Cancer et gériatrie

Avec le vieillissement, la maladie s’installera un jour ou l’autre. Pourquoi l’âge est un facteur important dans le risque d’avoir un cancer ?

C’est à cette question que le Docteur en biochimie Richard Béliveau se prononçait dans sa chronique du Journal de Montréal du 7 décembre dernier. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

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POURQUOI LES PERSONNES ÂGÉES SONT-ELLES PLUS TOUCHÉES PAR LE CANCER ?

Selon une fascinante découverte de chercheurs américains, l’accumulation au cours du vieillissement d’une molécule générée par le métabolisme favoriserait la progression du cancer sous forme de métastases.

L’ADN de nos cellules est constamment soumis à diverses agressions qui affectent sa structure et introduisent des mutations qui haussent le risque de cancer.

Ces dommages s’accumulent avec le temps et c’est pour cette raison que l’âge représente le principal facteur de risque de cancer : par exemple, alors qu’à peine 1 % de la population âgée de moins de 40 ans est touché par un cancer de stade avancé, qui possède un caractère invasif, cette proportion grimpe de façon exponentielle avec le temps pour atteindre près du tiers des hommes et du quart des femmes âgées de plus de 60 ans

PERTE DE DIFFÉRENTIATION

Selon une étude récemment parue dans le prestigieux Nature, l’apparition plus fréquente des cancers invasifs chez les personnes âgées ne serait cependant pas seulement due à la durée d’exposition plus longue aux agents mutagènes.

On sait depuis plusieurs années que l’environnement dans lequel évoluent les cellules cancéreuses joue un rôle très important dans la progression tumorale. Pour déterminer si le vieillissement pourrait affecter cet environnement et favoriser l’évolution du cancer, les chercheurs ont examiné les changements morphologiques de cellules cancéreuses exposés à des sérums provenant du sang de personnes jeunes (moins de 30 ans) ou âgées (plus de 60 ans).

Ils ont remarqué qu’en présence des sérums provenant des personnes âgées, les cellules cancéreuses changeaient complètement de forme et devenaient similaires à des cellules souches, non différenciées, une caractéristique de cellules cancéreuses en train d’acquérir la propriété de former des métastases.

L’injection de ces cellules cancéreuses exposées au sérum de personnes âgées à des animaux a effectivement entraîné la formation de métastases, alors que celles qui avaient été exposées au sérum de personnes jeunes en étaient incapables.

Ces observations suggèrent donc que le vieillissement est associé à l’apparition d’un composé prométastatique dans le sang qui potentialise le caractère invasif des cellules cancéreuses.

ACIDE MÉTHYLMALONIQUE

Il est possible que ce facteur soit d’origine métabolique, car plusieurs interventions qui altèrent le métabolisme, en particulier une bonne alimentation (riche en végétaux, pauvre en aliments ultratransformés), l’exercice physique et la restriction calorique, sont connues pour diminuer considérablement le risque de cancer et de métastases.

En utilisant la science du métabolomique, les chercheurs ont donc comparé le profil métabolique des sérums provenant de personnes jeunes et âgées et sont parvenus à identifier trois molécules présentes en plus grandes quantités dans le sang des personnes âgées, soit le phosphoénolpyruvate, le quinolinate et l’acide méthylmalonique (MMA).

De ces trois métabolites, seul le MMA est capable de reproduire le changement de morphologie des cellules cancéreuses observé à la suite de l’exposition au sérum provenant des personnes âgées, ce qui indique que cette molécule pourrait représenter le facteur prométastatique présent dans ces sérums.

Il est également suggéré par l’observation que les niveaux de MMA sont beaucoup plus élevés (de 10 à 100 fois) dans le sang des personnes de plus de 60 ans que chez celles de moins de 30 ans.

REPROGRAMMATION GÉNÉTIQUE

L’augmentation des propriétés invasives des cellules cancéreuses par le MMA est due à l’impact majeur de ce métabolite sur l’expression d’une foule de gènes connus pour jouer un rôle important dans le processus métastatique. Cette reprogrammation génétique semble principalement due à l’activation du gène SOX4, un facteur de transcription connu pour jouer un rôle central dans la progression de plusieurs types de cancers agressifs et la formation de métastases.

Globalement, ces résultats indiquent donc que l’accumulation de MMA dans le sang au cours du vieillissement crée un climat qui favorise l’évolution de la progression tumorale et de la formation de métastases, et contribue donc à la hausse d’incidence de cancers agressifs observés chez les personnes plus âgées.

Peut-on atténuer l’accumulation de MMA observée au cours du vieillissement ? Il faut noter que ce métabolite est produit par le métabolisme du propionate, lui-même généré par la dégradation de certains acides aminés spécifiques (à chaîne latérale ramifiée). Les études montrent que les taux sanguins de ces acides aminés sont beaucoup plus élevés chez les personnes obèses et résistantes à l’insuline, deux conditions qui sont associées à une hausse du risque de cancer.

Il est donc possible qu’une production accrue de MMA causée par un excès de ces acides aminés favorise la progression tumorale chez ces personnes. Une autre raison de demeurer aussi mince que possible pour réduire le risque de cancer et améliorer l’espérance de vie.

Un Noël différent

À vous tous, fidèles lecteurs et lectrices, et malgré la pandémie qui persiste, je vous souhaite un Noël qui sera forcément inoubliable et mémorable par sa différence, mais qui vous remplira de joie, de bonheur, de paix, d’amour et de partage.

Dans cette vie trépidante, prenez le temps de vous arrêter. Du temps de qualité auprès de vos proches. Confiné certes, mais avec nos technologies on peut être à côté, malgré la distance.

Une période pour célébrer exceptionnellement dans votre bulle familiale, en toute intimité. N’oubliez jamais que la quantité n’est pas un gage de qualité. En fait, c’est souvent le contraire.

Au moment des réjouissances, ayez une pensée profonde pour ceux et celles qui ne peuvent partager les mêmes instants parce qu’ils ont perdu un être cher, ont faim, sont abandonnés, violentés et abusés, ou qui ont perdu tout le sens profond de cette célébration.

Enfin, en cette journée magique, gardez candidement votre cœur d’enfant pour savourer pleinement ce qui compte vraiment : le moment présent !

Joyeux Noël !

La Nuit avant Noël

C’était la nuit de Noël, un peu avant minuit,

A l’heure où tout est calme, même les souris.

On avait pendu nos bas devant la cheminée,

Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,

Les enfants sages s’étaient déjà endormis.

Maman et moi, dans nos chemises de nuit,

Venions à peine de souffler la bougie,

Quand, au dehors, un bruit de clochettes,

Me fit sortir d’un coup de sous ma couette.

 

Filant comme une flèche vers la fenêtre,

Je scrutais tout là-haut le ciel étoilé.

Au-dessus de la neige, la lune étincelante,

Illuminait la nuit comme si c’était le jour.

Je n’en crus pas mes yeux quand apparut au loin,

Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

Dirigés par un petit personnage enjoué :

C’était le Père Noël je le savais.

