Dossier : voitures électriques

Je roule une Volt depuis 2013 et j’en suis toujours plus que satisfait depuis le premier jour. Six ans de cette technologie, c’est comparable aux ordinateurs, c’est le jour et la nuit. L’industrie fait des bons de géant pour toujours pousser plus loin l’autonomie.

Les bornes de recharges ne cessent de meubler le territoire et les temps de recharge sont de plus en plus rapides. L’objectif du gouvernement du Québec est toujours d’atteindre les 100 000 véhicules électriques en circulation pour 2020, alors où en sommes-nous dans ce dossier.

Coup de Pouce, sous la plume d’Édith Vallières, en a traité dans un article paru dans le numéro de mars 2019 et qui fait le point sur la situation. C’est cet article que je veux partager avec vous aujourd’hui.

ROULER VERT, L’AVENIR Édith Vallières

On souhaite prendre un virage vert à la vitesse grand V et se joindre aux 30 000 électromobilistes québécois ? Pour faire un achat éclairé, voici un portrait de la voiture électrique en 8 questions.

1- QUEL TYPE DE VOITURES ÉLECTRIQUES CHOISIR ?

Les plus populaires sur le marché, la 100% électrique et l’hybride rechargeable, ont chacune leurs avantages et leurs petits inconvénients. La première ne consomme pas une goutte de carburant. En revanche, on doit impérativement la brancher après avoir roulé 200 kilomètres environ. La seconde nous permet « d’aller où l’on veut sans penser à la recharge ».

Par contre, on ne fait que 50 kilomètres en moyenne en mode électrique. Après, c’est le moteur à essence qui prend la relève. « Peu importe le véhicule de nos rêves, il vaut mieux le réserver, car la demande est plus forte que l’offre chez les concessionnaires. Les délais d’attente peuvent aller jusqu’à plusieurs semaines », avoue Marilène Bergeron, chargée de projet en transport écologique chez Équiterre.

2- EST LE COÛT MOYEN À L’ACHAT ?

Selon Pierre Langlois, physicien et auteur de Rouler sans pétrole, on peut dénicher un bon modèle de base pour environ 36 000 $. « C’est plus cher qu’un véhicule à essence de même calibre, notamment en raison des coûts de production de la batterie, admet-il, mais on rentabilise vite notre achat. » En moyenne, on économise cinq fois plus en roulant à l’électricité et on peut obtenir des rabais de 15 à 20% chez les assureurs.

3- EST-CE FACILE DE RECHARGER L’AUTO ?

Pour environ 1500 $, on peut avoir notre propre « station-service électrique » de 240 volts dans notre garage ou sur le côté de notre maison, et ce, en faisant appel à un maître-électricien certifié. On recharge la batterie pendant la nuit. Le lendemain matin, on a normalement assez d’énergie pour nous rendre au travail, faire nos courses, conduire nos enfants au soccer et revenir au bercail.

Pour nos « besoins d’appoint », on utilise les bornes de recharge publiques dans les stationnements de certains supermarchés et centres de rénovation ainsi que le long des principaux axes autoroutiers. Selon CAA-Québec, on refait généralement le plein d’énergie en 5 heures avec une borne rapide de 400 volts (qui n’est cependant pas compatible avec tous les types de véhicules). On s’informe de l’emplacement, des tarifs et de la disponibilité des bornes via une application mobile, comme ChargeHub, ou sur le web. « Bien préparé et motivé, on peut faire le trajet Montréal-Gaspésie sans souci », garantit Marilène Bergeron qui roule électrique depuis plusieurs années.

4- QUELLE EST LA DURÉE DE VIE D’UNE BATTERIE ?

« D’ordinaire, la batterie a une garantie de base de huit ans ou 160 000 kilomètres. Au fil du temps. Elle perdra lentement et progressivement de l’autonomie. La carrosserie risque de lâcher bien avant elle ! » affirme Daniel Breton, coauteur de L’auto électrique… et plus ! En fin de vie, la batterie peut servir au stockage d’énergie pour chauffer et éclairer des bâtiments ou encore être recyclée dans une usine en Colombie-Britannique.

5- LE VÉHICULE BRANCHABLE EST-IL VRAIMENT ÉCOLO ?

À la sortie de l’usine, il a une plus grande empreinte écologique que la voiture à essence. L’une des raisons ? Pour confectionner sa batterie, on doit extraire plusieurs métaux, comme le lithium et le nickel. « Mais, sur l’ensemble de son cycle de vie, le véhicule obtient un meilleur bilan environnemental, car il n’émet pas (ou presque pas) de gaz à effet de serre en roulant. Mieux encore, il est alimenté par une énergie propre, renouvelable et bien de chez nous : l’hydroélectricité », explique Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec.

6- QUELS SONT LES INCITATIFS POUR ROULER VERT ?

Le gouvernement du Québec offre des rabais électrisants allant jusqu’à 8000 $ à l’achat d’un véhicule neuf et 600 $ pour l’acquisition et l’installation d’une borne de recharge résidentielle. « Ces incitatifs seront en vigueur tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas atteint l’objectif de 100 000 véhicules, fixé pour 2020 », croit Martin Archambault, porte-parole de l’Association des véhicules électriques du Québec. Profitons-en donc pour faire le plein d’économies !

7- À QUOI RESSEMBLE LA CONDUITE EN HIVER ?

« La voiture électrique offre une conduite stable sur la chaussée enneigée et démarre en tout temps, atteste Daniel Breton. En plus, elle ne pollue pas lorsqu’on réchauffe son habitacle. » Seuls bémols : en période de très grand froid, sa batterie perd presque la moitié de son autonomie et prend plus de temps à se recharger qu’à l’accoutumée.

8- Y A-T-IL DES AVANTAGES À DÉTENIR LA PLAQUE D’IMMATRICULATION VERTE ?

On peut emprunter les voies réservées de plusieurs autoroutes comme la 20 Est et la 740 Nord, accéder gratuitement à divers ponts de péage, puis avoir une place VIP dans les stationnements de certaines municipalités. « Le prochain défi sera de développer l’électrification des transports collectifs car, sur ce point, il nous reste encore beaucoup de… chemin à parcourir ! » déclare Pierre Langlois.

PROFIL DU PROPRIÉTAIRE MOYEN D’UN VÉHICULE ÉLECTRIQUE…

Il a 45 ans, est un homme (87% de tous les propriétaires en 2017). Il a un salaire annuel médian de 65 000 $.

Source : Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ).