Une grosse plaisanterie

Dimanche soir dernier, alors que j’écoutais bien campé dans mon fauteuil Tout Le Monde En Parle, est apparue Mélanie Joly venu nous parler de son projet de loi sur la sauvegarde de la langue française au pays. J’ai failli m’étouffer. En anglais, on dirait bullshit. Un qualificatif que comprend facilement le reste du Canada.

Soudainement, le gouvernement de Justin venait de se rendre compte qu’on existait, nous, les francophones. Il veut faire parler de lui comme un ardent défenseur de la langue française avant que la CAQ se décide à présenter sa réforme de la loi 101 promise depuis des lunes. Il faut avoir voyagé au pays pour se rendre compte que le français est très loin dans leurs préoccupations.

Si ce n’est déjà fait, je vous propose de lire l’intéressant article de Mathieu Bock-Côté dans le Journal de Montréal du 23 février dernier. Ça résume très bien la question.

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MÉLANIE JOLY NOUS RACONTE DES HISTOIRES

Mélanie Joly est en tournée de promotion. Elle cherche à nous faire croire qu’elle vient de monter sur son destrier pour se porter à la défense du français, dont le gouvernement fédéral découvre tout juste la fragilité !

Et naturellement, c’est Ottawa qui le sauvera !

Reprenons urgemment nos esprits.

FRANÇAIS

Partout au Canada, le français régresse.

Et c’est une vue de l’esprit qu’on le sauvera dans les provinces anglaises où les communautés de langue française sont déjà condamnées à vivoter en misant sur l’immigration francophone. N’ayons aucune illusion : en l’espace de quelques années, elle s’anglicisera. Faut-il rappeler qu’au Québec, elle s’anglicise aussi ?

L’histoire du français au Canada est pourtant simple : d’une décennie à l’autre, il pèse de moins en moins dans la composition du pays.

Au Canada, il est en voie d’extinction, même si des parents anglophones de Colombie-Britannique rêvent d’offrir des cours d’immersion française à leur progéniture. Il y a quand même des limites à se payer d’illusions et à se faire croire que le sursaut viendra de Vancouver !

On retrouve alors une évidence : il n’y a d’avenir pour le français que là où il est en nette prépondérance démographique. Et cet endroit, c’est au Québec. Le seul geste qu’Ottawa puisse vraiment faire pour le français consiste à reconnaître sur ce sujet les pleins pouvoirs au gouvernement du Québec sur son territoire.

INDÉPENDANCE

Mais pour l’instant, Mélanie Joly profite de l’inaction du gouvernement caquiste qui ne cesse d’annoncer une réforme de la loi 101 qui ne vient pas. Elle occupe un terrain vacant.

Le simple bon sens en vient à nous échapper : ne devrait-il pas aller de soi que le Québec devrait être le seul maître de son destin sur le plan linguistique, sans avoir de permission à demander au Canada anglais ?

Ne devrions-nous pas être maîtres chez nous ? Ne devrions-nous pas être un pays indépendant ?

Samedi, de rigoler

Trois Anglo-saxons assistent à une conférence à Londres, Grande-Bretagne. Une des personnes est un Britannique du parti politique « travailliste », l’autre est un Américain du parti « républicain » et le troisième est un Canadien anglais du parti « libéral ». Afin de briser la monotonie, le Britannique s’adresse aux deux autres et dit :

– Dans mon pays, lorsqu’on monte sur la plus haute montagne et qu’on crie « God Save The Queen », l’écho nous répond deux fois « God Save The Queen » !

L’Américain dans son style toujours aussi arrogant dit :

– Dans mon pays, lorsqu’on est devant le Grand Canyon et qu’on crie « God Save America », l’écho nous répond 22 fois « God Save America » !

Le Canadien du parti libéral et nouvellement élu au parlement d’Ottawa dit :

– Vous trouverez peut-être cela difficile à croire, mais lorsqu’on descend à l’arrière du parlement, il y a une petite route le long de la rivière des Outaouais. De l’autre côté de la rivière, vous voyez le Québec et lorsque vous criez « God Save the Queen » l’écho nous répond « Mange d’la marde » !

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Saint Pierre écoute l’homme qui raconte son histoire :

– Cela faisait un certain temps que je soupçonnais ma femme d’avoir une relation extra conjugale. Je suis donc rentré chez moi à l’improviste et je l’ai trouvée complètement nue sur le lit. J’ai immédiatement fouillé tout l’appartement pour trouver le coupable. En vain ! Et puis je me suis souvenu qu’habitant au 15ème étage nous avions un petit balcon. J’ai ouvert la porte-fenêtre et c’est là que j’ai vu cet homme, suspendu dans le vide et s’agrippant à la rambarde du balcon. Je lui ai piétiné les mains pour qu’il tombe mais il tenait bon. Alors je suis parti chercher un marteau. À grands coups sur chaque main, il a fini par lâcher prise. Mais un arbre a amorti sa chute. Voyant qu’il bougeait encore, j’ai attrapé une armoire et je l’ai balancée sur l’individu. L’effort a été si violent que j’ai succombé à une crise cardiaque. Et donc me voilà…

– Ah bon ? répond Saint Pierre, étonné. C’est bon, vous pouvez entrer au Paradis !

Un second homme se présente peu après et commence à raconter l’histoire de sa mort à Saint-Pierre :

– Voyez-vous, j’étais en train de repeindre mon balcon au 17ème étage. Mon tabouret a vacillé et j’ai basculé dans le vide. Mais j’ai eu la chance de pouvoir me rattraper à un balcon deux étages plus bas. Je pensais être sauvé mais le propriétaire du balcon a commencé à me piétiner les mains, puis à me casser les doigts à coups de marteau. Il était fou ce type, furieux que je m’accroche à son balcon. Et pire, lorsque j’ai lâché prise, comme je ne suis pas mort tout de suite, il m’a balancé une armoire sur la tête pour m’achever… un vrai dingue !

– Oui, j’ai entendu parler de cette histoire, vous pouvez entrer au Paradis…

Un troisième homme arrive et déclare à St Pierre :

– Moi, j’ai rien compris, franchement, je ne sais pas comment tout ça est arrivé. J’étais dans une armoire…

– Ça va dit St Pierre, je connais la suite !

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Ça peut être très onéreux des frais hospitaliers !!! À défaut de moyen, le beau-frère est-il légalement dans l’obligation d’aider ?

