Un dénouement heureux

Nous, les Québécois, lorsque vient le temps de se serrer les coudes, de faire une action pour retourner du bonheur, nous crions « présent » ! Poser un geste concret et réconciliant envers des victimes vulnérables vient nous chercher au plus profond de nous-mêmes et déclenche une action spontanée. On en a régulièrement la preuve, lors de levée de fonds envers les enfants, entre autres.

Photo : Journal de Montréal

L’histoire qui suit est tirée de l’édition du Journal de Montréal du 28 juillet dernier. Vous l’avez probablement lue mais, quoi qu’il en soit, je la partage avec vous et mes lecteurs et lectrices qui me suivent régulièrement sur les autres continents. Une histoire touchante qui prouve qu’on peut se serrer les coudes pour semer du bonheur.

ON SE SERRE LES COUDES POUR UN EMBALLEUR DÉFICIENT INTELLECTUEL Amélie St-Yves

SHAWINIGAN | Un emballeur de supermarché déficient intellectuel qui était dévasté par le vol de son vélo a pu compter sur plusieurs bons samaritains, qui lui ont payé une bicyclette neuve.

« Tabarouette, j’étais content », dit avec enthousiasme Rémy Carrier, 30 ans.

La semaine dernière a été riche en émotions pour lui. Le mercredi 17 juillet, il a enfourché son vélo comme à son habitude pour aller travailler au Métro du secteur de Shawinigan-Sud, où il est emballeur à temps plein depuis neuf ans.

À la fin de son quart de travail, à 17h30, il s’est dirigé vers le garage Bergeron et Filles, où il a l’habitude de jaser avant de rentrer chez lui, selon sa mère, Linda Mailhot.

Sa bicyclette a été volée ce soir-là, pendant qu’il socialisait. Elle n’était pas barrée.

« Le petit gars a une déficience intellectuelle. Rémy ne sait pas l’heure, il ne sait pas écrire. Il a de la misère à gérer certaines situations », explique sa mère, qui ne lui en veut pas.

Il avait reçu ce vélo en cadeau le 30 septembre pour ses 30 ans. Le vol l’a attristé au point d’en pleurer. Sa mère a publié un message sur Facebook demandant aux voleurs de le rapporter.

TOUCHÉ PAR L’ÉVÉNEMENT

Son histoire a désolé plusieurs lecteurs dont Pierre-Yves Rousselle, un résident du coin qui connaît l’emballeur. Il a alors lancé une campagne de sociofinancement. Il a amassé 700 $ dès la première nuit.

« C’est son moyen de transport, c’est sa fierté. C’est ça qui est venu me chercher », indique M. Rousselle.

Les collègues de Rémy Carrier ont pour leur part déposé une banque aux caisses pour ramasser des dons. Ils ont accumulé près de 400 $ en quelques heures. Trois boutiques de Shawinigan ont aussi offert des rabais importants, même de l’entretien gratuit.

« Je ne pensais pas qu’il y avait autant de gens qui l’aimaient tant. C’est sûr que c’est quelque chose qui vient te chercher », raconte la mère de l’emballeur.

ÉMU

Pierre-Yves Rousselle est allé chercher Rémy Carrier à la fin de son quart de travail, le vendredi 19 juillet. L’emballeur a d’abord pleuré dans ses bras en expliquant que son vélo avait été volé.

M. Rousselle lui a ensuite annoncé que plusieurs personnes allaient lui en offrir un neuf.

Rémy Carrier a continué de pleurer un peu, empreint de fortes émotions. Son vélo et son équipement ont été remplacés ce soir-là.

Au total, plus de 1400 $ ont été amassés. Le reste de l’argent, soit une somme de plus de 600 $, a été remis à « J’ai mon appart », un projet de construction de 12 logements supervisés pour des personnes déficientes intellectuelles dans le secteur Grand-Mère, à Shawinigan.

NDLR : Comment rester insensible à une si belle histoire.