Péniblement, Poiline traversait l’allée asphaltée qui menait au jardin de madame Lafleur. Ouf ! Quelle chaleur ! Elle se demandait bien pourquoi le Créateur avait commis l’erreur de recouvrir de fourrure, au beau milieu de l’été, d’innocentes petites chenilles comme elle. Cependant, curieuse et têtue, elle refusait obstinément d’aller se réfugier à l’intérieur du cocon comme l’avaient fait ses cousines afin de se transformer en magnifiques papillons et pouvoir s’envoler vers des pays plus chauds. Non ! Elle ne voulait rien manquer de ce qui se passait dans la nature. L’automne venue, elle s’entêta à rester dehors.
– Je ne veux pas m’endormir pour l’hiver ! Moi je veux voir la nuit de Noël. Il paraît que dans la forêt, tout devient féérique. Bizebize, l’abeille, et Roucoucou, la sittelle, me l’ont raconté. Selon elles, les sapins s’habillent de pompons blancs et les branches des arbres se parent de cristaux scintillants comme des diamants. Si on écoute bien avec son cœur, on peut entendre les anges chanter des cantiques de Noël, accompagnés par le vent qui joue des airs de violoncelle. Elles racontent même que, cette nuit-là, une étoile plus brillante que les autres illumine le paysage. Pas question de manquer ça ! Après tout, avec mon manteau de fourrure jaune et blanc, je suis assez chaudement vêtue pour résister au froid, c’est certain !
Hélas ! Poiline ignorait que l’hiver s’amuse à mordre cruellement les chenilles imprudentes. Une fois la saison froide venue, elle se mit à frissonner sans arrêt et grelotter de tous ses poils. Comme elle regrettait sa témérité ! Ah ! elle aurait dû écouter ses cousines et s’installer bien au chaud dans un cocon. Au lieu de cela, elle souffrait, abandonnée à elle-même sous la branche d’un arbre et sauvagement attaquée par le froid. Tour ça pour voir Noël qui tardait à venir ! Elle n’en pouvait plus.
Un bon matin particulièrement glacial, elle sentit qu’elle allait bientôt mourir. Agrippée de toutes ses dernières forces à l’écorce d’un grand érable, elle pleurait à fendre l’âme.
– Au secours, quelqu’un ! Au secours !
Mais une chenille n’a pas de voix, et personne ne l’entendit. Alors la pauvre Poiline perdit connaissance. Les poils de sa fourrure se raidirent comme des aiguilles et son corps devint rigide comme un glaçon.
Ce jour-là, la sittelle Roucoucou, passant dans les parages, se mit à picorer l’écorne d’un arbre avec son bec, à la recherche de graines et d’insectes gelés. Son regard fut soudain attiré par une étrange tache jaune et brune qui pendouillait sur le bout d’une branche.
– Tiens ! on dirait un bonbon. Miam ! Miam ! Mais… mais, ma foi du ciel, c’est Poiline ! Oh ! mon Dieu ! Que lui est-il arrivé ? Dire que j’ai failli la manger… Vite ! Il faut faire quelque chose ! Peut-être est-elle encore vivante ? Ianc ! Ianc !
Les cris de Roucoucou retentirent dans toute la forêt. En entendant cet appel de détresse, la chorale entière des sittelles à poitrine blanche en train de répéter ses chants de Noël, ce matin-là, s’élança dans les airs. À peine quelques minutes plus tard, une trentaine de sittelles se retrouvèrent perchées sur les bras du vieil érable, tout ému de recevoir autant de visiteurs à la fois. On tint alors un grand conseil.
– Si on transportait la chenille sous la charpente du pont de bois enjambant le ruisseau ? proposa une sittelle au capuchon couleur d’acier.
– Elle se trouverait à l’abri des rôdeurs, renchérit un beau mâle à cou noir.
– Bonne idée ! approuva Roucoucou. Allons voir sur place pour nous assurer qu’aucun écureuil ou raton laveur ne puisse atteindre notre pauvre amie Poiline.
Voilà qu’une volée de sittelles se mit à tourbillonner autour du petit pont, en piaillant à qui mieux mieux.
– Chut ! taisez-vous ! fit soudain un autre oiseau, j’entends du bruit sous le pont. On dirait un étrange grésillement…
En peu de temps, les oiseaux découvrirent un nid d’abeilles à l’intérieur d’un cocon suspendu sous le pont. Et ça bougeait là-dedans !
– Eh ! les abeilles, vous ne dormez pas ?
Bizebize, la reine de la ruche, se montra sur le pas de la porte. Elle sautillait, tournoyait, ne tenait pas en place. Jamais Roucoucou ne l’avait vue aussi enjouée.
– Ianc ! Ianc ! Que se passe-t-il donc chez vous, les mouches à miel ?
C’est Noël demain, mon amie ! Ne savais-tu pas que le 24 décembre, les abeilles se réveillent toujours ? Ce jour-là, le bon Dieu donne la permission spéciale aux animaux qui hibernent de sortir de leur sommeil afin de célébrer avec les anges, La marmotte dans son tunnel, l’écureuil dans son tronc d’arbre, l’ours dans sa tanière, tous se lèvent miraculeusement pour fêter, à minuit, la naissance du petit Jésus.
– Ah ! bon…
– Nous les abeilles, sommes en train de préparer notre nectar spécial, selon la recette de nos ancêtres. Tu comprends bien que madame l’Ourse a hâte d’y goûter ! Serais-tu venue pour m’apporter tes bons vœux du temps des Fêtes, ma chère Roucoucou ?
– Ianc ! Ianc ! Je… hum… c’est-à-dire… Pour être franche, non ! En fait, nous cherchons un endroit pour cacher la pauvre chenille Poiline. Nous la voulons en sécurité et à l’abri des prédateurs et des tempêtes pour le reste de l’hiver. Imagine-toi que je viens de la trouver gelée et inanimée sous une branche de l’érable. Que vais-je en faire ? Aurais-tu une idée ?
– Bien sûr ! Emmène-la ici, dans notre nid. On trouvera bien un coin où l’installer. Après tout, les abeilles et les chenilles ont toujours fait bon ménage. Et puis, on ne va pas abandonner notre amie la veille de Noël, tout de même !
On se mit immédiatement à l’œuvre. Roucoucou s’empara délicatement de la pauvre chenille toute raide et toujours inanimée, et on la transporta jusqu’au pont. Avec mille précautions, les abeilles tentèrent de l’introduire à travers le minuscule orifice de leur nid. On se bousculait, chahutait, culbutait, tirait, poussait. Finalement, on réussit à la faire basculer à l’intérieur.
– Ianc ! Ianc ! Bravo ! lancèrent les sittelles en chœur. Merci et joyeux Noël à vous, les amies !
– Zzzzzzz ! saluèrent les abeilles dans un gigantesque bourdonnement.
Ravis d’avoir sauvé Poiline, les oiseaux repartirent à grand coups d’ailes vers leur sapin afin d’achever les derniers préparatifs de Noël. Poiline, quant à elle, bien au chaud dans le nid d’abeilles, se mit à dégeler. Son poil sécha et redevint soyeux en quelques minutes.
– Où suis-je ? Que m’arrive-t-il ? Et quel est cet étrange bourdonnement autour de moi ?
– Salut ! C’est moi, ton amie Bizebize. Sois la bienvenue chez nous ! Mes sœurs et moi, nous t’offrons l’hospitalité pour tout l’hiver. C’est notre cadeau de Noël.
Noël ! Le mot magique acheva de ramener Poiline à tous ses esprits. On lui fit boire un grand bol du fameux nectar au miel de Noël et elle commença rapidement à prendre du mieux. Elle se sentit au centre de la fête et, même sans voix, elle mêla sa joie aux cris joyeux et aux chants de Noël qui remplirent la ruche durant toute la nuit. Par l’orifice du cocon, Poiline put apercevoir l’étoile mystérieuse au milieu du firmament et le merveilleux manteau de neige recouvrant la forêt.
Une fois la fête terminée, les abeilles et leur amie la chenille, épuisées de plaisir et ivres de nectar, replongèrent dans un sommeil profond jusqu’au printemps, serrées bien au chaud les unes contre les autres.
Cette année-là, quand avril se pointa à l’orée du bois, un miracle se produisit secrètement sous les poutres du vieux pont : un magnifique papillon jaune et brun sortit de la ruche. Il se mit à batifoler çà et là, sautillant de fleur en fleur, battant l’air de ses grandes ailes et tournoyant en dessinant des arabesques folles.
Un jour, il rencontra une sittelle bavarde qui vint lui piquer une jasette.
– Bonjour, papillon ! Comme tu es joli ! Je m’appelle Roucoucou. Et toi ?
– Moi, je suis Poiline. Ne me reconnais-tu pas, ma chère Roucoucou ? Je te cherchais partout pour te remercier. Regarde ce que je suis devenue. Je te dois la vie, tu sais !
Pour la première fois de l’histoire, on vit une sittelle et un papillon se donner des baisers dans l’air vif et bleu. Décidément, l’été qui venait serait heureux.
Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.
L’horrible histoire qui suit s’est déroulée au Québec, sur la Rive-Sud de Montréal. Deux monstres illuminés par la religion ont martyrisé leurs enfants sans réserve et pour punir violemment. La cause est présentement au stade de la sentence, prévue en février prochain.
