Savoir conserver une bonne cote de crédit

On le sait, aujourd’hui, la carte de crédit est indispensable en voyage, pour des achats imprévus, des cadeaux à l’occasion de certains anniversaires. En fait, c’est le morceau de plastique qui trône au sommet quand vient le temps de choisir son mode de paiement. Mais, ce peut être aussi votre pire cauchemar si vous l’utilisez à mauvais escient, ou si vous le gérez de la mauvaise façon.

En contrepartie, s’en servir intelligemment permet de reporter son remboursement de plusieurs semaines, en planifiant ses achats au lendemain de la date de production de son relevé. Mais l’important, c’est de l’utiliser pour protéger et conserver sa cote de crédit.

Voici un article d’Amélie Cournoyer, puisé dans le numéro d’avril 2019 de la revue Coup de Pouce, qui suggère des façons de bien la conserver.

SEPT FAÇONS DE GARDER UNE BONNE COTE DE CRÉDIT Amélie Cournoyer

S’il n’y a pas de recette magique pour établir et maintenir une bonne cote de crédit, il y a par contre plusieurs pièges à éviter. Voici 7 choses à savoir…

1- ON GARDE NOS SOLDES LE PLUS BAS POSSIBLE
L’idéal est que notre solde dû, reste à moins de 35% de la limite de crédit autorisé et ce, même si l’on acquitte la totalité du solde à la fin de chaque mois.

2- ON RÈGLE NOS FACTURES À TEMPS
Tout retard de paiement de 30 jours ou plus est une tache au dossier qui persiste pendant six ans, et ce, peut importe si l’on doit 20$ ou 2 000$. On veille donc à régler le montant minimal chaque mois… ou plus !

3- ON REMBOURSE NOS DETTES À INTÉRÊTS ÉLEVÉS EN PREMIER
Aux yeux des prêteurs, il est préférable d’honorer nos dettes possédant les plus hauts taux d’intérêts en premier… un conseil qui vaut aussi pour notre portefeuille.

4- ON ÉVITE DE MULTIPLIER LES DEMANDES DE CRÉDIT
Chaque fois qu’un prêteur se renseigne sur notre crédit, une note est inscrite à notre dossier, ce qui fait diminuer notre cote.

5- ON REGROUPE NOS DEMANDES DE CRÉDIT
Suivant la logique du point 4, quand on magasine une voiture ou une résidence par exemple, on tente d’effectuer nos recherches dans un court laps de temps pour que nos demandes soient considérées comme une seule par les agences de crédit (Equifax et TransUnion).

6- ON LIMITE L’OUVERTURE DE COMPTES POUR UN MÊME TYPE DE CRÉDIT
On évite d’avoir plusieurs cartes de crédit pour ne pas accroître le risque de s’endetter. Cela dit, il est bien vu de posséder et d’utiliser plusieurs types de crédit (une carte de crédit, un prêt personnel, une marge de crédit, un prêt hypothécaire, etc.), que l’on rembourse dans les délais, évidemment !

7- ON CHÉRIT NOS VIEUX COMPTES
Parce qu’ils fournissent un meilleur portrait de nos habitudes de remboursements, on conserve nos comptes plus anciens – que ce soit une carte de crédit ou un prêt personnel – plutôt que d’en ouvrir des nouveaux.

Encore Hydro-Québec et ses augmentations cachées

Définitivement, Hydro-Québec fait les manchettes et continue de nous remplir comme des valises avec ses supposées minimes augmentations de tarifs. En y fouillant un peu plus, la réalité est toute autre et montre une réelle augmentation trois fois plus élevée.

Cette révélation a été dévoilée au grand jour récemment par un client d’Hydro-Québec, et transmise à Michel Girard, qui en a fait le sujet de son article du 26 avril dernier, dans les pages ARGENT du Journal de Montréal.

Serait-ce une façon déguisée de payer les prochains bonis de cette société d’État qui continue de s’en mettre plein les poches sur le dos des CONtribuables québécois ? À vous d’en juger.

LA VRAIE HAUSSE DES TARIFS D’HYDRO EST DE 2,9%. Michel Girard

Ce n’est pas une hausse des tarifs d’électricité de 0,9% que les abonnés résidentiels d’Hydro-Québec subissent depuis le 1er avril dernier, mais une augmentation de 2,9%.

Eh oui ! On parle bel et bien d’une hausse trois fois plus élevée que celle annoncée en mars dernier par Hydro-Québec, à la suite de la décision de la Régie de l’énergie, l’organisme responsable de la fixation des tarifs d’électricité au Québec.

Pour en prendre conscience, je vous invite à faire comme Gilles D., le lecteur du Journal qui a attiré mon attention sur l’énorme écart entre la hausse annoncée et celle en vigueur.

À partir de sa facture d’électricité du 15 avril 2019, il a calculé la réelle hausse de tarifs que l’on subit à partir du 1er avril, en comparant les nouveaux tarifs à ceux qui étaient en vigueur jusqu’au 31 mars dernier.

