Les 10 découvertes de la décennie

Scientifiquement parlant, qu’est-ce que la dernière décennie a apporté à l’univers en termes de découvertes. Dans un passé pas si lointain, on nous prédisait que bientôt, l’homme ne mourrait plus de maladie, qu’il pourrait vivre encore plus vieux avec les avancées scientifiques que la recherche soutenue inlassablement pourrait nous faire découvrir.

Dans son édition du 4 janvier dernier, Philippe Mercure de La Presse+, publiait un article très intéressant sur le sujet et c’est ce texte captivant et prometteur que je veux partager avec vous aujourd’hui, d’autant plus qu’un Québécois y a largement contribué.

Une révolution génétique. Des robots qui se posent sur une comète et sur un astéroïde. Une prédiction du grand Albert Einstein vérifiée un siècle plus tard. La décennie 2010 fut tout sauf ennuyeuse en science. Voici 10 moments forts choisis par La Presse, de concert avec le journaliste scientifique à la retraite Yanick Villedieu et le rédacteur en chef de l’Agence Science-Presse, Pascal Lapointe.

1- CRISPR-Cas9

Ce nom, CRISPR-Cas9, aux allures de code secret cache une véritable révolution. Ce sont des « ciseaux moléculaires » capables de repérer et de couper une séquence d’ADN dans une longue chaîne et de la remplacer par une autre. C’est l’équivalent des fonctions « couper » et « coller » d’un traitement de texte, mais appliqué au code de la vie. Le mécanisme a été découvert chez des bactéries dans un laboratoire de l’Université Laval (voir onglet suivant), mais a rapidement été repris par les généticiens pour manipuler le vivant avec une précision inégalée.

On commence à utiliser CRISPR pour retirer des portions d’ADN problématiques chez les malades et les remplacer par des portions saines. Les chercheurs rêvent aussi de s’en servir pour produire de nouvelles variétés agricoles et même pour ressusciter le mammouth. Les défis éthiques sont à la mesure des promesses : en 2018, une équipe chinoise a utilisé CRISPR pour faire naître des bébés génétiquement modifiés, soulevant un scandale.

2- MESURE DES ONDES GRAVITATIONNELLES

Albert Einstein l’avait prédit en 1916 : des évènements cosmiques d’une grande puissance peuvent faire onduler l’espace-temps comme un caillou lancé dans un lac produit des ronds dans l’eau. Il aura fallu un siècle et le budget le plus colossal jamais attribué par la National Science Foundation américaine. Mais en 2016, des scientifiques ont annoncé avoir détecté ces fameuses ondes gravitationnelles, obtenant le prix Nobel de physique l’année suivante.

La prouesse a été réalisée avec des machines ressemblant à des boomerangs géants installées en Louisiane et dans l’État de Washington. Elles ont pu détecter des contractions de l’espace un milliard de fois plus petites que la taille d’un atome, provoquées par le passage d’une onde gravitationnelle à travers la Terre. Cette onde avait été générée par la collision de deux trous noirs il y a 1,3 milliard d’années à l’autre bout du cosmos.

3- LE BOSON DE HIGGS

La chasse a duré 50 ans. Mais en 2012, des chercheurs ont annoncé avoir détecté le boson de Higgs, surnommée « la particule de Dieu ». Prédite en 1964, cette particule est la pierre angulaire du modèle standard, qui explique de quoi est faite la matière. Sans boson de Higgs, il est impossible d’expliquer pourquoi les particules comme les électrons ont une masse. Mais cette particule se désintègre rapidement et échappait obstinément aux observations expérimentales.

Dans le Grand collisionneur de hadrons, un immense accélérateur de particules enfoui sous la frontière de la France et de la Suisse, les scientifiques ont créé des collisions entre des particules circulant à très haute vitesse afin d’en créer de nouvelles. Ils ont fini par y voir apparaître le furtif boson, ce qui a ouvert la voie au prix Nobel de physique 2013 des théoriciens François Englert et Peter Higgs, qui avaient prédit son existence.

4- IMMUNOTHÉRAPIE CONTRE LE CANCER

Et si les meilleures armes contre le cancer étaient déjà présentes dans notre corps ? C’est l’idée derrière l’immunothérapie, qui vise à stimuler ou modifier le système immunitaire pour qu’il combatte les cellules cancéreuses. Cette approche révolutionnaire est en plein boom : en février dernier, la Food and Drug Administration américaine avait déjà approuvé 43 immunothérapies contre à peu près tous les types de cancer, et plus de 1900 études cliniques sont actuellement en cours ou en voie d’être entreprises.

La technique a déjà permis de multiplier l’espérance de vie des patients atteints de certains cancers, par exemple pour le mélanome métastatique. En 2018, l’Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo ont reçu le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur le sujet. Mais modifier le puissant système immunitaire n’est pas sans risque, et les recherches se poursuivent pour limiter les effets secondaires de ces thérapies.

5- CONQUÉRIR UNE COMÈTE… ET UN ASTÉROÏDE

« C’est comme atteindre une balle de fusil avec une autre balle de fusil. » Voilà comment les scientifiques ont décrit l’exploit d’avoir fait atterrir le robot Philae sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko (selon la graphie en français), le 12 novembre 2014. L’engin avait quitté la Terre 10 ans plus tôt, accroché à la sonde Rosetta de l’Agence spatiale européenne. Philae a connu un atterrissage difficile sur la comète : son système de harpon n’a pas fonctionné, l’amenant à rouler jusqu’à ce qu’il aille se loger dans une fissure.

Il a tout de même transmis de précieuses informations aux scientifiques. Rosetta, qui a tourné autour de la comète, y a même détecté des composés organiques, soutenant l’hypothèse que la vie ait pu être apportée sur Terre par une comète. L’exploit rappelle celui de la sonde OSIRIS-REx, qui a rejoint l’astéroïde Bennu (on trouve aussi la graphie Bénou) en décembre 2018. La NASA veut maintenant prélever un morceau de l’astéroïde et le ramener sur Terre.

6- NOTRE ARBRE GÉNÉALOGIQUE CHAMBOULÉ

La décennie 2010 a amené les Homo sapiens que nous sommes à découvrir que notre arbre généalogique est beaucoup plus complexe qu’on ne le pensait. En 2010, l’analyse génétique d’une simple phalange retrouvée dans la grotte de Denisova, en Russie, a révélé l’existence d’une espèce d’hominidés jusqu’alors inconnue, baptisée « homme de Denisova ». On a ensuite découvert avec stupéfaction que ces Dénisoviens sont réellement nos ancêtres : des traces de leur ADN se retrouvent aujourd’hui dans les populations d’Asie et d’Océanie.

Autre révélation : l’homme de Néandertal, qui a dominé le monde avant de s’éteindre il y a 30 000 ans, fait aussi partie de la famille. Il a frayé avec nos ancêtres, si bien que les humains d’origine européenne et asiatique comptent entre 1 et 3 % de gènes néandertaliens. D’autres découvertes, notamment celle d’Homo naledi en 2015, ont chamboulé nos connaissances. Nouvelle espèce ? Variante d’Homo erectus ? Les anthropologues ne s’entendent plus.

7- LE MICROBIOTE

Les grandes découvertes ne se font pas toutes aux confins du cosmos. Les années 2010 sont celles où les scientifiques ont braqué les projecteurs sur nos propres entrailles. Ce qui les intéresse là : le microbiote, soit l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans notre tube digestif. Ces bactéries, virus et autres organismes minuscules ne font pas que nous aider à digérer. Qualifié de « deuxième cerveau », notre système digestif compte aussi 100 millions de cellules nerveuses. Il libère des hormones dans notre sang, influençant nos émotions.