Comment une telle situation peut encore se dérouler, chez nous, en 2020 ? C’est ignoble et la Couronne réclame une peine de 2 ans, à être purgée dans la collectivité. Insensé !
Je vous propose cet article de Louis-Samuel Perron, paru dans La Presse+ du 1er décembre dernier.
UN COUPLE A MARTYRISÉ SES HUIT ENFANTS PENDANT 25 ANS
La Couronne réclame une peine « sévère » pour le pasteur Mario Monette et sa femme Carole Van Houtte Monette.
Des enfants frappés quotidiennement, un fils confiné au garage pendant des mois, des fidèles encouragés à corriger leurs enfants : le pasteur Mario Monette et sa femme ont martyrisé leurs huit enfants pendant 25 ans sous prétexte de la volonté de Dieu. La Couronne demande une peine « sévère » pour dénoncer la gravité des sévices et inciter les victimes à « briser le silence ».
« Encore récemment dans les médias, on constate qu’à tous les jours, des enfants sont victimes de sévices. Ces crimes sont commis en silence, à l’abri des regards. La seule façon que la société a de les protéger, c’est de dénoncer », a plaidé la procureure de la Couronne Me Julie Laborde, lundi, au palais de justice de Longueuil.
Le ministère public réclame une peine de dix ans de pénitencier contre Mario Monette et de quatre à six ans pour sa femme Carole Van Houtte Monette, alors que la défense demande deux ans de détention dans la collectivité. Les accusés de 67 ans ont plaidé coupable à des accusations de voies de fait armées, de séquestration et de menaces en septembre dernier.
Mario Monette est devenu pasteur à l’Église biblique baptiste métropolitaine Sud en 1982, sur la Rive-Sud de Montréal. Dans ses sermons, il encourageait ses fidèles à corriger leurs enfants avec une « verge » en vertu de ses enseignements bibliques. Le pasteur prêchait par l’exemple en corrigeant régulièrement ses enfants dans ce qu’il qualifie de « méthode éducative ».
Dans les faits, Mario Monette faisait régner un climat de terreur dans la résidence familiale. Les enfants recevaient de cinq à dix coups sur les fesses, selon leur âge, pour la moindre entorse aux strictes règles. La cuillère de bois ou le bâton de peinture utilisé pouvait faire jusqu’à 24 pouces de long. La punition était plus sévère si l’enfant désobéissait à l’église. Les enfants ont également été battus à coups de baguette de store et même de ceinture.
« Les enfants étaient sur le qui-vive. Chaque jour, des corrections étaient données, mais on ne savait pas sur qui. »
— Me Julie Laborde, procureure de la Couronne
Plusieurs victimes, maintenant adultes, ont témoigné cet automne avoir reçu plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de coups, à certaines occasions. Par exemple, pour déterminer qui avait brisé la friteuse, Carole Van Houtte Monette a battu à tour de rôle cinq de ses enfants, alors âgés de 5 à 15 ans, jusqu’à ce que l’un d’entre eux prenne le blâme.
À plusieurs reprises, le bâton se brisait par la force des coups. Les enfants portaient d’ailleurs plusieurs couches de vêtements pour éviter la douleur. Le fils aîné a été séquestré pendant des mois dans le garage et a même dénoncé la situation aux policiers. D’autres enfants étaient mis au régime de pain et d’eau dans leur chambre.
« Ces enfants-là étaient pris sous le joug de leurs parents », résume la procureure de la Couronne. À ses yeux, les sévices « répétitifs et constants » infligés par le couple Monette ont laissé de profondes marques physiques et psychologiques sur les victimes, maintenant âgés de 29 à 47 ans. Certains membres de la fratrie ont toutefois témoigné pour la défense, dont le fils cadet Matthieu Monette, battu jusqu’à l’âge de 12 ans, dont une fois avec une ceinture.
CONSÉQUENCES « DÉSASTREUSES » SUR LES ENFANTS
Malgré leur reconnaissance de culpabilité, Mario Monette et sa femme se disent toujours « convaincus d’avoir fait les bons choix », relève la procureure de la Couronne. Ils continuent de se « victimiser » et d’avoir l’impression qu’on « s’acharne sur eux », ajoute-t-elle.
Me Laborde réclame une peine « sévère » pour les accusés en raison de l’abus de confiance, de leur emprise sur les enfants et des conséquences « désastreuses » sur ceux-ci.
« La peine doit souligner la grande vulnérabilité des enfants. Ils étaient isolés. À qui pouvaient-ils se confier à l’époque ? »
— Me Julie Laborde, procureure de la Couronne
Dans une déclaration sous serment déposée lundi, Mario Monette exprime des regrets sur le choix de ses « méthodes éducatives ». « Nous pensions bien faire, mais force est de constater que ça a été un échec monumental », ajoute-t-il.
Jamais, toutefois, le pasteur n’évoque clairement regretter les gestes de violence qu’il a pourtant reconnu avoir commis. « Ils n’ont pas encore avoué à eux-mêmes que ce qu’ils ont fait à leurs enfants, c’est de la maltraitance, c’est de la violence ! », s’est enflammée la procureure.
Selon l’avocate de la défense Me Katherine Labelle, la gravité moindre des blessures subies par les victimes est l’élément « le plus important » du dossier et milite pour une peine moins sévère. « C’était dans un but disciplinaire, mais la méthode était excessive. Je ne pense pas que le but était de blesser », a-t-elle plaidé.
De plus, les accusés n’ont aucun antécédent judiciaire. Une peine dans la collectivité serait ainsi suffisamment dissuasive, a conclu son collègue Me Mathieu Poissant.
Le juge Marc-Antoine Carette rendra sa décision le 17 février prochain.
Vous connaissez sans doute Fonceur, Danseur, Tonnerre, Vitesse, Comète et Cupidon, Éclair et Finesse. Mais connaissez-vous le renne le plus célèbre de tous ? Voici l’histoire de Rudolph.
Autrefois, il existait un petit renne que l’on nommait Rudolf, ce n’était pas un renne comme les autres, car celui-ci avait un joli nez rouge. Mais ce petit renne était bien triste, car un jour il se retrouva orphelin à cause de la cruauté d’un chasseur. Peiné de son sort, le petit renne au nez rouge se réfugia un jour dans la forêt, il voulait se retrouver seul, car ses amis n’arrêtaient pas de se moquer de lui.
Un soir, alors que Rudolf tremblait de froid, un ange se présenta à lui et lui demanda pourquoi il était seul dans une si grande forêt et pourquoi il pleurait toutes les nuits. Hésitant au début, Rudolf finit par tout raconter à l’ange et il se rendit compte que ça lui faisait du bien. L’ange l’écouta sans jamais l’interrompre.
Quand Rudolf eut fini de parler, l’ange lui dit qu’il pouvait l’aider et qu’il connaissait un homme bon qui saurait comment faire pour que le petit renne surmonte sa peine. Le petit renne au nez rouge se dit qu’il n’avait plus rien à faire ici et décida donc de suivre l’ange.
Ils arrivèrent tous deux dans un petit village, il planait dans l’air une odeur de pain d’épices et de chocolat. Une personne pas haute comme trois pommes les salua et Rudolf sourit pour la première fois depuis bien longtemps.
Ils arrivèrent devant une maison qui était décorée avec milles illuminations et un énorme sapin était posté à côté de cette maison. L’ange tapa trois fois à la porte et celle-ci s’ouvrit.
Rudolf fut ébloui par la lumière qui se trouvait à l’intérieur, ils avancèrent et le petit renne vit un drôle de personnage, tout de rouge vêtu, les joues roses et rebondies, une barbe blanche bien fournie et un énorme ventre, c’était le Père Noël. L’ange lui raconta l’histoire de Rudolf et le Père Noël touché par celle-ci décida de prendre le petit renne sous son aile.
Il commença par lui donner quelque chose à manger, car Rudolf mourrait de faim, puis il lui présenta d’autres rennes et le Père Noël dit à Rudolf :
– Nous serons à présent ta nouvelle famille Rudolf.
Le petit renne était tellement heureux que son nez se mit à briller de la plus belle des lumières et le Père Noël lui demanda donc, s’il acceptait de faire partie de l’attelage du Père Noël, car son nez pourrait l’éclairer dans la nuit. Rudolf accepta et devint le renne du Père Noël.
Depuis chaque soir à Noël, si on fait bien attention on peut voir dans le ciel une lumière scintiller.
Eh oui, quoi de mieux que ses judicieux conseils quand on fait face à un problème à la maison, qui nous semble impossible à résoudre. Avant de céder à la panique, voici quelques trucs pour se rendre la vie plus facile et surtout trouver facilement des solutions aux problèmes d’entretien dans notre quotidien.
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911- URGENCES DANS LA MAISON
Solutions miracles pour les problèmes de tous les jours.
LE VIN ROUGE SUR LA CHEMISE BLANCHE
Frottez immédiatement la tache avec un peu de vin blanc. Le Club Soda de même qu’une solution citronnée peuvent aussi atténuer une tache de vin rouge. Ne saupoudrez pas de sel sur la tache, car elle développera une teinte bleutée qui risque de devenir permanente au lavage.