Ses coursiers volaient comme s’ils avaient des ailes.

Et lui chantait, afin de les encourager :

« Allez Tornade !, Allez Danseur ! Allez , Furie et Fringuant !

En avant Comète et Cupidon ! Allez Éclair et Tonnerre !

Tout droit vers ce porche, tout droit vers ce mur !

Au galop au galop mes amis ! au triple galop ! »

Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,

Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles.

Les coursiers s’envolèrent, jusqu’au-dessus de ma tête,

Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

 

Peu après j’entendis résonner sur le toit

Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

Une fois la fenêtre refermée, je me retournais,

Juste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,

Étaient un peu salis par la cendre et la suie.

Jeté sur son épaule, un sac plein de jouets,

Lui donnait l’air d’un bien curieux marchand.

Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,

Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

Une petite bouche qui souriait tout le temps,

Et une très grande barbe d’un blanc vraiment immaculé.

De sa pipe allumée coincée entre ses dents,

Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond

Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,

Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

Mais d’un clin d’œil et d’un signe de la tête,

Il me fit comprendre que je ne risquais rien.

Puis sans dire un mot, car il était pressé,

Se hâta de remplir les bas, jusqu’au dernier,

Et me salua d’un doigt posé sur l’aile du nez,

Avant de disparaître dans la cheminée.

Je l’entendis ensuite siffler son bel équipage.

Ensemble ils s’envolèrent comme une plume au vent.

Avant de disparaître le Père Noël cria :

« Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit »

Un conte de Clément Clarke Moore

NDLR.: Ce conte était le dernier de la série pour cette année. Merci de vos commentaires et de votre assiduité. On se donne rendez-vous en décembre 2021, pour la suite des merveilleux contes de Noël. D’ici là, gardez votre cœur d’enfant.

Et pendant que j’y pense, si vous avez l’imagination fertile et composez des contes de Noël, je vous offre de les publier, l’an prochain, dans ce blogue. Envoyez-les-moi (nantel.normand@gmail.com) et je me ferai un immense plaisir d’en faire bénéficier mes lecteurs, grands comme petits, l’an prochain. N’oubliez pas d’y spécifier le nom de l’auteur.

La livraison des achats en ligne

La pandémie a fait en sorte que les achats en ligne ont explosé. Les livreurs travaillent sept jours sur sept et souvent, faute de réponses aux portes, laissent les colis, comme ça, sans surveillance, profitant aux voleurs de partir avec le butin.

Le Journal de Montréal, dans son édition du 24 novembre dernier, traitait de la question sous la plume de Stéphane Desjardins. Voici ce qui en découle.

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QUELS SONT VOS RECOURS CONTRE LE VOL DE COLIS LIVRÉS À LA MAISON ?

Vous magasinez en ligne ou au téléphone, on vous livre votre achat à la maison… et il est volé ! Voici quelques conseils.

C’est un véritable fléau.

Même la police s’en préoccupe. Avec l’explosion du magasinage en ligne en contexte de pandémie, des millions de colis sont livrés par des services de messagerie. Des livreurs les abandonnent au pas de la porte, souvent à la vue de tout le monde ! Des dizaines de boîtes et d’enveloppes s’accumulent dans les halls des tours à condos. Certains voleurs suivent à la trace les camions de livraison…

En cas de vol, qui est responsable ?

« Lorsque vous faites un achat à distance, que la livraison soit gratuite ou non, c’est le commerçant qui doit s’assurer que vous le receviez sans encombre, explique Charles Tanguay, porte-parole de l’Office de la protection du consommateur (OPC).

À moins qu’il ne vous demande spécifiquement l’autorisation de le déposer devant votre domicile en votre absence, le commerçant doit vous le remplacer ou vous rembourser en cas de vol. Même si le livreur a photographié votre colis déposé à votre porte. »

Certains commerçants s’en lavent les mains et renvoient le consommateur au service à la clientèle de leur compagnie de messagerie.

Or, le consommateur n’a aucun lien avec cette compagnie : il a réglé son achat avec le commerçant, pas le messager.

VOS RECOURS

Quels sont ces recours ? Si un commerçant refuse de vous rembourser ou de vous expédier un produit de remplacement, vous pouvez lui envoyer un courriel lui annonçant que la vente est annulée (aucune limite de temps n’encadre cette demande).

Par contre, le commerçant a 15 jours pour vous rembourser. Sinon, vous avez 60 jours pour demander une rétrofacturation à l’émetteur de la carte de crédit (infos : www.opc.gouv.qc.ca/consommateur/sujet/achat/internet/annulation/remboursement/).

En cas de refus, vous pouvez poursuivre le commerçant et l’émetteur de la carte aux petites créances (info : www.opc.gouv.qc.ca/consommateur/probleme-commercant/etapes/).

Ça en vaut la peine si le bien volé totalise plusieurs centaines voire des milliers de dollars. Des consommateurs ont souvent gain de cause par la simple menace d’aller en cour.

CONSEILS

1- Si possible, optez pour la livraison avec signature. En cas d’absence, le messager laisse un avis indiquant que le colis est envoyé dans un site de ramassage. Si c’est impossible, surveillez la progression en ligne et demandez à un voisin de le récupérer.

2- Faites livrer vos colis à un endroit sécurisé : votre travail (demandez la permission à votre employeur), un centre de dépôt de Postes Canada (des frais s’appliquent). Chez un commerçant prêt à vous rendre service, chez un voisin ou un proche qui sera à la maison au moment de la livraison.

3- Équipez votre entrée d’une caméra de surveillance (à partir de 60 $) avec détection de mouvement, enregistrement diurne et nocturne et lien avec votre téléphone.

4- Vous achetez beaucoup en ligne ? Installez une boîte à colis avec cadenas (de 100 $ à 550 $ dans les grandes surfaces ou en ligne).

Les bonbons d’or

Il était une fois des jumeaux qui avaient reçu un jeu de fléchettes pour leur anniversaire. Évidemment, ils n’avaient pas le droit de lancer les fléchettes ailleurs que sur la cible que leur papa avait fixée sur un mur de la salle de jeu. Hélas ! leurs parents avaient beau les punir, Guillaume avait réussi à briser un précieux vase à fleurs et Alexandre avait jeté une lampe par terre en tirant des flèches un peu partout dans la maison.

Un jour, leur maman reçut une fléchette dans le dos pendant qu’elle préparait le souper sur la cuisinière.

– Ah ! là. C’est assez ! dit-elle, très fâchée. Plus de jeu de fléchettes, c’est fini !

Elle s’empara alors d’un bout de papier et y inscrivit un petit mot. Puis elle enroula le billet autour d’une flèche, ouvrit la porte de la maison et, avec l’arc, l’envoya très haut vers le ciel. La flèche partit à toute vitesse et monta, monta si haut qu’elle disparut à leur regard.

– Qu’est-ce que tu fais, maman ? demandèrent les jumeaux, un peu inquiets.

– J’envoie un message au pôle Nord pour dire au père Noël à quel point vous êtes gentils et obéissants… Hum !

