Dépendants du plastique

C’est fou, quand on y pense, que le plastique occupe une si grande place dans notre quotidien. Vous vous souvenez des « démonstrations Tupperware » comme ma mère disait. C’était dans les années soixante et depuis le plastique est tellement omniprésent qu’on se demande si on peut vivre sans lui. Des gens le font sans problème et ont adopté un mode de vie sans plastique.

Katia Gagnon et Martin Tremblay de La Presse+, se sont penchés sur le dossier et ont publié récemment le fruit de leur labeur. Leurs découvertes en somme. C’est cet article que je vous propose aujourd’hui.

ACCRO AU PLASTIQUE Katia Gagnon et Martin Tremblay

Le plastique est comme Dieu dans le petit catéchisme : il est partout. Depuis son arrivée dans nos vies, dans les années 60, l’humanité a produit 8 milliards de tonnes de plastique, dont 80 % ont fini dans les dépotoirs. À quel point sommes-nous devenus des drogués du plastique ? Pendant un mois, notre journaliste a banni de sa vie tout plastique jetable. Et en parallèle, notre photographe a collecté la totalité des articles de plastique jetable consommés par sa famille. Récits d’une véritable dépendance.

UN MOIS ZÉRO PLASTIQUE

« Vous savez que vous mâchez du plastique, présentement ? »

Mon crayon s’arrête. Je regarde mon interlocuteur, un écologiste bien connu. J’ai sûrement l’air du chevreuil qui vient d’apercevoir les phares d’une voiture. Une fois de plus, et cette fois par totale inadvertance, je viens d’enfreindre la règle que je me suis imposée pour le prochain mois : zéro plastique jetable.

Car la gomme à mâcher est effectivement faite… de plastique. Du polyisobutylène, plus précisément, la même matière qu’on retrouve dans les chambres à air de vélo. Recyclable, même : une entreprise américaine, Gumdrop, recueille les vieilles gommes mâchées et les transforme en peignes, en crayons ou en bottes.

Vivre un mois en n’ayant recours à aucun plastique jetable, est-ce possible ? J’ai essayé. Armée de ma brosse à dents en bambou, de mon shampooing en barre et de mes essuie-tout réutilisables, j’ai banni tous les emballages de plastique. Adieu, le Saran Wrap et les sacs Ziploc. J’ai couru les épiceries zéro déchet avec mes contenants, rempli mes bouteilles de lait en verre et découvert les noix de lavage. Et l’expérience s’est parfois révélée proche de la cure de désintoxication.

AVANT LE JOUR J

L’opération zéro plastique a nécessité une petite préparation. Sur le web, on découvre facilement des sites comme Life without plastic, fondé par un couple de Canadiens qui se spécialisent dans la vente d’articles de remplacement au plastique. En quelques clics, la commande était passée. Dans la section pharmacie : du déodorant, du dentifrice et de la soie dentaire en pot de verre ; une brosse à dents en bambou, avec soies en charbon souple. Un shampooing/revitalisant en barre. Dans la section cuisine : des sacs à sandwichs et à légumes en tissu, une paille en bambou, de la pellicule lavable faite en cire d’abeille et un sac réutilisable pliable, transportable dans un sac à main.

Bref, j’étais prête (du moins, je le croyais).

JOUR 1

Après m’être brossé les dents au charbon et lavé les cheveux avec ma barre (avec des résultats peu concluants dans les deux cas), direction le supermarché du quartier. Il était urgent de faire des achats : le seul article dans mon frigo qui n’avait pas transité dans le plastique était… une aubergine.

Avant aujourd’hui, je n’avais jamais réalisé à quel point nos épiceries sont un océan de plastique. Aucun achat possible dans le comptoir des viandes, évidemment, ni à ceux des charcuteries ou des fromages.

En arrivant au comptoir de la boucherie avec mes contenants réutilisables, on m’informe que cette pratique est interdite chez Métro. Au fil des semaines, je ferai la même demande à quatre supermarchés de chaînes différentes, et aucun d’entre eux n’acceptera de remplir de viande ou de poisson mes contenants de plastique réutilisables.

En fait, dans plusieurs rangées du supermarché, il est impossible d’acheter quoi que ce soit. Les biscuits, les craquelins ? On oublie ça. Tout est dans le plastique. Le surgelé ? Éliminé en totalité. Les pâtes ? Les boîtes – en carton – ont toutes leur petite fenêtre de plastique.

Dans l’allée des produits ménagers, je réalise qu’il faudrait régler deux délicates questions d’ici la fin de la journée : le papier toilette et les sacs à déchets. Et une question surgit : ça existe, des sacs à déchets sans plastique ?