LA SAUCE TOMATE SUR LE TAPIS
Versez un verre de lait lentement sur la tache. Nettoyez le tout avec du papier absorbant. Au besoin, terminez le nettoyage avec un peu d’eau vinaigrée ou une eau tiède additionnée d’une goutte de savon à vaisselle.
DU SANG SUR UN VÊTEMENT ET SUR LE MATELAS
Sur un tissu, savonnez le plus rapidement possible la tache de sang et rincez à l’eau froide. Si ces taches persistent, frottes-les avec un coton-tige imbibé de peroxyde (eau oxygénée) ou faites dissoudre un comprimé d’aspirine dans un verre d’eau froide. Tamponnez la tache avec cette solution. Rincez à l’eau froide.
Sur le matelas, brossez la tache avec du peroxyde ou préparez une pâte avec de la fécule de maïs et un peu d’eau. Étalez cette pâte sur la tache et laissez sécher. Retirez la croûte d’amidon. Au besoin, terminez le nettoyage avec un brossage à l’eau froide. Asséchez complètement la partie mouillée du matelas avec le sèche-cheveux.
LE FIXATIF À CHEVEUX À LA RESCOUSSE
1- Un mouchoir en papier vaporisé de fixatif à cheveux enlèvera facilement les poils de chat ou de chien sur vos vêtements.
2- Il est possible de faire disparaître une tache de teinture à cheveux sur un vêtement en la vaporisant de fixatif. Attendez quelques secondes avant de nettoyer avec un linge humide.
3- Le fixatif à cheveux élimine aussi les taches de rouge à lèvres sur les vêtements. Vaporisez la tache en prenant soin de glisser quelques feuilles de papier absorbant sous le tissu. Brossez délicatement et rincez à l’eau tiède.
4- Redonnez du brillant à vos chaussures en cuir verni en les vaporisant de fixatif à cheveux.
GARE AUX FIXATIFS
Cette laque peut aussi tacher les murs de la salle de bain, les miroirs et les fers à friser. Nettoyez-les avec de l’alcool à friction. Vous pourrez aussi enlever cette pellicule de laque sur les murs en lavant les surfaces peintes avec du shampoing et de l’eau chaude. Rincez à l’eau claire.
Lors de l’application de fixatif sur vos cheveux, si vous portez des lunettes, la laque pourrait laisser des traces blanchâtres sur la monture. Nettoyez la monture avec une eau chaude savonneuse et polissez avec une mince couche de gelée de pétrole (vaseline).
RÉGLEZ RAPIDEMENT LES PETITS PROBLÈMES
1- Des charnières de portes qui grincent seront vite fixées avec un petit jet d’huile de cuisine en aérosol.
2- Un vieux plancher ne craquera pas si vous saupoudrez
les planches de talc et sautillez pour bien faire pénétrer la poudre entre les planches et les fissures.
3- Une tache sur la moquette ou sur le divan disparaîtra si vous la vaporisez avec du nettoyeur à vitres et frottez la tache avec un chiffon propre.
4- De la poussière accumulée sur les abat-jours s’en va grâce à l’aspirateur ou à un pinceau à poils souples.
5- Des serviettes de bain qui ont perdu leur pouvoir absorbant seront comme neuves une fois que vous aurez ajouté ½ tasse de vinaigre à l’eau au moment de faire la lessive. Vos serviettes redeviendront des éponges.
6- De vieilles photos à retirer d’un album dont les pages sont recouvertes d’une pellicule adhésive. Faites glisser l’air chaud du sèche-cheveux sous la pellicule de plastique, vous pourrez retirer les photos sans les endommager.
Source : Cahier CASA, JdeM 28 novembre, p8.
UN CONTE POUR LES GRANDS AU COEUR D’ENFANT
Saint Pierre le reconnut dès qu’il le vit secouer hardiment ses bottes à la porte du paradis. Il ne pouvait se tromper : barbe blanche, velours rouge, tuque enfoncée jusqu’aux oreilles.
– Bonjour, père Noël ! Quelle surprise ! On ne vous attendait pas ici aujourd’hui. Quel bon vent vous amène ?
– Quel bon vent, quel bon vent… Je dirais plutôt quel mauvais temps ! Dieu le Père est-il occupé ? J’aimerais bien le voir.
– C’est que vous n’avez pas pris de rendez-vous. Il pourrait peut-être vous rencontrer entre deux futurs Élus. Mais ces gens ne se montrent guère patients et ça risque d’être long, Il s’agit de quelque chose de grave ?
– Oui, et c’est urgent.
– Alors, suivez-moi, je vais vous faire passer par les Soins aux Saints Intensifs.
Saint Pierre longea alors un long corridor à ciel ouvert qui débouchait sur une porte d’or. Il appuya son doigt poilu sur un bouton et un archange vêtu de blanc vint ouvrir, s’inclina devant saint Pierre et pria le père Noël d’attendre quelques instants sur un banc rembourré et recouvert de velours.
Cinq minutes plus tard, l’archange revint pour aider le vieillard à franchir les cent cinquante marches qui menaient au trône. En apercevant le père Noël, Dieu le Père se leva pour venir l’accueillir avec une solide poignée de main.
– Salut, mon cher ! Comment allez-vous ? Pas trop essoufflé, j’espère ?
– Bien… un ascenseur serait une bonne idée, Seigneur, si je peux me permettre…
– Hélas, nous n’avons pas l’électricité au paradis. Nous organisons chaque année un référendum pour faire voter les Élus sur l’installation d’éoliennes sur leurs nuages. Chaque fois, la réponse se révèle négative par une marge de deux ou trois pour cent. Nous dépendons encore uniquement des ardeurs du soleil, mais personne ne s’en plaint. Les anges ont leurs ailes pour se déplacer, et les saints des auréoles pour s’éclairer. Que demander de mieux ? L’enfer en bas et le purgatoire juste à côté s’occupent ne nous tenir au chaud. Mais, mon cher ami, que me vaut l’honneur de notre visite ? Vous me semblez quelque peu déprimé…
– En effet, je viens vous parler d’un problème qui devient de plus en plus grave au fur et à mesure que les années passent. Les enfants me demandent maintenant des jouets d’un coût astronomique et que je n’arrive plus à reconnaitre : Mp3, iPod, iPad, iPhone, Wii, WiFi, DS, Blue Ray, Bluetooth, X-Box, Blackberry, et j’en passe ! Ils veulent même des téléphones intelligents ! Pas besoin de vous dire que je regrette l’époque de la poupée qui ferme les yeux quand on la couche et du train électrique qui tourne en rond ! Il y a autre chose, aussi : mes lutins veulent se syndiquer depuis que j’ai parlé d’embaucher des lutins chinois. Et, comble de malheur, il fait de plus en plus chaud au pôle Nord à cause du réchauffement planétaire et je ne suis plus capable d’endurer mon habit. J’aimerais bien recevoir vos conseils, cher Dieu le Père, à tout le moins un encouragement de votre part.
– Vous tombez mal, mon pauvre père Noël, car je suis découragé moi aussi à ce sujet. L’humanité est en train d’oublier complètement la véritable essence de la fête de Noël. Les enfants ne reconnaissent même plus la crèche, les églises sont à vendre, on retourne le vin de messe au paradis à pleines caisses. Au fait, en prendriez-vous un petit verre ? J’en ai reçu, hier, qui n’est pas piqué des vers.
Les deux vieillards, tout en se caressant la barbe, trinquèrent aux chrétiens du monde entier, aux enfants trop gâtés et à tous les travailleurs de la terre devenus des consommateurs invétérés. Ils trinquèrent ensuite aux chercheurs scientifiques qui veulent changer le monde en inventant des « bébelles » compliquées, puis ils levèrent leur verre aux lutins, aux écolos, aux anges et aux saints ! Le bon vin coulait à flot, ils en vinrent à se tutoyer, et même à se prendre par les épaules pour se consoler mutuellement.
– Tu comprends, mon vieux, s’écria Dieu le Père en reniflant, je n’ai pas envie d’accabler l’humanité d’une épidémie fatale de grippe H1Z1, pas plus que d’une autre crise économique, et surtout pas d’une guerre mondiale, pour ramener les hommes à l’essentiel. Vois-tu, la plupart du temps, quand ça va mal, ils se remettent à la prière et à la pratique de la religion, ils implorent tous les saints du ciel et ils fêtent même Noël pour la vraie raison. N’empêche que je n’aime pas voir souffrir les hommes et les entendre se lamenter. Alors, je les endure tels qu’ils sont maintenant, silencieux et laïques.
– Moi non plus, répondit le père Noël, je n’aime pas les voir souffrir. Et, malgré tout le respect que je te dois, mon cher Dieu le Père, ma situation semble encore plus difficile que la tienne. Toi, tu peux envoyer aux humains des petites gâteries, du temps ensoleillé en été, pas trop de neige certains hivers, mais moi, je n’ai que Noël pour les choyer et les détendre un peu. Heureusement, la fête s’étend de plus en plus longtemps, puisque certains magasins sortent leurs marchandises dès le début octobre et que les ventes d’après Noël s’étirent jusqu’en février.
– Ouais… Qu’allons-nous faire pour améliorer la situation mon vieux ? Tiens, j’y pense, tout à coup ! Consultons mon Fils, il a toujours de bonnes idées, lui !
