La fête nationale

On vient de le constater avec le récent reportage sur la situation du bilinguisme à Ottawa, comment le français continu de régresser au pays. Cette ville proclamée bilingue officiellement n’est que l’ombre de ce bilinguisme. Je l’ai déjà dit, l’assimilation est commencée depuis un bon bout de temps. On n’a qu’à regarder autour de nous pour constater qu’on cause en anglais de plus en plus aux tables entre autres, des centres commerciaux.

Mais il y a pire quand on entend un artiste comme Hubert Lenoir se désoler qu’à la Saint-Jean on ne chante pas aussi en anglais. Décourageant! Quand on pense que les 364 autres journées de calendrier sont inondées de chansons anglophones. Près de moi, des musiciens pensent la même chose. Une seule journée pour la chanson française, ce n’est pas trop demandé il me semble. L’article qui suit est de Mathieu Bock-Côté, sociologue, auteur et chroniqueur au Journal de Montréal, publié à la veille de la fête nationale. Je veux le partager avec vous parce qu’il reflète mon opinion sur la question de la langue.

NOTRE GRANDE AVENTURE

Demain, on célèbrera la Saint-Jean, ou si on préfère, la fête nationale.

HISTOIRE

Le peuple québécois en profite alors pour se rappeler qu’il est de langue et de culture françaises. Il se rappelle même fièrement son histoire, une fascinante aventure qui l’a mené de la Nouvelle-France au Québec moderne.

Et il y a de vrais motifs de fierté. Que nous existions encore comme peuple est le plus important, alors que l’histoire aurait pu nous broyer et nous condamner à devenir un résidu folklorique attendrissant, mais insignifiant, comme les Cajuns en Louisiane.

Nous sommes même passés à deux doigts de faire l’indépendance. Nous pourrions la faire demain matin, si nous le voulions. Nous en avons les moyens. Mais nous n’avons plus la tête à ça, comme si notre existence nous lassait. Ce ne serait pourtant pas si mal, un pays français en Amérique du Nord.

La culture québécoise exprime son génie par la chanson et demain, à la radio, on entendra des classiques du temps des grands, comme Vigneault, Leclerc, Charlebois, Séguin, Piché, Rivard et compagnie. Mais n’en prenons pas l’habitude : le lendemain, on retournera aux platitudes commerciales anglophones habituelles.

Notre peuple est en carence de fierté depuis un bon moment déjà. Auparavant, il cherchait à exprimer sa différence. Maintenant, il a la tentation de l’estomper, comme s’il la traînait comme un fardeau à l’heure de la mondialisation.

C’est peut-être pour cela qu’un artiste comme Hubert Lenoir se désole qu’à la Saint-Jean, on ne chante pas aussi en anglais. Il faut lui répondre que le reste de l’année appartient déjà à l’anglais et que lors de notre fête nationale, nous sommes en droit de célébrer ce que nous avons en propre.

Que célébrons-nous demain? Notre admirable résistance comme peuple en Amérique. Notre entêtement à ne pas disparaître. Un jour, nous ajouterons à la Saint-Jean la fête de l’indépendance.

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