« Quand je vais au supermarché, maintenant, je ne vois plus les aliments, je vois des déchets », résume Marie-Soleil L’Allier, cofondatrice des épiceries zéro déchet LOCO, où je me suis rendue pour compléter mes achats.

Le principe de l’épicerie zéro déchet est simple. Vous apportez vos contenants. Vous les peser sur place. Vous écrivez le poids sur le plat ainsi que le code du produit avec lequel vous le remplissez. À la caisse, le poids du contenant est déduit.

Bon choix de vrac, céréales, fruits secs, noix, farines, nouilles de riz. Il y a aussi du lait en vrac !

Belle section de produits de beauté et d’entretien en vrac, et même du maquillage. La question du papier hygiénique est réglée : chez Loco, on le reçoit par boîtes de 100 rouleaux, emballés dans du papier.

Et maintenant, la question qui tue : est-ce plus cher ? Réponse : oui. Mais vous achetez un produit de meilleure qualité, biologique et issu de producteurs locaux.

Cependant, il n’y a pas de viande. Un peu de poisson, du tempeh, emballés dans du plastique. Bref, je n’ai toujours rien pour souper… Je découvre le Saint Graal au marché Jean-Talon : alléluia, le poissonnier du marché emballe dans du papier. Le boucher et le marchand de saucisses acceptent sans peine de remplir mes contenants réutilisables. Ce sera le cas dans la majorité des petits commerces que je fréquenterai assidûment au cours du prochain mois. Boucheries, fromageries, poissonneries : à peu près partout, on accepte les contenants réutilisables.

Pourquoi pas au supermarché ? Question de salubrité, explique le président de l’Association des détaillants, Pierre-Alexandre Blouin. « On est responsables de fournir au consommateur un produit qui ne mettra pas sa santé en danger. » Concrètement, après avoir rempli chaque contenant apporté de l’extérieur, le boucher (ou le poissonnier) doit désinfecter de nouveau son plan de travail pour s’assurer qu’aucune bactérie ne le contamine. « On ne peut pas se permettre de faire ça avec l’affluence qu’on a dans nos supermarchés. »

JOUR 2

Amazon me livre la bible des opposants au plastique : le livre Plastic Free, de l’Américaine Beth Terry, une comptable d’Oakland qui vit depuis plus de 10 ans sans avoir recours à aucun emballage ou objet fait de plastique, incluant les bons vieux plats Tupperware ou les bouteilles réutilisables. Après avoir vu la photo d’un squelette d’oiseau dont l’estomac était rempli d’articles de plastique, elle est devenue une militante antiplastique. En parcourant son ouvrage, on réalise à quel point le plastique fait intimement partie de nos vies. Il est dans nos frigos et nos placards, dans nos ustensiles de cuisine, de ménage, dans nos pharmacies, nos portefeuilles, nos placards à balais, dans nos vêtements, nos souliers, dans le ruban gommé, le matériel de plein air, les boîtes de mouchoirs… Le plastique est au troisième rang des matériaux les plus fabriqués par l’homme, après le ciment et l’acier.

Ironiquement, mon colis est livré dans une boîte en carton… remplie d’une pléthore de petits sacs de plastique gonflés d’air. Bonjour, le paradoxe.

JOUR 6

C’est l’histoire de ma vie : il n’y a plus rien dans le frigo. La nuée de sauterelles qui vit chez moi a (encore) tout dévoré. Il est 17 h et je n’ai pas beaucoup de temps. Direction : mon supermarché de quartier. Au comptoir des poissons, le préposé m’informe que des sacs de papier sont offerts. Je regarde les sacs d’un œil suspicieux. Extérieur apparence aluminium, intérieur probablement plastifié. Mais bon, pour ce soir, ça ira. Pendant que j’ai le dos tourné, le commis emballe mon gros morceau de poisson… dans une barquette de plastique et deux couches de film alimentaire. « C’était trop gros pour tenir dans nos sacs de papier », me dit-il piteusement en tendant l’emballage.

Je baisse les bras. Je n’ai ni le temps ni l’énergie de courir ailleurs. Ce soir, mon repas sera full plastique.

JOUR 8

J’ai fini par dénicher des sacs à déchets sans plastique, faits d’amidon de maïs, et pas faciles à trouver. Maintenant, il faut régler la partie « lavage ». Et surgit cette question : pourquoi les fabricants insèrent-ils systématiquement une mesure de plastique dans chaque boîte de savon à laver ? Imaginez le nombre de mesures de plastique qui se retrouvent (inutilement) à la poubelle chaque année… Enfin. Que de questions.