– Suite à une crise cardiaque, un homme subit une chirurgie à cœur ouvert. Il se réveille après l’opération et se trouve soigné par des religieuses dans un hôpital catholique. Comme il retrouvait ses esprits, une religieuse lui demande comment il allait payer ses soins.

– Avez-vous une assurance maladie ?

Il répond d’une petite voix encore faible :

– pas d’assurance maladie.

Elle lui demande :

– Avez-vous de l’argent à la banque ?

Il répond :

– Pas d’argent à la banque.

Elle poursuit :

– Avez-vous un membre de votre famille qui peut vous aider ?

Il dit :

– je n’ai qu’une sœur, vieille-fille, qui est religieuse dans un couvent.

La sœur se fâche et lui dit :

– Les religieuses ne sont pas des vieilles-filles, elles sont mariées à Dieu !

Et le patient de conclure :

– Alors envoyez la facture à mon beau-frère.

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Une femme, dans une bijouterie, pète en se penchant pour regarder une belle bague en diamant. Elle regarde autour, embarrassée, et voit le vendeur debout derrière elle. Totalement professionnel, il lui dit :

– Bonjour madame, comment puis-je vous aider ?

En espérant que peut-être qu’il n’avait pas entendu son pet, elle lui demande :

– Monsieur, quel est le prix de cette belle bague ?

Il lui répond :

– Madame, si vous avez pété rien qu’en la regardant, vous allez chier quand je vais vous dire le prix.

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Un pharmacien à un client :

– Monsieur, s’il-vous-plaît, il vous faut comprendre que pour acheter une pilule anti-dépression, vous avez besoin d’une prescription appropriée. Il ne suffit pas de montrer votre certificat de mariage et la photo de votre femme.

Mauvaises odeurs dans la maison ?

Madame Chasse-taches vous prodigue ses meilleurs trucs.

Des odeurs dérangeantes peuvent se glisser dans votre maison. Voici comment vous en débarrasser efficacement.

Astuces pour assainir l’air de la maison

1- Une orange piquée de clous de girofle dans les penderies dégage un léger parfum et éloigne les mites.

2- Le papier d’Arménie plié en accordéon et brûlé élimine les odeurs de cigarettes, de friture et d’animaux.

3- Un diffuseur et une huile essentielle au citron éliminent les microbes tout en diffusant une odeur peu envahissante.

4- Saupoudrer du bicarbonate de soude sur les tapis et sur les meubles avant de passer l’aspirateur, élimine les odeurs d’humidité.

5- Des purificateurs d’air (Air sponge, bio Absorbant, Attitude) absorbent les odeurs et ne font pas que les camoufler. Un pain absorbant déposé dans une pièce de la maison agit en quelques jours. En vente dans les grands magasins et les pharmacies.

6- Si des odeurs d’humidité envahissent le sous-sol, placez sous les meubles quelques récipients remplis de litière pour chats, non parfumée. Remplacez les récipients dès que la litière sera solidifiée.

7- Pour désinfecter une pièce ou un article dégageant une mauvaise odeur, mélangez 60 ml (1/4 tasse) de borax à deux litres (8 tasses) d’eau chaude. Lavez et asséchez bien les surfaces.

8- Éliminez les mauvaises odeurs provenant des tuyaux d’un évier en saupoudrant de la moutarde forte dans le renvoi d’eau et en déposant un demi-citron sur l’orifice d’évacuation. Laissez agir une nuit avant de faire couler l’eau chaude.

ODEURS DE CUISSON

En cuisinant certains aliments, ils dégagent une odeur désagréable (chou, navet, brocoli, œuf à la coque). Voici quelques solutions :

1- Ajouter quelques gouttes de vinaigre à l’eau de cuisson ou jeter une noix de Grenoble (dans sa coquille) dans l’eau.

2- Poser un chiffon imbibé de vinaigre de cidre sur le couvercle de la casserole.

3- Ajouter une croûte de pain dans la casserole où vous faites cuire les légumes absorbera les odeurs.

Source : Cahier CASA, Journal de Montréal, 20 février 2021, p11

Question de genre…

On dit un ou une ordinateur ?

Une enseignante francophone expliquait à sa classe que dans la langue française, les noms, contrairement à l’anglais, sont désignés au masculin et au féminin.

Par exemple :

– maison est féminin… une maison.

– crayon, par contre, est masculin… un crayon.

Un élève demanda à l’enseignante de quel genre est donc le nom ordinateur ?

Au lieu de donner la réponse, l’enseignante a séparé la classe en deux groupes, garçons et filles, leur demandant de décider par eux-mêmes si ordinateur est masculin ou féminin. Elle a demandé à chaque groupe de donner 4 bonnes raisons pour appuyer sa recommandation.

Les garçons ont décidé à l’unanimité que ordinateur est définitivement féminin (la ordinateur) parce que :

1. Personne d’autre que son créateur ne comprend sa logique intérieure ;

2. Le langage de base que les ordinateurs utilisent avec d’autres ordinateurs est incompréhensible pour tout le monde ;

3. Même la plus petite erreur est gardée en mémoire vive à long terme pour être ramenée à la surface plus tard ;

4. Aussitôt que vous utilisez régulièrement une ordinateur, vous vous exposez à dépenser la moitié de votre chèque de paie pour acheter des accessoires pour elle.

Le groupe de filles, toutefois, a conclu que l’ordinateur est masculin parce que :

1. Afin d’accomplir quoique ce soit avec lui, tu dois l’allumer ;

2. Il est bourré de matériel de base, mais ne peut penser par lui-même ;

3. Il est sensé régler beaucoup de problèmes, mais la moitié du temps, il est le problème lui-même ;

4. Aussitôt que tu en utilises un régulièrement, tu réalises que si tu avais attendu un peu, tu aurais obtenu un meilleur modèle.

Les filles ont gagné !

Vous aimeriez devenir centenaire et en pleine forme ? C’est possible…

Jeanne Louise Calment avait la plus longue durée de vie humaine confirmée jamais enregistrée: 122 ans et 164 jours. Il semble que le destin ait fortement approuvé la façon dont Mme Calment a vécu sa vie.

Jeanne est née à Arles, en France, le 21 février 1875, et décédée en 1997. Lorsque la Tour Eiffel a été construite, elle avait 14 ans.