En 2018, on a même découvert qu’il communique directement avec le cerveau par des circuits neuronaux. De nombreuses études ont aussi montré que le microbiote fait partie intégrante de notre système immunitaire. En 2013, la première étude clinique a démontré l’efficacité des greffes fécales (oui, il s’agit bien de greffer les excréments d’une personne à une autre) contre les infections à C. difficile.

8- INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Les travaux théoriques mijotent dans les laboratoires depuis les années 50, mais c’est vraiment dans les années 2010 que l’intelligence artificielle a livré ses premières véritables applications pratiques. Aujourd’hui, on peut parler à l’assistant vocal de son téléphone (Siri est apparu en 2011) ou à des haut-parleurs « intelligents » comme Google Home (commercialisé en 2016).

Les voitures qui se conduisent seules ne relèvent plus de la science-fiction, l’apprentissage profond aide les médecins à repérer des tumeurs cancéreuses sur des images médicales et les algorithmes d’intelligence artificielle sont utilisés en commerce électronique pour personnaliser les produits qui nous sont proposés. Avec des chercheurs de calibre mondial comme Yoshua Bengio et Joëlle Pineau, des laboratoires autant universitaires que privés et des entreprises locales comme Element AI, le Québec est à l’avant-scène de cette révolution qui promet de se poursuivre pendant la prochaine décennie.

9- TRAPPIST-1

Sept planètes d’une taille similaire celle de la Terre, dont trois situées dans la zone habitable, qui tournent autour de la même étoile. En 2015 et 2016, la description de TRAPPIST-1, un véritable système planétaire situé à 40 années-lumière de la Terre, a enflammé l’imagination. On a plus tard confirmé que ces planètes sont rocheuses et pourraient contenir de l’eau, ce qui laisse croire aux scientifiques que la vie y est possible.

La découverte illustre à quel point la découverte des exoplanètes a explosé au cours de la dernière décennie. Alors que la première confirmation de la détection d’une exoplanète est survenue en 1995, on connaît aujourd’hui plus de 4000 de ces objets. On sait que les étoiles qui comptent des planètes ne sont pas l’exception, mais bien la règle. À l’Université de Montréal, l’Institut de recherche sur les exoplanètes joue un rôle de premier plan dans ces recherches. Prochain défi : scruter l’atmosphère de ces mondes éloignés pour y trouver des signes de vie.

10- UN BÉBÉ À TROIS PARENTS

Un papa…et deux mamans. En 2016, on a appris l’existence d’un petit garçon à l’arbre généalogique bien particulier. Ses « vrais parents », un couple de Jordaniens, avaient déjà eu deux enfants morts en bas âge. La mère avait un problème avec ses mitochondries, les centrales énergétiques des cellules, qu’elle transmettait à sa descendance. Le médecin John Zhang, du centre de fertilité New Hope, à New York, a contourné le problème en utilisant l’ovule d’une donneuse dans lequel il a transféré le noyau de la « vraie » maman. Il a ensuite fertilité cet ovule hybride avec un spermatozoïde du père.

L’exploit technique a soulevé un tollé, les bioéthiciens soulignant les effets inconnus de telles manipulations et le fait qu’elles aient été faites au Mexique pour échapper à la loi américaine. La percée montre que les avancées dans les nouvelles techniques de reproduction se font parfois plus rapidement que les réflexions éthiques sur leur pertinence.

SYLVAIN MOINEAU : LE QUÉBÉCOIS DERRIÈRE CRISPR

Déclencher une révolution génétique en scrutant… un fromage. C’est ce qui est arrivé au Québécois Sylvain Moineau, qui a décrit le mécanisme CRISPR-Cas9 avant qu’il soit utilisé pour remodeler l’ADN des êtres vivants. Entretien avec un homme qui admet ne pas avoir vu venir les bouleversements qu’il allait entraîner… mais qui n’a aucun regret.

À l’Université Harvard, le généticien George Church veut utiliser CRISPR-Cas9 pour ressusciter le mammouth. En Chine, une équipe a fait naître des jumelles génétiquement modifiées grâce à cette technique, soulevant un tollé. Partout dans le monde, des chercheurs manipulent cet outil pour tenter d’enrayer le cancer, le VIH et la malaria.

« C’est incroyable, ce qui se passe ! On est loin du fromage, je vais vous le dire ! », lance Sylvain Moineau, professeur de biochimie à l’Université Laval.

Parce que tout a commencé avec du fromage (et un peu de yogourt). Au milieu des années 2000, Sylvain Moineau travaille sur la biochimie des aliments. Il sait que les bactéries qu’on ajoute au lait pour en faire du fromage ou du yogourt sont souvent attaquées par des bactériophages – des virus qui s’en prennent aux bactéries.

Mais certaines bactéries, comme les Gaulois du village d’Astérix, résistent à ces attaquants naturellement présents dans le lait. Sylvain Moineau est intrigué. « On a isolé ces bactéries résistantes et on les a étudiées. Et on a réalisé que ce qu’elles faisaient ne correspondait à aucun mécanisme connu », raconte le microbiologiste.

QUAND LES BACTÉRIES CONTRE-ATTAQUENT

Les chercheurs finissent par percer leur secret. Et il est ahurissant. Les bactéries résistantes aux bactériophages ne font pas que se protéger contre leurs ennemis : elles contre-attaquent, et de façon particulièrement habile. Quand un virus tente d’infecter une telle bactérie, cette dernière coupe un morceau d’ADN de son assaillant. Le virus en meurt, mais la bactérie ne s’arrête pas là. Elle intègre ensuite le bout d’ADN de son ennemi dans son propre génome, où il sert à reconnaître les futurs agresseurs.

Le bout d’ADN est emmagasiné dans une partie du génome de la bactérie appelé CRISPR – un acronyme anglais qui signifie Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats, ou « courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées ». On peut voir CRISPR comme une commode munie de tiroirs dans lesquels la bactérie range les bouts d’ADN arrachés à ses ennemis.

La bactérie utilise ensuite le contenu de cette commode pour produire deux choses : des molécules d’ARN qui servent de GPS et une protéine, appelée Cas9, qui sert de ciseaux. Quand un nouveau virus se présente, l’ARN repère la séquence d’ADN à couper, et Cas9 la sectionne.

« Je suis encore émerveillé par ça, raconte Sylvain Moineau. Je dis parfois aux jeunes : je ne sais pas pourquoi vous êtes en science, mais regardez ça. Une bactérie qui va chercher un morceau d’un virus qui l’infecte, qui rentre ça dans son CRISPR, qui produit une protéine… Wow ! L’émerveillement par rapport à la science, si tu ne le vois pas dans ça, change de job ! »

Ce mécanisme complexe est décrit dans deux articles publiés par Sylvain Moineau et ses collaborateurs dans les deux revues les plus prestigieuses du monde scientifique. Le premier paraît dans Science en 2007 ; le deuxième, dans Nature en 2010.

LA RÉVOLUTION

Dire que les publications de Sylvain Moineau font du bruit est un euphémisme. Dès 2011, des chercheurs montrent que la technique CRISPR-Cas9 peut être transférée dans d’autres types de bactéries. On découvre ensuite qu’il est possible de remplacer les bouts d’ADN coupés par d’autres séquences, ce qui ouvre la porte à un véritable système de « couper-coller ». Savoir qui sont les premiers à proposer de l’utiliser pour éditer le génome fait l’objet d’une bataille épique entre l’Université Berkeley et l’Université Harvard, qui se battent en cour depuis des années sur des questions de propriété intellectuelle.

Sylvain Moineau, de son côté, avoue ne pas avoir venu venir les choses.