Je débarque à l’épicerie zéro déchet pour remplir mon contenant réutilisable de savon à linge. On m’y parle des noix de lavage. Ces noix sont saturées de saponine, une molécule produite naturellement par les plantes qui se dissout dans votre eau de lavage et agit comme un détergent. On place les noix dans un petit sac de tissu et hop, on lave. Ça dure quatre ou cinq lavages. Et ça marche.

JOUR 10

Avec plusieurs membres de ma famille, je participe à un événement sportif. Quelques jours avant, j’ai dû faire des achats dans un magasin de sport. Tout est emballé dans le plastique. Je n’ai pas vraiment d’autres options. Mais la défaite est totale quand je réalise que j’ai oublié mon sac réutilisable. Je ressors du magasin avec l’ennemi numéro un en main : le sac de plastique.

Sur place, au jour J, c’est le festival du plastique. Les poubelles débordent de bouteilles de Gatorade, de couvercles de verres à café, d’emballages de barres énergétiques… Le repas offert aux sportifs est évidemment présenté dans du plastique : assiette, couverts, film alimentaire, contenant de salade de chou…

Échec et mat du zéro plastique aujourd’hui. Au moins, j’avais ma bouteille réutilisable.

JOUR 19

Visite à l’hôpital Sainte-Justine. À la cafétéria, je cherche à éviter les couverts jetables. Or, c’est impossible. Vérification faite, l’hôpital n’offre aucun couvert non jetable. Tout, absolument tout, les assiettes, les ustensiles, les barquettes, les bouteilles, tout est flanqué à la poubelle ou, pour certains articles choisis, au recyclage. La quantité de déchets générés donne le vertige.

Les vrais mordus du zéro déchet cuisinent beaucoup, apportent leur lunch et, surtout, se promènent en permanence avec leurs contenants repliables et refermables qui incluent les ustensiles, qu’ils utilisent dans les restaurants pour éviter les couverts jetables. J’avoue que je ne me suis pas rendue là.

Un soir, la famille réclame un repas commandé au resto. Après une certaine réflexion (il y a du plastique dans les boîtes de poulet, dans les barquettes de sushis, le libanais est livré dans du styromousse), nous avons opté pour une pizza. Livrée dans un carton.

JOUR 30

Que retenir de cette expérience ? Que le virage vers la réduction du plastique est relativement aisé à prendre quand on y va une étape à la fois. Facile, par exemple, d’aller faire l’achat de quelques sacs de tissu ou de pochettes en filet dans un Dollarama, qu’on apporte à l’épicerie pour y placer ses fruits et légumes. Pas vraiment compliqué non plus d’aller faire de temps en temps le plein de produits ménagers ou de soins personnels dans un magasin zéro déchet, en réutilisant systématiquement ses contenants. Traîner un sac réutilisable pliable, une gourde et une paille en bambou dans son sac à main. Apporter son assiette et ses ustensiles au bureau.

Bref, objectif zéro plastique, mais une étape à la fois.

ET LE RECYCLAGE ?

Pourquoi éviter de consommer du plastique, puisqu’on peut le recycler ? D’abord, il faut savoir qu’au Québec, 82 % des plastiques finissent à la poubelle et non dans le bac vert. De plus, le plastique, contrairement au verre, se dégrade dans l’opération recyclage. Le plastique issu d’une bouteille d’eau, par exemple, ne pourra pas être utilisé pour fabriquer une nouvelle bouteille d’eau. Il sera utilisé pour fabriquer un tapis ou une veste de laine polaire. Il faudra donc produire de nouveau du plastique pour fabriquer une autre bouteille d’eau, ce qui consomme du pétrole, l’ingrédient numéro un du plastique. Le terme downcycling résume bien cette lente dégradation de la matière plastique au fil des recyclages. Au vu des dommages que la production et le rejet de matières plastiques causent à l’environnement, l’idéal est donc de réduire à la source la consommation de matière plastique.

UN MOIS 100 % PLASTIQUE

À l’inverse de la reporter Katia Gagnon, qui a banni le plastique pendant un mois, le photojournaliste Martin Tremblay a conservé tout ce que son foyer de quatre personnes a consommé en septembre. Au total, ce sont sept grands sacs à ordures qu’il a ainsi apportés au studio de La Presse pour la séance photo.