Ainsi, le tarif domestique D, lequel s’applique aux quatre millions d’abonnés résidentiels d’Hydro, augmente comme suit :

Pour la consommation allant jusqu’à 40 kilowattheures (kWh) par jour, le tarif passe de 5,91 cents à 6,08 cents le kilowatt, soit une hausse de 2,9%.

Pour la consommation additionnelle, le tarif augmente de 9,12 cents à 9,38 cents le kilowatt, soit 2,85%.

INFORMATION TROMPEUSE

Pour vous montrer à quel point les annonces de hausses de tarifs sont trompeuses, j’attire cette fois votre attention sur la page 1 de votre facture d’électricité du 15 avril 2019. Et voici le texte qu’on y retrouve sous la rubrique « Information utile » :

« La Régie de l’énergie a approuvé un ajustement tarifaire moyen de 0,9%, qui a pris effet le 1er avril. Ainsi, l’électricité que vous avez consommée depuis cette date vous a été facturée au nouveau tarif en vigueur. »

Faites vous-même le calcul et vous allez vous apercevoir que l’ajustement tarifaire réel n’est pas de 0,9% mais plutôt de 2,9%.

Quand Hydro affirme dans son communiqué du 5 mars dernier qu’elle « respecte son engagement de limiter les hausses de tarifs d’électricité à un niveau égal ou supérieur à l’inflation pour une quatrième année de suite », je trouve cela vraiment trompeur pour les abonnés résidentiels, qui, eux, n’en bénéficient pas.

SCÉNARIO CONNU

J’ai constaté également que lors des précédentes annonces d’augmentation annuelle des tarifs d’électricité, on retrouvait un important écart entre la hausse annoncée par Hydro de concert avec la Régie de l’énergie et celle subie par les abonnés résidentiels.

En 2018, les tarifs résidentiels augmentaient de 1,55% (première portion de consommation) et de 2,24% (pour la consommation additionnelle), alors qu’Hydro y annonçait une hausse moyenne de tarifs d’à peine 0,3%.

L’année précédente, soit en 2017, Hydro et la Régie de l’énergie nous annonçaient une hausse de 0,7%, alors que les tarifs résidentiels grimpaient respectivement de 1,93% et de 2,76%, selon la portion de consommation.

Au cours des trois dernières années, les « Hydroquébécois » ont subi une hausse réelle des tarifs d’électricité de 6,5% à 8,1%, alors que les augmentations annoncées se limitaient à 2%.

Simple question de rigueur et de transparence, il serait grandement temps qu’Hydro-Québec diffuse auprès de sa clientèle résidentielle les vraies augmentations de tarifs qui les touchent.

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Et nous attendons encore et toujours notre part des tarifs payés en trop des dernières années. Ça rentre moins rapidement que les bonis de performance.

Les débits préautorisés : ça demande d’être très vigilant !

Changer d’institution financière de nos jours, s’avère très compliqué à réaliser ; les dépôts automatiques et débits préautorisés, entre autres, sont devenus tellement populaires et utilisés abondamment, que cette réorganisation n’est pas si simple. 

Mais est-ce que ces formes de crédits et de débits sont efficaces et sans erreurs ? À la lecture de l’article qui suit de Stéphanie Grammond, publié dans La Presse + du 2 février dernier, il est permis d’en douter. À tout le moins ça demande de la discipline et de la vigilance de notre part, pour en suivre efficacement les opérations.

UN BAR OUVERT DANS VOTRE COMPTE BANCAIRE Stéphanie Grammond

Alors que les débits préautorisés gagnent sans cesse en popularité, certains consommateurs se font forcer la main pour utiliser ce mode de paiement. Mais je considère que les épargnants devraient être libres de payer comme bon leur semble, et non pas forcément à l’aide de prélèvements directs qui peuvent transformer leur compte bancaire en bar ouvert.

« Moi, je ne pige pas dans le compte des autres. Je ne veux pas que les gens pigent dans le mien », se plaint Mary Westhead. Elle était habituée à payer avec un bon vieux chèque la prime d’assurance collective de son ancien employeur dont elle est retraitée depuis 22 ans.

Mais cette année, on lui a dit que le paiement se ferait obligatoirement par l’entremise de mensualités prises directement dans son compte. « Je ne voulais pas entendre parler de ça ! », lance la dame qui a dû mettre de l’eau dans son vin.

À contrecœur, elle a accepté le prélèvement direct. Mais une seule fois par année. Au moins, ce sera plus simple à surveiller que des mensualités.

Il faut dire que les consommateurs ont intérêt à scruter les paiements qui passent dans leur compte bancaire, car les erreurs sont fréquentes.

D’après deux sondages Environics pancanadiens réalisés en 2006 et en 2015, plus d’un utilisateur sur dix (12 %) avait eu des ennuis au cours des deux années précédentes.

Les problèmes classiques ? Le débit est passé à la mauvaise date. Le montant a été débité en double. La banque a puisé le mauvais montant. Les débits se poursuivent même si le consommateur a retiré son autorisation.

Quel désagrément !

Toutes ces bourdes peuvent avoir un effet domino, surtout chez les consommateurs dont le budget est serré. En effet, un prélèvement trop élevé peut vider le compte d’un client et faire rebondir d’autres paiements. La banque impose alors des frais élevés pour insuffisance de fonds.

