI TROUÉE

C’est pourquoi, en tout respect pour la ministre responsable de la Langue française, son idée de mieux appliquer la loi 101 est un coup d’épée dans l’eau. Cette loi est déjà trouée comme un gruyère. Il faut plutôt lui redonner du tonus.

Quant à l’OQLF, si j’avais reçu 10$ toutes les fois où j’ai proposé qu’on la dépolitise en soumettant le choix de son patron au vote de l’Assemblée nationale, je pourrais me payer une année à Paris. Voici d’ailleurs que cette semaine, les Partenaires pour un Québec français demandent la création d’un commissaire à la langue française, nommé par l’Assemblée nationale.

Leur but est le même : éviter « tout soupçon de partialité dans la mise en portrait de l’état du français au Québec ». Bingo. Ces Partenaires ne sont pas des hurluberlus. On y retrouve entre autres Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes, Jacques Létourneau, président de la CSN, Maxime Laporte, président de la SSJB et Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement.

PRENDRE ACTE

Il est tentant pour nos gouvernements de garder l’OQLF à leur main, mais c’est une grave erreur. Ce choix nourrit un laisser-faire désastreux. En 1996, je cosignais le premier bilan détaillé sur la situation du français depuis l’adoption de la loi 101 en 1977. Il avait été commandé par le premier ministre Jacques Parizeau, qui souhaitait obtenir l’heure juste et factuelle.

Tristement, notre conclusion n’a pas pris une ride : « Il n’y a pas de vie française en Amérique à moins de le vouloir, de vouloir résolument et de façon continue, et de prendre les moyens qui s’imposent. Cette volonté doit être individuelle et collective. Elle doit être gouvernementale et constitutionnelle.

Si le Québec doit demeurer une province, il est urgent d’en prendre acte.

La leçon de français (40)

QUELQUES PARTICULARITÉS DE VERBES DU 1ER GROUPE COMME LEVER ET CÉDER

Règles

Si l’un de ces verbes a un « e » muet dans l’avant-dernière syllabe de l’infinitif, on met un accent grave sur ce « e » muet.

– présent de l’indicatif : lever

Je lève les bras. Tu lèves les bras. Elle lève les bras. Nous levons les bras. Vous levez les bras. Ils lèvent les bras.

– futur simple : lever

Je lèverai les bras. Tu lèveras les bras. Elle lèvera les bras. Nous lèverons les bras. Vous lèverez les bras. Ils lèveront les bras.

Si l’un de ces verbes a un « é » dans l’avant-dernière syllabe de l’infinitif, l’accent aigu devient grave devant une terminaison contenant un « e » muet.

– présent de l’indicatif : aérer

J’aère la pièce. Tu aères la pièce. Elle aère la pièce. Nous aérons la pièce. Vous aérez la pièce. Ils aèrent la pièce.

– futur simple : aérer

J’aèrerai la pièce. Tu aèreras la pièce. Elle aèrera la pièce. Nous aèrerons la pièce. Vous aèrerez la pièce. Ils aèreront la pièce.

Au futur simple, il est toléré de conserver le « é » devant la terminaison. Mais il est préférable d’appliquer la même règle qu’au présent de l’indicatif.

Exercices

1- Quelle terminaison complète le verbe en gras ?

Vous com… toutes les cases de la grille de mots fléchés.

A) plétez – B) plètez – C) pléterait

2- Quel accent a été oublié sur la lettre en gras ?

Avant le départ, le caravanier emmene les dromadaires boire au puits.

A) accent grave – B) accent aigu – C) pas d’oubli

3- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

En tête du cortège, les majorettes … la fanfare.

A) précédait – B) précèdent – C) précéderons – D) précèdera

4- À quel temps les verbes en gras sont-ils conjugués ?

J’espérais que l’attente au guichet ne serait pas longue.

A) Présent du conditionnel / imparfait de l’indicatif

B) Imparfait de l’indicatif / présent du conditionnel

C) imparfait de l’indicatif / imparfait de l’indicatif

5- Quelle proposition complète la phrase ?

L’exercice était long, mais je me mis au travail et je …

A) l’achève en une heure. – B) l’achèverait en une heure.

C) l’achevai en une heure. – D) l’achèveras en une heure.

6- Quelle forme verbale complète cette phrase ?

Si vous ne vous calmez pas, la discussion … .

A) dégénèreras – B) dégénèrera – C) dégénérais – D) dégénérai

7- Quelles formes verbales complètent cette phrase ?

Si tu n’… pas de tes nouvelles, je m’… .

A) envoyait / inquièterait – B) envoie / inquièterais

C) envoies / inquièterai – D) envoyait / inquièterai

Réponses à la fin de l’article.

Source : LAROUSSE, 1000 exercices d’orthographe.