LES HÉROS DU ZÉRO

Ils vivent leur vie sur le mode zéro déchet et, parfois, en ont même fait leur gagne-pain. Voici cinq héros du zéro. — Katia Gagnon

Andréanne Gauvin et Marie-Soleil L’Allier

Andréanne Gauvin et Marie-Soleil L’Allier ont fondé, avec deux collègues d’université, la première épicerie zéro déchet au Québec il y a deux ans à peine. À sa première année d’exploitation, l’épicerie LOCO, située dans Villeray, atteint le million de dollars de chiffre d’affaires. Depuis, une deuxième succursale a ouvert ses portes à Verdun et une troisième doit ouvrir bientôt à Brossard. Les quatre fondatrices ont maintenant 23 employés. « La demande est là », constate Marie-Soleil L’Allier. En plus d’être offerts pour la plupart sans emballage, les produits de l’épicerie sont issus de l’agriculture biologique et, souvent, de producteurs locaux. « Notre objectif était de verdir le secteur de l’alimentation au Québec », explique Andréanne Gauvin.

Marion Demers

L’aventure de l’entrepôt Nousrire a commencé en 2015. Trois colocataires ont créé un groupe d’achat de produits biologiques sur Facebook et ont enregistré 50 commandes. Trois ans plus tard, Nousrire, c’est une communauté de près de 10 000 acheteurs qui se retrouvent partout au Québec et une équipe rémunérée de 35 personnes. L’entreprise enregistre votre commande et vous la livre à l’entrepôt, quelques semaines plus tard, lors de jours définis pour la collecte. « La clientèle se présente avec ses propres contenants pour emballer la commande », explique Marion Demers. Les produits sont biologiques, équitables et offerts au prix d’un produit ordinaire au supermarché. « Nousrire, c’est une expérience. Une de nos missions, c’est de rassembler les gens. On a voulu ramener l’humain au centre de l’approvisionnement », dit Mme Demers.

Laure Caillot

Depuis cinq ans, Laure Caillot est à la tête d’une famille zéro déchet. Après avoir lu le livre de Bea Johnson, une Américaine dont la famille produit moins d’un litre de déchets par an, Mme Caillot a décidé de se lancer dans l’aventure. Premier geste : elle s’est rendue dans une boutique, près de chez elle, qui vendait des produits ménagers en vrac. Couches lavables, achats en vrac, produits d’hygiène dans des contenants remplissables, peu à peu, la famille a changé ses habitudes pour diminuer le plus possible les déchets. « Il n’y a pas de recette pour le zéro déchet », estime-t-elle, sinon celle d’y aller à son rythme, par étapes.

Simon Gosselin-Barbeau

Simon Gosselin-Barbeau, 21 ans et charpentier de formation, a lancé Vrac sur roues il y a un an. C’est un service d’achat en vrac où on commande sur l’internet. La livraison se fait, par la suite, à vélo. Bien sûr, vous devez fournir vos propres contenants à l’arrivée. Le service est donc garanti zéro déchet et zéro gaz carbonique. « Quand je parlais de la philosophie zéro déchet autour de moi, la principale objection des gens, c’était qu’ils ne voulaient pas courir à plusieurs endroits pour faire l’épicerie. C’est pour ça que j’ai lancé mon entreprise, pour amener le zéro déchet chez les gens ! » résume-t-il.

Mélissa de La Fontaine

La Montréalaise vit depuis près de cinq ans en produisant très peu de déchets : au cours d’une année complète, elle ne produit généralement que trois petits sacs poubelles. Elle achète en vrac, apporte ses contenants chez les marchands, cuisine beaucoup et fabrique elle-même ses produits d’hygiène personnelle. « Je mange mieux, je cuisine plus, et c’est meilleur pour ma santé. En plus, il n’y a aucun produit chimique chez moi », dit-elle. Au global, vivre sans déchet fait également économiser de l’argent, a-t-elle calculé. « Par exemple, je paie 400 $ de moins par an en produits cosmétiques. Je fais mon propre déodorant et mes produits ménagers », dit-elle.

UN PARADOXE EN VERRE Katia Gagnon

Moins consommer de plastique, d’accord. Mais par quoi le remplacer ? Généralement, par du verre. Or, où finit la grande majorité du verre placé dans votre bac de recyclage ? Au dépotoir.

Les experts s’entendent pour dire que le verre est la matière idéale pour remplacer le plastique. D’abord, parce que les contenants de verre sont facilement lavables et réutilisables. De plus, ils sont recyclables presque à l’infini, car contrairement au plastique, ils ne se dégradent pas dans le processus. Un pot de verre peut facilement redevenir… un pot de verre en passant dans les fourneaux d’une fonderie. Produire une tonne de verre recyclé permet d’ailleurs d’économiser une demi-tonne de gaz carbonique.

Cependant, au Québec, le recyclage du verre pose problème depuis des années. À cause de la collecte qui se fait de façon pêle-mêle, le verre éclate généralement dans le transport. Ce faisant, il contamine d’autres matières, comme le papier, qui peuvent ainsi être plus difficilement revendues.

