Les niais

Les niais se définissent comme étant des personnes dont la simplicité, l’inexpérience va jusqu’à la bêtise, on pourrait également les qualifier aussi de nigaud, simplet, bête, stupide, enfin bref de tout qualificatif du genre.

En sirotant lentement mon café matinal hier, tout en parcourant les pages du Journal de Montréal, je me suis délecté de l’article de Richard Martineau, sur ce type de personnage décrit au travers de l’actualité. Délecté à en rire à gorge déployée. Ce texte est tellement évocateur de la réalité d’aujourd’hui, que si vous l’avez manqué, je me fais un plaisir de vous le partager.

DUH ! Richard Martineau

On est rendu là.

Il faut dire aux gens de ne pas prendre de selfies avec des coyotes. Je pensais que ça tombait sous le sens. Mais non.

Il semble que la première chose que certaines personnes font lorsqu’elles voient un coyote sur leur terrain est de sortir leur cellulaire, de se planter à côté de la bête et de se prendre en photo en souriant. Et ces gens votent ! Ils élèvent des enfants ! Ils dirigent peut-être même des équipes dans des entreprises !

L’OURS A MANGÉ MON DOIGT

Ça, c’est le même genre de personnes qui poursuivent des fabricants de fours micro-ondes parce qu’ils n’ont pas écrit en grosses lettres qu’il ne faut pas mettre sa tête dans le four.

« Vous n’avez pas écrit qu’il ne faut pas mettre notre chat dans la sécheuse ! Je vous poursuis pour 2,5 millions ! »

Je me souviens, il y a neuf ans, j’ai interviewé un gars d’une vingtaine d’années qui s’était fait arracher un doigt par un grizzly dans l’ancien zoo de Québec. Le zoo était fermé depuis trois ans. La plupart des animaux avaient été relocalisés dans d’autres jardins zoologiques, mais il en restait quelques-uns dans des cages, dont deux grizzlys et un ours kodiak.

Le gars a traversé le bois en pleine nuit pour se rendre à l’ancien zoo, un site qui était interdit d’accès. Il a escaladé un garde-fou. Il a fait le tour des hautes clôtures munies de barbelés qui ceinturaient l’endroit. Il a trouvé une faille.

Il est rentré dans le zoo. Il s’est pointé à la cage des grizzlys. Il s’est collé le dos contre la cage des ours pour se faire photographier par un de ses amis. Et un grizzly s’est sorti le museau du grillage pour lui mordre le majeur. Question quiz : qui doit-on blâmer ? Le grizzly ou le gars ?

GOUVERNEMAMAN

Il y a un mois, un couple de touristes australiens de passage en Turquie est tombé d’une falaise de 140 mètres en prenant un selfie. S’ils avaient pu, ils se seraient photographiés pendant leur chute… Ils auraient eu plein de « likes » sur Facebook ! « Wow ! Cool ! Mes sympathies à vos enfants… »

Les « morts par selfie » se multiplient. En 2015, les selfies ont causé plus de décès que les attaques de requins. La situation est telle que le ministre de l’Intérieur russe a publié un guide pour mettre en garde ses concitoyens contre les dangers du selfie !

« Un selfie cool peut vous coûter la vie, dit le guide. Il ne faut pas se prendre en selfie avec une arme à feu chargée, en grimpant sur un toit ou sur une voie ferrée… »

Duh !

On a vraiment besoin du gouvernement pour savoir qu’il ne faut pas se prendre en selfie SUR LE BORD D’UN PRÉCIPICE ?

Bientôt, sur les jeans, ça va être écrit : « Vous devez baisser la fermeture éclair de votre pantalon si vous voulez pisser… »

EGO, PHOTO, RIDEAU

C’est plate, mais c’est la réalité : certaines personnes sont totalement dénuées de jugement. Et souvent, ce sont celles qui aiment le plus se prendre en photo. Petit cerveau, gros ego.