Les requins du déneigement

 

Déneigement S’il tombe plus de 250 centimètres de neige cet hiver, les déneigeurs privés vont facturer un dollar pour chaque centimètre qui dépassera cette limite. La raison invoquée; les pertes qu’ils ont subit l’hiver dernier. Seul le gros requin blanc de Jaws était aussi vorace et féroce qu’eux.

On l’avait vu venir celle-là. Ils nous en ont cassé les oreilles le printemps dernier. Beaucoup de contrats, pour ne pas dire la majorité, ont été révisés à la hausse cette année. Par contre, ils ne mentionnent pas les gros profits qu’ils ont réalisés au cours des dix années précédentes, sur le dos des mêmes clients, alors que la neige se faisait beaucoup plus rare. Les années de vaches grasses, on n’en parle pas mais, dès qu’une perte est enregistrée, on sort la calculette et on refile l’augmentation au client.

Ça me fait penser aussi à nos fonctionnaires municipaux et provinciaux. Ils signent des contrats avec les déneigeurs qui se terminent le 15 mars. Bien voyons donc; tout le monde sait qu’on est au Québec et qu’à chaque année il nous tombe une bonne bordée, fin mars début avril. Eux ils l’ignorent ! D’année en année, ils doivent débourser des millions de dollars supplémentaires pour déneiger la tempête tardive, que tout le monde sait qu’elle va arriver. Allo ! Je ne l’ai pas encore compris celle-là !

En plus, dès qu’une tempête est annoncée, on entend partout parler du coût faramineux de l’opération déneigement, avec l’appréhension qu’on va probablement défoncer le budget. Je rêve ou quoi ? On est pas au Mexique, où une simple bordée paralyserait le pays. On est au Québec et au Québec l’hiver “y neige”. Il me semble que c’est la logique même. Nos grand-parents ne cessent de nous raconter leurs hivers où la neige s’amoncelait jusqu’aux corniches des toits. L’équipement de déneigement n’était pas non plus ce qu’il est aujourd’hui et ils s’en sont sortis. De nos jours, nous profitons de la technologie et de l’équipement sophistiqué. Vous allez me faire croire qu’on redoute une bordée de 30 centimètres ? Foutaise.

Vas pour payer un supplément pour ce qui dépasse les 250 centimètres. Un contrat ça se négocie et se conclut à deux. Alors pour l’hiver prochain, on ne se fera pas jouer le même tour. Pourquoi pas ré-inclure cette clause tout en rajoutant que l’entrepreneur est tenu de rembourser au client, un dollar par centimètre en dessous des 250. Ce qui est bon pour pitou est aussi bon pour minou.

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