C’est à ce moment-là qu’elle rencontre Vincent van Gogh. « Il était sale, mal habillé et désagréable », se souvient-elle dans une interview donnée en 1988.

À 85 ans, elle s’est mise à l’escrime et elle roulait toujours sur son vélo lorsqu’elle a atteint 100 ans.

Quand Jeanne avait 114 ans, elle a joué dans un film sur sa vie. À 115 ans, elle a subi une opération de la hanche et à 117 ans, elle a arrêté de fumer (après avoir commencé à 21 ans en 1896).

Apparemment, elle n’a pas arrêté de fumer pour des raisons de santé, mais parce qu’elle n’aimait pas devoir demander à quelqu’un de l’aider à allumer une cigarette lorsqu’elle devenait presque aveugle.

En 1965, Jeanne avait 90 ans et n’avait pas d’héritiers. Elle a signé un accord pour vendre son appartement à un avocat de 47 ans nommé André-François Raffray. Il a accepté de lui verser une somme mensuelle de 2 500 francs à la condition qu’il hérite de son appartement après sa mort. Cependant, Raffray a non seulement fini par payer Jeanne pendant 30 ans, mais il est décédé avant elle à l’âge de 77 ans. Sa veuve était légalement obligée de continuer à payer Mme Calment jusqu’à la fin de ses jours.

Jeanne a conservé des facultés mentales pointues. Lorsqu’on lui a demandé le jour de son 120e anniversaire quel genre d’avenir elle s’attendait à avoir, elle a répondu: « Un très court. »

Citations et règles de vie de Jeanne Calment:

– Être jeune est un état d’esprit. Cela ne dépend pas de son corps. Je suis en fait encore une jeune fille. C’est juste que je n’ai pas l’air si bien depuis 70 ans. Je n’ai qu’une ride, et je suis assis dessus.

– Tous les bébés sont beaux.

– J’ai été oublié par notre bon seigneur.

– Je suis amoureuse du vin.

– Gardez toujours votre sourire. C’est ainsi que j’explique ma longue vie.

– Si vous ne pouvez pas changer quelque chose, ne vous inquiétez pas.

– J’ai une immense envie de vivre et un gros appétit, surtout pour les sucreries.

– Je ne porte jamais de mascara; je ris jusqu’à ce que je pleure trop souvent.

– Je vois mal, j’entends mal et je me sens mal, mais tout va bien.

– Je pense que je vais mourir de rire. »

– J’ai des pattes de fer, mais pour vous dire la vérité, elles commencent à rouiller et à se déformer un peu.

– J’ai pris du plaisir quand j’ai pu. J’ai agi clairement et moralement et sans regret. J’ai beaucoup de chance.

Voilà ! Vous avez maintenant la recette de longévité.

À vous de jouer…

Personnel soignant… des vocations surhumaines

Quel troublant reportage dans l’édition du 20 février du journal La Presse +, sur le travail surhumain du personnel soignant dans les hôpitaux et principalement en temps de COVID. On ne peut imaginer leur quotidien. En voici un trop bref aperçu.

Lorsque la tempête sera terminée, il faudra récompenser et honorer le travail colossal qu’ils ont accompli.

Voici leur réalité de tous les instants, livrée par Gabrielle Duchaine.

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PERSONNE NE COMPREND CE QU’ON VIT

Photo: David Boily, La Presse

À quelques jours d’un nouvel assouplissement des règles sanitaires, alors que les cas de COVID-19 continuent de baisser, au front, le personnel soignant n’a pas l’impression de souffler. « Personne ne comprend ce qu’on vit » : c’est le cri du cœur d’une travailleuse épuisée qui appréhende plus que tout une troisième vague de la maladie. La Presse a passé une journée avec les équipes COVID-19 de l’hôpital Pierre-Le Gardeur.

UN AN DE DEUILS

Dans la chambre 203 de l’unité des soins intensifs de l’hôpital Pierre-Le Gardeur, Marcel Roy, 73 ans, vit ses dernières heures.

Cela fait 37 jours qu’il est hospitalisé ; 37 jours que le personnel le connaît, le soigne, s’attache à sa famille. Sa femme, Mariette Forget, leur a montré des photos des « beaux yeux bleus » de son mari. Avant la maladie.

Le soir de son admission, M. Roy a appelé Mariette. « Ils vont m’intuber. Je veux vivre », a-t-il dit.

Ensuite, il a passé des semaines dans un semi-coma. Les médecins ont dû lui faire une trachéotomie.

En février, Marcel Roy a remonté la pente. Il a commencé à respirer seul quelques heures par jour. Il a murmuré « je t’aime » à sa femme. Il a été déclaré guéri de la COVID-19. Sa famille s’est mise à espérer. Et les soignants avec elle.

Et puis, il y a eu les complications.

Ce matin, quand Mariette est arrivée à son chevet, elle l’a vu à nouveau dans le coma. La bouche ouverte. Branché de partout. Elle a tranché. « C’est assez. »

« C’est un geste d’amour que vous faites », lui a répondu l’intensiviste, la Dre Amélie Boisclair.

***

Nous sommes le 10 février à l’hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, en banlieue de Montréal. Un établissement ultramoderne qui dessert un bassin de 300 000 résidants de la couronne nord. Aujourd’hui, il y a 12 patients « rouges » aux soins intensifs, ce qui en fait l’un des plus occupés du Québec.

Ils sont une quinzaine autour du poste de garde – des infirmières surtout, des préposés, deux médecins – lorsque les proches de M. Roy entrent dans l’unité.

Ils viennent d’être informés de la décision de la famille d’arrêter les traitements. Les visages sont graves derrière les masques. Des larmes brillent dans les yeux de plusieurs.

Ici, la mort fait partie du quotidien. On pourrait croire que les soignants la côtoient avec une certaine indifférence. Non.

« On ne s’habitue pas à ça », dit la Dre Boisclair.

Il y a quelques semaines, excédée, elle a publié sur Facebook une sortie contre les voyages à l’étranger et une photo de son visage meurtri par son masque. Les réactions ont confirmé ses soupçons : « Les gens n’ont aucune idée de notre réalité. » Alors que plane la menace d’une troisième vague et que les nouveaux variants se multiplient, c’est elle qui nous a invités à l’hôpital. « C’est important que tout le monde voie. »

L’intensiviste entre dans la chambre de son patient inanimé et lui serre le bras de sa main gantée. Elle se penche vers lui, murmure quelques mots, puis s’éloigne pour pleurer loin des regards. « Il allait mieux », souffle-t-elle.