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Les débits préautorisés sont pourtant encadrés par la règle H1 concoctée en 2002 par Paiements Canada à la demande des banques.

Grosso modo, le consommateur doit remplir un formulaire par lequel il autorise un créancier à puiser des sommes dans son compte bancaire… en espérant que celui-ci respecte l’entente.

Car les banques n’exercent aucun contrôle sur les débits préautorisés. Un commerçant peut donc prélever une somme plus élevée que prévu, ou faire plusieurs ponctions durant le même mois. C’est comme un chèque en blanc !

L’autorisation peut viser le retrait de montants fixes (p. ex. : remboursement de l’hypothèque, épargne systématique) ou de montants variables (p. ex. : carte de crédit, factures de télécommunications), mais dans ce cas, le consommateur doit normalement être avisé du montant 10 jours d’avance.

J’admets que les prélèvements automatiques peuvent être très utiles, notamment pour les consommateurs un peu étourdis qui risquent de rater un paiement, ce qui nuirait à leur dossier de crédit.

Mais il faut rester vigilant. Si le consommateur perd l’habitude de lire ses factures tous les mois, les erreurs risquent de passer inaperçues. Plus l’argent est dématérialisé, plus il est facile de perdre le compte.

« Le refus de procéder par paiements préautorisés n’est donc pas seulement un caprice. C’est une réaction tout à fait logique et rationnelle. Ce ne sont pas juste des gens qui sont réfractaires aux changements qui refusent », considère Jacques St-Amant, analyste-conseil pour la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ).

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Autre problème des paiements préautorisé: personne ne connaît la règle H1. Ni les préposés aux comptoirs des banques ni les consommateurs. Est-elle vraiment utilisée? Paiement Canada n’a pas été en mesure de me dire s’il avait déjà imposé une sanction à une institution financière, suite à une plainte d’un consommateur lésé.

Une poursuite en cour n’est pas possible non plus, car la règle H1 n’a pas force de loi. « Les consommateurs n’ont pas de recours devant les tribunaux. L’application dépend de la bonne volonté des banques », explique M. St-Amant.

Ottawa promet depuis cinq bonnes années de définir un nouvel encadrement pour l’ensemble de l’univers florissant des systèmes de paiements électroniques destinés à la clientèle de détail. C’est un impératif ! Des consultations ont eu lieu en 2015 et en 2017. Mais depuis ce temps, silence radio.

En attendant une réforme, quel parti devraient prendre les consommateurs ?

D’abord, ne tenez pas pour acquis que les paiements préautorisés sont entièrement fiables. Ce n’est pas le cas. Confiez donc vos données bancaires uniquement à une entreprise sérieuse.

Ensuite, limitez le nombre de prélèvements au minimum. Comme Mme Westhead, vaut mieux autoriser un seul paiement annuel, plutôt que 12 paiements mensuels.

Faites le suivi de vos transactions régulièrement. Si vous constatez une erreur, vous disposez de 90 jours pour demander une correction à votre banque, selon la règle H1.

Sachez toutefois que le remboursement d’un débit erroné ou l’annulation d’autres débits éventuels par votre banque ne mettent pas automatiquement fin à votre contrat avec le commerçant en question.

Maintenez un solde minimum suffisamment élevé dans votre compte bancaire, pour éviter qu’un paiement préautorisé plus élevé que prévu précipite le compte dans le rouge.

Si vous n’avez pas de coussin financier, adhérez à un service de protection contre les découverts, car les frais pour insuffisance de fonds sont extrêmement élevés (jusqu’à 65 $ par transaction).

Le guide alimentaire canadien… pas pour toutes les bourses

Le nouveau guide alimentaire canadien semble faire l’unanimité auprès des nutritionnistes et autres spécialistes de la nutrition. Une grosse différence comparativement au précédent où la viande a pris un sacré coup de pied au c… Même constat pour les produits laitiers, ce qui n’augure rien de bon pour les producteurs qui ont leur part de problèmes depuis l’an dernier.

Cependant, la portion de fruits et légumes prend la moitié de l’assiette et c’est justement là que le portefeuille familial doit être bien garni. Si vous faites l’épicerie, je ne vous apprends rien sur leurs prix exorbitants, je parle principalement des fruits. Quand vous arrivez au rayon des noix, même constat ! Ce n’est pas donné. Le 75$ de Couillard vient d’en prendre pour son rhume.

Donc, le nouveau guide alimentaire canadien ne tient pas compte de l’augmentation substantielle du panier d’épicerie et les familles à faible revenu devront faire des choix. Et, finalement, c’est ce qui est malheureux dans cette nouvelle façon de manger santé. Ce n’est pas pour toutes les bourses. Les restos vont revoir leurs prix et on devra cuisiner plus souvent. Entre les bouchons de circulation, les courses, les activités familiales… les journées n’ont toujours que 24 heures. Il faudra user d’ingéniosité et d’organisation.