Dieu le Père donna deux grands coups et un petit coup de bâton sur le parquet de marbre blanc. Aussitôt, Jésus-Christ se pointa, très élégant dans son manteau écarlate dernièrement renouvelé par un grand dessinateur de mode mort subitement cette année.
– Salut, saint Nicola, oups !… père Noël ! Comment allez-vous ?
Les deux barbus expliquèrent à qui mieux mieux leur désenchantement au sujet de la fête de Noël. Le fils ne parut pas vraiment impressionné. Il s’installa sur l’avant-dernière marche qui menait au trône et se mit à parler comme il devait prêcher dans le désert, deux mille ans auparavant, les bras ouverts et le regard plongé dans celui de ses interlocuteurs.
– Vous avez vu juste tous les deux : les hommes sont en train d’oublier ma naissance qui constitue, au fond, la véritable raison de la fête de Noël. Cependant, admettez qu’ils n’ont pas perdu le vrai sens de cette fête.
– Mais voyons, mon Fils, tu divagues ! Ils ne savent même plus qui tu es…
– Ils ne savent plus qui je suis, certes, mais à Noël, ils fêtent l’Amour. Un jour, Noël ne s’appellera plus Noël mais tout simplement la Fête de l’Amour. Tiens, je devrais parler de ça au Saint-Esprit et lui demander ce qu’il en pense. On ne devrait pas attendre trop longtemps avant de faire changer le nom. Le marketing, vous savez… Il pourrait semer ces idées-là sur Facebook et Twitter, ou encore YouTube, et même ouvrir un blogue…
Le père Noël jeta un regard meurtrier à Jésus-Christ.
– Quoi ? Encore la technologie ?
– Il le faut bien, père Noël, si on ne veut pas se laisser dépasser. Mais le Saint-Esprit n’a pas de problème avec ça, lui. Ne vous en faites donc pas !
Dieu le Père répliqua, d’une voix bougonne.
– Oh là là ! Tu frises le délire, mon pauvre enfant…
– Mais non ! C’est vous qui dramatisez tout, Père ! Admettez qu’à Noël, les centres commerciaux débordent et que les gens y passent des heures et des heures par amour, en quête de trouvailles pour choyer leurs proches. Plusieurs s’endettent même pour allumer des sourires sur le visage de ceux qu’ils aiment. Ouvrez les yeux, grand Dieu ! Et regardez quel amour et quelle générosité les humains mettent dans leurs recherches et quelle joie ils ressentent à faire plaisir à quelqu’un, à imaginer le bonheur des êtres qui leur sont chers. Si ce n’est pas dans l’esprit du vrai Noël, ça…
– M… ouais… tu as peut-être raison.
– Pensez à tous ceux qui organisent des guignolées et aux bénévoles qui préparent des fêtes pour les itinérants, qui visitent les personnes âgées, les malades, les démunis, etc. Les familles prévoient des réunions où tout le monde se retrouve et s’embrasse, les riches donnent aux pauvres, on parle partout d’accommodements raisonnables. On voit même les compagnons de travail incapables de se supporter tout le reste de l’année prendre un coup ensemble lors du party de Noël de l’entreprise ! Les parents lointains arrivent, les mononcles et les matantes, les amis organisent des rencontres, on se rapproche, on devient soudain tolérant, généreux, empathique. Avez-vous entendu les choristes et les musiciens répéter leurs concerts de Noël des mois à l’avance ? Si les gens ne vont plus à l’église pour assister à la messe, ils y vont pour entendre les plus beaux chefs-d’œuvre musicaux jamais composés par les humains et pour se recueillir à leur manière. Plus que tout, il faut regarder la lumière dans les yeux des petits enfants qui attendent le père Noël pour constater que la pureté et la naïveté existent encore chez les Hommes de bonne volonté, et que le cœur de la plupart des parents reste encore et toujours rempli d’amour pour les leurs.
– Wow ! Comme tu parles bien, mon Fils ! Je comprends pourquoi tu as converti l’humanité à ta cause, il y a deux mille ans !
– Pourquoi, papa, m’avez-vous envoyé sur la terre, sinon pour semer l’Amour dans le cœur des Hommes ? Eh bien ! J’ai réussi, car il s’y trouve encore et toujours ! Et tant et aussi longtemps que l’Amour demeurera la principale motivation des célébrations de Noël, moi je serai content. Tant pis pour la crèche, le bœuf et l’âne ! Et tant pis pour les églises qui coûtent trop cher à chauffer ! La vraie religion, c’est dans le cœur des Hommes qu’elle se pratique et elle s’appelle Amour. S’il n’y avait pas d’Amour, la terre tournerait « carré », croyez-moi !
Dieu le Père se gratta la tête et lança un coup d’œil au père Noël.
– Quel Fils intelligent que le mien ! Ouais, peut-être as-tu raison, mon cher Jésus. J’ai créé les hommes libres, je ne peux tout de même pas les empêcher d’évoluer. L’Amour, ils l’ont encore, je te le concède. Qu’en penses-tu père Noël ? On pourrait appeler Noël la Fête de l’Amour.
– Oui, bien sûr ! Les humains n’ont pas perdu l’Amour et ils n’ont probablement pas plus besoin du père Noël que de la crèche… Je me réjouis de ce fait, mais si tu veux connaître le fond de ma pensée, cher Bon Dieu, sache que je ne suis pas encore en âge de penser à la retraite, moi, surtout sans fonds de pension ! J’ai tout intérêt à voir Noël se perpétuer le plus longtemps possible. Je porterai des bermudas si le réchauffement de la terre se poursuit et nous changerons le nom de la fête, voilà tout. Mais on continuera à célébrer Noël quand même. On pourrait alors m’appeler le père d’Amour. Cependant, ça ne règle en rien mon problème de cadeaux compliqués ni le chialage de mes lutins.
– Écoute, mon vieux, je t’envoie le Saint-Esprit au pôle Nord dès demain matin. On le charge habituellement des affaires compliquées. Sans doute va-t-il te prêter des anges spécialisés en informatique pour donner des cours à tes lutins. Et pour les enfants qui réclameront des jouets trop dispendieux, je suis certain qu’à la longue, il réussira à faire baisser les prix. Quant à toi, mon Fils, tu as réussi à me rassurer. Tu as toujours le dernier mot, et je te remercie d’être né un certain 25 décembre ! S’il faut numériser la Parole de Dieu, eh bien on le fera ! Dites donc, vous deux, si on prenait un dernier p’tit verre pour fêter ça ?
Dieu le Père leur tendit une nouvelle coupe de vin.
– Prenez et buvez…
Le père Noël refusa poliment.
– C’est que je dois conduire mon traîneau, moi… Je n’ai pas envie de perdre le Nord ! Le petit renne au nez rouge est en vacances et je crains de ne pas réussir le test d’alcoolémie.
– Pas de problème, mon vieux. Nous avons nos anges bénévoles qui te conduiront sans problème : Opération Nez Bleu. Et c’est gratuit !
On continua alors de trinquer une dernière fois en dégustant une bouteille de Châteauneuf-du-Pape, bon en diable. Mais soudain, saint Pierre vint brusquement mettre un terme à cette merveilleuse rencontre.
– Désolé de vous déranger, cher Dieu le Père, mais la file d’attente s’allonge en bas et certains bienheureux risquent de perdre leur couronne de sainteté s’ils continuent à protester comme ils le font. J’en ai même entendu un murmurer des mots d’église, Vilain, ça…
Dieu le Père serra la mais du père Noël.
– Allons, mon cher père Noël, ne perdons pas le sens du devoir. Je te souhaite à l’avance un joyeux Noël, euh… c’est-à-dire… une joyeuse Fête de l’Amour ! Ho ! Ho ! Ho !
Jésus-Christ se retourna d’un bloc, n’en croyant pas ses oreilles. Jamais il n’avait entendu Dieu le Père rire ainsi, à la manière du père Noël.
Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.
On le sait, la période de Noël est encore plus propice aux nombreux achats en ligne. Pandémie oblige, ceux-ci sont à la mode par les temps qui courent. Mais, comment faire pour pouvoir annuler subitement votre commande et se faire rembourser ?
Les achats en ligne ont la cote plus que jamais. Dans certaines situations précises, au Québec, la Loi sur la protection du consommateur prévoit que vous pouvez annuler un achat fait en ligne. Mais quel est votre recours
si les jours passent et que le commerçant ne vous rembourse toujours pas ?
UNE PROTECTION AVEC VOTRE CARTE DE CRÉDIT
Lorsque vous achetez en ligne avec une carte de crédit, vous êtes protégés par ce qu’on appelle la « rétrofacturation ». Cette protection vous permet d’être remboursé par la compagnie émettrice de votre carte de crédit si le commerçant refuse de le faire.
Vous devez d’abord envoyer un avis d’annulation au commerçant et demander un remboursement. Le commerçant a alors 15 jours pour vous rembourser. Si vous n’êtes pas remboursé après ce délai, vous avez 60 jours pour faire votre demande écrite de rétrofacturation.
UNE DEMANDE DÉTAILLÉE
Votre demande de rétrofacturation doit obligatoirement mentionner :
– Votre nom;
– Le numéro de la carte de crédit et sa date d’expiration;
– Le nom du commerçant;
– La date de l’achat;
– Le montant total que vous avez payé avec votre carte de crédit et les sommes que le commerçant est tenu de vous rembourser;
– La description des biens ou des services pour lesquels vous demandez un remboursement;
– Les motifs pour lesquels vous avez annulé le contrat;
– La date où vous avez envoyé votre avis d’annulation et le moyen utilisé pour l’envoyer.