Le verre est lui-même contaminé par d’autres déchets, ce qui fait que les (très rares) fonderies québécoises ne peuvent utiliser une grande partie du verre issu des centres de tri. La fonderie Owens-Illinois de Montréal, par exemple, n’intègre que 30 % de verre récupéré sur le sol québécois à sa production, contrairement à 80 % dans ses installations situées en Italie.

« Cette situation est un non-sens depuis des années. »

— Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

M. Ménard se bat notamment depuis des lustres pour que la Société des alcools du Québec, qui vend 200 millions de bouteilles de vin par an au Québec, mette sur pied une consigne. La chose est à l’étude à Québec par un groupe de travail.

Bref, qu’arrive-t-il à ces contenants de verre que vous mettez au recyclage ? Le tiers est envoyé à des recycleurs, qui l’ajoutent généralement à du béton pour le rendre plus résistant. Le reste, soit les deux tiers des contenants de verre, est réduit en poudre et envoyé au dépotoir comme « matériel de recouvrement ». Il faut savoir qu’un dépotoir est construit comme un gâteau à plusieurs couches : une strate de déchets, suivie d’une couche de matériel de recouvrement. Plutôt que d’utiliser de la terre, du sable ou du gravier, on emploie donc votre pot de sauce à spaghetti en verre ou votre bouteille de vin.

Enfin une logique respectée et imposée

NDLR: Exceptionnellement, ce blogue est publié aujourd’hui avec du retard. Je sais que plusieurs d’entre vous aiment parcourir le blogue en sirotant leur premier café du matin et je m’en excuse au nom de Dame nature qui a décidé hier, après l’orage, de nous priver de l’Internet pour une bonne quinzaine d’heures. Ah, technologie… quand tu nous tiens !

C’EST FINI LES STEAKS DE TOFU DANS LE MISSOURI

CHICAGO | (AFP) Le Missouri est devenu le 28 août dernier, le premier des 50 États américains à définir officiellement la viande comme un aliment issu des animaux, empêchant les produits d’origine végétale d’utiliser cette appellation, au plus grand plaisir des éleveurs.

Fini donc les « steaks » au tofu ou les « saucisses » végétariennes. Les producteurs ne peuvent dorénavant plus commercialiser des substituts de viande d’origine végétale avec des termes habituellement réservés à la viande.

Le projet de loi, approuvé en mai, a été soutenu par l’industrie du bœuf, puissante dans cet État rural du centre du pays.

« Il s’agit de protéger l’intégrité des produits que les familles dans les fermes et les ranchs travaillent dur pour élever, à travers le pays, chaque jour », a expliqué une association d’éleveurs du Missouri, espérant voir d’autres États suivre cet exemple.

PLAINTE

The Good Food Institute, une association qui promeut pour sa part les produits alternatifs à la viande conventionnelle, avait exprimé son mécontentement en portant plainte devant un tribunal fédéral précédemment.

Le débat autour de la labellisation de la viande prend de l’importance aux États-Unis, où l’Association des éleveurs de bovins américains (USCA) a déposé auprès du ministère de l’Agriculture une pétition réclamant que le mot « viande » soit réservé à la chair d’un animal né, élevé et abattu de façon traditionnelle.

« On a commencé à voir arriver dans les rayons viandes des supermarchés des produits dont l’emballage et la présentation peuvent faire croire aux consommateurs qu’il s’agit d’une version plus saine de la viande traditionnelle, ou même de viande pure et simple, avait argué Lia Biondo, de l’USCA. On essaie de prendre les devants. »

En France, les députés ont adopté en avril un amendement visant à « interdire certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur ». Le texte vise notamment les produits « qui associent des termes comme «steaks», «filet», «bacon», «saucisse», à des produits qui ne sont pas uniquement, ou pas du tout, composés de viande ».

Il faut appeler un chat, un chat !

C’est encore bon ou non???

Presque tous les produits sont frappés d’une date de péremption ou, si vous préférez, une date d’expiration. Est-ce qu’il faut s’y fier? Certains produits sensibles peut-être. Pour d’autres, on se demande encore la raison d’être de cette date. La fraîcheur pourrait être une plus juste raison mais encore là, c’est discutable.

Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, les brasseurs apposaient une date, qui dépassait rarement 6 mois, sur leurs cannettes et bouteilles de bière… Loin d’être concluante, l’initiative est vite disparue et a duré le temps des roses.

Quoi qu’il en soit, le tableau qui suit n’est pas exhaustif mais donne une idée de certains produits qu’on pourrait qualifier d’indestructibles… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Souvent la texture, l’odeur et le goût sont de meilleurs indicateurs.

