Le sommeil, un incontournable à apprivoiser

Ah, le sommeil ! Le meilleur moment pour refaire le plein d’énergie de son corps, en autant qu’il soit réparateur, ce qui n’est pas toujours le cas. Plus on vieillit et moins on dort bien. Du moins c’est ce qui ressort des conversations qu’on a très régulièrement au fils des jours.

Certains dorment peu, d’autres beaucoup, alors que certains sont réveillés par le moindre bruit, le moindre craquement. Au petit matin, quand on sort du lit, c’est à ce moment qu’on peut constater si son sommeil fut réparateur.

Dans l’article qui suit, la psychologue, Dre Christiane Grou, vous donne quelques trucs pour enrichir cette période de la journée et bénéficier pleinement de ce sommeil. À vous d’en profiter. Publié dans le Journal de Montréal du 13 janvier dernier.

LE SOMMEIL; CE MAL-AIMÉ DONT IL FAUT PRENDRE SOIN

Près de 25 % de la population éprouvent des troubles de sommeil. Certains ont de la difficulté à s’endormir, d’autres à rester endormis, ou encore se réveillent trop tôt le matin. Or, ces troubles du sommeil ne sont pas sans conséquence…

On compte aussi près de 3 % de Canadiens souffrant de l’apnée du sommeil, une anomalie respiratoire aux multiples causes et aux graves symptômes, dont l’anxiété, les difficultés d’attention et les pertes de mémoire.

Plusieurs autres troubles de sommeil sont également répertoriés, par exemple les cauchemars à répétition, le somnambulisme, ou encore la narcolepsie, soit la tendance à tomber endormi alors qu’on est éveillé.

Contrairement à la croyance populaire, le sommeil n’est pas uniforme au cours de la nuit. Il fonctionne par cycles qui se distinguent tant par leur nature que par l’activité présente dans le cerveau. Parmi ces cycles, on retrouve :

1- Le stade d’endormissement

2- Le stade de sommeil profond

3- Le stade de rêves

4- Le stade de micro réveil.

Ces cycles se reproduisent plusieurs fois au fil de la nuit, et c’est au cours du stade de micro réveil que notre sommeil est le plus léger. Pendant ce stade 1, notre conjoint qui bouge ou un bruit quelconque peut facilement nous réveiller.

Parmi ces quatre stades, deux possèdent des aspects « réparateurs » importants. Le stade du sommeil profond s’avère bénéfique pour notre corps, nos muscles et notre santé physique, tandis que la période des rêves est bénéfique pour notre santé mentale.

LES TROUBLES DE SOMMEIL CHEZ L’ENFANT

Il faut porter une attention particulière aux enfants qui s’échappent au lit, qui ont des épisodes de somnambulisme, de terreurs nocturnes, ou de cauchemars à répétition. Ces phénomènes peuvent résulter de bien des facteurs, une maturation plus tardive, par exemple.

De plus, l’enfant a souvent du mal à relativiser, de sorte que son sommeil peut être chamboulé par une peur ressentie pendant la journée, un dilemme moral, un cas de conscience, un événement impressionnant vu à la télé ou lu dans un livre, ce qui entraînerait possiblement des cauchemars. Il est important que le parent demeure à l’écoute et réconforte l’enfant pour le calmer à l’heure du dodo, ou encore à la suite d’un mauvais rêve.

CAUSES ET CONSÉQUENCES DU MANQUE DE SOMMEIL

Le manque de sommeil ne s’explique pas d’une seule façon. Les causes sont multiples : médicales, hormonales, médicamenteuses, contextuelles, psychologiques…

Obésité, maladies cardiovasculaires, diabète, dépression, anxiété…

Ces problèmes de santé peuvent résulter de plusieurs facteurs, dont le manque de sommeil.

Certaines causes doivent être examinées auprès du médecin de famille, ou d’un spécialiste du sommeil. D’autres sont de nature psychologique. Des angoisses importantes, des tracas, des conflits interpersonnels, des changements de vie, des dilemmes et des émotions fortes sont autant d’entraves à un sommeil réparateur.

Pour cultiver un bon sommeil, il ne faut pas non plus négliger l’hygiène de vie, qui regroupe quatre principaux éléments.

– D’abord se coucher à des heures régulières. La régularité du sommeil est l’un des facteurs à considérer, et ceux dont les horaires de travail sont variables d’une semaine à l’autre et qui sont en décalage peuvent en témoigner.

– Bien s’alimenter procure de nombreux bienfaits, non seulement pout notre santé, mais également pour notre sommeil. L’alcool, les aliments sucrés, le café et autres boissons et aliments stimulants consommés en trop grande quantité sont à éviter pour un sommeil réparateur.

– Passer trop de temps devant la télévision ou sur sa tablette en fin de soirée ne favorise jamais un sommeil réparateur, surtout si ces écrans s’invitent dans la chambre à coucher. Les hormones du sommeil n’aiment pas la lumière : lorsque l’on veut dormir, il vaut donc mieux l’éviter avant l’heure du coucher.

– Enfin, le grand air, l’activité physique favorisent l’oxygénation du cerveau ainsi que la détente, et donc un meilleur sommeil.

Le sommeil n’est pas un luxe. Il faut en prendre soin, car si on le maltraite continuellement, il nous en fera payer le prix.