« On savait que c’était super intéressant. Mais penser à ce qu’on voit aujourd’hui, c’est à un autre niveau. On n’avait jamais pensé ça. »

— Sylvain Moineau, professeur de biochimie à l’Université Laval

« En 2010, quand on a commencé à comprendre que ça coupait l’ADN, c’est sûr qu’on commençait à penser à des applications, continue le chercheur. Mais le côté portable de la technologie – penser qu’on pouvait mettre ça dans les cellules humaines, dans les plantes, dans les levures, dans les insectes… Ça, honnêtement, je ne pensais pas que ça pouvait se faire aussi facilement. »

N’allez pas croire que Sylvain Moineau s’en veut d’avoir lancé une révolution qui a été reprise par d’autres.

« Je n’ai pas de regrets. Je dors très bien la nuit ! lance-t-il. C’est ça, la recherche fondamentale. Tu ne peux jamais prévoir ce que vont amener tes découvertes. Il y a des gens qui ont pris une portion de ce qu’on avait fait, ils en ont fait un outil incroyable, puis d’autres l’ont repris et l’ont confirmé… »

Sylvain Moineau figure aujourd’hui sur la liste des scientifiques les plus cités de la planète. Il est notamment officier de l’Ordre national du Québec et du Canada. Il a reçu le prix Marie-Victorin et la médaille Flavelle de la Société royale du Canada. Considérant la révolution qu’il a contribué à lancer, croit-il avoir obtenu toute la reconnaissance qu’il mérite par rapport à des scientifiques comme Jennifer Doudna, Emmanuelle Charpentier ou Feng Zhang, dont les noms sont invariablement associés à CRISPR ?

« Ouf… je pense que je ne suis pas trop à l’aise de parler de ça. On ne fait pas ça pour ça. Moi, l’important, c’est d’avoir du plaisir et d’aimer ce que je fais. Ça fait plus de 20 ans que je suis à l’Université Laval et je peux vous garantir que je tripe toujours autant », répond-il, insistant très fort pour qu’on écrive que toute son équipe participe aux recherches.

Sylvain Moineau continue de se pencher sur la guerre que se livrent les virus et les bactéries. Il a découvert récemment que les virus peuvent produire des protéines capables de bloquer les protéines Cas9 des bactéries – un genre de bouclier anti-CRISPR. Le microbiologiste pense qu’on pourrait les utiliser pour régler l’un des principaux problèmes de CRISPR-Cas9 : il arrive que le système coupe l’ADN au mauvais endroit, créant toutes sortes de problèmes.

« On peut penser à un interrupteur qui dirait : là, je veux que tu coupes, et là, je veux que tu arrêtes. Et cette fois, on a protégé la propriété intellectuelle. On a appris un peu, quand même ! », lance le chercheur.

Entre-temps, il utilise lui-même CRISPR-Cas9 comme outil de laboratoire pour manipuler les virus et les bactéries. Et regarde les progrès faits par la technique avec optimisme, malgré les problèmes éthiques qu’elle soulève. Il souligne que He Jiankui, le chercheur chinois qui a utilisé CRISPR-Cas9 pour faire naître des jumelles supposément immunisées contre le VIH, a soulevé un tollé bien mérité.

« Ç’a été décrié par tout le monde, la carrière scientifique du chercheur est finie, souligne Sylvain Moineau. Je suis très rassuré par cette réaction. Des terroristes scientifiques, je ne dis pas qu’il ne peut pas y en avoir, mais les gens ne peuvent pas faire ça dans leur garage non plus. Ça prend des outils, des connaissances, des moyens. De mon côté, je suis positif de nature. CRISPR ne me fait pas peur. »

Idée brillante : des nichons tricotés

En parcourant mon hebdomadaire local Le Reflet, je suis tombé sur un article rafraîchissant de la journaliste Vicky Girard, relatant l’histoire d’une équipe de bénévoles, qui se réunit une fois par semaine, pour tricoter des prothèses mammaires en laine pour les femmes victimes du cancer du sein et qui ont subie une mastectomie.

Quelle idée brillante, me suis-je dit. Alors c’est l’article que j’ai décidé de partager avec vous aujourd’hui.

ELLES TRICOTENT DES SEINS POUR UNE BONNE CAUSE Vicky Girard

Entre le cliquetis de leurs aiguilles et leurs conversations, une dizaine de tricoteuses racontent comment elles redonnent une parcelle de féminité à celles qui ont subi une chirurgie mammaire.

Le groupe de 13 femmes se réunit une fois par semaine depuis un an à la résidence pour personnes âgées Chartwell, à Candiac, afin d’unir leur passe-temps à une bonne cause, les nichons tricotés. Elles ont tricoté près de 500 prothèses mammaires en laine de coton et compte continuer le plus longtemps possible.

Judy Bridgwater-François, infirmière praticienne, a entendu parler du mouvement « Knitted knockers of Canada » alors qu’elle était à l’Île du Cap Breton en résidence durant ses études en oncologie.

« J’étais déjà sensibilisée à la cause. Ils cherchaient quelqu’un ici pour superviser bénévolement un groupe de tricot, alors j’ai soumis l’idée au Chartwell et ç’a fonctionné. Beaucoup de femmes ont embarqué rapidement », raconte-t-elle.

Madame François chapeaute ainsi les tricoteuses avec Suzan Henri, dont la mère réside au Chartwell.

« Judy m’en a parlé et comme c’est le soir où je venais souvent souper avec ma mère, je me suis jointe au projet. Ça nous fait une belle activité ensemble », dit Mme Henri.

Sa maman, Pierrette Rivest, est fière de voir sa fille participer. Elles partagent un intérêt pour le tricot.

« Ce que j’aime le plus du projet ? C’est la cause. Moi, je n’ai pas de problèmes [de santé], mais si j’en avais, je serais contente de pouvoir avoir cette solution abordable », laisse-t-elle savoir.

Certaines participantes travaillent aussi à faire connaître les nichons tricotés à leur entourage.

« La plupart ne savent même pas que ça existe, affirme Céline Bouthillier. Je connais une femme qui a été opérée et qui ne mettait rien du tout sous son chandail. Les prothèses en silicone qu’elle avait n’étaient pas aussi confortables que celles en laine. »

Lisette Cromp, une autre tricoteuse, trouve gratifiant de savoir que son passe-temps a un but.

« C’est super si ça peut permettre à des femmes de se sentir mieux », dit-elle.

Les deux femmes qui ont de l’expérience en tricot disent également aimer le projet, car elles doivent relever un défi en tricotant avec trois aiguilles.

Bien que les tricoteuses s’étaient fixé l’objectif de 500 nichons tricotés en un an, Louisette Lepage, reconnue pour être la plus rapide du groupe, veut surtout s’amuser.

« On fait ça dans le plaisir, je ne compte pas », affirme-t-elle.

Mme Lepage raconte que le témoignage d’une femme ayant bénéficié des nichons tricotés l’a touchée et la pousse à continuer.

« Elle avait entre 35 et 40 ans. Il lui manquait un sein et, grâce à son nichon, elle nous a dit qu’elle allait enfin pouvoir s’habiller comme elle voulait, se souvient la tricoteuse. Elle pleurait de joie. Elle avait une prothèse qu’elle ne voulait pas porter. On lui a donné un nichon pour son maillot de bain aussi, Voir cela, ça incite à continuer. »

Elle ajoute avoir été surprise elle-même que les prothèses en laine de coton se lavent, soient confortables et légères.

OCCASION DE SE RÉUNIR

Mme Cromp et Mme Bouthillier s’entendent toutes les deux pour dire que le mardi soir est devenu un moment où elles sont heureuses de se réunir pour tricoter, mais aussi pour discuter entre elles de tout et de rien.