Mélanie Normand, infirmière, prend Mariette Forget dans ses bras, lui caresse le dos et tire le rideau pour donner un peu d’intimité à la famille. C’est elle qui donnera les derniers soins au mourant.

« J’étais là quand il est arrivé. J’étais là quand on lui a fait sa trachéo. Et je suis là aujourd’hui. »

Karine Kazerski s’est retirée le temps de se redonner une contenance. « On vit beaucoup de deuils avec la COVID. Ce sont des patients qui restent plus longtemps aux soins intensifs. On s’attache », dit-elle.

« Quand les visites étaient interdites, on les voyait mourir seuls. Maintenant, on accompagne leurs familles. Ça devient lourd, après un an, de tenir ça sur nos épaules. »

– Karine Kazerski, préposée aux bénéficiaires

Au front depuis bientôt 12 mois, à « vivre le drame de tout le monde », l’équipe est à bout de souffle.

il y a eu la première vague, la peur et l’inconnu. « Tous les jours, quelque chose de nouveau », dit Mélanie Normand.

Puis la deuxième vague et l’afflux de patients – les soins intensifs sont montés à 150 % d’occupation.

Les heures supplémentaires obligatoires. Les congés de Noël annulés. Les renforts à former « sur une maladie qu’on ne connaît pas ».

Et alors que Québec parle de déconfinement et que les cas baissent, ici, le personnel n’a pas l’impression de souffler. Et il s’inquiète qu’on baisse collectivement la garde.

« Personne ne comprend ce qu’on vit. On est seuls au monde. Même à l’intérieur de l’hôpital, je ne crois pas que les gens comprennent », dit Andrée-Anne Gobeil, infirmière, d’une voix étouffée par le masque N95 qui lui serre le visage.

Le soir, au coucher, elle a commencé à prendre des somnifères parce qu’elle a « la tête trop pleine ».

L’infirmière se sent tellement isolée qu’elle ne parle presque plus de son travail en dehors de l’hôpital. Elle a même mis une croix sur certaines amitiés. Des proches qui contournent les règles « et qui ont toujours l’air d’avoir une bonne raison », alors qu’elle se bat pour sauver des vies. « Moi, je les vois, les patients. Je sais qu’ils sont vraiment malades. »

Andrée-Anne devrait être en pause, mais le téléphone du poste ne dérougit pas. Sur le bureau, à côté d’elle, un écran montre les signes vitaux de Marcel Roy, de plus en plus faibles.

Elle aussi connaît bien la famille.

« Je vais me mettre à pleurer si je rentre dans cette chambre. »

UN AN DE COMBATS

La bulle des soins intensifs COVID-19 de l’hôpital Pierre-Le Gardeur a littéralement été construite avec du tape et de la broche. Un environnement hostile, changeant, « extrêmement déstabilisant », dit l’infirmière Mélanie Normand.

Ici et là, des murs en plastique surgissent au milieu des couloirs pour isoler les patients infectés. Le personnel a écrit de petits mots d’encouragement dessus. Fixés avec du ruban adhésif, rouge ou vert selon le côté où l’on se trouve, ils sont déplacés à mesure que le nombre de patients change. « Tu te mets à courir pour une urgence et tu te retrouves devant un mur qui n’était pas là la veille », dit l’intensiviste Amélie Boisclair.

Dans les chambres, le bruit des machines à pression négative est assourdissant. « On n’entend pas ce qui se passe dans l’autre chambre », dit Mélanie Normand.

De gros tuyaux exposés courent le long des murs pour faire circuler l’air.

Il a fallu briser des fenêtres pour installer l’équipement en catastrophe, explique Isabelle Martin, la chef d’unité.

L’infirmière Mélanie Lalonde prend des notes à un petit bureau devant une chambre. Un homme y est allongé, inerte. Il a les yeux fermés. Un tube dans sa trachée l’aide à respirer. Elle ne le quitte pas des yeux. Si elle s’éloigne, elle n’entendra pas les appareils. C’est son fils qui a contaminé le patient en revenant de voyage.

« Il allait assez bien quand il est arrivé, mais [son état de santé] s’est détérioré », dit l’infirmière, mère de trois enfants. Voilà 13 ans qu’elle travaille aux soins intensifs. « Je n’ai jamais vu des malades aussi instables. »

L’infirmière ne le cache pas, elle est « épuisée ».

Pendant la première vague, tout était nouveau. Elle avait peur de ne pas être à la hauteur.

Avec la deuxième, le poids des décès et des tragédies pèse de plus en plus lourd.

« On n’a jamais eu de répit. Ils disent que la situation s’améliore, mais on ne le sent pas vraiment. »

– Mélanie Lalonde, infirmière.

Il y a eu cette femme qui lui a raconté les projets de retraite d’un mari de 68 ans mort 48 heures plus tard. Il y a eu cet homme qui ne croyait toujours pas qu’il avait eu la COVID-19 quand elle a retiré le tube qui le faisait respirer. Il y a eu tous ces morts qu’elle a enveloppés dans un linceul.

Et aujourd’hui, il y a la culpabilité de ce fils dont le père gît devant elle.

« Jour après jour, ça devient exponentiel », dit-elle.

« On dirait que les gens auraient besoin de voir du sang partout dans les couloirs pour prendre ça au sérieux, déplore la Dre Boisclair. Ce n’est pas parce que ce n’est pas spectaculaire que ces gens-là ne sont pas extrêmement malades », dit-elle en balayant les chambres d’un geste de la main.

***

L’inhalothérapeute Julie Gélinas enfile des gants et entre dans une chambre. Elle se penche vers le patient et parle fort pour couvrir le bourdonnement des appareils. « Comment ça va ? »

L’homme a 70 ans. Ça fait une semaine qu’il est sous respirateur. Il ne parle ni français ni anglais. Lorsqu’il a été intubé, il a fallu appeler son fils sur FaceTime pour traduire. Julie se souvient de la panique dans ses yeux.

Le septuagénaire ne le sait pas, mais la soignante fonde beaucoup d’espoir en lui. Elle va éteindre le respirateur quelques instants pour voir s’il réussit à respirer seul. Un premier pas vers l’extubation.