Être patient, et savoir bricoler au minimum

Deux qualités qu’il faut posséder lorsqu’on décide de magasiner et d’acheter des meubles de nos jours. Ma conjointe et moi, venons de vivre l’expérience en emménageant dans notre nouvel appartement. L’exercice nous a semblé bien différent d’une époque qui me semble déjà lointaine. Nouvelles tendances…

D’abord, la publicité est là, invitante; étalement sur plusieurs versements, des prix imbattables, du choix, et j’en passe. C’est ici qu’intervient le bricoleur… Le magasinage est agréable jusqu’au moment où on jette un coup d’œil sur la facture ; presque tout « doit être assemblé par le client ». Ça veut dire sort tes outils mon ami, parce qu’à la livraison, tu vas devoir assembler tout ça; déchiffrer le plan d’assemblage qui n’est pas toujours ce qu’il y a de plus clair, et t’exécuter! Il me semble que cette procédure est récente, non? Ils ont tous pogné la IKEAmanie ou quoi?

Aucun avantage pour le CONsommateur mais beaucoup pour le manufacturier et les livreurs. Fini la responsabilité de l’assemblage! Ils peuvent stocker beaucoup plus, dans un même espace. Même les tables de cuisines ne sont pas assemblées. Il faut y installer les pattes, bien cordées dans une boîte de carton qui pèse une tonne et auquel on n’a pas la même prise que la table déjà assemblée. Est-ce une pratique généralisée? Je ne sais pas parce que je ne les ai pas tous visités. Mais chez ceux que j’ai fréquenté, c’est le cas, et la pratique est même répandue ailleurs, comme la grippe, et pas seulement dans l’ameublement.

Aller voir les meubles de jardins qui attirent le monde par les temps qui courent. Même phénomène… tu sors tes outils! Est-ce qu’un barbecue Napoléon à 5 000$ et plus, est vendu déjà assemblé? Pourquoi pas? À ce prix, c’est pour les gens riches et célèbres qui bénéficient peut-être de cet extra, cette délicate attention, allez voir…

Ce qui m’amène à vous parler de la patience… Le seul exemplaire d’un meuble disponible dans ces grands magasins est celui sur le plancher. Vous avez fait votre choix? Il faut commander! Vous l’aurez dans trois semaines ou un mois. Ça dépend d’une foule de facteurs indépendant de votre volonté. Dans notre cas, nous avions demandé la livraison 6 mois après la date d’achat. Après leur réception à l’appartement, la date de fabrication imprimé sous le meuble indiquait à peine dix jours avant la date livrée. C’est donc dire que la production s’effectue une fois vendu, et presqu’à la date de livraison. « Rien ne se perd, tout se crée une fois vendu et payé », semble être la phrase à la mode.

Juste pour vous donner une idée de la patience qu’il faut, dans un autre magasin spécialisé, sans être haut de gamme, nous avons arrêté notre choix sur une lampe sur pied et une toile, pour habiller un mur dans l’appartement. Quelle fut notre surprise de se faire dire qu’il faudrait deux mois avant de recevoir nos objets de convoitise… pas deux semaines, deux mois! Il y a des coups de pieds qui se perdent à quelque part. Comme ma conjointe voulait absolument cette toile, on a décidé d’aiguiser notre patience, tout en annulant la lampe sur pied… qu’on a facilement trouvé ailleurs et qu’on recevra tout de même dans… deux semaines.

Il faut se rendre à l’évidence qu’aujourd’hui, si tu veux tes meubles déjà assemblés, déménage au lieu d’emménager. C’est toute la différence. Pour en revenir à nos vendeurs, ils ont tous un point en commun; une fois la commande passée, c’est suivant, next!

Est-ce qu’on peut m’expliquer?

À la page 6 du Journal de Montréal d’hier, dans un tout petit coin, le texte suivant a attiré mon attention. Il expliquait une action discutable prise, sans vraiment évoquer des raisons autres que la tempête de neige du siècle, qui semble avoir le dos très large;

« 700 000 litres de lait jetés à cause de la tempête

AGENCE QMI | La fermeture des axes routiers liant le Bas-Saint-Laurent à l’ouest de la province, mercredi, a entraîné la perte de centaines de milliers de litres de lait.

– Les camions étaient bloqués sur les routes et incapables de ramasser le lait chez les producteurs, la fédération a dû donner le signal aux producteurs de jeter leur lait, a confirmé le président des Producteurs de lait du Bas-Saint-Laurent, Gabriel Belzile.

Au total, c’est 570 000 litres de lait qui ont été jetés au Bas-Saint-Laurent et 700 000 litres au Québec, représentant des pertes approximatives de 500 000$ ».