À ce sujet, j’ai bien aimé l’article que Josée Legault publiait hier, dans les pages d’opinions du Journal de Montréal. C’est ce que je veux partager avec vous aujourd’hui.

NE PAS OUBLIER L’ESSENTIEL Josée Legault

La dernière mouture du guide alimentaire canadien, c’est la vie idéale couchée sur du papier. Il faut donc cuisiner plus souvent. Savourer nos aliments. Prendre nos repas en bonne compagnie. Prendre conscience de nos habitudes alimentaires.

Des fruits et des légumes en abondance. Moins de viande. Plus de légumineuses. De l’eau au lieu du jus. Plus de grains entiers. Bref, c’est comme si Ricardo s’installait chez Rachette Béry, la fameuse épicerie nature. Ne manque plus que les séances de méditation entre un plat de tofu fumé et une soupe aux légumes-racines.

BÉMOLS

Blague à part, le nouveau guide est applaudi par la plupart des nutritionnistes. Les quelques bémols sont néanmoins réels. Comment prendre suffisamment de protéines ? Dans nos vies de fou, où trouver le temps pour faire tout ça ? Manger « en bonne compagnie », ça s’achète où quand ce n’est pas possible ?

Surtout, combien de gens peuvent vraiment se payer des paniers d’épicerie aussi parfaitement santé ? La question, loin d’être anodine, est sérieuse. Pour le réaliser, on n’a qu’à parcourir les allées fournies de nourriture pas chère dans les Dollarama. Ce n’est sûrement pas « par choix » s’il y a autant de gens qui y font une part substantielle de leur marché.

SANTÉ ET PRÉVENTION

Et pourtant, mieux manger et cuisiner plus, il le faut. Là-dessus, le nouveau guide reprend ce que l’on sait déjà. C’est aussi une question de santé et de prévention. L’expansion hallucinante du diabète n’en est qu’un indice parmi d’autres.

Toute la difficulté est de le faire le mieux possible selon nos circonstances respectives. En cela, le nouveau guide aura ça de bon. Il nous fait reprendre conscience de l’importance de mieux se nourrir. Il nous rappelle à l’essentiel.

Or, aussi beau soit-il, il n’effacera pas pour autant l’inéluctable réalité des inégalités sociales. Devant le panier d’épicerie, quoi qu’en pensent certains millionnaires prétentieux, nos porte-monnaie ne sont pas tous égaux.

Dépendants du plastique

C’est fou, quand on y pense, que le plastique occupe une si grande place dans notre quotidien. Vous vous souvenez des « démonstrations Tupperware » comme ma mère disait. C’était dans les années soixante et depuis le plastique est tellement omniprésent qu’on se demande si on peut vivre sans lui. Des gens le font sans problème et ont adopté un mode de vie sans plastique.

Katia Gagnon et Martin Tremblay de La Presse+, se sont penchés sur le dossier et ont publié récemment le fruit de leur labeur. Leurs découvertes en somme. C’est cet article que je vous propose aujourd’hui.

ACCRO AU PLASTIQUE Katia Gagnon et Martin Tremblay

Le plastique est comme Dieu dans le petit catéchisme : il est partout. Depuis son arrivée dans nos vies, dans les années 60, l’humanité a produit 8 milliards de tonnes de plastique, dont 80 % ont fini dans les dépotoirs. À quel point sommes-nous devenus des drogués du plastique ? Pendant un mois, notre journaliste a banni de sa vie tout plastique jetable. Et en parallèle, notre photographe a collecté la totalité des articles de plastique jetable consommés par sa famille. Récits d’une véritable dépendance.

UN MOIS ZÉRO PLASTIQUE

« Vous savez que vous mâchez du plastique, présentement ? »

Mon crayon s’arrête. Je regarde mon interlocuteur, un écologiste bien connu. J’ai sûrement l’air du chevreuil qui vient d’apercevoir les phares d’une voiture. Une fois de plus, et cette fois par totale inadvertance, je viens d’enfreindre la règle que je me suis imposée pour le prochain mois : zéro plastique jetable.

Car la gomme à mâcher est effectivement faite… de plastique. Du polyisobutylène, plus précisément, la même matière qu’on retrouve dans les chambres à air de vélo. Recyclable, même : une entreprise américaine, Gumdrop, recueille les vieilles gommes mâchées et les transforme en peignes, en crayons ou en bottes.

Vivre un mois en n’ayant recours à aucun plastique jetable, est-ce possible ? J’ai essayé. Armée de ma brosse à dents en bambou, de mon shampooing en barre et de mes essuie-tout réutilisables, j’ai banni tous les emballages de plastique. Adieu, le Saran Wrap et les sacs Ziploc. J’ai couru les épiceries zéro déchet avec mes contenants, rempli mes bouteilles de lait en verre et découvert les noix de lavage. Et l’expérience s’est parfois révélée proche de la cure de désintoxication.