Les jumeaux savaient bien que maman n’avait pas écrit dans son message qu’ils se montraient gentils et obéissants… ils se mirent alors à pleurer.

– Oh non, maman ! T’as pas fait ça ? T’as pas dit la vérité au père Noël à notre sujet ? Il ne voudra plus nous apporter des cadeaux, maintenant !

– Tant pis ! répondit maman. Je pense que vous n’en méritez pas, mes enfants. Vous ne m’écoutez jamais ! De toute façon, il est trop tard, la flèche est partie.

Elle mit le reste des fléchettes à la poubelle sauf une. Guillaume et Alexandre ne cessèrent de se lamenter le reste de la journée, ce qui n’améliora pas l’humeur de leur mère.

Le même après-midi, le père Noël était en train de ranger des jouets dans son traîneau quand il reçut une flèche en plein sur le bras.

– Ouille ! Ouche ! Qu’est-ce que c’est ça ?

La fée des Étoiles vit le père Noël se frotter en faisant une grimace.

– Qu’est-ce qui vous arrive, père Noël ?

– Je viens de recevoir un message de la terre. Certains enfants ne sont pas très sages, je pense. Je serais bien attristé de ne pas leur apporter leurs cadeaux, moi !

– Ne vous inquiétez pas, père Noël, je vais arranger ça !

La fée donna alors trois coups de sa baguette magique sur la coupe de liquide doré qu’elle tenait dans ses mains en prononçant une formule magique. Aussitôt, le liquide se transforma en milliers de bonbons d’or.

– Abracadabra, tous les enfants de la terre qui mangeront ces bonbons-là deviendront sages jusqu’à Noël.

Quelques jours plus tard, Guillaume et Alexandre s’en furent au centre commercial pour visiter le père Noël avec leurs parents. Ils avaient un peu peur car ils se souvenaient du message envoyé par leur mère. Le père Noël les écouta gentiment énumérer la liste des cadeaux qu’ils espéraient recevoir et il leur fit promettre d’être sages. Les deux jumeaux baissèrent la tête, s’attendant à se faire gronder. Mais le père Noël ne dit rien au sujet de leur comportement. Au contraire, il leur offrit même un bonbon d’or qu’ils s’empressèrent d’avaler en lui trouvant un goût étrange.

De retour à la maison, les deux garçons se mirent à ramasser leurs traîneries, à jouer sans se chamailler et à obéir fidèlement à leurs parents. Ils se montrèrent tellement sages qu’ils reçurent à Noël tout ce dont ils rêvaient et même davantage. Le plus surprenant, c’est qu’ils restèrent sages même après Noël !!!

Le lendemain du réveillon, le père Noël, en train de se reposer sur sa chaise berçante, reçut une autre flèche sur une jambe. Elle portait un nouveau message sur lequel était écrit : Merci, père Noël, d’avoir rendu mes enfants sages ! J’aimerais bien recevoir votre recette de bonbons d’or, s’il vous plaît. « Le père Noël fit un clin d’œil à la fée des Étoiles et il se mit à rire. On entendit longtemps son rire résonner dans le ciel.

Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012. 

Noël, une journée gorgée de souvenirs

Alors que dans ma jeunesse, le côté religieux de cette grande fête de la nativité de Jésus était souligné, aujourd’hui, c’est devenu une fête commerciale. 

Pour beaucoup de gens, la crèche est malheureusement disparue.

Une fois les cadeaux déballés, le quotidien reprend sa place. Tous ces préparatifs qui ont duré des semaines, s’envolent en quelques heures.

AU TRAVAIL

Maintenant retraité, je me rappelle aussi, de ces nuits de Noël passées au travail pour faire ma part de protéger et servir les citoyens de Longueuil. Je laissais mon épouse et mon fils continuer les festivités, pour aller « faire ma nuit ». C’est arrivé très souvent. En équipe, on se faisait un p’tit lunch pour célébrer à notre façon… et la nuit passait.

Les gens continuaient de se taper sur la gueule, à cause d’un verre de trop. Une fois, en débutant mon quart de travail, un 24 décembre à 23 heures, un appel rentre au poste : un accident mortel, juste avant le réveillon. À une seule heure des festivités ! Triste réalité. Ça casse un party. L’annoncer aux familles… pas facile pour les policiers, qui demeurent des humains ! Des réalités qui marquent.

En contrepartie, quand je ne travaillais pas la nuit de Noël, je personnifiais le vrai père Noël… et jamais, au grand jamais, mes petits-enfants ne m’ont reconnu. Avec mon costume haut de gamme et mon tour de taille en prérequis, c’était à s’y méprendre. Même mon fils, enfant, ne s’en était jamais douté. Il a bien fallu tout avouer… alors qu’il avait huit ans. J’adorais jouer le père Noël !

LES ANGES

Nous n’étions pas les seuls à travailler : les policiers, pompiers, ambulanciers, le personnel médical de partout, tous en état d’alerte pour tenir le fort, étaient prêt à intervenir. C’est la routine de ceux et celles chargés de la protection des autres. Le genre de travail qui n’a pas de samedis, de dimanches, de jours fériés… on s’y fait et je dois avouer que, malgré tout, j’aimais cette particularité de mon travail. Ces personnes sont des anges qui nous permettent de s’endormir paisiblement chaque nuit. Ils sont aux aguets.

Je me souviens également de ces personnes esseulées qui nous appelaient pour parler, obtenir un peu de réconfort dans cette solitude. D’autres, alcoolisés et dans les vapes, provoquaient des éclats de rires en nous exprimant leurs vœux par la parole ou en chanson.

UN NOËL CONFINÉ

Et cette année, on aura un Noël confiné, du moins pour ceux et celles qui prennent cette pandémie très au sérieux. C’est notre cas ! On se reprendra l’an prochain. J’ai déjà vécu 68 Noëls, celui-ci sera différent mais tout aussi important… avec ma conjointe en regardant la télé qui, contrairement au temps de notre enfance, diffuse son lot de chaînes 24 heures par jour.

On développera nos cadeaux en même temps que la famille de notre fils, via les vidéoconférences, une nouveauté. Le reste sera comme avant : un dodo et un réveil normal comme tous les autres jours de l’année mais le cœur léger et heureux d’avoir pris la bonne décision.

CONTRE MAUVAISE FORTUNE BON COEUR

Pour philosopher un brin, prenons ce Noël comme une opportunité, une autre façon de célébrer comme jamais on a connu. Une expérience de plus à notre vécu. Découvrir une nouvelle forme de Noël qu’on ne soupçonnait même pas. Et avec les technologies qui existent, la distance n’a plus d’importance, parce qu’on peut se voir sans se contaminer, et avec le sourire. Tout le monde y trouve son compte.

Sur un calendrier, la date du 25 décembre est illustrée comme toutes les autres, parce que Noël c’est d’abord dans notre cœur que ça se passe, COVID ou pas.

La petite fille et les allumettes

Voici un compte du temps des Fêtes, écrit par Hans Christian Andersen en 1876, et qui devrait vous tirer quelques larmes.