Après seulement une semaine, chez un patient atteint de la COVID-19, c’est extrêmement rapide. Généralement, on parle de quatre, voire six semaines.

« Quand on met le tube, on sait que ça va être long. Et que la réhabilitation va être épouvantable. »

– Julie Gélinas, inhalothérapeute.

Chaque fois que Julie Gélinas effectue la manœuvre, elle ressent le poids de son geste.

Julie sort de la pièce. Enlève ses gants. Se lave les mains. On devine un sourire sous son masque. « Il a très bien fait ça. »

Une petite victoire qui veut dire beaucoup.

UN AN DE BOULEVERSEMENT

Depuis un an, l’infirmière Karine Apreo a été déplacée six fois. Le délestage dont on entend tellement parler, elle pourrait en être l’égérie.

À la première vague, elle a été retirée de sa clinique spécialisée et envoyée un mois aux urgences. Puis trois semaines dans un CHSLD. Puis dans une zone tampon. Elle a ensuite fait du dépistage en CHSLD. Puis elle est retournée dans sa clinique, avant d’être à nouveau déplacée en novembre, cette fois à l’étage COVID-19 de l’hôpital Pierre-Le Gardeur.

« Disons que j’ai dû m’adapter », dit-elle.

Nous voici à l’unité transitoire destinée aux patients atteints de la COVID-19, dans une autre aile de l’hôpital ; 35 chambres réservées aux malades qui doivent être hospitalisés, mais qui n’ont pas besoin de soins intensifs. Aujourd’hui, 12 lits sont occupés. Au plus gros de la crise, ils sont montés à 33.

Le département a été construit à toute vitesse en pleine pandémie pour ouvrir à l’automne ; 100 % du personnel y a été délesté, 80 % a attrapé la COVID-19 depuis novembre.

C’est le cas de Karine. « J’ai été malade cinq semaines pour revenir à 90 % de ma forme d’avant », dit la femme de 35 ans.

« D’une certaine façon, la COVID m’a un peu sauvée. C’est les seules vacances que j’ai eues. »

– Karine Apreo, infirmière

Dire que l’équipe est ébranlée est un euphémisme. Ici aussi, le spectre d’une autre vague fait peur.

« Au début, on avait deux décès par jour. Maintenant, on en a deux ou trois par semaine », raconte la chef d’unité, Kina Demers. Un couple de gens âgés est mort main dans la main.

« C’est très, très lourd comme ambiance. C’est des patients qui nécessitent beaucoup de soins », ajoute Karine Apreo.

Dans la chambre à côté, un homme de 31 ans a contracté une pneumonie. Il est amaigri. Branché de partout. Il a eu besoin de trois drains thoraciques. Il attend d’être opéré.

Au bout du corridor, Paul Beaudin, 70 ans, a les yeux dans l’eau. Il met dix minutes à reprendre son souffle quand il parcourt les deux mètres qui le séparent de la salle de bains. Il a peur de s’endormir le soir et de ne pas se réveiller. Et il fait partie des chanceux. Il respire seul.

Véronique Tremblay, infirmière auxiliaire, n’avait pas mis les pieds à l’hôpital depuis 15 ans lorsqu’elle a atterri ici. Elle travaille généralement dans un groupe de médecine familiale et en soins à domicile.

« Disons que ç’a été un gros choc. Le premier mois, j’ai senti un vent de panique. J’étais dépassée par les évènements. »

Et maintenant ? « J’aime ça », dit-elle.

Les premières semaines, « c’était le bordel », admet la chef d’unité Kina Demers.

« On a ouvert en catastrophe. On n’était pas rodés. Il manquait des choses, et beaucoup de filles avaient rarement travaillé dans un hôpital. Disons qu’il y avait beaucoup de vouloir. »

Devant nous, le petit groupe d’infirmières, elles sont cinq ou six, utilise des mots forts pour décrire leur expérience : « traumatisme », « impuissance », « solitude ».

À les voir travailler, rien n’y paraît.

L’ambiance est calme. Les corridors sont silencieux. Chacune vaque à ses affaires. L’équipe a pris son erre d’aller.

« On croise les doigts pour que ça ne reparte pas », dit Karine Apreo.

Une vraie parole de sage

Vous êtes des gérants d’estrade qui veulent régler VOS problèmes et VOTRE petit bonheur ? Le texte qui suit est pour vous.

Il est tiré de la page opinion du Journal de Montréal du 19 février dernier, une lettre ouverte d’Albert Marier, de Québec.

Une vraie parole de sage qu’on devrait applaudir et propager.

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LES ADULTES DOIVENT SERVIR DE MODÈLES AUX JEUNES

Je suis éducateur physique, entraîneur de baseball, de basket et de hockey, ancien directeur technique de Baseball Québec (1983-1990), chargé de cours en intervention sportive et 28 ans à titre de conseiller (émérite) en sports au gouvernement du Québec.

J’ai 62 ans et je respecte scrupuleusement les consignes sanitaires. Pas beaucoup d’activités disponibles. Le plus triste est de ne pas pouvoir voir mes enfants et faire des trucs avec des amis, plusieurs retraités comme moi. Je prends mon temps, je fais ma part et je rêve au printemps.

Je n’ai pas changé d’idée depuis 45 ans et pendant l’ensemble de ma carrière professionnelle : le sport est un incroyable levier du développement et de l’épanouissement de la personne. C’est vrai pour tous et probablement encore plus pour les jeunes.

Je crois profondément à l’impact positif de la pratique sportive chez les jeunes, notamment sur la réussite éducative. J’ai tenté d’apporter ma contribution tout au long de ma vie pour aider à développer la pratique sportive au Québec dans tous ses contextes et aussi à améliorer nos façons de faire pour développer le talent sportif.

TOUS DANS LE MÊME BATEAU

Ce qui nous arrive tous est épouvantablement triste, tragique. Mais on ne peut pas se mettre la tête dans le sable. C’est la fatalité ! C’est la réalité. On est tous dans le même bateau, inexorablement responsable de soi et de l’autre. La détresse n’est pas que celle des jeunes, elle est universelle.

Les faits demeurent : même si les jeunes ont très peu de chances d’être très malades de la COVID et alors qu’ils comprennent plus difficilement ce qu’on leur impose, ils sont potentiellement des supers transmetteurs du virus auprès des adultes, de leurs parents, de leurs professeurs, de leurs coachs, etc. On l’a vu dans le temps des Fêtes.