La compagnie émettrice de votre carte de crédit doit vous rembourser tous les frais portés à votre carte de crédit liés à votre achat en ligne. Elle doit le faire dans le plus court des délais suivants :
– dans les 90 jours après avoir reçu votre demande de rétrofacturation ou,
– dans un délai qui représente deux périodes d’état de compte de votre carte de crédit.
Source : Édicaloi, JdeM 28 novembre 2020, p76
Hansel et Gretel est un conte des frères Grimm qui apparait dans le livre Contes de l’enfance et du foyer écrit en 1812. Les contes des frères Grimm n’étaient pas d’innocente histoire, en réalité, les contes devaient préparer les enfants à leur future vie d’adulte. Mais ces histoires restent néanmoins de jolis contes à raconter le soir de Noël avant que les enfants aillent s’endormirent.
Un bûcheron, sa femme et ses deux enfants Hansel et Gretel vivaient à l’orée d’une forêt. La famille était très pauvre. Une année, la famine régna dans le pays et le bûcheron dit à sa femme :
– Qu’allons-nous devenir ? Comment nourrir nos pauvres enfants ?
– Eh bien, dit la femme, dès l’aube, nous conduirons les enfants dans la forêt, puis nous irons à notre travail et les laisserons seuls. Ils ne retrouveront plus leur chemin, et nous en serons débarrassés.
– Non, dit le bûcheron, je ne ferai pas cela ! Comment pourrais-je laisser nos enfants tout seuls dans la forêt !
– Tu préfères donc que nous mourions de faim tous les quatre ?
Le pauvre homme finit par accepter. Hansel et Gretel n’ayant pas pu s’endormir, entendirent les paroles de leur mère et Gretel se mit à pleurer.
– Ne t’en fais pas, dit Hansel. Je trouverai un moyen de nous en tirer.
Quand les parents furent endormis, il se leva et sortit de la maison. Il ramassa autant de cailloux qu’il put et les mit dans ses poches. Quand vint le jour, la femme réveilla les deux enfants. Puis, ils se mirent tous en route pour la forêt. Tout le long du chemin, Hansel, jetait des cailloux blancs derrière lui. Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt, le père dit :
– Maintenant, les enfants, ramassez du bois ! Je vais allumer un feu pour que vous n’ayez pas froid.
Hansel et Gretel amassèrent des brindilles. Quand on y eut mis le feu et qu’il eut bien pris, la femme dit :
– Reposez-vous. Nous allons abattre du bois. Quand nous aurons fini, nous reviendrons vous chercher.
Les deux enfants s’endormirent. Quand ils se réveillèrent, il faisait nuit et Gretel se mit à pleurer :
– Comment ferons-nous pour sortir de la forêt ?
Hansel la consola.
– Attends encore un peu, dit-il, jusqu’à ce que la lune soit levée. Alors, nous retrouverons notre chemin.
Quand la pleine lune brilla, il prit sa sœur par la main et suivit les petits cailloux blancs et ils atteignirent la maison. La femme en les voyant leur dit :
– Méchants enfants ! Pourquoi avez-vous dormi si longtemps ? Nous pensions que vous ne reviendriez jamais.
Leur père, lui, se réjouit, car il avait le cœur lourd de les avoir laissés seuls dans la forêt.
Peu de temps après, la misère régna de plus belle et, une fois de plus, pendant la nuit, les enfants entendirent ce que la mère disait :
– Il ne nous reste plus rien à manger, une demi-miche seulement. Il faut nous débarrasser des enfants ; nous les conduirons encore plus profondément dans la forêt pour qu’ils ne puissent plus retrouver leur chemin.
Quand les parents furent endormis, Hansel se leva avec l’intention d’aller ramasser de nouveau des cailloux. Mais la femme avait verrouillé la porte et le garçon ne put sortir. Il consola cependant sa petite sœur :
– Ne pleure pas, Gretel, dors tranquille.
Tôt le matin, la mère fit lever les enfants. Elle leur donna un morceau de pain, plus petit encore que l’autre fois. Arrivés dans la forêt, les parents laissèrent les enfants pour aller couper du bois. Le soir, Hansel et Gretel firent du feu, puis ils dormirent, et la soirée passa sans que personne ne revînt les chercher. Ils s’éveillèrent au milieu de la nuit, et Hansel consola sa petite sœur, en disant :
– Attends que la lune se lève, Gretel, nous retrouverons le chemin de la maison.
Quand la lune se leva, ils se mirent en route. Mais les deux enfants marchèrent toute la nuit et le jour suivant, sans trouver à sortir de la forêt. Ils mouraient de faim et ils étaient si fatigués que leurs jambes ne voulaient plus les porter. Ils se couchèrent au pied d’un arbre et s’endormirent.
Ils reprirent leur marche, et vers midi, ils virent un joli oiseau sur une branche, blanc comme neige. Il chantait si bien que les enfants s’arrêtèrent pour l’écouter. Quand il eut fini, l’oiseau s’envola devant eux. Ils le suivirent jusqu’à une petite maison sur le toit de laquelle l’oiseau blanc se percha. Quand ils s’en approchèrent, ils virent qu’elle était faite de pain et recouverte de délicieux gâteaux. Les fenêtres étaient en sucre.
– Nous allons nous régaler, dit Hansel.
Hansel grimpa sur le toit et en arracha une petite portion, pour goûter. Gretel se mit à lécher les carreaux. Tout à coup, la porte s’ouvrit et une vielle femme sortit de la maison. Hansel et Gretel eurent si peur qu’ils laissèrent tomber ce qu’ils tenaient dans leurs mains. La vieille secoua la tête et dit :
– Hé, chers enfants ! Qui vous a conduits ici ? Entrez, venez chez moi.
Elle les fit entrer dans la maisonnette et leur servit un bon repas. Elle prépara ensuite deux petits lits. Hansel et Gretel s’y couchèrent. Mais la gentillesse de la vieille femme n’était qu’apparente. En réalité, c’était une méchante sorcière qui n’avait construit la maison en pain d’épice que pour attirer les enfants et les manger.
À l’aube, la vielle femme attrapa Hansel, le conduisit dans une petite étable et l’y enferma. Il eut beau crier, cela ne lui servit à rien. La sorcière s’approcha ensuite de Gretel, la secoua pour la réveiller et lui dit :
– Debout, paresseuse ! Va chercher de l’eau et prépare quelque chose de bon à manger pour ton frère, il faut qu’il engraisse. Quand il sera à point, je le mangerai.
Gretel fut obligée de faire ce que lui demandait la sorcière.
Tous les matins, la vieille se glissait jusqu’à l’étable et disait :
– Hansel, tends tes doigts que je voie si tu es déjà assez gras.
Mais Hansel tendait un petit os et la sorcière, qui avait de mauvais yeux, ne s’en rendait pas compte. Elle croyait que c’était vraiment le doigt de Hansel et s’étonnait qu’il n’engraissât point. Quand quatre semaines furent passées, et que l’enfant était toujours aussi maigre, elle perdit patience et décida de ne pas attendre plus longtemps.
– Gretel, cria-t-elle, dépêche-toi d’apporter de l’eau ! Que Hansel soit gras ou maigre, c’est demain que je le mangerai.
De bon matin, Gretel fut chargée de remplir la grande marmite d’eau et d’allumer le feu. La sorcière poussa la pauvre Gretel vers le four, d’où sortaient de grandes flammes.
– Faufile-toi dedans ! ordonna-t-elle, et vois s’il est assez chaud pour la cuisson.
Elle avait l’intention de fermer le four quand la petite y serait, pour la faire rôtir. Elle voulait la manger, elle aussi. Mais Gretel devina son intention et dit :
– Je ne sais comment faire. Comment entre-t-on dans ce four ?
– Petite oie, dit la sorcière, l’ouverture est assez grande, vois, je pourrais y entrer moi-même.
Et elle y passa la tête. Alors Gretel la poussa dans le four, claqua la porte et mit le verrou. Puis, elle courut vers la petite étable et dit :
– Hansel, nous sommes libres ! La vieille sorcière est morte !
– N’ayant plus rien à craindre, ils pénétrèrent dans la maison de la vieille femme. Dans tous les coins, il y avait des caisses pleines de perles et de diamants. Ils se remplirent les poches et partirent.
Au bout de plusieurs heures de marche, ils virent au loin leur maison. Ils se mirent à courir, se ruèrent dans la chambre de leurs parents et sautèrent au cou de leur père. Sa méchante femme était morte. Gretel secoua son tablier, et les perles et les diamants roulèrent à travers la chambre. Hansel en sortit d’autres de ses poches. C’en était fini des soucis.
Ils vécurent heureux tous ensemble.
Est-ce que vous suivez le procès
sur la loi 21 ? Moi, oui, et avec beaucoup d’intérêt. J’en ai même des nausées. Se faire écœurer, au Québec par des avocats étrangers et en anglais par-dessus le marché, c’est ajouter l’insulte à l’injure. Par moment, je deviens hors de moi et j’aurais le goût de foutre un bon coup de pied dans le cul à ces emmerdeurs.