AVANT LE JOUR J

L’opération zéro plastique a nécessité une petite préparation. Sur le web, on découvre facilement des sites comme Life without plastic, fondé par un couple de Canadiens qui se spécialisent dans la vente d’articles de remplacement au plastique. En quelques clics, la commande était passée. Dans la section pharmacie : du déodorant, du dentifrice et de la soie dentaire en pot de verre ; une brosse à dents en bambou, avec soies en charbon souple. Un shampooing/revitalisant en barre. Dans la section cuisine : des sacs à sandwichs et à légumes en tissu, une paille en bambou, de la pellicule lavable faite en cire d’abeille et un sac réutilisable pliable, transportable dans un sac à main.

Bref, j’étais prête (du moins, je le croyais).

JOUR 1

Après m’être brossé les dents au charbon et lavé les cheveux avec ma barre (avec des résultats peu concluants dans les deux cas), direction le supermarché du quartier. Il était urgent de faire des achats : le seul article dans mon frigo qui n’avait pas transité dans le plastique était… une aubergine.

Avant aujourd’hui, je n’avais jamais réalisé à quel point nos épiceries sont un océan de plastique. Aucun achat possible dans le comptoir des viandes, évidemment, ni à ceux des charcuteries ou des fromages.

En arrivant au comptoir de la boucherie avec mes contenants réutilisables, on m’informe que cette pratique est interdite chez Métro. Au fil des semaines, je ferai la même demande à quatre supermarchés de chaînes différentes, et aucun d’entre eux n’acceptera de remplir de viande ou de poisson mes contenants de plastique réutilisables.

En fait, dans plusieurs rangées du supermarché, il est impossible d’acheter quoi que ce soit. Les biscuits, les craquelins ? On oublie ça. Tout est dans le plastique. Le surgelé ? Éliminé en totalité. Les pâtes ? Les boîtes – en carton – ont toutes leur petite fenêtre de plastique.

Dans l’allée des produits ménagers, je réalise qu’il faudrait régler deux délicates questions d’ici la fin de la journée : le papier toilette et les sacs à déchets. Et une question surgit : ça existe, des sacs à déchets sans plastique ?

« Quand je vais au supermarché, maintenant, je ne vois plus les aliments, je vois des déchets », résume Marie-Soleil L’Allier, cofondatrice des épiceries zéro déchet LOCO, où je me suis rendue pour compléter mes achats.

Le principe de l’épicerie zéro déchet est simple. Vous apportez vos contenants. Vous les peser sur place. Vous écrivez le poids sur le plat ainsi que le code du produit avec lequel vous le remplissez. À la caisse, le poids du contenant est déduit.

Bon choix de vrac, céréales, fruits secs, noix, farines, nouilles de riz. Il y a aussi du lait en vrac !

Belle section de produits de beauté et d’entretien en vrac, et même du maquillage. La question du papier hygiénique est réglée : chez Loco, on le reçoit par boîtes de 100 rouleaux, emballés dans du papier.

Et maintenant, la question qui tue : est-ce plus cher ? Réponse : oui. Mais vous achetez un produit de meilleure qualité, biologique et issu de producteurs locaux.

Cependant, il n’y a pas de viande. Un peu de poisson, du tempeh, emballés dans du plastique. Bref, je n’ai toujours rien pour souper… Je découvre le Saint Graal au marché Jean-Talon : alléluia, le poissonnier du marché emballe dans du papier. Le boucher et le marchand de saucisses acceptent sans peine de remplir mes contenants réutilisables. Ce sera le cas dans la majorité des petits commerces que je fréquenterai assidûment au cours du prochain mois. Boucheries, fromageries, poissonneries : à peu près partout, on accepte les contenants réutilisables.

Pourquoi pas au supermarché ? Question de salubrité, explique le président de l’Association des détaillants, Pierre-Alexandre Blouin. « On est responsables de fournir au consommateur un produit qui ne mettra pas sa santé en danger. » Concrètement, après avoir rempli chaque contenant apporté de l’extérieur, le boucher (ou le poissonnier) doit désinfecter de nouveau son plan de travail pour s’assurer qu’aucune bactérie ne le contamine. « On ne peut pas se permettre de faire ça avec l’affluence qu’on a dans nos supermarchés. »

JOUR 2

Amazon me livre la bible des opposants au plastique : le livre Plastic Free, de l’Américaine Beth Terry, une comptable d’Oakland qui vit depuis plus de 10 ans sans avoir recours à aucun emballage ou objet fait de plastique, incluant les bons vieux plats Tupperware ou les bouteilles réutilisables. Après avoir vu la photo d’un squelette d’oiseau dont l’estomac était rempli d’articles de plastique, elle est devenue une militante antiplastique. En parcourant son ouvrage, on réalise à quel point le plastique fait intimement partie de nos vies. Il est dans nos frigos et nos placards, dans nos ustensiles de cuisine, de ménage, dans nos pharmacies, nos portefeuilles, nos placards à balais, dans nos vêtements, nos souliers, dans le ruban gommé, le matériel de plein air, les boîtes de mouchoirs… Le plastique est au troisième rang des matériaux les plus fabriqués par l’homme, après le ciment et l’acier.

Ironiquement, mon colis est livré dans une boîte en carton… remplie d’une pléthore de petits sacs de plastique gonflés d’air. Bonjour, le paradoxe.