Comme il faisait froid ! la neige tombait et la nuit n’était pas loin ; c’était le dernier soir de l’année, la veille du jour de l’An. Au milieu de ce froid et de cette obscurité, une pauvre petite fille passa dans la rue, la tête et les pieds nus. Elle avait, il est vrai, des pantoufles en quittant la maison, mais elles ne lui avaient pas servi longtemps : c’étaient de grandes pantoufles que sa mère avait déjà usées, si grandes que la petite les perdit en se pressant de traverser la rue entre deux voitures. L’une fut réellement perdue ; quant à l’autre, un gamin l’emporta avec l’intention d’en faire un berceau pour son petit enfant, quand le ciel lui en donnerait un.

La petite fille cheminait avec ses petits pieds nus, qui étaient rouges et bleus de froid ; elle avait dans son vieux tablier une grande quantité d’allumettes, et elle portait à la main un paquet. C’était pour elle une mauvaise journée ; pas d’acheteurs, donc pas le moindre sou. Elle avait bien faim et bien froid, bien misérable mine. Pauvre petite ! Les flocons de neige tombaient dans ses longs cheveux blonds, si gentiment bouclés autour de son cou ; mais songeait-elle seulement à ses cheveux bouclés ? Les lumières brillaient aux fenêtres, le fumet des rôtis s’exhalait dans la rue ; c’était la veille du jour de l’An : voilà à quoi elle songeait.

Elle s’assit et s’affaissa sur elle-même dans un coin, entre deux maisons. Le froid la saisit de plus en plus, mais elle n’osait pas retourner chez elle : elle rapportait ses allumettes, et pas la plus petite pièce de monnaie. Son père la battrait ; et, du reste, chez elle, est-ce qu’il ne faisait pas froid aussi ? Ils logeaient sous le toit, et le vent soufflait au travers, quoique les plus grandes fentes eussent été bouchées avec de la paille et des chiffons.

Ses petites mains étaient presque mortes de froid. Hélas ! qu’une petite allumette leur ferait du bien ! Si elle osait en tirer une seule du paquet, la frotter sur le mur et réchauffer ses doigts ! Elle en tira une : ritch ! comme elle éclata ! comme elle brûla ! C’était une flamme chaude et claire comme une petite chandelle, quand elle la couvrit de sa main. Quelle lumière bizarre ! Il semblait à la petite fille qu’elle était assise devant un grand poêle de fer orné de boules et surmonté d’un couvercle en cuivre luisant.

Le feu y brûlait si magnifique, il chauffait si bien ! Mais qu’y a-t-il donc ! La petite étendait déjà ses pieds pour les chauffer aussi ; la flamme s’éteignit,

Le poêle disparut : elle était assise, un petit bout de l’allumette brûlée à la main.

Elle en frotta une seconde, qui brûla, qui brilla, et, là où la lueur tomba sur le mur, il devint transparent comme une gaze. La petite pouvait voir jusque dans une chambre où la table était couverte d’une nappe blanche, éblouissante de fines porcelaines, et sur laquelle une oie rôtie, farcie de pruneaux et de pommes, fumait avec un parfum délicieux. Ô surprise ! ô bonheur ! Tout à coup l’oie sauta de son plat et roula sur le plancher, la fourchette et le couteau dans le dos, jusqu’à la pauvre fille. L’allumette s’éteignit : elle n’avait devant elle que le mur épais et froid.

En voilà une troisième allumée. Aussitôt elle se vit assise sous un magnifique arbre de Noël ; il était plus riche et plus grand encore que celui qu’elle avait vu, à la Noël dernière, à travers la porte vitrée, chez le riche marchand. Mille chandelles brûlaient sur les branches vertes, et des images de toutes couleurs, comme celles qui ornent les fenêtres des magasins, semblaient lui sourire. La petite éleva les deux mains : l’allumette s’éteignit ; toutes les chandelles de Noël montaient, montaient, et elle s’aperçut alors que ce n’était que les étoiles. Une d’elle tomba et traça une longue raie de feu dans le ciel.

« C’est quelqu’un qui meurt, » se dit la petite ; car sa vieille grand’mère, qui seule avait été bonne pour elle, mais qui n’était plus, lui répétait souvent :

– Lorsqu’une étoile tombe, c’est qu’une âme monte à Dieu.

Elle frotta encore une allumette sur le mur : il se fit une grande lumière au milieu de laquelle était la grand’mère debout, avec un air si doux, si radieux !

– Grand’mère s’écria la petite, emmène-moi. Lorsque l’allumette s’éteindra, je sais que tu n’y seras plus. Tu disparaîtras comme le poêle de fer, comme l’oie rôtie, comme le bel arbre de Noël.

Elle frotta promptement le reste du paquet, car elle tenait à garder sa grand’mère, et les allumettes répandirent un éclat plus vif que celui du jour. Jamais la grand’mère n’avait été si grande ni si belle. Elle prit la petite fille sur son bras, et toutes les deux s’envolèrent joyeuses au milieu de ce rayonnement, si haut, si haut, qu’il n’y avait plus ni froid, ni faim, ni angoisse ; elles étaient chez Dieu.

Mais dans le coin, entre les deux maisons, était assise, quand vint la froide matinée, la petite fille, les joues toutes rouges, le sourire sur la bouche… morte, morte de froid, le dernier soir de l’année. Le jour de l’An se leva sur le petit cadavre assis là avec les allumettes, dont un paquet avait été presque tout brûlé.

– Elle a voulu se chauffer ! dit quelqu’un.

Tout le monde ignora les belles choses qu’elle avait vues, et au milieu de quelle splendeur elle était entrée avec sa vieille grand’mère dans la nouvelle année.

L’exploitation sexuelle des mineurs

Triste réalité que l’exploitation des mineurs sur l’internet. Les pédophiles, un fléau dont on ne mesure pas le plein désastre et tout le mal que ça peut causer à cette jeunesse.

La Presse a accompagné une équipe de policiers experts de la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs sur l’internet. Une intervention d’une précision chirurgicale. Voici le désastreux portrait de cette réalité, publié le 10 décembre dernier, par Gabrielle Duchaine, Caroline Touzin et Martin Tremblay.

CE SONT DE VRAIS ENFANTS

Ils sont en toute première ligne de la bataille contre l’exploitation sexuelle des enfants sur l’internet. Témoins de l’horreur au quotidien. Devant ce que l’humain fait de plus laid. Face à un ennemi qui prolifère à toute vitesse. La Presse a accompagné une équipe de policiers spécialisés dans la lutte contre ce fléau.

« Le gars qu’on s’en va chercher, on le connaît. Les dernières fois qu’on est allés chez lui, il était loadé. C’est du hard. »

4 novembre. Nous sommes dans une salle de réunion du poste de quartier 23, rue Hochelaga à Montréal. Il n’est pas encore 8 h. Deux enquêteurs du module Exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales (ESEC) du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) expliquent à un petit groupe de patrouilleurs l’opération qu’ils s’apprêtent à mener sur leur territoire.