C’est comme ça que nous sommes vus au Canada anglais. Vous vous souvenez des marques d’affection et d’amour de ces hypocrites de bas niveau, en 1995. Le moment où on aurait pu devenir un pays ? Toutes les lois que le Québec se vote, sont contestées par le Canada anglais. Ce rendez-vous manqué de 1995 avec notre autonomie doit se reproduire. Et rapidement. On se doit de devenir maître chez nous.
Je ne serais pas surpris que ces malotrus à toges aient gain de cause. Ce ne serait que répéter les insultes précédentes et principalement celle de la loi 101, qui tarde à être revue.
J’aime bien l’approche de Paul St-Pierre Plamondon, nouveau chef du Parti québécois, d’accéder enfin à notre indépendance et j’espère que ce ne seront pas des paroles en l’air.
Dans l’édition du Journal de Montréal d’hier, Mathieu Bock-Coté, mon idole, rejoint mon opinion sur la question et particulièrement sur sa conclusion. Voici son propos.
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CONDESCENDANCE COLONIALE
La semaine dernière, dans le cadre du procès contre la loi 21, Azim Hussain, un des avocats anti-laïcité, a assimilé le loi 21 aux lois de Nuremberg. Il parlait des lois adoptées par le régime nazi pour persécuter les Juifs. Ces lois annonçaient leur extermination.
Azim Hussain a fait tout cela en anglais, évidemment, parce qu’au Québec, on peut chercher à invalider les lois votées par l’Assemblée nationale sans même daigner parler la langue du peuple qu’elle représente.
HUSSAIN
C’est une marque de condescendance coloniale à l’endroit d’un peuple à qui on explique de plus en plus qu’il est de trop chez lui.
On peut aussi, comme on l’a entendu au tribunal, affirmer qu’un de nos sociologues les plus réputés venu pour témoigner, n’est pas qualifié pour le faire parce qu’il est un homme blanc hétérosexuel de plus de 50 ans ne portant pas de signe religieux. Et c’est au nom de l’antiracisme qu’on le disqualifiait à cause de la couleur de sa peau… Quelle blague !
À ce compte-là, beaucoup de Québécois ne seront plus en droit de se prononcer sur ce qui se passe dans leur pays.
Faut-il vraiment multiplier les arguments historiques pour expliquer que le Québec n’a rien à voir avec l’Allemagne nazie ? La nazification du peuple québécois est odieuse. Ajoutons qu’on piétine aussi de grossière manière la mémoire des victimes de la Shoah, qui voient leur souffrance instrumentalisée de manière indécente.
INDÉPENDANCE
N’espérons rien. Les tribunaux ne sont pas là pour traiter équitablement la loi, mais pour la charcuter d’une manière ou d’une autre. Ce sont des tribunaux au service d’une constitution qui nous est hostile, et qui ne changera pas.
Plus je m’intéresse à ce procès, où c’est notre droit d’exister comme peuple qui est en question, plus je me rappelle à quel point le Québec devrait devenir un pays indépendant.
UN CONTE POUR LES GRANDS AU COEUR D’ENFANT
Voilà trois fois que le feu de circulation vire au vert sans que, pare-chocs à pare-chocs, les voitures avancent d’un centimètre. Quelle tempête ! Moi qui voulais écrire mon conte de Noël, ce soir… Zut ! À l’instar des autres automobilistes, j’éteins mon moteur, tourne le bouton de la radio et me cale profondément dans mon siège. Troisième concerto pour piano de Beethoven. Bof ! Après tout, aussi bien profiter du moment et l’écouter attentivement. Quel génie, tout de même ce compositeur !
– Oui, mais le soliste joue mal. Il ne respecte pas les consignes indiquées sur la partition. Même le tempo de l’orchestre est trop lent.
Je me retourne d’un bloc. Sur le siège de droite, à mes côtés, est assis un personnage dont l’allure me laisse perplexe : cheveux en bataille, chemise de dentelle et veste de soie, souliers à boucles. Le regard perçant sous les sourcils broussailleux a pour moi un air de déjà vu : la ressemblance avec le portrait de Beethoven suspendu au-dessus de mon piano me paraît évidente. Je n’ose y croire… Suis-je en train de perde la tête ?
– Seriez-vous ?…
– Oui, oui, je suis Ludwig van Beethoven !
– Mais… Que faites-vous ici, dans ma voiture ?
– Permission spéciale ! Parce que j’ai inspiré un écrivain à poursuivre son œuvre malgré les difficultés éprouvées, je fais partie du groupe des Élus qui ont reçu, cette année, le privilège du Seigneur d’accomplir un désir fou. J’ai manifesté le vœu de vous rencontrer afin de vous inciter à persévérer dans l’écriture. Alors, me voilà ! On m’a parachuté sur terre à vos côtés pour quelques instants seulement. J’avoue toutefois ne rien connaître de la planète du vingt et unième siècle, sauf pour ma musique que les hommes semblent encore apprécier. D’ailleurs, d’où sort-elle, en ce moment, cette musique ? De cette boîte-là ? J’entends bien mon concerto, mais où sont les musiciens ?
– Mais… ils tournent à la radio ! Ou plutôt, non ! Ils jouent sur un disque. Euh… C’est-à-dire qu’ils se trouvaient là lors de l’enregistrement du disque compact, euh… le CD qui tourne à la radio…
– Radio ? Disque compact ? Et le piano, où l’a-t-on installé ? Quel son extraordinaire, tout de même ! Les hommes de ce siècle ne connaissent pas leur chance. Dites-moi, Micheline, où nous trouvons-nous exactement, en ce moment ?
– Nous sommes assis à l’intérieur de ma voiture, au centre-ville, au milieu d’un embouteillage monstre causé par la tempête de neige du siècle.
– Quelle voiture ? Je ne vois pas de voiture ici, moi ! Il n’y a même pas de cheval !
– De cheval ? Euh… Il y a des chevaux-vapeur, mais pas de cheval.
– Des chevaux-vapeur ? C’est quoi ça, des chevaux-vapeur ? Et toutes ces lumières qui ne cessent de bouger autour de nous, quel magnifique feu d’artifice, n’est-ce pas ? Oups ! Attention ! On nous attaque ! Regardez ce monstre, il se dirige droit vers nous ! Quel vacarme ! Ciel ! Nous allons périr ! Prenez garde, Micheline, prenez garde !
J’ai beau tourner la tête de tous les côtés, je ne vois qu’une vulgaire charrue en train de pousser la neige afin de dégager la rue. Je m’empresse de rassurer mon interlocuteur de plus en plus effaré.
– Dieu que la vie sur terre est devenue traumatisante depuis 1827 ! Oh ! regardez là-bas, dans la fenêtre du palais, cet arbre de Noël grandiose. Nous ne sommes que le 20 décembre, pourtant. Pourquoi avoir allumé les bougies dès maintenant ?
– Du palais ? Quel palais ? Et quelles bougies ? Je ne vois de palais nulle part.
– Juste là, devant nous.
– Mais, monsieur Beethoven, il ne s’agit pas d’un palais, c’est seulement un magasin : Le Palais des Sports ! Et les bougies sont des lumières électriques, pas des chandelles, voyons !
– Électriques ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
– Pauvre monsieur Beethoven, vous voilà vraiment perdu ! Je n’en reviens pas de vous voir là, à mes côtés…
Le musicien se retourne vers moi et me gratifie d’un sourire irrésistible, celui qui me rappelle les plus beaux moments de sa Symphonie Héroïque.
– Un ange m’a raconté que, pendant vos périodes creuses au cours de cette année, vous vous êtes très souvent inspirée de moi en écrivant votre roman avec constance et acharnement. Il semble que ma persévérance d’autrefois à composer de la musique malgré ma surdité vous a maintes fois soutenue et donnée du courage. Cela m’a touché profondément, vous savez. Ce n’est pas parce qu’on a trépassé et qu’on habite le ciel qu’on reste indifférent à ce qui se passe dans le cœur des humains. Alors, j’ai voulu vous remercier et vous offrir un petit présent pour vous encourager à continuer.
Dans l’écrin de velours bleu nuit que le musicien me remet gentiment, brille une magnifique plume d’or. Je me sens tout émue et ne sais trop comment remercier cet homme que j’admire plus que tout.
– Oh ! merci monsieur Beethoven ! Quelle bonne idée et comme c’est gentil à vous !
– Appelez-moi Ludwig, je vous en prie. En fait, je n’ai pas grand mérite, c’est le Saint-Esprit qui m’a glissé cette idée à l’oreille et… ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, eh ! eh ! Depuis que j’habite au ciel, j’entends de nouveau. Savez-vous, Micheline, que vos contes de Noël sont lus jusqu’au fond du paradis et que nous les attendons impatiemment chaque année ? Non seulement les petits Chérubins, mais tous les Bienheureux les adorent. Rappelez-vous de la consigne : « Si vous n’êtes pas comme des enfants, vous n’entrerez pas au paradis. » Puisse cette plume d’or vous inciter à en écrire beaucoup d’autres pendant de nombreuses années. C’est mon cadeau de Noël et celui de tous les Élus.