JOUR 6

C’est l’histoire de ma vie : il n’y a plus rien dans le frigo. La nuée de sauterelles qui vit chez moi a (encore) tout dévoré. Il est 17 h et je n’ai pas beaucoup de temps. Direction : mon supermarché de quartier. Au comptoir des poissons, le préposé m’informe que des sacs de papier sont offerts. Je regarde les sacs d’un œil suspicieux. Extérieur apparence aluminium, intérieur probablement plastifié. Mais bon, pour ce soir, ça ira. Pendant que j’ai le dos tourné, le commis emballe mon gros morceau de poisson… dans une barquette de plastique et deux couches de film alimentaire. « C’était trop gros pour tenir dans nos sacs de papier », me dit-il piteusement en tendant l’emballage.

Je baisse les bras. Je n’ai ni le temps ni l’énergie de courir ailleurs. Ce soir, mon repas sera full plastique.

JOUR 8

J’ai fini par dénicher des sacs à déchets sans plastique, faits d’amidon de maïs, et pas faciles à trouver. Maintenant, il faut régler la partie « lavage ». Et surgit cette question : pourquoi les fabricants insèrent-ils systématiquement une mesure de plastique dans chaque boîte de savon à laver ? Imaginez le nombre de mesures de plastique qui se retrouvent (inutilement) à la poubelle chaque année… Enfin. Que de questions.

Je débarque à l’épicerie zéro déchet pour remplir mon contenant réutilisable de savon à linge. On m’y parle des noix de lavage. Ces noix sont saturées de saponine, une molécule produite naturellement par les plantes qui se dissout dans votre eau de lavage et agit comme un détergent. On place les noix dans un petit sac de tissu et hop, on lave. Ça dure quatre ou cinq lavages. Et ça marche.

JOUR 10

Avec plusieurs membres de ma famille, je participe à un événement sportif. Quelques jours avant, j’ai dû faire des achats dans un magasin de sport. Tout est emballé dans le plastique. Je n’ai pas vraiment d’autres options. Mais la défaite est totale quand je réalise que j’ai oublié mon sac réutilisable. Je ressors du magasin avec l’ennemi numéro un en main : le sac de plastique.

Sur place, au jour J, c’est le festival du plastique. Les poubelles débordent de bouteilles de Gatorade, de couvercles de verres à café, d’emballages de barres énergétiques… Le repas offert aux sportifs est évidemment présenté dans du plastique : assiette, couverts, film alimentaire, contenant de salade de chou…

Échec et mat du zéro plastique aujourd’hui. Au moins, j’avais ma bouteille réutilisable.

JOUR 19

Visite à l’hôpital Sainte-Justine. À la cafétéria, je cherche à éviter les couverts jetables. Or, c’est impossible. Vérification faite, l’hôpital n’offre aucun couvert non jetable. Tout, absolument tout, les assiettes, les ustensiles, les barquettes, les bouteilles, tout est flanqué à la poubelle ou, pour certains articles choisis, au recyclage. La quantité de déchets générés donne le vertige.

Les vrais mordus du zéro déchet cuisinent beaucoup, apportent leur lunch et, surtout, se promènent en permanence avec leurs contenants repliables et refermables qui incluent les ustensiles, qu’ils utilisent dans les restaurants pour éviter les couverts jetables. J’avoue que je ne me suis pas rendue là.

Un soir, la famille réclame un repas commandé au resto. Après une certaine réflexion (il y a du plastique dans les boîtes de poulet, dans les barquettes de sushis, le libanais est livré dans du styromousse), nous avons opté pour une pizza. Livrée dans un carton.

JOUR 30

Que retenir de cette expérience ? Que le virage vers la réduction du plastique est relativement aisé à prendre quand on y va une étape à la fois. Facile, par exemple, d’aller faire l’achat de quelques sacs de tissu ou de pochettes en filet dans un Dollarama, qu’on apporte à l’épicerie pour y placer ses fruits et légumes. Pas vraiment compliqué non plus d’aller faire de temps en temps le plein de produits ménagers ou de soins personnels dans un magasin zéro déchet, en réutilisant systématiquement ses contenants. Traîner un sac réutilisable pliable, une gourde et une paille en bambou dans son sac à main. Apporter son assiette et ses ustensiles au bureau.

Bref, objectif zéro plastique, mais une étape à la fois.

ET LE RECYCLAGE ?

Pourquoi éviter de consommer du plastique, puisqu’on peut le recycler ? D’abord, il faut savoir qu’au Québec, 82 % des plastiques finissent à la poubelle et non dans le bac vert. De plus, le plastique, contrairement au verre, se dégrade dans l’opération recyclage. Le plastique issu d’une bouteille d’eau, par exemple, ne pourra pas être utilisé pour fabriquer une nouvelle bouteille d’eau. Il sera utilisé pour fabriquer un tapis ou une veste de laine polaire. Il faudra donc produire de nouveau du plastique pour fabriquer une autre bouteille d’eau, ce qui consomme du pétrole, l’ingrédient numéro un du plastique. Le terme downcycling résume bien cette lente dégradation de la matière plastique au fil des recyclages. Au vu des dommages que la production et le rejet de matières plastiques causent à l’environnement, l’idéal est donc de réduire à la source la consommation de matière plastique.

