L’indépendance : seule porte de sortie

On aura beau dire, on aura beau faire, l’indépendance du Québec est la seule solution, comme francophones, de survivre dans ce Canada unilingue anglophone. Je suis de cette vieille garde et je souhaite en être témoin, de mon vivant.

On a qu’à constater que nos lois sont contestées jusqu’en Cour suprême : Loi 101 et récemment la loi 21 sur la laïcité dont j’ai un mauvais présage. Depuis le célèbre « Maître chez-nous » du libéral Jean Lesage, déclaré en 1960, c’est la seule ambition qui nous permettra de s’épanouir dans cette mer d’Anglos.

Joseph Facal, a écrit un article intéressant sur le sujet, dans les pages du Journal de Montréal du 19 janvier dernier. Voici son propos.

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SEULE DANS UNE CHALOUPE AU MILIEU DE L’OCÉAN

Vous êtes dans une chaloupe qui prend l’eau au beau milieu de l’océan.

Avec un seau, vous videz votre embarcation à répétition.

C’est ce qu’il faut faire, mais c’est une lutte contre la montre.

Vider la chaloupe est nécessaire mais non suffisant.

Vous lutterez tant que vous aurez de l’énergie.

La solution durable, c’est de rejoindre la terre ferme en étant secouru ou par vos propres moyens.

RECUL

Prenons maintenant la langue française chez nous.

Son recul est largement documenté, même si l’on peut débattre de l’ampleur de ce recul.

Quand même Justin Trudeau l’admet…

Nous sommes les champions du monde pour inventer des objections qui n’en sont pas.

Qui prétend sérieusement qu’il ne faut pas apprendre l’anglais ?

En quoi le fait de mieux parler le français, ce qui serait souhaitable, renverserait-il notre déclin démographique ?

Ce déclin a plusieurs causes : francisation déficiente des immigrants, volumes d’accueil trop importants pour nos capacités d’intégration, jugements des tribunaux fédéraux, négligence de nos gouvernements, indifférence individuelle et collective, etc.

On pourra discuter sans fin de l’importance relative des différentes causes.

Mais l’essentiel tient en une phrase : la loi 101 n’empêche plus l’eau de monter dans la chaloupe.

Le gouvernement Legault annoncera bientôt des mesures.

Mais, même si les mesures annoncées sont fortes, elles ne changeront rien à un fait massif, à un éléphant que nous refusons de voir et de nommer.

Cet éléphant est que le Québec demeurera une province canadienne, et que les francophones resteront une minorité au Canada.

Mettez-vous à la place d’un immigrant.

Il ne vient pas ici pour sauver le français, et il voit immédiatement qui détient le gros bout du bâton au Canada.

Pourquoi diable voudrait-il sauf exception, se joindre à une minorité ?

Comment s’étonner de sa réticence quand on veut le forcer ?

Connaissez-vous un autre pays au monde où les immigrants s’intègrent au groupe minoritaire ?

Pourquoi un immigrant qui devient citoyen canadien jugerait-il essentiel d’apprendre le français, alors que la grande majorité des citoyens canadiens ne le parle pas et n’en voit pas la nécessité ?

Pourquoi un immigrant accepterait-il de bon cœur de ne pas pouvoir inscrire ses enfants à l’école anglaise au Québec, et donc d’avoir moins de droits qu’un immigrant à Toronto ou à Vancouver ?

STATUT

Ne me comprenez pas de travers : le gouvernement Legault doit agir, et il est vrai que chacun d’entre nous pourrait faire plus et mieux.

Mais tant que nous serons une province canadienne, nous serons comme des gens qui vident la chaloupe.

Nous retardons l’échéance en y laissant nos énergies et en chialant.

Même des mesures très fortes, comme l’extension de la loi 101 au cégep, serait comme vider la chaloupe avec un plus grand seau.

Ça aide, mais ce n’est pas une solution durable.

Pour que le français soit aussi en sécurité au Québec que le danois l’est au Danemark, la seule solution durable, c’est l’indépendance.