Réponses : 1) A* – 2) A – 3) B** – 4) B – 5) C*** – 6) B**** – 7) C*****
* Pour ce type de verbe, l’accent aigu de l’infinitif ne se transforme en accent grave que devant une syllabe muette.
** Le verbe est conjugué à la 3e personne du pluriel; une seule réponse possible.
*** Le verbe est conjugué à la 1re personne du singulier; une seule réponse possible.
**** Le verbe est conjugué à la 3e personne du singulier; une seule réponse possible. De plus, le verbe de la subordonnée est au présent de l’indicatif, donc le verbe de la principale doit être au futur simple.
***** La concordance des temps (présent dans la subordonnée, futur simple dans la principale) permet d’écarter les trois autres propositions de réponse.

Disparaître ?

Il n’y a pas de titre plus éloquent pour l’assimilation de la race canadienne-française au Québec. Les prédictions sont alarmantes; avant l’an 2000, le Québec comptait une population canadienne-française de plus de 80%.

Malheureusement, au début du présent siècle, s’amorce un recul démographique de la majorité de langue maternelle française qui, selon l’un des principaux scénarios retenus par Statistique Canada, passera de 79% en 2011 à 69% en 2036.

À ce rythme de décroissance de dix points de pourcentage par vingt-cinq ans, la majorité historique francophone va disparaître sous la barre des 50% avant la fin du siècle. Et sa langue aussi.

Les Montréalais francophones sont déjà minoritaires sur l’Île de Montréal et à la vitesse de l’immigration, ce chiffre descendra à 33% d’ici deux décennies. C’est la catastrophe ! Aujourd’hui, je veux partager avec vous ce texte de Joseph Facal, récemment publié dans les pages du Journal de Montréal, et qui parlait du livre de Jacques Houle (Disparaître ?) sur la question, et que je me promets de lire.

DISPARAÎTRE? Joseph Facal

Cette chronique reprend délibérément le titre de l’ouvrage de Jacques Houle, tout juste paru chez Liber, que je viens de terminer.

L’auteur fut, pendant plus d’une vingtaine d’années, un fonctionnaire du gouvernement fédéral à Emploi et Immigration Canada

Il dresse un portrait cinglant de nos politiques d’immigration, de leurs impacts réels, de leurs justifications boiteuses et de leurs vraies motivations.

TENDANCE

La population québécoise de langue maternelle française recule de 10 points de pourcentage tous les 25 ans. À ce rythme, elle passera sous les 50% avant la fin du siècle. Comme dit l’auteur, à l’échelle de l’histoire, c’est demain.

Ce sentiment croissant qu’ont tant de Montréalais de langue maternelle française, déjà minoritaires, de se sentir des étrangers chez eux, et coupables de dire leur inconfort, deviendra progressivement celui de tout le Québec.

Jusqu’au tournant des années 2000, explique Houle, le Québec accueillait grosso modo 30 000 immigrants par année. Les gouvernements péquistes ajustaient les volumes aux cycles économiques. Avec le retour au pouvoir du PLQ, on passa rapidement aux 50 000 actuels.

Plus pernicieusement, au-delà des chiffres, nous entrâmes dans un climat intellectuel où il ne fallait surtout pas confronter le jovialisme discursif aux données disponibles.

Or, ces données existent et, comme l’explique Houle, elles montrent que :

Non, l’immigration ne permet pas d’enrayer le vieillissement du Québec.

Non, elle n’a pas d’impact positif sur les finances publiques, les salaires ou la richesse collective.

Non, on n’a pas réussi à faire s’établir les immigrants dans les régions moins urbanisées.

Non, on n’a pas réussi à apparier efficacement les qualifications professionnelles des nouveaux venus avec les exigences des postes vacants.

Non, on n’a pas réussi à maintenir, encore moins à renforcer, la prédominance du français comme langue première de la vie publique.

Or, tous ces objectifs sont ceux que prétendent poursuivre nos politiques d’immigration.

« Fiasco » ? Ça dépend pour qui…

Ces politiques font trois grands gagnants : le patronat, le PLQ, qui importe ce qui est devenu le cœur de son électorat, et une fraction de cette bourgeoisie qui a les moyens de ne profiter que des bons côtés de la diversité : resto exotiques, beaux voyages et amis triés sur le volet.

DÉBATTRE

On ne compte plus les reportages complaisants et tendancieux sur la « terrible » pénurie de main-d’œuvre qui nous affligerait, alors que le Québec serait rempli d’immigrants fabuleusement instruits qui ne peuvent faire valoir leurs compétences.

Dans les faits, la catégorie d’emploi qui connaît la plus forte demande est celle des serveurs au comptoir, des aides dans les cuisines et du personnel de soutien, suivie, au deuxième rang, par les vendeurs dans le commerce de détail.

Voilà pourquoi le patronat, qui veut payer le moins possible, n’a qu’une seule piste audio dans la bouche : toujours plus. Déprimant ? Pas complètement…

Pendant longtemps, il fut impossible de parler d’immigration autrement que sur le mode de l’approbation muette ou de l’émerveillement béat. Nous sommes rendus ailleurs. Ce livre est une nouvelle illustration.