Assise en face d’elles, Mme Rivest renchérit.

« On a toujours du fun quand on se rencontre. Surtout que ce n’est pas difficile, on fait toujours la même chose », blague-t-elle.

Les femmes s’aident entre elles, se montrent leurs réalisations, parfois plus sobres, parfois agrémentées de touches plus colorées. Elles lancent l’invitation à tous à se joindre à elles le mardi soir.

À PROPOS DES NICHONS TRICOTÉS

Les nichons de laine sont des enveloppes en forme de demi-sphère tricotées et rembourrées selon la taille du soutien-gorge. Chacun prend environ deux heures à faire. Une balle de laine, selon le type de matériel, permet d’en fabriquer trois à quatre. Les tricoteuses suivent un patron pour les réaliser.

Le matériel est fourni par les bénévoles elles-mêmes et par le comité de résidents en partie. Les femmes peuvent se procurer des prothèses mammaires en coton gratuitement auprès du centre de femmes Om’femme située à Brossard, en ligne, au https://www.comfemme.org ou par courriel au comfemme@knittedknockerscanada.com.

L’oiseau du mois de naissance

Certes, il y a bien l’astrologie que tout le monde connaît. Mais j’ai trouvé quelque chose d’intéressant du même genre. Savez-vous que révèle l’oiseau de votre mois de naissance sur votre personne.

Ce n’est pas scientifique et sûr à cent pourcent mais, je parie que vous allez sauter des mois, pour trouver le vôtre… Pourquoi pas ! On est tous un peu beaucoup curieux. Alors bonne lecture.

1 – Janvier : le HIBOU

Votre histoire recèle bien des surprises. Vous choisissez soigneusement vos mots et vous traitez vos interlocuteurs avec déférence et respect. Vous ne parlez pas trop, mais dans vos écrits vous vous exprimez dans une langue expressive et créative ! C’est dans un style unique que vous dévoilez tes pensées les plus profondes.

2 – Février : le PERROQUET

Votre oiseau symbolise la liberté d’esprit. Vous êtes imprévisible et avec vous on ne s’ennuie jamais. Vous êtes réputés(es) pour votre amour de l’aventure. Vous avez un penchant pour l’écriture, l’art et la musique. Votre force de caractère et votre joie de vivre inspirent vos proches. Vous n’aimez pas être le centre d’attraction, mais vous faites quand même tourner toutes les têtes !

3 – Mars : le ROUGE-GORGE

Le rouge-gorge symbolise la persévérance ! Vous êtes capable d’affronter les tempêtes les plus violentes. Vos proches admirent votre force de caractère et votre ténacité, même s’ils ne l’admettent pas ouvertement. Parfois, vous vous sentez accablés(es) par la fatigue, mais vous ne baissez jamais les bras. Vous redoublez de détermination et vous vous concentrez sur votre objectif. Vigueur et constance.

4 – Avril : le CANARI

Les canaris sont connus pour leur gaieté et leur joie de vivre. Vous êtes un(e) clown espiègle et plaisantin(e) ; vous aimez divertir les autres pour leur remonter le moral. Vos commentaires rendent mêmes l’Internet deux fois plus drôles ! Les canaris adorent s’amuser !

5 – Mai : le ROSSIGNOL

Vous égayez la journée de tous ceux que vous rencontrez, tout comme le doux chant de l’oiseau de votre mois de naissance. Tout le monde envie votre bonne humeur. Avec votre doux sourire, vous réussissez à attendrir les cœurs les plus endurcis. Heureusement, vous êtes toujours souriant(e).

6 – Juin : la COLOMBE

Un oiseau royal. Que vous le sachiez ou pas, vous êtes un(e) leader né(e). Vous êtes un(e) maitre(sse) de l’organisation et vous savez déléguer votre autorité. Vous prenez les choses en main et vous arrivez toujours à gérer la situation, qu’il s’agisse d’une urgence ou du train-train quotidien. Aucune tâche ne vous est impossible. En cas de difficulté vous appellez les renforts !

7 – Juillet : l’AIGLE

Vous avez l’assurance de l’aigle, l’oiseau de votre mois de naissance. Vous savez tendre une oreille attentive aux autres. Il n’est pas rare que des inconnus vous racontent l’histoire de leur vie. Vous êtes digne de confiance ; vous ne divulguez jamais les secrets des autres. Vous prodiguez aussi de bons conseils pour motiver et guider les autres à bon port.

8 – Août : le MARTIN-PÊCHEUR

Ceux qui ont comme oiseau de mois de naissance le martin-pêcheur sont connus pour leur gentillesse. Vous aimez rencontrer de nouvelles personnes et les autres aiment aussi faire votre connaissance. Vous êtes connu(e) pour votre générosité et votre grande serviabilité. Votre générosité s’étend au-delà de vos amis proches ; vous êtes tout aussi heureux/heureuse d’aider ceux qui vous connaissent à peine.

9 – Septembre : le FAUCON

Vous êtes le héros/l’héroïne de votre propre histoire ! Vous vous êtes toujours montré(e) à la hauteur des défis que la vie vous a lancés. Vous n’aimez pas vous vanter, mais vos bonnes actions ne passent pas inaperçues. Ce mélange d’héroïsme et d’humilité vous attire l’admiration de votre famille et de vos collègues. Les gens comptent sur vous et leur confiance est bien placée.

10 – Octobre : le CYGNE

L’oiseau de ce mois de naissance est connu pour sa capacité à résoudre les problèmes ! Vous trouvez toujours une solution. Vous aimez aider les autres et vous trouvez aisément une solution à tout problème. Vous aimez avoir raison et vous voyez juste la plupart du temps. Tout le monde a recours à vous quand ils sont confrontés à une situation difficile ou quand ils ont besoin d’un bon conseil. Vous avez aussi de bonnes recettes de cuisine !

11 – Novembre : le COQ

L’oiseau qui symbolise l’amitié. On ne pourrait souhaiter un(e) meilleur(e) ami(e). Pas seulement un copain/une copine, mais un(e) ami(e) dans tous les sens du terme. Vous êtes prêt(e) à affronter vents et marées pour venir en aide à vos amis et vous leur prêtez main-forte même dans les situations les plus difficiles. Vous ne guidez pas seulement vos amis sur le droit chemin, mais vous leur évitez aussi les ennuis.

12 – Décembre : le CORBEAU

Un oiseau passionné d’intrigues et de mystères. Vous êtes un chercheur/une chercheuse et un aventurier/une aventurière. Confiant(e) et curieux/curieuse, vous cherchez toujours à vivre de nouvelles expériences en faisant des escapades passionnantes. Vous êtes autonome et vous aimez votre indépendance. Il se peut que vous ne soyez pas le boute-en-train de la fête, mais avec vous on doit toujours s’attendre à des surprises.

Lois immuables

Lorsqu’on parle d’immuabilité, on parle que ce qui change peu ou ne change pas du tout. Alors pour ajouter l’exemple à la définition et, par la même occasion, d’y voir plus clair, voici 12 lois qu’on qualifie d’immuables.

1- Loi de la réparation mécanique
Une fois que vos mains sont enduites de graisse, votre nez commencera à piquer et vous aurez envie d’uriner.

2- Loi de la gravité
N’importe quel outil, noix, écrou, vis, lorsqu’échappés, rouleront à l’endroit le moins accessible de la terre.

3- Loi de la probabilité
La probabilité d’être vu est directement proportionnelle à la stupidité de votre agissement.

4- Loi des nombres au hasard
Si vous composez un mauvais numéro, vous n’obtiendrez jamais une ligne occupée, il y a toujours quelqu’un qui répond.