– Vous tombez pile, monsieur Beethoven, euh… monsieur Ludwig ! J’avais justement prévu, ce soir, de rédiger à la hâte mon conte de Noël de cette année. J’accuse du retard, contrairement à mes habitudes. Pour vous remercier de ce merveilleux cadeau, je vais vous insérer dans ce conte et y donner un rôle de premier ordre, si vous n’y voyez pas d’objection.
– Vous m’en voyez tout honoré, Micheline. Eh bien ! je dois vous quitter maintenant. Au paradis, cette année, on jouera ma Missa Solemnis durant la nuit de Noël, et je dois m’occuper des répétitions avec l’orchestre des Glorieux et le Chœur céleste. Ce n’est pas parce que ces gens sont béatifiés qu’ils ont nécessairement de l’oreille, vous comprenez ! Je dois veiller, sans perdre patience, à ce que les voix et les violons soient parfaitement accordés.
– Au revoir et merci, monsieur Beethoven ! On se reverra sans doute un jour, au paradis. N’oubliez pas d’inscrire mon nom sur la liste d’attente de vos futurs élèves en piano.
L’homme me sert la main chaleureusement.
– J’insiste : appelez-moi donc Ludwig…
Je me penche timidement pour déposer un baiser sur la joue de mon musicien préféré, l’un des plus grands dans l’Histoire de l’humanité, quand les klaxons me font soudainement sursauter. La voie est enfin dégagée, et ma voiture immobilisée semble maintenant entraver la circulation. Je m’empresse de remettre le moteur en marche et de déguerpir, non sans jeter un regard oblique vers le siège du passager. Il est vide.
La chaussée glissante et dangereuse capte toute mon attention, et ce n’est qu’une demi-heure plus tard que j’arrive finalement à m’extirper de la circulation infernale de ce vendredi avant Noël. Enfin, je peux maintenant réfléchir à ce qui vient de m’arriver.
Beethoven dans ma voiture… Quelle farce ! Voyons, Micheline, tu deviens folle ! Comment appelle-t-on cela ? Hallucination ? Schizophrénie ? Paranoïa ? Voilà ce qui arrive, ma vieille, quand on se surmène comme tu le fais depuis des mois : on capote ! Et les maladies mentales finissent par surgir. Oh là là ! Je n’aime pas cela du tout ! Il faudrait que j’en parle de toute urgence à mon médecin, À moins que ce ne soit le commencement de la maladie d’Alzheimer… À mon âge, ce serait vraiment le comble !
Et puis, non ! J’ai dû bêtement m’endormir quand ma voiture s’est trouvée immobilisée. Oui, oui, c’est cela ! Aussi simple que ça : j’ai rêvé que Beethoven venait me visiter. Tu parles ! Il faut croire que j’ai l’imagination fertile. Quel beau rêve, tout de même !
Quelques heures plus tard, je m’installe confortablement devant un feu de cheminée, pantoufles aux pieds, tablette à écrire à la main, un bon café fumant sur ma table. Décidément, voilà une excellente idée d’inclure Beethoven dans mon conte de Noël de cette année. Il est vrai que sa pensée me réconforte depuis longtemps. Oups ! J’ai oublié de prendre un stylo.
À la recherche d’un quelconque crayon, je farfouille dans mon sac à main. Quelle n’est pas ma surprise d’y découvrir, dans un écrin de velours bleu nuit, une ravissante plume d’or. Une minuscule carte l’accompagne :
– De Ludwig, avec tendresse.
Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.
Aujourd’hui, j’ai choisi de vous partager un témoignage « à l’eau de rose » à vrai dire, associé à la fête de Noël, et en prélude à un heureux événement. Le tout suivi de réflexions et conseils. Spécialement pour vous, chères lectrices… les messieurs n’en sont cependant pas exemptés.
NOËL LE CŒUR LÉGER
En 2018, mon plus beau cadeau ne se trouvait pas dans une boîte sous le sapin, mais dans mon ventre.
En fait, c’est en voyant les deux petites barres roses s’afficher sur le bâton que j’ai compris que mon cadeau se trouvait à l’intérieur de moi.
Quelques jours avant Noël, j’avais pourtant fait un test qui s’était révélé négatif. Mais comme je suis d’ordinaire réglée comme une horloge et que je n’étais toujours pas menstruée, j’avais le sentiment qu’une boule de vie prenait forme dans mes entrailles.
Le 24 au soir, ma mère, un peu sorcière, m’a d’ailleurs fait un commentaire sur mon teint radieux. Je n’avais pourtant rien fait de spécial.
J’agissais comme si la vie suivait son cours, mais je savourais mon verre de vin, sachant que le prochain irait dans neuf mois ou plus encore ! J’avais l’œil pétillant (peut-être à cause du mousseux ?) en regardant mon petit loup déballer ses cadeaux. J’avais le sentiment que, l’an prochain, un autre mini serait parmi nous.
Le lendemain matin, je me suis ruée à la pharmacie pour m’acheter un second test. Et cette fois-ci a été la bonne. J’ai fondu en larmes (de joie, bien sûr !) et je suis sortie annoncer la bonne nouvelle.
Mon petit bonhomme de trois ans ne comprenait pas trop pourquoi maman pleurait et encore moins où se trouvait le bébé dont on lui parlait, mais il était heureux. C’est donc sur notre petit nuage de bonheur que nous avons filé vers la maison de la belle-famille pour notre deuxième soirée de célébration. Là-bas, notre sourire étampé sur le visage nous a trahis.
Impossible de cacher cette heureuse nouvelle qui a fait grimper l’indice de bonheur d’un cran.
Pour Dominique Grenier, c’est plutôt une demande en mariage inattendue qui est venu saupoudrer encore plus de magie sur un Noël déjà bien rempli. « D’ordinaire, on ouvre les cadeaux le matin, mais en revenant de chez ses parents, le 24 au soir, mon chum a insisté pour qu’on déballe d’autres cadeaux, raconte-t-elle. Quand j’ai ouvert l’écrin, il s’est mis à genoux. Je me suis mise à rire et à pleurer en même temps. C’était maladroit, mais tellement parfait. Ça nous ressemblait. »
Même si le couple s’est couché le cœur léger, la nuit a été courte.
Selon la psychologue Rose-Marie Charest, on associe aisément Noël au bonheur. Et comme on a souvent envie d’en faire plus pour être en phase avec la frénésie et l’effervescence ambiante (davantage de paillettes, de clinquant et d’alcool !) il n’est pas surprenant que nos émotions s’emballent et s’exacerbent aussi.
« Cette période de l’année a tendance à jouer sur l’intensité des émotions, explique Mme Charest. Si la demande en mariage avait été faite un 8 novembre, probablement que, des années plus tard, on ne se serait pas souvenu de la date, alors que Noël est un jour important. L’ambiance est déjà à la fête. »
Mais une fois la bonne nouvelle absorbée, on l’annonce comment ? Est-ce que notre euphorie pourrait paraître ostentatoire aux yeux de ceux qui traversent une zone de turbulence ?
« C’est sûr que si notre belle-sœur vient de faire une fausse couche, elle n’accueillera peut-être pas la nouvelle de notre grossesse avec grand bonheur, convient Mme Charest. Or il faut être authentique et être capable de dire ce qui nous arrive. On n’est pas obligé de s’épancher et d’en parler toute la soirée. »
Pour ma part, la gestation de notre mini a fort heureusement été soulignée dans la joie et l’allégresse. Idem pour Dominique qui n’a pu garder son secret bien longtemps. « Je voulais attendre que tout le monde soit là avant de le dire, alors j’ai tenté de camoufler mon jonc au milieu d’autres bagues, se remémore-t-elle en riant. Mon stratagème n’a pas fonctionné bien longtemps ! »
Source : Joelle Bergeron, Revue Coup de Pouce, décembre 2020, p39
Ce soir-là, il se faisait très tard et personne n’avait encore éteint les lumières de l’arbre de Noël installé au milieu du salon familial. Tout paraissait calme dans la maison à part les ronflements de monsieur Roupillon endormi sur le divan, son journal sur son nez.
Le sapin brillait de mille feux. Au-dessous, sur une couverture blanche évoquant la neige, une clarté dorée émanait des fenêtres des petites maisons d’un village de carton. Au milieu trônait une jolie crèche dans laquelle rien ne bougeait. Les personnages de plâtre restaient immobiles et silencieux. Pourtant, une petite voix s’éleva soudain.
– Dis donc, Flanelle, si on sortait de la crèche pour aller se dégourdir les pattes au village ?
– Oh ! non, notre berger ne serait pas content.
– Tu sais bien que Samuel ne bronchera pas du temps des Fêtes. Il va se contenter de contempler le petit Jésus à perpétuité, appuyé sur sa canne ! Il ne s’apercevra même pas de notre promenade. On mérite bien une petite sortie, après tout ! Une année dans les boules à mites, juchés sur une tablette du sous-sol, c’est long pour des petits moutons comme nous ! On a bien droit à quelques heures de vacances, non ? J’en ai assez, moi, de rester sans bouger au fond de la crèche.
– Non, Coton ! Notre place se trouve à gauche du petit Jésus, du côté de l’âne, exactement là où madame Roupillon nous a placés.
– Allons, viens ! Personne ne remarquera notre absence. Toute la famille est sortie ce soir à part monsieur Roupillon qui dort à poings fermés sur le canapé. C’est le temps ou jamais !