Leur cible : Jean-Christophe Lauzier, 30 ans, multirécidiviste en matière de possession de pornographie juvénile. Il a déjà été arrêté et condamné en 2009, puis arrêté à nouveau en 2018. Ses conditions de remise en liberté l’empêchent d’accéder à l’internet.

Mais le revoici malgré tout dans la ligne de mire des policiers.

En juin, un service de messagerie bien connu a intercepté un échange d’images entre le compte de Lauzier et un autre. La plainte, faite par le fournisseur, a parcouru un long chemin. Elle a d’abord été reçue par un organisme américain qui gère les signalements des entreprises web, le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC). Ce dernier a analysé et envoyé le dossier à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) après avoir découvert qu’il visait un Canadien. La GRC a à son tour étudié l’affaire, puis, voyant que le suspect était montréalais, l’a redirigée vers le SPVM pour enquête. Cinq mois après la plainte initiale, les policiers s’apprêtent à intervenir.

« Ça vous donne une idée du temps que ça peut prendre », dit le lieutenant-détective Marco Breton, responsable de l’équipe.

Depuis le début de l’année, son unité a reçu 840 plaintes, 300 de plus qu’en 2015. La COVID-19 a entraîné une hausse de 40 % des dossiers entrants. « Tous les prédateurs et tous les enfants sont derrière leur écran », note le lieutenant Breton. Les enquêteurs ne suffisent pas à la tâche.

Fait très rare, l’équipe de lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants sur l’internet a ouvert ses portes à La Presse. Notre incursion dans les coulisses du travail d’enquête témoigne de tout le temps et des ressources nécessaires pour mener à terme un dossier.

« Les gens demandent : pourquoi ils n’arrêtent pas tout le monde sur la liste ? Mais c’est physiquement impossible », prévient le professeur en criminologie Francis Fortin, expert des questions de pornographie juvénile.

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Le soleil n’est pas encore levé, mais les bureaux des enquêteurs, installés entre deux raffineries dans l’extrême est de l’île de Montréal, grouillent comme en plein jour. C’est jour de perquisition pour l’équipe, qui en est à régler les derniers détails avant de se mettre en route.

Pourquoi aujourd’hui ? Parce que l’appui de la section des crimes technologiques est essentiel pour mener la majorité des perquisitions, explique le lieutenant Breton, et qu’elle est disponible aujourd’hui. Les policiers des crimes technologiques répartissent leur temps entre toutes sortes d’enquêtes, certaines plus urgentes que d’autres : exploitation sexuelle, fraude, vol d’identité, réseaux sociaux, homicides, etc. Pas le choix de les attendre.

« Si je pouvais les avoir quatre fois par semaine, je le ferais quatre fois par semaine », dit Marco Breton.

Comme ce n’est pas le cas, il faut prioriser. Dans le cas des plaintes à caractère pédopornographique, celles qui proviennent de victimes identifiées et les suspects qui ont accès à des enfants ou qui sont des récidivistes, comme Jean-Christophe Lauzier, passent avant.

« Aujourd’hui, on a une bonne idée de qui on s’en va arrêter. On le connaît. Mais il faut quand même prouver que c’est lui qui est derrière le clavier. »
— Le lieutenant-détective Marco Breton, responsable du module ESEC

En tout, six enquêteurs, trois patrouilleurs, deux techniciens et une photographe de scène de crime participeront à l’intervention. Alors que les deux sergents-détectives responsables du dossier discutent avec les patrouilleurs au poste de quartier, quatre enquêteurs surveillent la maison du suspect dans des voitures banalisées pour s’assurer qu’il ne quitte pas son domicile avant l’arrestation. Les techniciens de la section des crimes technologiques sont stationnés tout près et attendent le feu vert.

L’équipe est fébrile. Tout près du but. « C’est un moment spécial juste avant d’y aller, quand on sait qu’un gars va se faire arrêter, mais que lui ne le sait pas encore », confie le sergent-détective François Vigeant.

L’opération de la journée a ceci de particulier qu’elle nécessite deux perquisitions. Lauzier n’a théoriquement pas le droit d’avoir l’internet. La thèse des enquêteurs, c’est qu’il se connecte au réseau du voisin à partir de chez lui pour y accéder.

« J’avais fait le test en 2018. Il peut se connecter dans l’appartement d’à côté directement de sa chambre à coucher », explique aux patrouilleurs le sergent-détective responsable du dossier avant de se mettre en route vers la scène. « Il est en non-respect des conditions. Aussitôt qu’on a un cellulaire ou un ordinateur dans sa chambre, on l’a. »

Il est 9 h 30 lorsque les policiers frappent simultanément aux portes des deux logements de la paisible rue résidentielle. Jean-Christophe Lauzier sort de l’appartement de gauche quelques minutes plus tard, escorté par deux agents. Il a les cheveux en bataille. On voit qu’il s’est habillé en vitesse. Les policiers l’ont tiré du lit.

Ses proches sont ébranlés. « C’est un choc quand on arrive. Ça fait éclater des familles », explique François Vigeant. C’est lui qui interrogera le suspect plus tard aujourd’hui.

« Des gens me demandent comment je fais pour ne pas leur sauter dans la face. En interrogatoire, ma façon de leur sauter dans la face, c’est d’obtenir des aveux. Et pour ça, il faut leur parler et les écouter. »
— Le sergent-détective François Vigeant, membre de l’ESEC

Le policier, qui est à l’ESEC depuis quatre ans, admet qu’il y a un « certain sentiment d’impuissance » dans son travail. « On le sait qu’il y en a plein d’autres. Mais des journées comme aujourd’hui, j’ai le sentiment du devoir accompli. Surtout avec un récidiviste comme ça. »

Le véhicule de patrouille démarre, Lauzier à son bord. Pour les enquêteurs, le travail est loin d’être terminé.

Il faudra procéder à une fouille exhaustive. Il est arrivé que l’équipe découvre une minuscule carte mémoire enfouie en haut d’un placard lors d’une enquête. L’interrogatoire du suspect donne souvent lieu à « des conversations qui ne sont pas faciles », raconte le sergent-détective Vigeant. Il faut aussi procéder à une analyse approfondie des appareils électroniques, puis au visionnement des images saisies. Un dernier exercice difficile et éprouvant, qui peut prendre des jours.

***

La sergent-détective Mélodie Leclerc nous amène dans la salle de visionnement. Quelques ordinateurs. Des fauteuils. Une grande fenêtre qui donne sur le toit. C’est ici que ses collègues et elles plongent dans les pires déviances.

« On voit de tout. De la zoophilie. De la scatophilie. Des enfants dans des cages. On ne sait pas trop sur quoi on va tomber avant de commencer. »

L’équipe est d’ailleurs suivie par un psychologue et soumise à un programme de décompression obligatoire dans le cadre duquel les enquêteurs passent tour à tour quelques mois dans une autre unité. « Ça prend vraiment des gens qui veulent faire ça », dit la sergent-détective.

Un grand tableau blanc accroché au mur donne une idée de l’ampleur de la tâche. Les enquêteurs ont écrit au marqueur le nombre d’images à travers lesquelles ils devront passer dans le cadre des enquêtes en cours.