5- Loi de la variation
Si vous changez de voie, la circulation dans celle où vous étiez avancera plus vite que celle dans laquelle vous êtes maintenant.

6- Loi du bain
Quand le corps est complètement immergé dans l’eau, le téléphone sonne.

7- Loi des rencontres
La probabilité de rencontrer quelqu’un que vous connaissez augmente radicalement lorsque vous êtes avec quelqu’un avec qui vous ne voulez pas être vu.

8- Loi du résultat
Quand vous essayez de prouver à quelqu’un qu’un appareil ne fonctionne pas… cet appareil va fonctionner.

9- Loi du café
Aussitôt que vous êtes assis avec une tasse de café chaud, votre patron vous demande de faire quelque chose qui durera le temps que votre café soit refroidi.

10- Loi de Murphy des casiers
S’il n’y a que deux personnes dans le vestiaire, ces deux personnes auront des casiers adjacents.

11- Loi du docteur
Si vous ne vous sentez pas bien, prenez rendez-vous chez le docteur, par le temps que vous serez enfin admis, vous vous sentirez mieux. Mais, si vous ne prenez pas rendez-vous, vous continuerez à être malade.

Le riz que vous achetez est-il naturel ou artificiel ?

La Chine reste le plus grand producteur de riz au monde.

L’Empire du milieu récolte plus de 200 millions de tonnes de riz par an et un grand nombre est exporté dans le monde entier.

Pourtant, les cuisiniers et consommateurs doivent se montrer prudents : non seulement, cet aliment contient des pesticides utilisés dans l’agriculture chinoise, mais selon le journal The Korea Times, le riz peut également être fabriqué de façon artificielle. La fécule de pomme de terre est mélangée avec du plastique (la résine synthétique, par exemple) et prend ensuite la forme d’un grain de riz. Les grains sont ensuite cuits à la vapeur avec un arôme de riz typique. Les médecins tirent la sonnette d’alarme contre la consommation de ce produit artificiel : trois portions pleines contiendraient apparemment autant de plastique qu’un petit sachet en plastique. Un constat alarmant !

Avec ces astuces simples, vous pourrez déterminer si votre riz est naturel ou bourré de plastique :

LE TEST DE L’EAU… ahurissant

Versez une cuillère à soupe de riz cru dans un verre rempli d’eau froide et mélangez vigoureusement. Si le riz tombe au fond du verre, tout va bien, si au contraire il flotte à la surface, soyez vigilants, car il contient sûrement du plastique !

LE TEST DU FEU

À l’aide d’un briquet et d’une allumette, brûlez une poignée de riz. Si ce dernier prend feu et dégage une odeur de plastique brûlé, vous savez quoi faire ! Ne le mangez surtout pas !

LE TEST DU MORTIER ET PILON

Lorsque vous moulez quelques grains de riz avec un mortier et pilon, la poudre doit être bien blanche. Pour le riz artificiel, vous apercevrez une décoloration jaune à la place.

LE TEST DE MOISISSURE

Si vous voulez être sûr que vous ne risquez rien avec votre riz cuit, mettez-en une petite quantité dans un tupperware et laissez-le à un endroit chaud. Dans quelques jours, de la moisissure devra apparaître, sinon c’est que votre riz est artificiel.

Voilà comment en avoir le cœur net : le riz que vous achetez est-il naturel ou artificiel ?

Conducteurs sous l’influence du cannabis

Cannabis, c’est le mot à la mode par les temps qui courent. À voir les files d’attente aux succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), c’est assez évocateur des « progrès » de notre société, selon plusieurs Québécois. Mais on sait que conduire sous l’influence de l’alcool est interdit et conduire sous l’influence du cannabis l’est aussi et encore plus depuis sa légalisation.

Tristan Péloquin et Philippe Mercure en on fait un dossier complet et très intéressant dans La Presse+ du 20 octobre dernier, et c’est ce que je veux partager avec vous.

VULNÉRABLES FACE À L’IMPRÉVU

Conduire après avoir consommé du cannabis augmente les risques d’accident, la science le confirme. Mais une petite expérience menée par La Presse avec quatre volontaires fumeurs de pot et un simulateur de CAA-Québec a donné des résultats étonnants, qui sont aussi en phase avec ce que dit la science. Autopsie de la délicate question de la conduite sous l’influence du cannabis.

CONDUITE SOUS L’INFLUENCE DU CANNABIS
DES RÉSULTATS SURPRENANTS Philippe Mercure

David jette des coups d’œil réguliers à son rétroviseur. Dans la voie de droite, une voiture persiste à rouler dans son angle mort.

Le simulateur de conduite lui impose de changer de voie. David actionne le clignotant, puis fixe le rétroviseur pour surveiller le comportement de l’embêtante voiture. Dans sa propre voie, devant, le trafic ralentit brusquement. Mais David ne le voit pas. Lorsqu’il ramène finalement le regard vers l’avant, il est trop tard pour freiner. David donne un coup de volant et évite de justesse un accident.

« C’est quoi, ça ! C’est un piège ! », s’exclame-t-il. Il continuera longtemps à prétendre que la situation a été « arrangée ». Sur sa feuille de pointage, Daniel Fortier, coordonnateur de sécurité routière à CAA-Québec, prend des notes. « Esquive obligée car pas assez attentif à l’avant. Sentiment de persécution ! », écrit-il.

Nous sommes chez CAA-Québec, dans un simulateur de conduite. David a devant lui le volant et le tableau de bord d’une Pontiac Sunfire. Trois écrans offrent une vue à 180 degrés d’une autoroute à quatre voies. Sa mission : faire des changements de voie quand on le lui demande.

Le jeune homme n’est pas dans son état normal. Deux heures et demie avant ce brusque coup de volant, il a fumé la moitié d’un joint bien dodu roulé avec du Sierra Fleur, une variété de pot achetée la veille par La Presse à la Société québécoise du cannabis. Il participe à une petite expérience que nous avons mise sur pied afin d’illustrer les dangers de la consommation de pot au volant.

« GELÉ » DANS LE SIMULATEUR

Jeudi, au lendemain de la légalisation du cannabis, nous avons demandé à quatre volontaires âgés de 24 à 31 ans et expérimentés avec le cannabis de tester leurs habiletés de conduite sur un simulateur. Nos participants ont d’abord fait l’exercice à jeun. Puis, ils ont chacun fumé un joint de la grosseur de leur choix, roulé à partir d’une sélection de cannabis de différentes intensités proposée par La Presse. Sous la supervision d’un infirmier, ils ont refait les tests tout de suite après avoir fumé, puis environ deux heures et demie après (voir onglet suivant pour notre méthodologie).

Parce que certains de nos participants travaillent auprès du public et que d’autres craignaient des problèmes à la frontière américaine, ils nous ont demandé de taire leur nom de famille. Le test de changements de voie a été choisi par CAA-Québec parce que les événements présentés aux participants sont générés de façon aléatoire, ce qui diminue l’apprentissage que peuvent faire nos volontaires en répétant l’exercice.

« C’est un scénario qui teste les capacités cognitives. Pour faire un bon changement de voie, il faut aller chercher toutes les informations disponibles et les analyser correctement. »

— Daniel Fortier, coordonnateur de sécurité routière à CAA-Québec

Notre petite expérience n’a aucune prétention scientifique. Elle permet néanmoins d’illustrer quelques constats observés lors de véritables études et qui montrent une chose : la relation entre pot et conduite est tout sauf simple.

David, malgré le fait qu’il ait frôlé un accident sous l’influence du cannabis, a réussi l’ensemble de l’exercice avec brio. Deux heures et demie après avoir fumé son joint, il a fait 14 changements de voie parfaits… contre seulement 6 lorsqu’il était à jeun.

