Comment est-ce encore possible en 2020

L’horrible histoire qui suit s’est déroulée au Québec, sur la Rive-Sud de Montréal. Deux monstres illuminés par la religion ont martyrisé leurs enfants sans réserve et pour punir violemment. La cause est présentement au stade de la sentence, prévue en février prochain.

Comment une telle situation peut encore se dérouler, chez nous, en 2020 ? C’est ignoble et la Couronne réclame une peine de 2 ans, à être purgée dans la collectivité. Insensé !

Je vous propose cet article de Louis-Samuel Perron, paru dans La Presse+ du 1er décembre dernier.

UN COUPLE A MARTYRISÉ SES HUIT ENFANTS PENDANT 25 ANS

La Couronne réclame une peine « sévère » pour le pasteur Mario Monette et sa femme Carole Van Houtte Monette.

Des enfants frappés quotidiennement, un fils confiné au garage pendant des mois, des fidèles encouragés à corriger leurs enfants : le pasteur Mario Monette et sa femme ont martyrisé leurs huit enfants pendant 25 ans sous prétexte de la volonté de Dieu. La Couronne demande une peine « sévère » pour dénoncer la gravité des sévices et inciter les victimes à « briser le silence ».

« Encore récemment dans les médias, on constate qu’à tous les jours, des enfants sont victimes de sévices. Ces crimes sont commis en silence, à l’abri des regards. La seule façon que la société a de les protéger, c’est de dénoncer », a plaidé la procureure de la Couronne Me Julie Laborde, lundi, au palais de justice de Longueuil.

Le ministère public réclame une peine de dix ans de pénitencier contre Mario Monette et de quatre à six ans pour sa femme Carole Van Houtte Monette, alors que la défense demande deux ans de détention dans la collectivité. Les accusés de 67 ans ont plaidé coupable à des accusations de voies de fait armées, de séquestration et de menaces en septembre dernier.

Mario Monette est devenu pasteur à l’Église biblique baptiste métropolitaine Sud en 1982, sur la Rive-Sud de Montréal. Dans ses sermons, il encourageait ses fidèles à corriger leurs enfants avec une « verge » en vertu de ses enseignements bibliques. Le pasteur prêchait par l’exemple en corrigeant régulièrement ses enfants dans ce qu’il qualifie de « méthode éducative ».

Dans les faits, Mario Monette faisait régner un climat de terreur dans la résidence familiale. Les enfants recevaient de cinq à dix coups sur les fesses, selon leur âge, pour la moindre entorse aux strictes règles. La cuillère de bois ou le bâton de peinture utilisé pouvait faire jusqu’à 24 pouces de long. La punition était plus sévère si l’enfant désobéissait à l’église. Les enfants ont également été battus à coups de baguette de store et même de ceinture.

« Les enfants étaient sur le qui-vive. Chaque jour, des corrections étaient données, mais on ne savait pas sur qui. »

— Me Julie Laborde, procureure de la Couronne

Plusieurs victimes, maintenant adultes, ont témoigné cet automne avoir reçu plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de coups, à certaines occasions. Par exemple, pour déterminer qui avait brisé la friteuse, Carole Van Houtte Monette a battu à tour de rôle cinq de ses enfants, alors âgés de 5 à 15 ans, jusqu’à ce que l’un d’entre eux prenne le blâme.

À plusieurs reprises, le bâton se brisait par la force des coups. Les enfants portaient d’ailleurs plusieurs couches de vêtements pour éviter la douleur. Le fils aîné a été séquestré pendant des mois dans le garage et a même dénoncé la situation aux policiers. D’autres enfants étaient mis au régime de pain et d’eau dans leur chambre.

« Ces enfants-là étaient pris sous le joug de leurs parents », résume la procureure de la Couronne. À ses yeux, les sévices « répétitifs et constants » infligés par le couple Monette ont laissé de profondes marques physiques et psychologiques sur les victimes, maintenant âgés de 29 à 47 ans. Certains membres de la fratrie ont toutefois témoigné pour la défense, dont le fils cadet Matthieu Monette, battu jusqu’à l’âge de 12 ans, dont une fois avec une ceinture.

CONSÉQUENCES « DÉSASTREUSES » SUR LES ENFANTS

Malgré leur reconnaissance de culpabilité, Mario Monette et sa femme se disent toujours « convaincus d’avoir fait les bons choix », relève la procureure de la Couronne. Ils continuent de se « victimiser » et d’avoir l’impression qu’on « s’acharne sur eux », ajoute-t-elle.

Me Laborde réclame une peine « sévère » pour les accusés en raison de l’abus de confiance, de leur emprise sur les enfants et des conséquences « désastreuses » sur ceux-ci.

« La peine doit souligner la grande vulnérabilité des enfants. Ils étaient isolés. À qui pouvaient-ils se confier à l’époque ? »

— Me Julie Laborde, procureure de la Couronne

Dans une déclaration sous serment déposée lundi, Mario Monette exprime des regrets sur le choix de ses « méthodes éducatives ». « Nous pensions bien faire, mais force est de constater que ça a été un échec monumental », ajoute-t-il.

Jamais, toutefois, le pasteur n’évoque clairement regretter les gestes de violence qu’il a pourtant reconnu avoir commis. « Ils n’ont pas encore avoué à eux-mêmes que ce qu’ils ont fait à leurs enfants, c’est de la maltraitance, c’est de la violence ! », s’est enflammée la procureure.

Selon l’avocate de la défense Me Katherine Labelle, la gravité moindre des blessures subies par les victimes est l’élément « le plus important » du dossier et milite pour une peine moins sévère. « C’était dans un but disciplinaire, mais la méthode était excessive. Je ne pense pas que le but était de blesser », a-t-elle plaidé.

De plus, les accusés n’ont aucun antécédent judiciaire. Une peine dans la collectivité serait ainsi suffisamment dissuasive, a conclu son collègue Me Mathieu Poissant.

Le juge Marc-Antoine Carette rendra sa décision le 17 février prochain.

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