La langue française écope encore

Encore et toujours, notre gouvernement nous fait reculer dans le maintien et dans la sauvegarde de la langue française au Québec. François Legault recule. Un fait unique au Canada.

Mathieu Bock-Côté en a fait le sujet de son article dans le Journal de Montréal du 24 septembre dernier. Une opinion que je partage amplement et que je veux partager avec vous aujourd’hui.

UNE TRAHISON LINGUISTIQUE

Collège Dawson

Il y a quelques semaines encore, la CAQ passait pour un parti nationaliste. Cette illusion vient de se dissiper.

La CAQ, avec le nouveau projet de loi 61, vient de classer l’agrandissement de Dawson comme un projet prioritaire.

En gros, le gouvernement de François Legault décide d’accélérer l’anglicisation du système collégial à Montréal, qui travaille déjà à notre assimilation.

ANGLICISATION

Le gouvernement connaît les chiffres. Il sait que la croissance de Dawson repose essentiellement sur le transfert des Québécois francophones et des immigrés dans le système anglophone.

Pourtant, il fait ce choix.

On ne s’attendait évidemment pas à ce que la CAQ impose la loi 101 au collégial. On lui demandait simplement de ne pas mimer le PLQ. Mais ne pas faire de mal était trop demander.

C’est consciemment qu’elle finance l’anglicisation de notre peuple à même les fonds publics. Son aile affairiste et fédéraliste triomphe.

Comment ne pas y voir une humiliation pour Simon Jolin-Barrette, transformé en ministre junior d’un gouvernement qui ne veut plus entendre parler d’identité ? Il ne méritait pas ce sort. Les grandes phrases sur une prochaine loi 101 deviennent d’un coup, ridicules.

Pour ceux qui s’intéressent à l’histoire, on peut dire que François Legault réserve à l’excellent Simon Jolin-Barrette le sort que Jean-Jacques Bertrand avait réservé à Jean-Guy Cardinal au moment du bill 63, en 1969.

Il faut ajouter que la CAQ a décidé de financer aussi l’agrandissement de McGill sur le site du Royal Victoria. Un projet de 700 millions de dollars. Au diable la dépense !

McGill se prend pour une université de classe mondiale perdue dans une province de ploucs et nous lui reconnaissons ce rôle. Pendant ce temps, le réseau universitaire francophone se prolétarisera.

Dès qu’il est question des grandes infrastructures façonnant les paramètres institutionnels de Montréal, la CAQ se couche à la manière d’un gouvernement provincial docile, prenant son trou pour ne pas vexer la bourgeoisie anglaise et les soumis colonisés rêvant de l’intégrer.

Il faut aussi ajouter qu’elle avait déjà renoncé à baisser les seuils d’immigration tout récemment. C’était aussi une décision anglicisante absolument irresponsable.

La CAQ croit masquer sa capitulation en finançant avec sa petite monnaie l’embauche d’inspecteurs pour l’OLFQ, qui pourront constater qu’en effet, Montréal s’anglicise. Elle enquêtera sur les conséquences funestes de ses propres politiques. Ajoutons que même ces mesurettes nous valent l’hostilité d’une partie de la bourgeoisie anglo à la Mitch Garber, qui retrouve son réflexe colonial.

SOS !

Petit détour par le PLQ. Hier, Dominique Anglade faisait son mot d’ouverture en bilingue à l’Assemblée nationale. Elle ne fait même plus semblant de respecter le principe du français comme langue officielle et s’étonne qu’on le lui fasse remarquer, Les fédéralistes québécois ne font même plus semblant de croire à la loi 101.

Y a-t-il encore des hommes et des femmes politiques pour défendre notre peuple ?

Les Québécois qui ne veulent pas mourir comme peuple appellent à l’aide.