« On a eu un excellent parcours… et le pire changement de voie qu’on a vu aujourd’hui », résume le formateur Daniel Fortier. La remarque illustre à elle seule toute l’ambiguïté de la conduite sous l’influence du cannabis.

Dans l’ensemble, et de façon très surprenante, nos participants ont obtenu de meilleures notes après avoir fumé leur joint qu’avant. Deux heures et demie après avoir fumé, deux d’entre eux ont même réussi à accumuler assez de points pour franchir le fil d’arrivée du parcours, un exploit qui n’avait pas été réalisé à jeun.

« Je ne m’attendais pas à voir des 100 % aujourd’hui », a admis le coordonnateur en sécurité routière Daniel Fortier. Les participants ont cependant dit, après les simulations, s’être habitués à cette routine.

DES PARTICIPANTS BIEN SONNÉS

Nos participants ont joué le jeu à fond et n’ont pas épargné leurs neurones. « Hééé bo-boy ! », s’est exclamée Karine en pénétrant dans les locaux de CAA-Québec, en rentrant du terrain vague où elle avait fumé son joint. Les néons de l’endroit, semble-t-il, ont produit une forte impression sur la jeune femme.

Invitée à noter son buzz sur une échelle de 1 à 10, Karine n’a eu aucune hésitation. « Dix ! », a-t-elle répondu.

Lors du dîner, les croustilles ont provoqué un engouement typique des légendaires « trips de bouffe » des fumeurs de pot. David en a même brandi une en l’examinant longtemps. « C’est vraiment une belle chip », a-t-il observé. Et lorsque le formateur Daniel Fortier a raconté avoir déjà lui-même percuté quatre chevreuils au volant, Karine a éclaté d’un fou rire de plusieurs minutes, les yeux inondés de larmes.

« Je ne prendrais jamais le volant comme ça », a d’ailleurs déclaré la jeune femme en s’installant derrière celui du simulateur, à peine 15 minutes après avoir inhalé son joint bourré de pot Blue Dream. Au terme de l’exercice, elle était surprise d’avoir amélioré sa performance.

« Dès que j’ai commencé à conduire, j’étais complètement dedans. Je n’avais pas le sentiment d’être stressée. Je n’étais pas pressée, je ne sentais pas l’espèce de pression sociale qui fait qu’on a toujours l’impression de courir », dit-elle.

DÉPOURVUS DEVANT L’IMPRÉVU

De façon générale, Daniel Fortier a noté que les participants conduisaient de façon plus « zen » après avoir fumé. Plusieurs études ont montré que les conducteurs sous l’influence du cannabis conduisent en fait plus lentement et prennent moins de risques pour essayer de compenser l’altération de leurs capacités.

« Même s’ils ont de meilleures notes, ils ont des temps de réaction plus lents. On voit qu’ils fixent davantage certaines choses et qu’ils ne gèrent pas l’imprévu de la même façon. »

— Daniel Fortier, coordonnateur de sécurité routière à CAA-Québec

La semaine dernière, des chercheurs de l’Université McGill ont dévoilé une étude menée auprès de 45 participants de 18 à 24 ans. Ils ont observé que la consommation de 100 mg de cannabis n’avait pas altéré de façon significative leur capacité à faire des tâches simples comme freiner, tourner le volant, contourner des obstacles ou traverser des intersections.

Mais les chercheurs ont ensuite complexifié les choses en faisant apparaître des objets dans le champ périphérique des conducteurs et en ajoutant des distractions. Les participants se sont alors avérés moins bons s’ils affrontaient ces tâches pour la première fois sous l’influence du cannabis. Fait surprenant, la baisse de performance a été notée trois heures et cinq heures après avoir consommé le cannabis, mais pas une heure après la consommation. Dans l’heure suivant la consommation, les chercheurs ont même noté que les conducteurs étaient plus vigilants.

« C’est un résultat inattendu qui va devoir être examiné de plus près », indique Isabelle Gélinas, professeure à l’École de physiothérapie et d’ergothérapie de l’Université McGill et coauteure de l’étude. Selon elle, l’expérience montre que le cannabis empêche de bien gérer les situations complexes et imprévues jusqu’à cinq heures après la consommation.

« La conduite n’est jamais une tâche simple, fait remarquer la chercheuse. Quand on conduit, il faut être à l’affût de ce qui se présente et on a souvent des décisions assez complexes à prendre. Oui, il y a de l’automatisme dans la conduite, mais il faut être capable d’en sortir. Et c’est ce que les gens sous l’influence du cannabis ont de la difficulté à faire. »

DE BONNES NOTES, MAIS…

Malgré les bonnes notes de nos participants sous l’influence du cannabis, nous avons aussi observé quelques situations troublantes. En plus de David qui a frôlé la catastrophe, Karine a freiné brusquement pour une raison difficile à comprendre pendant l’exercice, en roulant brièvement à 40 km/h dans une zone de 100 km/h.

Deux heures et demie après avoir fumé son joint, Marc-Antoine a démarré sa voiture le pied enfoncé sur l’accélérateur plutôt que sur la pédale de frein. Il en était pourtant à sa troisième utilisation du simulateur.

Ces petits détails, qui n’ont pas influencé la note finale des participants, sont toutefois révélateurs.

« On peut penser qu’on est en plein contrôle pour conduire après avoir fumé un joint, mais ce n’est pas le cas ! dit Nicolas Tétreault, biochimiste clinique et membre de l’Ordre des chimistes du Québec, cité dans un communiqué de CAA-Québec. C’est un peu comme conduire sans vos réflexes, votre jugement, votre concentration et sans savoir à quelle distance se trouve la voiture devant vous. »

LES EFFETS DU CANNABIS AU VOLANT

Par le passé, d’autres études ont montré que les conducteurs sous l’influence du cannabis…

Réagissent plus lentement à diverses situations ;

Sont moins bons pour conserver leur position dans une voie ;

Peinent à maintenir une vitesse constante ;

Ont une moins bonne attention ;

Sont moins bons pour planifier un trajet ;

Conduisent plus lentement et tendent à prendre moins de risques pour essayer de compenser la diminution perçue de leurs capacités ;

Sont plus vigilants que lorsqu’ils sont à jeun ;

Réagissent moins bien aux situations inattendues et aux longues périodes de conduite monotones.

CONDUITE SOUS L’INFLUENCE DU CANNABIS
COBAYES MIS À L’ÉPREUVE Tristan Péloquin

Notes méthodologiques

Nous avons offert à nos quatre participants de se rouler un joint avec l’une des trois différentes variétés de cannabis que nous avons achetées légalement à la SQDC (intensité modérée, moyenne, élevée). Le poids du joint a été mesuré avant et après l’expérience afin de connaître la quantité consommée. Les simulations se sont déroulées jeudi dernier à l’école de conduite de CAA-Québec, sous la supervision de l’infirmier Paul Lavoie, qui se spécialise dans le traitement de patients avec du cannabis médical. Les participants devaient réussir le maximum d’étapes possibles. Par la suite, les participants sont rentrés chez eux avec un service de transport offert par La Presse.

KARINE 28 ANS

« Je consomme de façon sociale. »

SOUCHE CONSOMMÉE POUR L’EXPÉRIENCE : Blue Dream – intensité moyenne 17 % THC : 0 % CBD

QUANTITÉ CONSOMMÉE : 0,1 gramme

POULS À JEUN : 79

PRESSION À JEUN : 122/82

TEST À JEUN

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES (Basé sur un système de pointage cumulatif ; le total peut reculer en cas d’erreur de conduite) : 7,5

SCORE MOYEN (Utilisation du clignotant, respect de la marge de sécurité, zone à risque et stabilité) : 95,5 %

PREMIER TEST « GELÉE » (Environ 30 minutes après la consommation)

POULS : 103

PRESSION : 136/102

PUPILLES : TEMPS DE RÉACTION PLUS LENT À LA LUMIÈRE.

