La défense de notre langue française, en péril

Notre langue française est de plus en plus en péril. Il suffit de prêter l’oreille pour s’en rendre compte. Quand on entend de la bouche de Manon Massé de Québec solidaire, que la langue anglaise est une des deux langues officielles au Québec, on n’est pas sorti du bois. Le français a été déclaré seule langue officielle du Québec en 1977… voilà 41 ans.

Et justement, en marge de cette campagne électorale, Denise Bombardier en a fait le sujet de sa chronique publiée dans le Journal de Montréal du 25 août et que je partage avec vous. Très intéressant !

LE DÉSAMOUR DE LA LANGUE FRANÇAISE Denise Bombardier

La défense du français au Québec n’est plus un objectif pour les partis politiques. Sauf pour le PQ. Son chef, Jean-François Lisée, a fait la promesse électorale de faire voter la loi 202 – une référence pas très heureuse à la loi 101 multipliée par deux – non pas pour limiter le recul actuel de la langue, mais pour mener un nouveau combat pour lui donner sa place prioritaire au Québec.

Or, force est de constater que les autres partis politiques préfèrent mettre de l’avant l’économie, la santé, les infrastructures, l’environnement, comme si la politique de la langue était chose du passé.

Faut-il en conclure qu’à l’exception des souverainistes, les Québécois francophones ont pris leur distance avec le français dont ils estiment qu’il n’est plus un problème, protégé qu’il est par la loi 101 ? Ils ont donc tourné la page devant le combat mené par les générations précédentes.

Or, le mot « désamour » qui coiffe ce texte s’applique entièrement à la situation actuelle. Bien sûr, les Québécois continuent de parler français et les enfants d’immigrants sont scolarisés en français jusqu’à la fin du secondaire. En effet, nombre de jeunes Québécois francophones parlent aussi l’anglais, la langue incontournable de la mondialisation culturelle.

LIEN AFFECTIF

Mais qu’en est-il du lien affectif avec la langue, telle qu’exprimée par nos poètes qui, dans le passé, l’ont chantée magnifiquement ? Or, qui de nos jours donne envie d’être fier de notre langue ? Quelles autorités politiques et scolaires dénoncent le relâchement général de la langue parlée ? Qui sont les responsables de l’indifférence devant l’analphabétisation fonctionnelle de la moitié de la population, c’est-à-dire l’incapacité à lire et à comprendre un texte moyennement difficile ? Que penser de l’échec de l’école à transmettre aux jeunes les compétences requises pour écrire correctement ?

Notre situation de minorité linguistique en Amérique du Nord devrait obliger toute la classe politique à se préoccuper de ce problème aigu de la qualité du français parlé et écrit.

Nous sommes au Québec un des rares endroits au monde où ceux qui s’expriment correctement sont encore taxés de snobs et font rire d’eux.

QUALITÉ LINGUISTIQUE

À quoi sert la loi 101 si la langue enseignée aux enfants est transmise par des enseignants qui, eux-mêmes, la massacrent ? Si les politiciens usent d’un vocabulaire réduit, si dans les médias les journalistes et les vedettes en général déparlent littéralement ? Il vaut mieux alors parler en anglais que de truffer la langue de franglais ou d’alterner entre le français et l’anglais dans la même phrase, comme le font tant de jeunes aujourd’hui.

Et que dire de l’ignorance du sens des mots que manifestent nombre de Québécois, des politiciens au premier chef ? D’où découla la confusion des esprits telle qu’on la constate un peu partout ?

Qui a intérêt à perpétuer et – ce qui est plus grave – à accentuer ce trait qui mène tout droit à la tour de Babel où personne ne comprend personne ?

La loi est impuissante a freiner la dégradation de la qualité de la langue. Elle ne peut que l’encadrer. Seuls nos responsables politiques peuvent en faire un objectif national au nom du respect de notre langue commune. Autrement, il faut en conclure que la langue française n’a pas plus d’avenir au Québec que l’indépendance du Québec, qu’ont rejetée deux fois les citoyens.

2 réflexions au sujet de « La défense de notre langue française, en péril »

  1. C’est tellement lâche de la part d’un(e) candidat(e) de délaisser notre langue qu’est le français. Faut constamment lutter pour sauvegarder nos droits.

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