Une nuit blanche pour un petit lopin de terre

Qu’on le veuille ou non, la saison des Snowbirds se dirige lentement vers sa fin, dans une quarantaine de jours, tout au plus, les terrains de camping floridiens seront désertés. C’est aussi le temps de décider si on veut renouveler nos emplacements pour l’hiver prochain ou, procéder à des changements de sites pour quelque chose de plus convivial.

Au préalable, on circule sur le complexe, rue par rue, pour trouver la perle rare; soleil du bon côté, absence d’arbre qui pourrait nuire, salir ou endommager le véhicule récréatif, est-ce que le patio de béton est de bonne dimension et l’espace gazonné bien fourni… bref, on cherche le spot! Une fois trouvé, ça devient un secret bien gardé jusqu’au moment de réserver en évitant de se le faire chiper par d’autres caravaniers.

Ce moment tant attendu se tenait hier matin, sur le coup de 9h00 au bureau du complexe. La stratégie pour pouvoir choisir en premier, était d’arriver tôt, pour ne pas rater son coup. Alors dès minuit, j’étais à la porte du bureau, seul, bien assis dans mon automobile, et décidé à passer la nuit à la belle étoile, avec ma tablette pour lire ou écouter de la musique. Je venais d’atteindre mon premier objectif; être là, bien campé au début de la ligne.

Presque deux heures plus tard, deux autres braves se joignaient à moi pour les mêmes raisons et on sortait les chaises pour s’installer confortablement et faire connaissance, sous un mercure de 21°C et une légère brise. Une nuit comme je les aime; douce, agréable et à peine fraîche. Graduellement, d’autres se sont amenés et nous étions engagés dans une belle discussion, pour découvrir que nos choix de terrains n’étaient pas source de conflit entre nous. Nous avions chacun nos préférences. Intéressant et ça commençait bien.

Vers 2 heures, voilà que mon ami Marcel vient me surprendre avec sa bouteille thermale de café. Comme ça, en pleine nuit! Quel beau geste! « Qu’est-ce que tu fais là… tu souffres d’insomnie ou quoi? » Il avait réglé son cadran pour ne pas rater son coup. Puis un peu plus tard, vers 5 heures, voilà que l’ami Gilles arrive avec un sac du McDonald du coin et m’offre de partager un déjeuner comme je les aime… je suis comblé et Gilles a fait des jaloux. Mais derrière tout ça, c’était un coup monté auquel nos épouses étaient au courant. Je n’y ai vu que du feu. Deux instants appréciés, soyez-en certains.

Puis, vers 6h00, le groupe avait atteint la quinzaine de snowbirds. Les curieux ne se gênaient pas pour venir constater de visu, la joyeuse bande d’oiseaux des neiges, attendre l’ouverture des portes pour finaliser leur emplacement 2018-19. Assis, comme ça, à la belle étoile, avec en prime, un magnifique coucher de lune à s’émerveiller. L’instant m’a rappelé quelques escapades de camping où on passait des nuits à observer les étoiles éclatantes dans un ciel ébène. La nature dans ce qu’elle a de mieux.

Enfin, à 9h00, les portes du bureau se sont ouvertes pour marquer la fin de notre siège et remplir notre mission; choisir le petit lopin de terre E5-13 qui nous faisait envie, puis, finir dans les bras de Morphée, pour profiter du sommeil du juste… qui est venu dans mon cas, une quinzaine d’heures plus tard. En fait, lorsque j’ai terminé cet article à minuit trente exactement. Merci à Guy Martin pour la photo prise au petit matin.