Des incompétents !

Assez frustrant de voir la Caisse de dépôt et placement dilapider carrément notre bas de laine, afin d’enrichir une seule personne, Guy Laliberté, suite à la débandade du Cirque du Soleil. Les dirigeants de la Caisse sont sensés être des experts. Foutaise… et trop payés ! je suis certain qu’ils n’appliquent pas la même stratégie financière avec leur propre magot. Au final, c’est toujours le CONtribuable qui paie le gros prix pour les incompétences sans conséquences. Vous et moi !

Je vous invite à prendre connaissance de l’excellent article de Michel Girard, publié hier dans la section ARGENT du Journal de Montréal d’hier. Vous pourrez en tirer vos propres conclusions.

LE SEUL GAGNANT À VIE… GUY LALIBERTÉ !

Ce qu’il est chanceux ce Guy Laliberté ! En avril 2015, il a empoché une fortune de 1,5 milliard $ US en cédant 90 % du Cirque du Soleil au consortium formé du fonds américain TPG, du Fonds chinois Fosun et de la Caisse de dépôt et placement.

Et moins de cinq ans plus tard, soit en février dernier, le fondateur du Cirque réussit à vendre à gros prix son bloc restant de 10 % du Cirque à la Caisse, et ce, juste avant la déconfiture financière de l’entreprise à la suite de l’annulation de tous ses spectacles à cause de la pandémie de coronavirus.

De son côté, la Caisse, elle, a fait vraiment picpic !

Imaginez-vous qu’elle a acquis le 14 février dernier le bloc de 10 % de Guy Laliberté à un prix plus élevé que le montant versé en 2015 pour acquérir sa participation initiale de 10 % dans le Cirque du Soleil.

Témoignant de la Commission des finances, le PDG de la Caisse, Charles Émond, a révélé que la Caisse avait finalement versé en février au fondateur du Cirque la rondelette somme de 75 millions $ US (100 millions de dollars canadiens) pour acquérir sa participation de 10 %.

Lorsque la Caisse est entrée dans le capital-actions du Cirque en avril 2015, elle avait déboursé comptant la somme de 71 millions $ US (82 millions $ CA à l’époque) pour mettre la main sur son premier bloc de 10 % du Cirque, à côté de ses partenaires TPG (avec 55 % de l’actionnariat) et Fosun, avec 25 %.

PAS DE REMORDS…

Bien qu’il ait radié totalement les 228 millions $ d’actifs que la Caisse détenait dans le Cirque, Charles Émond estime que la Caisse avait tout de même fait un bon investissement lorsqu’elle a acquis en février le bloc de 10 % de Guy Laliberté.

À la lumière des informations disponibles en février, la transaction a été faite selon lui à un prix raisonnable compte tenu… de la profitabilité du Cirque. Pour lui, payer 100 millions de dollars pour les 10 % de Guy Laliberté était justifié par le fait que le Cirque affichait à ses yeux un bon flux monétaire.

Lors de son témoignage hier devant la Commission des finances, Charles Émond a tenté de convaincre les députés de l’opposition (André Fortin du PLQ, Vincent Marissal de Québec Solidaire et Martin Ouellet du PQ) que cette transaction d’achat de la participation de Guy Laliberté allait permettre à la Caisse de consolider sa position dans l’actionnariat du Cirque, tout en lui procurant plus de pouvoir afin de protéger le Cirque en cas de vente de la part de ses partenaires.

Eh oui ! Émond a affirmé qu’il n’y avait pas seulement Guy Laliberté qui cherchait à liquider sa participation dans le Cirque, l’un et l’autre des partenaires en parlaient également, semble-t-il.

OÙ ÉTAIT L’URGENCE ?

Pour justifier la transaction d’achat bloc de 10 % de Guy Laliberté dans le Cirque du Soleil, Charles Émond a affirmé qu’il était impossible à l’époque (en février) de prévoir la pandémie de coronavirus et ses conséquences dramatiques sur le Cirque du Soleil.

Que le Cirque du Soleil ait décidé d’annuler les représentations de son spectacle en Chine des le 23 janvier (soit trois semaines avant la transaction d’achat de la participation de Laliberté) n’était pas à ses yeux un facteur important.

Pourtant, le Cirque du Soleil parlait lui-même d’épidémie de coronavirus.

À preuve, le titre de son communiqué du 23 janvier 2020 : « Le Cirque du Soleil annule les performances de Cirque du Soleil – Un monde fantastique à Hangzhou en Chine, en raison de l’épidémie du coronavirus ».

« À l’heure actuelle, nous avons tous la responsabilité d’intensifier nos efforts de prévention. La santé et la sécurité des gens est au premier rang de nos priorités », affirmait Daniel Lamarre, président et chef de la direction du Groupe Cirque du Soleil.

Entre le 1er décembre 2019 et la veille de la transaction d’achats des parts de Laliberté du 14 février 2020, le coronavirus se répandait de plus en plus à la grandeur de la planète.

Qu’à cela ne tienne, la Caisse n’y voyait pas de raison suffisante pour reporter à plus tard la transaction, question de se donner un laps de temps additionnel pour voir à quelle vitesse l’épidémie de coronavirus allait se propager et quelles en seraient les conséquences.

Elle était où l’urgence pour la Caisse de mettre la main sur la participation restante de Guy Laliberté dans le Cirque alors que le PDG du Cirque parlait déjà d’épidémie ?

Il n’y en avait manifestement pas !