Le miroir

C’était une journée normale, qui avait commencé par un petit déjeuner bien ordinaire, suivi d’une journée d’école comme les autres et d’un retour à la maison des plus banals, mais cette soirée-là fut tout ce qu’il y avait de plus anormal…

Je suis Fanny, une jeune fille de 13 ans, qui fréquente l’école Sainte-Thérèse du petit village d’Idalgo. J’ai de nombreux amis que j’adore avec qui j’aime bien faire des petites soirées où l’on écoute des films, on danse, et on se raconte des histoires. Mais cette soirée-là, le dernier vendredi avant les vacances, ce n’était pas comme les autres soirs. Miguel nous a raconté une histoire qui nous a tous bien fait rigoler, mais à laquelle nous aurions dû accorder davantage d’importance… Peut-être la prendre un peu plus au sérieux.

N’avez-vous jamais entendu parler de cette histoire de nom dans le miroir ? Selon cette vieille légende, il existerait une entité nommée « JACKY » dont on n’aurait qu’à prononcer le nom 5 fois devant une glace pour qu’il se manifeste. Une fois invoqué, il vient pour jouer, mais pas comme nous sommes habitués de le faire… oh non!… Il a sa manière bien à lui d’avoir du plaisir. Croyez-moi, vous ne voulez pas en savoir davantage.

C’est plutôt incroyable cette impression d’être invincible lorsqu’on est avec sa « gang », ce sentiment que rien ne peut nous arriver tant qu’on est ensemble. Cette histoire n’était pour nous qu’une autre machination de Miguel pour tenter de nous effrayer. C’est pourquoi Alice s’était levée, et, d’un pas décidé, encouragée par nous tous, s’était dirigée vers le miroir de ma chambre. Elle y a prononcé 5 fois ce mot.

• Jacky… Jacky… Jacky… Jacky… Jacky !

Ceci fait, elle avait éclaté de rire à en avoir mal au ventre. Même Miguel semblait trouver la situation plutôt cocasse. J’en vins à la conclusion que lui-même ne se prenait pas au sérieux. Alice en avait tellement ris qu’elle s’était étouffée avec sa propre salive, comme il lui arrivait souvent lors d’un fou-rire. Mais cette fois elle toussa… et toussa… elle commença à avoir de la difficulté à reprendre son souffle. Son visage passa du rouge au bleu. Miguel avait bien tenté quelques méthodes pour l’aider à respirer, mais sans succès. Alice s’écroula finalement au sol, inconsciente.

Prise de panique, je m’étais dirigée vers le téléphone et j’avais aussitôt appelé les services de secours. En attendant l’ambulance, Miguel mettait en pratique la technique de respiration artificielle qu’il avait apprise à l’école. Aussitôt arrivés, les ambulanciers avaient monté Alice sur une civière, embarquée rapidement dans leur camion jaune et avaient filé à toute allure vers l’hôpital. Je ne pouvais l’accompagner puisque que je devais rester pour surveiller la maison, alors ce fut Miguel qui était monté dans le camion pour lui tenir compagnie. Je me faisais tellement de souci pour Alice… mon amie d’enfance… ma meilleure amie.

Je n’en eu pas de nouvelles pendant 2 jours… Deux longues journées passées à me ronger les ongles d’inquiétude en m’imaginant le pire scénario. Je ne pouvais m’empêcher de penser à cette histoire… à ce Jacky. Et s’il y avait un lien ? Si Jacky s’était réellement manifesté parmi nous et qu’il avait provoqué cet évènement. Non… C’était ridicule ! Je m’interdisais de croire en cette stupide invention. Un banal accident était survenu, un point c’est tout !

Au bout de deux jours, on frappait à la porte de ma maison. Ma mère m’avait annoncée avec un sourire que c’était pour moi. J’ai couru ouvrir la porte pour constater qu’Alice était là, devant moi et en pleine forme ! Je l’étreignis de toutes mes forces en versant quelques larmes. Elle m’avait accompagné jusqu’à ma chambre où elle me raconta tout en détail. On avait passé plusieurs heures à placoter. Tous les jours suivants, elle était revenue me voir et on s’amusait ensemble, discutant de tout et de rien.

Le vendredi suivant, je lisais le journal en mangeant mon repas, et je tombai par hasard sur la rubrique nécrologique. J’y vis le visage de mon amie Alice suivi de ce petit texte : « Alice Deschênes ; nous a subitement quittés, suite à une semaine d’hospitalisation. Cause du décès : inconnue ».

On frappa ensuite à ma porte. 19h00 ! C’était l’heure à laquelle j’avais dit à Alice de me rejoindre pour qu’on aille ensemble au cinéma ! Je n’y comprenais plus rien ! Alice était annoncée comme morte dans le journal… alors que je l’avais fréquentée tous les jours de la semaine. Qu’est-ce que ça voulait dire ? Que devais-je faire ? Ma mère était absente… J’étais donc seule ! Je me suis dirigée vers la porte à pas de souris pour l’ouvrir lentement… et apercevoir Alice qui m’attendait de l’autre côté avec un grand sourire qui traversait son visage d’ange. À présent que j’y portais plus attention, ses yeux étaient différents… Je n’y voyais pas cette étincelle habituellement si radieuse au centre de ses pupilles. Son regard était étrange… Je ne pouvais m’en défaire… Que se passait-il ? Peu à peu, je perdis tous mes sens… J’étais comme hypnotisée ! Je plongeais graduellement dans un profond sommeil. La peur me serrait le ventre.

Ensuite… plus rien ! Tout était noir et tournait autour de moi. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait… Je n’ai aucun souvenir des moments qui suivirent.

À présent, je suis recroquevillée sur moi-même dans cet endroit sombre. Il n’y a pas de mur et de plafond, ni même de plancher d’ailleurs. Je semble flotter dans cet espace d’une noirceur totale. Par moment je vois des images onduler devant moi, toutes sortes de personnes que je ne connais pas. Elles sont muettes. Je n’entends que le silence, ici où je me trouve, si cet endroit existe vraiment. Suis-je morte ? Je ne saurais le dire… Soudainement le visage d’un jeune homme se dessine devant moi, semblant flotter dans le vide. Des mots franchirent ses lèvres… des mots qui vinrent troubler le silence établi de cet endroit.

• Fanny… Fanny… Fanny…

Mais il s’arrêta là et le silence retomba lourdement en ces lieux. C’est alors que tout s’éclairci dans mon esprit ! J’ai pris sa place… Tel était donc son jeu ! Il a tué mon ami pour prendre sa forme et me tendre un piège ! À présent je n’ai plus le choix, c’est mon destin. Je suis cette entité qui n’aura comme but que de m’amuser avec vous si vous osez m’appeler. Ne pensez pas à moi ! Assurez-vous que vos amis ne le feront pas non plus, sinon vous deviendrez peut-être ma cible et vous pourriez vous retrouver ici, à ma place. Lorsque vous vous tiendrez devant un miroir, ne prononcez jamais mon nom… Sinon je viendrai pour jouer !

Joyeuse Halloween… et soyez généreux avec les petits monstres qui iront frapper à votre porte.

Source: Dany Hudon: www.danyhudon.com/

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