Les belles histoires; de la détermination pour devenir policier

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Dans ce monde en constante évolution et où tout se déroule à la vitesse grand V, on nous rapporte des histoires d’horreur, des drames quotidiens, des attentats et des événements malheureux. En contrepartie, certaines personnes vivent des moments d’euphories; un gain important à la loterie, des miracles humains et de belles histoires à faire couler des larmes de bonheur. C’est de ces plaisirs inattendus que je veux vous entretenir à l’occasion. C’est souvent par une détermination sans limite qui nous fait réaliser nos rêves.

Voici l’histoire d’un décrocheur à 15 ans, rapportée à la page 10 de l’édition du Journal de Montréal d’hier sous la plume de Claudia Berthiaume, qui y a mis toute sa détermination pour atteindre son objectif de devenir policier. Dans le cadre des belles histoires, je veux la partager avec vous.

Bonne lecture!

Un patrouilleur en skateboard

Lorsqu’il a lâché l’école à 15 ans, Thierry Hinse-Fillion ne se doutait jamais qu’il réaliserait un jour son rêve de devenir policier. En poste à Longueuil depuis trois ans, le jeune homme réunira cet été son travail et sa plus grande passion en patrouillant en skateboard.

«J’ai toujours voulu être policier, mais je n’y croyais pas parce que je n’étais pas bon à l’école», lance le patrouilleur de 32 ans. De son propre aveu, Thierry Hinse-Fillion était même «un peu marginal, sur la limite du rebelle».

Il passait jusqu’à 15 heures par semaine à faire de la planche à roulettes ans les escaliers de l’église de son village. «C’est avec le skate que je me suis fait des amis», raconte le natif de Lyster, un petit village près de Victoriaville, au Centre-du-Québec,

Rien pour partir du bon pied, lorsqu’il était en troisième secondaire, il a tout perdu dans l’incendie de sa résidence. «Le lendemain, ma prof de français m’a demandé où était mon devoir. Je lui ai dit que ma maison avait brûlé. Elle ne m’a pas cru. Je lui dit la vérité et je passais encore pour le rebelle», relate-t-il.

L’année suivante, il abandonnait l’école. Le jeune homme a alors suivi un cours pour devenir machiniste, comme son père. Il a travaillé dans ce domaine pendant 10 ans. «J’ai détesté ça du début à la fin», résume l’agent.

Pendant tout ce temps, Thierry Hinse-Fillion nourrissait toujours son rêve de devenir policier. Et il a continué à faire du skateboard, allant même jusqu’à participer à des compétitions amateurs. «Je me défonçais là-dedans», illustre le policier.

RETOUR À L’ÉCOLE

Encouragé par sa conjointe, Véronique Gamache, Thierry Hinse-Fillion est retourné sur les bancs d’école en 2008 pour terminer son secondaire. «Pour entrer en techniques policières il fallait que je performe, mais je détestais l’école. Je partais de loin», se rappelle-t-il.

Il a finalement obtenu son diplôme avec une moyenne de 90%. «Je n’abandonne jamais», dit-il. Il a ensuite enchaîné ses trois ans de techniques policières au Cégep de Trois-Rivières, tout en travaillant comme pompier à Plessisville.

PERSÉVÉRANCE

Plus rien ne pouvait l’arrêter. Pas même son appendice, qui a explosé en pleine formation à l’École nationale de police, en 2013. «Je ne lâche jamais» réitère-t-il.

Le jeune homme a par la suite été embauché par le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) en 2014. «Après un an, j’ai dit à mon sergent que ce serait le fun d’avoir un policier en skate», se rappelle l’agent.

Pendant les deux années qui ont suivi, Thierry Hinse-Fillion a bâti son projet pendant son temps libre. Pour prouver à ses patrons que le jeu en valait la chandelle, il leur a montré l’exemple du Skateboard Cop Joel Zwicky de la police de Green Bay, au Wisconsin.

«J’avais beaucoup de motivation, mais ça n’aboutissait pas. L’élément déclencheur a été l’arrivée de notre nouveau directeur [Fadi Dagher]. Quand je lui ai parlé de mon projet, ça a déboulé», résume l’agent.

Le SPAL lui a donc procuré une planche à roulettes, des souliers et un casque. Dès cette semaine, le policier patrouillera jour et soir dans tous les skateparcs de l’agglomération dans le cadre d’un projet-pilote jusqu’à la mi-septembre.

MONTRER L’EXEMPLE

Le travail de Thierry Hinse-Fillion sera de s’assurer qu’il n’y a pas de consommation et de vente de drogue en ces lieux, en plus de montrer l’exemple aux jeunes. «J’étais comme eux il y a 20 ans. Des fois, ils ont juste besoin d’une tape dans le dos pour croire en leurs rêves. La police ce n’est pas juste le côté répression», soutient-il.

Le patrouilleur croit aussi que sa présence dans les skateparcs sera rassurante pour les citoyens. «J’aimerais que les gens soient en confiance d’y aller», note Thierry Hinse-Fillion.

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