Quand j’entends les adultes en situation d’autorité parler de jeunes sacrifiés, victimes, oubliés, qui paient encore… je deviens très ennuyé. Plus on va leur dire, plus ils vont le croire !

On veut tout, chacun pour soi. Ce qui arrive est terrible pour les jeunes, mais aussi pour tout le monde. Chacune et chacun réclament qu’on leur permette leur resto, leur spectacle, leur bar, leur gym, leur sport, etc. Les individus, normalement, prennent position en fonction d’où ils sont dans la vie et dans la société, et s’expriment en fonction de leurs propres besoins. Le virus, lui, bien, il s’en fout.

EN ACCORD AVEC LES RESTRICTIONS

Ainsi, je partage entièrement les restrictions actuellement mises en place en matière de sport organisé. J’aurais été du même avis. J’ai confiance qu’elles sont fondées sur le travail des experts alors que les mesures sont constamment jaugées dans cet impossible équilibre entre ce que chacun veut pour soi, la fragilité du système de santé et l’objectif d’enrayer la pandémie. Il n’y a pas un gouvernement qui pourrait faire l’unanimité. C’est bien plus facile d’être un gérant d’estrade, comme moi.

Les adultes en situation d’autorité ont cette ultime responsabilité de faire comprendre aux jeunes que c’est leur devoir de nous protéger toutes et tous. Les jeunes sont intelligents et ils sont capables de s’adapter. Si les adultes se comportent comme des modèles responsables, ils vont suivre.

J’exhorte les adultes en situation d’autorité à faire valoir le sens accru des responsabilités que les jeunes doivent démontrer et acquérir, à les accompagner pour qu’ils développent une grande autonomie et qu’ils apprennent à surmonter les difficultés. C’est comme cela que l’on développe de bons citoyens.

SOYEZ CRÉATIFS

Pas question d’arrêter de bouger. Soyez créatifs et mettez les jeunes au défi. Allez vers de nouvelles activités physiques et de plein air. Faites-leur découvrir de nouvelles méthodes d’entraînement
des qualités physiques et mettez-les en situation de développer de nouvelles habiletés motrices.

La situation progresse. Mon vœu le plus cher, c’est qu’avec le printemps, mon propos ne soit plus pertinent. En espérant pouvoir faire du sport bientôt et aller voir les jeunes jouer et faire de la compétition.

Avec tout mon respect.

Trois gouttes de lumière…

LE POT DE CORNICHONS

Aussi loin que je peux me souvenir, le pot de cornichons se tenait à côté de la commode dans la chambre de mes parents. Quand mon père se préparait à se coucher, il vidait ses poches et toute sa petite monnaie allait dans le pot de cornichons.

Quand j’étais petit, j’étais fasciné par le son que les pièces faisaient quand elles tombaient dans le pot. Quand il était presque vide, les pièces entonnaient une musique joyeuse en tombant au fond. Puis, les sons devenaient plus subtils au fur et à mesure que le pot se remplissait.

J’avais pris l’habitude de me glisser sur le plancher et d’admirer les cercles de cuivre et d’argent qui brillaient comme un trésor de pirate lorsque le soleil entrait par la fenêtre de la chambre.

Quand le pot était plein, papa s’installait à la table de la cuisine pour rouler les pièces avant de les porter à la banque. Cette opération était toujours d’une grande importance. Les rouleaux tous bien alignés dans une boîte de carton, papa plaçait la boîte entre nous sur le siège de sa vieille camionnette.

À chaque fois que nous roulions vers la banque, papa me regardait les yeux remplis d’espoir, « Ces sous te garderont hors des usines de textiles mon garçon. Tu feras mieux que moi. Ce vieux village ouvrier ne te retiendra pas prisonnier », et à toutes les fois qu’il présentait la boîte à la caissière, il souriait fièrement « Ces sous serviront aux études de mon garçon. Il ne travaillera pas à l’usine toute sa vie comme moi ».

Il célébrait chaque dépôt en arrêtant prendre un cornet de crème glacée. Je prenais toujours au chocolat et papa à la vanille.

Lorsque le serveur remettait la monnaie à papa, il me le montrait au creux de sa main en me disant : « Lorsque nous serons à la maison, nous recommencerons à remplir le pot ». Il me laissait toujours déposer les premiers sous dans le pot vide.

Nous sourions d’une façon complice en les entendant tomber en dansant dans le pot. « Tu seras instruit avec des sous noirs, des 5, des 10 et des 25 sous », dit-il, « mais tu le seras quand même. J’y verrai. »

Les années passèrent. Je terminai l’université et commençai à travailler dans une autre ville.

Un jour, en visitant mes parents, j’ai utilisé le téléphone de leur chambre et j’ai remarqué que le pot avait disparu. Il n’avait plus sa raison d’être et on l’avait enlevé

Comme je fixais l’endroit où avait toujours été le pot de cornichons, mon cœur se serra. Mon père ne parlait pas beaucoup et ne m’a jamais sermonné sur les valeurs de la détermination, de la persévérance et de la foi.

Le pot de cornichons m’avait enseigné toutes ces valeurs de façon beaucoup plus éloquente que bien des mots auraient pu le faire.

Quand je me suis marié, j’ai expliqué à mon épouse Suzanne, la place qu’avait occupé le pot de cornichons dans mon existence. À mes yeux, il définissait plus que tout, l’étendue de l’amour de mon père pour moi.

Peu importe si les choses étaient difficiles ou non à la maison, papa continuait à remplir graduellement le pot. Même l’été où papa avait été mis à pied à l’usine, et où maman devait nous servir du « baloney » plusieurs fois par semaine, pas un sou n’a été pris dans le pot. Au contraire, papa me regardait de l’autre côté de la table et me disait « Lorsque tu sortiras de l’université mon garçon, tu n’auras plus à manger de « baloney », à moins que tu le veuilles.

Le premier Noël après la naissance de ma fille Jessica, nous avons passé les Fêtes chez mes parents. Après le souper, maman et papa étaient assis ensemble sur le canapé, prenant tour à tour leur petite fille. Jessica commença à gigoter et Suzanne la prit pour aller la changer dans la chambre de mes parents.