Je trouve abominable de jeter autant de lait à cause d’une tempête qui a paralysé le réseau routier pour tout au plus 30 à 40 heures. On n’est pas capable de conserver une telle quantité de lait durant une si courte période? Le lait est fragile à ce point? Il n’existait vraiment aucune solution pour empêcher cette triste perte qui me semble complètement inutile? On n’était pas en pleine canicule, mais en hiver où les températures sont froides.

Tous ces litres de lait, vous savez ce que ça peut représenter pour une population, pour des familles pauvres, pour les moins nantis? J’ai de la difficulté à croire qu’on ait pu faire autrement que de tout jeter aux ordures. Il me semble que les producteurs devraient disposer de bassins ou de réservoir, comme solution d’urgence lorsque doit composer avec la nature et les éléments. Un demi-million de dollars, c’est loin d’être une somme dérisoire. Et qui va payer?

Est-ce que la Fédération des producteurs de lait n’aurait pas appuyé sur le bouton panique trop rapidement? Toutes ces questions légitimes et sans réponses me préoccupent depuis la parution de cet article. Est-ce que quelqu’un peut m’en expliquer les raisons???

Toujours lire attentivement les tout-petit-petit caractères

loupe-de-lectureEst-ce que la publicité vous attire? Est-ce que les offres mirobolantes piquent votre curiosité? Vous êtes-vous déjà demandé comment ne pas passer à côté d’une telle offre? Si vous avez répondu dans l’affirmative à une de ces questions, cet article est pour vous.

Les spécialistes en publicité sont passés maîtres dans l’art de rendre indispensable ce qu’ils nous offrent ou nous proposent; des titres accrocheurs, des caractères judicieusement choisis pour nous impressionner. Ils savent attendre le bon moment pour nous courtiser, nous intéresser, nous vendre. Parce que le but ultime est de vendre leur produit.

Mais, les publicités accrocheuses et avec du punch cachent toujours des surprises et celles-ci se retrouvent dans les petits caractères. Que dis-je, les microscopiques caractères qui restreignent tellement les exigences, qu’on ne les regarde même pas. On les voit, mais sans les regarder, sans en attacher la moindre importance. Trop de caractères, trop petits au point de n’être lus qu’avec une loupe performante et de qualité. C’est le plus important de toute la publicité. C’est là qu’on découvre le pot aux roses.

Avez-vous déjà pris le temps pour scruter vos polices d’assurances? Vous devriez! Ça vous permettrait de poser les bonnes questions et de clarifier des termes que seuls des avocats et professionnels du genre peuvent interpréter au prix d’une longue analyse. Quand un courtier vous propose cette assurance, il serait sage et avisé de la lire au grand complet, sans sa présence et en y mettant le temps, pour en arriver à une décision éclairée. Sinon, la compagnie d’assurance se servira justement de ces petits caractères, pour éviter de vous indemniser en cas de sinistre. Il vous sera trop tard pour reculer. Dommage!

Autre exemple, la publicité télévisée sur les voitures. On vous fait miroiter l’aubaine du siècle et durant les trois dernières secondes du commercial, vous apercevez un paragraphe illisible de 5 ou 6 lignes qui énumèrent les exigences du rabais. Une fois, j’ai fait un arrêt vidéo sur l’image pour essayer de la lire… sans succès. Comme dirait l’autre, il y a souvent anguille sous roche.

Si je vous raconte tout ça c’est, qu’étant snowbird moi-même et passant six mois en Floride l’hiver, j’ai trouvé récemment dans mon journal, une offre alléchante de Vidéotron pour un forfait de téléphonie mobile Canada-États-Unis, pour une soixantaine de dollars mensuellement. Il incluait les messages textes et les interurbains illimités entre autres, et était facturé en dollars canadiens.

Intéressant me suis-je dis, et moins cher que ce que je paie déjà. Mais voilà que je me suis attardé aux microscopiques caractères qui m’apprenaient que je devais posséder une ligne terrestre (j’ai seulement un téléphone cellulaire) et le forfait ne pouvait dépasser un séjour de 90 jours aux États-Unis, dans une année de calendrier. En conclusion, je ne me qualifiais pas! Pourtant, elle avait piqué ma curiosité.

Soyez un consommateur averti et lisez toujours ces lilliputiens caractères, pour découvrir l’astuce.

Quelle bonne idée

perimeÀ l’épicerie Chez Daniel, de Mont-Carmel dans le Bas-St-Laurent, on donne à la clientèle ses fruits, légumes flétris et conserves dont la date d’expiration est périmée. De plus, quotidiennement, ils mettent à la disposition de leur clientèle, des boîtes d’autres denrées sur lesquelles la date «meilleur avant» est dépassée.