BUZZ RESSENTI : 10 sur 10

« Je suis complètement défoncée ! »

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 11,75

SCORE MOYEN : 97,75 %

IMPRESSIONS

« J’ai owné le test ! Dès que j’ai commencé à conduire, j’étais complètement dedans. Je n’avais pas le sentiment d’être stressée. Je n’étais pas pressée, je ne sentais pas l’espèce de pression sociale qui fait qu’on a toujours l’impression de courir. »

NOTE DE L’ÉVALUATEUR

« Conduit avec une attitude plus détendue [à une main]. »

« Freinage plus brusque. »

DEUXIÈME TEST « GELÉE » (Environ 2 heures après avoir consommé)

POULS : 89

PRESSION : 123/75

PUPILLES : DILATÉES, MAIS TEMPS DE RÉACTION PLUS NORMAL

BUZZ RESSENTI : 2 sur 10

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 12,25

SCORE MOYEN : 96,75 %

NOTES DE L’ÉVALUATEUR

« Freinage plus rapide sans nécessité. »

« Roule à 40 km/h sans nécessité. »

« Fait un seul angle mort pour changer de voie. »

ALEXIS 31 ANS

« Je suis un consommateur fonctionnel. Ma consommation est intégrée à mon travail. »

SOUCHE CONSOMMÉE POUR L’EXPÉRIENCE : Blue Dream – intensité moyenne 17 % THC : 0 % CBD

QUANTITÉ CONSOMMÉE : 0,39 gramme

POULS À JEUN : 82

PRESSION À JEUN : 132/78

TEST À JEUN

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 7,5

SCORE MOYEN : 93,5 %

NOTES DE L’ÉVALUATEUR

« Manque des angles morts parfois [10%]. »

« Dépasse régulièrement les limites de vitesse. »

PREMIER TEST « GELÉ »

POULS : 79

PRESSION : 122/82

PUPILLES : PUPILLES MOINS RÉACTIVES.

BUZZ RESSENTI : 7,5 sur 10

« Je me sens bien. »

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 10,5

SCORE MOYEN : 96,25 %

IMPRESSIONS

« Dans la vraie vie, j’ai tendance à rouler plus vite. Là, j’ai juste compris comment le jeu fonctionne. »

NOTE DE L’ÉVALUATEUR

« Hésitation marquée lors d’une manœuvre [prise de décision]. »

DEUXIÈME TEST « GELÉ »

POULS : 80

PRESSION : 110/73

PUPILLES : NORMALES

BUZZ RESSENTI : 2 sur 10

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 13

SCORE MOYEN : 96,25 %

NOTES DE L’ÉVALUATEUR : aucune

« Freinage plus rapide sans nécessité. »

« Roule à 40 km/h sans nécessité. »

« Fait un seul angle mort pour changer de voie. »

DAVID 31 ANS

« Je peux fumer deux ou trois fois par mois, souvent quand d’autres en ont. C’est très rare que j’en achète et je ne fume presque jamais seul. »

SOUCHE CONSOMMÉE POUR L’EXPÉRIENCE : Sierra – intensité modérée 9 % THC : 9 % CBD

QUANTITÉ CONSOMMÉE : 0,3 gramme

POULS À JEUN : 58

PRESSION À JEUN : 134/77

TEST À JEUN

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 5,75

SCORE MOYEN : 95 %

NOTES DE L’ÉVALUATEUR : aucune

PREMIER TEST « GELÉ »

POULS : 93

PRESSION : 154/80

PUPILLES : NORMALES.

BUZZ RESSENTI : 8 sur 10

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 11,5

SCORE MOYEN : 95,75 %

IMPRESSIONS

« Je me sens vraiment vedge. Je ne sais pas si c’est parce que ce que j’ai pris a beaucoup de CBD. Je n’aurais pas conduit en temps normal. J’étais quand même pas mal meilleur que la première fois »

NOTE DE L’ÉVALUATEUR

« Dépassement de la limite de vitesse. »

« A dû faire une esquive, car il n’avait pas perçu le danger subit assez tôt [très risqué]. Vérification inexistante. »

DEUXIÈME TEST « GELÉ »

POULS : 79

PRESSION : 146/74

PUPILLES : DILATÉES

BUZZ RESSENTI : 3 OU 4 sur 10

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 13

SCORE MOYEN : 92,75 %

IMPRESSIONS

« J’ai le goût d’être en pyjama ! Je me sens comme une heure après m’être réveillé. »

« Les deux imprévus sont arrivés quand j’étais gelé. Ils n’en ont pas mis dans la simulation quand j’étais à jeun. L’évaluateur a vraiment un biais négatif. »

NOTES DE L’ÉVALUATEUR :

« Esquive obligée, car pas assez attentif à l’avant. »

« Sentiment de persécution. »

MARC-ANTOINE 24 ANS

« Je suis un fumeur essentiellement social. Je peux fumer parfois dans la semaine en jouant à NHL avec mon coloc. »

SOUCHE CONSOMMÉE POUR L’EXPÉRIENCE : Delahaze – intensité élevée 24 % THC : 0 % CBD

Quantité consommée : 0,44 gramme

Pouls à jeun : 99

Pression à jeun : 127/86

TEST À JEUN

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 7,25

SCORE MOYEN : 95 %

NOTE DE L’ÉVALUATEUR

« Vérifie son rétroviseur, mais ne fait pas son angle mort chaque fois. »

PREMIER TEST « GELÉ »

POULS : 120

PRESSION : 166/82

PUPILLES : PUPILLES DILATÉES ET RÉACTION PLUS LENTE À LA LUMIÈRE.

BUZZ RESSENTI : 9 sur 10

« Le buzz est assez intense. »

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 9

SCORE MOYEN : 95,75 %

IMPRESSIONS

« Je me sens high, mais très focus. »

NOTE DE L’ÉVALUATEUR

« Dépasse la vitesse permise. »

DEUXIÈME TEST « GELÉ »

POULS : 116

PRESSION : 134/78

PUPILLES : DILATÉES MAIS RÉACTIVES

BUZZ RESSENTI : 3 sur 10

NOMBRE D’ÉTAPES DE SIMULATION RÉUSSIES : 8

SCORE MOYEN : 94,5 %

NOTES DE L’ÉVALUATEUR

« Avait le pied sur l’accélérateur lors du démarrage. »

« Neuvième changement de voie raté malgré tous ses efforts pour bien faire. »

COMMENTAIRES DE L’INFIRMIER PAUL LAVOIE

« Je ne m’attendais pas à l’augmentation de la pression aussi importante. Normalement, selon la théorie, elle devrait baisser plutôt qu’augmenter, sauf si les consommateurs en sont à leurs premières expériences. »

« Les pupilles de tous les participants restaient dilatées, mais peut-être pas au point de permettre à un policier de soupçonner que la personne est sous l’influence du cannabis. »

CONDUITE SOUS L’INFLUENCE DU CANNABIS
UN DIFFICILE DÉBAT SCIENTIFIQUE Philippe Mercure

À quel point le cannabis est-il dangereux au volant ? Les chercheurs ont multiplié les études de toutes sortes au fil des ans pour tenter de le savoir, mais les résultats sont souvent contradictoires et difficiles à interpréter. Tour d’horizon.