Lorsque Suzanne revint au salon, elle avait les yeux tout émus. Elle remit Jessica à mon père et prit ma main pour aller me montrer quelque chose.

« Regarde » dit-elle doucement, ses yeux m’indiquant de regarder à un endroit sur le sol près de la commode. À ma grande surprise, il était là, comme s’il n’avait jamais quitté sa place et avec déjà quelques sous à l’intérieur.

Je m’avançai alors et mis la main dans ma poche pour en sortir la monnaie qu’elle contenait. Avec une boule d’émotions dans la gorge, je déposai le contenu de ma main dans le pot de cornichons. Je levai les yeux et vit que mon père, portant Jessica, était entré doucement dans la pièce.

Nos yeux se sont croisés et j’ai su que nous éprouvions les mêmes émotions. Ni l’un ni l’autre ne pouvait parler. Ce geste m’a vraiment touché et je sais que ça vous a touché aussi.

Quelques fois, nous sommes trop occupés à dénombrer nos problèmes et nous oublions de compter nos joies.

Ne sous-estimez jamais le pouvoir de vos actions. Avec un tout petit geste, vous pouvez changer la vie d’une personne pour le meilleur ou pour le pire.

Dieu nous place tous dans la vie des autres pour faire la différence dans leur vie. Recherchez Dieu dans les autres. Les plus belles choses ne peuvent être vues ou touchées. Elles doivent être ressenties avec le cœur.

Dans les moments joyeux, louez le Seigneur. Dans les moments difficiles, cherchez le Seigneur. Dans les moments tranquilles, priez le Seigneur. Dans les moments douloureux, faites confiance au Seigneur.

À tout moment, remerciez le Seigneur. Et n’oubliez pas; sans le Seigneur, on n’est rien.

Bonne journée.

Contraventions pour les adolescents

Est-ce que votre ado pourrait recevoir une contravention pour le non-respect des mesures sanitaires imposées par le gouvernement ?

Oui !

Éducaloi explique les conséquences de cette désobéissance dans une chronique publiée dans le Journal de Montréal du 15 février dernier.

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VOTRE ADOLESCENT PEUT RECEVOIR UNE COÛTEUSE CONTRAVENTION

Les mesures sanitaires décrétées par le gouvernement s’appliquent à tout le monde.

Incluant les mineurs.

Dans quelles conditions votre adolescent peut-il recevoir une contravention ? Et quelles sont les conséquences pour lui et pour vous ?

DANS QUELLES CONDITIONS ?

Si votre adolescent de 14 ans et plus commet une infraction, il peut recevoir une contravention. On l’appelle aussi un constat d’infraction, une amende ou un ticket.

Votre adolescent peut recevoir une contravention s’il ne respecte pas les mesures sanitaires imposées par le gouvernement. Par exemple, s’il est à l’extérieur pendant le couvre-feu alors qu’il ne bénéficie pas d’une des exceptions prévues.

La contravention peut être donnée sur-le-champ ou envoyée par la poste. En tant que parent, vous recevrez aussi une copie du document.

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES POUR VOTRE ADO ET POUR VOUS ?

Le montant de l’amende que votre adolescent devra payer ne peut pas être plus élevé que 500 dollars, plus les frais du constat d’infraction.

En tant que parent, vous n’avez pas à payer l’amende de votre adolescent.

Votre adolescent peut communiquer avec le percepteur des amendes s’il n’a pas les moyens de payer le montant réclamé. Par exemple, il pourrait alors convenir d’une entente pour payer l’amende en plusieurs versements. Le percepteur pourrait aussi lui proposer de faire des travaux communautaires au lieu de payer l’amende.

Votre adolescent peut aussi choisir de contester le constat d’infraction – plaider non coupable – s’il croit qu’il n’a pas fait ce qui lui est reproché. Il doit le faire dans un délai de 30 jours. Les informations sur la façon de contester sont généralement écrites directement sur le constat d’infraction.

« Star » académie : le miroir aux illusions

Je ne suis pas un fervent de « Star » académie. Je ne l’écoute plus et depuis quelques éditions. C’est populaire, même très populaire, mais je n’embarque pas.

Pourtant, le musicien que je suis adore la musique, les performances des artistes et leurs qualités d’interprètes.

J’en ai sur le concept. Ça ne rejoint pas du tout mes valeurs.

Une académie se définie par une école supérieure et qui dit école, dit enseignement, expérience et performance, dirigés par des professeurs spécialisés.

Pourtant, pour ces élèves, une épée de Damoclès pend au-dessus de leur tête; l’élimination. Un mot qui déclenche sa part d’émotions, d’un mauvais rêve.

Un étudiant, à l’école, passe toute une année académique à apprendre, à acquérir le savoir qui lui permettra de progresser, d’accéder à ses ambitions. Certes, la conséquence est la réussite ou l’échec, mais les possibilités durent toute une année scolaire. Le temps peut jouer en sa faveur.

Aurait-on l’idée de dire à l’académicien, après un seul mois d’étude, qu’il n’est  pas bon, qu’il ne progresse pas selon certains critères, certaines normes ? On l’élimine ! C’est le rejet, l’inacceptation, le déni.

À « Star » académie, c’est ce qui se passe. L’élimination fait en sorte que la personne ne peut bénéficier des cours qui sont donnés, de parfaire son apprentissage, de découvrir le monde du spectacle, de goûter l’extase. C’est déplorable… sauf pour les cotes d’écoute.

À tout le moins, il devrait pourvoir terminer totalement son programme « scolaire ». Comme à l’école, un système de bulletin pourrait déterminer sa note, son talent et son classement parmi tous les autres académiciens.

Le public pourrait aussi participer aux notes, dans une moindre mesure, la popularité n’étant pas un gage de réussite.

À tout le moins, on verrait évoluer toute la classe jusqu’aux derniers instants. Les spectacles quotidiens seraient une excellente preuve de leur talent, de leur  développement, de leur progrès. Une façon de mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

Dans sa formule actuelle, les somptueuses scènes, les décors colorés et les jeux de lumières, sont un miroir aux illusions, laissant flamboyer la vie intense d’une super vedette. L’adoration du public hélas est réservée à l’élite.

Qui se souvient des artistes en herbe, qui ont foulé les planches de l’académie au fil des éditions ?

Probablement pas beaucoup. On se souvient des vainqueurs et finalistes qui ont évolués durant l’expérience, sans plus. Avec l’élimination, certains n’ont fait que passer.