Les chiffres sont hallucinants. Premier dossier : 1,8 million d’images, 765 000 vidéos. Deuxième dossier : 1,5 million d’images, 132 000 vidéos. Troisième dossier : 1,9 million d’images, 543 000 vidéos. Et ça continue.

« Moi, je compare ça à un pathologiste qui fait des autopsies. Mon cerveau va faire ce qu’il a à faire pour me protéger et que je puisse être efficace dans mon travail. »

Évidemment, précise Mélodie Leclerc, ce ne sont pas toutes des photos et des vidéos de pédopornographie. Mais il faut vérifier l’entièreté de ce qui a été saisi pour trouver celles qui en sont. Il arrive qu’il y en ait des dizaines, voire des centaines de milliers. Elles sont toutes analysées par les policiers. Ils s’attardent surtout aux images représentant des enfants d’âge prépubère pour qu’une fois devant le tribunal, le juge ou le jury n’ait aucun doute que les victimes sont mineures.

Et parfois, grâce à des indices trouvés sur les images, les policiers remontent la piste jusqu’à des victimes jusqu’alors inconnues.

« C’est ça qui nous anime », dit Mélodie Leclerc.

Malgré la hausse fulgurante des signalements, alors qu’elle pourrait avoir l’impression que son travail n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, la policière est convaincue de faire une différence.

« Les victimes n’ont pas de voix. Ce ne sont pas des bibelots. Ce ne sont pas des poupées. Ce sont de vrais enfants. On ne pourra pas toutes les sauver, mais celles qu’on sauve, elles existent. »

Pour plus d’information ou pour demander de l’aide :
La fondation Marie-Vincent
CyberAide
La Ligne Parents : 1 (800) 361-5085
Le réseau des CAVAC : 1 (866) 532-2822
Ligne-ressource provinciale pour les victimes d’agression sexuelle :
1 (888) 933-9007

L’histoire des nains magiques

L’histoire ci-dessous fait partie des trois contes des nains magiques écrit par les frères Grimm.

Il était une fois un cordonnier qui était devenu si pauvre, qu’il lui restait juste assez de cuir pour une seule paire de soulier. Un soir, le cordonnier tailla le cuir pour en faire des souliers le lendemain matin, et il finit par s’endormir. Le lendemain matin à son réveil, il allait se mettre à travailler quand il trouva la paire de soulier toute faite. Surpris, il ne savait pas comment cela se faisait. Il examina les souliers de tous les côtés, ils étaient parfaits, il n’y avait pas un seul point de manqué, ces souliers étaient une pure merveille.

Un homme rentra dans la boutique du cordonnier et les souliers attirèrent son attention, ils lui plurent tellement qu’il les paya beaucoup plus cher que d’habitude. Avec cet argent le cordonnier put acheter du cuir pour fabriquer deux autres paires et le soir même il se mit au travail, il le tailla et alla se coucher pour terminer le travail le lendemain matin.

Le lendemain matin encore une fois, le cordonnier trouva les paires de soulier toutes faites. Dans sa boutique les acheteurs ne manquèrent pas et avec l’argent que le cordonnier gagné ce jour-là il put s’acheter du cuir pour fabriquer quatre autres paires.

Et comme d’habitude le lendemain matin les paires de souliers étaient déjà prêtes, toutes aussi parfaites les unes que les autres, ainsi le cordonnier commença à sortir de la pauvreté, mais un soir aux environ de Noël, pendant qu’il préparait le sapin de Noël, le cordonnier dit à sa femme :

– Et si ce soir nous veillions pour voir ceux qui nous aident ?

La femme du cordonnier accepta et laissa une bougie allumée et tous deux se cachèrent dans une armoire.

Quand minuit retentit, deux jolis petits nains complètement nus entrèrent, ils se placèrent à l’établi et, prenant le cuir dans leurs petites mains, ils se mirent à piquer, à coudre et à battre le cuir avec tant d’adresse que le cordonnier n’en croyait pas ses yeux. Ils travaillèrent toute la nuit et quand l’ouvrage fût enfin terminé, les petits nains disparurent.

Le lendemain, la femme dit à son mari :

– Ces petits nains nous ont rendus riche, il nous faut leur montrer notre gratitude et toute notre reconnaissance. Les pauvres doivent mourir de froid, à courir partout nus comme des vers. Je vais leur coudre à chacun habit, culotte, chemise et même leur tricoter des bas, et toi mon cher mari fais-leur donc à chacun une paire de soulier.

L’homme trouva l’idée formidable et ils se mirent au travail. Le soir quand tout fût prêt, tous deux placèrent les vêtements sur la table où se trouvait d’habitude les pièces de cuir et se cachèrent dans l’armoire pour voir la réaction des petits nains.

Quand minuit sonna les petits nains apparurent et au moment où ils allaient se mettre au travail, ils trouvèrent les présents au lieu des habituels pièces de cuir. Ils témoignèrent d’abord un étonnement mais une grande joie s’empara d’eux et ils passèrent les habits et se mirent à chanter.

– Ne sommes-nous pas de jolis garçons ? Adieu cuir, souliers et chaussons!

Les nains dansèrent et sautèrent partout, ils étaient fort heureux de ce cadeau, et tout en dansant ils gagnèrent la sortie.

A partir de ce soir-là, le cordonnier et sa femme ne revirent plus jamais les petits nains mais ils continuèrent à être heureux et tout ce qu’ils entreprenaient leur réussissait.

Les « snowbirds » se questionnent

LE TEXTE DE CET ARTICLE A ÉTÉ SUPPRIMÉ À LA DEMANDE DE PROTÉGEZ-VOUS QUI EN ARRIVE À LA CONCLUSION QU’IL CONTREVIENT AUX DROITS D’AUTEURS ET CE, MÊME SI LA SOURCE ÉTAIT CLAIREMENT IDENTIFIÉE.

VOUS M’EN VOYEZ DÉSOLÉ.

 

Poiline

Péniblement, Poiline traversait l’allée asphaltée qui menait au jardin de madame Lafleur. Ouf ! Quelle chaleur ! Elle se demandait bien pourquoi le Créateur avait commis l’erreur de recouvrir de fourrure, au beau milieu de l’été, d’innocentes petites chenilles comme elle. Cependant, curieuse et têtue, elle refusait obstinément d’aller se réfugier à l’intérieur du cocon comme l’avaient fait ses cousines afin de se transformer en magnifiques papillons et pouvoir s’envoler vers des pays plus chauds. Non ! Elle ne voulait rien manquer de ce qui se passait dans la nature. L’automne venue, elle s’entêta à rester dehors.

– Je ne veux pas m’endormir pour l’hiver ! Moi je veux voir la nuit de Noël. Il paraît que dans la forêt, tout devient féérique. Bizebize, l’abeille, et Roucoucou, la sittelle, me l’ont raconté. Selon elles, les sapins s’habillent de pompons blancs et les branches des arbres se parent de cristaux scintillants comme des diamants. Si on écoute bien avec son cœur, on peut entendre les anges chanter des cantiques de Noël, accompagnés par le vent qui joue des airs de violoncelle. Elles racontent même que, cette nuit-là, une étoile plus brillante que les autres illumine le paysage. Pas question de manquer ça ! Après tout, avec mon manteau de fourrure jaune et blanc, je suis assez chaudement vêtue pour résister au froid, c’est certain !