Selon une des propriétaires, l’initiative est couronnée d’un franc succès, tout en n’affectant aucunement leur chiffre d’affaire. Et le plus beau dans tout ça, est que c’est parfaitement légal aux yeux du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Les spécialistes s’entendent pour affirmer que les dates de péremption, exception faite des viandes, ne sont qu’un indicatif de fraîcheur et que cette date peut être prolongée de plusieurs jours voire plusieurs semaines sans danger pour la santé.

Mais le simple fait d’avoir donné court à cette décision est un privilège pour une clientèle moins bien nantie et qui peut en profiter économiquement tout en évitant le gaspillage.

Définitivement, cette pratique devrait être imitée à l’échelle du Québec. La population ne s’en porterait que mieux. C’est aussi très écologique. Bravo aux initiateurs.

Est-ce qu’il y a erreur?

Biscuits LeclercJe suis un amoureux des biscuits. D’aussi loin que je puisse me rappeler, je les ai toujours aimés et depuis quelques années, mes préférés sont ceux des Biscuits Leclerc, parce qu’ils sont de chez-nous et aussi parce que j’ai eu l’opportunité de visiter l’usine de Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec, il y a quelques années, lors d’une sortie avec la Fédération Québécoise de Camping et Caravaning et j’en suis ressorti impressionné.

Ma deuxième fixation est sur les contenants de produits et leurs étiquettes nutritionnelles. En épicerie, je les consulte tout le temps; la teneur en glucides, les calories, les gras saturés et trans ainsi que la portion suggérée ou de référence. Étant diabétique, ça me permet de respecter ma dose de sucre lors des collations.

Toujours est-il que cette semaine, j’ai acheté des biscuits gaufrettes à la vanille Célébration, de cette compagnie. Arrivé à la maison et au moment de les placer dans le garde-manger, mon regard s’est posé sur le format du produit; Biscuits Leclerc1240g. Comme la portion indiquait 25g pour deux biscuits, j’ai voulu pousser ma recherche plus à fond.

J’ai d’abord vérifié la quantité de biscuits dans la boîte qui était de 20. Donc, si deux biscuits totalisent 25g, le total est donc de 250g. Alors d’où vient l’écart de 10g entre l’emballage et le produit? Y a-t-il erreur? Peut-être! En tout cas, j’ose espérer.

Quoi qu’il en soit, je vais faire parvenir ce texte à la compagnie pour tenter d’obtenir une réponse à cette énigme et je vous reviens pour la suite. C’est fou ce que peuvent nous révéler tous ces chiffres. Ça me semble simple, mais attendons.

Il faut toujours se méfier…

CondamnationMieux que ça encore, il faut être vigilant et se poser les bonnes questions, surtout quand c’est trop beau pour être vrai. Je me suis toujours demandé pourquoi certains commerçants y vont de rabais alléchants jusqu’à 80%, pour liquider leur marchandise. Ma conclusion était que leur prix de revient versus le prix courant de vente était sûrement gonflé ou exagéré. Je n’en n’avais pas la preuve mais un doute subsistait toujours, et raison de plus lorsque l’entreprise annonce à grand renfort dans les journaux, magazines, radio et télé. Gonfler les prix est illégal en vertu de la Loi sur la protection du consommateur, parce qu’il représente un faux rabais. Une arnaque !

Les magasins Trévi de Boucherville, Laval, Dorval de même que l’entrepôt TréviDirect.com l’ont appris à leur dépend, puisqu’ils ont plaidé coupable et ont été condamnés à payer des amendes de plus de 82 000$. Les infractions reprochées se sont déroulées entre avril et août 2012. J’espère qu’ils vont revenir à des pratiques conformes à la loi.

Heureusement que l’Office veille au grain et on n’a qu’à s’abonner à la revue Protégez-vous pour mettre la main sur toutes les condamnations visant des pratiques illégales sur tout le territoire du Québec. Nous sommes chanceux au Québec d’avoir cette instance pour assainir et éradiquer les magouilles des hommes d’affaires véreux qui passent leur soif de profits avant toute conscience professionnelle. Imaginez ailleurs et partout où ils ne peuvent bénéficier d’un tel chien de garde. Les malhonnêtes s’en mettent plein les poches au profit des consommateurs bernés et sans recours.

Tant qu’à y être, une autre pratique me chatouille beaucoup ; celle des commerçants qui opèrent au Canada et qui se font payer en dollars américains. Est-ce légal ? On en voit de plus en plus à la télévision en fin de soirée. Et ils ne se gênent pas pour mentionner que les produits viennent du Canada. Pour répéter une maxime trafiquée ; il y a sûrement une anguille en-dessous de la roche.