UN MOIS 100 % PLASTIQUE

À l’inverse de la reporter Katia Gagnon, qui a banni le plastique pendant un mois, le photojournaliste Martin Tremblay a conservé tout ce que son foyer de quatre personnes a consommé en septembre. Au total, ce sont sept grands sacs à ordures qu’il a ainsi apportés au studio de La Presse pour la séance photo.

LES HÉROS DU ZÉRO

Ils vivent leur vie sur le mode zéro déchet et, parfois, en ont même fait leur gagne-pain. Voici cinq héros du zéro. — Katia Gagnon

Andréanne Gauvin et Marie-Soleil L’Allier

Andréanne Gauvin et Marie-Soleil L’Allier ont fondé, avec deux collègues d’université, la première épicerie zéro déchet au Québec il y a deux ans à peine. À sa première année d’exploitation, l’épicerie LOCO, située dans Villeray, atteint le million de dollars de chiffre d’affaires. Depuis, une deuxième succursale a ouvert ses portes à Verdun et une troisième doit ouvrir bientôt à Brossard. Les quatre fondatrices ont maintenant 23 employés. « La demande est là », constate Marie-Soleil L’Allier. En plus d’être offerts pour la plupart sans emballage, les produits de l’épicerie sont issus de l’agriculture biologique et, souvent, de producteurs locaux. « Notre objectif était de verdir le secteur de l’alimentation au Québec », explique Andréanne Gauvin.

Marion Demers

L’aventure de l’entrepôt Nousrire a commencé en 2015. Trois colocataires ont créé un groupe d’achat de produits biologiques sur Facebook et ont enregistré 50 commandes. Trois ans plus tard, Nousrire, c’est une communauté de près de 10 000 acheteurs qui se retrouvent partout au Québec et une équipe rémunérée de 35 personnes. L’entreprise enregistre votre commande et vous la livre à l’entrepôt, quelques semaines plus tard, lors de jours définis pour la collecte. « La clientèle se présente avec ses propres contenants pour emballer la commande », explique Marion Demers. Les produits sont biologiques, équitables et offerts au prix d’un produit ordinaire au supermarché. « Nousrire, c’est une expérience. Une de nos missions, c’est de rassembler les gens. On a voulu ramener l’humain au centre de l’approvisionnement », dit Mme Demers.

Laure Caillot

Depuis cinq ans, Laure Caillot est à la tête d’une famille zéro déchet. Après avoir lu le livre de Bea Johnson, une Américaine dont la famille produit moins d’un litre de déchets par an, Mme Caillot a décidé de se lancer dans l’aventure. Premier geste : elle s’est rendue dans une boutique, près de chez elle, qui vendait des produits ménagers en vrac. Couches lavables, achats en vrac, produits d’hygiène dans des contenants remplissables, peu à peu, la famille a changé ses habitudes pour diminuer le plus possible les déchets. « Il n’y a pas de recette pour le zéro déchet », estime-t-elle, sinon celle d’y aller à son rythme, par étapes.

Simon Gosselin-Barbeau

Simon Gosselin-Barbeau, 21 ans et charpentier de formation, a lancé Vrac sur roues il y a un an. C’est un service d’achat en vrac où on commande sur l’internet. La livraison se fait, par la suite, à vélo. Bien sûr, vous devez fournir vos propres contenants à l’arrivée. Le service est donc garanti zéro déchet et zéro gaz carbonique. « Quand je parlais de la philosophie zéro déchet autour de moi, la principale objection des gens, c’était qu’ils ne voulaient pas courir à plusieurs endroits pour faire l’épicerie. C’est pour ça que j’ai lancé mon entreprise, pour amener le zéro déchet chez les gens ! » résume-t-il.

Mélissa de La Fontaine

La Montréalaise vit depuis près de cinq ans en produisant très peu de déchets : au cours d’une année complète, elle ne produit généralement que trois petits sacs poubelles. Elle achète en vrac, apporte ses contenants chez les marchands, cuisine beaucoup et fabrique elle-même ses produits d’hygiène personnelle. « Je mange mieux, je cuisine plus, et c’est meilleur pour ma santé. En plus, il n’y a aucun produit chimique chez moi », dit-elle. Au global, vivre sans déchet fait également économiser de l’argent, a-t-elle calculé. « Par exemple, je paie 400 $ de moins par an en produits cosmétiques. Je fais mon propre déodorant et mes produits ménagers », dit-elle.

UN PARADOXE EN VERRE Katia Gagnon

Moins consommer de plastique, d’accord. Mais par quoi le remplacer ? Généralement, par du verre. Or, où finit la grande majorité du verre placé dans votre bac de recyclage ? Au dépotoir.

Les experts s’entendent pour dire que le verre est la matière idéale pour remplacer le plastique. D’abord, parce que les contenants de verre sont facilement lavables et réutilisables. De plus, ils sont recyclables presque à l’infini, car contrairement au plastique, ils ne se dégradent pas dans le processus. Un pot de verre peut facilement redevenir… un pot de verre en passant dans les fourneaux d’une fonderie. Produire une tonne de verre recyclé permet d’ailleurs d’économiser une demi-tonne de gaz carbonique.