Hélas ! Poiline ignorait que l’hiver s’amuse à mordre cruellement les chenilles imprudentes. Une fois la saison froide venue, elle se mit à frissonner sans arrêt et grelotter de tous ses poils. Comme elle regrettait sa témérité ! Ah ! elle aurait dû écouter ses cousines et s’installer bien au chaud dans un cocon. Au lieu de cela, elle souffrait, abandonnée à elle-même sous la branche d’un arbre et sauvagement attaquée par le froid. Tour ça pour voir Noël qui tardait à venir ! Elle n’en pouvait plus.

Un bon matin particulièrement glacial, elle sentit qu’elle allait bientôt mourir. Agrippée de toutes ses dernières forces à l’écorce d’un grand érable, elle pleurait à fendre l’âme.

– Au secours, quelqu’un ! Au secours !

Mais une chenille n’a pas de voix, et personne ne l’entendit. Alors la pauvre Poiline perdit connaissance. Les poils de sa fourrure se raidirent comme des aiguilles et son corps devint rigide comme un glaçon.

Ce jour-là, la sittelle Roucoucou, passant dans les parages, se mit à picorer l’écorne d’un arbre avec son bec, à la recherche de graines et d’insectes gelés. Son regard fut soudain attiré par une étrange tache jaune et brune qui pendouillait sur le bout d’une branche.

– Tiens ! on dirait un bonbon. Miam ! Miam ! Mais… mais, ma foi du ciel, c’est Poiline ! Oh ! mon Dieu ! Que lui est-il arrivé ? Dire que j’ai failli la manger… Vite ! Il faut faire quelque chose ! Peut-être est-elle encore vivante ? Ianc ! Ianc !

Les cris de Roucoucou retentirent dans toute la forêt. En entendant cet appel de détresse, la chorale entière des sittelles à poitrine blanche en train de répéter ses chants de Noël, ce matin-là, s’élança dans les airs. À peine quelques minutes plus tard, une trentaine de sittelles se retrouvèrent perchées sur les bras du vieil érable, tout ému de recevoir autant de visiteurs à la fois. On tint alors un grand conseil.

– Si on transportait la chenille sous la charpente du pont de bois enjambant le ruisseau ? proposa une sittelle au capuchon couleur d’acier.

– Elle se trouverait à l’abri des rôdeurs, renchérit un beau mâle à cou noir.

– Bonne idée ! approuva Roucoucou. Allons voir sur place pour nous assurer qu’aucun écureuil ou raton laveur ne puisse atteindre notre pauvre amie Poiline.

Voilà qu’une volée de sittelles se mit à tourbillonner autour du petit pont, en piaillant à qui mieux mieux.

– Chut ! taisez-vous ! fit soudain un autre oiseau, j’entends du bruit sous le pont. On dirait un étrange grésillement…

En peu de temps, les oiseaux découvrirent un nid d’abeilles à l’intérieur d’un cocon suspendu sous le pont. Et ça bougeait là-dedans !

– Eh ! les abeilles, vous ne dormez pas ?

Bizebize, la reine de la ruche, se montra sur le pas de la porte. Elle sautillait, tournoyait, ne tenait pas en place. Jamais Roucoucou ne l’avait vue aussi enjouée.

– Ianc ! Ianc ! Que se passe-t-il donc chez vous, les mouches à miel ?

C’est Noël demain, mon amie ! Ne savais-tu pas que le 24 décembre, les abeilles se réveillent toujours ? Ce jour-là, le bon Dieu donne la permission spéciale aux animaux qui hibernent de sortir de leur sommeil afin de célébrer avec les anges, La marmotte dans son tunnel, l’écureuil dans son tronc d’arbre, l’ours dans sa tanière, tous se lèvent miraculeusement pour fêter, à minuit, la naissance du petit Jésus.

– Ah ! bon…

– Nous les abeilles, sommes en train de préparer notre nectar spécial, selon la recette de nos ancêtres. Tu comprends bien que madame l’Ourse a hâte d’y goûter ! Serais-tu venue pour m’apporter tes bons vœux du temps des Fêtes, ma chère Roucoucou ?

– Ianc ! Ianc ! Je… hum… c’est-à-dire… Pour être franche, non ! En fait, nous cherchons un endroit pour cacher la pauvre chenille Poiline. Nous la voulons en sécurité et à l’abri des prédateurs et des tempêtes pour le reste de l’hiver. Imagine-toi que je viens de la trouver gelée et inanimée sous une branche de l’érable. Que vais-je en faire ? Aurais-tu une idée ?

– Bien sûr ! Emmène-la ici, dans notre nid. On trouvera bien un coin où l’installer. Après tout, les abeilles et les chenilles ont toujours fait bon ménage. Et puis, on ne va pas abandonner notre amie la veille de Noël, tout de même !

On se mit immédiatement à l’œuvre. Roucoucou s’empara délicatement de la pauvre chenille toute raide et toujours inanimée, et on la transporta jusqu’au pont. Avec mille précautions, les abeilles tentèrent de l’introduire à travers le minuscule orifice de leur nid. On se bousculait, chahutait, culbutait, tirait, poussait. Finalement, on réussit à la faire basculer à l’intérieur.

– Ianc ! Ianc ! Bravo ! lancèrent les sittelles en chœur. Merci et joyeux Noël à vous, les amies !

– Zzzzzzz ! saluèrent les abeilles dans un gigantesque bourdonnement.

Ravis d’avoir sauvé Poiline, les oiseaux repartirent à grand coups d’ailes vers leur sapin afin d’achever les derniers préparatifs de Noël. Poiline, quant à elle, bien au chaud dans le nid d’abeilles, se mit à dégeler. Son poil sécha et redevint soyeux en quelques minutes.

– Où suis-je ? Que m’arrive-t-il ? Et quel est cet étrange bourdonnement autour de moi ?

– Salut ! C’est moi, ton amie Bizebize. Sois la bienvenue chez nous ! Mes sœurs et moi, nous t’offrons l’hospitalité pour tout l’hiver. C’est notre cadeau de Noël.

Noël ! Le mot magique acheva de ramener Poiline à tous ses esprits. On lui fit boire un grand bol du fameux nectar au miel de Noël et elle commença rapidement à prendre du mieux. Elle se sentit au centre de la fête et, même sans voix, elle mêla sa joie aux cris joyeux et aux chants de Noël qui remplirent la ruche durant toute la nuit. Par l’orifice du cocon, Poiline put apercevoir l’étoile mystérieuse au milieu du firmament et le merveilleux manteau de neige recouvrant la forêt.

Une fois la fête terminée, les abeilles et leur amie la chenille, épuisées de plaisir et ivres de nectar, replongèrent dans un sommeil profond jusqu’au printemps, serrées bien au chaud les unes contre les autres.