DONNÉES EXPÉRIMENTALES

Les tests sur des simulateurs ou directement sur la route sont sans doute la façon la plus rigoureuse d’évaluer les risques du cannabis au volant. Plusieurs d’entre eux se sont toutefois révélés non concluants parce qu’on testait des aptitudes qui n’étaient pas touchées par le cannabis. Les résultats varient beaucoup d’une étude à l’autre. Les doses consommées et la tolérance de chaque individu font en sorte qu’il faut jongler avec plusieurs variables. Ces tests ont toutefois montré que les conducteurs sous l’influence du cannabis ont des temps de réaction plus longs. Ils sont moins bons pour conserver leur position dans leur voie et pour gérer l’imprévu et la nouveauté. Au contraire des conducteurs sous l’influence de l’alcool, ils tendent à conduire plus lentement, à prendre moins de risques et à augmenter leur vigilance pour essayer de compenser la diminution de leurs capacités.

PROFIL

Les statistiques montrent que les consommateurs de pot ont beaucoup plus d’accidents de voiture que l’ensemble de la population. Une preuve de la dangerosité du cannabis ? Non. Car les fumeurs de pot sont en majorité des hommes, très souvent jeunes et plus portés sur le risque que l’ensemble de la population. Or, il s’agit exactement du profil des gens qui ont le plus d’accidents. En contrôlant ces variables, les résultats des différentes études sont contradictoires.

RISQUES D’ACCIDENTS

Examiner les circonstances des accidents peut donner un indice de la dangerosité réelle du pot sur la route. La plus importante étude du genre provient de la Virginie. Les chercheurs ont comparé 3000 conducteurs impliqués dans des accidents à 6000 autres qui ont conduit aux mêmes endroits mais n’ont pas eu d’accident. L’étude montre que la marijuana n’augmente pas le risque d’accident, alors que la conduite sous l’influence de l’alcool à un taux de 0,05 multiplie ce risque par 6,75. Ces chiffres sont à prendre avec un (gros) grain de sel. La concentration de THC diminue si rapidement dans le sang qu’au moment de tester un conducteur qui vient de causer un accident, il est fort possible qu’on ne détecte rien de révélateur. Le THC peut être détecté chez certains consommateurs plusieurs jours après la consommation. Un grand nombre de conducteurs qui ont un test positif au THC dans ce genre d’études sont en parfait état de conduire, ce qui améliore artificiellement leur bilan global.

CAPACITÉS

Une façon indirecte d’évaluer les risques du cannabis au volant est d’étudier les effets du pot sur les fonctions cognitives requises pour la conduite. Encore ici, les résultats sont difficiles à interpréter et dépendent de la dose consommée et de la tolérance des consommateurs. On peut quand même dire que le cannabis touche généralement la perception du temps, la capacité d’attention, la prise de décision, la capacité de faire plusieurs tâches en même temps et les habiletés psychomotrices.

CONDUITE SOUS L’INFLUENCE DU CANNABIS
LE GRAND DÉFI DE LA DÉTECTION Philippe Mercure

La question du pot au volant donne de sérieux maux de tête aux autorités à cause d’un problème fondamental : contrairement à l’alcool, il n’existe pas de corrélation entre le taux de THC dans le sang et la capacité de conduire. Pour y remédier, les gouvernements et les policiers ont établi tout un protocole… qui pourrait bien être contesté devant les tribunaux. Explications.

LE PROBLÈME

La seule façon de savoir si un conducteur est trop « gelé » pour conduire à partir de tests biologiques serait de procéder à une biopsie dans son cerveau sur le bord de la route, ce qui est évidemment impraticable. Avec les tests de salive ou les tests sanguins, on se heurte à un dilemme. Si on fixe une limite haute, on échappera la majorité des conducteurs sous l’influence de la drogue. Dans un rapport remis au Congrès américain, la National Highway Traffic Safety Administration souligne que pour pincer un conducteur avec une haute concentration de THC dans le sang, il faudrait pratiquement que le consommateur fume son joint, saute dans sa voiture, tombe sur un policier au premier coin de rue et se fasse tester illico.

En fixant une limite trop basse, au contraire, on risque de pénaliser des gens qui conduisent en pleine possession de leurs moyens. Une faible concentration de THC peut subsister des heures et même jusqu’à un mois après la consommation, alors que l’individu est parfaitement apte à conduire.

Notons que ce problème n’existe pas avec l’alcool, puisqu’il existe une corrélation parfaite entre le taux d’alcool dans le sang et le danger sur la route.

TOLÉRANCE ZÉRO AU QUÉBEC

Au Québec, c’est tolérance zéro. Certains policiers sont dotés d’appareils approuvés permettant de détecter le THC dans la salive. La moindre concentration détectée entraîne la suspension du permis de conduire pour une durée de 90 jours. Les policiers devront toutefois avoir une bonne raison de croire qu’un automobiliste est sous l’influence du pot avant de lui imposer le test salivaire – conduite irrégulière, odeur, échec à certains tests de proprioception comme se tenir en équilibre sur une jambe, marcher sur une ligne ou rester debout les yeux fermés sans se balancer.

PEINES DE PRISON AU FÉDÉRAL

La loi fédérale prévoit quant à elle des peines qui peuvent aller d’une amende de 1000 $ à 10 ans de prison selon la concentration de THC mesurée dans le sang et le nombre de récidives de la personne qui se fait prendre. La présence d’alcool dans le sang en plus du THC fait augmenter les peines.

CONTESTATIONS PRÉVUES

Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec, s’attend à ce que les premiers automobilistes accusés de conduire sous l’influence du cannabis contestent leurs sanctions devant les tribunaux. Il croit qu’ils échoueront au provincial puisque la peine – retirer le permis de conduire – touche un privilège et non un droit. Au fédéral, par contre, les causes devront être bien montées pour conduire à des accusations. « Les premières causes mal faites par les policiers vont être contestées. Sachant que scientifiquement, on sait que du THC peut rester dans le sang jusqu’à un mois après la consommation, une accusation basée uniquement sur un taux ne tiendra pas la route. Il va falloir l’ensemble de l’œuvre – d’autres preuves que la personne avait consommé et conduisait avec les facultés affaiblies – pour obtenir des condamnations », croit-il.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.

Faire des câlins, c’est bon pour la santé !

COVERMEDIA | Si vous faites partie des gens qui n’aiment pas prendre les autres dans leurs bras, vous devriez peut-être y réfléchir. D’après des chercheurs américains de l’Université Carnegie Melon de Pennsylvanie, enlacer quelqu’un aurait des effets spectaculaires sur la santé mentale, mais aussi sur la santé physique !

Pour leur étude, les chercheurs ont interrogé 404 hommes et femmes adultes tous les soirs pendant 14 jours, sur leurs conflits, le nombre de fois où ils ont pris quelqu’un dans leur bras, et leur humeur, positive ou négative. Ils se sont aperçus que ceux qui avaient enlacé une autre personne à la suite d’un conflit voyaient diminuer leurs émotions négatives. Et ce sentiment aurait tendance à durer plusieurs jours après ce « câlin », d’après les scientifiques.

« Nos travaux n’en sont qu’à leur début. On a encore des questions à poser sur quand, comment et pour qui le fait de se prendre dans les bras est le plus bénéfique. Mais notre étude suggère que ces câlins consensuels peuvent être utiles pour soutenir quelqu’un qui souffre d’une relation conflictuelle », a expliqué Michael Murphy, chargé de l’étude.

Conclusion : ne soyez pas avares de câlins… ça fait toujours du bien au cœur et même plus…

Le câlin est un excellent signe d’affection. Il fait toujours du bien. Il signifie tant de choses à la fois. Il témoigne l’amour, l’amitié, le réconfort ou une réponse à un besoin.