Les évincés sont malheureusement restés dans l’oubli pour la plupart, sans avoir pu extérioriser leur plein potentiel.

NDLR: Le masculin a été retenu, pour alléger le texte.

Les fruits et légumes en temps de pandémie

Avant d’être réduit en fruits ou en légumes, comme je ne suis pas bête comme un chou avec un pois chiche dans la tête, j’ai décidé de vous raconter des salades et de ramener ma fraise.

Alors pour se fendre la pêche et vous donner la patate, je vais appuyer sur le champignon avant de manger les pissenlits par la racine.

Aujourd’hui un virus nous oblige à faire le poireau chez nous, afin de nous éviter de prendre une châtaigne avec ses effets qui pourraient nous transformer en asperge. Comme je suis une bonne poire, je fais comme tout le monde et pour éviter de prendre une prune, je reste en confinement.

Même si ce n’est pas la fin des haricots, en regardant tous les jours des navets à la télévision, je ne vois pas pourquoi des espèces de cornichons qui ont du blé, vont décider de nous mettre en rang d’oignons.

Avant de ne plus avoir un radis et de retrouver un monde sans oseille, je pense qu’il ne faut pas se prendre le chou et que la Covid-19 n’est pas la fin des haricots, surtout avec tous les gros légumes qui décident pour nous…

Ces politiciens nous disent que pour les anciens, les carottes sont cuites, et que si nous bougeons hors de chez nous, le panier à salade viendra nous récupérer parce qu’on n’applique pas leurs règles à la noix.

Alors avant de nous faire tomber dans les pommes ou de nous réduire en vieilles patates, moi qui n’ai pas un cœur d’artichaut, qui a toujours écrit dans ma feuille de chou, je demande aujourd’hui de couper la poire en deux.

Donc stop à l’isolement, retrouvons la banane en sortant, car il faut bien mettre du beurre dans les épinards, car notre vie ne va bientôt plus valoir une cacahuète… si nous continuons.

Merci Réjean.

La Loi 101, version 2, tarde.

Depuis le temps que le ministre Simon Jolin-Barrette planche sur cette nouvelle version, il attend quoi pour nous la faire découvrir ? Promise pour l’automne dernier, puis cet hiver et plus particulièrement en février, aucun mot, aucune annonce, rien !

Avec toute cette attente, j’ai bien hâte de quoi il va accoucher. Il ne doit pas se tromper et nous décevoir. Cette loi doit revivre et prendre toute la place qui lui revient, comme l’avait fait feu Camille Laurin.

Josée Legault traitait de ce sujet chaud, dans sa chronique du 10 février dernier dans le Journal de Montréal. C’est le texte que je vous propose aujourd’hui.

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CAMILLE LAURIN, VOUS CONNAISSEZ ?

Dans la grande région métropolitaine, le français recule depuis plus de vingt ans déjà. Spécialisée à l’université sur la question linguistique, j’en ai souvent fait depuis l’analyse détaillée sur diverses tribunes. Ici et à l’étranger.

Après deux décennies de déni, tant chez la classe politique que dans les médias, le phénomène crève maintenant tellement les yeux que même les libéraux fédéraux s’en rendent compte.

C’est dire l’ampleur colossale du désastre qui, à force d’inaction des gouvernements, toutes couleurs confondues, commande un redressement majeur de la situation.

Cette tâche titanesque, le gouvernement Legault en a cependant hérité à son corps défendant. La réforme de la loi 101 préparée par Simon Jolin-Barrette, ministre responsable du dossier, est attendue depuis longtemps.

S’il fallait que l’éléphant accouche d’une souris sur le plan législatif, le rendez-vous manqué affaiblirait d’autant plus une langue « nationale » déjà amplement fragilisée.

INCERTITUDES ET ATTENTES

C’est dans ce même contexte d’incertitude et de grandes attentes que Richard Campeau, député caquiste de Bourget, suggère de remplacer le nom de sa circonscription montréalaise par celui de Camille Laurin.

Décédé le 11 mars 1999 à l’âge de 76 ans, le Dr Laurin, brillant psychiatre de profession, fut député de Bourget sous René Lévesque, et, surtout, ministre responsable de l’élaboration de la Charte de la langue française, mieux connue sous le nom de loi 101.

Pour mieux comprendre la grande intelligence, la finesse stratégique et la vision humaniste inaltérable de Camille Laurin, il faut lire sa biographie époustouflante, rédigée par Jean-Claude Picard, lui-même décédé l’an dernier. (Camille Laurin. L’homme debout. Boréal, 2003).

Pour qu’il puisse arriver à une version finale de la loi 101 en juillet 1977, on y prend la pleine mesure des nombreux obstacles qui jalonnaient la route de Camille Laurin. Un à un, il les a surmontés avec courage et détermination.

OBSTACLES

Rappelons que le milieu des affaires, les leaders anglo-québécois et fédéraux le conspuaient continuellement. Avec stoïcisme, il encaissait les insultes les plus viles, dont la comparaison odieuse avec Joseph Goebbels, propagandiste en chef du nazisme et d’Adolf Hitler.

Même au sein du gouvernement Lévesque, il devait se confronter à des collègues opposés à son projet. Fin tacticien, il réussira à les convaincre presque tous. Résultat : hormis pour la minorité historique anglophone, la loi 101 consacrerait le français comme langue nationale de tous les Québécois.

Au Québec, le français serait la langue d’intégration, de partage, du travail, de culture, de communication, d’éducation, d’affichage, de commerce, d’administration publique, etc. Un exploit historique.

Une fois adoptée, la loi 101 subira toutefois les assauts des tribunaux. Ses adversaires en ont fait grand usage pour mieux s’y attaquer. Pis encore, à de rares exceptions près, les gouvernements du Québec refuseraient à leur tour de la renforcer à nouveau.

Aujourd’hui, l’état des lieux est à l’avenant. D’où la « mission » de Simon Jolin-Barrette de lui redonner ses muscles perdus. Les difficultés se dressant devant lui sont d’ailleurs nettement plus atténuées qu’au temps de Camille Laurin.

La morale de cette histoire ? Honorer le legs exceptionnel de Camille Laurin en renommant son ancien comté est certes bienvenu. Redonner enfin vie à la Charte de la langue française serait beaucoup mieux encore.