Cette année-là, quand avril se pointa à l’orée du bois, un miracle se produisit secrètement sous les poutres du vieux pont : un magnifique papillon jaune et brun sortit de la ruche. Il se mit à batifoler çà et là, sautillant de fleur en fleur, battant l’air de ses grandes ailes et tournoyant en dessinant des arabesques folles.

Un jour, il rencontra une sittelle bavarde qui vint lui piquer une jasette.

– Bonjour, papillon ! Comme tu es joli ! Je m’appelle Roucoucou. Et toi ?

– Moi, je suis Poiline. Ne me reconnais-tu pas, ma chère Roucoucou ? Je te cherchais partout pour te remercier. Regarde ce que je suis devenue. Je te dois la vie, tu sais !

Pour la première fois de l’histoire, on vit une sittelle et un papillon se donner des baisers dans l’air vif et bleu. Décidément, l’été qui venait serait heureux.

Contes de Noël pour les petits et les grands, de Micheline Duff, Éditions Québec Amérique 2012.

Comment est-ce encore possible en 2020

L’horrible histoire qui suit s’est déroulée au Québec, sur la Rive-Sud de Montréal. Deux monstres illuminés par la religion ont martyrisé leurs enfants sans réserve et pour punir violemment. La cause est présentement au stade de la sentence, prévue en février prochain.

Comment une telle situation peut encore se dérouler, chez nous, en 2020 ? C’est ignoble et la Couronne réclame une peine de 2 ans, à être purgée dans la collectivité. Insensé !

Je vous propose cet article de Louis-Samuel Perron, paru dans La Presse+ du 1er décembre dernier.

UN COUPLE A MARTYRISÉ SES HUIT ENFANTS PENDANT 25 ANS

La Couronne réclame une peine « sévère » pour le pasteur Mario Monette et sa femme Carole Van Houtte Monette.

Des enfants frappés quotidiennement, un fils confiné au garage pendant des mois, des fidèles encouragés à corriger leurs enfants : le pasteur Mario Monette et sa femme ont martyrisé leurs huit enfants pendant 25 ans sous prétexte de la volonté de Dieu. La Couronne demande une peine « sévère » pour dénoncer la gravité des sévices et inciter les victimes à « briser le silence ».

« Encore récemment dans les médias, on constate qu’à tous les jours, des enfants sont victimes de sévices. Ces crimes sont commis en silence, à l’abri des regards. La seule façon que la société a de les protéger, c’est de dénoncer », a plaidé la procureure de la Couronne Me Julie Laborde, lundi, au palais de justice de Longueuil.

Le ministère public réclame une peine de dix ans de pénitencier contre Mario Monette et de quatre à six ans pour sa femme Carole Van Houtte Monette, alors que la défense demande deux ans de détention dans la collectivité. Les accusés de 67 ans ont plaidé coupable à des accusations de voies de fait armées, de séquestration et de menaces en septembre dernier.

Mario Monette est devenu pasteur à l’Église biblique baptiste métropolitaine Sud en 1982, sur la Rive-Sud de Montréal. Dans ses sermons, il encourageait ses fidèles à corriger leurs enfants avec une « verge » en vertu de ses enseignements bibliques. Le pasteur prêchait par l’exemple en corrigeant régulièrement ses enfants dans ce qu’il qualifie de « méthode éducative ».

Dans les faits, Mario Monette faisait régner un climat de terreur dans la résidence familiale. Les enfants recevaient de cinq à dix coups sur les fesses, selon leur âge, pour la moindre entorse aux strictes règles. La cuillère de bois ou le bâton de peinture utilisé pouvait faire jusqu’à 24 pouces de long. La punition était plus sévère si l’enfant désobéissait à l’église. Les enfants ont également été battus à coups de baguette de store et même de ceinture.

« Les enfants étaient sur le qui-vive. Chaque jour, des corrections étaient données, mais on ne savait pas sur qui. »

— Me Julie Laborde, procureure de la Couronne

Plusieurs victimes, maintenant adultes, ont témoigné cet automne avoir reçu plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine de coups, à certaines occasions. Par exemple, pour déterminer qui avait brisé la friteuse, Carole Van Houtte Monette a battu à tour de rôle cinq de ses enfants, alors âgés de 5 à 15 ans, jusqu’à ce que l’un d’entre eux prenne le blâme.

À plusieurs reprises, le bâton se brisait par la force des coups. Les enfants portaient d’ailleurs plusieurs couches de vêtements pour éviter la douleur. Le fils aîné a été séquestré pendant des mois dans le garage et a même dénoncé la situation aux policiers. D’autres enfants étaient mis au régime de pain et d’eau dans leur chambre.

« Ces enfants-là étaient pris sous le joug de leurs parents », résume la procureure de la Couronne. À ses yeux, les sévices « répétitifs et constants » infligés par le couple Monette ont laissé de profondes marques physiques et psychologiques sur les victimes, maintenant âgés de 29 à 47 ans. Certains membres de la fratrie ont toutefois témoigné pour la défense, dont le fils cadet Matthieu Monette, battu jusqu’à l’âge de 12 ans, dont une fois avec une ceinture.

CONSÉQUENCES « DÉSASTREUSES » SUR LES ENFANTS

Malgré leur reconnaissance de culpabilité, Mario Monette et sa femme se disent toujours « convaincus d’avoir fait les bons choix », relève la procureure de la Couronne. Ils continuent de se « victimiser » et d’avoir l’impression qu’on « s’acharne sur eux », ajoute-t-elle.

Me Laborde réclame une peine « sévère » pour les accusés en raison de l’abus de confiance, de leur emprise sur les enfants et des conséquences « désastreuses » sur ceux-ci.

« La peine doit souligner la grande vulnérabilité des enfants. Ils étaient isolés. À qui pouvaient-ils se confier à l’époque ? »

— Me Julie Laborde, procureure de la Couronne

Dans une déclaration sous serment déposée lundi, Mario Monette exprime des regrets sur le choix de ses « méthodes éducatives ». « Nous pensions bien faire, mais force est de constater que ça a été un échec monumental », ajoute-t-il.

Jamais, toutefois, le pasteur n’évoque clairement regretter les gestes de violence qu’il a pourtant reconnu avoir commis. « Ils n’ont pas encore avoué à eux-mêmes que ce qu’ils ont fait à leurs enfants, c’est de la maltraitance, c’est de la violence ! », s’est enflammée la procureure.

Selon l’avocate de la défense Me Katherine Labelle, la gravité moindre des blessures subies par les victimes est l’élément « le plus important » du dossier et milite pour une peine moins sévère. « C’était dans un but disciplinaire, mais la méthode était excessive. Je ne pense pas que le but était de blesser », a-t-elle plaidé.

De plus, les accusés n’ont aucun antécédent judiciaire. Une peine dans la collectivité serait ainsi suffisamment dissuasive, a conclu son collègue Me Mathieu Poissant.

Le juge Marc-Antoine Carette rendra sa décision le 17 février prochain.