Flanelle se laissa finalement convaincre et suivi Coton, un peu à regret. Mais elle oublia vite son sens du devoir dès qu’elle eut sauté la clôture. Ah ! quelle joie de gambader sous le sapin de Noël et de jouer à cache-cache derrière les maisons du village illuminé. Les deux agneaux dévalaient les pentes à toute vitesse ou se laissaient glisser sur le miroir figurant une patinoire, au grand plaisir du bonhomme de neige de peluche qui les regardait s’amuser en riant de bon cœur.
Les petits moutons arrivèrent bientôt devant un étrange objet constitué de plusieurs chariots sur roues, attachés les uns aux autres.
– Un train ! s’écria Coton. Il y a des années qu’on n’en avait pas installé sous l’arbre des Roupillon. Allez ! monte, Flanelle, tu vas faire un tour de train. Tu verras comme ça peut aller vite.
– Jamais de la vie ! J’ai bien trop peur !
– Ah ! ce que les filles sont poules mouillées ! Il n’y a pas de danger, voyons ! Un train d’arbre de Noël, ça ne fait que tourner en rond !
Flanelle accepta de mauvaise grâce et finit par monter, en hésitant, dans un wagon de marchandises dont la porte était ouverte. Coton dut sauter à plusieurs reprises, à pattes jointes, sur le bouton rouge de l’interrupteur déniché derrière l’arbre, avant que le convoi ne se mette enfin en branle. À chacun des tournants, l’engin lançait des tchous-tchous sonores auxquels se mêlaient les cris effrayés de Flanelle, ce qui faisait rire Coton chaque fois que le train défilait devant lui.
C’est à ce moment précis que monsieur Roupillon se réveilla à moitié, sans doute à cause du vacarme. Tout ensommeillé, il s’en fut éteindre l’arbre de Noël et toutes les lumières de la maison pour monter ensuite se coucher dans sa chambre, sans même se demander ce qui avait pu actionner le train électrique sous le sapin. Non seulement l’arbre de Noël et le village, mais tout le salon, se trouvèrent aussitôt plongés dans l’obscurité totale. Bien sûr, le train cessa immédiatement son excursion.
Seuls les cris de panique de Flanelle résonnant au loin et les bêlements affolés de Coton brisaient le silence effroyable. « Ma pauvre Flanelle, comment vais-je la retrouver par cette noirceur ? » Il se mit à courir le long de la voie ferrée en se disant qu’il finirait bien par rejoindre le train quelque part. En brave petit mouton, il ramènerait son amie dans la crèche et nul ne saurait avec quelle imprudence il l’avait lui-même entraînée dans cette mésaventure. Hélas ! lorsqu’il parvint à grimper dans les wagons arrêtés au milieu d’un tunnel, Flanelle ne s’y trouvait plus. Rien ! Pas un bruit, pas un cri, pas un agneau, absolument rien ne bougeait. Morte de peur, Flanelle avait dû quitter le train et s’enfuir à toutes pattes dans n’importe quelle direction. Dieu sait où…
« Pourvu qu’il ne lui arrive rien ! On ne sait jamais quels dangers guettent une naïve brebis comme elle ! » songeait Coton. Il se rassura quelque peu en pensant qu’on ne rencontre jamais de loup ou de bandit sous les arbres de Noël. Il continua à crier de toutes ses forces, mais Flanelle ne répondait toujours pas.
Pendant ce temps, dans l’étable disposée sur le devant de l’arbre, saint Joseph remarqua que Marie grelottait.
– Quelle nuit fraîche ! Depuis qu’on a éteint les lumières du sapin, on dirait qu’un vent frais tourne au-dessus de nous. Même le petit Jésus a les mains gelées ! Il faudrait faire quelque chose, mon mari.
– Ne t’inquiète pas, Marie, je vais faire venir nos deux petits moutons. L’un se couchera avec Jésus et l’autre te réchauffera les pieds.
Marie se mit à sourire. Elle aimait bien ces deux adorables agnelets de laine blanche qui revenaient invariablement égayer la crèche, chaque année. Oh ! de temps en temps, ils donnaient un peu de fil à retorde à leur berger Samuel, mais ils se montraient tellement joyeux et pleins de vie !
Joseph revint bredouille en compagnie d’un Samuel passablement énervé.
– Mes moutons ont disparu ! Oh ! bonne Sainte Vierge, me pardonnerez-vous jamais de les avoir perdus ?
– Allons, mon bon Samuel, ne vous inquiétez pas. Je vais envoyer mes anges à leur recherche.
Au même moment, un grand miracle se produisit : l’étoile suspendue au-dessus de la crèche commença à briller comme un soleil. Les anges fouillèrent alors le sapin, du haut jusqu’en bas, volant de branche en branche, frôlant de leurs ailes les glaçons d’argent et les babioles multicolores. Ils survolèrent le village étalé au pied de l’arbre comme de grands oiseaux furetant dans tous les coins et recoins. Ils dénichèrent d’abord Coton, recroquevillé derrière une butte de neige, épuisé d’avoir tant cherché son amie. Il pleurait à chaudes larmes, désolé d’avoir causé la perte de Flanelle. Samuel le ramena à lui avec sa canne mais il le gronda à peine, trop content d’avoir retrouvé au moins un des agneaux.
De Flanelle, on ne trouva nulle trace. On commença à se demander si l’un des méchants casse-noisettes accrochés dans l’arbre ne s’était pas emparé d’elle pour la croquer. Ou une boule géante l’aurait-elle écrasée en tombant ? On en verrait alors des traces… Et si une souris affamée, longtemps dissimulée entre les murs de la maison, avait croqué cette proie facile en rêvant à un gigot d’agneau ? Ce serait bien la première fois qu’un tel drame se produirait sous le sapin des Roupillon. Les plus vieux ornements de l’arbre certifièrent que jamais ni chat, ni chien, ni souris n’avait habité cette maison. Tout le monde revint à la crèche la mine basse. Même la Vierge Marie s’énerva un peu.
– Il n’est pas question de passer la nuit sans retrouver Flanelle. Je vais devoir faire un autre miracle.
Aussitôt, non seulement les maisons du village sous l’arbre de Noël s’éclairèrent de nouveau, mais on put déceler de l’animation derrière les fenêtres de chacune d’elles. Ici, on dansait la gigue au son d’un violon, là, on disposait des cadeaux sous un arbre décoré. Un peu plus loin, une odeur de dinde rôtie commença à se répandre. On voyait partout des passants se diriger vers la grande église de carton toute illuminée, parmi les carrioles aux grelots joyeux. Ô sainte nuit, ô nuit de paix… Les chants envahissaient le village, et Coton sentait son cœur battre à tout rompre. Comment se réjouir sans sa Flanelle bien-aimée ? Jamais il ne pourrait redevenir heureux.
L’idée lui vint tout à coup de pénétrer dans l’église remplie de monde alors que minuit sonnait tout juste à la grande horloge du clocher. Il se faufila discrètement entre les deux portes et se dirigea à petits pas vers l’avant, en longeant le mur. Il y découvrit une grande crèche qui occupait tout le côté. Instinctivement, il scruta les personnages. Autour du petit Jésus, il remarqua de nombreux moutons sommeillant sur la paille. Sans doute des cousins lointains qu’il ne connaissait pas… Soudain, il se frotta les yeux. Non ! il ne rêvait pas, il s’agissait bel et bien de Flanelle, là, complètement endormie, le museau entre les pattes. Il s’empressa de la réveiller d’un coup de langue sur le bout de l’oreille.
– Ah ! Flanelle ! Te voilà enfin ! Mais que fais-tu ici ?
– Je… je ne sais pas. Il faisait si noir et j’avais si peur. Quand je me suis approchée de cette église de carton coloré, elle s’est éclairée tout à coup et j’ai entendu des chants si doux qu’ils m’ont attirée. Je suis entrée et j’ai reconnu le petit Jésus dans la mangeoire. Il m’a souri et je suis demeurée près de lui, bien en sécurité.
– Viens ! C’est le temps de rentrer chez nous, maintenant, l’aventure a assez duré.
Un ange ramena les agneaux à la crèche à pleine volée, après les avoir déposés dans un panier d’or, au grand bonheur des chœurs de chant qui entonnèrent des alléluias plus fort que jamais. Puis, la nuit et le silence redescendirent tranquillement au pied de l’arbre de Noël.
On choisit Flanelle pour dormir auprès de Jésus. Épuisée, elle se rendormit aussitôt en même temps que l’Enfant. Saint Joseph et Samuel reprirent leur canne et s’agenouillèrent à nouveau devant le berceau. Quant à Coton, s’il eut à subir le regard réprobateur de Samuel, il se consola bien vite sous les caresses que la Vierge ne manqua pas de lui prodiguer jusqu’à ce qu’il parte lui aussi au pays des rêves, aux premières heures du matin.
Tout se figea alors et un grand silence envahit le grand salon des Roupillon.
Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.
LE TEXTE DE CET ARTICLE A ÉTÉ SUPPRIMÉ À LA DEMANDE DE PROTÉGEZ-VOUS QUI EN ARRIVE À LA CONCLUSION QU’IL CONTREVIENT AUX DROITS D’AUTEURS ET CE, MÊME SI LA SOURCE ÉTAIT CLAIREMENT IDENTIFIÉE.
VOUS M’EN VOYEZ DÉSOLÉ.