Cependant, au Québec, le recyclage du verre pose problème depuis des années. À cause de la collecte qui se fait de façon pêle-mêle, le verre éclate généralement dans le transport. Ce faisant, il contamine d’autres matières, comme le papier, qui peuvent ainsi être plus difficilement revendues.

Le verre est lui-même contaminé par d’autres déchets, ce qui fait que les (très rares) fonderies québécoises ne peuvent utiliser une grande partie du verre issu des centres de tri. La fonderie Owens-Illinois de Montréal, par exemple, n’intègre que 30 % de verre récupéré sur le sol québécois à sa production, contrairement à 80 % dans ses installations situées en Italie.

« Cette situation est un non-sens depuis des années. »

— Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets

M. Ménard se bat notamment depuis des lustres pour que la Société des alcools du Québec, qui vend 200 millions de bouteilles de vin par an au Québec, mette sur pied une consigne. La chose est à l’étude à Québec par un groupe de travail.

Bref, qu’arrive-t-il à ces contenants de verre que vous mettez au recyclage ? Le tiers est envoyé à des recycleurs, qui l’ajoutent généralement à du béton pour le rendre plus résistant. Le reste, soit les deux tiers des contenants de verre, est réduit en poudre et envoyé au dépotoir comme « matériel de recouvrement ». Il faut savoir qu’un dépotoir est construit comme un gâteau à plusieurs couches : une strate de déchets, suivie d’une couche de matériel de recouvrement. Plutôt que d’utiliser de la terre, du sable ou du gravier, on emploie donc votre pot de sauce à spaghetti en verre ou votre bouteille de vin.

Enfin une logique respectée et imposée

NDLR: Exceptionnellement, ce blogue est publié aujourd’hui avec du retard. Je sais que plusieurs d’entre vous aiment parcourir le blogue en sirotant leur premier café du matin et je m’en excuse au nom de Dame nature qui a décidé hier, après l’orage, de nous priver de l’Internet pour une bonne quinzaine d’heures. Ah, technologie… quand tu nous tiens !

C’EST FINI LES STEAKS DE TOFU DANS LE MISSOURI

CHICAGO | (AFP) Le Missouri est devenu le 28 août dernier, le premier des 50 États américains à définir officiellement la viande comme un aliment issu des animaux, empêchant les produits d’origine végétale d’utiliser cette appellation, au plus grand plaisir des éleveurs.

Fini donc les « steaks » au tofu ou les « saucisses » végétariennes. Les producteurs ne peuvent dorénavant plus commercialiser des substituts de viande d’origine végétale avec des termes habituellement réservés à la viande.

Le projet de loi, approuvé en mai, a été soutenu par l’industrie du bœuf, puissante dans cet État rural du centre du pays.

« Il s’agit de protéger l’intégrité des produits que les familles dans les fermes et les ranchs travaillent dur pour élever, à travers le pays, chaque jour », a expliqué une association d’éleveurs du Missouri, espérant voir d’autres États suivre cet exemple.

PLAINTE

The Good Food Institute, une association qui promeut pour sa part les produits alternatifs à la viande conventionnelle, avait exprimé son mécontentement en portant plainte devant un tribunal fédéral précédemment.

Le débat autour de la labellisation de la viande prend de l’importance aux États-Unis, où l’Association des éleveurs de bovins américains (USCA) a déposé auprès du ministère de l’Agriculture une pétition réclamant que le mot « viande » soit réservé à la chair d’un animal né, élevé et abattu de façon traditionnelle.

« On a commencé à voir arriver dans les rayons viandes des supermarchés des produits dont l’emballage et la présentation peuvent faire croire aux consommateurs qu’il s’agit d’une version plus saine de la viande traditionnelle, ou même de viande pure et simple, avait argué Lia Biondo, de l’USCA. On essaie de prendre les devants. »

En France, les députés ont adopté en avril un amendement visant à « interdire certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur ». Le texte vise notamment les produits « qui associent des termes comme «steaks», «filet», «bacon», «saucisse», à des produits qui ne sont pas uniquement, ou pas du tout, composés de viande ».

Il faut appeler un chat, un chat !

C’est encore bon ou non???

Presque tous les produits sont frappés d’une date de péremption ou, si vous préférez, une date d’expiration. Est-ce qu’il faut s’y fier? Certains produits sensibles peut-être. Pour d’autres, on se demande encore la raison d’être de cette date. La fraîcheur pourrait être une plus juste raison mais encore là, c’est discutable.

Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, les brasseurs apposaient une date, qui dépassait rarement 6 mois, sur leurs cannettes et bouteilles de bière… Loin d’être concluante, l’initiative est vite disparue et a duré le temps des roses.

Quoi qu’il en soit, le tableau qui suit n’est pas exhaustif mais donne une idée de certains produits qu’on pourrait qualifier d’indestructibles… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Souvent la texture, l’odeur et le goût sont de meilleurs indicateurs.